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  • il y a 7 mois
Leur business, ils le font dès l'arrivée des beaux jours et seulement pendant tout l'été. Mais la saison a très mal démarré, mettant en péril de nombreuses entreprises qui vivent du tourisme. Aucune activité à Pâques. Pas plus durant les ponts du mois de mai. Et pire, un été qui s'annonce singulier sinon timide.
Les clients, encore hésitants et inquiets, seront-ils au rendez-vous ? La saison sera-t-elle suffisamment prolifique pour leur permettre de « sauver les meubles » ?

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Transcription
00:00:00Plages, campings, rivières, des lieux qui nous font rêver et dont nous profitons habituellement dès le mois d'avril.
00:00:10Mais cette année, le coronavirus en a décidé autrement.
00:00:15Une catastrophe annoncée pour près de 3 millions d'acteurs du tourisme en France.
00:00:19Il n'y aura jamais assez de huissiers pour perquisitionner tous les gens qui seront en faillite.
00:00:23Survivre à la crise sanitaire, c'est le défi de leur carrière.
00:00:27L'emploi d'un million de saisonniers en dépend.
00:00:30Mais dans ce contexte inédit, vont-ils garder leur sang-froid ?
00:00:33Ça s'appelle de l'anticipation, comme moi j'ai su faire.
00:00:36Mais il y en a qui ne peuvent pas faire.
00:00:38Alors que l'argent ne rentre plus dans les caisses, les surcoûts s'accumulent pour nous offrir des vacances en toute sécurité.
00:00:44Tout ce que tu as l'entraîné, tu ne le prends pas assez ? Comme dans les hôpitaux.
00:00:48Ok, stop ! C'est pas du lèvres-vite.
00:00:51Vont-ils réussir à éponger leur perte colossale ?
00:00:55Et cela se fera-t-il aux dépens de notre budget vacances ?
00:00:58Les familles, leur salaire n'auront pas augmenté, eux. C'est pas à eux de payer.
00:01:03Du déconfinement au redémarrage très tardif de la saison, nous avons suivi six professionnels de l'été.
00:01:09Ils sont restaurateurs, glaciers, loueurs de canoës ou patrons de camping.
00:01:14Il y a 25 ans d'efforts, 25 ans de sueur, 25 ans de sacrifices. C'est pas maintenant que je laisserai perdre tout ça.
00:01:22Pour sauver leur entreprise, ils vont devoir redoubler d'ingéniosité.
00:01:27S'ils veulent le soleil qui s'oriente, ils font une fois dans un sens et après ils devront tourner totalement dans leur sens.
00:01:33Un combat qu'ils mènent aussi pour vous offrir les vacances que vous avez tant attendues.
00:01:38Dans les Pyrénées-Orientales, Toreille, à 15 kilomètres de Perpignan.
00:01:54Normalement, chaque été, six restaurants éphémères sont construits juste pour la saison estivale, tout le long de cette plage.
00:02:00Ils ouvrent en général début avril.
00:02:04Mais ce jour-là, alors que les restaurants n'ont pas le droit d'ouvrir, seul un établissement est sorti de terre.
00:02:11Une structure en bois de 30 mètres de long qui a été construite par un homme seul, Christophe, le patron.
00:02:18J'ai commencé le 6 avril pour me dire, voilà, j'ai presque deux mois pour le monter, mais seul.
00:02:22Voilà, donc c'est pour faire des économies.
00:02:25Murs, planchers, toitures.
00:02:37En construisant lui-même son restaurant, Christophe a économisé 7000 euros de main-d'oeuvre.
00:02:42Mais aujourd'hui, il a besoin d'une aide extérieure.
00:02:45Quand vous avez fini là, tu me branches les trois lavabos là-bas, à l'intérieur ?
00:02:49Tu pourrais le mettre à nous ou pas ?
00:02:50Ouais.
00:02:513000 euros de plomberie, 10 000 euros d'électricité, auxquels il faut ajouter l'achat des matériaux.
00:03:01Pour tout, là, vous en avez ?
00:03:02Je vais arriver à presque 40 000 euros.
00:03:06Donc je ne sais pas si je suis fou ou pas, mais c'était peut-être la seule solution pour monter de toute façon.
00:03:1140 000 euros de frais de montage pour son club, plus 14 000 euros de concessions payées chaque année à la ville
00:03:16pour pouvoir exploiter ces 700 mètres carrés de plage.
00:03:19La facture est salée, mais Christophe n'a pas le choix.
00:03:24Bon, tous les mois, j'ai zéro.
00:03:25Je n'ai pas de RSA, je n'ai pas de CAV, je n'ai pas de pôle emploi, je n'ai droit à rien.
00:03:29Cette année, si je ne fais pas 300 000 euros de chiffre d'affaires, je suis mort.
00:03:32À la fin, c'est dépôt de bilan.
00:03:34Christophe traque donc la moindre dépense jusqu'à ses frais de logement.
00:03:39Vous rentrez chez vous, là ?
00:03:40Chez moi, celui-là.
00:03:41Caché derrière une porte de son restaurant, un mobilhome au confort sommaire.
00:03:47Il y vit 6 mois de l'année.
00:03:51Là, c'est chez moi, 15 mètres carrés.
00:03:56Un lit, un micro-ondes, un frigo, ma télévision et mon petit chien.
00:04:01Voilà.
00:04:03Le strict minimum, mais essentiel.
00:04:05Il y en a qui payent pour avoir un mobilhome pendant 15 jours l'été.
00:04:08Moi, c'est gratuit.
00:04:10L'hiver, Christophe ne travaille pas et vit grâce à ses revenus estivaux.
00:04:15Son restaurant, c'est donc toute sa vie.
00:04:17Il y a 26 ans, voilà à quoi il ressemblait.
00:04:21Un snack de 30 mètres carrés très modeste
00:04:23qu'il a transformé au fil des années en un restaurant chic très couru.
00:04:29Cette année, avec la crise sanitaire,
00:04:31il ne sait pas si les clients seront au rendez-vous.
00:04:34Après 26 ans d'activité,
00:04:36aujourd'hui plus que jamais,
00:04:37il risque de tout perdre.
00:04:39Je ne veux pas avoir de regrets ou de remords.
00:04:42Je me dis, voilà, je monte mon club
00:04:44et fin septembre, on fera le point.
00:04:48Si c'est négatif, on arrêtera tout.
00:04:52Et voilà, on fera autre chose.
00:04:54Autre chose, peut-être pas de la restauration, on verra.
00:04:57Il fera rebondir.
00:04:58La saison n'a pas encore commencé
00:05:01que déjà les professionnels du secteur
00:05:03prédisent qu'un restaurant sur trois
00:05:05ne passera pas l'été.
00:05:07Même les stations balnéaires les plus fréquentées
00:05:09ne seront pas épargnées.
00:05:12Comme par exemple à la Ciota,
00:05:14dans les bouches du Rhône.
00:05:16Après deux mois et demi de fermeture,
00:05:19les plages de la ville rouvrent enfin,
00:05:21mais en mode dynamique
00:05:22et sous haute surveillance.
00:05:24Nous vous rappelons que dans le cadre
00:05:27des mesures de déconfinement,
00:05:29seul accès à la mer est autorisé.
00:05:31Vous pouvez donc rester statique sur la plage.
00:05:34Les baigneurs sont de retour.
00:05:37Alors ils ne sont pas là.
00:05:39Et avec eux, un personnage emblématique des lieux,
00:05:42Evelyne Lelieur,
00:05:43qui avec un fusil en pendentif,
00:05:45n'est pas venu pour faire trempette.
00:05:47Ça, par contre,
00:05:56t'aurais pu t'en passer,
00:05:56ces espèces de trucs pourris.
00:05:57C'est dégueulasse, ça.
00:05:58Enfin, c'est dégueulasse.
00:05:59Attention, s'il vous plaît.
00:06:01Nous vous rappelons également
00:06:02que l'accès à la digue
00:06:04et les jeux de ballons sont interdits.
00:06:06Les jeux de ballons, l'autre, il annonce.
00:06:07On n'en est pas à jouer au ballon.
00:06:08Ils ne peuvent même pas s'asseoir sur la plage.
00:06:10Donc, on ne sait pas pourquoi
00:06:11on fait des annonces sur les jeux de ballons.
00:06:12Si elle est sur les nerfs,
00:06:15c'est Kevin Lelieur et la patronne
00:06:17du plus grand complexe de restaurants
00:06:18de plage de la Ciotat.
00:06:20Et en ce 22 mai,
00:06:22après 68 jours de fermeture obligatoire,
00:06:25elle accuse déjà 300 000 euros
00:06:26de perte de chiffre d'affaires.
00:06:29Ouh, bah ouais, c'est bien fermé, là.
00:06:32C'est bien fermé, hein.
00:06:34Quelle tristesse, putain.
00:06:37Bah non, mais tout le matériel est à l'intérieur.
00:06:38Ça fait drôle de le voir complètement à l'intérieur, quoi.
00:06:42Dans l'une des plus belles baies du monde,
00:06:47Evelyne détient un empire.
00:06:50260 mètres de business,
00:06:52composé de 3 snacks,
00:06:54mais surtout de 2 immenses restaurants
00:06:56qui totalisent 210 couverts.
00:06:59Il y a la vague, en bleu,
00:07:01pour un public familial,
00:07:02et le KS13, en orange,
00:07:05apprécié des jeunes et des fêtards
00:07:06pour ces soirées enflammées.
00:07:08Ces 2 restaurants disposent aussi chacun
00:07:10d'une précieuse plage privée en concession
00:07:12ou en temps normal.
00:07:14Evelyne loue jusqu'à 280 matelas par jour.
00:07:18J'ai envie de savoir quand je vais pouvoir travailler.
00:07:21Réellement.
00:07:23La patronne n'en peut plus d'attendre.
00:07:26Cela fait presque 2 semaines
00:07:27que les Français sont déconfinés
00:07:29sans qu'elles puissent ouvrir.
00:07:30Un supplice quand elle commence à compter
00:07:32le chiffre d'affaires qui part en fumée.
00:07:34Surtout en cette veille de longs week-ends de pont.
00:07:38C'est 10 000 par restaurant par journée,
00:07:413 000 par série de transats.
00:07:44Un week-end comme ça,
00:07:44c'est un week-end à 100 000.
00:07:46Donc là, vous venez de perdre 100 000 euros.
00:07:48100 000 euros quand c'est aux meilleures conditions
00:07:50comme aujourd'hui.
00:07:51Voilà.
00:07:51Un soleil de rêve,
00:07:52une eau pas trop fraîche,
00:07:54panne mistrale et ça.
00:07:55Voilà.
00:07:55Et surtout, après,
00:07:56autant de privations.
00:07:58Donc bien évidemment,
00:07:59ça aurait fait encore plus 100 000
00:08:00que tout autrefois.
00:08:02Excusez-moi, madame.
00:08:04Si vous pouvez essayer
00:08:05de ne pas rester sur la terrasse privée, madame.
00:08:08Faute de pouvoir ouvrir,
00:08:09Evelyne vient régulièrement protéger sa structure
00:08:11qui inéluctablement se dégrade.
00:08:14Vous ne pouvez pas rester là, monsieur.
00:08:16Oui, non, je me sens.
00:08:17Excusez-moi, c'est pas méchant.
00:08:17Oui, mais je vous le dis
00:08:18parce que ça, c'est insupportable.
00:08:20Oui, non, mais ça me rend dingue.
00:08:22Qu'est-ce qui se passe ?
00:08:22Les personnes ne pouvant pas accéder
00:08:24à des structures ouvertes,
00:08:25il n'y a pas de toilettes pour les recevoir,
00:08:27donc ils vont déféquer
00:08:28dans n'importe quel coin de la structure.
00:08:31Donc, on est prêt à ouvrir.
00:08:33Voilà le bar de la vague.
00:08:35Aujourd'hui, Evelyne Lelieur
00:08:37a convoqué ses deux directeurs de restaurant,
00:08:39Mario et Mathieu.
00:08:41À l'ordre du jour,
00:08:42la délicate question des embauches.
00:08:44Une réouverture se profile,
00:08:46mais ils doutent de pouvoir embaucher
00:08:48leurs 50 saisonniers habituels.
00:08:49Le problème, c'est aussi
00:08:51que si on va travailler
00:08:52avec une capacité réduite
00:08:53de 30 à 40%,
00:08:55le problème, c'est qu'il faudra faire
00:08:56un choix parmi nos éléments.
00:08:58On ne sait pas ce qu'on va générer
00:08:59comme chiffre d'affaires,
00:09:00s'il faut écarter énormément
00:09:01les places ou autres.
00:09:02Donc, on risque,
00:09:03dans nos salariés fidèles
00:09:06avec qui on travaille
00:09:06depuis plusieurs années,
00:09:07de ne pas pouvoir tous les embaucher.
00:09:09Ils nous ont attendus
00:09:10et ils se sont réservés pour nous.
00:09:12On ne peut pas leur offrir
00:09:12peut-être un poste à tous,
00:09:14ce qui est dramatique pour nous.
00:09:15Toute une économie paralysée.
00:09:19Repartir au plus vite,
00:09:20c'est l'enjeu
00:09:20de tous les professionnels
00:09:21du tourisme
00:09:22qui, cette année,
00:09:23subissent un retard d'ouverture
00:09:24qui pourrait bien
00:09:25leur être fatal.
00:09:29En Ardèche,
00:09:30à Vallon-Pont-d'Arc,
00:09:31Sébastien est justement
00:09:32en train de passer à côté
00:09:33d'un de ses plus gros
00:09:34week-ends d'exploitation.
00:09:37Son métier ?
00:09:38Loueur de canoë.
00:09:39Mais aujourd'hui,
00:09:40ce n'est qu'à titre personnel
00:09:41que ce père de famille
00:09:42a le droit de naviguer.
00:09:44Ce qu'on va faire,
00:09:44on va démarrer.
00:09:45Vous allez embarquer
00:09:46un petit peu plus loin
00:09:47et puis après,
00:09:47on va s'attendre
00:09:48sur le petit plat
00:09:49derrière les rochers,
00:09:50d'accord ?
00:09:51En ce week-end de Pentecôte,
00:09:54le spot devrait être bondé.
00:09:57Il n'y a pas un chat, hein ?
00:09:58Et Sébastien débordé de clients.
00:10:03Un vrai week-end de Pentecôte,
00:10:04quand on prend les 3 jours,
00:10:05c'est des week-ends
00:10:06qui peuvent,
00:10:07en fonction de la météo,
00:10:08c'est toujours aléatoire,
00:10:09qui représentent
00:10:09entre 15 et 20 000 euros,
00:10:11le chiffre d'affaires.
00:10:12Et là, c'est zéro
00:10:15et on voit
00:10:16qu'il fait grand beau.
00:10:24Sébastien enrage
00:10:25d'autant plus
00:10:26que dans la plupart
00:10:26des départements de France,
00:10:28les loueurs de canoë
00:10:29ont pu reprendre
00:10:29leur activité.
00:10:30Ce qui est hallucinant,
00:10:32c'est qu'à 25 km d'ici,
00:10:34dans le gare,
00:10:35la navigation a repris
00:10:36normalement, quoi.
00:10:38C'est une décision prise
00:10:39par la préfecture,
00:10:41par madame la préfète,
00:10:42qui juge qu'au niveau sanitaire,
00:10:45tout n'est pas encore réuni
00:10:46pour pouvoir ouvrir
00:10:47les locations de canoë.
00:10:49La crainte de madame la préfète,
00:10:51c'est que la rivière
00:10:52retrouve trop vite
00:10:53l'affluence de la haute saison.
00:10:54Car Vallon-Pont-Darc,
00:10:55en temps normal,
00:10:57ça ressemble à ça.
00:10:57Des milliers de touristes
00:11:01venus de toute l'Europe
00:11:02pour profiter
00:11:03des plaisirs de la rivière,
00:11:05qui se transforment alors
00:11:06en autoroute à canoë.
00:11:11Chaque année,
00:11:12cette petite ville
00:11:13de 2300 habitants,
00:11:15point de départ
00:11:15des gorges de l'Ardèche,
00:11:17accueille plus de
00:11:1730 000 personnes l'été.
00:11:19Mais pour l'instant,
00:11:20on est loin des embouteillages.
00:11:24Ecvi, bonjour.
00:11:25L'arrivée des potentiels
00:11:27premiers clients
00:11:27est prévue dans quelques jours.
00:11:29À partir du 2 juin, madame.
00:11:31Et pour être sûr
00:11:32de n'en rater aucun,
00:11:33Sébastien a un plan.
00:11:35Tu veux que je te passe ça ?
00:11:36Ouais, s'il te plaît, ouais.
00:11:37Par contre, pote...
00:11:39Fini les anciens panneaux noirs,
00:11:41place au rose fuchsia.
00:11:42Bah, c'est ce qui se voit le mieux.
00:11:44Donc sur le boulevard
00:11:45où il y a tous les lueurs de bateau,
00:11:48c'est vrai que de chaque rond-point,
00:11:49quand vous arrivez sur la route,
00:11:50le rose, vous pouvez pas le louper.
00:11:54La route des gorges.
00:11:55Une route hautement stratégique
00:11:57où tout se joue.
00:11:59Sur 2 km seulement,
00:12:00pas moins de 25 lueurs de canoës
00:12:02prêts à tout pour attirer les touristes
00:12:04qui s'aventurent dans la région.
00:12:06Plus que jamais,
00:12:07Sébastien doit se démarquer de la concurrence.
00:12:10Il en est sûr,
00:12:11cette année,
00:12:11il n'y aura pas de place pour tout le monde.
00:12:13Moi, je suis du genre
00:12:15à plutôt être très inquiet
00:12:16et stressé.
00:12:17Mais ça,
00:12:18un virus qui vous arrête
00:12:19une planète entière,
00:12:20ça, personne n'avait imaginé.
