Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
Jérôme Bonet, le préfet du Gard, était l'invité de BFM News. Il a notamment été interrogé sur le couvre-feu mis en place par la ville de Nîmes pour les mineurs de moins de 16 ans qui entrera en vigueur dès ce lundi. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On va vous parler d'une spirale de violence qui s'enlise, qui terrorise les habitants des quartiers sensibles de Nîmes depuis une dizaine de jours
00:06et notamment la découverte de ce corps calciné d'un jeune homme de 19 ans.
00:10Les faits de violence s'enchaînent sur fond de guerre de bandes rivales et de trafics de stupéfiants.
00:14A tel point que pour la première fois, le maire de Nîmes a décidé de mettre en place à partir de lundi un couvre-feu de 21h à 6h du matin pour les moins de 16 ans.
00:22Mathilde Couvillers et Louise Ongagné.
00:24La décision a été prise suite à une succession d'actes criminels liés au narcotrafic.
00:31A partir de lundi, la mairie mettra en place un couvre-feu dans les quartiers prioritaires de Nîmes de 21h à 6h pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés.
00:40Une mesure qui ne fait pas l'unanimité.
00:42Tout à fait d'accord. A 21h, les mineurs doivent être chez eux ou alors savoir les parents, savoir où ils sont.
00:48En quoi ça réglerait les choses ? Non, ça ne va pas le régler.
00:53Effectivement, ça peut être une mesure qui peut sembler utile. A mon avis, elle ne sera pas forcément respectée.
00:59Le couvre-feu n'est qu'une solution de courte durée, selon cette représentante de la police.
01:03Je n'ai toujours pas assez d'effectifs en judiciaire pour mener à bien toutes les infractions qui vont être amenées à mes collègues en judiciaire.
01:12Et du coup, ça ne va faire que reporter, repousser la problématique.
01:18En fait, ces derniers jours, les faits divers se sont multipliés dans la zone.
01:22Ce mardi, un corps calciné a été retrouvé à quelques kilomètres de la ville.
01:26Et ce jeudi, une fusillade a éclaté sur l'une des places principales du quartier Pisevin.
01:30Une situation qui inquiète de plus en plus les Nîmois.
01:33Quand vous voyez des groupes, vous ne savez pas si c'est des gens bien, des gens mal.
01:37Vous savez, tout le monde a peur.
01:40Depuis jeudi, des messages menaçants laissés par les narcotrafiquants circulent sur les réseaux sociaux.
01:45Faites attention à vous. On va tuer même les petits de 5 ans.
01:48Gardez vos gosses chez vous en sécurité.
01:50Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles.
01:53Comme Nîmes, plusieurs communes, notamment dans les Yvelines, le Rhône ou les Bouches-du-Rhône,
01:58ont instauré des couvre-feu pour les mineurs.
02:00Et nous sommes en direct avec Jérôme Bonnet, préfet du Gard.
02:04Bonjour à vous. Merci d'être sur BFM TV.
02:06Avant qu'on parle de ce couvre-feu, je voulais vous entendre sur ce que me disait le député du Gard,
02:11Yohann Gillet, qui était sur mon plateau, sur le constat que vous faites de la violence.
02:14Il est aussi porte-parole du groupe du Rassemblement national.
02:16Il me disait, demandez au préfet, même le préfet, il y a des lieux dans lesquels il ne peut plus aller.
02:22Bonsoir madame. C'est une erreur.
02:25Je vais dans ces quartiers. J'y vais très particulièrement. J'y étais encore il y a quelques jours.
02:28Et non, je n'y vais pas avec une escorte. J'y vais.
02:33Je vais partout dans les quartiers.
02:35Donc c'est une mauvaise information qu'il a dû avoir, monsieur le député.
02:38Donc merci pour votre réaction.
02:39Quel est le constat que vous faites sur cette violence ?
02:41Avant qu'on évoque, je le disais, le couvre-feu.
02:44Il y a cette fusillade avec quand même un jeune homme de 19 ans qui se retrouve avec le corps calciné.
02:49Son meurtre est mis en scène sur les réseaux sociaux.
