Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et c'est toujours un plaisir de vous retrouver pour les informer en direct jusqu'à 9h30 sur France Info Radio et sur le canal 16 de la TNT France Info Télé.
00:08Bonjour Renaud Delis. Bonjour Sainia. Et bonjour à nos informés du jour qui sont au nombre de trois.
00:13Stéphanie Despierre, journaliste politique LCP. Bonjour Stéphanie. Bonjour.
00:16A vos côtés Thomas Hoffnung, chef du service Monde à la Croix. Bonjour Thomas. Bonjour Sainia.
00:21Christian Chénault est là aussi, journaliste à la rédaction internationale de Radio France. Bonjour Christian.
00:26Bonjour. Renaud Delis, évidemment, on commence tout de suite par la guerre entre Israël et l'Iran.
00:30Qui a continué de s'intensifier tout au long du week-end. Israël a élargi son offensif géographiquement d'ailleurs.
00:36Et puis aussi les cibles, c'est toujours des cibles militaires, nucléaires, mais aussi par exemple des dépôts de carburant.
00:41Des dizaines d'explosions ont retenti à Téhéran et qui ont fait des victimes, y compris d'ailleurs dans l'état-major qui continue d'être décimé par Israël.
00:49Et puis de leur côté, les Iraniens ont continué d'envoyer des missiles sur Israël.
00:55Des centres urbains, Tel Aviv, le port de Haïfa, ont été touchés avec là aussi des victimes civiles.
01:0217 civils au total ont été tués en Israël depuis le début de ce conflit.
01:06Alors pourquoi est-ce que ce conflit a éclaté ? Quels sont les intérêts ?
01:12S'agit-il en quelque sorte d'une guerre existentielle pour Israël d'une part et pour l'Iran d'autre part ?
01:18On voit ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau, votre invité Dominique Moisy, qui est géopolitologue, conseiller spécial de l'Institut Montaigne.
01:27Dans le cas d'Israël, ils disent nous ne pouvons pas vivre avec la menace de l'arme absolue possédée par un régime avec l'idéologie absolue à nos côtés.
01:38Et d'ailleurs depuis 20 ans, les Iraniens disent qu'ils veulent mettre fin à l'antité sioniste.
01:46Du côté iranien, ce n'est pas le pays qui est en jeu, c'est le régime.
01:51Et donc c'est l'idée que le régime ne peut pas survivre à une défaite absolue.
02:01Depuis le début de la guerre de Gaza, l'axe de résistance de l'Iran a été considérablement affaibli.
02:11Donc il y a un rapport de force qui est incontestablement en faveur d'Israël.
02:16Alors jusqu'où peut aller aujourd'hui cette guerre ? Jusqu'où l'escalade ?
02:19Quels sont les véritables buts de guerre d'ailleurs d'Israël ?
02:22La destruction du potentiel nucléaire, de la menace nucléaire iranienne ?
02:27Et puis du côté iranien, jusqu'où le régime est-il affaibli ? Est-il menacé ?
02:32Et puis, toute dernière question, c'est loin d'être la seule bien sûr, mais est-ce qu'on est parti pour une guerre longue ?
02:38Ou peut-il y avoir un moment ou un autre ?
02:40Peut-on voir émerger une initiative, une médiation diplomatique susceptible de ramener la paix ?
02:47Christian Chéneau, Dominique Moisy disait à l'instant que le rapport de force est en faveur d'Israël.
02:51Ça veut dire que la guerre peut continuer encore un petit moment ?
02:54Elle va continuer encore plusieurs jours, ça c'est sûr, parce que là on est dans un épisode guerrier intense, on se rend coup pour coup, Israël a attaqué l'Iran, l'Iran se défend.
03:06Ce qui est troublant, c'est qu'effectivement, on pensait que les défenses iraniennes étaient complètement annihilées, notamment en termes de missiles,
03:13parce que les Israéliens ont quand même beaucoup détruit des radars, des missiles, etc.
03:17Et on voit bien que maintenant, l'Iran est en train de passer à la vitesse supérieure.
03:20Et les attaques avec des missiles hypersoniques font vraiment des dégâts très importants en Israël.
