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Chaque week-end, Brigitte Boucher vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Le climat se dérègle la vitesse grand V alors que la France connaît sa cinquième canicule depuis le début de
00:06l'année 2026.
00:07100 000 hectares sont déjà partis en fumée cette année, des incendies qui se multiplient.
00:12En parallèle, les précipitations sont plus fortes et des orages sont redoutés dans les prochaines heures.
00:21Aujourd'hui, la commune de Sixte-Ferrage-Fallant-Haute-Savoie a été une deuxième fois endeuillée en quelques jours
00:27avec la mort d'une personne victime d'une lave torrentielle.
00:31Boris Karlamoff, vous êtes journaliste police-justice à BFM TV.
00:35Que savez-vous des circonstances de cet accident ?
00:39Bonsoir Brigitte, absolument. Le drame s'est noué aux alentours de 15h15 cet après-midi sur cette commune de Sixte
00:45-Ferrage-Fall.
00:45Nous sommes dans le département de la Haute-Savoie.
00:48Il y a un groupe de sept personnes qui décident de partir en canyoning dans une rivière.
00:53Oui, mais voilà, il y a un orage très violent qui va éclater à ce moment-là dans ce secteur,
00:59entraînant ainsi une coulée de boue.
01:02Le corps d'une personne va être retrouvé en arrêt cardiorespiratoire par un randonneur.
01:09À côté d'elle, il y aura une deuxième personne consciente avec des blessures légères.
01:14Mais hélas, la première victime va décéder sur place.
01:18Ce groupe de sept personnes n'était pas encadré par des professionnels.
01:23On va rappeler que ce département de la Haute-Savoie n'était pas placé en vigilance orange pour risque d
01:29'orage.
01:29Très rapidement, vous le voyez sur les photos que nous diffusons à l'antenne ce soir,
01:33il y a un important dispositif de sécurité et de secours qui a été mis en place,
01:38avec l'installation notamment d'un poste de commandement.
01:43La brigade de gendarmerie de Tanage est en charge des investigations.
01:48Nous avons tenté de solliciter ce soir le parquet de Bonneville, qui est le parquet territoriellement compétent.
01:55Il n'a pas répondu à nos sollicitations, mais on imagine aisément qu'une enquête judiciaire en recherche des causes
02:02de la mort
02:03a été ouverte par le procureur Boris Dufault, le procureur de Bonneville.
02:08Bonneville, il y a dix jours à peine, il y avait eu un autre drame, toujours dans ce même secteur.
02:14Là, c'était une touriste originaire du département de l'Oise, âgée de 57 ans,
02:18qui avait trouvé la mort dans des circonstances qui, vraisemblablement, sont similaires au drame qui s'est joué cet après
02:25-midi.
02:26Merci Boris Karlamov pour toutes ces précisions.
02:30Anthony Ferry, on parle d'une lave torrentielle.
02:33Ça se manifeste comment ?
02:35Eh bien, je vais vous expliquer cela, Brigitte, au Wall, et vous allez tout comprendre à ce phénomène.
02:42Regardez, une lave torrentielle, comment ça fonctionne ?
02:45Eh bien, on va vous afficher effectivement en détail ce phénomène.
02:49Tout d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que cet après-midi, sur cette région justement de Sils
02:54-Ferre à cheval,
02:55il est tombé ici 75 litres d'eau par mètre carré en à peine une heure.
03:00Alors forcément, sur des reliefs très escarpés, nous sommes en montagne.
03:04Sauf que cette eau, eh bien, elle a embarqué avec elle, au niveau des pentes, des sédiments.
03:10Ces sédiments extrêmement fins, qu'on appelle le limon, c'est presque aussi fin que de la farine.
03:15Eh bien, ça a transformé cette eau en une véritable boue.
03:20Pourquoi est-ce que c'est aussi dangereux ?
03:21Eh bien, je vais vous montrer justement, Brigitte, maintenant des images justement.
03:26À quoi ça ressemble une lave torrentielle ?
03:28Eh bien, alors ça, c'est un éboulement au niveau du Mont-Blanc.
