00:00Je ne dirais pas forcément que c'est une victoire.
00:02Je suis plutôt triste finalement de ce résultat,
00:04parce que ça fait un an maintenant que la commission d'enquête sur TikTok a pris fin.
00:09Ça fait un an que je dis au gouvernement que la voie qu'ils veulent choisir à tout prix
00:15n'est pas une voie viable et qu'ils alimentent des espoirs,
00:19alors que notre objectif commun, que ce soit à Catherine Morin de Sailly, à moi-même,
00:22et à l'ensemble des collègues, c'est d'arriver à protéger les jeunes
00:25des effets néfastes des réseaux sociaux,
00:28et plus largement l'ensemble de la société,
00:30mais que le chemin qui a été pris n'était pas un chemin sécurisé juridiquement
00:35et qu'il y avait un risque que cette loi ne s'applique pas.
00:37Donc voilà, moi ce soir, je prends acte de cette décision.
00:40Évidemment, j'ai porté ce recours et je l'ai fait en conscience
00:43parce que je considérais qu'il y avait trop de flous, trop de risques
00:46et finalement une loi qui était totalement inapplicable.
00:49Ça a été dit parce qu'on n'avait pas les modalités de contrôle de l'âge,
00:52parce qu'on ne savait pas quelles étaient les plateformes qui étaient concernées.
00:56On ne savait pas par exemple si YouTube ou si WhatsApp rentrait dedans.
00:59Et donc finalement, c'est tout ce flou, toute cette insécurité-là
01:02qui a été assumée par le gouvernement, qui à la fin s'est retrousnée,
01:05à la fois contre le gouvernement mais contre la société,
01:07parce que ça a généré un horizon d'attente qui ne pouvait être que déçu.
01:10Et donc moi j'en veux à ceux qui, de façon irresponsable,
01:14ont généré l'idée qu'il y allait avoir une interdiction,
01:17alors que si finalement c'était, enfin Mme Morin de Saïc comme moi-même,
01:20on le disait dans les débats parlementaires, c'était inconstitutionnel.
01:24– Justement, la sénatrice Catherine Morin de Saïc dit
01:28qu'on peut repartir de l'article 1er et retravailler le texte
01:32là où il en était lors du début de la navette entre l'Assemblée et le Sénat,
01:37ça vous semble possible ?
01:38– C'est possible, peut-être, mais en fait, ce qu'il faut se dire,
01:43c'est que ça va prendre du temps,
01:44parce qu'il faut qu'il y ait des allers-retours avec la Commission européenne,
01:48et surtout, en fait, moi ce que je dis, c'est que la priorité des priorités,
01:51c'est pas de dire « Cocorico, on a notre loi nationale en France »,
01:54c'est qu'il y ait une loi à l'échelle européenne,
01:56parce que c'est à cette échelle-là que les plateformes sont régulées de manière efficace,
02:00c'est à cette échelle-là qu'on peut leur mettre des sanctions,
02:03c'est à cette échelle-là qu'on peut leur imposer des choses,
02:05et Mme Van Gerlangen a annoncé quelque chose qui devrait arriver normalement à la fin de l'année 2027.
02:10Donc, pourquoi se presser pour faire quelque chose de mal ficelé au printemps,
02:14à la fin du mandat d'Emmanuel Macron,
02:16alors qu'il suffit d'attendre quelques mois de plus pour avoir une loi vraiment applicable
02:19à l'échelle européenne et contraignante pour les plateformes,
02:22parce que c'est ça l'objectif.
02:23Aujourd'hui, il faut que les plateformes, elles limitent leur fonctionnalité nocive,
02:26c'est ce qu'a dit la Commission européenne,
02:28et donc en fait, il faut avoir une approche par fonctionnalité, à mon sens,
02:32qu'est-ce qui est dangereux pour les jeunes,
02:33les flux ininterrompus, les algorithmes qui nous ciblent,
02:36tous ces contenus négatifs qui ne sont pas modérés,
02:38et bien ça, c'est ce qui doit être interdit et empêché sur les plateformes,
02:42et aujourd'hui, finalement, l'interdiction sèche et stricte,
02:45elle est difficilement applicable à ce stade,
02:47tant qu'il n'y aura pas une norme européenne assez claire.
02:51Donc voilà, moi j'ai tendance à dire, attention,
02:53parce qu'on a un échec du gouvernement là,
02:55mais le risque est qu'en récidivant, en disant,
02:58dans six mois on aura de nouveau un texte,
02:59on se heurte de nouveau aux mêmes difficultés.
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