00:12:22Et donc, du coup,
00:12:23on se retrouve tous
00:12:24de la même manière
00:12:25et il n'y aura jamais
00:12:27à séduire
00:12:27pour perquisitionner
00:12:28tous les gens
00:12:29qui seront en faillite.
00:12:30Donc, on se dit
00:12:31Inchallah, on avance
00:12:32et puis on verra bien.
00:12:34Le problème,
00:12:35c'est qu'aujourd'hui,
00:12:36avec ses 2 mois sans travailler,
00:12:38Sébastien n'a plus de trésorerie.
00:12:40Et ses charges,
00:12:41elle,
00:12:41continuent de courir.
00:12:42Il est au bord de l'asphyxie.
00:12:45Ah bah là,
00:12:45il nous reste,
00:12:46sur le compte,
00:12:46il ne reste plus grand-chose,
00:12:47on est quasiment à zéro, là.
00:12:48Avec tous les salaires
00:12:50des personnes
00:12:50qui sont permanentes à l'année,
00:12:51tous les loyers
00:12:52qu'on avait à faire,
00:12:53tout ce qui est évidemment
00:12:54les charges fixes
00:12:54d'électricité,
00:12:55de téléphone,
00:12:55des choses comme ça, quoi.
00:12:57Et du coup,
00:12:57on arrive à une somme
00:12:58qui représente 240 000 euros.
00:13:01240 000 euros
00:13:02de charges fixes annuelles,
00:13:04un montant considérable.
00:13:06Mais qu'il va pouvoir réduire
00:13:07grâce au plan d'aide exceptionnel
00:13:09proposé par l'État.
00:13:10Chômage partiel
00:13:13jusqu'au 31 décembre,
00:13:15exonération de charges sociales
00:13:16et patronales,
00:13:18report des loyers
00:13:18et des échéances de crédit,
00:13:20un beau rabais
00:13:21qui lui permet
00:13:22de baisser la facture
00:13:23à 130 000 euros.
00:13:25Problème,
00:13:26il ne les a pas non plus.
00:13:28Mais Sébastien va pouvoir
00:13:29faire appel
00:13:29au dernier coup de pouce
00:13:31imaginé par le gouvernement,
00:13:32le fameux PGE,
00:13:34le prêt garanti par l'État.
00:13:35J'ai demandé
00:13:37le maximum
00:13:38que je pouvais avoir,
00:13:39c'est-à-dire qu'en fait,
00:13:39c'est 25 %
00:13:40du chiffre d'affaires
00:13:41hors taxes,
00:13:43ce qui représente
00:13:44un chiffre pour nous
00:13:45de 159 000 euros.
00:13:47Une vraie soupape
00:13:48si la saison
00:13:49virait au cauchemar.
00:13:51Depuis le début
00:13:51de la crise,
00:13:52il a également été obligé
00:13:53de baisser son salaire
00:13:54de 2400
00:13:55à 1800 euros par mois.
00:13:57Bon, allez.
00:13:58Et celui de son associé
00:14:00Patrick,
00:14:00en charge
00:14:01de toute la logistique.
00:14:02On va faire quelques remords
00:14:06histoire d'être
00:14:06à minimum prêt
00:14:08pour le week-end prochain,
00:14:09mais je ne pense pas
00:14:09qu'on sorte tout ça,
00:14:11malheureusement.
00:14:12Si les deux associés
00:14:13sont dans les starting blocks,
00:14:15tout un secteur
00:14:16est encore à l'arrêt complet.
00:14:19À 200 kilomètres
00:14:20dans l'Hérault.
00:14:26Le camping
00:14:26Mer et Soleil
00:14:27semble abandonné,
00:14:29vidé de ses vacanciers
00:14:30et de ses employés.
00:14:31Comme les 8000 campings
00:14:33de France,
00:14:33l'établissement
00:14:34n'a toujours pas
00:14:35le droit d'ouvrir.
00:14:37Son directeur,
00:14:38Jean-Marie Bédrine,
00:14:39ne peut que constater
00:14:40les dégâts
00:14:41avec Paola,
00:14:42la responsable
00:14:43de la réception.
00:14:47Bonjour, Pao.
00:14:49Merci d'être venu.
00:14:57Ça représente quoi
00:14:58un chiffre d'affaires
00:14:59si on devait en rester là ?
00:15:00On l'avait calculé,
00:15:02on était à 1,29 million.
00:15:05C'est deux fois moins
00:15:06de réservations
00:15:07que l'année dernière
00:15:08à la même période.
00:15:10Mais l'un des principaux
00:15:11sujets d'inquiétude
00:15:12de Jean-Marie,
00:15:12c'est la clientèle européenne.
00:15:15Il n'y a pas de raison
00:15:16que je ne puisse pas l'avoir.
00:15:17On a des étrangers ou pas ?
00:15:19Non.
00:15:20Tous ceux du mois de juin,
00:15:21donc les 20% d'étrangers
00:15:22qu'on avait en mois de juin
00:15:23habituellement,
00:15:25on ne les aura pas.
00:15:26Si les étrangers
00:15:28ne reviennent pas du tout
00:15:29cet été,
00:15:30les pertes
00:15:30risquent de grimper.
00:15:31L'année dernière,
00:15:34les étrangers
00:15:34représentent 921 000 euros.
00:15:37C'est 33%
00:15:39de notre chiffre d'affaires.
00:15:40C'est ça ?
00:15:41C'est énorme.
00:15:42Si ça devait rester comme ça,
00:15:44effectivement,
00:15:44c'est catastrophique.
00:15:47On espère,
00:15:48on espère,
00:15:49arriver au moins
00:15:50à couvrir nos frais.
00:15:52Déjà,
00:15:52si on arrivait à ça,
00:15:53ce serait extraordinaire.
00:15:53En 26 ans
00:15:56à la tête du camping,
00:15:58c'est la première fois
00:15:58que le patron
00:15:59se retrouve confronté
00:16:00à un tel scénario.
00:16:02Car jusque-là,
00:16:02son camping,
00:16:03c'est une vraie success story.
00:16:07Tout démarre
00:16:08en 1994.
00:16:10L'ancien éducateur spécialisé
00:16:12rachète à son oncle
00:16:13un petit camping
00:16:14deux étoiles.
00:16:17Au fur et à mesure,
00:16:18il investit
00:16:18près de 10 millions d'euros
00:16:20dans des travaux
00:16:21d'envergure
00:16:21qui lui permettent
00:16:22de décrocher
00:16:23les quatre étoiles
00:16:24et de devenir
00:16:25le troisième
00:16:26plus grand camping
00:16:27du Cap d'Ague.
00:16:30En haute saison,
00:16:32son établissement
00:16:32accueille au moins
00:16:331800 vacanciers par jour.
00:16:36Chiffre d'affaires,
00:16:37plus de 3 millions d'euros.
00:16:38Mais tout ce qu'il a construit
00:16:39en partant de rien
00:16:40est aujourd'hui menacé.
00:16:45Si nous ne pouvons pas
00:16:47avoir une saison
00:16:49véritablement ouverte
00:16:50avec presque un taux
00:16:53de remplissage complet,
00:16:55on ne pourra pas passer
00:16:58l'hiver.
00:16:59Mais 10 jours plus tard,
00:17:01pour Jean-Marie,
00:17:02comme pour Christophe,
00:17:03Evelyne
00:17:04et tous les autres
00:17:05acteurs du tourisme,
00:17:06un événement va enfin
00:17:08donner le top départ
00:17:09de leur business,
00:17:10deux mois
00:17:10après leur date
00:17:11habituelle d'ouverture.
00:17:13Ce jour-là,
00:17:16à La Ciotat,
00:17:16dans les Bouches-du-Rhône,
00:17:19Evelyne,
00:17:19la restauratrice,
00:17:21a invité
00:17:21un ami de la profession.
00:17:23Bonjour !
00:17:24Ça va, Macaï ?
00:17:25Pour écouter ensemble
00:17:29le discours
00:17:29tant attendu
00:17:30du Premier ministre.
00:17:32Les restaurants,
00:17:34bars
00:17:35et cafés
00:17:36pourront ouvrir
00:17:37dans tous les départements
00:17:39à partir du 2 juin.
00:17:40Voilà !
00:17:42Mais ils ouvriront
00:17:43avec des restrictions
00:17:43d'entrée.
00:17:45Si Evelyne est encore stressée
00:17:46après l'annonce
00:17:47de la réouverture
00:17:48des restaurants,
00:17:49c'est que le cœur
00:17:51de son business,
00:17:52c'est la location
00:17:53de Matelas.
00:17:54Elle a donc également
00:17:54besoin de la réouverture
00:17:56totale des plages.
00:17:57Des mardis,
00:17:58des monuments de plages,
00:17:59lacs, piscines.
00:18:00Et encore plus précisément
00:18:02des plages privées.
00:18:03Réouverture des mardis.
00:18:05Oui, plages publiques.
00:18:07Pourquoi ?
00:18:08Non mais plages
00:18:09en général, Dominique.
00:18:10Si tu ouvres les plages,
00:18:11tu ouvres les plages privées aussi.
00:18:13Où est le problème ?
00:18:14Un léger doute subsiste.
00:18:16Mais la patronne
00:18:17prend sa décision.
00:18:18On ouvre.
00:18:19On verra
00:18:21si la municipale
00:18:21va se présenter
00:18:22mardi matin.
00:18:23Allez,
00:18:24ouvre la bouteille,
00:18:25fais péter.
00:18:30Bon,
00:18:31on va y arriver quand même.
00:18:32On est toujours en vie,
00:18:33c'est déjà pas mal.
00:18:34Buvons à notre été
00:18:36qui soit bon
00:18:37et profitable.
00:18:40Et à ceux qui nous écoutent
00:18:41et à leur santé.
00:18:42À la plage.
00:18:44Et à nos collègues restaurateurs.
00:18:44Et à nos collègues restaurateurs.
00:18:47La patronne
00:18:48de la grande plage
00:18:49ne va pas traîner.
00:18:51Dès le lendemain matin,
00:18:53Evelyne Lelieur
00:18:53est sur le pont.
00:18:54Baisse un peu, là.
00:18:56Putain,
00:18:56on n'est pas en soirée.
00:18:57Je sais que t'es en manque
00:18:58de musique, hein, chéri.
00:18:59Je vais tout régler.
00:19:00Elle veut redémarrer vite
00:19:03et fort.
00:19:04Elle a donc remis
00:19:05directement au travail
00:19:0625 de ses saisonniers,
00:19:08soit la moitié de son staff.
00:19:10Alex,
00:19:11il descend là,
00:19:11aujourd'hui ?
00:19:12Tout le monde arrive à 10 heures.
00:19:14Ils n'ont pas travaillé
00:19:14trois mois,
00:19:15ils arrivent à 10 heures.
00:19:15La stratégie de management
00:19:20d'Evelyne,
00:19:21c'est le franc-parler.
00:19:23Et Massimo aussi,
00:19:24t'as grossi.
00:19:25En fait,
00:19:25t'as rien foutu,
00:19:26donc t'as grossi.
00:19:27C'est ça ?
00:19:28Elle est cash.
00:19:29Oh, Victor !
00:19:30Mais ses équipes
00:19:31sont habituées.
00:19:32Mais t'es tout maigre.
00:19:33T'as pas été malade,
00:19:34au moins.
00:19:35Car ici,
00:19:35il n'y a que des fidèles.
00:19:37Tu me vires cette chemise
00:19:38et tu mets la chemise
00:19:39d'un mec qui a envie
00:19:40de travailler.
00:19:41Donc là,
00:19:41le collier,
00:19:42la bouille d'oreille,
00:19:42c'est trop.
00:19:43Non, non,
00:19:43c'est trop.
00:19:44Je veux bien un café, Alex,
00:19:46puisque t'as pas l'air
00:19:46en plein élan, là.
00:19:48Ce matin,
00:19:49la chef d'entreprise
00:19:50est venue avec un document
00:19:51qui va tout changer.
00:19:53Merde, il est où ?
00:19:54Le protocole sanitaire.
00:19:56Voilà.
00:19:5840 pages de consignes
00:19:59gouvernementales
00:20:00que ces équipes
00:20:01vont devoir respecter
00:20:02à la lettre.
00:20:03C'est important.
00:20:04Les encaissements,
00:20:05ça ne peut être capable.
00:20:06Non, mais voilà.
00:20:07Personne ne se lève
00:20:08pour venir se faire encaisser
00:20:10au bar
00:20:10comme quand ils sont pressés,
00:20:11pas pressés, machin.
00:20:12Ils font signe.
00:20:12On leur dit
00:20:13dès la prise de commande.
00:20:15Ce qui la préoccupe le plus
00:20:16dans ce nouveau mode
00:20:17d'emploi très strict.
00:20:19Mika, il y a un mètre
00:20:20là derrière,
00:20:21s'il te plaît.
00:20:22Ce sont les nouvelles distances
00:20:23à respecter
00:20:24entre ces transats.
00:20:2572,5.
00:20:29Comme pour les tables
00:20:30de restaurant,
00:20:31le protocole
00:20:32exige en effet
00:20:33un mètre minimum
00:20:34de distanciation
00:20:35et à 20 euros
00:20:37en moyenne
00:20:37la journée
00:20:38de location de matelas.
00:20:39Alex !
00:20:40C'est le pilier
00:20:41de son business
00:20:41qui vacille.
00:20:43Les grilles,
00:20:44ils sont beaucoup plus grands
00:20:45que les marrons.
00:20:46Donc les deux grilles,
00:20:46je crois qu'on ne les utilise pas.
00:20:48Dans la distanciation,
00:20:49ça sera plus facile
00:20:50à travailler.
00:20:51Vous allez pouvoir
00:20:52toutes les mètre ?
00:20:53Ah non,
00:20:54absolument pas, non.
00:20:55Il y a au moins
00:20:56un quart,
00:20:59si ce n'est pas un tiers
00:21:00qui va sauter.
00:21:01C'est énorme
00:21:02pour vos pertes
00:21:02en termes de chiffre.
00:21:03Oui, c'est beaucoup
00:21:04parce que le transat,
00:21:06après, il y a une équipe
00:21:07minimum pour le mettre
00:21:08en place.
00:21:08Donc ensuite,
00:21:09il faut qu'elle soit amortie
00:21:10quand même,
00:21:10cette équipe.
00:21:11Jour après jour,
00:21:13la restauratrice
00:21:13va découvrir
00:21:14les conséquences
00:21:15du protocole sanitaire
00:21:16sur son affaire.
00:21:17Et l'une des plus nettes,
00:21:22c'est qu'elle croule
00:21:23désormais sous
00:21:24de nouvelles charges,
00:21:25dont profite cet homme,
00:21:27son fournisseur
00:21:28en produits d'hygiène.
00:21:29Alors,
00:21:30c'est l'année
00:21:31de l'enrichissement absolu,
00:21:32là, Julien,
00:21:32sans déconner.
00:21:34Salopas.
00:21:35J'ai envie de t'embrasser.
00:21:37Ouais, t'as envie
00:21:37de m'embrasser ?
00:21:38Bah, c'est normal,
00:21:38vu ce que tu vas me facturer,
00:21:39je comprends
00:21:39que t'as envie de m'embrasser.
00:21:41Comme tous les restaurateurs,
00:21:43Evelyne est coincée.
00:21:44Elle est obligée
00:21:45d'acheter au prix fort
00:21:46des produits
00:21:46qui, jusqu'ici,
00:21:47étaient bon marché.
00:21:49Exemple avec les gants.
00:21:50On est passé
00:21:51de 3 euros
00:21:52à peu près
00:21:52à 9 euros
00:21:53la boîte de gants.
00:21:55Soit 200% d'augmentation
00:21:56et aucune marge
00:21:57de négociation.
00:21:59Voilà.
00:21:59Le feu que nous avons,
00:22:00on négocie même pas nous.
00:22:02On prend.
00:22:03Donc, ils prennent
00:22:04et donc, nous,
00:22:05on ne peut pas se permettre
00:22:05de renégocier ces prix-là
00:22:06puisque eux l'ont acheté
00:22:07beaucoup plus cher
00:22:08que la normale
00:22:08pour réussir
00:22:09à servir à leurs clients.
00:22:11Sur ses premières factures
00:22:12en produits d'hygiène,
00:22:13la patronne supporte
00:22:1430% de surcoûts
00:22:15liés au Covid.
00:22:17Alors, pas question
00:22:17de gaspiller.
00:22:19Julie, tu te calmes
00:22:20sur le pchit, là ?
00:22:22Pas trop de pchit, pchit,
00:22:23parce que c'est cher.
00:22:25C'est seulement maintenant
00:22:25qu'Evelyne,
00:22:27comme tous les restaurateurs
00:22:28de France,
00:22:29réalise l'ampleur du défi.
00:22:31Pour sauver leur entreprise,
00:22:32malgré l'arsenal
00:22:33de contraintes,
00:22:34ils vont devoir
00:22:35totalement réinventer
00:22:36leur business.
00:22:37à Toreille,
00:22:39près de Perpignan.
00:22:41Après 2 mois
00:22:42de travaux intensifs,
00:22:43Christophe a enfin réussi
00:22:45à terminer son restaurant
00:22:46dans les temps.
00:22:48L'ouverture est prévue
00:22:49demain soir,
00:22:50mais c'est encore
00:22:50loin d'être gagné.
00:22:51C'est la panique aujourd'hui.
00:22:55C'est la panique.
00:22:56Rien ne se passe
00:22:57comme prévu.
00:22:58Les livraisons
00:22:59ont pris beaucoup de retard.
00:23:03Bonjour.
00:23:04Bonjour.
00:23:05Vous avez un diable ?
00:23:06J'ai un transparle, ouais.
00:23:07Transparle étonnant.
00:23:08Si le champagne
00:23:09est enfin arrivé,
00:23:11ce qui préoccupe
00:23:12vraiment Christophe,
00:23:13c'est surtout la livraison
00:23:14des légumes et du poisson
00:23:15qu'il attend
00:23:16depuis plusieurs heures.
00:23:18Il faut rester calme.
