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00:0020h, 21h, les informés, Aurélie Herbemont, Thomas Echier.
00:05Bonsoir à tous et bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité à suivre sur France Info Radio et sur le canal 27 de la TNT.
00:14Bonsoir Aurélie Herbemont.
00:15Bonsoir Thomas, bonsoir à tous.
00:16Au sommaire ce soir.
00:18Donald Trump estime que l'Union Européenne a été conçue pour emmerder les Etats-Unis.
00:23Le président américain semble déterminé à la guerre commerciale avec l'Europe.
00:28Comment résoudre le problème des OQTF avec Alger ?
00:31François Bayrou assure qu'il ne veut pas de surenchère avec l'Algérie tout en menaçant de dénoncer les accords de 1968.
00:39Mohamed Amra est placé à l'isolement dans des conditions extrêmement drastiques.
00:43Est-ce le modèle à suivre pour l'incarcération des narcotrafiquants que veut mettre en place le ministre de la Justice cet été ?
00:50Et puis Karine Lemarchand embarque la grande distribution pour aider les agriculteurs en difficulté.
00:56Coup de com' ou vraie bonne idée ?
00:58Et pour en parler, nos quatre informés tout terrain ce soir.
01:01Elisabeth Pinault, correspondante de l'agence Reuters pour Matignon et pour l'Elysée.
01:06A vos côtés Mickaël Darmon, éditorialiste à i24 News.
01:11Olivier Beaumont, chef adjoint du service politique du Parisien aujourd'hui en France.
01:16Et puis Adrien Braché, bonsoir.
01:18Bonsoir.
01:19Journaliste politique au point, nous sommes ensemble pendant une heure.
01:25Donald Trump ne mâche une nouvelle fois, pourrait-on dire, pas ses mots contre l'Union Européenne ?
01:29Eh oui, le président américain a une vision bien à lui du rôle de l'Union Européenne.
01:34Lui qui veut lancer une guerre commerciale avec de nombreux pays, y compris avec l'Europe.
01:39Il vient d'ailleurs d'annoncer une taxation prochaine des produits européens à hauteur de 25%.
01:46Ils n'acceptent pas nos voitures, ils n'acceptent pas l'essentiel de nos produits agricoles.
01:51Ils invoquent toutes sortes de raisons pour ne pas le faire, mais nous acceptons tout d'eux.
01:55Et nous avons un déficit d'environ 300 milliards de dollars avec l'Union Européenne.
01:59J'aime les pays d'Europe.
02:01Mais écoutez, soyons honnêtes, l'Union Européenne a été conçue pour emmerder les États-Unis.
02:06Et ils ont fait du bon travail, mais maintenant je suis le président.
02:09Manifestement, Emmanuel Macron, qui était à Washington lundi, n'a pas totalement convaincu son homologue américain de renoncer à la guerre commerciale avec l'Union Européenne.
02:23Elle paraît déjà bien loin cette visite, Adrien Braché. Ce sont des mots durs quand même.
02:27Oui, très durs. Il y a une sorte de décalage entre les assauts de politesse qu'il y a pu avoir en conférence de presse entre Emmanuel Macron et Donald Trump,
02:35et les déclarations que fait Donald Trump aujourd'hui.
02:37Mais au fond, ça n'a rien de surprenant, parce que transparaissaient quand même, derrière la rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron,
02:44les objectifs politiques profondément différents.
02:47C'est-à-dire que Donald Trump a comme objectif, notamment sur la question de l'Ukraine,
02:51de se désengager le plus vite possible et de pouvoir engager des partenariats économiques avec la Russie,
02:56notamment quand le but d'Emmanuel Macron et de l'Europe est d'agir pour la sécurité européenne,
03:01qui est un sujet qui intéresse assez peu Donald Trump.
03:04C'est la même chose cette fois-ci sur les questions économiques,
03:06où également on voit que Donald Trump veut jouer sa voix et que les Européens doivent construire leur propre stratégie.
03:12Et je pense que ce qui est très compliqué dans ce moment-là pour toutes les nations européennes,
03:16c'est comment faire pour ne pas être dans la réaction à cette avalanche, si vous voulez, de déclarations de Donald Trump,
03:22parce que tous les jours, en fait, Donald Trump fait une nouvelle déclaration.
03:25Donc comment on n'est pas juste dans la réaction à cette avalanche de déclarations toutes plus fortes les unes que les autres,
03:31et comment on construit une véritable stratégie de fond, que ce soit sur la défense,
03:35notamment avec la question de l'armement, où l'Europe est quand même encore très dépendante de l'armement extérieur,
03:40et notamment de l'armement américain, et sur l'aspect économique, l'aspect industriel,
03:44comment on préserve notamment l'industrie européenne.
03:47Et c'est quoi l'Europe ? C'est le punching ball de Donald Trump, Miguel Darman ?
03:50Oui, on le voit d'abord. Sur le plan rhétorique, il prétend que l'Europe a été créée, dit-il, pour emmerder les Etats-Unis.
03:57Les Etats-Unis, ce n'est pas exactement la réalité.
03:59Mais ce que l'on comprend surtout, c'est que les Européens n'ont pas écouté les meetings de Donald Trump.
04:04Tout était annoncé régulièrement, en permanence, chaque jour, décliné,
04:08et on voit bien qu'il déroule le programme chaque jour tel qu'il a été annoncé.
04:12Donc ce qui est absolument étonnant, c'est effectivement de sentir qu'il y a une réaction en permanence de défensive,
04:20qu'il n'y a pas eu de préparation, au fond, à son arrivée, parce que peut-être ils n'y croyaient pas,
04:25ou en tout cas ils restaient dans le déni du côté des partenaires européens.
04:29Et puis c'est, je dirais, une science extrêmement, de la part de Trump, extrêmement précise de l'agenda.
04:36Cette semaine, tous les grands responsables européens défilent dans le bureau de Donald Trump pour parler de l'Ukraine,
04:43à peine ont-ils quitté le bureau qu'il y a une déclaration de ce genre.
04:47Et puis nous sommes en France...
04:48Le lendemain matin, c'est le Premier ministre britannique.
04:50Exactement, et nous sommes en France en ce moment, qui se rapproche, qui fait partie d'eux.
04:57En France, on est en ce moment en pleine semaine du Salon de l'agriculture.
05:02Je ne sais pas si Trump a ça en tête, mais en tout cas ça tombe bien mal,
05:06parce qu'une fois de plus, c'est des horizons qui risquent de s'assombrir pour les producteurs français.
05:12Je voyais au chez de la tête Elisabeth Pinault.
05:15Non, disons que pour moi ce n'est pas une surprise, on savait que ça allait arriver,
05:18on se demandait juste quand, et d'ailleurs on ne sait pas exactement quand ce sera officiel,
05:22Donald Trump l'a annoncé aujourd'hui.
05:24Ces 25%, on le savait depuis qu'il a été élu, et même que vous l'avez dit dès sa campagne,
05:29qu'il allait le faire.
05:30Il l'a fait la dernière fois, alors dans son premier mandat.
05:32Pour la France, ça impactera sans doute les vins espiritueux, le champagne,
05:38les produits pharmaceutiques, certains produits manufacturés, le luxe, voilà.
05:42Et bien sûr que les Européens en ont déjà parlé,
05:45et c'est sans doute évidemment au menu de la conversation du dîner de travail ce soir
05:51entre Emmanuel Macron et le probable futur chancelier allemand Friedrich Merckx
05:55qui est arrivé ce soir, la presse allemande l'a annoncé cet après-midi,
06:00et l'Elysée vient de le confirmer.
06:01Ils dînent ensemble, et voilà, un ordre du jour déjà très chargé avec l'Ukraine,
06:07et qui se charge encore avec ce sujet.
06:09Et puis voilà, Emmanuel Macron va au Portugal demain, ils en parleront évidemment.
06:14Il y a un conseil européen la semaine prochaine, sans doute avec le chancelier Scholz
06:17qui n'a pas encore quitté le pouvoir, et les 26 autres membres de l'Union.
06:24Voilà, je pense que l'Union européenne était au courant que ça allait arriver.
06:29Il se trouve que c'est ce soir que Donald Trump le confirme.
06:32Il l'a fait pour le Mexique, pour le Canada, c'est le tour de l'Europe.
06:35C'est une façon d'acter définitivement, officiellement,
06:38la fin de la relation entre les Etats-Unis et l'Europe,
06:40cette déclaration de Trump, Olivier Beaumont.
06:42C'est clairement une déclaration de guerre économique de la part du président américain.
06:46Après, c'est un peu quand même une humiliation aussi pour Emmanuel Macron,
06:49parce que ça intervient 24 heures après la visite du président français à Washington.
06:53Je remarque quand même qu'on est un petit peu habitué,
06:55ce n'est pas la première fois que les deux présidents se rencontrent,
06:58se font assaut d'amabilité verbale et de gestes plutôt sympathiques entre les deux,
07:03et que 24 heures plus tard, Donald Trump fait une conférence de presse
07:06depuis le bureau Oval pour aller, grosso modo,
07:09dessouder l'Europe et le président français.