03:31C'est presque comme une lave torrentielle, mais ce n'est pas cette image.
03:34On va sans doute vous la montrer.
03:35En fait, cette boue, eh bien, elle augmente en termes de densité.
03:40La voici.
03:41Forcément, de l'eau avec des sédiments, ça a une densité bien plus importante.
03:45Et lorsqu'elle va dévaler la pente de votre montagne, avec cette forte densité, elle va pouvoir emmener avec elle
03:51des blocs de roches, mais aussi des débris végétaux énormes.
03:55Eh bien, ça, malheureusement, lorsque ça arrive sur des randonneurs ou sur des personnes qui pratiquent du canyoning, voyez ces
04:03blocs de roches, forcément, ça ne laisse que très peu de chance à ces personnes.
04:06Alain Mazot, vous êtes climatologue.
04:10Les coulées de lave torrentielle, c'est la conséquence des orages.
04:13Est-ce qu'il faut s'attendre à de plus en plus de ce genre de phénomène ?
04:17En tout cas, on peut s'attendre à ce qu'il soit de plus en plus violent.
04:21Tout simplement parce qu'avec le réchauffement, l'atmosphère peut être plus chaude, tout ça.
04:27Et une atmosphère plus chaude peut contenir davantage d'humidité, 7% par degré.
04:33Et c'est cette humidité, quand elle se condense, quand le nuage monte, tout ça, ça se condense avec le
04:40refroidissement,
04:41cette condensation libère de la chaleur qui amplifie le mouvement, qui amplifie toute la dynamique du nuage d'orage.
04:47Et donc, ça fait plus de friction, ça peut faire la grêle et tout ça.
04:52Et toute cette eau tombe et donne ce genre de phénomène.
04:56C'est les pluies méditerranéennes ou pluies sévenoles qui sont, par exemple, en fin d'été, peuvent être très, très
05:05violentes.
05:06Et on peut s'attendre qu'avec le réchauffement, la violence de ces événements soit plus importante.
05:14Et en plus, une mer chaude favorise l'évaporation.
05:17Donc, on se retrouve avec une atmosphère vraiment riche en vapeurs d'eau lors de ces événements.
05:22– Avec des phénomènes qu'on ne voyait pas, j'imagine, partout sur le territoire,
05:27mais qui sont amenés à se multiplier avec le réchauffement qui touche maintenant.
05:31– Oui, c'est possible, c'est possible.
05:32Mais c'est surtout dans les régions où ces phénomènes étaient déjà présents
05:36que leur gravité va s'accentuer et sur une saison plus longue.
05:41Ils peuvent persister plus longtemps dans la saison.
05:44Donc, le réchauffement aggrave finalement les événements extrêmes.
05:49Ce genre d'événements liés à des précipitations torrentielles,
05:53parce qu'il y a plus d'humidité à ce moment-là dans l'atmosphère.
05:56Et aussi, ça aggrave, comme on l'a vu, les sécheresses et les risques d'incendie
06:01et tout ça qui vont avec.
06:02Donc, ça aggrave les types d'événements extrêmes qu'on peut avoir.
06:07– On est avec le lieutenant-colonel Frédéric Harrault.
06:11Est-ce que ce dérèglement climatique provoque plus d'interventions pour la sécurité civile ?
06:16Est-ce que vous le constatez, vous ?
06:18– Alors, moi, je ne suis pas amené à pouvoir faire le lien.
06:22En tout cas, je ne suis pas scientifique.
06:23Mais par contre, on constate clairement des événements qui sont plus intenses,
06:28qui arrivent plus souvent.
06:29On le voit bien avec la saison feu.
06:30On l'a vu avec d'autres types d'événements, type inondations.
06:33Des événements qui sont plus fréquents, plus forts
06:35et avec une dimension qui dépasse un petit peu ce qu'on a connu jusque-là.
06:40Et d'année en année, on voit, oui, très nettement cette évolution
06:43depuis, on va dire maintenant 10-15 ans où c'est bien marqué.
06:46– Cette lave torrentielle, vous en savez plus sur ce qui s'est passé
06:50dans cette région ce soir ?
