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  • il y a 12 minutes
La policière et secrétaire nationale du syndicat de police UN1TE, Linda Kebbab, était l'invitée de La Grande interview Europe 1 ce mercredi matin. Au micro de Dimitri Pavlenko, elle appelle Emmanuel Macron "à mettre en œuvre le plan d'investigation qui a été tant promis aux policiers".

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Transcription
00:00C'est un plaisir à vous recevoir ce matin, Linda Kebab, secrétaire nationale du syndicat Unité Police.
00:03Autre sujet, le narcotrafic qui était une préoccupation de sécurité absolument majeure.
00:08Vous voyez que depuis plusieurs mois, le sujet préoccupe beaucoup les Français et des idées se prolifèrent.
00:14Sébastien Lecornu lui souhaite s'inspirer de la lutte contre le terrorisme.
00:18Gérald Darmanin lui plaide pour la création d'un statut de repenti à l'italienne.
00:23Franck Alizio pour le Rassemblement National réclame même l'état d'urgence, notamment dans la ville de Marseille.
00:27Vous qui êtes en première ligne, qui êtes sur le terrain, que pensez-vous de ces suggestions, de ces idées
00:32?
00:32Est-ce que vous y voyez le début d'une espèce de boîte à outils anti-narcotrafic ?
00:36Alors il y a la boîte mais il n'y a pas les outils.
00:39Moi je suis un effectif qui vient du terrain, je suis quelqu'un qui est très pragmatique
00:43et qui a non pas une approche intellectuelle mais une approche manuelle de la question du narcotrafic.
00:49Et toutes les propositions politiques et tous les discours politiques que vous citez sont tout à fait entendables.
00:53De l'état d'urgence à Marseille à la proposition du système des repentis, tout est acceptable.
01:00Le souci c'est que derrière les paroles politiques, et ça rejoint ce que je disais tout à l'heure
01:05sur la délinquance des mineurs,
01:07et bien en fait ne sont pas suivis d'effet.
01:09La police aujourd'hui en France souffre de quelque chose de profond qui impacte directement
01:15et fondamentalement, structurellement pardon, la lutte contre le narcotrafic, c'est sa police judiciaire,
01:21c'est-à-dire la filière judiciaire, la filière des enquêteurs, ce que nous nous appelons dans notre jargon l
01:25'investigation.
01:26Aujourd'hui l'investigation est en souffrance.
01:28On a voulu ces dernières années, notamment sous l'impulsion du président de la République,
01:31de mettre des effectifs de voix publiques, donc du bleu,
01:34ce qui a forcément généré plus de constatations de flagrants délits, donc d'interpellations.
01:38Et donc forcément quand vous remplissez les geôles de la police,
01:42vous créez un système qui va engluer les services d'investigation.
01:47On a tendu le gazon sans arracher les mauvaises herbes.
01:49Absolument, absolument, et on l'a laissé repousser.
01:52Et aujourd'hui on a des services d'investigation qui sont un tonneau de danaïdes.
01:55Et aujourd'hui, dans ce que vous citez, nul, aucun homme politique n'aborde la question de la souffrance de
02:00la filière judiciaire.
02:02Alors depuis l'année dernière, déjà sous le...
02:04Il y a eu cette réforme de départementalisation.
02:06Alors, ça n'a absolument pas réglé les problèmes, bien au contraire,
02:10je ne vais pas rentrer dans les données techniques, mais je pense qu'il y a des réformes.
02:12Et d'ailleurs même en interne, les auteurs même de la réforme disent que finalement ils n'auraient pas dû
02:17aller jusqu'au bout,
02:18mais malheureusement ça s'est fait sous l'impulsion d'autorités qui ont voulu nomenclaturer des nouveaux postes
02:22pour les hauts fonctionnaires qui au final n'ont pas servi à grand chose.
02:25Mais ce que je veux vous dire, c'est recréer de l'attractivité.
02:28Aujourd'hui, les policiers ne veulent plus être des enquêteurs.
02:30Vous voyez tous ces grands films, ces films que les Français regardent,
02:33où on voit des enquêteurs qui mènent de grandes enquêtes,
02:36aujourd'hui cela ne fait plus réveiller les policiers.
02:38Et on a aujourd'hui un plan d'investigation qu'on attend depuis l'année dernière.
02:41M. Retailleau nous avait dit l'année dernière qu'il nous le donnerait en mai.
02:45Alors, moi je pensais que c'était en 2025 visiblement, c'est en 2033,
02:47de ce que j'en crois, puisqu'il n'arrive toujours pas.
02:49Vous dites cette année 2033 au hasard, mais pour les dire que ça s'est repoussé au 40.
02:52Ça n'arrive pas.
02:53Alors, le budget est passé, je ne vais pas revenir dessus.
02:57Il y a du coup un plan d'investigation qui est écrit,
02:59notamment sous l'impulsion du syndicat Unité,
03:02notamment pour ramener de l'attractivité et donner envie aux policiers,
03:05avec des mesures pécuniaires, avec des réformes qui viendraient structurellement
03:09redonner un peu de souffle à l'investigation.
03:10Mais aujourd'hui, bien en fait, les textes qui permettraient la mise en application sont bloqués.
03:15Et aujourd'hui, je fais un appel à savoir pourquoi est-ce que le budget est passé
03:20et pourquoi est-ce que la mise en œuvre du plan d'investigation n'arrive pas.
03:23Et à ce titre, je vous le dis en exclusivité,
03:26le syndicat Unité saisit dès ce matin le président de la République
03:29pour lui demander de mettre en œuvre le plan d'investigation
03:31qui a été tant promis aux policiers.
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