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00:0020h, 21h, les informés, Aurélie Herbemont, Thomas Echil.
00:07Bonsoir à tous et bienvenue dans les informés du soir, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité à suivre sur France Info Radio et sur le canal 27 de la TNT avec vous Aurélie Herbemont, bonsoir.
00:18Bonsoir Thomas, bonsoir à tous.
00:19De quoi parle-t-on ce soir ?
00:21Mohamed Amra est de retour en France, après sa cavale de 9 mois, le narcotrafiquant a pu être arrêté grâce à une coopération avec la Roumanie.
00:30Quel bilan de la visite d'Emmanuel Macron à Washington ? Une trêve rapide en Ukraine est-elle vraiment envisageable ?
00:37Le Kremlin est moins ouvert à la présence de troupes européennes en Ukraine que ne semblait l'annoncer hier le président américain.
00:45Faut-il employer la méthode forte avec l'Algérie en diminuant le nombre de visas ?
00:49Après l'attentat de Mulhouse dont le principal suspect est un Algérien sous OQTF refusé à dix reprises par Alger, ce sujet sera au cœur d'une réunion demain autour de François Bayrou.
01:00Et puis le défilé des politiques se poursuit au salon de l'agriculture, pourquoi un tel engouement de nos élus pour la plus grande ferme de France ?
01:08Et pour en parler, nos invités, Christophe Jacubisin, bonsoir, directeur de la rédaction des Echos, Audrey Vuettas, bonsoir,
01:16journaliste politique à Public Sénat, autrice de Traits d'Union, podcast de vulgarisation sur l'Union Européenne,
01:23Laurent Mouloud, bonsoir, rédacteur en chef à l'Humanité, et Valérie Gasse, bonsoir, chef du service politique à RFI. Nous sommes ensemble pendant une heure.
01:33Mohamed Amre est donc entre les mains de la police française.
01:37Oui, après neuf mois de cavale, le narcotrafiquant dont l'évasion avait provoqué la mort de deux agents pénitentiaires a été extradé de Roumanie,
01:46qu'il a mis dans un avion cet après-midi. Une coopération entre les polices françaises et roumaines, saluée ce soir sur France Info par le ministre de l'Intérieur roumain, Cataline Prédaouiou.
01:57Moi, à mon tour, j'ai félicité la police française parce que c'est vrai, c'est une excellente opération de la police roumaine,
02:05mais également c'est une excellente opération de la police française.
02:09On a travaillé en harmonie en ce qui concerne toutes les opérations qu'il doit faire pour capturer cette personne très dangereuse.
02:19Mohamed Amre sera placé dans un quartier d'isolement, dans une prison avec un très haut niveau de sécurité.
02:25Selon la Place Vendôme, trois jours après son arrestation en Roumanie, 22 personnes sont toujours en garde à vue.
02:31On ne sait pas encore à ce stade dans quelle prison sera dirigée Mohamed Amre.
02:35Est-ce que cette arrestation est un succès pour les services de police, Christophe Jacobizine ?
02:40Oui, sans aucun doute, parce que c'est vrai que c'était une chasse, une quête européenne.
02:46Il a failli partir en Colombie, vous avez vu l'histoire.
02:49On croirait Emilia Perez, il avait prévu de faire une opération de chirurgie esthétique en Roumanie,
02:53pour ensuite partir en Colombie pour s'y réfugier définitivement, donc c'était moins une.
02:59Et c'est vrai que cette coopération, pour une fois, est extrêmement efficace.
03:03On aura bien en savoir plus d'ailleurs sur les coulisses, quel type d'information avait été donnée aux polices européennes,
03:10parce que j'imagine qu'il a été recherché partout.
03:12Quel est le premier indice qui a permis aux policiers roumains d'informer la France ?
03:15Après, je sais qu'il y a eu des échanges entre les polices françaises et roumaines sur le modus operandi pour l'arrêter.
03:21Il y a eu un signalement apparemment de la France aux roumains,
03:24et c'est la police roumaine ensuite qui a opéré plus précisément les recherches.
03:27Je crois que ça part d'un signalement de la France.
03:29Je pense que ce sera l'objet d'une série, parce que l'histoire est quand même assez incroyable.
03:34Il va être particulièrement surveillé, en tout cas, vu ses antécédents, Laurent Mouloud ?
03:38Oui, je pense qu'il n'y a pas de récidive d'évasion, évidemment.
03:41Ce qui est vrai, c'est qu'il faut souligner cette collaboration, cette coopération européenne.
03:46Ça montre aussi que dans ces questions de narcotrafic, qui sont une lutte internationale,
03:50les questions de coopération entre les pays sont absolument fondamentales
03:53pour pouvoir démanteler des réseaux qui ne sont pas uniquement nationaux,
03:57mais des réseaux qui sont complètement internationaux.
03:59Là, on a un exemple, effectivement, assez beau et assez efficace
04:05de cette coopération absolument indispensable sur ces questions.
04:09Certains disent d'ailleurs qu'il a fait le mauvais choix,
04:11parce que la Roumanie et la France coopèrent plutôt bien.
04:14Ce n'est peut-être pas la bonne destination.