06:53– Alors, c'était très bien expliqué par votre expert.
06:58On est sur du sport nature.
07:00Alors, il y a des choses qui me choquent quand j'entends
07:02qu'on a des personnes qui sont parties faire quelque chose de particulier,
07:05du canyoning.
07:06C'est loin d'être anodin.
07:07On sait les risques que peuvent apporter ce type de sport-là.
07:10Ils partent sans guide, avec une météo clairement défavorable et annoncée.
07:15Et donc, sans s'enquérir de la météo qu'il va y avoir,
07:18le scénario était écrit.
07:20Et donc, c'est quelque chose qui n'est pas audible.
07:24Quand on va faire du sport de ce genre-là, du sport d'eau
07:27et surtout des sports en montagne où on sait combien la nature
07:31et la météo sont des éléments changeants et importants,
07:35eh bien, d'abord, on se fait accompagner si on n'est pas spécialiste.
07:38Et puis surtout, on s'enquiert des conditions météo,
07:41des conditions liées à tout ça pour faire ce sport en toute sécurité.
07:46– Lieutenant-Colonel Frédéric Harrault,
07:49est-ce que vous pouvez nous dire si votre travail est de plus en plus compliqué
07:55avec ces changements ?
07:58– Clairement, on s'adapte.
08:00On a, depuis une quinzaine d'années, entamé des travaux
08:03pour essayer de mesurer quelles sont les évolutions,
08:06quelles sont les conséquences de ce dérèglement climatique
08:09à l'échelle de 10 ans, 20 ans, 15 ans, 50 ans,
08:13pour adapter notre réponse, adapter notre réponse à tous les niveaux.
08:16D'abord, avec des moyens humains appropriés, avec des techniques.
08:20Quels sont les matériels que l'on va mettre en place ?
08:22Quelles sont les dispositions que l'on doit prendre ?
08:25Regardez un petit peu ce qui se fait ailleurs
08:26parce qu'on a déjà d'autres régions du monde
08:29qui sont confrontées à ce type d'événements-là.
08:32On commence à voir des tempêtes chez nous de dimensions un peu différentes
08:37et on sait que sous les tropiques, on a déjà ce type d'événements-là.
08:40Donc, essayer de savoir ce qui peut se faire ailleurs
08:41pour pouvoir l'adapter chez nous et se préparer pour demain
08:44parce qu'il s'agit de ne pas subir les crises,
08:47mais bien de les anticiper pour avoir une réponse appropriée
08:50pour venir secourir les biens, les personnes, les biens et l'environnement.
08:57La montagne est menacée aussi par le climat, on va le voir.
09:00Regardez ces images d'alpinistes en danger à cause de la chute de pierre.
09:05C'est impressionnant.
09:22Guillaume Morel est avec nous, il est alpiniste, guide de haute montagne en Haute-Savoie.
09:27Est-ce que la montagne est de plus en plus dangereuse ?
09:31Bonsoir à tous et merci de votre invitation.
09:34Je ne crois pas que la montagne, j'ai bien écouté tout ce qu'ont dit mes prédécesseurs,
09:39est de plus en plus dangereuse.
09:40Je crois que ce qu'a dit le porte-parole de la sécurité civile me semble crucial.
09:44C'est que dans un contexte aussi difficile que ce réchauffement climatique
09:48et ce qu'il nous impose en termes d'adaptation,
09:52il faut être de plus en plus raisonnable.
09:54C'est surtout ça.
09:56Les guides d'autres montagnes français, européens,
09:59savent très bien que ce couleur du goûter que vous montrez là actuellement à l'écran,
10:03il est susceptible de pouvoir lâcher des volumes de pierres extrêmement importants.
10:08Donc ce n'est pas la montagne qui devient plus dangereuse,
10:10c'est nos pratiques et notre capacité à pouvoir nous raisonner
10:14pour modifier justement cet élan irrépressible qu'ont certains
10:22de vouloir absolument tenter le sommet à la date dite,
10:25alors que les conditions ne sont pas toujours réunies.