03:26C'est ça, ils font des dégâts malgré le dôme de fer en Israël.
03:28Ce qui veut dire que le dôme de fer, bon, aucun système au monde n'est fiable à 100%.
03:32Mais là, effectivement, on voit qu'il y a quand même beaucoup de trop dans la raquette.
03:36Donc c'est un peu inquiétant du côté israélien.
03:38De l'autre côté, on voit bien qu'Israël va aussi continuer ses frappes.
03:41Alors, le problème, c'est pour quel but ?
03:43Ils ont déjà frappé les sites nucléaires, Ispahan, Natanz et Fordo,
03:47sachant aussi qu'il y a des inspecteurs de l'AIEA sur place.
03:51Pour l'instant, c'est des dégâts mineurs, en tout cas en surface.
03:54Les Israéliens n'ont pas réussi à frapper en profondeur le programme nucléaire.
03:58Pardon, mais juste en passant comme ça, c'est hyper dangereux.
04:00Parce qu'on s'inquiétait que la Russie frappe la centrale de Saporizhia en Ukraine.
04:05Mais là, on peut avoir peur aussi ?
04:07Non seulement on peut avoir peur, mais Raphaël Grossi, le patron de l'AIEA, a déclaré
04:11qu'on ne doit jamais frapper un site nucléaire dans aucune circonstance que ce soit.
04:17Donc oui, là, on est en train de franchir des lignes rouges.
04:20Pour l'instant, c'est simplement, encore une fois, la surface du programme nucléaire qui a été touché.
04:25Parce qu'il faut rappeler, Natanz et Fordo, c'est des sites enterrés.
04:28Notamment Fordo, qui est un peu le joyau de la couronne.
04:32C'est plus de 100 mètres sous terre, sous du granit, dans une montagne.
04:34Donc là, effectivement, c'est difficilement accessible.
04:36Et c'est là, d'ailleurs, où les Iraniens produisent l'uranium le plus enrichi, hautement enrichi.
04:41Donc c'est vrai qu'on n'en est pas encore là, mais on est dans une phase encore très dure.
04:45De l'autre côté, du côté des Iraniens, Thomas, effectivement, des hauts gradés ont été abattus,
04:50le chef du renseignement.
04:52Et il y a eu aussi la volonté d'un plan, il y avait un plan israélien pour supprimer le guide suprême.
04:59Oui, on a vu que les Américains, apparemment, s'y sont opposés.
05:02Donc ce qui montre aussi l'étroite coordination qu'il peut y avoir entre les Américains et les Israéliens.
05:07Parce que c'est toujours une question.
05:08On se demande toujours si on a l'impression que Trump voulait un accord avec les Iraniens.
05:11Les Israéliens attaquent.
05:12Que dit Trump ?
05:13Il joue un peu sur les deux tableaux.
05:15Est-ce qu'il laisse un peu la bride sur le cou pour les Israéliens,
05:17pour affaiblir suffisamment les Iraniens,
05:19pour qu'ensuite ils reviennent à la table des négociations et signent un accord ?
05:23Et capitulent d'une certaine manière.
05:25C'est peu probable, on sent ce que dit Christian,
05:27que les Iraniens vont tenter de résister un maximum.
05:29En tout cas, ils ont des moyens.
05:31C'est vrai qu'ils ont beaucoup d'armement.
05:33Il faut se souvenir que les Iraniens fournissent d'ailleurs des armes aux Russes.
05:36Donc ça prouve que leurs machines de guerre fonctionnent à plein,
05:39qu'ils ont de quoi faire.
05:40Mais comme vous l'avez dit, je pense qu'il y avait plusieurs axes du côté israélien.
05:44Viser les sites et également décapiter la chaîne de commandement,
05:48ce qui désorganise complètement la riposte iranienne.
05:51Ce qui prouve aussi cette fuite concernant le sort de Ali Khamenei,
05:54ça prouve à quel point les Israéliens sont bien renseignés et ça peut créer une sorte de mouvement de panique au sein du régime iranien.
06:03Avec l'hypothèse aussi de division interne au sein du régime.
