- il y a 6 mois
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00:00Les grandes annonces budgétaires de François Bayrou continuent à faire des remous, à provoquer un débat, un tollé parfois.
00:07On va en parler avec notre invité Éric Coquerel. Bonjour.
00:10Vous êtes député de la France Insoumise, président de la commission des finances à l'Assemblée.
00:14Vous avez parlé, juste après les annonces de François Bayrou, de musée des horreurs.
00:19À mesure que vous entendez les détails de certaines mesures, vous maintenez ces propos ?
00:24C'est clair, ça le renforce.
00:25Et alors là, notamment, cette nouvelle polémique sur l'idée qu'on monétariserait une semaine de congés payés, la cinquième semaine,
00:35c'est le recul, en gros, au fur et à mesure, sur toutes les conquêtes sociales.
00:38Ils ont commencé sur les retraites, là maintenant, c'est les congés payés.
00:42Le problème en France, c'est que le travail n'est pas assez payé.
00:45Le travail qu'on fait déjà, les salaires ne sont pas suffisants.
00:49Donc la question, elle est là.
00:50Elle n'est pas de forcer les gens à travailler plus pour gagner plus.
00:53Parce qu'à ce compte-là, on revient sur tout.
00:55C'est-à-dire, pourquoi on se contenterait, après tout, de revenir sur une semaine de congés payés ?
00:59On pourrait bien décider cinq semaines.
01:01Et puis on pourrait décider que ce n'est pas 64-65, mais c'est 67.
01:05Mais bien qu'au fur et à mesure, on revient sur, en gros, toutes les conquêtes sociales depuis la libération.
01:10Alors ce que dit la ministre du Travail, c'est qu'à ce stade, c'est une proposition.
01:14Les partenaires sociaux sont invités à en discuter.
01:17On va l'écouter et je voudrais réagir juste après.
01:19C'est une proposition qui est faite aux partenaires sociaux de négocier, parce que c'est comme ça que le dialogue social qui marche.
01:27S'ils veulent l'écarter, ils l'écartent.
01:29S'ils veulent en négocier, ils négocient, comme ce qui a été mis sur la table de ce document d'orientation sur les aides, la transparence ou les aides publiques.
01:36Donc la ministre, elle nous dit que ce n'est pas du tout une mesure, c'est une proposition aux partenaires sociaux d'en discuter.
01:42C'est François Béroud qu'on a parlé l'autre jour.
01:43De même, il a parlé après le budget, de l'idée de déréguler le marché du travail, de s'attaquer encore un peu plus au code du travail,
01:50c'est-à-dire qu'il protège les salariés, s'attaquer aussi à l'assurance chômage.
01:53Donc vous voyez bien que tout ça, c'est à chaque fois, on nous dit après, on n'a peut-être pas voulu dire ça,
01:57mais n'empêche, tout est dans la même ligne directrice, c'est également ce qui conduit à s'attaquer aux retraités,
02:03on s'attaque aux revenus du travail ou aux revenus qui découlent du travail.
02:07Donc c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire.
02:09Moi je pense que dans ce pays, ce n'est pas le travail qui coûte trop cher, c'est le capital qui a un coût trop cher.
02:13C'est la politique qui a été menée et qui aujourd'hui nous emmène dans la situation économique mauvaise dans laquelle nous sommes.
02:18Mais si on revient sur cette idée de pouvoir racheter une semaine, la cinquième semaine de congés payés,
02:23et de se la faire évidemment rémunérer en échange, si c'est sur la base du volontariat que certains salariés
02:29souhaitent gagner un peu plus et se disent qu'ils ont trop de vacances.
02:31Oui, on nous a fait le même coup sur le travail de dimanche d'ailleurs, c'est sur la base du volontariat.
02:35Et au nom du volontariat finalement on revient sur tout ce qui est, j'allais dire,
02:39et du domaine des conquêtes sociales justement auxquelles je tiens.
02:42Les salariés ont le droit de s'arrêter et c'est même bien qu'ils puissent s'arrêter pendant 5 semaines par an.
02:47Les salariés devraient pouvoir continuer à partir à la retraite, en bonne santé, à un âge suffisamment tôt, etc.
02:53Tout ça au départ ce n'est pas des choses qui leur ont été données, c'est des conquêtes qui ont été obtenues.
02:58Tout simplement parce que je vous rappelle que sans la force de travail des gens, des salariés,
03:01il n'y a pas de richesse dans ce pays.