10:27Là par exemple, vous pensez qu'il y a eu une prise de risque
10:30sur ce groupe de personnes qui faisaient du canyoning
10:34par une journée comme aujourd'hui ?
10:37Alors sur le sujet du canyoning,
10:40je suis moins apte à pouvoir exactement dire ce qui s'est passé aujourd'hui en Haute-Savoie.
10:47Par contre, c'est vraiment ces images de chute de pierre qui m'interpellent.
10:51On sait très bien que depuis la mi-juillet,
10:54le risque d'écroulement massif, d'éboulement,
10:58et notamment dans les massifs glaciaires comme le massif du Mont-Blanc,
11:00sont extrêmement importants.
11:04Il y a certains arrêtés qui ont été pris par des mers
11:06pour permettre justement la fermeture de certains refuges,
11:09pour permettre de diminuer la pratique de l'alpinisme et de la haute montagne,
11:13justement dans le but d'éviter ensuite aux secours en montagne
11:17d'aller faire des secours dans des conditions très dégradées
11:20en termes de danger pour les secouristes.
11:23Et on voit bien que malgré ça, certains continuent à tenter l'aventure,
11:27alors que nous, les autres guides de haute montagne,
11:30on sait très bien que la saison pour cette itinerère-là est passée depuis longtemps.
11:33– Mais est-ce qu'on est suffisamment informé quand on est un touriste,
11:37qu'on vient là occasionnellement ou pour des vacances ?
11:41– Bon, écoutez, je crois que si ces gens sont là à cette période-là,
11:44c'est parce qu'ils se sont abreuvés d'images héroïques
11:47qu'on peut trouver sur Instagram notamment.
11:49Donc je crois que ce n'est pas un défaut d'information.
11:51L'information, quand on veut la trouver, on la trouve.
11:53par les réseaux sociaux, par les associations,
11:55je pense notamment à la Chamoniarde, par les offices de tourisme,
11:59par les mairies, là en l'occurrence sur ces images-là,
12:01la mairie de Saint-Gervais ou la mairie de Chamonix,
12:03mais aussi toutes les autres mairies de montagne,
12:05ou par la simple possibilité de pouvoir contacter sur Instagram,
12:10moi ça m'arrive régulièrement, des gens qui m'appellent
12:12en me demandant mon avis sur les conditions de la montagne.
12:15J'avais d'ailleurs une amie qui devait partir faire le Mont-Blanc cette semaine-là,
12:17qui m'a appelé pour savoir quel était mon avis.
12:19Je lui ai dit de renoncer, elle a renoncé,
12:22et elle n'a pas fait partie des 32 personnes
12:24qui ont été descendues par hélicoptère aujourd'hui du refus du goûter.
12:28Donc je crois que quand on veut vraiment en prendre de l'information,
12:30et quand on sait ce qui peut se passer réellement en haute montagne,
12:35on s'abstient d'aller dans des zones qui sont réputées avalancheuses.
12:40Je parle d'avalanche de pierre.
12:41Il y a plein d'autres massifs en France
12:44qui ne sont actuellement pas soumis à de tels risques.
12:46Il y a des précautions qu'il faudrait prendre absolument ?
12:50Quel conseil vous pourriez donner ?
12:51Je crois que c'est de suivre scrupuleusement la nouvelle saisonnalité de la montagne,
12:56c'est-à-dire accepter peut-être que certains itinéraires,
12:59certaines voies ne doivent pas se faire en situation de canicule.
13:03Et dès qu'on commence à avoir des alertes,
13:06on a des alertes vraiment extrêmement importantes depuis maintenant 15 jours
13:09sur l'état du permafrost en haute montagne,
13:12s'abstenir d'aller dans ces zones-là et choisir des massifs plus périphériques,
13:17non pas qu'ils soient périphériques par l'intérêt,
13:20mais périphériques dans le sens où ils sont moins hauts en altitude,
13:23moins soumis au permafrost et au dégel des glaciers
13:27qui sont soumis à rudes et près de l'actuellement,
13:30et donc du coup permettre d'évoluer dans des conditions de sécurité
13:32qui sont à mon avis bien plus acceptables.
13:34Merci Guillaume Morel.