06:05C'est-à-dire qu'on voit aussi que la capacité de renseignement d'information des services israéliens
06:09repose sur un régime qui s'est quand même considérablement affaibli ces derniers mois, ces dernières années,
06:15en particulier depuis le 7 octobre,
06:17avec au préalable avant cette offensive israélienne,
06:20l'élimination quasiment du Hezbollah,
06:21la chute d'Assad en Syrie,
06:24l'affaiblissement des Houthis, etc.
06:26Donc tous les fameux proxys iraniens.
06:28C'est pour ça aussi que, en quelque sorte,
06:30Benyamin Netanyahou a choisi le bon moment à ses yeux pour s'attaquer à l'Iran.
06:35Et puis juste un autre point qui a été évoqué tout à l'heure par Dominique Moïse sur ce plateau,
06:39c'est que d'un côté le régime iranien considère que l'arme nucléaire est la garantie de sa survie, en quelque sorte.
06:47Et de l'autre côté, c'est peut-être ce que vise l'offensive actuelle avec le soutien de fait des États-Unis,
06:54c'est d'expliquer au régime que s'il veut survivre, justement, il ne doit pas se doter de l'arme nucléaire.
07:00Donc c'est peut-être aussi l'objectif conjoint des Israéliens et des Américains
07:05que d'affaiblir au maximum l'Iran jusqu'à ce que le régime considère que pour sa survie,
07:12il a intérêt à revenir à la table des négociations.
07:15On n'en est pas là, loin de là, bien sûr, car ce conflit est parti pour durer.
07:18Christian ?
07:18Sauf que ce que disait l'ambassadeur d'Iran ce matin, c'est que l'Iran n'a pas quitté la table des négociations.
07:22Oui.
07:22C'est, d'abord, il y avait...
07:24Le fait si, parce que les négociations étaient supposées reprendre en Manne et l'Iran...
07:27Non, c'est-à-dire qu'il y avait une sixième session qui était prévue.
07:31Les Américains l'ont reportée à hier et, évidemment, après il y a eu des bombardements.
07:36Mais eux, évidemment, sont prêts à revenir, mais pas sous les bombardements.
07:39Et après la négociation, quelle sera la négociation ?
07:41Est-ce qu'on tolère, finalement, le cœur du sujet, c'est est-ce que l'Iran a le droit d'enrichir ?
07:48Et les Israéliens disent non, ils veulent un scénario à la Libyenne.
07:52Et jusqu'à présent, les Américains étaient très durs là-dessus, ils voulaient un zéro enrichissement.
07:56Et donc, on est... Est-ce qu'on va permettre un enrichissement pacifique, en tout cas civil, pour les Iraniens ?
08:00Les Iraniens disent depuis le début, nous, on respecte tout ce qu'on a signé.
08:03Voilà, et ils disent, nous, on veut négocier, on a les inspecteurs de l'IA sur place.
08:08Et donc, nous, on est prêts à reprendre un dialogue, mais évidemment pas sous les bombes.
08:11Un mot quand même sur la position des Occidentaux, qui appellent tous à la désescalade, comme Emmanuel Macron.
08:16Mais qui soulignent aussi le droit de se défendre pour Israël.
08:24Oui, Emmanuel Macron, dans sa première réaction vendredi, appelle à désescalade,
08:29mais dit, nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran posséderait la bombe nucléaire.
08:32Donc, c'est une forme de soutien entre les lignes à l'action d'Israël.
08:38Et c'est vrai qu'Israël, on l'a vu, a des capacités de frappe énormes, de renseignements énormes.
08:44Et les Occidentaux appellent à la paix, mais ils savent très bien que si Israël réussit à au moins ralentir de quelques mois
08:53l'enrichissement nucléaire et l'acquisition d'une bombe nucléaire, ce sera déjà ça.
08:58Même si, évidemment, ils ne peuvent pas afficher un soutien clair.
09:01Et quand on demande à Emmanuel Macron si la France, par exemple, a participé à la défense d'Israël,
09:07il dit non, mais parce qu'on ne nous l'a pas demandé.
09:10Donc, il laisse aussi la porte ouverte à un soutien plus direct de protection du territoire israélien.