07:12Techniquement, ça fait 48 heures. Vous êtes un peu sévère.
07:1448 heures, c'est le réalisé de jour.
07:16Non, mais aujourd'hui, quand même, en vue du Conseil européen
07:19qui va avoir lieu la semaine prochaine,
07:21Emmanuel Macron a organisé une visioconférence avec les 27,
07:24justement pour parler des avancées sur le dossier ukrainien
07:27qu'il a pu obtenir, ou qu'il croit avoir obtenu avec Donald Trump.
07:31Et patatra, intervient cette conférence de presse.
07:33Un petit peu foutrac, quand même.
07:35C'est du Trump dans le texte, parce que, bon,
07:37il y a ses droits de douane qu'il veut instaurer pour les produits européens.
07:41Il fait des annonces aussi concernant la défense ukrainienne,
07:45le désengagement des forces américaines progressives en Europe.
07:49Il annonce cette idée de carte dorée qu'il veut mettre
07:52pour des étrangers qui voudraient venir en France.
07:55Une carte d'accès, en gros, pour avoir...
07:57Aux Etats-Unis.
07:59Pardon, pour arriver aux Etats-Unis.
08:00Des étrangers très riches.
08:01Pour être très riches, 5 millions de dollars.
08:03Donc, vous voyez, ça va un petit peu dans tous les sens.
08:05Emmanuel Macron, dans cette séquence,
08:07il va jouer un peu ce que c'est dans son tempérament.
08:09C'est de présenter un peu ça comme une opportunité.
08:11Sur l'Europe de la défense,
08:13et c'est un vieux sujet, un vieux serpent de merde
08:15qu'on discute depuis 30, 40, 50 ans.
08:18Lui, c'est un sujet qu'il porte depuis très longtemps.
08:20Jusqu'à présent, il était un peu isolé sur la scène européenne.
08:22Là, Donald Trump est une opportunité pour lui, en tout cas.
08:25Le désengagement avenir des Américains sur le continent européen
08:29est quand même une opportunité
08:31pour que cette défense européenne puisse réellement voir le jour.
08:34Ce qui est un petit peu inquiétant
08:36par rapport à la visite d'Emmanuel Macron,
08:38et pour le reste, notamment sur le dossier ukrainien,
08:40c'est qu'Emmanuel Macron était rentré plutôt satisfait
08:42de ses échanges avec Donald Trump.
08:45On voit qu'une fois que le président de France n'est plus là,
08:49ça peut un petit peu changer de tonalité.
08:51Ce qui peut se traduire sur l'Ukraine, notamment.
08:54Parce qu'il faut se souvenir que lundi soir,
08:56quand Emmanuel Macron repart de Washington,
08:58il est sur Fox News,
09:00et il dit qu'il espère avoir convaincu le président
09:02de ne pas lancer de guerre commerciale avec l'Union Européenne.
09:05Bon, manifestement, 48 heures plus tard, c'est un peu raté.
09:08L'Union Européenne va être soumise au même régime
09:10que le Canada, que le Mexique,
09:12même s'ils ont obtenu un petit délai d'un mois.
09:14Donc c'est vrai que là, on ne sait pas encore.
09:16Peut-être que nous aussi, on aura un délai d'un mois de négociations
09:18avant la mise en œuvre de l'augmentation des droits de douane.
09:21C'est 25% pour tout le monde.
09:23Là-dessus, au moins, il n'y a pas de...
09:25Tout le monde prend le même tarif.
09:27Et l'autre annonce de Donald Trump,
09:29c'est que Volodymyr Zelensky se rendra bien vendredi
09:31à Washington pour signer
09:33un accord-cadre sur l'exploitation
09:35de ces fameux minerais
09:37enfouis dans le sol ukrainien.
09:39On aura évidemment l'occasion d'en reparler.
09:41Je vous propose de passer à notre deuxième
09:43sujet du soir.
09:45C'est François Bayrou qui organisait
09:47tout à l'heure à Matignon un sommet,
09:49un comité plus précisément,
09:51un comité interministériel sur le contrôle
09:53de l'immigration.
09:54Oui, alors cette réunion était prévue
09:56avant l'attentat de Mulhouse au samedi dernier
09:58qui, rappelons-le, a fait un mort
10:00et où le suspect est un Algérien sous OQTF
10:02dont l'Algérie a refusé
10:04la réadmission une dizaine de fois.
10:06Ce sujet des relations avec l'Algérie
10:08s'est donc invité dans cette réunion
10:10des ministres sur l'immigration
10:12sur fond de tensions croissantes
10:14depuis des mois, admettons-le,
10:16avec Alger. François Bayrou
10:18réfute toute volonté d'escalade
10:20mais met clairement la pression sur l'Algérie.
10:22La France
10:24va demander
10:26au gouvernement algérien
10:28que soit réexaminée
10:30la totalité des accords
10:32et la manière dont ces accords sont
10:34exécutés. Nous allons
10:36faire cette démarche en donnant
10:38six semaines
10:40pour que nous puissions les réexaminer.
10:42Et pendant
10:44ce temps va être présentée au gouvernement
10:46algérien une liste, j'allais
10:48dire d'urgence
10:50de personnes
10:52qui doivent
10:54pouvoir retourner
10:56dans leur pays et que nous considérons
10:58comme
11:00particulièrement sensibles de ce point
11:02de vue-là. Et s'il ne se passe rien
11:04d'ici ces six semaines,
11:06François Bayrou menace carrément de dénoncer
11:08les accords de 68
11:10qui facilitent l'entrée et le séjour des Algériens
11:12en France. On va un peu plus loin encore dans le
11:14bras de fer, Adrien Brachet.
11:16Oui, en tout cas, je pense qu'il y avait besoin
11:18d'une certaine manière d'une prise de parole de François Bayrou
11:20parce qu'il y a eu des expressions
11:22un peu divergentes au sein du gouvernement
11:24c'est-à-dire qu'on a vu notamment Bruno Retailleau
11:26qui sur la question des visas
11:28veut aller très fort, taper très fort, etc.
11:30Jean-Noël Barraud qui lui est dans une
11:32approche davantage diplomatique
11:34et qui dit, attention, si on le fait
11:36il faut que ce soit coordonné au niveau européen.
11:38Donc il y avait d'une certaine manière besoin aussi
11:40qu'il y ait une prise de parole sur ce sujet
11:42de François Bayrou.
11:44Quelle ligne il emporte d'ailleurs
11:46entre la ligne de Retailleau et la ligne de Barraud
11:48quand on écoute le Premier ministre ?
11:50François Bayrou fait une forme de synthèse
11:52dans le sens où il dit, on va réexaminer
11:54on ne sait pas encore ce sur quoi ça va déboucher.
11:56En tout cas, je pense que ce qui était
11:58aussi intéressant dans l'idée d'avoir
12:00un comité interministériel, c'est que sur cette
12:02question de l'immigration, au-delà d'ailleurs du dossier
12:04algérien, l'immigration c'est
12:06un phénomène sociétal
12:08qui est extrêmement complexe et donc c'est important
12:10en effet d'avoir une approche transversale, c'est-à-dire
12:12d'avoir à la fois une approche diplomatique, une approche
12:14sociale, une approche sécuritaire, une approche
12:16de la question du travail. Donc ça aussi, je pense
12:18que c'est nécessaire. C'est un débat qu'on ne peut pas
12:20haussissonner, c'est-à-dire qu'on ne peut pas seulement
12:22être traité par un seul ministère.
12:24Donc c'est pour ça aussi que d'une certaine
12:26manière, le fait qu'il y ait ce type de réunion
12:28est nécessaire et important, etc. Maintenant
12:30il faudra voir au-delà des
12:32déclarations des uns et des autres
12:34ce sur quoi concrètement ça débouche
12:36à la fois sur le dossier algérien, mais la réunion
12:38n'était pas consacrée qu'au dossier algérien
12:40il y avait une question plus large
12:42sur la question de l'immigration. Mais c'est vrai que ce sont
12:44les annonces qui concernent l'Algérie qu'on retient
12:46qui sont les plus commentées naturellement.
12:48On continue évidemment d'en parler
12:50dans un instant après le fil info de
12:5220h16 avec Stéphanie Lhomme.
12:54Le verdict
12:56dans le procès de l'attentat de la Basilique
12:58de Nice, le Tunisien Brahim
13:00Aouissaoui est condamné à la réclusion criminelle
13:02à perpétuité avec une peine
13:04incompressible, autant dire la peine
13:06la plus lourde en France. Les jurés
13:08le reconnaissent coupable de l'assassinat de trois personnes.
13:10C'était en octobre 2020.
13:12Le Sénat algérien suspend
13:14ses relations avec le Sénat français.
13:16Réaction immédiate de l'Algérie.
13:18Quelques heures après les déclarations de François
13:20Bayrou depuis Matignon, le Premier
13:22ministre entend réexaminer la totalité
13:24des accords avec l'Algérie
13:26de 1968 sur les droits de visa.
13:28Ils avantagent, dit-il les Algériens.
