00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h09, Jean-Jacques Bourdin.
00:04Vous êtes sur Sud Radio, merci Jérôme Bayle, bonjour.
00:07Bonjour.
00:08Comment ça va Jérôme ?
00:10Ça va, ça va très bien, merci. Et vous ?
00:13Oui, en colère, figure du mouvement de protestation des agriculteurs.
00:17Alors, je ne voudrais pas, à chaque fois que j'appelle un agriculteur, dire un agriculteur en colère.
00:23Mais malheureusement, malheureusement, la colère est souvent là. Pourquoi ?
00:28Là, en l'occurrence, pourquoi ? Parce qu'un texte de loi, une proposition de loi venue du Sénat
00:35doit être examinée à l'Assemblée nationale demain.
00:39Bon, le problème, c'est que ce texte du Sénat a été vidé pratiquement de tous ses articles principaux
00:49par la Commission de développement durable de l'Assemblée nationale.
00:53Du coup, beaucoup de groupes politiques ont décidé de déposer une motion de rejet.
00:58Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, avant même d'être discuté, ce texte serait rejeté.
01:04C'est les LR, le Bloc Central, Horizon, Modem, qui ont déposé cette motion de rejet.
01:12Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le texte sera repris par une commission mixte paritaire Sénat-Assemblée.
01:17Voilà sur le terrain législatif. Mais Jérôme Bale, je regarde deux articles de cette proposition de loi.
01:25Le premier, premier article très important, qui permettait de faciliter les retenues d'eau,
01:37le stockage d'eau agricole, et qui permettait de reconnaître d'intérêt général majeur
01:43le stockage d'eau agricole. Pour vous, c'est indispensable ?
01:48Bien sûr, bien sûr. Surtout dans notre région, dans le sud-ouest et dans le sud de la France,
01:54où c'est qu'on connaît des périodes de sécheresse vraiment dramatiques chaque année.
02:00Et ça a des conséquences énormes sur nos exportations, mais aussi sur l'écologie,
02:06sur l'environnement et l'écosystème. Mais ça, beaucoup de gens ne veulent pas le voir,
02:10ne veulent pas le comprendre. C'est vraiment dommageable. Après, en colère,
02:15je ne vais pas dire que je suis en colère, je vais simplement dire que je suis déçu.
02:18Je suis déçu des gens qui, pendant les barrages en janvier 2024, étaient auprès de nous,
02:24des gens qui sont certains, qui sont députés maintenant, et qui disaient,
02:28nous, on sera à vos côtés. Et dès qu'on a eu tourné le dos, il y en a certains qui nous ont trahis,
02:32et nous qui nous ont plantés un coup de couteau dans le dos.
02:35Et je ne vous parle même pas quand il y a eu la dissolution, quand il y a eu la réélection des députés.
02:41Alors là, c'était nos grands amis. Et au final, quand on a des amis comme ça,
02:46on n'a pas besoin de l'aide de lui.
02:48– Oui. Jérôme Bell, 3526 amendements déposés, notamment par les écologistes et LFI,
02:56pour bloquer ce texte. Jérôme Bell, quel est la...
03:01– Vous disiez, je vous sens, je sens une immense déception dans votre voix.
03:06– Ben ouais, déçu, déçu, parce qu'on pensait avoir fait un pas à l'avance, un deux pas,
03:13même, il y avait le projet de loi qui était passé, il y avait tout le monde, les médias, la population,
03:19tout le monde redonnait de l'importance vraiment à l'agriculture.
03:23Et aujourd'hui, on a une frange de députés, des gens qui doivent représenter le peuple,
03:27que de simplement décider, pour intérêt personnel, ou vision personnelle plutôt, je dirais,
03:35de saccager une profession, de vraiment détruire un an et demi de combat, d'avancer, de discussion.
03:44Et je trouve ça vraiment dommageable, parce qu'aujourd'hui, c'est ces gens qui sont une frange.
03:49Alors je ne veux pas mettre tout le monde dans le même panier,
03:51parce qu'il y a des gens, des députés qui sont vraiment derrière nous,
03:56mais il y a une frange de députés, mais on le voit que simplement décider
04:01qu'ils n'en avaient rien à foutre de notre pays, tout simplement,
04:05de notre histoire et de notre souveraineté alimentaire.
04:10– Oui, oui, oui.
04:11Quelle action allez-vous engager, Jérôme Beul ?
04:15Ou allez-vous engager même des actions ou pas ?
04:18Est-ce que vous pouvez ? Est-ce que vous avez le temps ? Est-ce que c'est la période ?
04:22– Alors, il faut être honnête, aujourd'hui, ce n'est pas la bonne période,
04:27surtout dans notre département, dans le sud-ouest.
04:30Vous savez qu'on a connu, la semaine dernière, des orages vraiment violents
04:35qui ont fait énormément de dégâts dans les exploitations,
04:39mais qui ont fait aussi énormément de dégâts sur le moral des agriculteurs,
04:42parce qu'on s'aperçoit qu'on paye des assurances,
04:45c'est qu'aujourd'hui, les assurances ne sont pas derrière nous,
04:49voire même aujourd'hui, nous condamnent un peu.
04:52Donc, la période, le printemps, pour nous, ce n'est pas la bonne période,
04:55mais par contre, comme je l'ai dit hier déjà dans une interview,
05:00attention, si on doit sacrifier notre période de travail, on le fera,
05:05mais les conséquences seront très très dures.
05:07– Merci, Jérôme Valle.
05:09– Des actions, on peut en faire, il y en a,
05:13et s'il faut qu'on bloque les frontières pour montrer qu'en France,
05:18si on ne nous donne pas les moyens de produire,
05:20on crèvera de faim, on le fera, ça suffit,
05:26mais il faut faire attention quand même que ça va un peu trop loin,
05:31et entre nous, Jean-Jacques, je pense qu'aujourd'hui, dans notre pays,
05:36il y a quand même d'autres priorités à traiter que de savoir
05:39si les agriculteurs vont pouvoir faire sa retenue culinaire ou pas,
05:43quand on voit la sécurité, quand on voit ce conflit de drogue,
05:47tous ces enlèvements d'anfages,
05:49c'est plutôt là-dessus qu'il faut travailler
05:51que d'empêcher les agriculteurs de faire des lacs.
05:53– Oui, ça je suis, je vous rejoins Jérôme Valle,
05:56merci, président du mouvement syndical indépendant pour notre avenir,
06:00uni pour notre avenir.
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