09:14Clairement, est-ce qu'Israël est en train de faire ce que les Occidentaux aimeraient pouvoir faire,
09:19à savoir, effectivement, empêcher tout programme d'enrichissement en Iran ?
09:23Quand je dis les pays occidentaux, mais aussi les pays arabes, c'est ce que nous disait Dominique Moïzy,
09:27les pays qui sont autour de l'Iran, ils n'ont pas envie aussi que l'Iran obtienne la bombe nucléaire ?
09:33Je pense qu'effectivement, personne, me semble-t-il, dans la région ne souhaite que l'Iran et la bombe nucléaire.
09:38On pense à l'Arabie saoudite, qui est la grande puissance rivale.
09:41C'est vrai qu'un Iran doté de la bombe nucléaire et qui menace l'existence d'Israël,
09:46d'user de la bombe atomique si besoin, c'est quand même extrêmement inquiétant pour tout le monde.
09:51Alors, d'un côté, on négocie avec les négociations, le processus avec les cinq pays, les États-Unis, etc.
09:57Et puis, de l'autre, on se dit, si jamais ça ne marche pas, et si Israël décide de passer à l'action,
10:01c'est vrai qu'on ne condamne pas explicitement Israël en se disant,
10:05peut-être qu'effectivement, Israël va faire le sale boulot, mais que ça sera réglé d'une certaine manière.
10:11Christian ?
10:11Effectivement, personne ne veut la bombe iranienne, mais tout le monde veut une des escalades et une négociation.
10:15C'est ça.
10:16Et là, c'est vrai que Netanyahou, en attaquant l'Iran, fait exploser les négociations.
10:20Donc, à partir du moment où il y avait un processus, d'ailleurs, qui avait mené un accord en 2015,
10:24qui était approuvé par l'ensemble de la communauté internationale et qui marchait.
10:27Je rappelle aussi, par exemple, qu'il y avait ce fameux réacteur d'Arak à eau lourde,
10:32grâce au GCPOA, il a été gelé, il y a une chape de plomb au-dessus, il a été dénucléisé.
10:37Mais c'est pour ça qu'il y a plusieurs géopolitologues qui disent, on est en train d'insister à un légicide,
10:41c'est-à-dire que là, Israël fait des frappes préventives, alors qu'en fait, il y a, en dehors du droit international,
10:47alors que rien...
10:49À Israël, l'Iran, par exemple, ne s'est pas soumis, quand même, à toutes les demandes qui étaient en cours,
10:54elle a aussi gagné du temps au fil des institutions en cours, et les fameux 60 jours avec l'infrastructure, etc.
10:58Et puis, ils ont même menacé de refaire un site supplémentaire, de mettre des frais centrifugeux 6ème génération.
11:03Donc, il y avait une vraie menace.
11:04Mais ce que je veux dire, le choix, c'est, effectivement, la guerre ou la négociation.
11:07Et c'est vrai que les pays arabes, quand on parle de la région, et même les occidentaux,
11:10aimeraient plus une négociation.
11:12Encore une fois, le désespoir a marché.
11:14Les trois premières années, jusqu'au moment où Trump déchirait l'accord,
11:18l'Iran respectait, dans la lettre et dans la forme, les accords.
11:22Donc, c'est vrai que maintenant, à partir du moment où les Américains ont déchiré l'accord,
11:27il y a des négociations qui sont plus difficiles,
11:29qui sont d'ailleurs entre Américains et Iraniens de manière indirecte.
11:33Alors, on peut garder une porte sur la négociation.
11:36Là, effectivement, on est en pleine guerre, donc forcément, on ne va pas parler de négociation.
11:39Mais c'est vrai qu'on ne voit pas aussi non plus le but de guerre des Israéliens,
11:43parce qu'évidemment, il y a le nucléaire, ils sont en train de le frapper,
11:46ils ne pourront pas le détruire complètement.
11:48Le changement de régime, c'est difficile.
11:50On n'a pas un régime avec des avions.
11:52Ça, c'est jamais vu.
11:53Donc, à un moment donné, il y a une forme d'impasse.
11:55C'est-à-dire qu'il faut trouver, à un moment donné, une sortie,
11:57et elle ne pourra être que diplomatique, une espèce d'accord.