13:30Donald Trump prévient
13:32l'Ukraine ne peut oublier une
13:34adhésion à l'OTAN. C'est une demande
13:36de Volodymyr Zelensky à laquelle s'oppose
13:38fortement la Russie. Le président américain
13:40précise aussi que les Etats-Unis n'accorderont
13:42aucune garantie sécuritaire à l'Ukraine.
13:44L'Europe s'en chargera. Zelensky
13:46qui insiste maintenant sur les garanties
13:48de sécurité pour l'Ukraine en amont de
13:50sa visite vendredi à Washington.
13:52Qui de Brest ou de Dunkerque partira
13:54à son tour en demi-finale de la Coupe de France
13:56de football ? Le score est pour l'instant de 1-0
13:58pour Brest. C'est la deuxième
14:00mi-temps. Dernier quart de finale dès 21h10
14:02avec le déplacement du PSG
14:04à Rennes pour affronter Saint-Brieuc.
14:14Thomas Eschier.
14:16Toujours avec
14:18Adrien Brachet du Point,
14:20Olivier Beaumont du Parisien, aujourd'hui en France,
14:22Mickaël Darmond d'E24 News,
14:24Elisabeth Pinault de Reuters.
14:26Elisabeth, quand on entend François Bayrou
14:28dire qu'il n'y a ni sur-enchaire
14:30ni escalade dans la volonté
14:32du gouvernement vis-à-vis de l'Algérie,
14:34malgré tout, cette annonce,
14:36cette demande de réexaminer tous les
14:38accords depuis 1968 avec
14:40l'Algérie, c'est quand même un pas de plus qui est
14:42franchi, non ?
14:44De toute façon, il a cherché une voie médiane
14:46en bon centriste entre
14:48la ligne Retailleau, ça suffit
14:50maintenant, on arrête tout,
14:52et Jean-Noël Barraud
14:54qui, lui, voulait
14:56donner primeur à la diplomatie.
14:58En effet,
15:00il a émis
15:02cette espèce d'ultimatum.
15:04Pendant cinq ou six semaines,
15:06on essaye
15:08que l'Algérie fasse un effort. Et là,
15:10on voit que l'Algérie a déjà réagi,
15:12mais ce n'est pas tellement étonnant.
15:14En annonçant la suspension des relations entre le Sénat
15:16algérien et le Sénat français.
15:18François Bayrou
15:20sait qu'il faut
15:22préserver, quand même,
15:24de nombreuses choses,
15:26ne serait-ce que la communauté algérienne
15:28qui est importante en France, et les gens d'origine
15:30algérienne en France.
15:32On a aussi besoin de l'Algérie
15:34dans la lutte contre le terrorisme.
15:36Il y a le cas de Boalem Sensal, bien sûr,
15:38qui est toujours en suspens.
15:40Voilà, ça reste quand même des sujets délicats.
15:42Et donc, il a quand même
15:44cherché à
15:46ne pas trop
15:48mettre d'huile sur le feu, tout en
15:50essayant de rester
15:52ferme, parce que l'attentat de Mulhouse
15:54l'a montré, et
15:56de nombreux sondages lui donnent raison
15:58quand il dit que les Français ne supportent
16:00plus que des EQTF
16:02commettent des choses graves.
16:04Et en l'occurrence, cet homme
16:06avait été refoulé d'Algérie,
16:08je crois que c'est 14 fois.
16:10Oui, c'était 10 fois au départ, et maintenant, effectivement,
16:12ça serait 14 fois. Olivier Beaumont, il a raison,
16:14Premier ministre, de marcher un petit peu
16:16sur ce film.
16:18Je ne partage pas tout à fait cette analyse.
16:20En tout cas, je serais un peu moins nuancé.
16:22Je trouve quand même qu'il y a
16:24un ultimatum qui est posé par
16:26François Bayrou, et que ce serait
16:28plutôt la ligne dure, la ligne de Bruno
16:30Retailleau, qui l'a emporté dans cette séquence,
16:32parce que ceux qui étaient plutôt sur une
16:34logique de ménager
16:36les autorités algériennes
16:38et de donner du temps étaient plutôt sur une temporalité
16:40beaucoup plus longue, c'est-à-dire
16:42de donner 3, 4, voire 6 mois
16:44de possibles échanges,
16:46discussions avec Alger pour
16:48voir ce qu'on peut faire avec cet accord, ce qu'on peut discuter,
16:50aménager ou pas, et puis sinon
16:52le dénoncer. Là, finalement,
16:54la temporalité que donne
16:56François Bayrou est quand même très restreinte, je trouve.
16:586 semaines, c'est très rapide.
17:00Il y a cette fameuse liste de ressortissants
17:02qu'il veut donner à Alger pour qu'il soit
17:04renvoyé chez eux,
17:06et je pense qu'il ne l'a
17:08pas fait sans
17:10l'aval de l'Élysée.
17:12Emmanuel Macron
17:14ne s'exprimera pas cette semaine sur ce sujet
17:16parce qu'il y a eu ce déplacement
17:18à Washington, il y a cette visite d'État au Portugal
17:20en fin de semaine, donc c'était compliqué en termes d'agenda,
17:22mais on sait qu'à l'Élysée,
17:24on réfléchit pour, en tout
17:26cas, pour faire une expression,
17:28une prise de parole, je ne pense pas, mais en tout cas,
17:30la semaine prochaine ou la semaine suivante sur le sujet,
17:32et je sais qu'autour du Président,
17:34certains, en tout cas, poussent pour que
17:36le Président soit plutôt sur une ligne de fermeté
17:38par rapport à Alger, et moi, j'y vois
17:40quand même, dans ce qu'a dit François
17:42Bayrou, ce signe-là, parce qu'il
17:44voit bien aussi, il y a l'émotion
17:46après l'attaque de Mulhouse et ce
17:48ressortissant qui aurait dû être expulsé
17:50quand même plus d'une dizaine de fois, ça n'a pas pu être fait,
17:52donc il faut répondre à l'émotion, et puis tout le monde le sait
17:54très bien, cet accord,
17:56ça ne fonctionne plus, d'ailleurs, il n'est plus vraiment
17:58respecté aujourd'hui, donc,
18:00à un moment donné, d'une manière ou d'une autre,
18:02il faudra le dénoncer pour peut-être aller vers
18:04autre chose, et un dernier mot,
18:06très bref, sur la riposte d'Alger
18:08aujourd'hui par rapport au Sénat,
18:10je la mets plus en écho par rapport au déplacement
18:12du Président du Sénat, Gérard Archer,
18:14au Sahara occidental, je me suis rappelé
18:16pour nos auditeurs, pourquoi ça crispe
18:18à Alger, parce que l'été dernier, le Président
18:20de la République, Emmanuel Macron, a reconnu
18:22la souveraineté de ce territoire
18:24indépendant qui n'a pas de statut officiel
18:26auprès des Nations Unies,
18:28pour le Maroc, et le Maroc, c'est quand même l'ennemi juré
18:30d'Alger, et donc, voilà, ce déplacement
18:32qui a mis le feu aux poudres
18:34il y a 6 mois, et là, ce déplacement de Gérard
18:36Archer, cette visite,
18:38que ça nous a présenté comme ça, de Gérard Archer
18:40au Sahara occidental, la réponse immédiate
18:42des autorités d'Alger, auront les relations
18:44entre le Sénat algérien
18:46et le Sénat français. Mais vous vous dites
18:48dénonciation inéluctable de ces accords,
18:50c'est ce qui va se passer ? Je ne vois pas comment
18:52un accord qui a déjà été revu
18:54trois fois, un accord qui a 50 ans
18:56donc, on peut quand même considérer aujourd'hui
18:58qu'il n'est plus,
19:00il ne correspond plus, en tout cas, à la réalité
19:02sociale, politique,
19:04sociétale, même,
19:06des deux rives de la Méditerranée
19:08et qu'un nouvel accord, pourquoi pas,
19:10ou tout simplement, remettre le statut
19:12des Algériens sur le même statut
19:14de droit commun que n'importe quel autre ressortissant
19:16étranger, voilà.
19:18L'accord facilite, je le rappelle, pour l'occasion des spectateurs
19:20et auditeurs, facilite l'installation des Algériens
19:22en France, dans des conditions
19:24qui sont moins favorables qu'à l'époque.
19:26C'est quand même un sujet qui est aussi porté très fortement
19:28par certains piliers aussi de la
19:30Macronie, comme Édouard Philippe,
19:32Gabriel Attal, donc c'est vraiment un sujet
19:34qu'on ne découvre pas
19:36au sein de l'exécutif
19:38depuis samedi. Il y a eu des vraies
19:40prises d'opposition depuis déjà deux, trois mois
19:42au sein de l'exécutif, sans parler
19:44bien sûr du côté
19:46des autres partis politiques.
19:48Je suis assez d'accord avec le côté, c'est quand même plutôt la ligne
19:50dure de fermeté qu'il a
19:52emportée aujourd'hui, parce que Jean-Noël Barraud,
19:54le ministre des Affaires étrangères, lui ce matin
19:56sur France 2,
19:58avant d'aller à cette réunion de cet après-midi,
20:00il avait fait d'autres propositions.