03:02Donc c'est quand même normal qu'en contrepartie il y ait des avantages.
03:06Et là c'est sur tout ça qu'on va en venir.
03:08En plus économiquement c'est stupide, je vais vous dire pourquoi.
03:10Parce qu'on est dans un moment où la productivité baisse.
03:13C'est la première fois depuis la Ve République.
03:14Ça veut dire que les entreprises estiment qu'elles ont déjà trop de gens par rapport à la richesse qu'elles produisent.
03:19Tant qu'on ne règle pas ça, ce n'est pas la peine d'aller s'inventer des cinquièmes semaines
03:24où les salariés devraient travailler, etc.
03:29Parce que vous n'allez pas créer comme ça de la productivité.
03:31Donc économiquement c'est mauvais, socialement c'est injuste.
03:35Et puis j'allais dire que c'est quelque chose qui note finalement ce gouvernement.
03:39Ce gouvernement s'attaque au monde du travail.
03:41Mais là du côté du socle commun de la droite aussi, on entend un autre constat que le vôtre.
03:44Évidemment, vous allez me dire, c'est qu'il n'y a pas assez de productivité effectivement
03:48parce qu'on ne travaille pas assez en France.
03:50Et donc là on a parlé à l'instant de l'idée de racheter une semaine de vacances.
03:54Mais vous avez entendu ce que proposent certains dans le socle commun.
03:58Mathieu Lefebvre, on l'a entendu, dire que finalement il faudrait peut-être remettre en question,
04:01remettre en cause les 35 heures.
04:03Bien sûr, ça c'est un bon exemple plus dite.
04:05Au début, il y a eu les 35 heures.
04:07En fait les 35 heures c'est quoi ?
04:09C'est un cadre légal hebdomadaire.
04:11Ces gens-là rêvent d'en finir avec ça.
04:12Ils rêvent de venir au fait que les salariés sont corvéables à merci.
04:16Ils le disent très clairement d'ailleurs.
04:17Le vrai sujet, c'est les 35 heures.
04:20Comme en plus on baisse les salaires, les gens sont obligés de travailler toujours plus
04:23pour arriver à gagner leur vie.
04:24Voilà, c'est le monde dont ils rêvent.
04:26Et donc les 35 heures, au début on a dit,
04:29ah mais il sera peut-être possible de faire des heures supplémentaires
04:32et on va par exemple les payer deux fois plus.
04:34Puis après on a dit, ah ben non, on va les payer une fois et demie de plus.
04:37Et puis au bout d'un moment, on considère qu'en réalité,
04:39il ne faudrait plus de 35 heures du tout.
04:40C'est la même semaine, la question sur la cinquième semaine de congés payés.
04:44On va dire, il y a la cinquième semaine, finalement, on peut la monétariser.
04:46Alors au début, on va la payer plus.
04:48Puis après, vous verrez qu'on la paiera autant.
04:50Et puis après, ça sera finalement considéré comme une semaine normale.
04:54Donc cette politique-là, en réalité, pense que les travailleurs doivent être corvéables à merci.
04:59Sous la pression, j'allais se dire, entre guillemets du capital.
05:03Et je parle surtout des grandes entreprises.
05:04Donc moi, ce monde-là, je ne le souhaite pas.
05:06Ça, c'est le monde du 19e siècle.
05:08Mais les 35 heures, qu'est-ce qu'elles ont donné les résultats escomptés ?
05:12L'un des objectifs, c'était de créer de l'emploi aussi.
05:15Est-ce que ça a fonctionné ? Est-ce que ça a marché ?
05:17Vous savez que quand les 35 heures ont été créées en France,
05:19il y a eu la plus grosse augmentation de retravaillés dans ce pays.
05:21La plus grosse augmentation.
05:23Donc progressivement, on est revenu dessus.
05:25Mais il y a eu, parce qu'en même temps, il y avait du partage du travail.
05:28Donc ce n'est pas ces questions-là.
05:30Moi, je crois que la question de fonds qui est posée,
05:32et qu'on ne peut pas contourner en disant aux gens,
05:34vous gagnerez plus que si vous travaillez plus,
05:37c'est de faire en sorte de créer les conditions pour que,
05:40par la croissance, par une bifurcation écologique qui fait marcher l'économie,
05:44par aussi une augmentation des salaires.
05:46Parce que dans le partage de la valeur ajoutée,
05:48comment on partage des richesses,
05:51il y a de plus en plus d'argent qui va vers le capital,
05:53et qui part en dividendes surtout,
05:54et pas assez vers les salaires.