11:59Peut-être les grandes puissances, les Américains, les Russes,
12:02qui veulent peut-être jouer le rôle de médiateurs.
12:04Enfin, voilà.
12:05À un moment donné, il faudra bien sortir par le haut.
12:06On va suivre la situation, évidemment, heure par heure, sur France Info.
12:11Il est 9h18, c'est l'heure du fil info de Maureen Sunniar.
12:15Cela fait un peu plus d'une heure que l'épreuve a commencé.
12:17La première épreuve écrite du bac général et technologique,
12:21comme tous les ans, c'est la philosophie.
12:23Plus de 530 000 candidats ont dû choisir entre le commentaire de texte et la dissertation.
12:28Le bilan s'alourdit en Israël.
12:30Au moins huit morts ces dernières heures, dont des frappes iraniennes.
12:33L'escalade entre les deux pays se poursuit.
12:35Le président iranien appelle à l'unité dans le pays,
12:38alors que plusieurs responsables ont été tués.
12:40Dernièrement, le chef du renseignement des gardiens de la révolution,
12:44les frappes israéliennes en Iran ont fait au moins 224 morts
12:48et des milliers de blessés depuis vendredi.
12:50Les dirigeants des pays du G7,
12:51les sept plus grandes puissances économiques du monde,
12:53se retrouvent aujourd'hui au Canada.
12:55Ces questions géopolitiques seront à l'ordre du jour.
12:58Le président ukrainien sera aussi présent
13:00pour tenter de convaincre le chef d'État américain
13:02de sanctionner plus fortement la Russie.
13:04Un centimètre de plus pour Armand Duplantis.
13:08Le perchiste suédois améliore une nouvelle fois son record
13:10et monte et porte ce record à 6,28 m.
13:14C'est la première fois qu'il bat son record devant son public à Stockholm.
13:17France Info
13:21Les informés, Renaud Deli, Salia Brachia.
13:29Et les informés continuent avec Stéphanie Despierre,
13:31journaliste politique à LCP,
13:32Thomas Hoffnung, chef du service Monde à La Croix.
13:35Christian Chlenault, je vous libère.
13:37Merci.
13:37Puisqu'on va parler du Parti Socialiste maintenant.
13:39Une autre guerre.
13:41Voilà, il y a d'autres petits conflits en interne.
13:43Effectivement, Renaud Deli, parce qu'il y a eu le congrès ce week-end.
13:46Le congrès de Nancy des socialistes s'est déroulé ce week-end.
13:49Et les socialistes ont continué de se diviser sur un sujet en particulier,
13:53leur relation avec les insoumis.
13:54Il n'y a d'ailleurs pas eu de synthèse, comme on dit,
13:57à l'issue de ce congrès.
13:59Parce qu'Olivier Faure a refusé d'acter,
14:01je cite une phrase proposée par ses concurrents au sein du PS,
14:05« Il n'y aura plus d'accord national et programmatique aux législatives
14:08pour gouverner ensemble avec la France insoumise ».
14:11Donc Olivier Faure, qui est reconduit à son poste de premier secrétaire,
14:13a refusé d'enteriner cette décision.
14:17Et pendant ce temps-là, le député socialiste Jérôme Gage,
14:19lui, a mis les pieds dans le plat.
14:21Il a traité Jean-Luc Mélenchon, je le cite,
14:23de « salopard antisémite ».
14:25Jean-Luc Mélenchon, qui l'a, dit-il d'ailleurs,
14:27servi et aimé profondément pendant plus de 20 ans.
14:29Ils étaient très proches.
14:30Mais le chef des Insoumis a ciblé à plusieurs reprises
14:33Jérôme Gage en le renvoyant à sa confession vive
14:36à propos du conflit au Proche-Orient.
14:39Ces accusations d'antisémitisme qui visent de façon récurrente
14:42Jean-Luc Mélenchon et un certain nombre de dirigeants
14:44de la France insoumise,
14:45visiblement le premier secrétaire du PS, Olivier Faure,
14:48en a marre d'en entendre parler au sein du PS.
14:51Il préférait changer de sujet.