20:02Lui disait qu'il faudrait réfléchir
20:04à des restrictions de visa au niveau
20:06européen pour les pays qui refusent
20:08de reprendre leurs ressortissants
20:10sous au QTF. Il évoquait aussi le fait
20:12de baisser les droits de douane pour les pays
20:14qui joueraient le jeu. Et alors cet après-midi,
20:16j'ai écouté attentivement le Premier ministre,
20:18il n'a pas du tout été question
20:20de ces sujets-là. Le Premier ministre est
20:22très vite allé sur
20:24le réexamen des accords, et s'il faut aller
20:26jusqu'à remettre en cause les accords de 68,
20:28et donc dans un calendrier,
20:30effectivement, Olivier le disait, extrêmement
20:32contraint, et en leur disant
20:34voilà, là on va vous donner une liste
20:36d'au QTF qu'on veut absolument
20:38expulser, vous avez intérêt
20:40à les reprendre assez rapidement, sinon
20:42la fin du bras de fer, c'est qu'on
20:44dénoncera les accords. Donc je suis plutôt
20:46effectivement sur la ligne, c'est plutôt la
20:48ligne Retailleau qu'il a
20:50emportée à ce stade. Donc ça veut dire
20:52Michael Darmant que c'est la ligne du ministre
20:54de l'Intérieur qui prévoit en matière de
20:56diplomatie ? En ce moment, oui,
20:58en tout cas sur le dossier algérien. Parce que
21:00l'attitude
21:02à avoir et à maintenir
21:04sur le dossier algérien, c'est au fond
21:06aussi une question de politique intérieure.
21:08C'est-à-dire que c'est ce que
21:10les Français attendent. Ils attendent
21:12d'avoir une attitude
21:14ferme d'un gouvernement, d'un président
21:16de la République, d'une France qui est considérée comme
21:18étant humiliée parce que
21:20on renvoie,
21:22on expulse et en fait on se fait renvoyer
21:24les expulsés et que l'Algérie
21:26de toute façon, quoi qu'on fasse,
21:28renvoie des baffes, en permanence.
21:30D'ailleurs, Emmanuel Macron, depuis
21:322017, n'a de cesse de tenter
21:34de se réconcilier ou de réconcilier
21:36les mémoires françaises et algériennes
21:38et c'est sans arrêt
21:40des échecs et des fins
21:42de non recevoir. Là, il y a aussi
21:44un élément qui énerve considérablement
21:46les Algériens, c'est que
21:48les visas accordés aux dignitaires
21:50pour, en particulier,
21:52se faire soigner dans les hôpitaux
21:54français ou avoir d'autres
21:56démarches, ont été également
21:58réduits
22:00et ça réduit leur
22:02déplacement. François Bayer, on lance d'ailleurs
22:04un audit sur les visas et explique que leur délivrance
22:06tiendra compte des réadmissions.
22:08Donc là, ça énerve
22:10beaucoup les Algériens
22:12à ce niveau-là et donc
22:14oui, on est
22:16inéluctablement sur la
22:18crise parce que, comme ça a été
22:20rappelé très justement, tout part de
22:22la décision du
22:24Président de la République à l'été dernier
22:26de reconnaître la souveraineté
22:28du Maroc sur le Sahara
22:30occidental. Et tant qu'au fond
22:32cette position française
22:34bougera, je ne vois pas pourquoi elle devrait bouger
22:36apparemment, eh bien, il y aura cette
22:38tension qui ne fera qu'aller vers la
22:40crise. On n'est plus dans le mot tension, on est vraiment
22:42maintenant dans la crise ouverte face à l'Algérie.
22:44Mais est-ce que ça marche cette attitude ?
22:46Parce que, vous le disiez,
22:48les Français veulent de la fermeté sur les
22:50OQTF. Et de manière générale
22:52ils veulent de la fermeté sur tout.
22:54Mais est-ce que cette attitude des deux parties,
22:56en particulier de la France, va permettre d'être plus efficace
22:58dans le traitement des OQTF ? C'est ça la
23:00question ? Il faudra effectivement peut-être
23:02être créatif vis-à-vis
23:04des OQTF. Si les pays en
23:06permanence ne veulent pas
23:08recevoir, en particulier l'Algérie,
23:10parce que les autres pays ont peut-être
23:12d'autres approches. C'est quoi être créatif ?
23:14On avait entendu, effectivement,
23:16qu'il y avait des possibilités, peut-être qu'il
23:18y ait des expulsés dans d'autres pays,
23:20temporairement, de manière à ce qu'ils soient
23:22ensuite réintégrés dans leur
23:24pays d'origine. Peut-être. Et alors,
23:26justement, ce soir, j'avais en invité
23:28sur France Info, Olivier Becht,
23:30qui est un ancien ministre et qui est le député de la
23:32circonscription de Mulhouse, qui lui a
23:34fait cette proposition, justement. Il part du
23:36principe qu'avec l'Algérie, le bras de fer, ça ne marchera
23:38pas, les visas, ça ne marchera pas,
23:40et donc qu'il faudrait délocaliser,
23:42envoyer dans un autre pays
23:44les personnes sous OQTF. On va
23:46l'écouter. Pour moi,
23:48le rapport de force avec l'Algérie
23:50ou avec d'autres
23:52pays n'est pas nécessairement
23:54la meilleure voie. Pourquoi ?
23:56Parce qu'on a déjà essayé, notamment sur les visas,
23:58ça a duré quatre ans, rien
24:00n'a bougé. Et moi, ce que je propose,
24:02c'est de prendre l'aide économique
24:04et au développement qu'on donne aujourd'hui, par
24:06exemple, à l'Algérie, de l'ordre de
24:08130 millions d'euros, et de prendre
24:10cette aide et de le donner à un autre pays,
24:12qui accepterait
24:14de reprendre des ressortissants algériens
24:16ou d'autres nationalités,
24:18et qui permettrait ainsi à la France
24:20d'exécuter concrètement
24:22ses obligations de quitter le territoire français.
24:24Voilà. Délocaliser les OQTF
24:26dans d'autres pays, sachant,
24:28j'avais ces
24:30interrogations avec Olivier Bech, en disant
24:32là, on parle quand même, typiquement,
24:34pour le cas de l'accusé
24:36de Mulhouse, de quelqu'un de dangereux,
24:38que la France ne veut plus,
24:40que l'Algérie manifestement ne veut pas non plus
24:42récupérer, ça va pas être forcément évident
24:44de convaincre des pays
24:46d'accueillir sur leur territoire ce genre
24:48de profil. C'est pour ça qu'il dit qu'il faut que ce soit pour
24:50des OQTF même pas dangereux, que ce soit pour vraiment tout type
24:52de personnes qu'on cherche à expulser.
24:54Oui, alors, ce qui est un petit peu paradoxal quand même,
24:56parce qu'on a donc le sentiment que c'est
24:58plutôt la ligne Retailleau qui l'a emporté
25:00à l'issue de ce comité
25:02consacré à l'immigration,
25:04comité interministériel, et paradoxalement
25:06justement, je trouve que
25:08cette ligne de fermeté,
25:10vous venez de le rappeler, n'a pas été celle
25:12qui a fonctionné ces derniers mois, et j'ai même envie de dire
25:14ces dernières semaines, et c'est la ligne
25:16Retailleau, et quand même un petit peu un échec aussi
25:18sur le dossier algérien, dire que Bruno Retailleau
25:20le jour, le jour où il s'installe
25:22à Beauvau, il fait clairement
25:24comprendre autour de lui, y compris
25:26des gens qui sont à Beauvau
25:28que, vous allez voir ce que vous allez voir, avec moi
25:30avec l'Algérie, je vais y aller de méthode dure,
25:32d'ailleurs j'irai à Alger, on va régler ça très vite,
25:34en gros, un mois plus tard,
25:36le dossier sera réglé. Il fait des déclarations,
25:38des interviews, une soit cette une notamment dans
25:40l'Express, on l'a vu partout,
25:42où il va très fort contre le régime d'Alger, il a un discours
25:44très performatif et très offensif
25:46dessus, et ça aussi ça a quand même braqué
25:48les autorités d'Alger, et ça aussi
25:50ça a quand même empêché qu'un certain
25:52nombre de QTF ne soient pas
25:54respectés. Et Bruno Retailleau aujourd'hui est accusé
25:56par l'ERN de ne rien pouvoir
25:58faire, c'est l'ERN qui se fend ses mains. Ils ont pas totalement
26:00tort, parce que sur ce bilan-là,
26:02le bilan de Bruno Retailleau sur le dossier algérien,
26:04il est nul, pardon de le dire, mais
26:06c'est zéro pointé. Vous êtes d'accord Adrien Brachet ?