05:55Il faut augmenter les salaires, et vous verrez que les gens consommons.
05:59La consommation, c'est de l'activité économique,
06:02c'est des rentrées, des recettes, des impôts, des cotisations.
06:05Et à mon avis, ça marchera mieux que la politique qu'on a aujourd'hui.
06:07Mais il n'y a pas de problème de temps de travail en France ?
06:09On n'est pas en dessous de la moyenne européenne ?
06:12Les Français ne travaillent pas moins que les autres ?
06:13Non, ce n'est pas vrai.
06:14Vous avez vu, il y a même eu une fake news.
06:16Il y a la ministre Amélie de Montchalin qui a dit
06:18qu'on travaille 100 heures de moins que les Allemands,
06:20que les salariés allemands.
06:21Puis on s'est aperçu qu'en réalité,
06:22ils avaient pris l'ensemble de la population,
06:24ce qui ne veut rien dire.
06:25Non, non, les Français ne travaillent pas moins.
06:27Par exemple, les fameux jours fériés,
06:29la France est en dessous de la moyenne européenne.
06:30Donc il faut arrêter avec cette histoire.
06:32Par contre, ce qui est vrai, c'est que pendant des années,
06:34la productivité des Français, des travailleurs en France,
06:37était supérieure, y compris largement supérieure aux Allemands.
06:39Et que ça, aujourd'hui, s'est remis en question.
06:41Et donc, il faut s'interroger sur comment on recrée de la richesse.
06:44Pour recréer de la richesse, par exemple,
06:45ça passe par le fait qu'au lieu d'avoir une politique,
06:48j'allais dire, chiche, d'austérité, comme on connaît,
06:51où on réduit les moyens de l'État.
06:52Au contraire, on investit, par exemple.
06:54On investit dans les fluctuations écologiques.
06:56On investit dans des mécanismes de solidarité
06:59qui fait que les gens, ils ont de l'argent à dépenser
07:02et on crée de la richesse.
07:03Et c'est comme ça que ça peut se relancer.
07:04La politique qui est menée aujourd'hui,
07:05c'est une politique de récession à terme.
07:08Vous avez d'or, j'ai déjà annoncé que vous alliez voter la censure.
07:11Pour vous, il n'y a pas moyen de discuter, de négocier.
07:14Est-ce que ce n'est pas une manière de se défausser, finalement,
07:16de ne pas avoir envie d'apporter des solutions
07:18face à la situation dans laquelle se trouve la France ?
07:21– Mais on a fait l'expérience de ça.
07:23L'an dernier, en septembre 2024, excusez-moi,
07:26on a eu un budget et l'Assemblée l'a complètement transformée.
07:31Donc voilà, l'Assemblée a donné sa loi.
07:33Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement ?
07:34C'était le gouvernement Barnier.
07:35Il a dit, ce qui a été amendé par l'Assemblée,
07:38je ne veux pas en entendre parler,
07:39on fait le 49-3, on réimpose notre budget.
07:41Donc on les connaît.
07:42Ils sont là.
07:43M. Macron a décidé de laisser des minoritaires gouverner
07:46pour appliquer sa même politique
07:47qui consiste, en gros, au nom de cadeaux aux plus riches,
07:52pour aller vite, on attaque le monde du travail,
07:54on attaque l'État, on attaque les services publics,
07:56on attaque la protection sociale.
07:57Et cette politique-là, il ne veut pas en démordre.
07:59C'est la raison pour laquelle, il y a un an,
08:01il ne nous a pas laissé la possibilité de gouverner.
08:04Donc ne croyez pas que ces gens-là
08:05vont essayer de modifier tout leur budget.
08:08Ils ne sont pas là pour ça.
08:09Donc ils vont aller jusqu'au bout.
08:11Et nous, en conséquence, on les censurera.
08:12Est-ce que vous comprenez que les socialistes,
08:14ils pensent autrement ?
08:15On a entendu François Hollande, notamment,
08:16l'ancien président qui dit,
08:17on peut améliorer cette copie,
08:19on peut obtenir des résultats pour la France,
08:21pour les Français.
08:21Alors j'ai entendu François Hollande,
08:22mais jusqu'à preuve du contraire,
08:23il n'est pas le président du groupe socialiste
08:25ni le responsable du PS.
08:27Donc moi, je regarde ce que dit Olivier Faure.
08:29Ce que dit Olivier Faure,
08:30ce que disent les socialistes,
08:31c'est que ce budget ne va pas
08:32et qu'ils veulent bien discuter.