14:52Voici ce que disait Olivier Faure hier
14:53lors de son discours au Congrès de Nancy.
14:56« Je confesse que je ne m'interroge pas chaque matin
15:00sur ce que dit, pense, tweet Jean-Luc Mélenchon. »
15:05Alors que l'extrême droite est aux portes du pouvoir,
15:10j'entends que parfois, certains ont la tentation
15:14de faire de ce Congrès un référendum pour ou contre LFI.
15:19Je leur dis simplement que tant qu'ils auront
15:22pour unique obsession LFI,
15:26ils ne feront que témoigner de la domination psychologique
15:29que la gauche radicale exerce sur eux.
15:34Alors, qui domine qui ?
15:36L'indulgence d'Olivier Faure à l'endroit de Jean-Luc Mélenchon
15:39n'a pas suffi à calmer le chef des insoumis
15:41qui continue de réclamer des excuses au premier secrétaire du PS
15:43après la sortie du député Jérôme Gage.
15:46Est-ce que ce Congrès, finalement, n'a pas enterriné
15:49une fracture entre deux PS ?
15:51L'un influencé, voire soumis aux insoumis,
15:54et puis l'autre qui veut acter une rupture définitive
15:56avec Jean-Luc Mélenchon.
15:57Stéphanie ?
15:59Ce qui est sûr, c'est qu'on espérait que le Congrès clarifie les choses
16:02et il ne l'a rien clarifié du tout,
16:03puisque Olivier Faure a gagné à 51%
16:05et on se rend bien compte qu'à l'issue de ce week-end
16:07où il n'y a pas de synthèse possible,
16:09on a encore deux lignes au PS.
16:10C'était déjà le cas ces derniers mois.
16:12Et là, ça ne va pas aller mieux.
16:15Et à mon avis, cette double ligne va perdurer.
16:18On l'a vu, ce qui crispe tout le monde,
16:20c'est les législatives,
16:21parce qu'en effet, les partisans d'Olivier Faure se disent
16:23parce que s'il y a une dissolution, de toute façon,
16:25ils ne peuvent pas faire complètement sans les insoumis
16:27et surtout pas avec des insoumis contre eux.
16:30Donc ils ne veulent absolument pas déterrer complètement l'âge de guerre,
16:33même si ces derniers mois,
16:34Olivier Faure avait un peu pris ses distances avec la France insoumise.
16:38Et puis il y a aussi les municipales dans le viseur.
16:40Le PS sait que dans un certain nombre de villes,
16:43les insoumis sont en embuscade,
16:45peut-être avec une alliance avec les écologistes,
16:46et pourraient perdre des villes assez importantes.
16:49Donc ce qui était le cas avant le Congrès,
16:51ça va être le cas après.
16:52Et le PS va continuer d'être tiraillé entre ces deux lignes.
16:57Et puis s'il y avait des débats de fond un peu plus conséquents,
17:00peut-être qu'on oublierait ce débat-là.
17:01Mais c'est vrai que le Congrès s'est beaucoup cristallisé là-dessus.
17:05Mais en fin de compte, il dit la même chose que Marine Tourdelier,
17:07l'écologiste Olivier Faure.
17:09Il dit arrêtons de se focaliser sur la France insoumise
17:11alors que l'extrême droite est aux portes du pouvoir.
17:14Deux choses.
17:14D'abord, c'est un débat de fond quand même.
17:16La relation avec un parti, une direction d'un parti accusé d'antisémitisme,
17:19ce n'est pas un débat subalterne.
17:21Contrairement à ce que semble laisser entendre Olivier Faure, effectivement.
17:24Et puis, l'autre question, c'est de savoir si c'est une obsession
17:29pour avancer, pour des raisons politiciennes,
17:33par les opposants Olivier Faure au sein du parti,
17:35ou s'il y a vraiment des choses, un sujet dans les déclarations,
17:39les prises de position des insoumis, de la direction des insoumis
17:43et de Jean-Luc Mélenchon, en particulier depuis le 7 octobre,
17:45qui quand même laisse supposer, c'est un euphémisme,
17:48qui a parfois des propos qui relèvent d'une forme d'antisémitisme.