26:08En tout cas, l'ERN est dans une phase politique
26:10d'offensive très claire contre
26:12Bruno Retailleau, parce que Bruno Retailleau dans les
26:14baromètres de popularité, notamment
26:16dans le dernier baromètre de
26:18cluster pour le point, Bruno Retailleau
26:20passe devant Jordan Bardella, donc ils ont
26:22peur, au fond, que
26:24Bruno Retailleau capte une partie de leur
26:26électorat, et donc il y a une offensive,
26:28je crois que, juste après
26:30l'attentat de Mulhouse, Jordan Bardella notamment
26:32est intervenu pour dire
26:34soit, je sais plus quelle était la
26:36déclaration exacte, mais en
26:38quelques mots, soit
26:40Bruno Retailleau agit, soit il s'en va. Donc il y a
26:42une offensive extrêmement forte de la part du
26:44Rassemblement National, qui a un objectif
26:46politicien derrière aussi, c'est certain,
26:48mais ce qui est sûr, c'est que là où je rejoins ce qui a pu
26:50être dit sur la ligne dure, c'est que le délai
26:52des six semaines décidées par François
26:54Bayrou, c'est vrai que c'est un délai qui est quand même très
26:56court, très dur, et on est sur un sujet tellement
26:58complexe qu'en effet c'est un sujet où
27:00les déclarations et les délais très courts
27:02ne suffisent pas forcément à rentrer dans la profondeur
27:04du sujet, et à régler
27:06ce problème de relation franco-algérienne
27:08qui remonte à très loin.
27:10Juste d'un mot, Elisabeth Pinot, les ennuis commencent vraiment maintenant
27:12pour Bruno Retailleau ? Ah ben bien entendu,
27:14et d'ailleurs le Rassemblement National
27:16l'attend au tournant, c'est en effet sa cible
27:18principale, parce qu'il voit le danger
27:20et en attendant,
27:22Jean-Denis Bardella, il fait applaudir Donald Trump
27:24qui a réussi cette opération avec la
27:26Colombie, en forçant la Colombie à reprendre
27:28ses UQTF, et les militants
27:30applaudissent, donc voilà, il faudra
27:32des résultats au bout de ces six semaines
27:34pour que Bruno Retailleau
27:36et François Bayrou, voilà,
27:38les difficultés commencent incontestablement.
27:40Et Bruno Retailleau est engagé dans une course
27:42à la présidence de son parti, en plus Les Républicains,
27:44donc il y a aussi ça qui va se jouer... En parallèle, bien sûr,
27:46bien sûr, il est en campagne,
27:48voilà, quand on est en campagne, il faut des résultats,
27:50il faut des arguments. Et le fait
27:52quand même que Bolsonaro n'ait pas encore
27:54été libéré, par contre, ça représente
27:56quand même un échec sur sa mémoire de la diplomatie française.
27:58En tout cas, c'est lui qui pâtit de cette crise,
28:00actuellement, ça c'est clair. Vous restez avec nous,
28:02les informés se poursuivent, on va parler
28:04de Mohamed Amra, qui est incarcéré
28:06à la prison de Condé-sur-Sarthe,
28:08dans l'ordre depuis 24h. France Info,
28:10les 20h31, c'est l'Info avec
28:12Stéphane Milhomme.
28:16...
28:20Volodymyr Zelensky sera
28:22à Washington, après-demain, notamment
28:24pour conclure un accord sur les minerais ukrainiens.
28:26Le président ukrainien qui
28:28insiste ce soir sur les garanties de sécurité
28:30de l'Ukraine. Peu de temps avant,
28:32Donald Trump, lui, avait assuré que c'était
28:34à l'Europe d'assurer la sécurité de Kiev,
28:36pas aux Etats-Unis. Le président
28:38américain déclare aussi que l'Ukraine peut
28:40oublier une adhésion à l'OTAN,
28:42ce que réclame de longue date le président
28:44ukrainien. Les dépouilles de 4
28:46otages israéliens seront remises
28:48cette nuit par le Hamas et sans cérémonie
28:50publique, comme l'avait demandé l'Etat hébreu,
28:52en échange de la libération de
28:54600 prisonniers palestiniens.
28:56La famille du dernier franco-israélien
28:58retenu à Gaza redoute qu'il en fasse partie.
29:00Emmanuel Macron dit ce soir
29:02être de tout cœur avec elle.
29:04C'est une peine rarissime. Brahim Aouissaoui
29:06a été condamné ce soir à la perpétuité
29:08incompressible pour l'attentat de la
29:10Basilique de Nice, reconnu coupable
29:12de l'assassinat de trois personnes dans
29:14l'édifice en octobre 2020.
29:16Il avait revendiqué son acte par le droit
29:18de venger les musulmans tués par
29:20l'Occident. La France va demander
29:22à l'Algérie de réexaminer la totalité
29:24des accords entre les deux pays, annonce
29:26François Bayrou aujourd'hui, après un conseil
29:28interministériel sur l'immigration cet après-midi.
29:30Selon le Premier ministre, ces accords
29:32qui prévoient notamment des conditions favorables
29:34d'immigration pour les Algériens
29:36ne sont pas respectés. Enfin,
29:38qu'il soit classique ou original, aimez-vous
29:40notre prénom ? Neuf Français sur dix
29:42assurent en être contents, selon une étude
29:44dévoilée par ICI, ex-France Bleu,
29:46ce soir. Vingt pour cent assurent avoir
29:48déjà été moqués en raison de leur prénom
29:50et huit pour cent des parents disent
29:52eux regretter celui qu'ils ont donné à leur enfant.
29:56France Info
29:5820h,
30:0021h, les informés
30:02Aurélie Herbemont, Thomas Echier
30:04Toujours en compagnie
30:06d'Elisabeth Pinot, correspondante de l'agence
30:08Twitter pour Matignon et pour l'Elysée, de
30:10Miquel Darmont, éditorialiste Ali 24
30:12News, d'Adrien Braché,
30:14journaliste politique au point et d'Olivier Beaumont,
30:16chef adjoint du service
30:18politique du Parisien. Aujourd'hui
30:20en France, on va parler à présent
30:22de Mohamed Hamra,
30:24incarcéré à la prison de
30:26Condé-sur-Sarthe, Aurélie. Oui, le
30:28narcotrafiquant est arrivé hier
30:30de Roumanie où il avait été arrêté samedi.
30:32Mohamed Hamra est mis en
30:34examen pour meurtre, tentative
30:36de meurtre, évasion, vol,
30:38recel de vol, le tout en
30:40bande organisée ainsi que pour
30:42association de malfaiteurs. Il a
30:44passé sa première nuit à la prison de
30:46Condé-sur-Sarthe, en Normandie, une des
30:48plus sécurisées du pays et le
30:50ministre de la Justice, Gérald
30:52Darmanin, assure que ses conditions de
30:54détention sont très strictes avec un régime
30:56d'isolement extrêmement difficile.
30:58Il aura le droit à une heure de
31:00promenade par jour, seul, sans jamais
31:02croiser un autre détenu. Il aura
31:04le droit à deux heures de communication
31:06téléphonique écoutée
31:08par les services de renseignement.
31:10Il aura le droit
31:12à trois visites par semaine extrêmement
31:14contrôlées avec des fouilles systématiques.
31:16C'est donc un régime d'isolement extrêmement
31:18difficile qui préfigure le régime
31:20de détention que je vais proposer au Parlement
31:22la semaine prochaine. C'est en effet la
31:24semaine prochaine que le garde des Sceaux
31:26fera des annonces sur la future
31:28prison de haute sécurité qui devra
31:30regrouper à partir de cet été
31:32les 100 plus gros narcotrafiquants du pays.
31:34On a l'impression que Mohamed Hamra va servir
31:36de test au gouvernement.
31:38En tout cas, je pense que Gérald Darmanin
31:40veut insister là-dessus
31:42puisqu'en effet, il y a ce projet de
31:44prison de haute sécurité qui
31:46rejoint des recommandations qui avaient été
31:48faites par la commission d'enquête
31:50du Sénat sur le narcotrafique
31:52qui, au-delà du risque d'évasion
31:54notamment dans le cas de Mohamed Hamra,
31:56disait qu'un des problèmes aujourd'hui avec le
31:58narcotrafique, c'est que vous avez en prison
32:00des narcotrafiquants qui continuent à opérer
32:02ce qui était le cas de Mohamed Hamra
32:04qui continuent
32:06de commanditer
32:08et qui peuvent continuer à exercer
32:10leur trafic mais qui peuvent aussi commanditer
32:12des violences, des assassinats. Donc, il y a
32:14un problème aussi sur la façon dont on gère
32:16l'incarcération. Donc, c'est aussi
32:18pour ça que ce sujet arrive maintenant.
32:20Je pense qu'il y a aussi
32:22alors là, si on rentre dans un sujet
32:24d'une partie très politicienne,
32:26une petite bataille entre Gérald Darmanin
32:28et Bruno Retailleau. Et donc, Gérald Darmanin
32:30est très heureux aussi, je pense,
32:32de pouvoir s'exprimer sur la partie
32:34vraiment justice de ce dossier
32:36pour montrer que, lui aussi,
32:38en étant au ministère de la Justice,
32:40il garde la fermeté qu'il avait à l'époque
32:42du ministère de l'Intérieur. Donc, il y a les deux.
32:44Il y a à la fois un vrai sujet de fond sur la question de l'incarcération
32:46et, bien sûr, Gérald Darmanin
32:48qui a un enjeu d'affichage politique.