00:23:19Si tu t'énerves,
00:23:21il se pute.
00:23:21tu te frappes.
00:23:24Je suis dans l'état
00:23:24où je suis là.
00:23:27J'attends le poisson
00:23:27avec impatience.
00:23:29Je pense que lui
00:23:29va ramasser sa mère.
00:23:32Car ce retard
00:23:33menace carrément
00:23:34sa soirée d'ouverture.
00:23:37Ils ont dit
00:23:37qu'il vienne à quelle heure ?
00:23:38Il partait de gruissant
00:23:39il y a plus d'une heure.
00:23:40C'est censé être là
00:23:417h du matin.
00:23:42Il est, je crois,
00:23:42il est...
00:23:43T'es presque mutiné,
00:23:45je sais pas.
00:23:45Il est midi d'ici.
00:23:46Ouais, voilà.
00:23:47La majeure partie des plats
00:23:49nécessite plusieurs heures
00:23:50de préparation.
00:23:51Mais pour l'instant,
00:23:52Célia,
00:23:52la chef de son restaurant,
00:23:54n'a pas pu commencer
00:23:55la moindre recette.
00:23:56Là, on a une livraison,
00:23:57on range,
00:23:58on attaque quelque chose
00:23:59de notre livraison.
00:24:00On peut pas avancer comme ça.
00:24:02Normalement,
00:24:02quand on arrive,
00:24:03tout est prêt.
00:24:03Ce n'est qu'à 14h
00:24:05que le livreur arrive enfin.
00:24:07On l'a réparé.
00:24:10Bonjour.
00:24:10Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:24:12On est censé travailler à trois
00:24:13et moi, ça fait deux mois et demi
00:24:15que j'étais là.
00:24:17J'ai repris ce matin.
00:24:19Christophe subit une conséquence directe
00:24:21de la crise sanitaire.
00:24:23L'entreprise de livraison
00:24:24a placé ses salariés
00:24:25au chômage partiel
00:24:26et ne les réintègre
00:24:27que progressivement.
00:24:29Du coup,
00:24:29le livreur fait le travail
00:24:30de trois personnes.
00:24:32Sa tournée est donc
00:24:32trois fois plus longue.
00:24:33Tous les restaurants
00:24:34réouvrent
00:24:35et il manque de personnel.
00:24:37Donc à un moment donné,
00:24:37ça s'appelle de l'anticipation
00:24:39comme moi j'ai pu faire.
00:24:40Mais il y en a qui ne peuvent pas faire
00:24:41à peu près à l'heure.
00:24:42Ce qui est problématique,
00:24:43c'est qu'elle est là
00:24:43depuis 7h15 ce matin
00:24:44et il est 14h.
00:24:47Donc ça fait 7h
00:24:48qu'elle attend.
00:24:50Je vais lui payer 7h
00:24:51de travail
00:24:52à rien faire.
00:24:54Entre guillemets.
00:24:55C'est ça le problème.
00:24:56C'est qu'à cause d'eux,
00:24:57nous on est dans la merde.
00:24:59C'est d'autant plus ennuyeux
00:25:01que la stratégie de Christophe
00:25:02pour cette année
00:25:03est bien particulière
00:25:04et de rationaliser
00:25:05tous ses coûts
00:25:06et en particulier
00:25:07sa masse salariale.
00:25:09En cuisine,
00:25:10au lieu des 6 salariés
00:25:11embauchés l'an dernier,
00:25:13il n'en a recruté
00:25:13que 4.
00:25:16Sa chef Célia,
00:25:182 commis
00:25:18et un plongeur.
00:25:21Donc ça,
00:25:21il faut enlever ça.
00:25:23Il faut les laver,
00:25:24tout mettre là.
00:25:25En salle,
00:25:26même régime sec.
00:25:284 serveurs
00:25:28au lieu de 6.
00:25:30Ils tu viendras à 10h
00:25:31en ce moment.
00:25:32En tout,
00:25:32il a réduit
00:25:33d'un tiers son personnel.
00:25:35Mais il y a un budget
00:25:36sur lequel
00:25:37il ne lésine pas.
00:25:38C'est celui prévu
00:25:40pour reconquérir
00:25:41les clients.
00:25:42Et il a vu
00:25:43les choses en grand.
00:25:43pour remplacer les menus cartes
00:25:45parce que les gens
00:25:46vont prendre les menus.
00:25:48Après,
00:25:48on les prend,
00:25:48on va les remettre là.
00:25:49Après,
00:25:49il faudrait les infecter.
00:25:53Donc,
00:25:53c'est un travail déjà
00:25:53qu'on ne va pas faire
00:25:55que ça toute la journée,
00:25:55les infecter,
00:25:56les infecter,
00:25:56les infecter.
00:25:57Moi,
00:25:58je préfère trouver
00:25:58cette solution.
00:25:59Donc,
00:26:00après,
00:26:00c'est vrai
00:26:00que c'est un peu imposant.
00:26:01Mais bon,
00:26:01après,
00:26:02c'est que les gens,
00:26:02ils y voient quand même
00:26:03s'ils doivent se mettre
00:26:04des jumelles
00:26:05pour voir ce qu'il y a écrit.
00:26:071500 euros
00:26:08pour ces 13 menus XXL.
00:26:10Et les dépenses
00:26:11pourraient s'envoler
00:26:12à cause de ces petites assiettes.
00:26:13Comme ça,
00:26:16si les gens vous demandent
00:26:16du sel,
00:26:16du poivre,
00:26:17on met ça.
00:26:18Si ça n'a pas été touché,
00:26:19c'est poubelle.
00:26:21Du sel,
00:26:22du poivre
00:26:23et de la vinaigrette
00:26:24en dosette jetable
00:26:25pour limiter
00:26:26tout risque de contamination.
00:26:28Mais à proposer
00:26:29avec modération.
00:26:30Donc,
00:26:30ça en coûte.
00:26:31C'est pour ça
00:26:31que je ne veux pas
00:26:31qu'on le mette d'office.
00:26:32Là,
00:26:33c'est une assiette
00:26:33qui représente 1 euro.
00:26:36Donc,
00:26:36si tu en fais 200 pour rien
00:26:37tous les jours,
00:26:38c'est 200 euros.
00:26:38Pour être rentable,
00:26:39ça fait 6000.
00:26:416000 de trucs comme ça,
00:26:43qu'il fallait mettre ailleurs.
00:26:45Donc,
00:26:45ça,
00:26:46c'est un point
00:26:46très,
00:26:47très important.
00:26:49S'il veille
00:26:50à la moindre dépense,
00:26:51c'est que le protocole sanitaire
00:26:52réduit de près de 30%
00:26:54son nombre de places.
00:26:57Moi,
00:26:57j'ai perdu 35 couverts.
00:27:00Sur 130,
00:27:02je ne peux en mettre
00:27:02que 95.
00:27:03De dedans et dehors.
00:27:05Et s'il fait mauvais,
00:27:06on ne peut faire que le dedans.
00:27:07Et justement,
00:27:08demain,
00:27:09de fortes rafales de vent
00:27:10sont annoncées.
00:27:13Il y a des courants d'air.
00:27:14Il y a des courants d'air.
00:27:14Il y a des choses qui posent
00:27:15les couverts.
00:27:16Comme ça,
00:27:16ça ne s'envole pas.
00:27:17Sinon,
00:27:17tout va s'envoler.
00:27:18Impossible d'ouvrir la terrasse.
00:27:20De 95,
00:27:22il passe à 60 couverts.
00:27:24Christophe
00:27:24est obligé
00:27:25de revoir
00:27:25ses prévisions
00:27:26de chiffre d'affaires
00:27:27à la baisse.
00:27:28C'est d'autant plus frustrant
00:27:54qu'après des mois d'incertitude,
00:27:56les Français envisagent
00:27:57à nouveau
00:27:58de retrouver
00:27:58une vie sociale
00:27:59et même
00:27:59de partir en vacances
00:28:00cet été.
00:28:01Et il y en a un
00:28:02qui a pu en prendre
00:28:03toute la mesure.
00:28:06Au Cap d'Agde,
00:28:08le soleil recommence
00:28:08à briller.
00:28:10Les appels de clients
00:28:11affluent à nouveau
00:28:12à la réception du camping.
00:28:13Il y a le village
00:28:17de Camping Spa
00:28:18Mère et Soleil
00:28:18par là.
00:28:19Bonjour.
00:28:20Ah oui, bien sûr.
00:28:21Donc nous,
00:28:21on réouvre
00:28:22pour tous nos clients
00:28:24à partir du 6 juin.
00:28:26Ça n'arrive pas ?
00:28:27Oui.
00:28:29Le RT ?
00:28:30Ça vous surprend ?
00:28:31Oui.
00:28:32On n'était plus habitué
00:28:33à ça.
00:28:34Alicia, c'est bien ça ?
00:28:35Donc,
00:28:35je suis très agréablement surpris.
00:28:38Vous voyez,
00:28:38je me délecte presque
00:28:39d'entendre
00:28:39le téléphone sonner.
00:28:40Pour faire face
00:28:42à cette vague de demandes,
00:28:44Jean-Marie,
00:28:45le patron du camping,
00:28:46a embauché en urgence
00:28:47deux nouvelles saisonnières
00:28:48pour épauler Paola,
00:28:50la responsable
00:28:51de la réception.
00:28:52Merci.
00:28:54Objectif,
00:28:54rassurer les clients
00:28:56pour faire rentrer
00:28:57le plus de réservations
00:28:58possibles.
00:29:00J'ai eu des clients
00:29:00qui ont eu l'annonce
00:29:01hier soir
00:29:02et qui se sont dit
00:29:03chic, chic, chic,
00:29:03on va retourner au camping.
00:29:05L'été,
00:29:06ça commence aujourd'hui.
00:29:07J'espère.
00:29:08En tout cas,
00:29:11moi, oui.
00:29:12C'est la libération.
00:29:15Dans son bureau,
00:29:16Jean-Marie suit de très près
00:29:17ses premiers retours
00:29:18des clients.
00:29:20Le téléphone sonne
00:29:21énormément
00:29:22depuis ce matin ?
00:29:23Depuis ce matin,
00:29:23il n'arrête pas.
00:29:24Super.
00:29:24Donc,
00:29:25c'est beaucoup de demandes
00:29:26et beaucoup de...
00:29:28En quelques heures,
00:29:29les réceptionnistes
00:29:30ont enregistré
00:29:3113 réservations
00:29:32et encaissé
00:29:33près de 1800 euros
00:29:34d'acompte.
00:29:36C'est encourageant,
00:29:36mais il faut toujours
00:29:37se méfier du feu de paille.
00:29:40Peut-être,
00:29:40pendant 2-3 jours,
00:29:41tout le monde va réagir
00:29:42à l'annonce
00:29:42et puis hop,
00:29:43ça va s'estomper
00:29:44et on pourrait avoir
00:29:46de mauvaises surprises.
00:29:51Mais pour être prêt
00:29:52à accueillir les clients
00:29:53dans une semaine,
00:29:55il faut que le camping
00:29:55retrouve son apparence
00:29:57de début de saison
00:29:57et y ait encore
00:29:59beaucoup de travail.
00:30:00Alors,
00:30:01les 23 permanents
00:30:02et 10 saisonniers
00:30:03sont rappelés sur le pont.
00:30:04Jessica,
00:30:06la responsable du ménage,
00:30:07fait sa rentrée
00:30:08aujourd'hui.
00:30:10Ça rappelle
00:30:10les souvenirs
00:30:11de l'année dernière.
00:30:14Retrouvez les filles.
00:30:16Après,
00:30:16un peu de pression,
00:30:17un peu de stress,
00:30:18bien sûr,
00:30:18mais ça va aller.
00:30:20Une reprise
00:30:21sous haute surveillance.
00:30:22Du coup,
00:30:22les filles,
00:30:23je vais vous prendre
00:30:23la température déjà.
00:30:2433,9,
00:30:25c'est froid de Marie.
00:30:27C'est toute froide.
00:30:28Il va falloir
00:30:28se réchauffer,
00:30:29les filles, là.
00:30:29Prise de température
00:30:30obligatoire.
00:30:31Et coup de pression
00:30:34du patron.
00:30:36Les gestes barrières,
00:30:37on va être
00:30:38très stricts là-dessus.
00:30:40Ceux qui ne voudront
00:30:41pas les respecter
00:30:42ou qui ne penseront
00:30:42pas les respecter
00:30:43ou qui ne les respecteront
00:30:44pas,
00:30:45on va vous demander
00:30:45de rentrer chez vous.
00:30:47Soyez sérieux,
00:30:48c'est vous protégez-vous,
00:30:49c'est protéger les copains,
00:30:50c'est protéger les clients,
00:30:51etc.
00:30:52La hantise de Jean-Marie,
00:30:54c'est que le coronavirus
00:30:55touche son camping
00:30:57et qu'il soit contraint
00:30:58de refermer les portes.
00:30:59Alors Sandrine,
00:31:00la responsable administrative,
00:31:02fait signer à chaque salarié
00:31:03un engagement écrit
00:31:05obligatoire.
00:31:06Maintenant,
00:31:07il faudra porter le masque
00:31:08dans les lieux communs
00:31:09du camping
00:31:10et alerter la direction
00:31:11au moindre signe suspect.
00:31:13Il ça va ou quoi ?
00:31:14Oui, ça va très bien.
00:31:15T'as récupéré ?
00:31:16Il l'a remis, oui.
00:31:16Vous avez déjà eu
00:31:17des malades ici
00:31:18ou au camping ?
00:31:20Parmi les personnels,
00:31:20il y a des gens
00:31:21qui ont été touchés ?
00:31:22Oui.
00:31:22Je ne souhaite pas
00:31:23à quelqu'un
00:31:23de le choper.
00:31:25C'est une vraie surprise.
00:31:26Quand on a été malade,
00:31:27comme ça,
00:31:27il y a de l'inquiétude
00:31:28à la reprise ?
00:31:30Oui, quand même.
00:31:32Je ne sais pas
00:31:32si on peut l'attraper
00:31:33deux fois.
00:31:34Donc,
00:31:34j'ai un petit peu peur quand même.
00:31:37Mais même avec la peur,
00:31:39le travail n'attend pas.
00:31:40Ouverture en urgence oblige,
00:31:42Jessica est sous pression
00:31:43et les employés
00:31:44vont devoir travailler plus.
00:31:46Donc, cette semaine,
00:31:46on va faire 42 heures
00:31:47pour pouvoir être au près
00:31:49samedi,
00:31:49comme d'habitude.
00:31:50Les masques...
00:31:51Les femmes de ménage
00:31:52ne sont que 5 ce jour-là.
00:31:53C'est 2 fois moins
00:31:54qu'en temps normal.
00:31:55Avant de commencer à s'équiper.
00:31:56Justement,
00:31:57c'est pour ça
00:31:57que je suis un stress.
00:31:58Parce que d'habitude,
00:32:00même au mois de mars,
00:32:01parce qu'on n'est pas encore ouvert,
00:32:02on est 12.
00:32:03D'habitude.
00:32:03Donc là,
00:32:04on est en sous-effectif.
00:32:05Mais après,
00:32:05c'est une saison particulière
00:32:06dans le sens
00:32:06qu'on ne sait pas du tout
00:32:07ce qui nous attend.
00:32:08Parce que là,
00:32:08au niveau des résats,
00:32:09c'était vraiment rien
00:32:11ce qu'on avait.
00:32:12Donc,
00:32:12on ne peut pas embaucher
00:32:1312 personnes
00:32:14si après,
00:32:15derrière,
00:32:15on n'a pas le travail
00:32:16qui va avec.
00:32:17Donc, du coup,
00:32:17là,
00:32:17je suis en train de suivre
00:32:18tous les jours,
00:32:19au minimètre,
00:32:20les réservations.
00:32:21Et pareil,
00:32:21j'ai prévenu
00:32:27après-demain.
00:32:29Moins nombreuses,
00:32:30les femmes de ménage
00:32:30vont aussi devoir travailler
00:32:31avec plus de contraintes.
00:32:33Ce matin,
00:32:34Mireille va découvrir
00:32:36son nouvel uniforme de travail
00:32:37pour nettoyer les mobilhomes.
00:32:39Donc, du coup,
00:32:40première chose à faire,
00:32:41c'est la blouse.
00:32:41Allez.
00:32:42Donc, tu l'enfiles,
00:32:43donc tu la déboutonnes.
00:32:44Voilà.
00:32:45Et tu refais tes boutons.
00:32:47Du coup,
00:32:47après,
00:32:48tu enfileras ta charlotte.
00:32:50Bien que ça prenne.
00:32:51Voilà.
00:32:52Ta visière.
00:32:54Parfait.
00:32:55Sur chaussure.
00:32:56Encore.
00:32:57Non, là.
00:32:58Là,
00:32:59ça fait drôle.
00:33:01Ça fait vraiment drôle.
00:33:02C'est...
00:33:03Surtout la visière,
00:33:05ça trouble un peu,
00:33:06la visière.
00:33:07On a l'impression
00:33:08de se préparer
00:33:09pour le bloc.
00:33:13Et là,
00:33:13il y en a pour combien
00:33:14d'équipements ?
00:33:154,50 euros par personne.
00:33:17C'est énorme.
00:33:18Tout ce qui est interrupteur,
00:33:19tout ce qui est point de côté...
00:33:20A chaque mobilhome,
00:33:21Mireille devra se changer
00:33:22entièrement.
00:33:24En moyenne,
00:33:254 fois dans la journée,
00:33:26soit 18 euros
00:33:27d'équipement
00:33:28par femme de ménage.
00:33:30Avec le Covid,
00:33:31c'est aussi
00:33:32toute l'organisation
00:33:33de travail
00:33:33qui est bouleversée.
00:33:35Là,
00:33:35ce qui change,
00:33:36c'est qu'elle ne peut plus
00:33:36travailler à deux
00:33:36pour tout ce qui est nettoyage,
00:33:38pour éviter les croisements,
00:33:39pour éviter les contagions.