17:51Pour ce qui est de Jérôme Gage, pourquoi est-ce qu'il a mis les pieds dans le plat,
17:54si je veux dire, et qu'il a été extrêmement violent
17:56à l'endroit de Jean-Luc Mélenchon à la tribune ?
17:57Il faut rappeler que Jean-Luc Mélenchon a qualifié Jérôme Gage,
18:01qui a été son fidèle soutien pendant plus de 20 ans.
18:04Il a expliqué, je le cite, que Jérôme Gage s'agit autour du piquet
18:08où le retient la laisse de ses adhésions,
18:10que c'est un lâche de cette variété humaine que l'on connaît tous,
18:13les délateurs, et bien d'autres. Pourquoi ?
18:15Parce que Jérôme Gage a continué de défendre la solution à deux États,
18:18c'est-à-dire la sécurité d'Israël et la reconnaissance de l'État de Palestine,
18:22là où Jean-Luc Mélenchon a pris position, vous savez,
18:24pour la fameuse sur la Palestine qui irait de la mer à la rivière,
18:29de la mer au Jourdain, ce qui est de fait une façon,
18:32pour certains en tout cas, d'interpréter comme mise en cause,
18:35on va dire, de l'existence d'Israël.
18:36Donc il s'est défendu en quelque sorte, Jérôme Gage.
18:38Et est-ce que c'est un sujet secondaire, ou est-ce que c'est un sujet important
18:42au moment de passer un accord avec un parti ?
18:44La question demeure, visiblement, Olivier Faure est plus préoccupé,
18:47par exemple, par la question des retraites, que par cette question-là.
18:50Et puis un tout dernier point sur l'extrême droite.
18:51Effectivement, le danger de l'extrême droite a été mis en avant
18:54comme argument par Olivier Faure, sauf qu'on peut aussi s'interroger
18:57si l'alliance avec les insoumis, c'est vraiment un barrage efficace
19:02pour battre le Rassemblement National,
19:04ou si parfois l'attitude des insoumis, notamment à l'Assemblée Nationale,
19:07n'a pas contribué un petit peu à faciliter la progression
19:11du Rassemblement National.
19:13Si c'est un atout, un inconvénient d'être lié aux insoumis
19:16sur les questions d'antisémitisme,
19:18vous savez ce que répondent tous les insoumis.
19:19On n'a jamais été condamnés pour antisémitisme.
19:22Donc il faut arrêter de nous mettre ça sur le dos.
19:24Oui, on peut citer plein d'autres propos de Jean-Luc Mélenchon
19:26qui peuvent évoquer en tout cas cette question-là.
19:30Ce qui est intéressant, je trouve, c'est pour ça que c'est quand même
19:32une certaine clarification, ce qu'on va notamment regarder
19:33la campagne interne qu'il y a eu au sein du PS,
19:35puisque tout le monde était contre les insoumis pendant la campagne interne du PS.
19:39Et puis il y a eu une clarification avec la prise de position d'Olivier Faure
19:41qui considère qu'il faut arrêter d'en parler.
19:43Donc ça veut dire que lui, il peut se permettre de reparler avec les insoumis ?
19:47Parce qu'en vrai, il y a une question électorale, électoraliste au fond.
19:52Il y a les législatives, il y a les municipales, il y a la présidentielle après,
19:55qui est encore un autre sujet.
19:57Mais sans accord politique avec les insoumis,
20:00ça va beaucoup tanguer pour les socialistes.
20:02– Oui, je pense que c'est un dilemme classique entre la réalité de la carte électorale
20:05et puis les principes.
20:06Je crois que lors de cette réunion, ce week-end,
20:08on a entendu des orateurs comme David Asseline parler de la question des valeurs.
20:12Je suis assez d'accord avec ce que disait Renaud sur un moment donné,
20:16cette question de l'antisémitisme,
20:18c'est une question de valeurs, de principes qui est importante.
20:21Il faut clarifier, à mon avis, ce qui se passe au sein du PS.
20:25Puis moi, j'inscrirais cette crise du PS aujourd'hui en France.
20:29Dans ce contexte européen, on voit que la social-démocratie recule quasiment partout,
20:34à part Pedro Sanchez qui est au pouvoir en Espagne.