32:50Il sert de communication, en fait, pour le ministre
32:52Mohamed Hamra ?
32:54Là, c'est sûr qu'il y a une opportunité.
32:56C'est pas le bon terme, forcément.
32:58C'est un peu cynique de dire ça.
33:00Ce qui arrive là, en tout cas,
33:02va permettre à Gérald Darmanin
33:04de porter son argumentaire
33:06et les conditions de détention
33:08dans la prison de Condé-sur-Sartre
33:10vont quand même permettre à Darmanin
33:12d'expliquer aux Français, vous voyez,
33:14comment on peut incarcérer
33:16un détenu radicalisé,
33:18considéré comme très dangereux.
33:20Et, de manière de dire, avec ce genre de cellules,
33:22on peut effectivement protéger
33:24les Français.
33:26En sachant qu'Hamra ne s'est pas évadé de prison.
33:28Il ne s'est pas évadé de prison.
33:30Il s'est évadé pendant son transfert
33:32vers le tribunal.
33:34L'enquête l'a démontré.
33:36Tout s'est passé depuis sa cellule.
33:38Il y a eu d'énormes communications vers l'extérieur.
33:40C'est quelqu'un qui a organisé
33:42ses réseaux et qui a même commandité
33:44parfois des meurtres à Marseille
33:46depuis sa cellule.
33:48C'est quelqu'un qui s'est,
33:50d'ailleurs, on l'appelle la mouche,
33:52et pas que physiquement.
33:54Là, ça va quand même très vite.
33:56Il y a eu cette proposition
33:58du ministre de la Justice
34:00il y a 3-4 semaines. On se disait un petit peu tous
34:02au départ, c'est quoi cette prison de haute sécurité ?
34:04Encore un effet d'annonce ?
34:06En plus, il y a une question budgétaire qui va quand même se poser.
34:08Aura-t-il vraiment les moyens de ses ambitions ?
34:10Dans la foulée, il va en Italie
34:12pour un peu s'inspirer de ce modèle-là.
34:14Contre la mafia.
34:16Et là, il arrive avec une proposition de loi.
34:18Et le contexte, effectivement,
34:20le contexte AMRA, le contexte
34:22sécuritaire, va le porter aussi
34:24à l'Assemblée nationale. Parce que c'est typiquement
34:26un sujet sur lequel
34:28il peut espérer, peut-être, avoir une majorité
34:30à l'Assemblée nationale.
34:32Je pense qu'au Sénat, il n'y aura pas trop de difficultés
34:34puisqu'il est majoritairement à droite.
34:36Politiquement, effectivement, c'est une séquence
34:38qui va l'aider.
34:40Qui va aussi le servir politiquement par rapport
34:42à des raisons de concurrence
34:44avec son homologue à Beauvau.
34:46Gérald Darmanin sait communiquer
34:48et ça, on n'a pas de doute là-dessus, il le fait.
34:50Et il ne va pas s'arrêter de le faire.
34:52Il ne va pas s'arrêter de le faire.
34:54Le gouvernement joue gros, en tout cas, sur cette incarcération.
34:56Oui, alors, c'est vrai que
34:58Darmanin avait l'habitude de dire, quand il était à Beauvau,
35:00le problème de la police, c'est la prison.
35:02Et donc, là, maintenant, il est passé
35:04de l'autre côté, il est passé des côtés de la justice.
35:06La justice aussi, la manière
35:08dont on était en prison ou pas.
35:10Et en fait, cette fois-ci,
35:12il peut donner toute sa mesure.
35:14Mais en fait, effectivement,
35:16on en fait beaucoup
35:18sur l'arrestation,
35:20les conditions d'étention
35:22d'Amra, parce qu'en fait,
35:24il s'agit aussi de masquer un grand dysfonctionnement.
35:26Il s'agit de masquer le fait que
35:28la façon, justement, que vous évoquiez
35:30de son évasion
35:32a révélé
35:34des graves dysfonctionnements
35:36dans le cloisonnement des informations
35:38puisque, en réalité, le dispositif
35:40qui avait été mis en place
35:42pour le transfert d'Amra à ce moment-là
35:44ne répondait pas
35:46au statut de détenu dangereux
35:48parce qu'il n'avait pas les informations, tout simplement,
35:50dans l'administration pénitentiaire.
35:52Et donc, il y a aussi une grande enquête en ce moment
35:54qui est en train de se faire, un grand audit
35:56qui est en train de se mettre en place avec beaucoup de difficultés
35:58parce qu'on s'aperçoit qu'effectivement, ça ne circule pas.
36:00Les informations entre la police
36:02et l'administration pénitentiaire
36:04et même certains magistrats
36:06ne circulaient pas
36:08parce qu'ils n'étaient pas tout simplement
36:10prévenus à la prison du réel statut
36:12du détenu auquel cas
36:14un dispositif aurait été mis en fonction.
36:16Donc, il en fait beaucoup aussi
36:18parce qu'en réalité, ça ne se passe pas très bien.
36:20C'était l'un des arguments
36:22lorsqu'il a annoncé
36:24ces prisons de haute sécurité.
36:26Les syndicats disaient
36:28ça ne va rien régler,
36:30les prisons sont surpeuplées,
36:32il y a des problèmes divers et variés qui font que ça ne va rien changer.
36:34Enfin, il faut reconnaître que ça apporte
36:36vraiment de l'eau au moulin, cette arrestation.
36:38Il faut évidemment féliciter
36:40les services de police qui ont vraiment très bien travaillé
36:42parce que c'est un coup de filet en plus général
36:44qui arrive à point nommé pour le ministre.
36:46En effet, j'ai compris que
36:48cette prison de haute sécurité serait
36:50annoncée avant la fin de la semaine,
36:52d'ici la fin de la semaine et que ce ne serait pas une nouvelle prison.
36:54On va désigner une prison
36:56qui existe déjà, donc pas de problème
36:58budgétaire, outre-mesure.
37:00Il a besoin de 4 millions,
37:02Gérald Darmanin, pour mettre au point
37:04cette prison et il dit qu'il les a.
37:06Voilà, donc ça c'est déjà
37:08un écueil important parce que c'était aussi
37:10une critique qu'on lui faisait, on ne lui aura pas encore construit
37:12des choses, on n'a pas les moyens pour ça.
37:14En effet, c'est une séquence
37:16qui est bonne pour lui.
37:18C'est finalement
37:20du court terme, on verra
37:22ce qu'il en est, mais en tout cas c'est une bonne semaine
37:24pour Gérald Darmanin
37:26en termes de communication
37:28et les policiers l'y aident par ce travail.
37:30Je voudrais quand même vous soumettre
37:32la déclaration de l'avocat de Mohamed Amra
37:34qui souhaite que l'isolement de son client
37:36respecte sa dignité.
37:38Il explique que notre démocratie
37:40ne se grandira que si elle traite ceux
37:42qu'elle considère comme les pires, à tort ou à raison,
37:44le plus dignement possible.
37:46Il fait son travail d'avocat.
37:48Il faut entendre aussi cette parole.
37:50C'est ce qu'on a entendu de la part de
37:52le garde des Sceaux qui a aigréné
37:54les droits.
37:56Un mot par rapport à ça, c'est vrai que
37:58les narcotrafiquants aussi
38:00entendent ce qui se passe et ce qui se prépare.
38:02J'entendais hier, je ne suis pas spécialiste
38:04de ça, mais j'entendais hier un avocat
38:06qui connaît bien cet écosystème et qui disait qu'en fait
38:08ils sont en train de se préparer et en train de réorganiser
38:10aussi la manière dont ils fonctionnent
38:12avec une montée en puissance
38:14des délégations, puisque s'ils sont
38:16tous isolés et enfermés,
38:18il y a déjà des délégués
38:20qui sont en train de se préparer pour pouvoir justement
38:22pallier une éventuelle législation
38:24qui enfermerait
38:26les narcotrafiquants qui jusqu'à présent
38:28peuvent encore agir à partir de leurs cellules.
38:30Est-ce qu'il n'y a pas un décalage entre
38:32les annonces sur cette fameuse prison de haute sécurité
38:34avec les 100 plus grands narcotrafiquants
38:36de France et l'énorme
38:38problème de moyens des prisons
38:40françaises, la surpopulation carcérale
38:42qui mène encore tous les mois ?
38:44Le nombre de narcotrafiquants en prison,
38:46aujourd'hui Gérald Darmanin donne le chiffre,
38:48il y a 17 000 narcotrafiquants qui dorment
38:50aujourd'hui en prison.
38:52Donc la prison
38:54de haute sécurité qui sera opérationnelle cet été
38:56est là pour isoler les 100
38:58plus gros,
39:00mais le garde des Sceaux
39:02estime qu'il y a peut-être 600,
39:04700 détenus
39:06narcotrafiquants qui sont dangereux.