00:33:40Ça te va ?
00:33:40Ça va.
00:33:41Je passe tout à l'heure ?
00:33:42Ça marche.
00:33:43Allez,
00:33:43à tout à l'heure.
00:33:43Bon courage.
00:33:44Allez.
00:33:44Du coup,
00:33:48Mireille va passer
00:33:49une heure et demie de plus
00:33:50qu'en temps normal
00:33:51à nettoyer ce mobilhome.
00:33:54Elle doit tout astiquer.
00:33:57Et avec cet accoutrement
00:33:58de cosmonautes,
00:33:59le travail est plus pénible.
00:34:01Il fait très chaud.
00:34:02C'est vraiment...
00:34:03On a quand même du mal
00:34:04à respirer.
00:34:05Alors,
00:34:05je pense qu'avec des températures
00:34:06qui vont monter,
00:34:08je ne sais pas
00:34:09qu'est-ce que ça va donner,
00:34:10en fait.
00:34:11Mireille ?
00:34:11Et ce n'est pas fini
00:34:12pour Mireille.
00:34:13Sa chef, Jessica,
00:34:15a mis en place
00:34:15une nouvelle étape
00:34:16pour tuer le virus
00:34:17s'il décidait
00:34:19de s'inviter au camping.
00:34:20Donc ça,
00:34:21c'est un bidon
00:34:22que j'étais préparé
00:34:23qui est prêt à l'emploi.
00:34:24C'est de l'eau chlorée
00:34:25à 2,6%.
00:34:26Donc le dosage,
00:34:27c'est un cinquième.
00:34:28Donc on va commencer.
00:34:29Tout faire
00:34:30pour assurer
00:34:30la sécurité des clients,
00:34:32c'est la mission de Jessica,
00:34:34la tornade blanche du camping.
00:34:37Mais tu vas passer
00:34:37toutes les surfaces
00:34:38comme dans les hôpitaux.
00:34:40OK.
00:34:40Tablette, hein ?
00:34:41Tablette.
00:34:41Tèche-cheveux.
00:34:42Tèche-cheveux.
00:34:43Tout ce qu'on veut, ouais.
00:34:43Câble, hein ?
00:34:44D'accord.
00:34:44Poignée.
00:34:45D'accord.
00:34:46Tout les portes.
00:34:47Tout ce que j'ai lavé,
00:34:48on refait ?
00:34:49Tout ce que tu as nettoyé,
00:34:50tu le repasses ?
00:34:51Ouais, on refait.
00:34:52Ça veut dire double travail,
00:34:53finalement.
00:34:53Ah oui,
00:34:54mais après,
00:34:54c'est pas double travail,
00:34:56mais c'est le travail en plus
00:34:56parce que le nettoyage,
00:34:58j'ai fait.
00:34:58Donc on n'a pas besoin
00:34:59de gratter
00:35:00ou d'enlever la saleté.
00:35:01Mais on est obligé
00:35:02d'y repasser quand même.
00:35:03Pour cette désinfection
00:35:04quasi-chirurgicale,
00:35:11un nouveau protocole sanitaire
00:35:23qui, rien que pour le ménage,
00:35:26va coûter cher au camping.
00:35:28Entre l'équipement
00:35:29et les heures supplémentaires,
00:35:30l'addition monte à 45 000 euros.
00:35:33Un surcoût
00:35:34qui grimpe
00:35:34avec le nombre de réservations.
00:35:36Si le camping est plein
00:35:37tout l'été,
00:35:38cela pourrait coûter
00:35:39à Jean-Marie
00:35:39jusqu'à 90 000 euros.
00:35:41Une grosse dépense
00:35:44qu'il est prêt
00:35:44à mettre sur la table
00:35:45car pour être rentable,
00:35:47il doit remplir son camping.
00:35:49Et le parc aquatique,
00:35:51son argument
00:35:51de vente principale,
00:35:53est encore loin
00:35:53d'être prêt.
00:35:55On est à peu près
00:35:56sur entre 40 et 50 %
00:35:59de clients
00:35:59qui nous disent
00:36:00on veut de vraies vacances.
00:36:03Si on ne peut pas accéder
00:36:03au parc aquatique
00:36:05comme on le souhaite,
00:36:06on ne viendra pas.
00:36:08Et nous,
00:36:08ça devient
00:36:08un scénario catastrophe.
00:36:10Ça va les gars ?
00:36:11Sous la supervision
00:36:12d'Olivier,
00:36:13le responsable technique,
00:36:15toute l'équipe
00:36:15est donc mobilisée
00:36:16par la remise
00:36:17en état
00:36:17de la piscine.
00:36:20On a pratiquement
00:36:22trois jours
00:36:22pour remettre
00:36:24en place
00:36:25quelque chose
00:36:25qui est prévu
00:36:26normalement
00:36:26sur une quinzaine
00:36:27deux jours.
00:36:29Ouvrir au plus vite
00:36:30pour limiter la casse.
00:36:32Pour ces professionnels
00:36:33du tourisme
00:36:34qui ont déjà perdu
00:36:35de précieux mois
00:36:35d'activité,
00:36:37le compte à rebours
00:36:37a commencé.
00:36:39Car ils n'ont qu'un été
00:36:40pour sauver leur affaire.
00:36:43Et les choses sérieuses
00:36:44commencent aujourd'hui,
00:36:45le 2 juin 2020.
00:36:48Le grand jour
00:36:49pour les 200 000 restaurateurs
00:36:51de France
00:36:51qui peuvent enfin
00:36:52rouvrir leurs établissements.
00:36:53mais à La Ciotat,
00:36:55ça commence plutôt mal.
00:36:57Après un confinement
00:36:58très ensoleillé,
00:36:59la reprise s'annonce
00:37:00très grise.
00:37:01Une mauvaise nouvelle
00:37:02pour Evelyne Le Lueur
00:37:03et ses restaurants de plage.
00:37:05On baisse un peu
00:37:06en température
00:37:07et on a du mistral
00:37:08assez fort.
00:37:09Et dimanche,
00:37:10certainement de la pluie.
00:37:11Un petit coup dur
00:37:11là, du coup,
00:37:12pour commencer.
00:37:13Un petit coup dur,
00:37:13c'est le jeu
00:37:14ma pauvre lucette.
00:37:16C'est avec un peu
00:37:18moins de philosophie
00:37:18qu'Evelyne va découvrir
00:37:20le problème des transats.
00:37:23Alors,
00:37:23où est-ce qu'on a fait
00:37:24une erreur ?
00:37:25Avec ses plagistes,
00:37:27elle se retrouve ce matin
00:37:28face à une équation
00:37:29très complexe à résoudre.
00:37:32C'est l'enfer.
00:37:34Une fois installée
00:37:35sur une plage de travers,
00:37:37il semble en effet
00:37:38impossible de respecter
00:37:39les nouvelles normes
00:37:40de distanciation.
00:37:41Un mètre
00:37:42entre chaque transat.
00:37:43Toujours là ?
00:37:44Toujours là ?
00:37:45Et un mètre
00:37:46entre chaque allée
00:37:47de transat.
00:37:49Tout en restant,
00:37:50comme Evelyne le souhaite,
00:37:51parfaitement alignée.
00:37:52Alignée.
00:37:53Déjà,
00:37:53je suis en crable.
00:37:54Je le vois.
00:37:57La seule solution
00:37:57trouvée par ses plagistes,
00:37:59c'est d'éloigner
00:38:00encore un peu plus
00:38:01les chaises longues.
00:38:02Voilà,
00:38:02le remonter un petit peu.
00:38:03J'ai un mètre.
00:38:05Mais ça,
00:38:06ça ne convient pas
00:38:07non plus à Evelyne.
00:38:07car elle y perdrait
00:38:09sa quatrième ligne
00:38:10et devrait s'asseoir
00:38:12sur des dizaines
00:38:13de milliers d'euros
00:38:13de chiffre d'affaires
00:38:14d'ici la fin de la saison.
00:38:16Donc,
00:38:17on met réellement
00:38:17un mètre
00:38:18entre les allées
00:38:201ère à 2ème,
00:38:212ème à 3ème,
00:38:22après avoir vérifié
00:38:23par contre
00:38:23qu'on est droit.
00:38:24L'installation
00:38:25se transforme en casse-tête.
00:38:27Seigneur Jésus,
00:38:30c'est que l'on peut faire.
00:38:31Il a trop long
00:38:32de la saison.
00:38:34Là,
00:38:34ça fait quand même
00:38:35depuis 7h du matin
00:38:36qu'on est.
00:38:36Et il est 8h20.
00:38:39C'est pas fini ?
00:38:40Ah, pas du tout, non.
00:38:41En temps normal,
00:38:42le montage de sa plage
00:38:43lui coûtait
00:38:441h de main-d'oeuvre.
00:38:45Mais le coronavirus
00:38:46est en train
00:38:47d'alourdir sa facture.
00:38:50On ne peut pas envisager
00:38:51de mettre 2h30
00:38:51de montage de plage
00:38:52tous les matins
00:38:53sur les week-ends.
00:38:56parce que ça va être
00:38:58hors de prix
00:38:59en personnel.
00:39:01D'autant que ces recettes,
00:39:03elles, c'est sûr,
00:39:04vont diminuer.
00:39:06Les règles de distanciation
00:39:07la privent au final
00:39:08ce matin de 70 transats,
00:39:11soit environ 70 000 euros
00:39:12de manque à gagner
00:39:13d'ici la fin de la saison.
00:39:16Midi,
00:39:17le ciel se dégage un peu.
00:39:19Mais les clients
00:39:20ne se pressent pas.
00:39:21Les salams, bonjour !
00:39:22Et quand ils finissent
00:39:23par arriver...
00:39:24Pour le restaurant
00:39:24ou pour la plage
00:39:25ou pour les deux ?
00:39:26Beaucoup n'ont pas
00:39:27de masque,
00:39:27pourtant obligatoire.
00:39:28Vous avez un masque ?
00:39:30Non, pas du tout.
00:39:31Oui, parce que juste
00:39:31pour être dans l'établissement,
00:39:33aller jusqu'au transat
00:39:33ou à la table,
00:39:34on a un masque.
00:39:35Pour le moment,
00:39:36en vous remerciant,
00:39:37l'établissement accepte
00:39:38de leur en fournir
00:39:39au prix réglementaire
00:39:40de 95 centimes.
00:39:42Mais l'usage qui en est fait
00:39:43est plutôt décourageant.
00:39:46Ils ne les ont pas mis.
00:39:48C'est vrai que c'est ultra compliqué.
00:39:49C'est ultra compliqué,
00:39:50à gérer.
00:39:51Même, admettons,
00:39:52si le client le met
00:39:53jusqu'à sa table,
00:39:54jusqu'à son transat,
00:39:55il ne va pas le mettre
00:39:56pour aller jusqu'à la douche.
00:39:57Qu'est-ce qu'on va faire ?
00:39:57On va mettre des masques
00:39:58waterproof, au final.
00:40:00Qu'est-ce qui va se passer ?
00:40:01Ils vont aller à la douche
00:40:01avec le masque,
00:40:02ils vont l'enlever,
00:40:02le tenir.
00:40:03C'est ingérable.
00:40:05Concernant les distances
00:40:06entre transat,
00:40:07là aussi,
00:40:08les premiers clients
00:40:09semblent plutôt relax.
00:40:10après, on est sur la plage.
00:40:13On ne voit pas
00:40:13que vous avez l'intérêt
00:40:14d'être séparés
00:40:16à 10 mètres,
00:40:175 mètres,
00:40:18je ne sais pas
00:40:18c'est quoi le protocole,
00:40:19mais bon.
00:40:19Vous vous sentez en sécurité ?
00:40:21Oui, très bien.
00:40:21Pas de souci.
00:40:23Si dans son restaurant orange,
00:40:25Evelyne a vendu
00:40:26quelques salades
00:40:27et 10 matelas,
00:40:29dans son restaurant bleu,
00:40:31le bilan est catastrophique.
00:40:33Zéro transat loué
00:40:34sur les 110 installés
00:40:35laborieusement ce matin.
00:40:37démontage compris.
00:40:40Cette plage lui a donc
00:40:41coûté 500 euros,
00:40:42rien qu'en frais de personnel
00:40:43pour un chiffre d'affaires
00:40:44nul.
00:40:46Mais la patronne
00:40:46ne se laisse pas abattre.
00:40:48On ne peut pas parler
00:40:49de rentabilité
00:40:50sur des journées comme ça.
00:40:51Même dans une saison normale,
00:40:52il y a des journées
00:40:53à blanc,
00:40:55uniquement pour roder
00:40:56les personnels ensemble,
00:40:57pour remettre
00:40:57la machine en route.
00:40:58Donc, non,
00:40:59c'est une journée
00:41:00à perte absolue.
00:41:02Mais ça fait partie du jeu.
00:41:06Augmenter encore
00:41:07le montant des pertes,
00:41:09c'est le scénario catastrophe
00:41:10que redoutent
00:41:11ceux qui ont décidé
00:41:11d'ouvrir coûte que coûte.
00:41:14Chez Sébastien,
00:41:15le loueur de canoës
00:41:16en Ardèche,
00:41:17l'heure de l'ouverture
00:41:18a sonné.
00:41:19Vous avez vos tickets
00:41:20de bivouac ?
00:41:20Vous les avez récupérés ?
00:41:21Oui, c'est bon.
00:41:22Il le sait,
00:41:23pour ne pas perdre d'argent,
00:41:25Sébastien doit réaliser
00:41:26un chiffre d'affaires
00:41:26de 4 500 euros
00:41:28sur le week-end,
00:41:29soit en moyenne
00:41:30une centaine
00:41:30de clients par jour.
00:41:33Ce père et sa fille
00:41:34se sont offerts
00:41:35un bivouac.
00:41:36Je vous laisse
00:41:36vous préparer.
00:41:3750 euros par personne
00:41:39pour une escapade
00:41:40de 2 jours en canoë.
00:41:42Le même prix
00:41:42que l'année dernière.
00:41:45A de suite.
00:41:46Car pour attirer
00:41:47le maximum de clients,
00:41:48Sébastien a décidé
00:41:49de ne pas augmenter
00:41:50ses tarifs.
00:41:52Après,
00:41:52c'est un choix.
00:41:53Les gens,
00:41:54si on veut que la population
00:41:55puisse venir
00:41:56faire une activité,
00:41:58on estime
00:41:59qu'il ne faut pas.
00:42:00Si les gens
00:42:00ont moins de pouvoir d'achat,
00:42:01si en plus
00:42:01on les tabasse
00:42:02avec des tarifs
00:42:03beaucoup plus élevés,
00:42:04c'est encore pire
00:42:04pour nous.
00:42:05Pourtant,
00:42:06ça ne se bouscule pas.
00:42:08Mais dans l'après-midi,
00:42:10une lueur d'espoir.
00:42:11Deux groupes
00:42:12de 10 personnes.
00:42:15À 26 euros chacune,
00:42:17cela fait plus de 500 euros
00:42:18empochés.
00:42:20Direction l'embarcadère.
00:42:22Parmi les clients,
00:42:23un groupe d'amis parisiens.
00:42:24Ils sont venus passer
00:42:35le week-end en Ardèche,
00:42:37la première occasion
00:42:38d'être tous ensemble
00:42:39depuis le déconfinement.
00:42:42Ils ont choisi
00:42:43la descente de 13 kilomètres,
00:42:45l'une des plus prises
00:42:46et des vacanciers
00:42:47de la région.
00:42:47Pendant que les parisiens
00:43:00s'amusent,
00:43:02Sébastien et Patrick râmes.
00:43:04Ils découvrent
00:43:05les contraintes imposées
00:43:06par le protocole sanitaire.
00:43:09Ça va ?
00:43:10Patrick a désormais
00:43:13une nouvelle tâche
00:43:14qui lui prend bien
00:43:145 minutes supplémentaires.
00:43:15Par chaque passage
00:43:18de client,
00:43:19on est obligé
00:43:20de tout désinfecter
00:43:20au niveau des sièges
00:43:21avec des produits spéciaux
00:43:23antibactériens.
00:43:25Ça peut paraître dérisoire,
00:43:27mais en haute saison,
00:43:28avec 15 rotations
00:43:29dans la journée,
00:43:30ça deviendra forcément
00:43:31plus compliqué.
00:43:33L'autre problème,
00:43:35c'est le coût
00:43:35de ce nettoyage.
00:43:37Sébastien a été obligé
00:43:38de changer le produit
00:43:39qu'il utilisait
00:43:39pour laver
00:43:40les gilets de sauvetage.
00:43:41En cause,
00:43:42une norme virucide
00:43:44qui doit impérativement
00:43:45figurer sur le produit.
00:43:47C'est la norme
00:43:4814...
00:43:50476.
00:43:52Un détail
00:43:53qui lui coûte très cher.
00:43:55C'est un produit,
00:43:56les 5 litres,
00:43:57ça nous coûte 78 euros.
00:43:59Alors qu'un produit
00:44:00comme les autres,
00:44:00il était dans les 30 euros.
00:44:02Sur l'ensemble
00:44:03de la saison,
00:44:04le surcoût
00:44:05pourrait s'élever
00:44:05à plus de 1500 euros.
00:44:06pour l'heure,
00:44:11ce n'est pas cette charge
00:44:12supplémentaire
00:44:12qui le préoccupe,
00:44:14mais la crainte
00:44:15que les clients
00:44:15ne reviennent pas.
00:44:17Sur son planning
00:44:18de réservation,
00:44:20la semaine prochaine
00:44:20ressemble à celle
00:44:21d'un mois d'avril.
00:44:22Ça reste quand même
00:44:24en semaine
00:44:24complètement vide.
00:44:26Ça,
00:44:26c'est toute la semaine prochaine,
00:44:28donc à rien.
00:44:29Ça,
00:44:29c'est le week-end prochain
00:44:30et normalement,
00:44:31on devrait tourner à bloc.
00:44:33Bilan de ce premier samedi,
00:44:342500 euros.
