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  • il y a 13 minutes
Chaque soir, Brigitte Boucher vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On passe à un tout autre sujet à présent et on va parler de l'interdiction des réseaux sociaux au
00:04moins de 15 ans censurés par le Conseil constitutionnel.
00:07Cette mesure phare du mandat d'Emmanuel Macron a été jugée attentatoire à la liberté d'expression et disproportionnée.
00:14Sébastien Lecornu est désormais chargé de faire aboutir cette mesure d'ici au printemps 2027.
00:20Compte-nous dans cette même loi, en revanche le portable lui sera bien interdit à compter du 1er septembre.
00:29On va en parler avec nos invités. Est-ce que vous êtes surpris par cette décision du Conseil constitutionnel ?
00:37C'est vrai que je ne pense pas que le Conseil constitutionnel ait fondamentalement remis en cause le fait que
00:44les réseaux sociaux peuvent avoir un effet négatif sur les mineurs.
00:50La problématique c'est la disproportion de la loi.
00:54Évidemment c'est une atteinte à la liberté d'expression concernant les moins de 15 ans.
01:00Évidemment c'est une atteinte à la vie privée parce qu'il faut donner sa carte d'identité notamment et
01:05d'autres informations pour prouver le fait qu'on n'est pas un mineur de moins de 15 ans.
01:10Donc en fait c'est sur tous ces aspects-là que le Conseil constitutionnel est venu censurer l'article 1
01:16de cette proposition de loi.
01:17Mais fondamentalement je ne pense pas que dans le fond ils émettent un jugement critique sur la volonté qui a
01:28été portée par celle des députés.
01:30Vous trouvez que cette décision, je veux dire, elle est vraiment disproportionnée et elle est attentatoire aux libertés ?
01:35Elle l'est puisque la loi malheureusement n'a pas été très bien rédigée, on peut le dire comme tel.
01:42Elle vise trop de plateformes, pas simplement TikTok, pas simplement celles qu'on connaît qui sont effectivement dangereuses.
01:48Elle vise potentiellement des forums éducatifs.
01:50Elle peut viser par exemple YouTube qui peut avoir des contenus tout à fait normaux pour les enfants.
01:57Et c'est sur tous ces aspects-là et le fait que ça puisse remettre en cause aussi l'autorité
02:01parentale que peuvent avoir les parents sur leurs enfants.
02:06C'est pour toutes ces raisons-là que le Conseil constitutionnel a préféré censurer.
02:11Maintenant il appartiendra aux députés de revoir leur copie.
02:15On va retrouver Catherine Morin-Dessailly qui est sénatrice, union centriste de la Seine-Maritime et qui est rapporteure de
02:21la proposition de loi auprès du Sénat.
02:23Merci d'être avec nous.
02:25Vous vous attendiez à une telle décision du Conseil constitutionnel ?
02:30Oui, parce que dès le départ j'avais alerté sur ce fort risque d'inconstitutionnalité,
02:35compte tenu de la forme que prenait ce texte qui était de proposer une interdiction globale.
02:42Dès le départ, à l'instar de ce qu'avait d'ailleurs dit le Conseil d'État,
02:46le Sénat avait alerté et avait proposé une autre écriture avec justement des fonctionnalités ciblées
02:55des plateformes explicitement nommées et désignées comme étant responsables de tous les maux.
03:03Il ne s'agissait pas pour nous, au Sénat, d'interdire par exemple des forums éducatifs,
03:10d'interdire des messageries permettant des interactions non dangereuses.
03:15Il s'agissait d'avoir une approche nuancée et progressive ainsi qu'une approche pédagogique.
03:20On n'a pas été entendus, on n'a pas été écoutés, à la fois par le gouvernement,
03:23à la fois par les députés de la majorité qui se sont entêtés en quelque sorte.
03:29Et jusqu'à la dernière minute, nous n'avons cessé d'alerter.