13:36Alors on le voit, ce dérèglement climatique,
13:38il provoque des laves torrentielles,
13:42il provoque aussi des incendies toujours actifs,
13:45par exemple dans les Landes,
13:46une situation météo qui est quand même plus favorable ce soir
13:50puisque le feu progresse peu,
13:53a dit le préfet tout à l'heure dans son dernier point météo,
13:57mais quand même, 550 pompiers sont mobilisés,
14:01bientôt 4 canadaires,
14:02mais surtout un hélicoptère Chinook a été déployé,
14:06c'est une première en France,
14:08550 personnes ont déjà été évacuées
14:11et c'est vrai, les prochaines heures seront déterminantes,
14:15avait dit le préfet.
14:17Alors que vous voyez à l'image,
14:18et bien cet hélicoptère Chinook,
14:21on va y revenir.
14:21Anthony Ferry, je voulais vous demander d'abord
14:23quelles sont les prévisions météo qui sont attendues dans les Landes
14:25pour la nuit et pour demain
14:28puisque ce feu est toujours actif, il n'est pas fixé.
14:30Des bonnes nouvelles déjà.
14:31Alors pour la nuit, étant donné qu'il fait plus frais,
14:33il y a moins de vent,
14:34puisque le vent est généré par un contraste thermique,
14:37il fait actuellement un peu moins de 25 degrés sur ce secteur.
14:40On a une humidité, une hygrométrie,
14:43qui est à plus de 65%,
14:45donc ça c'est vraiment très favorable.
14:46Et surtout, cette humidité ne va faire qu'augmenter
14:48puisqu'on attend justement quelques précipitations cette nuit,
14:52mais surtout à partir de demain après-midi,
14:55là des précipitations bien plus intenses,
14:57qui vont pouvoir pénétrer justement le sol sur une dizaine de centimètres,
15:02au moins sans doute,
15:03si évidemment l'orage éclate sur ce secteur-là,
15:06parce qu'on attend pas mal de pluie.
15:07Et en termes de température,
15:09on sera toujours aux environs des 30 degrés,
15:11mais si on se rappelle,
15:13hier on était à 40,
15:14donc ce sera tout de même bien plus favorable
15:16que les heures et les jours précédents.
15:18– Merci pour ces précisions.
15:20Le lieutenant-colonel Frédéric Arrault est toujours avec nous,
15:23porte-parole de la sécurité civile.
15:24Est-ce que les nouvelles sont rassurantes aussi de votre côté ce soir ?
15:29– Effectivement, on a pris les éléments apportés par le préfet.
15:33Il y a ce travail qui est fait avec Météo France
15:34pour voir les conditions astro-météo pour cette nuit,
15:38parce que les conditions de l'invention de la nuit sont différentes.
15:42Et puis ce travail de nuit va permettre de conditionner la situation
15:46qu'on va trouver demain matin, lorsque le jour va se lever,
15:49que l'égrométrie va redescendre un petit peu
15:50et qu'on va pouvoir bénéficier de nouveau des moyens aériens.
15:54Et donc on suit les éléments de près
15:57pour d'une part pouvoir appuyer les services départementaux
16:00d'incendie et de secours avec des moyens nationaux
16:03et notamment les moyens aériens, avions et hélicoptères
16:06que vous avez évoqués.
16:07– Alain Mazot, la sécheresse, les températures élevées,
16:11ça c'est vraiment du carburant pour le feu ?
16:13– Oui, bien sûr.
16:14La sécheresse, ça rend les choses plus inflammables en quelque sorte.
16:19Un feu qui pourrait être maîtrisé relativement
16:22avec tous les guillemets qu'il faut facilement
16:24devient tout de suite incontournable
16:26parce qu'il se propage très vite
16:27quand la végétation est très sèche.
16:30Donc l'assèchement lié au fait que l'atmosphère est plus chaude
16:36avec des vents, ça assèche.
16:38Et du coup, la végétation peut partir.
16:40C'est ce qu'on a vu dans les Landes, c'est ce qu'on a vu là.
16:42Donc l'accroissement de la gravité des incendies,
16:45c'est une des conséquences du réchauffement, ça c'est sûr.
16:51– Jean Serrat, vous allez nous expliquer,
16:53parce que pour la première fois en France,
16:55il y a un hélicoptère Chinou qui a été déployé.
16:59Alors c'est effectivement totalement inédit.
17:01On va aller regarder ensemble quelles sont les caractéristiques
17:06véritablement de cet appareil déployé dans les Landes.
17:11C'est un appareil qui nous vient, Jean, d'Australie.
17:15Qu'est-ce qu'il est spécial ?
17:17– Alors c'est un appareil d'abord qui est extrêmement efficace
17:24avec la quantité d'eau qu'il est capable d'avoir à l'intérieur.
17:29On parle quand même de 11 300 litres d'eau
17:32qui sont à l'intérieur de la cabine que vous voyez ici.
17:35Vous voyez entre les deux points rouges là,
17:37là où il y a les trois hublots, les quatre hublots,
17:39c'est là qu'il y a ces containers d'eau.
17:41Il a un système avec un tube et une énorme pompe,
17:46c'est-à-dire qu'il se met au-dessus de l'étendue d'eau
17:48et il aspire de l'eau pour remplir cette cuve.
17:51Il remplit les 11 300 litres en une minute et demie.
17:54Et là, il repart pour diffuser son eau sur la zone concernée.
18:00Il est équipé, comme vous voyez, de deux rotors.
18:02Pour vous donner un ordre d'idée de la dimension,
18:04le rotor, le diamètre de l'ensemble des rotors, c'est 18 mètres.
18:08L'hélicoptère, lui, fait 15 mètres de long.
18:10Donc vous voyez, la taille des hélices, c'est quelque chose de très puissant.
18:14Également, un avantage extrêmement important
18:16par rapport aux moyens que nous avons en France,
18:19c'est que cet hélicoptère peut travailler également de nuit.
18:23Alors que vous savez que nos Canadair, nos DASH,
18:27tous ces moyens-là s'arrêtent au coucher du soleil,
18:31ne reprennent que lorsque le soleil se lève le lendemain matin.
18:34Donc on peut également partir la nuit
18:37pour répandre 11 000 litres d'eau.
18:40Alors lui, il ne met pas de retardant, c'est que de l'eau.
18:43C'est que de l'eau, mais c'est un avantage comparatif, évidemment, très important.
18:47Sa particularité, c'est qu'il peut faire aussi plusieurs types de largages différents.
18:51Tout à fait.
18:51Alors il a donc un système de largage.
18:54Alors il le largue en une fois.
18:56Il a également la possibilité, il a un espèce de diffuseur dessous
19:00qui lui permet, par exemple, de projeter l'eau quand il la largue,
19:03il a projeté sur une plus grande largeur.
19:06Par exemple, pour couvrir une bande plus importante au fur et à mesure qu'il se déplace.
19:10Donc c'est un...
19:12Vous voyez, là par exemple, il est en train de larguer en position verticale,
19:15mais il peut également faire un jet qui soit beaucoup plus large
19:18pour larguer 11 000 litres d'eau.
19:23Voilà.
19:23Alors quelle différence avec les autres types d'appareils, justement, pour lutter contre le feu ?
19:29Alors celui-ci, bien sûr, il a un avantage extrêmement important
19:33par rapport à tous nos autres hélicoptères.
19:35C'est qu'il est capable d'avoir 11 300 litres d'eau.
19:40Un Canadair, je vous rappelle, c'est 6 000 litres d'eau.
19:44Un Dash, on arrive à 10 000 litres d'eau.
19:48Donc il a vraiment une grande capacité.
19:50Et c'est vraiment un hélicoptère qui va nous permettre de faire un travail intensif.
19:55Alors surtout, ne confondons jamais les Canadair, les avions d'un côté,
20:01comme le Air Tractor, comme le Dash, avec le travail de l'hélicoptère.
20:05Ils sont utilisés pour deux travaux différents.
20:09Le Dash, par exemple, qui passe beaucoup plus bas en hauteur,
20:13bien qu'il n'ait que 6 000 litres d'eau.
20:15En larguant 6 000 litres d'eau à 20-25 mètres du sol,
20:19il est clair que cette eau, quand elle va tomber,
20:22elle va faire un effet de souffle important
20:24et en même temps amener une masse très importante d'eau
20:30dans une zone beaucoup plus rétrécite.
20:33C'est un petit peu comme vous, avec votre seau d'eau dans votre jardin.
20:37Vous jetez le seau, l'eau se répartit partout.
20:41Par contre, si vous versez l'eau à un endroit précis,
20:43il y a une grande quantité qui arrive à un endroit très précis.
20:46Le Dash a cette particularité de pouvoir passer très bas.
20:50Il est utilisé dans certains domaines.
20:53Le Chinook, lui, sera utilisé dans un autre domaine
20:57et surtout avec une quantité extrêmement importante.
21:00Alors juste pour mémoire,
21:03Chinook, c'est le nom d'un peuple autochtone d'Amérique du Nord
21:07qui était dans la zone nord-ouest des États-Unis
21:10près de l'État de Washington.
21:11C'était un nom de ce peuple, c'était en mémoire de...
21:14Et pourtant, il nous vient d'Australie.
21:16Lui, il vient d'Australie, mais c'est un avion qui est fabriqué par Boeing.
21:20Pour info, il y en a 900 qui volent encore en ce moment dans le monde.
21:23Merci, Jean-Serra, pour toutes ces précisions.
21:26On va retrouver à présent Chloé Giraud
21:29qui se trouve à Luglon, dans les Landes.
21:32Chloé, est-ce que la situation est un petit peu plus apaisée ce soir ?
21:37Écoutez, comme le disait le préfet d'Elande un peu plus tôt dans la journée,
21:41le feu continue d'avancer.
21:44Néanmoins, sa progression a été assez limitée aujourd'hui.
21:47Seulement 200 hectares parcourus contre un peu plus de 1 000 hier.
21:52On le rappelle.
21:52Néanmoins, il y a encore de très nombreux points chauds
21:55qu'on va essayer de vous montrer dans cette obscurité.
21:58Avec Agathe Pichon, vous allez pouvoir apercevoir peut-être des petits points oranges.
22:03Voilà, ce sont des petits points chauds, des flammes qui ne sont pas très grandes.
22:08Mais il y en a une multitude ici où on se trouve.
22:11On est au bord de la route départementale 14
22:13qui relie Luglon à la commune voisine d'Arangos.
22:19Et donc, c'est ici notamment que vont être occupés les sapeurs-pompiers toute la nuit
22:24pour tenter de contenir l'ensemble de ces points chauds.
22:28Avec une difficulté, bien sûr, c'est que la nuit,
22:32ils ne sont pas appuyés par les moyens aériens
22:35et qui ont agi de manière très intense.
22:38Et ce, jusqu'à ce que le jour que la nuit tombe tout à l'heure,
22:43aux alentours de 21h20,
22:45les Canadaires qui ont fait de très nombreux allers-retours cette nuit.
22:48Ce seront donc uniquement les équipes au sol qui agiront.
22:52On rappelle qu'il y a 550 sapeurs-pompiers mobilisés ici
22:56avec des conditions météo plus favorables qu'aujourd'hui.
23:00Et ça, c'est un point positif.
23:02Aujourd'hui, ces sapeurs-pompiers, ils ont réussi à contenir la progression de ce feu
23:06alors que les conditions météo étaient difficiles.
23:09De la chaleur, du vent, une chaleur qui est retombée ce soir,
23:13même si on sent encore des petites rafales de vent.
23:17Et bien, ce qui est espéré, c'est que l'amélioration de ces conditions météo
23:21dans les prochaines heures et notamment de potentielles pluies
23:24qui sont attendues demain, vont permettre,
23:27c'est ce qu'on espère ici aux sapeurs-pompiers,
23:29de contenir encore davantage la progression de cet incendie.
23:33Merci, Chloé Giraud, en direct de Luglon, dans les Landes.
23:37Voilà ce qu'on pouvait dire sur ces incendies ce soir.
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