00:44:36C'est la moitié
00:44:36de son objectif.
00:44:38Mais le lendemain,
00:44:41mauvaise nouvelle,
00:44:43la pluie est au rendez-vous.
00:44:45Seulement 5 clients
00:44:46aujourd'hui.
00:44:47On est ouverts
00:44:52parce qu'on se dit
00:44:53qu'à un moment donné,
00:44:54il faut recommencer.
00:44:56Mais là,
00:44:56on serait fermé,
00:44:57ça serait presque mieux
00:44:57parce qu'aller chercher
00:44:585 personnes en bas des gorges,
00:44:59c'est même pas rentable.
00:45:02Car maintenir l'activité
00:45:03engendre des coûts fixes
00:45:05incompressibles.
00:45:08Pour ces 5 personnes,
00:45:09Sébastien doit payer
00:45:10250 euros
00:45:11de frais de véhicule,
00:45:13250 euros
00:45:14de frais de personnel
00:45:15et enfin
00:45:16120 euros
00:45:17de loyer.
00:45:18Soit en tout
00:45:19620 euros.
00:45:21Alors que les clients
00:45:22ne lui ont rapporté
00:45:23que 187 euros.
00:45:26Le seul point positif
00:45:27de ce premier week-end,
00:45:29c'est que Patrick,
00:45:30son associé,
00:45:31a plus de temps
00:45:31à consacrer à ses clients.
00:45:35Et ça tombe bien.
00:45:36À l'heure.
00:45:37C'est gentil.
00:45:43Un petit coup de pagaie.
00:45:45Essayez de pousser
00:45:45avec la pagaie.
00:45:46carrément sur les graviers.
00:45:49C'est pas gagné la batterie.
00:45:50C'est mal parti.
00:45:52Mais ça va le faire.
00:45:53Ça va le faire.
00:45:54C'est juste toquer
00:45:55sur des petits rochers.
00:45:57Allez, encore un petit peu.
00:45:59Ça va se décrocher.
00:46:01Là, ils vont pas être
00:46:01à l'heure à l'arrivée.
00:46:03Oui, c'est vrai
00:46:04que parti comme c'est parti,
00:46:06ça sera peut-être pas...
00:46:07Ils auront un petit peu de retard.
00:46:08Mais bon,
00:46:09ça y est,
00:46:09elle est partie.
00:46:11Elle a compris mes explications.
00:46:12ça devrait le faire.
00:46:14Ouais.
00:46:16Mais ces instants de légèreté
00:46:18ne remplissent pas les caisses.
00:46:21Surtout le week-end,
00:46:22les deux associés
00:46:23auront engrangé
00:46:24moins de 3 000 euros.
00:46:25C'est 30% de moins
00:46:26que l'objectif fixé.
00:46:28S'ils ne veulent pas
00:46:29mettre la clé sous la porte,
00:46:31Sébastien et Patrick
00:46:32vont vite devoir trouver
00:46:33une solution
00:46:33pour faire revenir
00:46:35les clients.
00:46:37Sébastien,
00:46:38le loueur de canoës,
00:46:39Christophe et Evelyne,
00:46:40les restaurateurs
00:46:41et Jean-Marie,
00:46:41le patron de camping
00:46:42cherchent tant bien que mal
00:46:44à atteindre l'équilibre.
00:46:46Mais d'autres chefs d'entreprise
00:46:48ont fait un pari insensé,
00:46:50tenter de tripler
00:46:50leur chiffre d'affaires
00:46:51en pleine crise sanitaire.
00:46:53Ces deux amis d'enfance
00:47:08ont créé il y a 6 ans
00:47:09une marque de glace artisanale.
00:47:11C'est à 10 km d'Aix-en-Provence,
00:47:13dans la ville d'Aiguilles,
00:47:15qu'ils ont installé
00:47:16leur atelier de fabrication.
00:47:18Salut, salut !
00:47:20Alex Catani et Enzo Fabri
00:47:22élaborent ensemble
00:47:24crème glacée
00:47:24et sorbets artisanaux.
00:47:26Sorbets là ?
00:47:27Ouais, mangue et frambouille,
00:47:28priorité.
00:47:2930 parfums,
00:47:30parmi lesquels la mangue,
00:47:32l'une des tendances de l'été.
00:47:42Pour se différencier
00:47:43des glaces industrielles,
00:47:44les deux associés
00:47:45sélectionnent avec soin
00:47:46leurs ingrédients.
00:47:48Lait et crème fraîche
00:47:49d'une laiterie vendéenne,
00:47:51caramel AOP,
00:47:52d'Izini.
00:47:53Pour les purées de fruits,
00:47:55le chocolat
00:47:55et la pâte de noisettes,
00:47:57tout est made in Italy.
00:47:59C'est du chocolat
00:48:00avec des morceaux
00:48:01de noisettes du piément.
00:48:03On est tous les deux
00:48:03d'origine italienne.
00:48:05Et c'est parti
00:48:06d'une rencontre.
00:48:07En fait,
00:48:07on a rencontré
00:48:08un maître glacier italien
00:48:10plutôt jeune
00:48:11et il nous a formés.
00:48:12Il nous a donné ses recettes.
00:48:13Et voilà.
00:48:13L'an dernier,
00:48:16les deux trentenaires
00:48:17ont réalisé 120 000 euros
00:48:18de chiffre d'affaires.
00:48:19Un montant qu'Alex et Enzo
00:48:21prévoyaient de tripler
00:48:22cette année.
00:48:23Mais une partie de leur activité
00:48:24s'est arrêtée
00:48:25à cause du virus.
00:48:27Normalement,
00:48:28dès le mois d'avril,
00:48:29ils se déplacent
00:48:30avec ce comptoir ambulant
00:48:31pour vendre leurs glaces
00:48:33dans les fêtes de villages,
00:48:34dans des mariages
00:48:35ou encore dans des foires.
00:48:37Ce qui représente
00:48:38plus de 20 %
00:48:39de leur chiffre d'affaires.
00:48:40Cette année,
00:48:43on se disait
00:48:43que si on faisait
00:48:4440 000, 50 000 euros,
00:48:47un petit peu plus,
00:48:48ça aurait été bien.
00:48:50Et là,
00:48:50ça va être...
00:48:51On n'en sait rien.
00:48:52Tous ces événements festifs
00:48:53sont annulés cet été.
00:48:55En revanche,
00:48:56bonne nouvelle,
00:48:57leurs principaux clients,
00:48:58les restaurateurs,
00:48:59viennent de rouvrir leurs portes.
00:49:01Ce matin,
00:49:02ils vont livrer
00:49:035 établissements.
00:49:04Ça rappelle le rythme d'avant,
00:49:05le rythme de l'année dernière.
00:49:06Donc tout allait bien.
00:49:08Mais aujourd'hui,
00:49:09les restaurateurs,
00:49:09impactés eux aussi
00:49:11par le virus,
00:49:12ont commandé
00:49:122 fois moins de glace
00:49:14qu'une journée habituelle
00:49:15de juin.
00:49:16Ça va, Jean-Philippe ?
00:49:17Ravi de vous revoir
00:49:18après cette longue période
00:49:20de...
00:49:21Ouais,
00:49:21c'est bien repris.
00:49:22De retrouver,
00:49:22ça reprend un peu,
00:49:23petit à petit.
00:49:24Et vous,
00:49:24ça a été direct...
00:49:25Jean-Philippe Liccardi
00:49:26est l'un de leurs
00:49:27plus gros clients.
00:49:28Le patron de cette brasserie
00:49:30organise tout l'été
00:49:31des apéros
00:49:32et des événements.
00:49:33Tous annulés cette année.
00:49:35La saison dernière,
00:49:37ils commandaient pourtant
00:49:37à Alex et Enzo
00:49:38entre 3 000 et 4 000 glaces.
00:49:41Il y a resté quoi,
00:49:41chocolat noir ?
00:49:43Ouais, il restait un peu.
00:49:44Mais ces quantités-là,
00:49:46ce ne sera pas
00:49:47pour cet été.
00:49:49Bon, pour l'instant,
00:49:49on vient de démarrer.
00:49:50Je ne sais pas
00:49:51ce que ça va donner.
00:49:52Donc on va voir.
00:49:53Mais c'est sûr
00:49:54que ça fera un écart
00:49:55dans la fin du mois,
00:49:55c'est certain.
00:49:56En gros, vous pensez ?
00:49:58Ouais, je pense.
00:49:58Ça va représenter
00:49:59plus de 60 % en moyenne.
00:50:02Le but, c'est que, voilà,
00:50:03il y ait le mois de juin
00:50:04de reprise
00:50:05et qu'après,
00:50:05on retrouve une activité
00:50:06complètement normale.
00:50:08Sinon quoi ?
00:50:09Sinon quoi ?
00:50:10On n'est pas négatif ici.
00:50:13Donc sinon,
00:50:13ce sera difficile,
00:50:14mais ça va le faire.
00:50:16Voilà, c'est tout.
00:50:16Sinon, il faudra
00:50:17prendre les banquiers
00:50:17à l'ontage.
00:50:18Voilà, exactement.
00:50:20Les banquiers.
00:50:21Les garçons leur ont
00:50:22récemment emprunté
00:50:23250 000 euros.
00:50:24Un pari risqué
00:50:26en pleine crise sanitaire
00:50:27l'année où il n'aurait
00:50:29justement pas fallu le faire.
00:50:31Ils ont investi
00:50:32dans un commerce
00:50:32en plein centre
00:50:33d'Aix-en-Provence.
00:50:35Donc, voilà, c'est ici.
00:50:36C'est ici que sera la boutique.
00:50:38Donc, une magnifique boutique.
00:50:40On garde à peu près
00:50:41les cadres,
00:50:43mais on vient mettre
00:50:43tout à notre effigie.
00:50:45E-Pinguini
00:50:45avec un gros pingouin
00:50:46et des beaux visuels
00:50:48de glace.
00:50:49Et surtout, là,
00:50:49vous aurez une magnifique vitrine
00:50:50avec des serveurs super cools.
00:50:53Un emplacement stratégique
00:50:54à l'angle de deux rues
00:50:55où déambultent en moyenne
00:50:57250 000 personnes
00:50:58par semaine.
00:50:59Alors, forcément,
00:51:00ça a un coût.
00:51:01C'est un gros investissement
00:51:02pour une boîte
00:51:02qui a fait de belles pertes.
00:51:05Mais ça fait partie
00:51:06du développement
00:51:06de l'entreprise.
00:51:07Aujourd'hui,
00:51:08c'est pas parce qu'il y a eu
00:51:09le Covid
00:51:09qu'il faut qu'on stoppe
00:51:10tous nos projets.
00:51:12Propriétaires du fonds de commerce,
00:51:14ils payent un loyer
00:51:15de 3 300 euros mensuels.
00:51:17Pour être rentables,
00:51:19ils vont devoir réussir
00:51:20à vendre 450 glaces
00:51:21par jour cet été.
00:51:23Et cette boutique,
00:51:24ce n'est pas le seul
00:51:25développement
00:51:25que les jeunes patrons
00:51:26avaient envisagé
00:51:27avant le Covid.
00:51:29Ils louent aussi
00:51:30une partie
00:51:31de cet immense hangar
00:51:32qu'ils veulent transformer
00:51:33en laboratoire.
00:51:34Donc voilà,
00:51:35donc là,
00:51:35on va rentrer dans le labo.
00:51:37Leur objectif,
00:51:38y produire 10 fois plus de glace.
00:51:40Attention,
00:51:41toujours.
00:51:42Pour financer
00:51:42tous ces ambitieux projets,
00:51:44il faut multiplier
00:51:45les canaux de vente.
00:51:46et le confinement
00:51:47aura eu la vertu
00:51:48de faire exploser
00:51:49un marché
00:51:49auquel ils ne s'attendaient pas.
00:51:53C'est Julia,
00:51:54la soeur d'Enzo,
00:51:55qu'ils ont recruté
00:51:56pour démarcher
00:51:57de nouveaux clients.
00:51:58Sa cible,
00:51:59les épiceries,
00:52:00les grandes gagnantes
00:52:01du confinement.
00:52:02Elle a décroché
00:52:03un rendez-vous
00:52:03dans ce magasin
00:52:04de produits locaux,
00:52:05mais à peine arrivée,
00:52:07mauvaise surprise.
00:52:08Je ne savais pas du tout,
00:52:09il y a de la concurrence.
00:52:10Je ne connais pas forcément.
00:52:12Je vais quand même...
00:52:13C'est un petit challenge en plus.
00:52:14Je ne l'avais pas prévu,
00:52:16ça,
00:52:16donc on va voir
00:52:17ce que ça donne.
00:52:18Bonjour.
00:52:18Bonjour,
00:52:19vous allez bien ?
00:52:20Oui,
00:52:20ça va bien,
00:52:20merci.
00:52:21Je ne sais pas
00:52:21si vous connaissez,
00:52:22on est une petite entreprise
00:52:23de glace artisanale
00:52:23sur Hélibuy.
00:52:24Je vous ai déjà vu passer.
00:52:25J'ai vu que j'avais
00:52:26des concurrents.
00:52:28Alors,
00:52:28c'est arrivé il y a une semaine.
00:52:29C'est vrai ?
00:52:30C'est vraiment...
00:52:31Ça se joue à ça.
00:52:32Alors,
00:52:32nous,
00:52:32ce n'est pas du tout
00:52:33dans le même principe
00:52:34que les bâtonnets
00:52:35que vous avez.
00:52:35Pour la convaincre,
00:52:37Julia a d'autres arguments
00:52:38dans son sac.
00:52:38On a de la brochure
00:52:39et donc là,
00:52:40vous avez tous les parfums.
00:52:41Vous en avez combien,
00:52:42tous les parfums ?
00:52:42Sur cette gamme-là,
00:52:44il y en a 17 à peu près.
00:52:46Ou pas mal.
00:52:4617 ou 17.
00:52:46C'est bien.
00:52:47Là,
00:52:47vous avez déjà,
00:52:49en fait,
00:52:49des glaces
00:52:50dans votre épicerie.
00:52:51Oui,
00:52:51mais plus vous avez de choix
00:52:52et plus les gens,
00:52:53en fait,
00:52:53ils sont friands de choix.
00:52:55Il faut avoir du choix
00:52:55dans la vie.
00:52:57Si vous proposez un produit,
00:52:58il n'y a personne
00:52:58qui vous le prendra.
00:52:59Si vous en avez 10,
00:52:59on vous en prendra peut-être un.
00:53:01Merci, Julia.
00:53:02A bientôt.
00:53:02Oui,
00:53:02à bientôt.
00:53:03Affaire conclue.
00:53:04L'épicière passera
00:53:05une première commande
00:53:06de 48 pots.
00:53:07Julia n'en est pas
00:53:08à son coup d'essai.
00:53:09En un mois,
00:53:10elle a réussi
00:53:11à faire rentrer
00:53:118 nouvelles épiceries.
00:53:13C'est bon.
00:53:14Ah ouais ?
00:53:15Chouette, ça.
00:53:15C'est pas gagné.
00:53:16Elle représente aujourd'hui
00:53:1730% du chiffre d'affaires
00:53:19d'Alex et Enzo.
00:53:20C'est 5 fois plus
00:53:21qu'avant le confinement.
00:53:23Mais tout n'est pas
00:53:24pour autant gagné
00:53:24pour les 2 patrons.
00:53:26Là,
00:53:26avec ce niveau d'activité là,
00:53:28on ne perd pas d'argent.
00:53:30On n'en gagne pas,
00:53:32mais on ne perd pas d'argent.
00:53:33L'été qui s'annonce
00:53:34risque d'être décisif
00:53:36pour leur petite entreprise.
00:53:39Sur la plage de Toreil,
00:53:41Christophe aussi se bat
00:53:42pour la survie de son restaurant.
00:53:44C'est le grand jour
00:53:45de l'ouverture.
00:53:47Il doit tout mettre en oeuvre
00:53:48pour atteindre son objectif
00:53:50de 3000 euros.
00:53:51En chef d'orchestre,
00:53:52il briefe sa nouvelle équipe
00:53:54sur sa stratégie.
00:53:56Premier défi,
00:53:58gonfler le panier moyen
00:53:59à 50 euros par tête.
00:54:01Pour y arriver,
00:54:02il faut que le client
00:54:03commande entrée plat
00:54:04et dessert.
00:54:05Tout se joue
00:54:06sur un élément essentiel,
00:54:07le pain.
00:54:08On peut couper déjà ou pas ?
00:54:10Non.
00:54:10On attend au dernier moment ?
00:54:12Ce n'est pas au dernier moment.
00:54:13Le pain,
00:54:13on le coupe,
00:54:15on n'amène pas le pain
00:54:16avant de manger.
00:54:17Non, non, attends,
00:54:17je te dis parce qu'il y en a
00:54:18qui le font.
00:54:19Tu amènes la courbeille de pain.
00:54:20Qu'est-ce qu'ils font ?
00:54:21Ils vont manger le pain.
00:54:22Et après,
00:54:23on n'est pas faim
00:54:23pour ne pas manger.
00:54:25Deuxième consigne,
00:54:26rassurer les clients
00:54:27et montrer qu'on est exigeant
00:54:29sur le protocole sanitaire.
00:54:31Le but,
00:54:32les faire rester
00:54:32le plus longtemps possible
00:54:34pour qu'ils consomment
00:54:35davantage.
00:54:36Les distributeurs de gel
00:54:37sont en place,
00:54:39les masques ajustés,
00:54:41la stratégie de reconquête
00:54:42peut commencer.
00:54:43On ne voit pas le sourire,
00:54:44du coup.
00:54:45Il ne faut pas leur s'habituer.
00:54:47Mais le service
00:54:48n'a pas encore démarré,
00:54:50que Christophe
00:54:50a déjà perdu de l'argent.
00:54:52J'ai deux tas de coin nué,
00:54:54donc ça m'agace
00:54:55parce que j'avais...