02:53Il y a cette syndicat de police qui nous disait cet après-midi sur BFM TV.
02:58Voilà, ils vont s'en prendre certainement.
02:59En tout cas, on a des menaces sur les réseaux sociaux, sur ces petites cinq ans.
03:02Est-ce que vous diriez que c'est du jamais vu ?
03:04Que la violence, elle a franchi un cap ?
03:07Il est certain que nous sommes face à des criminels, à des trafiquants qui ont à peu près perdu toute notion de valeur
03:14et qui sont prêts à terroriser finalement les habitants au-delà même de leurs rivaux.
03:19Donc c'est la raison pour laquelle nous nous devons d'agir, nous nous devons de mettre en œuvre notamment les nouveaux outils
03:25de la loi qui a été adoptée et promulguée récemment pour lutter contre le narcotrafic.
03:31À Nîmes, vous savez, nous obtenons beaucoup de résultats très positifs en progression sur ces sujets-là.
03:37Donc en effet, nous combattons ces phénomènes avec beaucoup de détermination.
03:42Et je veux revenir sur ce comportement.
03:45On est quand même face à des gens qui ont perdu à peu près toute notion de la valeur de la vie humaine.
03:50Je ne sais pas s'ils sont les auteurs de tous ces messages sur les réseaux sociaux,
03:53mais sans doute en partie.
03:56Et cela témoigne finalement du peu de considérations qu'ils ont vis-à-vis des habitants de leur propre quartier
04:02et de cette terreur qu'ils propagent.
04:05Donc nous, notre mission, c'est évidemment, grâce aux renforts que nous avons,
04:09d'enrayer le plus vite possible ce cercle de violence
04:14et également, très rapidement, d'interpeller les auteurs sous l'autorité de la procureure de la République.
04:20Comment s'est posée la question de la mise en place de ce couvre-feu ?
04:23Ça a été une concertation avec le maire qui dit, voilà, on veut sauver la vie des gamins,
04:27qu'ils soient d'ailleurs dans ce trafic ou pas.
04:30Écoutez, c'est à la fois une initiative et une décision du maire,
04:33puisque cela ressort de ses pouvoirs.
04:35Il en a évidemment parlé.
04:37Je trouve que cette décision est d'ailleurs justifiée.
04:39L'objectif, c'est de protéger ces enfants, mais de les protéger avant tout de ces trafiquants.
04:48Ces trafiquants utilisent ces enfants.
04:50Ces trafiquants enrôlent les enfants.
04:53Et je crois que protéger ces enfants, c'est effectivement considérer qu'ils ne doivent pas,
04:59à partir d'une certaine heure, être seuls.
05:01Cela est aussi un appel à la responsabilité de leurs parents pour ne pas les laisser seuls,
05:04aussi, à la merci de ces trafiquants.
05:07Est-ce que c'est un couvre-feu que vous allez...
05:09Là, vous vous mettez en place de façon provisoire, dit le maire,
05:12mais est-ce qu'il va être mis en place, comme par exemple à Béziers,
05:14à chaque vacance ou chaque vacance scolaire ?
05:16Est-ce que c'est quelque chose qui a vocation à s'appliquer ?
05:19Vous en avez discuté peut-être avec le maire ?
05:22Écoutez, là, pour l'instant, le maire a souhaité que ce soit pour les 15 jours à venir.
05:25Il fera sans doute le bilan à l'issue.
05:28Ce qui est certain, c'est qu'on est sur un couvre-feu instauré
05:30de par les pouvoirs de police du maire
05:33et qui sera mis en œuvre, tant par les policiers nationaux, d'ailleurs,
05:36que par les policiers municipaux.
05:38Une question de Thibaut Cheviart, pour vous, qui est journaliste police-justice, à 20 minutes.
05:41Oui, bonsoir, monsieur le préfet.
05:43Le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, avait annoncé en mai dernier
05:45l'arrivée de 30 policiers supplémentaires à Nîmes.