39:08Donc même cette prison de haute sécurité,
39:10si elle prend que les parrains, dirons-nous,
39:12les plus gros, ça ne va pas solutionner
39:14tout le problème de la gestion
39:16des narcotrafiquants qui sont en prison
39:18puisque cette prison de haute sécurité,
39:20manifestement, il y aura
39:22des brouilleurs pour qu'il n'y ait pas
39:24possibilité d'avoir des téléphones portables,
39:26de l'isolement,
39:28il faut éviter de déclencher dans une seule
39:30et même prison une espèce de guerre des gangs
39:32entre potentiellement des narcotrafiquants
39:34qui sont concurrents entre eux
39:36à l'extérieur et qui pourraient se retrouver là.
39:38Mais on se rend compte que cette prison
39:40dont le ministre
39:42de la Justice
39:44veut faire un emblème de sa lutte contre les narcos
39:46ne va peut-être traiter
39:48qu'une infime partie du problème.
39:50Il y a toujours
39:52cet écueil pour les politiques,
39:54on en parlait tout à l'heure pour Bruno Retailleau
39:56sur les expulsions
39:58des OQTF.
40:00Là, il va falloir aussi que cette prison
40:02de haute sécurité ne cache pas
40:04des échecs dans d'autres prisons
40:06à contrôler les narcotrafiquants
40:08qui sont beaucoup plus nombreux que le
40:10nombre de places disponibles dans cette
40:12future prison de haute sécurité.
40:14Disons qu'il ne faut pas que ce soit une prison Potemkin
40:16d'une certaine manière et qu'en effet, il ne faut pas
40:18que ça empêche à côté de passer
40:20du sujet de la surpopulation carcérale,
40:22de l'état des prisons.
40:24C'est vrai que le risque aussi
40:26c'est d'avoir un effet de fumée
40:28si vous voulez, un nuage de fumée
40:30autour de cette prison-là et qu'on oublie
40:32la complexité du sujet à côté.
40:34C'est aussi là qu'il faut être très prudent
40:36et qu'il faudra aussi regarder attentivement
40:38sur l'ensemble de la question du narcotrafic
40:40les débats qui vont
40:42avoir lieu très prochainement
40:44sur la proposition de loi
40:46sur le narcotrafic qui vient du Sénat
40:48et qui là arrive à l'Assemblée nationale
40:50et qui en effet essaie
40:52de balayer largement
40:54la question des réponses au narcotrafic
40:56avec à la fois, par exemple, travailler sur la question
40:58du statut des repentis,
41:00travailler sur la question de la justice aussi.
41:02Donc il faut une approche globale.
41:04Et de la corruption de l'administration.
41:06Parce qu'il y a une progresse principalement grâce à ça.
41:08Évidemment, politiquement, là
41:10on touche à un problème qui touche
41:12à un très grand nombre de Français.
41:14Avant c'était une affaire de Paris et Marseille,
41:16maintenant les plus petites villes ont des problèmes
41:18d'enlèvement,
41:20de coups de feu,
41:22de dealers en bas des immeubles.
41:24Ça touche vraiment toute la France.
41:26Même les villages, on en parle
41:28et le gouvernement s'en saisit.
41:30Les députés rapportent
41:32toutes ces questions, tous ces problèmes.
41:34Et voilà, c'est vraiment
41:36un des problèmes majeurs
41:38même dans les campagnes françaises.
41:40Certaines autorités considèrent qu'on est quasiment
41:42au stade de devenir un narco-Etat.
41:44Donc il faut quand même en plus se rendre compte
41:46au stade où on en est par rapport
41:48au narco-traffic en France. On n'aurait pas dit ça
41:50il y a quelques années. Là, on est arrivé à un point
41:52où ça devient effectivement, comme Elisabeth le disait,
41:54un sujet crucial. Et pour l'ensemble du pays,
41:56il n'y a plus un département quasiment
41:58qui est épargné par les trafics
42:00de drogue. Et donc, avec les conséquences,
42:02les règlements de comptes
42:04et parfois aussi
42:06des victimes qui sont collatérales
42:08de règlements de comptes
42:10entre différents
42:12gangs de trafiquants de drogue.
42:14Pour conclure...
42:16Sur la surpopulation carcérale, je pense qu'effectivement
42:18la création de cette nouvelle unité de haute sécurité
42:20va potentiellement
42:22ou numériquement l'accroître, en tout cas à court terme.
42:24Puisque ce sera une structure qui va être
42:26créée sur une structure existante,
42:28je pense qu'on sera
42:30potentiellement... C'est une prison
42:32qui aujourd'hui accueille peut-être
42:34300 ou 400 détenus, qui demain va
42:36devenir une prison de haute sécurité qui va accueillir
42:38100 détenus.
42:40Donc ça veut dire qu'on va avoir
42:42300 ou 400 détenus qui vont devoir être déployés sur les autres prisons.
42:44Donc ça va, en tout cas à court terme,
42:46je pense, ne pas du tout régler, même au contraire,
42:48accentuer le problème de la surpopulation carcérale.
42:50Et on en reparlera évidemment
42:52sur France Info. Vous restez avec nous. Dans un instant,
42:54notre dernier sujet.
42:56Karine Lemarchand, animatrice télé,
42:58qui se transforme quasiment en ministre
43:00de l'Agriculture, aujourd'hui en visite
43:02au Salon de la Porte de Versailles à Paris.
43:04On en parle juste après le Fil Info de Stéphane Milhomme.
43:06Il est 20h46.
43:08L'ex-épouse de Joël Squarnec
43:10réaffirme ne jamais s'être
43:12doutée des penchants pédocriminels
43:14de son ex-époux. Elle est entendue
43:16en ce moment par la Cour criminelle du Morbihan,
43:18l'ex-cirurgien jugé depuis
43:20lundi pour violences sexuelles sur
43:22près de 300 patients, bien souvent des mineurs.
43:24Donald Trump annonce
43:26que les produits européens seront prochainement
43:28taxés à 25% sur les droits
43:30de douane. Le chef de la Maison Blanche fustise
43:32au passage l'Union Européenne.
43:34Elle a été créée, selon ses propres termes, pour
43:36emmerder les Américains.
43:38Emmanuel Macron pourra en parler dès ce soir
43:40avec son voisin allemand, le futur chancelier
43:42Friedrich Merz-Din
43:44à l'Elysée. Le conservateur
43:46de la CDU arrivait en tête dimanche dernier
43:48des élections législatives allemandes.
43:50Emmanuel Macron se rendra, lui, à Londres
43:52ce dimanche à l'invitation de Keir Starmer
43:54pour parler de la défense,
43:56comme de l'Ukraine. Saint-Brieuc accueille le
43:58PEG sur la pelouse de Rennes. Vous suivrez à 21h10
44:00le coup d'envoi de ce quatrième
44:02quart de finale de la Coupe de France de foot.
44:04En ce moment, Brest et Dunkerque en sont à deux
44:06partout en fin de seconde mi-temps.
44:10France Info.
44:12Les informés.
44:14Aurélie Herbemont.
44:16Thomas Sechier.
44:18Toujours avec
44:20Elisabeth Spineau, Mickaël Darmon,
44:22Olivier Beaumont et Adrien Brachet pour
44:24commenter notre dernier sujet du
44:26soir. Le Salon de l'agriculture
44:28qui bat son plein, Portes de Versailles
44:30à Paris et Karine Lemarchand
44:32qui mobilise la grande distribution.
44:34Et oui, la célèbre animatrice
44:36télé a réuni ce matin
44:38les portes de Versailles, les patrons de Carrefour,
44:40des mousquetaires intermarchés,
44:42de Système U, d'Auchan et de Casino
44:44pour qu'ils s'engagent à aider le monde agricole.
44:46Moi, ça fait
44:4816 ans maintenant que je présente L'Amour est dans le Pré.
44:50J'ai vu passer à peu près 6
44:52ministres de l'agriculture, je crois.
44:54A chaque fois, ils me demandent de venir. A chaque fois, je leur sers mon truc.
44:56Je leur dis qu'il faut un salaire minimum. Bref.
44:58J'essaye de faire ce que je peux
45:00et il ne se passe rien.
45:02Donc, à un moment donné, on ne va pas arrêter d'attendre
45:04que les politiques fassent
45:06quelque chose. Moi, je n'y crois pas.
45:08Parmi les engagements de la
45:10grande distribution sous le haut patronage
45:12de Karine Lemarchand, les
45:14agriculteurs en difficulté pourront, par exemple,
45:16aller voir les magasins proches de leur
45:18exploitation pour écouler leur production.
45:20La séquence vous a surpris,
45:22j'imagine ?
45:24Oui, elle surprend.
45:26Oui et non.
45:28On savait que Karine Lemarchand
45:30est très populaire dans le
45:32monde agricole. Elle les défend toujours.
45:34Sur les manifestations.
45:36Elle a une grande popularité
45:38au sein de ce secteur
45:40en grande difficulté.
45:42Elle a convoqué les patrons de la grande distribution.
45:44Elle comprend
45:46au fond à quel point il y a
45:48une incapacité
45:50des pouvoirs publics à faire réellement
45:52avancer les choses, même si
45:54on sent que l'atmosphère s'est calmée.
45:56On n'entend pas beaucoup de colère
46:00qui se répand
46:02dans les allées du salon.
46:04Mais ça peut repartir.
46:06Il y a quelques accords qui ont été passés.
46:08C'est un salon qui est
46:10moins explosif qu'on ne
46:12pouvait s'attendre.
46:14Elle prend la brèche
46:16d'une forme d'impéritie
46:18des pouvoirs publics
46:20pour pouvoir réunir
46:22ses distributeurs.
46:24Tout le monde n'est pas là.
46:26Toutes les marques ont été citées.
46:28Lidl n'est pas là. Depuis 2021,
46:30il y a déjà un accord tripartite qui fonctionne très bien
46:32entre Lidl et les
46:34producteurs et les industriels.
46:36C'est une marque qui a
46:38beaucoup progressé sur ce secteur.
46:40Elle n'est pas Leclerc non plus.
46:42Pour d'autres raisons.
46:44Les coopératifs non plus ne sont pas là.
46:46Elles engagent
46:48et concernent
46:50également beaucoup de producteurs.
46:52Mais le fait que ce soit une animatrice
46:54de télévision aussi engagée dans la
46:56cause agricole soit-elle, et pas la
46:58ministre de l'Agriculture qui fasse ses annonces,
47:00ça peut paraître étonnant.
47:02Oui, je pense que cette séquence illustre
47:04et révèle, y compris dans les propos
47:06de Karine Lemarchand, l'impuissance du politique.
47:08En effet, Karine Lemarchand est une animatrice
47:10extrêmement populaire dans le monde agricole.
47:12Mais au fond, dans la mise en scène,
47:14que ce soit elle qui convoque
47:16les patrons de la grande distribution,
47:18qui arrive à les rassembler de cette façon,
47:20ça crée un décalage entre
47:22elle, ce qu'elle fait, et
47:24une forme d'impuissance du politique.
47:26Je ne vais pas dire
47:28mise en scène,
47:30parce qu'il y a de sa part, de la part de Karine Lemarchand,
47:32une vraie volonté d'aider.
47:34Mais en tout cas, dans ce dispositif,
47:36il y a quelque chose d'assez
47:38peut-être humiliant pour le politique
47:40aussi, et pour ce qu'il peut faire.
47:42Et sur le salon
47:44de l'agriculture, je pense qu'en effet,
47:46il y a moins peut-être de colère
47:48qui a pu s'exprimer par rapport à l'année
47:50dernière, où ça avait été très dur pour Emmanuel Macron.
47:52Mais je pense qu'il y a quand même
47:54un désarroi très fort
47:56du monde agricole, qui s'exprime
47:58de manière peut-être un peu différente,
48:00mais qui est quand même là. C'est-à-dire qu'il ne faut pas sous-estimer,
48:02il ne faut pas croire que cette question-là
48:04a été réglée, et il reste
48:06de gros enjeux de fond. Je pense à une question,
48:08par exemple, presque métaphysique
48:10pour le monde agricole, qui est la question du renouvellement
48:12des générations, de comment on fait accéder
48:14des jeunes à la propriété
48:16et à l'agriculture, etc., pour qu'on ait
48:18un renouvellement des générations.
48:20C'est un vrai sujet de fond qui n'est pas réglé
48:22aujourd'hui. Olivier Beaumont,
48:24sur son coup de com',
48:26Je rejoins cette analyse, c'est-à-dire qu'il y a comme un
48:28vrai pied de nez pour les politiques, parce qu'elle démontre que
48:30sans circulaire, sans loi, on arrive
48:32à prendre des mesures concrètes, rapides, efficaces.
48:34C'est très rare que tous les patrons de la grande distribution, quasiment,
48:36s'affichent tous ensemble. Oui, alors, le petit bémol
48:38quand même, je trouve qu'il y a un peu aussi
48:40pourquoi n'ont-ils pas, eux, joué le jeu à un moment donné,
48:42pourquoi n'ont-ils pas fait cette proposition à un moment donné
48:44au gouvernement pour aller dans ce sens-là.
48:46Il y a un peu aussi une opération de com'
48:48des deux côtés, c'est-à-dire, il ne faut pas se mentir,
48:50même si, je trouve que dans le détail
48:52de ce qui est proposé, c'est plutôt malin,
48:54franchement, notamment concernant
48:56les agriculteurs
48:58de petites exploitations qui sont en grande
49:00difficulté de contourner
49:02les coopératives. D'ailleurs, on comprend
49:04pourquoi ils n'étaient pas associés à l'opération, parce que
49:06ce sont un peu, pas les dindons de la farce, mais
49:08en tout cas, une façon de contourner pour aller
49:10directement du produit
49:12à la distribution, sans
49:14intermédiaire. Aller le vendre au supermarché.
49:16Exactement.
49:18Aujourd'hui, ce sont quand même
49:20les coopératives qui fixent
49:22des prix, qui étranglent souvent
49:24d'ailleurs, pour en avoir parlé souvent
49:26avec des agriculteurs, qui sont en permanence.
49:28Le sujet, ce n'est pas tant la distribution,
49:30même si c'est un sujet, mais c'est souvent le sujet des coopératives.
49:32Les agriculteurs,
49:34ils s'offrent un peu un coup de com'
49:36de bon marché, comme ça,
49:38avec l'image positive,
49:40même très positive qu'a Karine Lamarchand
49:42auprès du monde agricole, mais aussi
49:44auprès des Français,
49:46parce que c'est une animatrice qui fait des...
49:48Je ne connais pas les scores d'audience
49:50de La Mourée dans le Pré, mais ça fait
49:52quand même plus de 10 ans, 15 ans que cette émission existe.
49:54C'est un succès populaire.
49:56Ils se sont attachés aux agriculteurs,
49:58aux éleveurs, aux exploitants agricoles
50:00qui témoignent
50:02au parcours de vie de ces gens,
50:04pour qui on peut parfois s'identifier aussi auprès d'eux.
50:06C'est aussi une opération de com' pour
50:08l'émission La Mourée dans le Pré, parce que
50:10ces produits qui seront mis dans les rayonnages,
50:12pour que le consommateur les identifie bien,
50:14ils seront étiquetés
50:16La Mourée dans le Pré. C'est comme ça qu'on les reconnaîtra
50:18dans les magasins.
50:20C'est aussi,
50:22en termes d'images positives,
50:24pour M6, pour
50:26l'animatrice, quelque chose de plutôt bénéfique.
50:28Même si ce n'est pas le but.
50:30Je ne dis pas que...
50:32Tout le monde est quand même gagnant
50:34en termes de communication dans cette séquence.
50:36Même si au Salon de l'Agriculture, tout le monde n'a pas été
50:38emballé par cette idée. Par exemple,
50:40la fédération patronale de l'industrie laitière
50:42a ironisé. La Mourée peut-être
50:44dans le Pré, mais pas dans les salles
50:46de négociation. L'Association
50:48Nationale des Industries Alimentaires,
50:50qui représente les agro-industriels,
50:52a dénoncé un énième coup de communication.
50:54Et Christiane Lambert,
50:56que vous vous souvenez peut-être, qui était l'ancienne
50:58patronne de la FNSEA
51:00et qui est maintenant président de la fédération
51:02des entreprises de charcuterie
51:04traiteur, elle se méfie, elle aussi,
51:06des effets d'annonce et des coups de com'.
51:08Comme par hasard, au moment du Salon
51:10et qui ne seront pas forcément suivis
51:12d'effets par la suite. Donc c'est vrai qu'il y a toujours
51:14finalement, c'est un peu le fil conducteur
51:16dès qu'on parle de sujets politiques,
51:18il y a toujours les effets d'annonce et puis
51:20après, comment ça se traduit.
51:22D'ailleurs, je crois que Karine Lamarchand n'a pas tout à fait
51:24compté assez de ministres, puisque tout à l'heure, elle dit
51:26depuis que je fais la Mourée dans le Pré, donc une quinzaine
51:28d'années, j'ai vu passer six ministres.
51:30Je crois qu'il y en a eu beaucoup plus, parce que tout à l'heure, j'ai regardé
51:32depuis Emmanuel Macron, donc depuis 2017,
51:34on est déjà au cinquième ministre
51:36de l'Agriculture, la cinquième en l'occurrence,
51:38puisque c'est Annie Gennevard qui passe
51:40sa semaine au Salon de l'Agriculture cette semaine.
51:42Mais tout le monde y gagne, sauf le gouvernement,
51:44sauf le politique, Elisabeth Pinot, dans cette séquence.
51:46Oui, c'est assez symptomatique
51:48de cet affaiblissement du politique
51:50et puis de la com' qu'on met partout.
51:52Après, ce n'est pas très nouveau, c'est aussi
51:54dans la tradition des
51:56animateurs à la Stéphane Bern,
51:58par exemple, qui s'est engagé pour le patrimoine
52:00et il est allé jusqu'à
52:02le Marche de l'Elysée.
52:04On a vu Brigitte Bardot, autrefois,
52:06qui s'est complètement
52:08investie dans la cause animale,
52:10à la différence près qu'elle,
52:12elle y a passé toute sa vie.
52:14Mais je pense que voilà, des animateurs
52:16ou des acteurs qui prennent faite et cause
52:18pour...
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