00:54:57J'ai refusé des gens.
00:54:58Ces deux désistements,
00:55:00ce sont entre 400 et 500 euros
00:55:02de chiffre d'affaires
00:55:03qui s'envolent.
00:55:04Il va falloir redoubler d'efforts
00:55:05pour atteindre les 3 000 euros.
00:55:08Alors,
00:55:08quand les premiers clients arrivent...
00:55:10Oh, non !
00:55:12Sans porter de masque,
00:55:16Christophe ne bataille pas.
00:55:21Pour beaucoup,
00:55:22c'est un frein.
00:55:22Sur tous les réservés,
00:55:2350% m'ont demandé
00:55:25s'il fallait venir avec.
00:55:26Et on vous a dit quoi ?
00:55:28Si on doit le mettre,
00:55:30on ne revient pas.
00:55:31Ouais, à un moment donné,
00:55:31si on refuse tout le monde,
00:55:32on ferme boutique
00:55:34et c'est fini.
00:55:36On reste à la maison.
00:55:38Il ne peut pas se permettre
00:55:39de perdre sa clientèle.
00:55:41Alors, il ferme les yeux.
00:55:42A demain,
00:55:4316h, bonne soirée.
00:55:44Merci, au revoir.
00:55:45A l'entrée,
00:55:46c'est Oksana et Mélissa,
00:55:47les barmaids,
00:55:48qui sont chargés
00:55:49de jouer un peu aux gendarmes.
00:55:51Les mains.
00:55:52Ah, les mains, oui.
00:55:53Très bien.
00:55:54Oui, oui, tout à fait.
00:55:54Un rôle pas toujours facile
00:55:56à endosser pour les salariés,
00:55:58en plus de leur travail habituel.
00:56:00En cuisine, c'est pire.
00:56:05Avec un effectif de 3 personnes,
00:56:07l'équipe de Célia est sous l'eau.
00:56:10Et le masque ne facilite pas la communication.
00:56:12Tout le monde semble un peu tendu
00:56:19et ce n'est que le premier jour
00:56:21d'une saison qui s'annonce compliquée.
00:56:23Moi, j'ai beaucoup de mal à respirer
00:56:25et c'est la merde.
00:56:29Mais en salle, rien n'y paraît.
00:56:31L'opération séduction
00:56:33semble fonctionner.
00:56:33C'est bon, ça ?
00:56:35C'est bien.
00:56:37Ça rassure.
00:56:37Moi, je trouve que ça rassure.
00:56:38Et ça va faire la différence
00:56:40avec des professionnels
00:56:41qui ne le font pas.
00:56:42C'est respecté quand même.
00:56:44C'est respecté quand même.
00:56:46C'est une sacrée distance.
00:56:48Même si un peu trop loin, là.
00:56:49On ne sent plus la,
00:56:51entre guillemets, la peur.
00:56:54Et ça, je pense que c'est dû
00:56:55au propriétaire.
00:56:56Ce n'est pas nous.
00:56:57C'est le propriétaire
00:56:58qui a mis en place
00:56:59le fait qu'on puisse ainsi
00:57:02profiter
00:57:03et oublier.
00:57:05Autre détail primordial
00:57:06pour Christophe,
00:57:08les fameuses assiettes
00:57:09de sel et poivre
00:57:10qui lui coûtent un euro.
00:57:11Ce soir,
00:57:12seulement deux tables
00:57:13en ont demandé.
00:57:14Donc voilà,
00:57:15c'est pas pour une nouvelle réforme.
00:57:18Tout est jetable,
00:57:19donc on ne garde rien après.
00:57:21On jette tout
00:57:22et c'est un usage unique.
00:57:23Mais cette disposition sécuritaire
00:57:25n'est pas du goût
00:57:26de tout le monde.
00:57:27Merci.
00:57:27Bon appétit.
00:57:29C'est écologiquement
00:57:30pas un responsable,
00:57:31mais bon, c'est pas grave.
00:57:3322h30,
00:57:35pas de deuxième service,
00:57:36la salle se vide.
00:57:38Au revoir.
00:57:38Extra.
00:57:39Merci beaucoup.
00:57:42Pour Christophe,
00:57:43c'est inhabituel.
00:57:44Chaque année,
00:57:45pour l'ouverture,
00:57:46il fait une soirée
00:57:46qui dure jusqu'à 2h du matin.
00:57:48Un moyen d'engranger
00:57:50au moins 3 fois plus
00:57:51de recettes supplémentaires.
00:57:52au moment de faire les comptes,
00:57:57il déchante.
00:57:58L'objectif des 3 000 euros
00:57:59est loin d'être atteint.
00:58:01Alors ?
00:58:02Non, alors,
00:58:03je n'ai pas dépassé 2 000 euros.
00:58:05Donc c'est 6 fois moins
00:58:07que l'année dernière.
00:58:08Et l'an dernier,
00:58:09il avait ouvert un mois plus tôt,
00:58:11début mai,
00:58:12avec succès.
00:58:12L'année dernière,
00:58:16la même période,
00:58:16on était entre 80 et 5 000 euros,
00:58:19le chiffre.
00:58:20Parce qu'on avait fait
00:58:21trop mariage,
00:58:22parce qu'on avait fait
00:58:23une grosse horaire d'ouverture,
00:58:25parce qu'on avait eu
00:58:25des week-ends
00:58:26de ponts un peu à rallonge.
00:58:29Donc c'est dommage.
00:58:31Mais bon,
00:58:31on le savait
00:58:32avant de commencer.
00:58:33Un très mauvais démarrage.
00:58:36Si Christophe gagne
00:58:36moins de 3 000 euros par jour,
00:58:38il le sait,
00:58:39il ne pourra pas sauver
00:58:40son entreprise.
00:58:42Ouvrir à tout prix,
00:58:48le plus vite possible,
00:58:49même si l'on n'est pas
00:58:50tout à fait prêt.
00:58:52C'est la stratégie
00:58:53choisie par Jean-Marie,
00:58:54le patron du camping
00:58:55du Cap d'Agde,
00:58:56pour limiter les dégâts.
00:58:59En ce week-end d'ouverture,
00:59:01si le grand bassin
00:59:01tant attendu par les clients
00:59:03est bien rempli,
00:59:05il n'est pas encore opérationnel.
00:59:10Qu'est-ce qui se passe ?
00:59:11Une petite vis
00:59:12qui s'est élevée,
00:59:13donc un petit coup
00:59:14de tournevis.
00:59:16Et on va refixer
00:59:17là,
00:59:18une petite grille.
00:59:22Pour faire cette réparation
00:59:23de dernière minute,
00:59:24Olivier,
00:59:24le responsable technique,
00:59:26plonge dans le grand bain.
00:59:28Mais les premiers clients
00:59:29de la saison
00:59:30sont déjà là,
00:59:30devant la grille,
00:59:31pile à l'heure
00:59:32de l'ouverture.
00:59:33Ça a fait plaisir
00:59:34de vous voir,
00:59:34ça s'est bien passé
00:59:35ce confinement ?
00:59:36C'était long quand même.
00:59:37Et on s'est dit ce matin,
00:59:38tu verras,
00:59:39on va être les premiers
00:59:39parce qu'on est prêts.
00:59:40Vous êtes les premiers,
00:59:41c'est super.
00:59:43On attendait avec impatience
00:59:44pour revenir.
00:59:45On a de la chance.
00:59:46Vous vous renseignez
00:59:47tous les jours ?
00:59:47Ah oui,
00:59:48j'ai appelé plusieurs fois,
00:59:49elle a dû dire,
00:59:50la secrétaire,
00:59:50elle est pénie,
00:59:51Madame Écartes,
00:59:51mais c'est pas grave.
00:59:52Il y a même mon petit chien
00:59:53qui est au revoir.
00:59:54Il va retrouver la liberté.
00:59:57Ça y est,
00:59:57l'ouverture
00:59:58pour la rentre au camping
01:00:00sans problème.
01:00:04Confinés pendant 2 mois
01:00:05dans leur appartement,
01:00:06ce couple de retraités
01:00:07retrouve avec plaisir
01:00:09ce mobilhome
01:00:09de 39 mètres carrés
01:00:11dont ils sont propriétaires
01:00:12au camping.
01:00:14Tu cherches
01:00:14ta place encore,
01:00:15t'es pas encore habitué.
01:00:18Corinne et Jackie Écartes
01:00:20louent à l'année
01:00:21cet emplacement
01:00:21au prix de 3 900 euros.
01:00:25Comme eux,
01:00:26ils sont 69 propriétaires
01:00:27au camping
01:00:28qui payent au total
01:00:29270 000 euros par an.
01:00:32Une ressource assurée
01:00:33pour Jean-Marie,
01:00:34le patron.
01:00:35Mais pour sauver la saison,
01:00:37il a surtout besoin
01:00:37de séduire les vacanciers,
01:00:39souvent des habitués
01:00:40comme ce camping-cariste.
01:00:42Monsieur, bonjour.
01:00:44Vous arrivez
01:00:44pour l'emplacement,
01:00:45c'est bien ça,
01:00:46monsieur le duc ?
01:00:47Il ne sait pas trop
01:00:48à quoi s'attendre
01:00:48cette année.
01:00:49Comme d'habitude.
01:00:50Là, je l'ai là jusqu'à lundi
01:00:51pour faire un essai.
01:00:52Puis après,
01:00:52si ça va,
01:00:53je vais rester plus longtemps.
01:00:54Puis avec les nouvelles normes,
01:00:55c'est normes
01:00:55qui vont nous prendre
01:00:56à la température.
01:00:56Avec le virus,
01:01:00certains clients redoutent
01:01:01de ne pas reconnaître
01:01:02leur camping.
01:01:04Si l'épicerie
01:01:04et l'air de jeu
01:01:05pour les enfants
01:01:06sont ouvertes,
01:01:07le restaurant reste fermé,
01:01:09ainsi que le mini-club
01:01:11et la salle de musculation.
01:01:14Du côté du parc aquatique,
01:01:16le jacuzzi
01:01:16et les jeux pour enfants
01:01:18sont interdits
01:01:18à cause des risques
01:01:19de contamination.
01:01:20seuls les toboggans,
01:01:22la pataugeoire
01:01:23et le grand bassin
01:01:24doivent ouvrir.
01:01:26Mais la piscine
01:01:27n'est toujours pas prête.
01:01:30Vous êtes un peu
01:01:31en retard sur le planning ?
01:01:32Oui, un petit peu en retard.
01:01:33Mais c'est une ouverture spéciale.
01:01:37On court, on court.
01:01:39Car l'ouverture de la piscine,
01:01:40c'est ce que beaucoup attendent.
01:01:43Certains ont même réservé
01:01:44uniquement pour ça.
01:01:45comme cette famille
01:01:46venue de Toulouse
01:01:48qui a fait 200 km
01:01:49pour passer une nuit
01:01:50au camping.
01:01:51Après, de toute façon,
01:01:52c'est une ouverture,
01:01:53tout ça, c'est ouvert.
01:01:54La piscine, alors là,
01:01:54on m'a dit...
01:01:55Ma collègue vient de me dire
01:01:56qu'elle est en cours d'ouverture.
01:01:58Je ne sais pas ce que c'est
01:01:59un coup directement sur le terrain
01:02:00parce que je viens juste d'arriver.
01:02:02C'est-à-dire,
01:02:02elle n'est pas ouverte là, maintenant ?
01:02:03Peut-être aller jeter
01:02:05un petit coup d'œil,
01:02:05ça donne l'occasion
01:02:06de faire le petit tour du camping.
01:02:08Ça y est, c'est les vacances.
01:02:10C'est le week-end.
01:02:11Cette famille a payé 60 euros
01:02:15à 20 mètres carrés.
01:02:18Maillot, maillot, direct,
01:02:19on profite.
01:02:20Le week-end,
01:02:20il finit demain.
01:02:22Et où ?
01:02:23Et à piscine ?
01:02:24Et où ?
01:02:25On va où, Islème ?
01:02:26Ici.
01:02:27Avec 3 heures de retard,
01:02:29la piscine est enfin prête.
01:02:31C'est parti !
01:02:32Il est là, il va.
01:02:34Après 2 mois de confinement
01:02:36pour cette famille,
01:02:37c'est la libération.
01:02:41C'est pas prête ?
01:02:42C'est pas prête ?
01:02:42C'est pas prête ?
01:02:44C'est pas prête ?
01:02:45Malgré la légèreté retrouvée,
01:02:52pour le confort cet été,
01:02:53ce ne sera pas tout à fait ça.
01:02:56Fini les transats,
01:02:57ce sera serviette pour tout le monde.
01:02:59On va profiter de chaque minute.
01:03:02Hein ?
01:03:02Vous m'embêtez pas.
01:03:04La sieste !
01:03:06Et même si c'est sans transats...
01:03:08C'est pas grave.
01:03:10Oh, pas chupotique.
01:03:11Le reste de 56 jours enfermé dans 45 mètres carrés,
01:03:16on peut...
01:03:17C'est pas grave, le transat.
01:03:19On le fera sans.
01:03:22Vraiment.
01:03:23Puis c'est bien, non, ça ?
01:03:25Moi, j'aime bien.
01:03:27Bonjour, messieurs-dames.
01:03:28M. Jean-Marie, le directeur du camping.
01:03:31Priver les vacanciers de transats,
01:03:33un choix difficile,
01:03:35fait par Jean-Marie,
01:03:35au risque de décevoir ses premiers clients.
01:03:37C'est très, très, très contraignant,
01:03:41les transats.
01:03:42Si on avait dû vous les donner,
01:03:44il a fallu les infecter,
01:03:46vous, nous, en permanence,
01:03:47ça aurait été compliqué.
01:03:49Compliqué, mais surtout très cher.
01:03:51Pour assurer des transats parfaitement désinfectés,
01:03:53comme l'y obligent les normes sanitaires,
01:03:55Jean-Marie estime qu'il lui aurait fallu débourser
01:03:57près de 8000 euros.
01:04:00C'est un choix que je ne pouvais pas assumer.
01:04:03À moins de mettre 4 personnes
01:04:04pour nettoyer tous les transats en permanence,
01:04:06ce qui n'est pas possible
01:04:07puisque financièrement,
01:04:08on n'aura peut-être pas les ressources nécessaires.
01:04:11Donc je préfère supprimer les transats
01:04:13plutôt que de faire courir un risque à mes clients.
01:04:15Ce jour-là,
01:04:16les clients sont plutôt compréhensifs.
01:04:18Il faut dire qu'il n'y a pas foule.
01:04:22En ce premier week-end de juin,
01:04:24ils ne sont que 90 au camping
01:04:26contre 900 l'an dernier.
01:04:30Les recettes de cette journée d'ouverture
01:04:31s'élèvent à 1450 euros.
01:04:34Bien en dessous
01:04:35de ce que Jean-Marie a dépensé
01:04:36pour faire tourner son camping.
01:04:39En ouvrant ce jour-là,
01:04:40il perd environ 3000 euros.
01:04:43Si on fait un très bon mois de juillet
01:04:45et un très bon mois d'août,
01:04:47on rentrera dans nos frais.
01:04:49Mais les prévisions actuelles
01:04:50font que si on en reste aux réservations
01:04:53que nous avons,
01:04:55on va perdre de l'argent
01:04:57et il nous manquera
01:04:59à peu près 300 000 euros
01:05:00fin septembre.
01:05:04Un peu plus à l'est,
01:05:06à la Ciotat,
01:05:08les nouvelles
01:05:08ne sont pas bonnes non plus.
01:05:10Ça va, Rudy ?
01:05:13Ça va.
01:05:14T'y crois pour aujourd'hui ?
01:05:17Depuis notre dernière venue,
01:05:19la patronne de la grande plage,
01:05:20Evelyne,
01:05:21affiche moins 60%
01:05:22de chiffre d'affaires
01:05:23par rapport à l'année dernière.
01:05:25La faute aux restrictions sanitaires
01:05:27qui l'empêchent
01:05:28d'exploiter toute sa structure,
01:05:30mais pas seulement.
01:05:32C'est les week-ends
01:05:33qui font vraiment la différence
01:05:34et on n'a eu aucun week-end de beau temps
01:05:37depuis début juin.
01:05:38on a pu réouvrir.
01:05:40Alors, forcément,
01:05:42ce tout premier dimanche
01:05:43à la météo parfaite,
01:05:45du soleil et pas de vent,
01:05:46est un dimanche
01:05:47de la plus haute importance.
01:05:49C'est aujourd'hui ou jamais
01:05:50qu'elle doit faire du chiffre
01:05:52et elle a d'ailleurs
01:05:53un objectif très précis.
01:05:55Un dimanche comme celui-ci
01:05:57sur toute la structure
01:05:57sera arrêté 25.
01:05:59On voudrait au moins
01:06:00être à 19.
01:06:0219 000 euros.
01:06:0319 000 euros aujourd'hui
01:06:04en tenant compte
01:06:05du manque de place
01:06:06dans l'exploitation.
01:06:08C'est un archi minimum
01:06:09pour un dimanche
01:06:10de beau temps.
01:06:12Pour atteindre cet objectif,
01:06:14Evelyne sait
01:06:15qu'elle doit absolument
01:06:16trouver le moyen
01:06:17de mettre encore plus
01:06:18de matelas
01:06:18en respectant les 1 mètre.
01:06:21Le problème,
01:06:22c'est que depuis des jours,
01:06:23elle plafonne à 210
01:06:25au lieu des 280 habituels.
01:06:28Et le trou là-bas,
01:06:29je ne le veux pas non plus.
01:06:30Le trou du milieu.
01:06:32Mais ce matin,
01:06:34elle a trouvé l'idée
01:06:34de génie
01:06:35qui lui permet
01:06:36de caser enfin
01:06:37sa quatrième ligne.
01:06:40Voilà,
01:06:40la quatrième ligne,
01:06:41c'est ça.
01:06:41Vous la voyez,
01:06:42c'est exceptionnel.
01:06:43Elle est dans l'autre sens.
01:06:45Elle est dans l'autre sens
01:06:46parce qu'autrement,
01:06:47il n'y a pas un mètre.
01:06:48Donc, on a dû mettre
01:06:49des matelas tout petits
01:06:50et collés au mur.
01:06:51S'ils veulent le soleil
01:06:52qui s'oriente,
01:06:53ils font une fois dans un sens
01:06:54et après,
01:06:55ils devront tourner
01:06:55totalement dans l'autre sens.
01:06:58Mais on ne peut pas
01:06:58faire autrement.
01:07:00Avec cette astuce,
01:07:02elle passe de 210
01:07:03à 240 matelas.
01:07:05Soit 30 clients de plus
01:07:06qui vont louer,
01:07:07bien sûr,
01:07:08mais aussi consommer
01:07:09boissons et restaurations.
01:07:11Bonjour.
01:07:126.
01:07:13Vers midi,
01:07:15la patronne a toutes
01:07:15les raisons d'y croire
01:07:16car elle aperçoit enfin
01:07:18les toutes premières files
01:07:20d'attente de la saison
01:07:21devant ces établissements.
01:07:23C'est moi qui vous remercie.
01:07:25Les clients se pressent
01:07:26pour louer les matelas
01:07:27du restaurant bleu.
01:07:29Pareil au restaurant orange.
01:07:32C'est l'affluence en caisse
01:07:33et le téléphone
01:07:36n'arrête pas de sonner.
01:07:41À 11 heures,
01:07:42la plage orange affiche complet.
01:07:44Evelyne va prendre
01:07:45la température du côté bleu.
01:07:47Vous êtes complet
01:07:47ou il vous reste le dernier rang ?
01:07:48On est complet.
01:07:51Ils sont complet
01:07:52même sur le dernier rang.
01:07:53Ça fait plaisir ?
01:07:54Ah oui, ça fait plaisir,
01:07:55bien sûr.
01:07:56Soulagée.
01:07:57Mais elle doit maintenant
01:07:58gérer un dossier brûlant.
01:08:00La réaction de ses clients
01:08:01face aux nouveaux tarifs
01:08:02de location de matelas.
01:08:04Combien je vous dois ?
01:08:06Ça fait 25 euros
01:08:07par personne, s'il vous plaît.
01:08:08C'est l'autre idée
01:08:09de la patronne
01:08:10pour atteindre son objectif
01:08:11de chiffre d'affaires.
01:08:13Elle a en effet
01:08:14sacrément augmenté
01:08:15ses prix le week-end.
01:08:16sur la plage bleue.
01:08:17Elle est passée de 17
01:08:19à 21 euros la journée
01:08:20et de 18 à 25 euros
01:08:23sur la très demandée
01:08:24plage orange.
01:08:26C'est un petit peu cher.
01:08:27Ça nous a surpris, oui.
01:08:28Oui, on a...
01:08:2925 euros le transat,
01:08:32bon, après,
01:08:33on le fera pas tous les jours,
01:08:34mais...
01:08:35Bonjour, mademoiselle.
01:08:36Bonjour.
01:08:37N'étant pas du genre
01:08:39à se défiler,
01:08:40Evelyne va s'expliquer
01:08:41directement face aux clients.
01:08:42On a choisi
01:08:43de n'augmenter aucun produit
01:08:45de restaurant
01:08:45par rapport à l'année dernière
01:08:46et l'année d'avant, d'ailleurs,
01:08:47parce que ça fait 3 ans
01:08:48qu'on n'a pas bougé les prix.
01:08:49Et on a bougé les prix
01:08:51sur les transats.
01:08:52Et de toute façon,
01:08:53ça ne couvrirait pas
01:08:53l'ensemble des masques
01:08:54et des produits du Covid
01:08:55à toute la manutention
01:08:56des infections des housses.
01:08:58Moi, j'ai moi-même
01:08:59un commerce sur Marseille
01:09:00et je n'ai absolument pas
01:09:02augmenté les prix
01:09:02malgré des prix supplémentaires.
01:09:04C'est un salon de coiffure
01:09:05parce que je me dis
01:09:06que les retraités,
01:09:08les familles,
01:09:09leur salaire n'a pas augmenté, eux.
01:09:11C'est pas à eux de payer.
01:09:12Mais ça, je le comprends bien, madame.
01:09:14Sauf que l'année prochaine,
01:09:15si on n'est plus
01:09:15dans la norme Covid,
01:09:17on va revenir sur des tarifs
01:09:19qui correspondent à notre mesure.
01:09:21La pilule a du mal à passer.
01:09:23Mais les clients sont là.
01:09:24Y compris sur sa 4e ligne
01:09:26qui, bricolée,
01:09:27mais bradés à 16 euros
01:09:29plutôt que 25,
01:09:30c'est vendu en un éclair.
01:09:32Voilà.
01:09:33Et là, d'être pas face à la mer,
01:09:34ça veut dire non ?
01:09:35On peut vraiment...
01:09:36On n'est pas difficile, voilà.
01:09:38On n'est pas difficile.
01:09:43Après 2 services
01:09:44quasiment au complet,
01:09:45soit 176 couverts
01:09:47au restaurant Orange
01:09:48et 147 au restaurant Bleu,
01:09:52tous les clients des Transat
01:09:53ont rejoint leur place.
01:09:57L'une des raisons
01:09:58pour lesquelles Evelyne
01:09:58a augmenté ses prix,
01:10:00c'est qu'elle n'imagine pas
01:10:01désinfection des housses oblige.
01:10:04Relouer, comme à son habitude,
01:10:05ses matelas
01:10:06dès qu'un client s'en va.
01:10:07À 15h, en plage pleine,
01:10:10son chiffre d'affaires matelas
01:10:11ne devrait donc plus grimper.
01:10:14Mais c'était sans compter
01:10:15sur la créativité de ses plagistes.
01:10:18Petit rafraîchissement, les filles !
01:10:20Quel bonheur !
01:10:21Dont l'objectif habituel
01:10:23est de relouer au maximum.
01:10:25Il n'y a plus de Transat.
01:10:26Vous avez plus de Transat.
01:10:27J'en veux combien ?
01:10:28Sinon, tu vas les prendre au fond.
01:10:30Sans en informer leur patronne,
01:10:32ils vont prendre des initiatives
01:10:33pour gonfler les recettes
01:10:35et s'approcher
01:10:36de l'objectif d'Evelyne.
01:10:38C'est Victor,
01:10:38de la plage orange,
01:10:39qui ouvre le bal.
01:10:42Comment ça se fait
01:10:43que vous ayez une place de plus,
01:10:44là, Victor ?
01:10:44En fait, on est une rique.
01:10:45Réza qui s'est enlevée.
01:10:46Du coup, on a pu resserrer
01:10:47les Transat.
01:10:48Et du coup,
01:10:49on a eu 2 mètres
01:10:50de cadeau, là, pour nous.
01:10:52Victor excelle en Tetris.
01:10:54Et ce n'est pas tout.
01:10:55Vu la forte demande,
01:10:57il se lance aussi
01:10:58dans la relocation
01:10:59en évitant la désinfection.
01:11:01Là, du coup,
01:11:02le côté infecté,
01:11:03on le tourne
01:11:04pour avoir le côté propre
01:11:05pour les autres,
01:11:06pour les prochains clients.
01:11:07Donc, en fait,
01:11:07tu peux les louer 2 fois ?
01:11:08C'est ça, pas plus.
01:11:09Parce qu'après,
01:11:10il n'y a que 2 phases,
01:11:11du coup,
01:11:11on ne peut pas les retourner.
01:11:12Quand Evelyne découvre
01:11:17les astuces
01:11:17de ses employés...
01:11:19Les relocations,
01:11:20c'est les 2 filles
01:11:20et 2 messieurs...
01:11:21Sur le BED ?
01:11:22Oui.
01:11:23La patronne capitule.
01:11:24Parce qu'à la clientèle,
01:11:25ils veulent des 30 heures
01:11:26de journée.
01:11:27On peut dire non
01:11:27que ça soit sur quelques sous,
01:11:30mais c'est aussi pour les assistères.
01:11:30Les gens,
01:11:31ils sont contents.
01:11:32Non, mais il faudra
01:11:33être franc avec eux
01:11:34et dire voilà,
01:11:35la seule chose
01:11:35qu'on peut vous proposer,
01:11:36on n'a pas le temps
01:11:36de re-housser.
01:11:38Par contre,
01:11:39on vous le retourne,
01:11:40à vous de vous protéger.
01:11:41C'est pas très Covid, ça ?
01:11:43C'est moyennement Covid.
01:11:45Mais à la limite,
01:11:45c'est quelque chose
01:11:46qu'on pourra convenir
01:11:47sur les gros jours,
01:11:48c'est-à-dire,
01:11:49on pourra envisager
01:11:50vers 3-4 heures
01:11:51quand on aura de la libération
01:11:52en étant tout à fait franc
01:11:54avec le client.
01:11:55Après,
01:11:56ils prennent,
01:11:56ils prennent pas.
01:11:57Ça va être ça,
01:11:57cet été 2020 ?
01:11:59Je crois,
01:11:59ça va être beaucoup
01:12:00d'arrangements quand même
01:12:01parce qu'il y a besoin.
01:12:06Cette première grosse journée
01:12:07touche à sa fin
01:12:08et plus que jamais,
01:12:10la chef d'entreprise
01:12:11veut savoir
01:12:11si elle atteint son objectif
01:12:13de 19 000 euros
01:12:14de chiffre d'affaires.
01:12:15Elle se lance donc
01:12:16dans la tournée des caisses
01:12:17en commençant
01:12:18par la stratégique
01:12:19recette des matelas.
01:12:20Redis-moi,
01:12:21là,
01:12:21tu penses que t'en es
01:12:22à combien ?
01:12:233 000.
01:12:24Côté orange,
01:12:253 000 euros
01:12:25de location de Transat
01:12:27auxquels s'ajoutent
01:12:287 840 euros
01:12:29de restauration
01:12:30et 700 euros
01:12:31de snacks.
01:12:32Un bon score.
01:12:34Et côté bleu,
01:12:35les nouvelles aussi
01:12:36sont plutôt bonnes.
01:12:37Oui,
01:12:37oui,
01:12:37bon,
01:12:373 100,
01:12:39quoi,
01:12:39voilà.
01:12:39Avec ses deux dernières caisses.
01:12:41Tu sais à combien t'en es ?
01:12:42Plus 6 960.
01:12:45Au total,
01:12:46la patronne dépasse même
01:12:47son objectif
01:12:48de 19 000 euros.
01:12:49Elle atteint
01:12:5021 600 euros
01:12:51de chiffre d'affaires.
01:12:53On s'en est bien sorti
01:12:54et après,
01:12:55la compensation
01:12:55par rapport
01:12:56au tarif des plages,
01:12:58le fait d'avoir augmenté
01:12:59quand même les Transat
01:12:59nous a compensé
01:13:01un peu aussi
01:13:01le perte de place.
01:13:03Evelyne ne saute pas
01:13:04encore de joie
01:13:05car dans ce bilan,
01:13:06il reste une grande inconnue
01:13:08qui pourrait totalement
01:13:09plomber ses résultats.
01:13:10c'est l'augmentation
01:13:12de ses charges
01:13:13de personnel.
01:13:15Pose-les devant
01:13:16le banc.
01:13:17A cause du Covid,
01:13:18elle a recruté
01:13:19deux nouveaux plagistes.
01:13:21Elle va devoir payer
01:13:22beaucoup d'heures
01:13:23supplémentaires.
01:13:25Elle ne sait pas
01:13:26encore combien
01:13:26mais panique
01:13:28en découvrant
01:13:28ce soir par exemple
01:13:29l'ampleur de la tâche
01:13:31pour désinfecter
01:13:31les matelas.
01:13:33Non mais t'as vu
01:13:33la contrainte de malade ?
01:13:35La désinfection
01:13:36au pressing
01:13:36prend deux jours.
01:13:37Trop long pour Evelyne
01:13:38qui n'a pas assez
01:13:39de housses de rechange.
01:13:40Du coup,
01:13:41elle a besoin
01:13:42que ses plagistes
01:13:43désinfectent à la vapeur
01:13:44chaque soir
01:13:45la moitié de son stock.
01:13:48Moi je crois
01:13:48que pour 70
01:13:49on est bien
01:13:50facile
01:13:51une heure et demie
01:13:53de désinfection en fait.
01:13:55Une heure et demie
01:13:55par jour
01:13:56auxquelles s'ajouteront
01:13:57les heures
01:13:58pour désinfecter
01:13:59les tables,
01:14:00les chaises.
01:14:01Evelyne redoute
01:14:02une très mauvaise surprise
01:14:03lorsqu'elle fera
01:14:03ses payes de juillet.
01:14:06Sur une pleine saison
01:14:07on doit être
01:14:08sur les structures
01:14:09en général
01:14:09à peu près
01:14:10à 34-35%
01:14:13de frais de personnel.
01:14:14Là,
01:14:15on se dirige
01:14:15pas du tout
01:14:15vers ça.
01:14:17En temps normal,
01:14:19sur son chiffre d'affaires,
01:14:21elle paye donc
01:14:2135% de frais
01:14:22de personnel,
01:14:2430% de marchandises,
01:14:2630% de charges fixes
01:14:28et de réinvestissement
01:14:29et il lui reste
01:14:30environ 5%
01:14:31de bénéfices.
01:14:33Elle peut supporter
01:14:34jusqu'à 40%
01:14:35de charges de personnel,
01:14:36ce qui reviendrait
01:14:37à une année
01:14:38sans bénéfice
01:14:39mais craint
01:14:40que cela soit pire.
01:14:41Tant qu'on n'est pas
01:14:42en déficit,
01:14:43on l'acceptera.
01:14:44Mais on ne peut pas
01:14:44se permettre
01:14:45d'être en déficit.
01:14:45Si on est en déficit,
01:14:47comme on n'a pas
01:14:47un euro à foncer,
01:14:49on va prendre
01:14:49des décisions
01:14:50sur le reste
01:14:52du déroulement
01:14:53de la saison.
01:14:54Je ne sais pas encore.
01:14:56Je ne sais pas
01:14:56comment je pourrais
01:14:56limiter le personnel.
01:14:58Je n'ouvrirai qu'une partie
01:14:58du restaurant peut-être.
01:15:01J'offrirai moins de services
01:15:02peut-être sur la plage.
01:15:03Je ne sais pas.
01:15:04Mais on ne peut pas
01:15:04se permettre
01:15:05de créer du déficit.
01:15:06Ce n'est pas possible.
01:15:09Même en faisant le plein,
01:15:10Evelyne n'a donc pas encore
01:15:12trouvé l'équation gagnante.
01:15:13Cette saison si particulière
01:15:15va sans doute
01:15:15l'obliger à prendre
01:15:16des décisions difficiles.
01:15:20Gérer au plus juste
01:15:22sa masse salariale,
01:15:24c'est le nerf
01:15:24de la guerre cet été.
01:15:25Pour éviter le crash,
01:15:27certains ont préféré
01:15:27tailler dès le début
01:15:28dans leurs effectifs.
01:15:31En Ardèche,
01:15:32pour ce dernier week-end
01:15:33de juin,
01:15:34Sébastien et Patrick,
01:15:35eux, reprennent espoir.
01:15:37Alors,
01:15:37les sedans,
01:15:37pour les 24 km,
01:15:38je vous laisse commencer
01:15:39à donner les bidons
01:15:40sur le toit,
01:15:40s'il vous plaît,
01:15:41les petits,
01:15:41vous pouvez les garder
01:15:42sur vous à l'intérieur.
01:15:43Des dizaines de vacanciers
01:15:44se bousculent devant
01:15:45et à l'intérieur
01:15:46de leur boutique.
01:15:50Pour gérer
01:15:52un tel afflux de clients,
01:15:54Sébastien recrute
01:15:54habituellement
01:15:5516 saisonniers.
01:15:57Mais cette année,
01:15:58ils ne seront que 12.
01:15:59Il faut réduire les coûts.
01:16:01À la réception,
01:16:02ce manque de personnel
01:16:02a une conséquence directe.
01:16:04Les files d'attente
01:16:05s'allongent.
01:16:06En termes de distanciation,
01:16:07c'est compliqué
01:16:07à faire respecter là ?
01:16:09Après,
01:16:09tout est marqué au sol
01:16:10et du coup,
01:16:11les gens,
01:16:12en fait,
01:16:12ça continue
01:16:13plus vers la réception.
01:16:15On a fait tout ce qu'il fallait
01:16:16pour mettre
01:16:16les marquages.
01:16:17Après,
01:16:18si les gens ne les respectent pas,
01:16:19à un moment donné,
01:16:19on n'est pas des gendarmes.
01:16:22Sébastien a reçu
01:16:23près de 500 réservations
01:16:24pour ce seul samedi.
01:16:26Du jamais vu
01:16:26à cette période.
01:16:28D'autant plus
01:16:28qu'il y a quelques jours encore,
01:16:30il attendait le client.
01:16:33C'est un bateau double
01:16:34à un monoplace.
01:16:35Non, non, non,
01:16:37c'est pas possible aujourd'hui.
01:16:38S'il est arrivé
01:16:39à ce résultat,
01:16:40c'est qu'il a bénéficié
01:16:41de deux coups de pouce
01:16:42plutôt bienvenus.
01:16:43Pour aider
01:16:45les professionnels
01:16:45du tourisme
01:16:46dans cette période
01:16:47de crise,
01:16:48280 000 euros
01:16:49ont été débloqués
01:16:50cette année
01:16:50par le département
01:16:51de l'Ardèche
01:16:52pour mener
01:16:52une campagne
01:16:53de promotion
01:16:53sur toute la France.
01:16:55C'est 100 000 euros
01:16:56de plus que d'habitude.
01:16:58Parmi les cibles prioritaires,
01:16:59les Parisiens,
01:17:00avec de l'affichage
01:17:01dans le métro
01:17:01et dans les gares SNCF.
