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  • il y a 8 mois
Dans son édito du 02/06/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Le mot déni est le plus important pour raconter l'histoire des 48 dernières heures,
00:06à moins que je ne le corrige en parlant non pas seulement de déni, mais de mensonge.
00:10Parce que le déni peut quelquefois culminer dans un mensonge conscient,
00:15et je crois que nous y sommes.
00:16Alors, je laisse de côté la victoire sportive, très bien, bravo, le ballon rond a fonctionné, bravo.
00:21Bon, une fois que c'est dit, l'essentiel était ailleurs, quoi qu'on en dise.
00:25L'essentiel, d'abord et en tout, c'est que nous savions d'avance
00:29que ces événements allaient avoir lieu.
00:31Il n'y a nulle surprise en ce moment.
00:33Il n'y avait pas de surprise du côté des forces de l'ordre.
00:35Il n'y a pas de surprise du côté des commerçants qui avaient placardé autant que possible leur commerce.
00:39Il n'y a pas de surprise auprès de ceux qui avaient cherché, si c'était possible, à déplacer leur voiture.
00:44Il n'y a pas de surprise de la part des politiques qui savaient que ça allait exploser.
00:48Aucune surprise, parce que nous savons que pour plusieurs,
00:50la véritable fête aujourd'hui, ce n'est pas le foot.
00:54La véritable fête, c'est le débordement qui suit.
00:57Parce que pour eux, ce n'est pas qu'un débordement.
00:59C'est là que les événements prennent sens, en quelque sorte.
01:02C'est l'occasion pour des racailles montées par milliers à Paris
01:06de transformer l'événement en rituel de violence sur le mode destructeur,
01:12sur le mode « nous allons gâcher leur fête pour nous faire véritablement notre fête ».
01:18Le mot « barbare » a été utilisé et je le crois tout à fait approprié.
01:22Alors, on le voit souvent avec les politiques,
01:24on se jette sur le mot pour ne pas parler des choses,
01:26mais assumons ce mot.
01:27Le mot « barbare », il est légitime. Pourquoi ?
01:29Parce qu'on est devant une logique de conquête,
01:31une logique de pillage,
01:33une logique où il s'agit en quelque sorte d'imposer.
01:35C'est un moment rituel de violence.
01:37La violence n'est plus un débordement dans nos sociétés.
01:39C'est un moment recherché.
01:40C'est l'occasion du chaos.
01:42C'est l'occasion d'un chaos désiré.
01:44C'est l'occasion d'un rapport de force imposé à une société molle
01:47qui ne sait plus se défendre.
01:49On pourrait dire que le choc de samedi soir et dimanche,
01:53c'est d'un côté l'agonie d'une société prisonnière de l'administration et du droit
01:58et de l'autre une jeunesse conquérante et barbare
02:01qui veut véritablement imposer sa loi et qui,
02:05et là je le précise, ça vient, c'est un décor d'ensemble.
02:08Donc, on paye les magasins, le pillage.
02:10Le pillage, à l'échelle de l'histoire, c'est une marque de conquête.
02:12Vous arrivez quelque part, vous vous emparez des biens,
02:14vous considérez qu'ils sont vôtres.
02:16De la même manière, on attaque les policiers,
02:19on attaque les symboles de l'autorité,
02:20on attaque évidemment les pompiers
02:21et quelques personnes meurent à travers tout cela.
02:24Donc, immense désastre.
02:25Si vous prenez les statistiques des événements de samedi et dimanche,
02:29vous avez davantage l'impression de parler d'un attentat
02:30que de parler d'une fête.
02:33Donc, qu'est-ce qu'on a vu?
02:33C'est un concentré de la réalité quotidienne en ce pays
02:36projeté à Paris et pas qu'à Paris, soit dit en passant.
02:39Donc, c'est un concentré de la réalité violente,
02:42une réalité que, normalement, on la voit dispersée en mille événements.
02:46Là, on l'a au visage, devant nous,
02:49l'émeute et la révélation d'une vérité, de ce point de vue.
02:52Alors, on se dit, est-ce que le pouvoir est impuissant?
02:54Il ne pouvait rien y faire, il a fait ce qu'il a pu.
02:56Nuançons.
02:57On a vu au moment des Gilets jaunes
02:59que quand le pouvoir veut mater une émeute,
03:01veut mater une rébellion,
03:03veut mater un soulèvement,
03:05veut mater une jacquerie,
03:05le pouvoir peut être particulièrement résolu et violent.
03:09Peut-être que les foules sur lesquelles
03:10qu'il s'agissait de mater n'étaient pas les mêmes.
03:13Ce n'est qu'une hypothèse.
03:14Nous avons vu, au moment de la crise Covid,
03:16qu'il était tout à fait possible pour le pouvoir
03:18de restreindre complètement la liberté de circulation,
03:20surtout de ceux qui obéissent aux lois.
03:22On a constaté, cette fois-là,
03:23qu'il n'y a pas eu de volonté de restreindre
03:25la liberté de circulation.
03:27On sait aussi que le pouvoir est capable
03:29de persécuter ceux qui commettent un désordre
03:31à l'ordre public immatériel,
03:32normalement les groupes identitaires.
03:35Ceux qui commettent un désordre
03:36à l'ordre public très matériel,
03:38eux, bénéficient d'une forme de clémence,
03:40de tendresse, presque, en quelque sorte.
03:43Alors, ce qu'on nous a raconté par ailleurs,
03:45alors, ça, c'est le rappel des événements.
03:47Cela dit, si je me fie à ce que je lis dans la presse,
03:49si je me fie aux différents journaux,
03:50en fait, rien de tout ça n'a eu lieu.
03:52Paris était une fête.
03:54C'était vive la France.
03:55C'est formidable.
03:55Oui, il y a eu quelques débordements,
03:57quelques malheureux débordements,
03:59mais ils ne sont pas au cœur du récit.
04:01Ils sont à la périphérie du récit.
04:03Les débordements ne comptent pas, d'ailleurs.
04:05Est-ce qu'il faut vraiment parler?
04:06Il y en a toujours eu des débordements
04:07depuis la nuit des temps,
04:08jusqu'au temps présent et jusqu'à la fin des temps.
04:10Il y aura des débordements circulés,
04:12il n'y a rien à voir.
04:12Pourquoi en parlons-nous?
04:14Donc, c'est la logique du fait divers
04:15appliqué au pillage de masse.
04:18C'est assez intéressant.
04:19Donc, on ne peut pas ne pas en parler complètement,
04:21parce que là, c'est tellement gros,
04:22c'est tellement violent,
04:23c'est tellement brutal,
04:24qu'on est obligé de le mentionner.
04:26Mais on décide de le mentionner
04:27pour ne pas le mentionner.
04:29On le mentionne pour dire, oui, oui,
04:30il y a eu ça aussi un peu,
04:31quelques désagréments,
04:33quelques voitures brûlées.
04:34Mais c'est normal, des voitures qui brûlent.
04:36Quelques policiers attaqués.
04:37Mais c'est normal, des policiers attaqués.
04:39Quelques commerces pillés.
04:40Mais c'est évident, des commerces pillés.
04:41De l'heure, quels commerces ont été pillés,
04:43soit dit en passant?
04:43Est-ce que ce n'est pas la fin
04:44qui poussait les gens à piller, par exemple,
04:46telle épicerie?
04:48Est-ce que ce n'est pas, par ailleurs,
04:48le désir de se chausser
04:49qui pousse à décider
04:50de s'en prendre un magasin de chaussures?
04:51Peut-être, il y a peut-être des vanupillés
04:53qui arrivaient et qui ont besoin
04:54de voler des chaussures.
04:55Je n'en sais rien.
04:56Donc, quoi qu'il en soit,
04:57on est obligé de raconter l'événement un peu,
04:59mais on le raconte en le diminuant,
05:01en le falsifiant, en l'invisibilisant,
05:03en le minimisant.
05:04Et au terme de tout cela,
05:06on nous a expliqué,
05:06si on se fie aux médias officiels,
05:08parce que vraiment,
05:08les médias officiels se comportent
05:09sur le mode de la Pravda aujourd'hui.
05:11Si on se fie aux médias officiels,
05:13il y a eu quelques débordements,
05:14mais l'essentiel était ailleurs.
05:16Dans la victoire, dans la fête,
05:17bravo, vive l'équipe.
05:19De ce point de vue,
05:20c'était quelque peu étonnant,
05:21ou pas,
05:22parce que, parce que,
05:24on a tout fait, en fait,
05:26pour que nous ne sachions pas
05:27ce qui se passe,
05:28mais on l'avait sous les yeux.
05:29Vous dites que tout a été fait
05:31pour que nous ne sachions pas
05:33ce qui se passe,
05:33et pourtant, nous savons.
05:35Oui, nous savons pour deux raisons.
05:36Donc, pourquoi est-ce qu'on est
05:37au courant de tout ça ?
05:37Pourquoi on peut en parler ce soir,
05:39librement, néanmoins ?
05:40D'abord, on voit ce qu'on a des yeux.
05:42On n'est pas complètement idiots.
05:43On voit ce qu'on a devant nous,
05:44et le régime a beau nous dire,
05:45ne regardez pas ce qu'il y a devant vous.
05:47En fait, passez par le filtre
05:48du regard médiatique autorisé
05:50et du commentateur certifié.
05:52Lui, il vous dira ce qui s'est passé.
05:53Ne vous fiez pas à ce que vous voyez.
05:55Donc, on a des yeux.
05:56Et il y a aussi un truc
05:57qui s'appelle les réseaux sociaux.
05:58Alors, vous savez,
05:59c'est la grande passion du régime,
06:00aujourd'hui,
06:01vouloir censurer les médias sociaux.
06:03On leur demande récemment,
06:06régulièrement,
06:07de régulariser la parole que dis-je,
06:11l'encadrer, la limiter,
06:12pour que tout ne puisse pas s'y dire.
06:14On connaît le discours.
06:15Dans les faits,
06:16ce qu'on redoute,
06:17c'est que les médias sociaux
06:17puissent illustrer,
06:19dévoiler,
06:20une réalité que le régime
06:22préférerait occulter.
06:24Alors, on s'entend,
06:24il y a toujours un filtre
06:25sur les réseaux sociaux aussi.
06:26Ce n'est pas des réseaux de pureté.
06:28Dans une séquence,
06:29quelle qu'elle soit
06:29à la télévision publique
06:30ou sur les réseaux sociaux,
06:31il y a un début,
06:32il y a une fin.
06:33Si on ne vous montre pas
06:33ce qu'il y a avant le début,
06:34si on ne vous montre pas
06:35ce qu'il y a après la fin,
06:36eh bien, vous pouvez être bluffé.
06:37Mais il y a quand même
06:37des bouts de réalité qui surgissent,
06:39des bouts de réalité
06:39qui autrement
06:40ne seraient pas mentionnés.
06:42Donc, on a devant nous
06:43tout ce que le régime
06:44cherche à dissimuler,
06:46à falsifier,
06:47à étouffer
06:47en nous expliquant
06:48que rien ne s'est passé.
06:50Alors, pourquoi,
06:50par ailleurs,
06:51le régime,
06:51veut encadrer
06:53jusqu'au...
06:55le plus possible
06:55les réseaux sociaux
06:56parce que le mensonge
06:57institutionnalisé,
06:58l'empire du mensonge,
07:00le mensonge d'État
07:00conjugué au mensonge médiatique
07:02qui ose se nommer
07:03ensuite quête de vérité,
07:05eh bien, tout ça,
07:05on commence à être habitué
07:06et les événements
07:07se multiplient.
07:08Je donne quelques exemples
07:09qui se passent
07:09dans différents pays
07:10pour qu'on comprenne
07:10que tout ça est international.
07:12Cologne,
07:13on en a parlé
07:13après quelques années.
07:15Pendant plusieurs jours
07:16après les agressions sexuelles
07:17de masse de Cologne,
07:18on nous explique
07:19« Non, non, non,
07:19rien ne s'est passé,
07:20il n'y a rien eu.
07:21quelque chose à la fin. »
07:22Mais n'en parlez pas trop
07:23si vous en parlez,
07:24vous êtes raciste.
07:25Mais d'abord,
07:25tentative de dissimulation.
07:27Telford,
07:28on en a déjà parlé
07:28en Grande-Bretagne,
07:29viole un système
07:31d'esclavage sexuel
07:32des jeunes filles blanches
07:33issues de la classe
07:34ouvrière britannique
07:34par des gangs pakistanais,
07:36on n'en parle pas.
07:37Et si vous en parlez,
07:38vous êtes raciste.
07:39Les manifestations
07:40de Black Lives Matter
07:40aux États-Unis en 2020,
07:42petit souvenir,
07:43on nous explique
07:43qu'il s'agit
07:44de manifestations pacifiques.
07:45Je ne sais pas
07:45si vous vous en souvenez,
07:46moi, ça me frappait.
07:47Manifestation pacifique
07:48aujourd'hui.
07:48Et vous regardez derrière
07:49à la caméra,
07:50vous avez devant les yeux,
07:51ça brûle de partout,
07:52il y a des manifestations,
07:53il y a des émeutes,
07:53mais non,
07:54manifestation pacifique
07:55aujourd'hui,
07:55on nous mentait au visage.
07:57Crépole, évidemment,
07:58où on a transformé
07:59en Rix et finalement
08:00en Raide d'extrême droite,
08:01ce qui était évidemment
08:02une radia.
08:03Et ensuite,
08:03la santé de Joe Biden
08:04tout récemment.
08:05Alors, en quelques mots,
08:05en quelques mots,
08:07quelle est la fonction
08:07du mensonge dans tout ça?
08:09Évidemment,
08:09protéger le dogme.
08:10La diversité est toujours
08:11une richesse.
08:12Jamais, jamais, jamais,
08:13l'abondance de Kevin
08:14et Mathéo
08:14ne peut poser problème
08:16en cette société
08:17ou ailleurs.
08:18Deux,
08:19le mensonge
08:19est pour fonction
08:20de dissuader
08:20le commun immortel.
08:22Ne répéter,
08:23enfin, répéter
08:24le mensonge officiel,
08:26tout s'est bien passé,
08:26ce sont des faits divers,
08:28rien n'est très grave,
08:28ce sont des débordements,
08:29il y en a toujours eu.
08:30Sinon,
08:31vous allez être banni
08:32du système.
08:33Et là aussi,
08:33pour fonction de tout brouiller,
08:34on ne sait plus ce qui est vrai,
08:35qu'est-ce qui est vrai,
08:36qu'est-ce qui est faux,
08:37la fonction du mensonge aussi,
08:38c'est de brouiller
08:38les repères de la conscience.
08:39On ne sait tout simplement plus
08:40dans quel monde on vit,
08:42tellement il y a
08:42des récits contradictoires
08:43qui s'affrontent.
08:44Et à la fin,
08:45eh bien,
08:45il y a cette île,
08:46le commun immortel
08:46décide de quitter
08:47la cité mentalement
08:48devant tant de mensonges
08:49qui se contredisent,
08:50il n'y a rien à faire,
08:51qu'ils s'arrangent entre eux,
08:52je me replie dans la vie privée,
08:54qu'on ne me dérange plus,
08:55autrement dit,
08:55on a réussi à dépolitiser
08:56et démobiliser une société
08:58en lui mentant sans cesse.
09:00Vous parliez
09:00de l'empire du mensonge,
09:02est-ce que le mensonge
09:03peut tomber?
09:04Oui,
09:05oui,
09:05une forme d'optimisme
09:07dans la vie
09:07ou de pessimisme,
09:08ça consiste à se dire
09:09que l'empire romain est tombé.
09:10C'est-à-dire que même
09:11la structure de pouvoir
09:12la plus forte,
09:12la plus puissante
09:13finira par tomber
09:14et tout recommencera toujours.
09:16De manière plus optimiste,
09:17l'URSS est tombé.
09:18Ça, c'est quand même
09:19jouissif, dis-je.
09:20Alors,
09:22plus un régime a besoin
09:23de mentir,
09:24de réprimer,
09:24de censurer,
09:25d'interdire pour se maintenir,
09:27plus il révèle sa faiblesse.
09:29L'être humain
09:29n'est pas une patte informe,
09:31il y a une aspiration
09:31à la vérité,
09:32à la liberté
09:32dans le cœur de l'homme.
09:33Et quand on les réprime,
09:35quand on refoule ça,
09:36ça finit par ressortir.
09:37Vous savez,
09:38il existe une telle chose
09:38que la faillite économique
09:39dans une société.
09:40Le système ne fonctionne plus,
09:42il fait faillite.
09:43Il existe aussi
09:43une telle chose
09:43que les faillites politiques
09:45et morales.
09:46Un régime qui trop ment
09:47et qui trop trahit
09:47ses principes
09:48voit son peuple
09:49se retourner contre lui
09:50lorsqu'il en a assez.
09:51On dit apparemment
09:52depuis 2000 ans,
09:53la vérité vous rendra libre.
09:54...
09:54...
09:58...
10:00...
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