05:49On a eu tout à l'heure la représentante départementale du syndicat Alliance
05:53qui nous disait que ces policiers ne sont pas arrivés,
05:56qu'il n'y en aura que 5, finalement, qui vont arriver à la rentrée
05:59et que, finalement, les renforts que vous envoyez, les CRS,
06:02l'unité d'investigation nationale, ça ne suffit pas.
06:05Il faut des policiers de façon pérenne dans cette ville.
06:09Qu'est-ce que vous lui répondez ?
06:11Je lui réponds qu'à la rentrée de septembre,
06:13nous aurons donc 13 policiers supplémentaires.
06:16Ça, c'est une première étape.
06:17Et l'engagement pris par le ministre de l'Intérieur
06:20est effectivement le recrutement de plus d'une trentaine de policiers.
06:23Il nous a même autorisé à en recruter plus.
06:25Et ces recrutements sont en cours.
06:27Il n'a pas dit qu'ils arriveraient en septembre.
06:29Il a dit que les recrutements seraient lancés
06:31pour arriver à ce niveau de renfort.
06:33Et c'est en cours.
06:34Donc, les engagements du ministre seront tenus.
06:37Monsieur le préfet, comment vous faites
06:38pour continuer à garantir l'accès aux soins
06:43pour, notamment, des maladies ?
06:44Il y a des médecins qui ont tiré la sonnette d'alarme
06:46sur cet accès aux soins,
06:47qui ne parviennent plus à assurer.
06:49Il y en a qui sont installés, d'ailleurs,
06:50depuis plus de 20 ans à Pisse 20.
06:52Ils indiquent, je les cite,
06:53que leur quartier est profondément déstabilisé
06:55par une insécurité croissante
06:56qui compromet gravement l'accès aux soins
06:59pour ces habitants.
07:00On a vu qu'il y avait une poste aussi
07:01qui est fermée dans l'un de ces quartiers sensibles,
07:04qu'il y a des pompiers qui demandent
07:05à être, notamment, escortés.
07:09En effet, c'est une vraie préoccupation.
07:11Les médecins, nous travaillons régulièrement avec eux.
07:12Et d'ailleurs, tout à l'heure,
07:14vous évoquiez mes venues dans le quartier.
07:17J'ai posé la première pierre très récemment
07:18dans un bâtiment qui accueillera, d'ailleurs,
07:20des médecins dans Pisse 20,
07:21dans les meilleures conditions possibles
07:22dans le cadre de la rénovation urbaine.
07:24J'ai déjà reçu les responsables de la poste.
07:27Nous allons recevoir toute la semaine
07:29tous ces professionnels
07:30pour arriver à la fois à s'assurer
07:35de la capacité qu'ils ont à conduire leur mission.
07:38Et je veux revenir là-dessus
07:39parce que l'accès aux soins,
07:41l'accès à la poste,
07:42l'accès aux services publics,
07:45l'accès aux bus, aux transports en commun,
07:48ce sont des choses qui sont absolument fondamentales.
07:50On est au cœur de la mission de l'État
07:52et des collectivités locales,
07:53de s'assurer que l'on arrive à ça.
07:55Mais c'est aussi le résultat de cette terreur
07:58que propagent ces criminels.
08:02Il y avait Mélissa Gilles,
08:03donc citée aussi Thibault,
08:04représentante dans le garde du syndicat Alliance,
08:05qui disait qu'on manque d'effectifs en judiciaire aussi.
08:08C'est bien beau de nous envoyer des fonctionnaires,
08:10mais s'ils ne sont pas aussi formés sur ces quartiers,
08:12et je n'ai pas les officiers de police judiciaire,
08:14on n'a pas les officiers de police judiciaire
08:15qu'on devrait avoir.
08:16Écoutez, le ministre de l'Intérieur,
08:19là aussi, s'est engagé à un certain nombre de renforts
08:22qu'il a annoncés.
08:23Là, nous avons, par rapport à un cycle
08:27effectivement très violent,
08:28nous avons bénéficié,
08:30nous bénéficions,
08:30et la procureure de la République bénéficie
08:32de renforts très conséquents
08:33de policiers, d'enquêteurs
08:35qui nous viennent à la fois de Montpellier,
08:38mais également de Paris,
08:40des policiers hautement spécialisés
08:41et qui permettent d'accélérer les enquêtes.
08:43Donc, en effet, je l'entends,
08:46on a une vraie activité,
08:47une vraie nécessité de conduire ces enquêtes,
08:49et ce message est parfaitement entendu.
08:53Thibault ?
08:53On a l'impression que la situation à Nîmes
08:56s'est dégradée à peu près depuis 2023.
08:59Ça coïncide un petit peu
09:00avec la réforme de la police judiciaire.
09:02Il y a un enquêteur qui me disait
09:04que finalement, la situation à Nîmes,
09:06c'est une des conséquences de cette réforme.
09:09Qu'est-ce que vous en pensez ?
09:10Est-ce qu'aujourd'hui, finalement,
09:11cette stratégie qui a été mise en place
09:14il y a deux ans,
09:15elle est efficace pour lutter contre les réseaux
09:18à l'échelon départemental
09:19et en particulier sur Nîmes ?
09:22Écoutez, je pense que le bilan de cette réforme,
09:25il a encore tout pour le faire.
09:26Je sais qu'il est programmé.
09:28Et je sais aussi que le ministre de l'Intérieur,
09:31mais également le directeur général de la police,
09:33sont en train d'ailleurs
09:34de recueillir finalement toutes ces analyses
09:37pour en tirer, le cas échéant,
09:39les enseignements.
09:39C'est une réforme qui est très, très récente.
09:40Donc, il faudra voir comment elle peut être,
09:43le cas échéant, ajustée,
09:44et ajustée notamment à des territoires
09:47comme Nîmes
09:47qui sont soumis à ces effets du narcotrafic.
09:51Je veux en revanche juste revenir
09:53sur ce que vous disiez au début de votre question.
09:57Je pense qu'on n'a jamais eu
09:59autant de résultats positifs,
10:01même si l'actualité pourrait le démontrer.
10:03Mais, vous savez, le nombre d'écrous, par exemple,
10:07a doublé sur les six premiers mois de l'année
10:10par rapport à l'année dernière.
10:12La plupart, voire l'intégralité des règlements de comptes
10:15qui ont eu lieu ont été élucidés.
10:17Et l'activité des trafiquants de stupes
10:19a été fortement ébranlée sur le secteur Nîmes.
10:21Merci pour cette précision, Jérôme Bonnet,
10:24parce que c'est vrai qu'il y a quand même
10:26une violence inouïe.
10:27Je relisais encore ce que disait, par exemple,
10:29une habitante, lors d'un SMS
10:31qu'elle envoyait à des confrères,
10:32c'est devenu Chicago, on a peur de sortir,
10:34il y a des habitants qui cherchent à partir.
10:36Les méthodes violentes de ces gangs,
10:37on les a abordées ensemble.
10:38Ces menaces sur les habitants
10:40vont tuer même les petits de 5 ans.
10:42Est-ce que face à toute cette violence,
10:43et l'été d'ailleurs,
10:44il s'était déjà rendu à Nîmes, Bruno Retailleau,
10:46vous attendez à une nouvelle visite
10:48du ministre de l'Intérieur ?
10:50Je n'ai pas d'information
10:50concernant une visite du ministre de l'Intérieur.
10:55Ce qui est sûr, c'est que les témoignages
10:56dont vous faites État,
10:59finalement, sont ceux qui donnent le sens
11:02de notre action.
11:02Notre action, elle est au service des habitants,
11:05qu'on ne doit pas laisser vivre dans cette peur,
11:06et c'est tout le sens de notre engagement collectif.
11:09Parce que, encore une fois,
11:11ces criminels n'ont aucune considération
11:12pour les gens qui sont parfois,
11:14peut-être même, leurs parents.
11:15Tout comme d'ailleurs, les consommateurs
11:17qui viennent se servir dans les quartiers de Pismin
11:18n'ont strictement aucune considération
11:21et aucun sentiment de culpabilité
11:22vis-à-vis de ce qui s'y passe.
11:23Merci.
11:25Merci.
11:26Merci.
Commentaires

Recommandations