08:34Ça, je pense que c'est déjà un problème
08:35parce qu'à mon avis,
08:36ça laisse peut-être penser
08:37que François Béroux peut nous diviser
08:39puis essayer de,
08:40comme il l'avait fait la dernière fois,
08:42en échange de quelques miettes,
08:43arriver à avoir la non-censure.
08:44Donc pour ça, je dis qu'à mon avis,
08:46on ferait mieux de ne pas faire seulement de discuter.
08:49Mais par contre, ce que j'entends aujourd'hui,
08:51moi, j'écoute,
08:52c'est que tout le budget est mauvais.
08:54Le Parti socialiste ne dit pas
08:56que ce budget, il est modifiable
08:58sur quelques aspects seulement.
08:59Il explique qu'il faudrait complètement
09:01le remettre sur la table.
09:03Ce n'est pas ce que va faire François Béroux.
09:04C'est pour ça que vous verrez
09:05que je pense que ça terminera par une censure.
09:07Mais les socialistes, par exemple,
09:08qui voudraient obtenir une contribution
09:10des plus aisés, des plus fortunés,
09:12c'est quelque chose qu'ils pourraient obtenir
09:14au terme d'une négociation ?
09:15Oui, mais la contribution des plus aisés,
09:18encore une fois, l'année dernière,
09:19on l'a obtenue.
09:20À l'Assemblée nationale,
09:21on a voté 60 milliards de cotisations
09:23des plus aisés.
09:24Je rassure tous les gens
09:25qui vont payer plus d'impôts cette année
09:26puisqu'ils ont leur barème
09:28qui ne remontre pas.
09:28Nous, on ne touchait que les plus riches.
09:30Et ils ont tellement accumulé de richesses
09:32qu'on permettait à l'État
09:33de gagner 60 milliards de recettes en plus.
09:36Ce n'est pas ce qu'ils ont fait.
09:38Donc François Béroux ne va pas.
09:39Pour l'instant, ils ont dit
09:40on va mettre à peu près 4 milliards
09:42où on va taxer les plus riches.
09:43C'est-à-dire 10% seulement
09:44de l'effort national.
09:45Tout le reste, c'est tous les Français
09:46qui vont devoir le compenser.
09:49Donc je ne pense pas, je ne crois pas,
09:51une seconde, que François Béroux,
09:53par exemple, va appliquer la taxe Jukpan.
09:54Ils nous ont dit non.
09:56On porte la taxe Jukpan.
09:57C'est-à-dire 2% sur le patrimoine,
09:59ça rapporte 15 milliards d'euros.
10:002% sur les très très riches,
10:02les ultra-riches.
10:02100 millions d'euros.
10:03Je rassure tous les gens
10:04qui nous écoutent,
10:05la plupart ne sont pas concernés.
10:072% ça rapporte 15 à 20 milliards d'euros.
10:11François Béroux a déjà répondu.
10:12Il a dit il en est hors de question.
10:14Donc à partir de là,
10:15moi j'entends ce qu'il se dit.
10:16Je ne pense pas, j'espère en tout cas.
10:18C'est pour ça qu'à mon avis,
10:19je préférerais qu'il n'aille pas discuter
10:20avec François Béroux,
10:22je le dis aux socialistes.
10:23Mais je ne pense pas que cette fois-ci,
10:24ils vont accepter quelques miettes
10:25comme la dernière fois.
10:29cet après-midi,
10:29ils se disent très agacés,
10:31très énervés même par certaines
10:32des propositions du gouvernement.
10:34Ils se donnent rendez-vous
10:35le 1er septembre
10:36pour discuter d'une éventuelle
10:37journée de mobilisation.
10:38Vous la souhaitez cette journée
10:39de mobilisation ?
10:41Oui, je pense qu'à présent,
10:43il y a tellement de raisons
10:44pour que les gens se mobilisent
10:46et je sais que parce que
10:47j'écoute un peu ce qui se dit
10:48dans la rue, dans le métro et autres,
10:50les gens en ont marre.
10:51Les gens en ont assez dans ce pays,
10:52réellement, parce qu'ils ont l'impression
10:53qu'on demande toujours l'effort au même,
10:55aux classes populaires, aux classes moyennes,
10:56à tous ceux qui travaillent.
10:57Donc, ils en ont assez.
10:58Donc, je pense que c'est bien
10:59qu'il y ait des mobilisations
11:00pour pousser.
11:01Il faut que la situation change.
11:02On ne peut pas continuer comme ça.
11:04Et donc, pour que la situation change,
11:06il faut censurer.
11:06Et moi, ce que j'espère,
11:07c'est de retourner aux urnes.
11:08Le mieux, ça serait
11:09qu'ils nous permettent de gouverner.
11:10Je ne crois pas que M. Macron
11:11va le faire.
11:12Mais après tout, pourquoi pas ?
11:13Nous, on est prêts à gouverner.
11:14On est prêts à être Premier ministre.
11:16On est prêts à gouverner ce pays.
11:17On a un programme.
11:18Il a été majoritaire il y a un an.
11:19Si ce n'est pas le cas,
11:20je pense qu'il faut retourner aux urnes.
11:21Le mieux, ça serait
11:22que M. Macron démissionne.
11:23Vous ne craignez pas
11:23de déstabiliser encore un peu plus la France ?
11:25On a vu le constat
11:26qui a été fait par François Bayrou,
11:27la France en très grand danger.
11:29Oui, mais vous savez,
11:30au nom de la stabilité,
11:31on ne peut pas laisser des minoritaires
11:33appliquer un programme
11:33qui est minoritaire dans le pays.
11:35Parce que ça,
11:35ce n'est pas démocratique.
11:36Et après, ça,
11:37c'est l'extrême droite.
11:38On a connu dans le passé
11:39des expériences pareilles
11:41où les gens qui étaient minoritaires
11:42sur une politique très inégale
11:44ont voulu garder le pouvoir
11:45et on sait comment ça se termine.
11:47C'est l'Allemagne dans les années 30.
11:48C'est exactement le scénario.
11:50Il y a plein de très excellents
11:51bouquins d'histoire
11:51qui se fractuaient.
11:52Donc, ne recommençons pas
11:53ces mêmes erreurs.
11:54Et en plus de ça,
11:55le pays déstabilisé,
11:56il est déstabilisé aujourd'hui
11:57parce qu'un homme,
11:58M. Macron,
11:59en juillet dernier,
12:00a voulu faire en sorte
12:01de laisser le pouvoir aux minoritaires.
12:03Ce n'est pas possible
12:04de gouverner comme ça.
12:05En tout cas,
12:05le pays,
12:06selon le ministre de l'Intérieur,
12:07il est déstabilisé par vous,
12:08par la France insoumise.
12:09Vous voulez vous faire réagir
12:09à ce qu'a dit Bruno Retailleau.
12:12On a pu le lire,
12:12notamment dans le Figaro.
12:14La France insoumise
12:15est la première
12:16et la pire
12:17des menaces politiques
12:18aujourd'hui.
12:19Jour après jour,
12:20les insoumis franchissent
12:21toutes les limites
12:22de ce qui est acceptable,
12:23comme lorsqu'ils se réjouissent
12:24de la libération
12:24du terroriste,
12:25Georges Ibrahim Abdallah,
12:26en le désignant
12:26comme prisonnier politique,
12:29en faisant allusion
12:30à ce militant
12:32pro-palestinien libanais
12:33qui a été libéré
12:34après 40 ans
12:35de détention,
12:36qui est qualifié
12:37de terroriste.
12:38Il a été
12:38condamné
12:40pour des complicités
12:41d'assassinat
12:41dans la mort de deux,
12:42l'assassinat de deux diplomates.
12:44Vous êtes particulièrement visé ?
12:45D'ailleurs, vous remarquerez,
12:46il n'a pas dit
12:46Georges Ibrahim Abdallah,
12:47il a dit Ibrahim Abdallah,
12:48il a dû se dire
12:48que ça faisait plus terroriste.
12:50Il a oublié la consonance
12:51du prénom Georges.
12:52Je parle de Retailleau.
12:53Écoutez,
12:53je vais dire une chose
12:54au ministre de l'Intérieur.
12:55D'abord,
12:56il ferait peut-être bien
12:56de se mêler de son ministère
12:57et pas de la justice
12:59parce que là,
13:00en l'occurrence,
13:00c'est la séparation des pouvoirs,
13:01c'est une décision de justice.
13:03D'accord ?
13:03Et la deuxième chose,
13:04c'est que quelqu'un
13:05qui pense que l'État de droit,
13:06on peut finalement s'en passer,
13:08je pense que le danger
13:10est bien plus important
13:10pour le pays
13:11qu'une force d'opposition
13:13qui est républicaine
13:14comme la nôtre.
13:14Mais il insistait surtout
13:15sur le mot terroriste.
13:16Pour lui,
13:17Georges Ibrahim Abdallah
13:17reste un terroriste
13:18et vous ne le qualifiez pas
13:19de terroriste.
13:20Georges Ibrahim Abdallah,
13:21il vient de passer
13:2241 ans en prison.
13:23Il est libérable,
13:24théoriquement,
13:25depuis la fin des années 90.
13:27La seule raison
13:27pour laquelle il a été maintenu,
13:28c'est la demande des Américains.
13:29On le sait, c'est politique.
13:31Et donc,
13:32par rapport en plus
13:33à des faits qu'il a toujours niés.
13:35Encore une fois,
13:35M. Retailleau juge
13:36à la place de la justice,
13:37c'est son droit.
13:39Moi, je considère
13:39qu'un ministre de l'Intérieur
13:40qui se mêle de tout,
13:41qui se mêle des affaires étrangères
13:43avec l'Algérie,
13:44qui se mêle de la justice
13:45de ce point de vue-là,
13:46je vous le répète,
13:47c'est lui le danger de la République,
13:48surtout que c'est quand même
13:48quelqu'un qui nous a expliqué
13:50qu'il fallait revenir
13:50au droit du sang,
13:51seul Vichy l'a fait,
13:53et qui estime que c'est normal
13:54qu'un ministre de l'Intérieur
13:55dit « abat le voile »
13:56et qui fait qu'après,
13:57il y a des gens
13:57qui le prennent au mot
13:58et qui vont assassiner
13:59des gens dans les mosquées.
14:00Donc, le danger pour la République
14:01aujourd'hui,
14:02le vrai danger pour la République,
14:03c'est qu'on a un ministre de l'Intérieur
14:04qui, en réalité,
14:05ne sait pas très bien
14:06ce qu'est la République.
14:07– Le ministre de l'Intérieur,
14:08lui, donc, il fait allusion,
14:09il parle de terrorisme
14:09parce qu'il a été condamné
14:10dans l'assassinat de diplomates,
14:11on le rappelle,
14:12de diplomates,
14:12un Américain et un Français,
14:14et il est choqué par le fait que…
14:16Non, non, il est choqué par le fait
14:18que, de ce que j'ai compris en tous les cas,
14:20que vous, vous ne le qualifiez pas
14:21de terroriste.
14:22– Alors, déjà, une première chose…
14:23– Pour vous, ce n'est pas un terroriste.
14:24– Une première chose,
14:25je vous fais remarquer
14:25que la France, à certains moments,
14:26par rapport à la cause palestinienne,
14:27puisque là, on parle de faits
14:29qui ont lieu dans les années 80,
14:31qu'il a toujours contesté par ailleurs.
14:32Mais la France, dans les années 80,
14:34je pense par exemple par rapport à l'OLP
14:36qui a utilisé des moyens
14:37qu'on peut éventuellement contester,
14:39mais des moyens violents
14:40pour lutter pour la cause palestinienne,
14:41je vous fais remarquer
14:42que les mêmes après,
14:43on a discuté avec eux,
14:45on a même été aidé Yasser Arafat,
14:47rappelez-vous, François Mitterrand.
14:48Donc, arrêtons avec cette appellation,
14:51j'allais dire,
14:51qui disqualifie par essence
14:53des gens qui se mobilisent
14:55pour une cause,
14:55là, en l'occurrence,
14:56c'est la cause palestinienne,
14:57et que je sache aujourd'hui,
14:58là, au moment où on se parle,
14:59l'extrême violence vis-à-vis
15:01dans cette région du monde,
15:02elle est plutôt due à un État
15:04qui, pour le coup,
15:04utilise des moyens de terreur
15:06au Liban, à Gaza, etc.
15:08Et c'est peut-être plutôt à ça
15:10que M. Retailleau devrait s'attacher,
15:12plutôt que de penser
15:12que quelqu'un qui vient de passer
15:1341 ans en prison
15:15aurait dû,
15:16parce que c'est fondamentalement
15:17ce qu'il pense,
15:18y rester toute sa vie.
15:19Voilà, ça n'existe pas,
15:20ce n'est pas la grande nation de mort.
15:21Donc, il s'occupe de son ministère
15:23et qu'il arrête de s'occuper
15:24des affaires qui ne le concernent pas
15:25dans ce pays.
15:26Merci beaucoup, Éric Coquerel.
15:27Merci d'avoir accepté notre invitation.
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