20:36C'est un cas très particulier.
20:38Kerr Starmer, on n'est plus au sein de l'Union européenne,
20:39mais le Parti travailliste s'est beaucoup droitisé.
20:42Et on voit un peu partout en Europe des partis socialistes
20:44qui eux aussi marchent sur ce droitisme de plus en plus.
20:47Donc j'ai l'impression que le PS n'a toujours pas tranché,
20:50ce que disait Stéphanie, entre ces deux lignes,
20:51tant qu'il ne l'aura pas fait.
20:53Est-ce qu'il ne va pas lui arriver ce qui s'est passé
20:55pour le Parti communiste avec le Front de Gauche ?
20:57Finalement, il a été aspiré par Mélenchon.
20:59Et donc effectivement, après la prise de parole d'Olivier Faure ce week-end,
21:02est-ce qu'on pourrait voir un bon paquet de socialistes quitter le parti ?
21:08Il faut attendre un peu.
21:09Il y a quelque chose qui va être important,
21:11c'est la sortie du conclave retraite
21:12et le fait de censurer ou pas François Bayrou,
21:15parce que ça, c'est l'autre chose qui désire le Parti socialiste.
21:18Évidemment, c'est lié aux Insoumis aussi.
21:23On va voir quelle est la position du PS,
21:24s'il y a un accord, s'il y a un accord partiel.
21:26S'il n'y a pas d'accord, ce serait presque la solution la plus simple
21:30pour le Parti socialiste.
21:31S'il y a un accord partiel, ça va être compliqué pour le Parti socialiste
21:33de dire on censure quand même, même si la CFDT a signé un accord.
21:38Donc là, c'est un moment aussi, là, ce sera un sujet de friction.
21:41Et on l'a vu à chaque fois ces derniers mois, il y avait des grosses interrogations
21:44au sein du groupe du Parti socialiste à l'Assemblée nationale,
21:47savoir si on donnait encore quelques mots à François Bayrou ou pas.
21:51Et puis ensuite, il y aura le budget.
21:52Et là, c'est des débats encore très importants.
21:55Est-ce que le PS va rester sur sa position de l'année dernière
21:56en disant on ne déstabilise pas le pays ?
21:58Ou au contraire, se dire ça suffit,
22:00François Bayrou ne fait pas le job et on censure ?
22:03Et même sur ce sujet-là, programmatique,
22:06là aussi un grand flou au PS,
22:07parce que quand on regarde sur la question des retraites secondaires,
22:10on regarde l'enjeu des valeurs qu'on évoquait,
22:12mais on ne sait toujours pas, enfin, ce n'est pas clair.
22:14Le PS était, souvenez-vous, la candidate socialiste à la présidentielle,
22:18Anne Hidalgo, elle était pour le maintien aux 62 ans.
22:21Puis le PS s'est engagé dans un accord avec les Insoumis,
22:24avec l'horizon de revenir à 60 ans.
22:26Aujourd'hui, est-ce qu'il est pour 62, 60, 61, 63, 64 ?
22:31Enfin voilà, il y a pas mal d'incertitudes
22:34sur ce que pense vraiment le Parti socialiste.
22:37Merci beaucoup, merci à tous les trois.
22:39Stéphanie Despierre, journaliste politique LCP.
22:42Lundi, c'est politique, c'est à 19h30 ce soir.
22:4419h30 ce soir.
22:45Et l'invité ?
22:46Canal 8, je vous rappelle.
22:47Et l'invité, c'est Sébastien Chenu, du Rassemblement National.
22:49Du Rassemblement National, merci à vous.
22:51Thomas Hoffnung, chef du service Monde à La Croix,
22:53votre journal qui titre évidemment aujourd'hui sur la guerre,
22:57Israël-Iran, l'escalade jusqu'où ?
23:00C'est-à-dire ce matin dans La Croix.
23:02Merci beaucoup, Renaud.
23:04Merci, Salia.
23:04On se retrouve demain avec plaisir.
23:05À demain.
23:06Les informés du soir reviennent à 20h.
23:08Sous-titrage Société Radio-Canada
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations