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  • il y a 9 mois

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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve
00:04Toujours avec Georges Fenech et Vincent Roy, je reprends juste l'information que disait Maëlle.
00:09Là aussi c'est une histoire judiciaire, un adolescent de 16 ans qui est donc condamné par le tribunal pour enfants de Châteaurot
00:16à 8 ans de prison ferme pour avoir tué un gamin.
00:20Tu tues un gamin et puis tu as 8 ans de prison ferme, pourquoi ?
00:23Parce qu'il y a une altération du discernement de l'auteur au moment des faits.
00:27Ça aussi ça fait partie, j'allais dire, de l'arsenal des magistrats en disant mais vous comprenez il y a une altération du discernement.
00:34Oui, ça veut dire donc que les parents du petit Matisse, du jeune Matisse, pourront croiser l'assassin de leur fils d'ici 2 ou 3 ans.
00:45Parce qu'il y a un aménagement de peine, une réduction de peine ?
00:48Oui, 8 ans, ça va faire 4 ans en libération conditionnelle, plus les réductions de peine dans 2 ou 3 ans, ça fait déjà un an qu'il y est.
00:55Donc dans 2 ou 3 ans, ils pourront croiser, c'est quand même assez...
00:59Ils pourront le croiser en train de poignarder un autre gamin et là aussi un autre juge dira, vous comprenez il y a eu une altération du discernement.
01:08Donc vous voyez, notre société ne protège pas les victimes.
01:13Ça ne marche pas, ça ne marche pas.
01:14Elle ne protège pas les victimes.
01:16La lettre de la maman du petit Elias, cette lettre, moi je recommande, je l'ai dit, que tous les magistrats, tous les politiques, leurs chevets de lit, qu'ils la lisent tous les soirs, cette lettre.
01:33Parce que c'est un cri d'alarme, un cri de détresse d'une mère qui dit, mon fils ne me frêtera pas la fête de mère cette année.
01:41Mais où sont les juges qui ont pris ces décisions de leur lâcher ?
01:45Où sont les politiques qui ne prennent pas les mesures contre la délinquance des mineurs ?
01:48Voyez-vous ?
01:49Donc je crois qu'aujourd'hui, nous sommes dans une société qui a perdu ses repères parce que nos responsables ne prennent pas leurs responsabilités.
01:59Voyez-vous ? Et ça, je suis vraiment en colère, puisque j'ai été député, j'ai été magistrat, je sais de quoi je parle.
02:08Il y a une responsabilité évidente, aujourd'hui, de la magistrature et de la classe politique, toutes confondues.
02:14Ils ne peuvent pas, selon vous, Georges Fenech, se rabattre sur ce qu'on entend de temps en temps.
02:19C'est-à-dire, les textes ne me permettent pas d'eux, le fonctionnement de la justice ne me permet pas, et donc je suis obligé d'eux.
02:27Oui, il y a effectivement des failles dans nos dispositifs législatifs, qu'a essayé de combler un petit peu Gabriel Attal, en réformant un petit peu, je dirais, insuffisamment, à mon avis, le code pénal des mineurs.
02:40Il y a le manque de place, le manque de moyens, etc.
02:43Et le boulot des avocats aussi, qui sont là pour dire, ben non, ça vous ne pouvez pas le faire, parce que, comme vous le dites très justement, il y a une faille à ce moment-là.
02:49Il y a les fameux vices de procédure.
02:52Et puis, il y a cette tendance que je dénonce régulièrement au sein de la magistrature, de considérer que la prison, ce n'est pas bien.
02:57Et puis, il y a une vraie question qui se pose, à partir du moment où vous constatez, dans une société, que beaucoup de crimes sont perpétrés par des mineurs, précisément.
03:10Que vous avez une recrudescence de crimes, d'exactions, de violences, il s'agit un moment, un, de faire ce constat, et deux, de prendre les mesures nécessaires, c'est-à-dire une réforme de la justice des mineurs.
03:24Elle a eu lieu en 2021, et à l'envers.
03:26Mais elle a encore affaibli la réforme de 2021.
03:29Ce qu'a fait Mme Belloubet est juste une catastrophe.
03:33Et mise en application par M. Dupond-Moretti, c'est une catastrophe à contresens historique.
03:37Non mais c'est une catastrophe !
03:39Quand partout on vous dit qu'à la première petite infraction, il faut sanctionner immédiatement, pour que celui qui a commis cette infraction,
03:49et bien conscience du mal qu'il a pu faire à tel ou tel individu, et par conséquent à la société,
03:54là on vous dit, non non, attendez, on vous présente au juge, on va réfléchir à tout ça, et vous serez jugé six mois, ou un an après...
04:02Oui, c'est la fameuse césure du procès pénal, qui a été inventée en 2021, franchement...
04:06C'est une idée, on se demande dans quelle...
04:08Et on ne rend pas service aux jeunes délinquants, parce qu'on ne lui fait pas prendre conscience.
04:14Absolument, mais c'est tout le problème.
04:15Et on se demande dans quel type de cerveau une idée semblable peut germer.
04:20On le sait, c'est Mme Belloubet.
04:21Mais oui, d'accord, mais là franchement...
04:23Oui, mais Mme Belloubet est une, comment dirais-je, est une juriste, je crois, de l'information, professeure d'université,
04:29et donc ça rentre dans un dogme, dans une façon de penser.
04:35C'est ce que vous expliquez il y a quelques semaines, ici même, Georges Fenech,
04:39et j'ai l'occasion de le rappeler de temps en temps, puisque vous nous l'avez dit,
04:43vous nous avez dit, je me souviens très bien, c'était même il y a quelques mois,
04:46mais il dit qu'au moment où il y a eu Badinter en ministre de la Justice,
04:52il y a eu une véritable césure, c'est-à-dire qu'il y a eu un autre courant de pensée,
04:57une autre façon, il n'y a pas eu que la fameuse abolition de la peine de mort,
05:01il y a eu, pour les magistrats, dans les écoles de la magistrature, une autre façon de penser la justice.
05:07Oui, c'était un courant qui est né après les événements de 68,
05:12le 8 juin 1968, précisément, création du syndicat de la magistrature,
05:17et qui a, je dirais, renforcé sa doctrine pendant toutes ces années,
05:23et en 1981, la divine surprise de l'alternance socialiste,
05:27et ils investissent l'école de la magistrature, la chancellerie, les juridictions,
05:33et ils vont essaimer, d'ailleurs leur revue s'appelle Les Saints,
05:36ils vont essaimer partout, et ce courant a réussi, en quelque sorte,
05:39c'est un courant qui, pour simplifier les choses, dit deux choses,
05:43abolition de la prison, abolition des frontières.
05:45Et qui l'a mis en application.
05:47Et aujourd'hui, qu'est-ce que nous avons ?
05:49Une société d'ensauvagement, et une immigration incontrôlée.
05:53Ils ont réussi.
05:54Ils ont réussi.
05:54Leur programme, c'était pas un accident,
05:56c'était programmé, voulu.
05:59L'immigration, c'était les péchés coloniaux qu'il fallait réparer,
06:02donc ils sont un droit et une créance.
06:04Ils ont joué sur la rente mémorielle.
06:06La créance du péché colonial, du crime colonial,
06:10donc ils peuvent venir comme ils veulent, quand ils veulent,
06:12et bénéficier de tout.
06:14Vincent Roy.
06:15Ce qu'il faut comprendre, c'est que ces penseurs,
06:18ou ces pseudo-penseurs,
06:20se sont attribués à un précepte itchcockien,
06:22qui disait ne pas filmer un individu malade dans la société,
06:27mais filmer un individu dans une société malade.
06:29Et c'est là toute la différence.
06:33Mais ça a été très théorisé, c'est ça que je suis en train de...
06:36C'est pas comme ça, c'est vraiment intellectuellement...
06:39On a mis presque ça dans les livres.
06:41Mais oui, ça s'appelle, c'est la doctrine de la défense sociale nouvelle,
06:45qui a été vraiment théorisée par Marc Ancel, le magistrat,
06:48importé d'Italie,
06:50et expliqué à toutes les générations de jeunes magistrats,
06:53dont j'ai fait partie,
06:54mais il se trouve que moi j'y ai résisté,
06:56à cette fameuse culture de l'excuse,
06:58parce que je préférais aller me balader dans les coteaux du Saint-Emilion
07:02ou sur les rives de la Cano que d'entendre
07:04ces bilvesés où on recevait des grands truands
07:07pour nous expliquer que la prison, c'était pas bien.
07:09J'ai compris à ce moment-là qu'il y avait une école
07:12qui était une pépinière de révolutionnaires,
07:14avec un entrisme troskiste,
07:16qui allait détruire,
07:18pierre par pierre,
07:19tout l'édifice sociétal,
07:20en commençant par la justice.
07:21Mais aujourd'hui, vous avez un retournement de situation.
07:24Alors vous allez me dire, la vie est faite de cycles.
07:26Moi, je crois aussi beaucoup au cycle.
07:27Mais en attendant, à gauche comme à droite,
07:30même dans une certaine gauche,
07:31la gauche sociodémocrate,
07:32on dit aujourd'hui qu'il faut une réponse pénale.
07:34Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
07:36Oui, moi je me souviens,
07:37les dernières années où j'étais au Parlement,
07:40il y avait qui ?
07:40Il y avait Manuel Valls,
07:42qui était ministre de l'Intérieur,
07:43et qui bataillait avec Christiane Taubira,
07:46qui sabotait tout ce que pouvait faire
07:48au ministère de l'Intérieur.
07:48Qu'a dit Manuel Valls aujourd'hui ?
07:49Oui.
07:50Au contraire ?
07:51Oui, absolument.
07:52Oui, oui, mais lui a toujours été cohérent
07:54sur ces questions-là, sur la sécurité.
07:56Mais par contre, vous aviez un courant,
07:58qui était celui de Mme Taubira,
07:59qui ne voulait rien entendre.
08:00Ça restera...
08:01On ne considérait pas le récidiviste, par exemple.
08:04Oui.
08:04On traitait l'exécution des peines des récidivistes
08:07en l'alignant sur les primo-délinquants.
08:09Il avait les mêmes permissions,
08:11les mêmes libérations, pareil.
08:13Oui, enfin, Mme Taubira avait pris...
08:14Vins en roi.
08:14Mme Taubira avait pris ses leçons
08:16chez M. Badinter.
08:17C'est le courant qui vient de Badinter,
08:20qui passe par Mme Guigou,
08:22et qui va jusqu'à Mme Taubira,
08:25en passant par d'autres encore.
08:26Et dans la Macronie,
08:27alors du coup,
08:28on a eu Mme Belloubet,
08:30qui il y avait avant ?
08:32Il y avait Éric Dupond-Moretti ensuite.
08:34Éric Dupond-Moretti ensuite.
08:36Mais je ne pense pas que Mme Belloubet
08:37ait été la première ministre de la justice
08:39d'Emmanuel Macron.
08:41Il y a eu M. Castaner,
08:43qui était ministre de l'Intérieur,
08:45après M. Collomb,
08:46après M. Collomb.
08:49Et puis, il y avait quand même...
08:50Il y a eu l'éphémère
08:50président d'un...
08:52L'ancien président d'un cours des comptes,
08:53là.
08:54Oui, maintenant.
08:54Il y a eu M. Migaud.
08:55Oui, M. Migaud.
08:56C'est passé juste avant.
08:57Et ça, c'était dans le gouvernement Barnier.
08:58Personne n'a compris,
08:59parce qu'il y avait Migaud
09:01et de l'autre côté,
09:02il y avait...
09:02Non, il y avait Retaillot.
09:03Non, non.
09:04Il y avait Retaillot à l'intérieur, déjà.
09:06Il y avait Retaillot à l'intérieur,
09:07déjà.
09:07Déjà,
09:08Tarmanin est retourné député
09:10il y a quelques mois.
09:11Et maintenant,
09:13on a enfin un combo,
09:15entre guillemets,
09:15un duo qui fonctionne.
09:16Et un garde des Sceaux
09:17qui prend le taureau par les cornes
09:20pour les prisons de haute sécurité.
09:22Qui s'inspire de l'Italie.
09:24Et qui s'inspire de l'Italie.
09:25Mais qu'est-ce que c'est tard ?
09:27Ça arrive très tard, tout cela.
09:28Notre société est déjà gangrenée, quoi.
09:32D'où, d'ailleurs,
09:34cette...
09:35Comment dire ?
09:38Cette non-implication des juges
09:41pour les victimes.
09:42Tout ça découle
09:44de cette jurisprudence
09:46dont vous n'en parlez.
09:47De cette jurisprudence badinte
09:49que je qualifierais, moi,
09:50de badinterienne pour faire court.
09:52Mais voilà,
09:53la victime
09:54compte moins
09:56qu'un individu
09:58que la société
09:59a rendu malade
10:00et que par conséquent,
10:01il s'agit d'excuser.
10:02On est très très loin
10:03de garde des Sceaux
10:05comme Alain Perfit,
10:06comme...
10:06Quand badinter arrive en 80,
10:08la première chose qu'il fait,
10:09par simple décret,
10:11il abolit,
10:13ce qui était illégal,
10:14il abolit
10:15la loi sécurité-liberté
10:17de M. Perfit.
10:18Par simple décret.
10:19Il n'a pas eu eu de débat
10:19à l'Assemblée nationale
10:21qui était une loi
10:22très équilibrée,
10:23comme son nom l'indique,
10:24sécurité et liberté.
10:25On préserve
10:26les libertés fondamentales,
10:27mais pas au détriment
10:29de la sécurité
10:29qui a besoin
10:30d'être respectée
10:32en France.
10:32Donc vous voyez que
10:34ce courant
10:35défense sociale
10:36a triomphé malheureusement
10:38et 40 ans après,
10:39on en paye vraiment
10:40les conséquences.
10:41Quand je vois ces mineurs
10:42qui s'entretuent
10:43à coups de couteau,
10:44à coups de kalachnikov,
10:46qui sont dans le trafic
10:47de stupéfiants,
10:48etc.,
10:49je me dis vraiment
10:50mais c'est pas possible.
10:51Qu'est-ce qu'on a fait ?
10:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
10:54il y a une inertie,
10:55il n'y a plus aucun garde-fou,
10:57tout est permis,
10:58tout est possible.
10:59J'ai tendance à dire
11:00parfois que le jeu vidéo
11:02est transposé
11:03à la vie réelle.
11:05Tous ces jeunes,
11:06effectivement,
11:06l'hyperviolence des jeunes
11:07qui parlent le TikTok,
11:11d'ailleurs.
11:11Mais quand vous savez,
11:15parce que vous l'avez éprouvé
11:17ou parce que vos camarades
11:20l'ont éprouvé,
11:21que vous ne risquez pas
11:22grand-chose
11:23en commettant
11:24telle ou telle exaction,
11:26pourquoi ne pas la commettre ?
11:28La peur,
11:29la peur du gendarme
11:30a fait pendant des générations
11:32reculer.
11:32Mais on n'a plus peur du gendarme,
11:33on l'écrase.
11:34Voilà, on l'écrase.
11:35Reculer à partir du moment
11:36où vous savez
11:37que d'une certaine façon,
11:39on va vous trouver
11:40des circonstances atténuantes,
11:41que l'on va vous excuser
11:42et que finalement,
11:43votre peine va être minimale
11:44et que,
11:45quand bien même
11:46il y aurait peine,
11:46il y aurait aménagement
11:47de la peine,
11:48il y aurait réduction de la peine
11:50ou tout ce que vous voulez.
11:50Non, on ne respecte plus rien,
11:52il n'y a plus l'autorité
11:52plus respectée.
11:53Et rappelez-vous,
11:55les graves incidents
11:56au sein même
11:56des juridictions
11:57et des cours d'assises ?
11:58On a vu se bagarrer
12:00violemment des familles
12:01et des civils et des hauteurs.
12:03Regardez les magistrats
12:04qui sont aujourd'hui menacés,
12:05il y en aurait 150
12:06aujourd'hui
12:07qui bénéficient
12:08d'une protection policière.
12:10Regardez ce qui se passe.
12:11Donc vous voyez bien
12:12les prisons,
12:13les enlèvements
12:14et les assassinats
12:15de surveillants pénitentiaires.
12:16On voit bien que
12:17la justice,
12:18la police,
12:19la prison
12:19ne fait plus peur en réalité.
12:21Or,
12:21si l'autorité
12:23dans une démocratie
12:25n'est pas respectée
12:26pour préserver
12:27la liberté
12:28de chacun,
12:29alors on ne peut plus
12:30parler vraiment de démocratie.
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