01:17:05Mais pour aller
01:17:06encore plus loin,
01:17:08Sébastien
01:17:08a sa propre technique.
01:17:10Qu'est-ce que je fais ?
01:17:10Je coupe pas.
01:17:11On arrive à 500, là.
01:17:13Pour obtenir
01:17:14ses 500 réservations,
01:17:16il a tout simplement
01:17:16boosté son site Internet.
01:17:19La veille
01:17:20de ce week-end chargé,
01:17:21il appelle son webmaster,
01:17:22Cédric.
01:17:23Ouais.
01:17:25Moi, j'ai relancé
01:17:25du budget, là,
01:17:26pour être tranquille.
01:17:27Ouais, j'ai vu.
01:17:28Après, ici,
01:17:29le lendemain matin,
01:17:30si tu vois qu'il y a
01:17:31un souci ou quoi,
01:17:34tu me passes
01:17:35un petit texte.
01:17:36Relancer du budget,
01:17:38en jargon informatique,
01:17:39cela signifie
01:17:40que Sébastien
01:17:41a payé.
01:17:41pour que sa location
01:17:42de canoë
01:17:43soit la mieux référencée
01:17:44sur les moteurs
01:17:45de recherche.
01:17:46C'est pas pourri, quoi.
01:17:47C'est-à-dire que si je tape
01:17:47canoë valon-pond d'arc,
01:17:50je vous trouve en premier ?
01:17:51Peut-être.
01:17:52Je sais pas.
01:17:53On peut regarder.
01:17:58Et bah ouais,
01:17:59voilà.
01:17:59En fait,
01:17:59quand on tape
01:18:00canoë valon-pond d'arc,
01:18:01là, on tombe en premier.
01:18:02Le premier
01:18:03sur les 25 loueurs
01:18:05du coin.
01:18:06Depuis le début
01:18:06de la semaine,
01:18:07Sébastien a misé
01:18:08plus de 500 euros
01:18:09de budget.
01:18:10une stratégie risquée
01:18:12qui consiste à payer
01:18:13pour avoir des clients.
01:18:15Pari gagnant
01:18:15pour Sébastien
01:18:16qui songe même
01:18:16à mettre en veille
01:18:17ses réservations en ligne,
01:18:19une initiative inimaginable
01:18:20il y a encore quelques jours.
01:18:21Là, on en arrive au point
01:18:23où ça a tellement bien marché
01:18:24qu'on hésite
01:18:25à couper le site internet
01:18:27puisqu'en fait,
01:18:28nous, au bout d'un moment,
01:18:28on ne pourra plus louer le bateau
01:18:29puisqu'on n'en aura plus, quoi.
01:18:30Mais il faut pouvoir aussi
01:18:31satisfaire la clientèle
01:18:32qui passe devant nous.
01:18:33C'est pour ça que nous,
01:18:34en Résa en ligne,
01:18:35on ne va pas au maximum
01:18:36de ce qu'on peut prendre.
01:18:37Il faut dire
01:18:38que la clientèle de passage
01:18:39paye le tarif plein pot
01:18:4110% de plus
01:18:43que les réservations en ligne.
01:18:44A ce stade,
01:18:47il s'est déjà assuré
01:18:488000 euros de chiffre d'affaires
01:18:49grâce à sa stratégie web.
01:18:52Mais avec cette clientèle de passage,
01:18:54il sait qu'il peut faire plus.
01:18:55Et pour ça,
01:18:56il peut compter
01:18:57sur son associé Patrick.
01:19:00On est toujours sûr,
01:19:00on est toujours sûr,
01:19:01c'est sûr,
01:19:02parce que là,
01:19:03on ne peut plus reculer maintenant.
01:19:04En bloc,
01:19:05c'est 20,
01:19:06on remue,
01:19:06tu me fais un aller-retour.
01:19:07Sa première mission,
01:19:09fluidifier le trafic
01:19:10pour pouvoir absorber
01:19:11l'arrivée des nouveaux clients.
01:19:13Vous êtes combien de personnes
01:19:14en total ?
01:19:14Vous, vous étiez combien ?
01:19:17Six, allez-y,
01:19:17vous pouvez commencer à rentrer.
01:19:20Il reste 4 places
01:19:21et 4 personnes qui sont prêtes.
01:19:23Donc à faire,
01:19:23autant optimiser le bus
01:19:25un maximum,
01:19:26puisqu'on a le droit
01:19:26maintenant d'utiliser
01:19:27toutes nos places,
01:19:28tout en étant masqués,
01:19:29bien sûr.
01:19:29Ou sur la planche du stop 9.
01:19:31Il veille aussi
01:19:31à la disponibilité des canoës
01:19:33pour les clients de passage.
01:19:35Alors quand une touriste
01:19:36menace de laisser son embarcation
01:19:38au bord de la rivière,
01:19:39Patrick la rappelle à l'ordre.
01:19:40Eh bien, je suis désolé,
01:19:42mais calmez-vous
01:19:43et puis vous allez
01:19:44le récupérer après.
01:19:45Je suis désolé, madame,
01:19:46vous êtes en train
01:19:46d'abandonner mon bateau.
01:19:48Un abandon de bateau,
01:19:49vous pouvez regarder
01:19:49sur le contrat de location,
01:19:50un abandon de bateau,
01:19:51c'est un coup.
01:19:53Aller la chercher
01:19:54au milieu des gorges
01:19:55mobiliserait un de ses salariés
01:19:56plus d'une heure.
01:19:57Et aujourd'hui,
01:19:58il ne peut pas se le permettre.
01:20:00Non mais à pied !
01:20:01Et je fais comment, madame ?
01:20:05Je ne peux pas venir
01:20:05pour vous faire traverser
01:20:06la rivière,
01:20:07il va falloir la traverser
01:20:08toute seule.
01:20:09Dernière mission,
01:20:10mais pas des moindres,
01:20:12s'assurer que son parking
01:20:13reste toujours disponible
01:20:14pour de potentiels
01:20:15nouveaux clients.
01:20:16Excusez-moi,
01:20:18vous allez ?
01:20:19Parce que vous êtes
01:20:20garé sur le parking là ?
01:20:21Oui.
01:20:21C'est celui d'Aigvive
01:20:22et vous êtes
01:20:23chez quel loueur ?
01:20:24Je vous laisse prendre
01:20:25votre voiture
01:20:25et vous garer chez eux.
01:20:26Chaque loueur a son parking
01:20:27privé, monsieur.
01:20:28Je suis désolé.
01:20:29Je suis désolé,
01:20:30c'est comme ça
01:20:30que ça se passe.
01:20:31Merci pour votre compréhension
01:20:32et bon week-end en tout cas.
01:20:33Merci.
01:20:34Ça arrive souvent, ça ?
01:20:35Tout le temps.
01:20:36Tout le temps.
01:20:38Et ça, ça a un peu...
01:20:39Ça me met un peu les boules.
01:20:41Parce que c'est bien marqué.
01:20:42Aigvive, Aigvive.
01:20:43Ils vont laisser la mer d'Aigvive
01:20:44et ils se garent chez Aigvive.
01:20:45Donc bon, voilà.
01:20:48Dans cette zone ultra concurrentielle,
01:20:50la moindre place de stationnement
01:20:52vaut de l'or.
01:20:53Et en particulier ce week-end,
01:20:54car les autres loueurs,
01:20:56eux aussi,
01:20:56profitent du retour massif
01:20:58des touristes.
01:20:59L'autoroute à canoë
01:21:00a retrouvé toutes ses couleurs.
01:21:02Une pour chaque loueur.
01:21:06Mais la stratégie de Patrick
01:21:08a été gagnante.
01:21:09Le rose l'emporte.
01:21:11Au final,
01:21:12les deux associés
01:21:12parviennent à dépasser
01:21:13très largement
01:21:14leur objectif,
01:21:15avec plus de 12 500 euros
01:21:17de chiffre d'affaires.
01:21:20Ça s'est bien passé ?
01:21:21Ça s'est bien, merci.
01:21:23Oui, allez.
01:21:23Mais pas question pour eux
01:21:24de relâcher la pression.
01:21:26La saison ne fait que commencer
01:21:27et Sébastien craint
01:21:28plus que jamais
01:21:29un revirement de situation.
01:21:32De toute façon,
01:21:33on ne rattrapera pas.
01:21:34Il ne faut surtout pas
01:21:35se mettre dans l'idée
01:21:36de calquer cette saison-là
01:21:37sur une saison antérieure
01:21:38parce qu'elle ne sera pas...
01:21:40Il ne faut pas regarder
01:21:40les chiffres, en fait.
01:21:41Le seul objectif,
01:21:42c'est d'arriver au bout
01:21:43en travaillant régulièrement,
01:21:45correctement
01:21:45et en faisant des économies
01:21:47à tous les niveaux
01:21:47pour que ça tienne.
01:21:50Avec désormais
01:21:51100 000 euros
01:21:52de pertes cumulées,
01:21:53Sébastien sait
01:21:54qu'il est encore loin
01:21:55d'avoir sorti
01:21:56la tête de l'eau.
01:21:59En ce début juillet,
01:22:01avec les vacances scolaires
01:22:02qui démarrent,
01:22:03un nouveau défi
01:22:04attend les professionnels
01:22:05du tourisme.
01:22:06comment conjuguer
01:22:08les contraintes sanitaires
01:22:09et le retour massif
01:22:10des vacanciers.
01:22:11Et surtout,
01:22:12comment rester serein
01:22:13alors qu'une nouvelle vague menace.
01:22:16C'est mon cauchemar,
01:22:17ça serait d'être reconfiné.
01:22:19Dans son restaurant
01:22:20à Toreille,
01:22:21Christophe fait désormais
01:22:22le plein.
01:22:23Il ne me reste que deux chaises
01:22:24pour que je ne peux pas mettre...
01:22:25Mais son nouveau problème,
01:22:26c'est la main-d'oeuvre.
01:22:27Rares sont les saisonniers
01:22:28capables de tenir le rythme
01:22:30tout en se pliant au protocole.
01:22:32La saison est loin d'être gagnée.
01:22:43Même constat
01:22:43pour les entrepreneurs
01:22:44Alex et Enzo.
01:22:46Alors que tous les glaciers
01:22:47concurrents
01:22:48commencent à faire le plein,
01:22:49ils se démènent
01:22:50pour faire avancer
01:22:51le chantier
01:22:51de leur premier point de vente.
01:22:53Le 15 juillet,
01:22:54ça fera déjà un mois
01:22:55de loyer payé
01:22:56mais sans activité
01:22:57à l'intérieur.
01:22:58Donc oui,
01:22:58il faut commencer
01:22:59à y aller là.
01:23:01Le chantier,
01:23:02a pris trois semaines
01:23:03de retard
01:23:03et chaque jour sans ouvrir
01:23:05leur fait perdre 2 000 euros.
01:23:07Arriveront-ils
01:23:08à atteindre leur objectif
01:23:09de 80 000 euros
01:23:10de glace vendue cet été ?
01:23:12Au camping du Cap d'Agde,
01:23:16les vacanciers sont de retour.
01:23:17Pour les gens
01:23:18qui veulent faire
01:23:18un petit peu d'aquagime,
01:23:20c'est maintenant !
01:23:22Malgré l'affluence,
01:23:23pour Jean-Marie,
01:23:24le compte n'y est pas.
01:23:26Nos affaires seront
01:23:27pas viables dans la durée
01:23:29si ça continue comme ça.
01:23:30juillet et août
01:23:31seront déterminants
01:23:33car ce sont 80%
01:23:34du chiffre d'affaires
01:23:35du camping
01:23:36qui se jouent.
01:23:37Avec le masque,
01:23:38écoute,
01:23:39voilà,
01:23:39ça donne un côté Spiderman,
01:23:40c'est excellent !
01:23:41Et tu chantes,
01:23:42chantes, chantes !
01:23:43C'est le refrain
01:23:43qui te plaît !
01:23:45Pour les professionnels
01:23:46du tourisme,
01:23:47le rush estival
01:23:48sera-t-il encore placé
01:23:49sous le signe du virus ?
01:23:51Survivront-ils tous
01:23:52à cette crise
01:23:53sans précédent ?
01:23:54Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:24Les restaurants éphémères
01:24:39sont construits
01:24:39juste pour la saison estivale
01:24:41tout le long de cette plage.
01:24:43Ils ouvrent en général
01:24:44début avril.
01:24:46Mais ce jour-là,
01:24:48alors que les restaurants
01:24:49n'ont pas le droit d'ouvrir,
01:24:51seul un état...
01:24:523 000 euros de plomberie,
01:24:5510 000 euros d'électricité,
01:24:57auxquels il faut ajouter
01:24:58l'achat des matériaux.
01:25:00Plus 14 000 euros
01:25:02de concessions
01:25:02payées chaque année
01:25:03à la ville
01:25:04pour pouvoir exploiter
01:25:05ces 700 mètres carrés
01:25:06de plage.
01:25:07La facture est salée,
01:25:09mais Christophe n'a pas le choix.
01:25:11Les plus fréquentés
01:25:12ne seront pas épargnés.
01:25:14Comme par exemple
01:25:15à la Ciotat,
01:25:16dans les Bouches-du-Rhône.
01:25:18160 mètres de business
01:25:19composés de 3 snacks,
01:25:22mais surtout
01:25:23de 2 immenses restaurants
01:25:24qui totalisent 210 couverts.
01:25:27Il y a la vague,
01:25:28en bleu,
01:25:29pour un public familial
01:25:30et le mal,
01:25:31Evelyne loue
01:25:32jusqu'à 280 mètres
01:25:33là par jour.
01:25:35J'ai envie de savoir
01:25:36quand je vais pouvoir travailler.
01:25:38Réellement.
01:25:39la patronne n'en peut plus
01:25:42d'attendre.
01:25:44En Ardèche,
01:25:45à Vallon-Pont-d'Arc,
01:25:47Sébastien est justement
01:25:48en train de passer
01:25:48à côté d'un de ses plus
01:25:49gros week-ends.
01:25:50Le soleil semble abandonné,
01:25:52vidé de ses vacanciers
01:25:53et de ses employés.
01:25:54Plus de 3 millions d'euros.
01:25:56Mais...
01:25:57Evelyne,
01:25:58la restauratrice,
01:25:59a invité un...
01:26:00La patronne de la grande plage
01:26:02ne va pas traîner.
01:26:03Oui, là !
01:26:04A Toreille,
01:26:05près de Perpignan.
01:26:07Après 2 mois
01:26:07de travaux intensifs,
01:26:09Christophe...
01:26:10Au Cap d'Agde,
01:26:11le soleil recommence
01:26:12à briller.
01:26:14Les appels de clients
01:26:15affluent à...
01:26:15Et y encore
01:26:16beaucoup de travail.
01:26:18Alors,
01:26:19les 23...
01:26:20Et les choses sérieuses
01:26:21commencent aujourd'hui,
01:26:23le 2 juin 2020.
01:26:25Règle de distanciation
01:26:27la prive au final
01:26:27ce matin
01:26:28de 70 transats.
01:26:30Soit environ 70 000 euros
01:26:32de manque à gagner
01:26:32d'ici la fin de la saison.
01:26:35Chez Sébastien,
01:26:37le loueur de canoë
01:26:38en a...
01:26:38Bilan de ce premier samedi,
01:26:402 500 euros.
01:26:42C'est la moitié
01:26:42de son objectif.
01:26:44Mais le lendemain,
01:26:45week-end,
01:26:47les deux associés
01:26:47auront engrangé
01:26:48moins de 3 000 euros.
01:26:50C'est 30% de moins que...
01:26:52Sur la plage de Toreille,
01:26:54Christophe aussi se bat
01:26:55pour la surdoie
01:26:56de tout mettre en oeuvre
01:26:57pour atteindre son objectif
01:26:58de 3 000 euros.
01:26:59Ouvrir à tout prix,
01:27:03le plus vite possible,
01:27:05même au total
01:27:06270 000 euros par an.
01:27:08Une ressource assurée
01:27:09pour Jean-Marie le patron.
01:27:10Les recettes de cette journée
01:27:11d'ouverture
01:27:12s'élèvent à 1 450 euros.
01:27:14Bien en dessous
01:27:15de ce que Jean-Marie
01:27:16a dépensé
01:27:17pour faire tourner
01:27:18son camping.
01:27:20En ouvrant ce jour-là,
01:27:21il perd environ 3 000 euros.
01:27:22Si on fait un très bon mois de juillet
01:27:26et un très bon mois d'août,
01:27:28on rentrera dans nos frais.
01:27:29Mais les prévisions actuelles
01:27:31font que si on en reste
01:27:33aux réservations que nous avons,
01:27:36on va perdre de l'argent
01:27:38et il nous manquera
01:27:39à peu près 300 000 euros
01:27:41fin septembre.
01:27:45Un peu plus à l'est,
01:27:46à la Ciotat.
01:27:48Les nouvelles.
01:27:49Le problème,
01:27:49c'est que depuis des jours,
01:27:51elles plafonnent à 210,
01:27:52au lieu des 280 habituels,
01:27:55de 210 à 240 matelas.
01:27:57Elles ajoutent 7 840 euros
01:27:59de restauration
01:28:00et 700 euros de snacks.
01:28:02Un bon score.
01:28:04Et côté bleu,
01:28:05les 19 000 euros.
01:28:06Elle atteint 21 600 euros
01:28:08de chiffre d'affaires.
01:28:10On s'en est bien.
01:28:11En Ardèche,
01:28:12pour ce dernier week-end de juin,
01:28:14Sébastien est pas à ce stade.
01:28:16Il s'est déjà assuré
01:28:178 000 euros de chiffre d'affaires
01:28:18grâce à sa stratégie web.
01:28:20Mais avec cette clientèle,
01:28:22avec désormais 100 000 euros
01:28:24de pertes cumulées,
01:28:26Sébastien sait qu'il est encore loin
01:28:27d'avoir sorti la tête de l'eau.
01:28:29C'est celui que vous les posez juste devant là.
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