03:32Nous n'avons cessé de dire, attention, le risque inconstitutionnel est extrêmement fort,
03:36conservons la version du Sénat.
03:39Donc c'est un texte qui a été fait dans la précipitation et sous contrainte du gouvernement,
03:47voire du président de la République, parce que c'était une mesure forte souhaitée par Emmanuel Macron.
03:51Je ne dirais pas qu'il a été fait dans la précipitation, parce qu'il y a eu quand même
03:56le temps des débats,
03:57il y a eu le temps, il y a eu une forme juste peut-être de précipitation de vouloir annoncer
04:02à tout prix,
04:03comme l'a fait M. Attal, que cette loi s'appliquerait au 1er septembre.
04:06En niant d'ailleurs tout le dispositif opérationnel de contrôle de mesure d'âge, déjà,
04:12était-il opérationnel, permettez-nous d'en douter, même si le processus était en route,
04:20nous n'avons cessé d'alerter en disant qu'il faut légiférer bien et opportunément.
04:26Et de manière aussi pragmatique, en prenant en compte les usages des jeunes.
04:31Mais nous n'avons pas été entendus sur ce sujet, nous avons même été presque accusés d'irresponsabilité
04:37dans cette approche, qui était pourtant une approche que le Conseil constitutionnel a confortée
04:43et qui correspondait aussi à l'approche du Conseil d'État.
04:46Et comme l'a dit mon collègue, il ne faut pas interpréter la décision du Conseil constitutionnel,
04:51selon nous, comme étant une remise en cause de cette nécessaire politique de prévention
04:56et d'accompagnement de jeunes face aux méfaits des réseaux sociaux.
04:59Mais encore faut-il bien légiférer et légiférer de façon opportune,
05:05de manière conforme à nos libertés constitutionnelles et aussi de manière conforme aux droits européens.
05:11Alors évidemment, la route est étroite, mais elle existe cette route, ce chemin.
05:16C'est ce que nous avons proposé au Sénat dans notre écriture.
05:19Donc je pense que plutôt que de réécrire un nouveau texte, il s'agit de repartir de zéro,
05:24là où nous en étions restés à l'issue des deux lectures, celle de l'Assemblée et celle du Sénat,
05:30et de reprendre tout simplement l'article premier.
05:33On va retrouver Arthur Delaporte, qui est député socialiste et président de la commission d'enquête
05:37sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs,
05:40et qui va certainement rejoindre votre point de vue.
05:42Arthur Delaporte, vous aviez saisi, vous, le Conseil constitutionnel,
05:45au PS, donc j'imagine que c'est une victoire.
05:48Quels sont les reproches que vous formuliez à ce texte ?
05:51Je ne dirais pas forcément que c'est une victoire.
05:54Je suis plutôt triste finalement de ce résultat,
05:56parce que ça fait un an maintenant que la commission d'enquête sur TikTok a pris fin.
06:01Ça fait un an que je dis au gouvernement que la voie qu'ils veulent choisir à tout prix
06:06n'est pas une voie viable et qu'ils alimentent des espoirs,
06:10alors que notre objectif commun, que ce soit à Catherine Morin de Sailly, à moi-même,
06:14et à l'ensemble des collègues, c'est d'arriver à protéger les jeunes
06:17des effets néfastes des réseaux sociaux, et plus largement l'ensemble de la société,
06:22mais que le chemin qui a été pris n'était pas un chemin sécurisé juridiquement,
06:26et qu'il y avait un risque que cette loi ne s'applique pas.
06:28Donc voilà, moi ce soir, je prends acte de cette décision.
06:32Évidemment, j'ai porté ce recours, et je l'ai fait en conscience,
06:35parce que je considérais qu'il y avait trop de flous, trop de risques,
06:38et finalement une loi qui était totalement inapplicable.
06:41Ça a été dit parce qu'on n'avait pas les modalités de contrôle de l'âge,
06:44parce qu'on ne savait pas quelles étaient les plateformes qui étaient concernées,
06:47on ne savait pas par exemple si YouTube ou si WhatsApp rentrait dedans.
06:51Et donc finalement, c'est tout ce flou, toute cette insécurité-là
06:53qui a été assumée par le gouvernement,
06:55qui à la fin s'est retrousnée, à la fois contre le gouvernement,
06:58mais contre la société, parce que ça a généré un horizon d'attente
07:01qui ne pouvait être que déçu.
07:02Et donc moi j'en veux à ceux qui, de façon irresponsable,
07:05ont généré l'idée qu'il y allait avoir une interdiction,
07:08alors que si finalement c'était,
07:10enfin Mme Morin de Sey comme moi-même,
07:12on le disait dans les débats parlementaires,
07:13c'était inconstitutionnel.
07:16Justement, la sénatrice, Catherine Morin de Sey,
07:19dit qu'on peut repartir de l'article 1er
07:22et retravailler le texte là où il en était
07:26lors du début de la navette entre l'Assemblée et le Sénat,
07:29ça vous semble possible ?
07:30C'est possible, peut-être,
07:33mais en fait, ce qu'il faut se dire,
07:35c'est que ça va prendre du temps,
07:36parce qu'il faut qu'il y ait des allers-retours
07:38avec la Commission européenne,
07:40et surtout, en fait, moi ce que je dis,
07:41c'est que la priorité des priorités,
07:43ce n'est pas de dire qu'au Corico,
07:44on a notre loi nationale en France,
07:45c'est qu'il y ait une loi à l'échelle européenne,
07:47parce que c'est à cette échelle-là
07:49que les plateformes sont régulées de manière efficace.
07:52C'est à cette échelle-là qu'on peut leur mettre des sanctions,
07:54c'est à cette échelle-là qu'on peut leur imposer des choses,
07:57et Mme von der Leyen a annoncé quelque chose
07:59qui devrait arriver normalement à la fin de l'année 2027.
08:02Donc, pourquoi se presser pour faire quelque chose
08:03de mal ficelé au printemps,
08:06à la fin du mandat d'Emmanuel Macron,
08:08alors qu'il suffit d'attendre quelques mois de plus
08:09pour avoir une loi vraiment applicable
08:11à l'échelle européenne et contraignante pour les plateformes,
08:13parce que c'est ça l'objectif.
08:15Aujourd'hui, il faut que les plateformes,
08:16elles limitent leur fonctionnalité nocive,
08:18c'est ce qu'a dit la Commission européenne,
08:20et donc en fait, il faut avoir une approche par fonctionnalité,
08:22à mon sens, qu'est-ce qui est dangereux pour les jeunes,
08:25les flux ininterrompus, les algorithmes qui nous ciblent,
08:27tous ces contenus négatifs qui ne sont pas modérés,
08:30et bien ça, c'est ce qui doit être interdit
08:31et empêché sur les plateformes,
08:33et aujourd'hui, finalement, l'interdiction sèche et stricte,
08:36elle est difficilement applicable à ce stade,
08:39tant qu'il n'y aura pas une norme européenne assez claire.
08:42Donc voilà, moi j'ai tendance à dire,
08:44attention, parce qu'on a un échec du gouvernement là,
08:47mais le risque, en récidivant, en disant
08:49dans six mois, on aura de nouveau un texte,
08:51on se heurte de nouveau aux mêmes difficultés.
08:53– Merci Arthur Delaporte pour cette réaction.
08:57Arnaud Ducoin est avec nous, il est membre d'Algos Victima,
09:01père de Pénélope, qui s'est suicidé en 2024.
09:04Bonjour monsieur, merci d'être avec nous ce soir.
09:08Quelles sont les circonstances dans lesquelles
09:09votre fille s'est donnée la mort,
09:11et est-ce que vous faites un lien direct avec les réseaux sociaux ?
09:14– Oui, très clairement, notre fille s'est suicidée
09:18il y a maintenant un peu plus de deux ans,
09:20et après sa mort, on a cherché à comprendre
09:24et c'est là où on est tombé sur son ordinateur
09:27et on a découvert dans quel univers mortifère elle vivait,
09:31et notamment sur le réseau TikTok,
09:34qui était le réseau premier qu'elle utilisait.
09:38Et moi j'ai moi-même fait l'expérience
09:42pour essayer de comprendre le mécanisme
09:44en créant un compte TikTok,
09:46et c'est là où je me suis rendu compte de la nocivité de cet algorithme,
09:51et c'est complètement hallucinant.
09:54Et mon message aujourd'hui, c'est effectivement d'alerter les parents,
09:58de ne laisser pas vos enfants comme ça devant les réseaux sociaux,
10:02parce qu'ici jouent des choses qui sont inacceptables,
10:06qui sont très dangereuses pour leurs enfants,
10:09et on ne s'en rend pas compte.
10:11Et c'est ça que je voudrais dénoncer aujourd'hui.
10:15– En tant que parent, vous avez vu trop tard
10:18cette influence sur les réseaux sociaux,
10:19vous n'aviez pas du tout conscience de ça à l'époque ?
10:23– Non, pas du tout.
10:25Vous savez, les réseaux sociaux, TikTok, je savais que ça existait,
10:28je me doutais que ce n'était pas là,
10:30enfin ce n'était pas un réseau forcément très intelligent,
10:33mais je ne pouvais pas imaginer une seconde
10:35ce que j'allais découvrir après.
10:38Le système de TikTok, il est basé sur son algorithme,
10:41et ce qui est d'ailleurs la même mécanique
10:43que l'on retrouve dans tous les réseaux sociaux.
10:45Sauf que l'algorithme de TikTok,
10:48c'est celui qui est le plus nocif pour nos enfants.
10:51Si vous-même voulez faire l'expérience,
10:53vous ouvrez un compte TikTok et vous laissez même faire les choses.
10:58Et vous allez voir que très rapidement,
11:00il y a des vidéos qui n'ont rien à faire à cet endroit-là,
11:02qui vous arrivent,
11:03et qui traitent de sujets sérieux,
11:07voire délicats,
11:10comme l'anorexie,
11:12comme les scarifications,
11:15enfin des vidéos en tous les cas,
11:17qui génèrent chez vous une attention, une émotion.
11:20Parce qu'il faut comprendre le système des réseaux sociaux.
11:24La mécanique de TikTok,
11:26c'est une mécanique qui est basée sur la politique de l'attention.
11:31Plus ils vont capter votre enfant,
11:34plus ils vont le rendre addict à leur réseau,
11:37plus ils gagnent des parts de marché,
11:39et plus ils vendent leur encart publicitaire cher.
11:41Et là, on parle de milliards qui s'y jouent.
11:44Donc les ingénieurs de chez TikTok,
11:46ils sont bien plus intelligents que nous, les parents,
11:49et dont c'est le métier.
11:50Ils ont investi des milliards
11:52pour essayer de comprendre le fonctionnement
11:54même du cerveau humain,
11:56comment on fonctionnait.
11:57Et ils se sont rendus compte
11:59que dès lors qu'on envoyait des vidéos
12:02qui étaient négatives,
12:04eh bien ça captait l'attention de nos enfants.
12:06Et en parallèle à ça,
12:10vous regarderez les statistiques,
12:12on s'aperçoit que notre jeunesse
12:13va de plus en plus mal.
12:15Et quand on regarde les dernières stats,
12:18on voit que 47% des jeunes aujourd'hui
12:25présentent des troubles anxiogènes.
12:27et j'ai lu même qu'encore aujourd'hui
12:30que 20% de nos lycéens
12:34ont eu des pensées suicidaires ces derniers mois.
12:37Donc d'un côté,
12:38on a une population de jeunes
12:40qui va très mal,
12:41et d'un autre côté,
12:42on a un ogre algorithmique qui est là.
12:44C'est un prédateur qui vous écoute,
12:46qui regarde votre fonctionnement
12:48et qui va faire en sorte
12:49de capter votre attention
12:50pour vous envoyer des vidéos
12:53qui sont de plus en plus nocives.
12:55Et c'est ce qu'on a retrouvé
12:57sur l'ordinateur de notre fille.
13:00Elle était plongée dans une sphère,
13:02une sphère de filtres sur TikTok
13:08où elle était rentrée.
13:10Il y a un paradoxe,
13:11c'est que vous rentrez dans des communautés.
13:14C'est-à-dire qu'au sein de TikTok,
13:18lorsque vous faites part,
13:19que vous allez prendre, par exemple,
13:21le suicide ou le scarification,
13:22et bien les vidéos que vous hackez,
13:25ça, ça donne un signal très fort
13:28à l'algorithme
13:29que vous portez un intérêt
13:30pour ce genre de vidéos,
13:31donc il va vous en envoyer plus.
13:32Si vous restez sur des...
13:35Si vous regardez la vidéo jusqu'à son...
13:38La totalité de la vidéo,
13:39c'est que vous portez un intérêt,
13:40donc ainsi de suite.
13:41Donc là, vous vous envoyez des signaux.
13:42Et puis, il va vous envoyer
13:44de plus en plus de vidéos
13:45traitant de ce sujet-là.
13:46Et le paradoxe,
13:48c'est que les jeunes
13:49qui présentent des troubles
13:52de cet ordre-là,
13:53ils retrouvent une communauté.
13:56Ils vont retrouver des gens
13:57qui les comprennent,
13:58des gens qui sont un peu comme eux.
14:00Et ils s'entraînent entre eux.
14:02Et le danger,
14:03c'est qu'ils commencent à normaliser
14:06ces sujets qui sont hautement inquiétants.
14:10Et on y voit des vidéos
14:13où on vous explique
14:14comment faire un nœud coulant,
14:16des tutos,
14:16comment se pendre,
14:17au bout de combien de temps
14:18on va perdre conscience.
14:20Il y a des challenges
14:22qui permettent
14:23de mettre sa vie en danger.
14:25Les Doliprane Challenge,
14:27c'est-à-dire que c'est
14:28ingurgiter un maximum de Doliprane
14:30jusqu'à perdre...
14:32Donc pour vous,
14:32il faudrait s'en prendre
14:33plutôt aux plateformes,
14:35en fait,
14:35pour qu'elles soient mieux régulées.
14:38Mais forcément.
14:39Là, moi, je suis d'abord
14:41très déçu.
14:42Et c'est très triste
14:44que cette loi
14:44ne puisse pas
14:46avoir le jour
14:47au début septembre.
14:49Parce que derrière cette loi,
14:50il y a plein de parents
14:51qui, chaque jour,
14:53se retrouvent complètement démunis
14:55face à l'emprise
14:55des réseaux sociaux
14:56et des algorithmes
14:57sur leurs enfants.
14:58Et cette loi,
14:59elle avait été lotée
15:00très largement
15:00par le Parlement.
15:01C'était une véritable attente
15:03de la société.
15:04C'était une loi
15:05qui était unanime,
15:06qui était transpartisane.
15:08Et moi,
15:08j'ai bien peur
15:09que ce soit
15:09pour des petites guéguerres
15:10de politiciennes
15:11entre M. Macron
15:14avec l'EPS
15:15et avec les autres.
15:16Et on n'avance pas.
15:18Donc, résultat,
15:20qui est-ce qui va encore
15:21faire les frais ?
15:22C'est nos jeunes.
15:22Il y a une urgence absolue
15:24à légiférer.
15:25Il fallait faire quelque chose.
15:27Il faut que cette loi,
15:28elle voit le jour,
15:30elle soit appliquée
15:31et que ça donnera
15:33surtout un signal très fort.
15:35Parce que c'est quoi
15:36le signal aujourd'hui
15:36qu'on donne aux plateformes ?
15:38Merci au Conseil constitutionnel
15:40d'avoir invalidé la loi.
15:43Moi, j'ai l'impression
15:43qu'ils sont complètement déconnectés.
15:45Et puis,
15:45ils sont surtout déconnectés
15:46de ce que les familles vivent.
15:49C'est incompréhensible.
15:50Et le message
15:50qu'on a donné aux plateformes,
15:51c'est qu'elles avaient raison.
15:53Merci, en tout cas,
15:54pour ce témoignage.
15:56Et en tout cas,
15:57Emmanuel Macron
15:57a chargé
15:58le Premier ministre
15:59Sébastien Lecornu
16:00de faire aboutir
16:01un nouveau texte
16:03d'ici au printemps 2027.
16:06Merci à vous.
16:07Magali Berda,
16:07vous êtes influencée.
16:08Merci d'être avec nous ce soir.
16:10En tant que créatrice
16:11de contenus,
16:12est-ce que vous,
16:12vous considérez
16:13qu'il y a effectivement
16:14des contenus
16:14qui sont dangereux
16:16pour nos jeunes ?
16:16Je pense qu'en fait,
16:18il a raison,
16:19c'est qu'ils sont
16:19complètement déconnectés
16:20de la réalité.
16:21Et c'est ce que je disais
16:22tout à l'heure,
16:23les sages qui ont invalidé
16:24cette loi,
16:25c'est des gens
16:26qui aujourd'hui
16:26ne sont quasiment
16:27même pas sur les réseaux sociaux.
16:29Moi, je suis allée
16:29voir les comptes Instagram,
16:30ils ne sont pas actifs.
16:31Enfin voilà,
16:31c'est des gens
16:32qui sont,
16:32j'ai l'impression,
16:33déconnectés
16:33de ce qui se passe.
16:34Et en face,
16:35vous avez des parents
16:35d'enfants qui se sont suicidés,
16:37qui eux sont sur un terrain
16:38qui est lamentable,
16:39qui est dramatique,
16:40des influenceurs,
16:41des créateurs de contenus
16:42qui vivent un véritable enfer.
16:44Et on réagit toujours
16:45à après.
16:45Et quand j'entends
16:46M. Delaporte,
16:49que je connais très bien,
16:51dire,
16:52on a le temps
16:53de voir
16:53que ça passe
16:54à l'européenne
16:55peut-être en fin d'année
16:562027,
16:57moi j'ai envie de vous dire,
16:58c'est très grave
16:59de dire ça.
16:59Parce que c'est le pire message
17:00que vous puissiez dire aux gens.
17:01Parce que pour vous,
17:02il y a une urgence absolue
17:02à agir maintenant.
17:03Mais il y a une urgence absolue.
17:04On ne peut pas accepter
17:05cette parole de dire
17:07on peut attendre
17:07les européennes,
17:08enfin la loi européenne
17:09en fin 2027.
17:11On ne peut pas attendre.
17:12Et j'ai l'impression
17:13de voir un peu
17:13le même spectacle
17:14qu'il y a eu
17:14pour les plaçons de produits
17:15il y a quelques années.
17:16On avait alerté Bruno Le Maire
17:18il y a des années avant
17:19et puis il n'avait pas le temps.
17:20C'était après.
17:20Et quand il est arrivé
17:21qu'il a fait sa loi,
17:22c'était déjà le Faroë,
17:23c'était déjà une catastrophe.
17:24Tout était,
17:25on partait dans tous les sens.
17:26Et il y a des choses
17:27qui sont irrécupérables après.
17:29Et aujourd'hui,
17:30il y a des jeunes
17:31qui se suicident tout le temps.
17:33Tous les mois,
17:33on entend parler
17:34d'un nouveau jeune
17:34qui se suicide
17:34toutes les semaines quasiment.
17:36C'est insupportable.
17:37Donc on attend quoi ?
17:38Et on a l'impression
17:39d'avoir un spectacle politique
17:40de gens qui vous disent
17:41j'avais prévenu
17:42mais on ne m'a pas écouté.
17:43Mais en fait,
17:44on s'en fout de tout ça.
17:45Nous, les gens normaux,
17:46entre guillemets,
17:47on s'en fout de savoir
17:48que vous n'écoutez pas.
17:49Nous, on s'en fout
17:53les enfants.
17:53On nous avait fait sous-entendre
17:55qu'elle devait être appliquée
17:56le 1er septembre.
17:57Et bien là,
17:58elle ne sera pas appliquée.
17:59Et c'est ce qu'on va dire aux enfants.
18:00Et il a raison,
18:00le papa de la petite jeune fille
18:02qui s'est suicidée,
18:03c'est qu'on passe aussi
18:04un message aux plateformes
18:05en disant
18:06c'est bon, continuez,
18:07vous avez le temps.
18:07C'est un très mauvais message.
18:08Est-ce que c'est aux parents,
18:09du coup, aujourd'hui,
18:10de prendre le relais
18:11et d'être beaucoup plus strict,
18:12beaucoup plus sévère
18:13avec leurs enfants ?
18:14Je pense que c'est compliqué
18:15avec les réseaux sociaux
18:16de dire aux parents
18:17c'est votre faute.
18:18Je pense que ça,
18:19aujourd'hui,
18:20les réseaux sociaux nous dépassent.
18:21Ça va beaucoup trop vite.
18:22C'est beaucoup trop puissant.
18:24Les enfants s'entraînent tous
18:25à l'école entre eux
18:26et que quand bien même
18:27on interdirait nous-mêmes
18:28aux enfants
18:28d'avoir les réseaux sociaux,
18:29vous vous doutez bien
18:30qu'ils se débrouilleraient
18:31à l'école pour en avoir.
18:32Donc, en fait,
18:33il faut qu'à la source,
18:34ce soit impossible
18:35pour eux de se connecter
18:36parce que les parents
18:37ne peuvent plus contrôler ça
18:38et que ça va beaucoup trop vite.
18:40Et comme l'a dit ce papa,
18:42on sous-estime tellement
18:44ce qui s'y passe
18:45et nous, on le voit
18:45en tant que créanteur de contenu,
18:47on voit ce qui se passe,
18:48c'est un enfer.
18:49Vraiment.
18:50C'est-à-dire que
18:50ce n'est pas possible
18:51de dire ça.
18:52Et ça me fait quelque chose
18:54d'entendre de dire
18:55ben voilà, on a le temps,
18:56on n'est pas à six mois près.
18:57Enfin, il n'y a pas assez de morts,
18:59il n'y a pas assez de jeunes
18:59qui se tuent tout le temps, en fait.
19:02On n'en tape pas.
19:02Combien encore ?
19:03Et après, on va vous voir manifester
19:05sur les plateaux télé
19:06ou dehors pour dire
19:07les lois anti-ciberharcèlement.
19:08Mais enfin, il faut arrêter.
19:10Agissez.
19:10On ne peut pas avoir
19:11un spectacle comme ça
19:12de loi mal faite,
19:13pas bien faite,
19:13ce n'est pas assez bien écrit.
19:15Ce n'est pas à notre niveau, ça.
19:16C'est à leur niveau
19:17de faire les choses correctement.
19:17Ce n'est pas à notre niveau.
19:18Nous, on ne doit pas subir ça.
19:19Le Conseil constitutionnel
19:20qui a jugé que ce n'était pas conforme
19:22en tout cas à la Constitution,
19:23que c'était disproportionné,
19:25on le rappelle,
19:25et attentatoire à la liberté d'expression.
19:28Une nouvelle loi
19:29pourrait voir le jour
19:29d'ici le printemps 2027.
19:31C'est l'objectif en tout cas
19:32du chef de l'État
19:33et du gouvernement.
19:34Merci Magui Liverna
19:35pour ce témoignage.
19:37Merci Magui Liverna.
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