04:16Oui, parce qu'il avait peut-être une vision un petit peu de la Roumanie
04:19comme un pays où on peut faire ce qu'on veut.
04:21Il y avait très des bons chirurgiens ascétiques.
04:23Il a peut-être vu que c'est un pays qui est extrêmement surveillé aussi,
04:26où il y a une police extrêmement efficace. La preuve en est.
04:29On a été marqué aujourd'hui par ces images, encore une fois,
04:32à l'aéroport de Bucarest, quand il arrive, il sourit,
04:36il répond même un ou deux mots à des personnes qui l'interpellaient,
04:39des journalistes. Elles sont étonnantes, quand même, ces images de Mohamed Amra.
04:43D'ailleurs, au moment de son arrestation, les journalistes lui demandent
04:47de répondre à une petite question. Il dit « j'étais en vacances ».
04:50Et il est tout sourire. C'est vrai que c'était des images assez impressionnantes.
04:53Et peut-être, pour revenir sur la cavale, il a peut-être bénéficié,
04:57depuis le 1er janvier, la Roumanie est dans l'espace Schengen.
05:00Ça veut dire qu'il y a moins de contrôle aux frontières.
05:03Il peut y en avoir entre les différents pays,
05:05mais il y a moins de contrôle aux frontières que ce qu'il pouvait y avoir par le passé
05:08avec la Bulgarie ou la Roumanie, par exemple, où il y avait des contrôles aux frontières
05:11parce qu'elles n'étaient pas dans l'espace Schengen.
05:13Là, pour le coup, manifestement, il a transité en voiture depuis l'Allemagne
05:16et peut-être qu'il a bénéficié du fait que les frontières sont ouvertes avec la Roumanie.
05:20Il y a eu une certaine forme d'unanimité de la classe politique française, Valérie Gass,
05:24sur l'arrestation de Mohamed Amra. Tout le monde s'en est réjoui.
05:27C'est quand même une nouvelle attendue, parce que cette évasion qui avait été meurtrière,
05:32Aurélie l'a rappelé, il y avait eu deux morts, des agents pénitentiaires qui l'accompagnaient.
05:37C'était presque un traumatisme, cette évasion, qui avait dérouté les services de police.
05:43On le recherchait depuis neuf mois, je crois.
05:46Et donc, franchement, c'était presque l'ennemi public numéro un,
05:51celui qu'il fallait absolument recapturer et remettre en prison.
05:54C'est forcément quelque chose qui est salué par tout le monde.
05:57Peu de gens peuvent dire que c'est une mauvaise nouvelle.
05:59Parce que c'est une mauvaise nouvelle, c'est une très bonne nouvelle.
06:01C'est quelqu'un qui a été de nombreuses fois, qui s'est échappé, qu'on va remettre en prison.
06:09Et en plus, il va être un petit peu symbolique dans sa remise en prison,
06:12puisqu'il va inaugurer ses quartiers sous haute sécurité,
06:15que veulent faire le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur,
06:19pour remettre les plus dangereux trafiquants sous une surveillance particulière.
06:25Donc il va un peu aussi être le symbole de cette nouvelle formule de mise en prison des délinquants.
06:32Alors là-dessus, en revanche, il n'y a pas de consensus sur ces prisons de très haute sécurité,
06:37cet établissement qui regrouperait les 100 plus grands narcotrafiquants.
06:41Est-ce que c'est une bonne idée aussi de les regrouper tous ensemble ?
06:43Est-ce que ça ne fait pas de l'établissement une cible pour les complices de ces personnes ?
06:47Pour l'instant, on n'en est pas encore là.
06:48Je pense que cet établissement où ils seront tous regroupés, c'est cet été.
06:53Mais oui, il y a du bon et il y a du mauvais.
06:55En effet, le mauvais, c'est que s'ils sont tous là, ils peuvent peut-être se réorganiser.
07:01Mais je crois qu'à l'intérieur de ces établissements, et là, dans les prisons,
07:05où il y aura des quartiers où sera envoyé Mohamed Amra,
07:08c'est vraiment des conditions de détention très particulières,
07:11où ils sont isolés de manière à ne plus pouvoir faire ce qu'il a fait,
07:16c'est-à-dire organiser une évasion.
07:18C'est vrai qu'il faut se souvenir que quand même, son évasion,
07:21on avait un peu oublié, on en avait moins parlé ces derniers mois,
07:24parce que neuf mois, c'est extrêmement long.
07:26Il faut se souvenir.
07:27Il avait été extrait de sa prison pour aller voir le juge.
07:30Et puis, c'est à ce moment-là que deux voitures béliers avaient piégé,
07:34pris en guet-tapant le fourgon qui l'accompagnait à un péage d'autoroute.
07:40Ça avait été extrêmement violent.
07:41Les images, je pense que tout le monde s'en souvient.
07:43Mais c'est vrai que les premiers jours, les premières semaines, on en parlait régulièrement.
07:47Et on traquait cet homme sans succès.
07:50Et puis, là, il y a un côté un peu le soulagement au bout de neuf mois.
07:54La fin, on l'espère, la fin du feuilleton.
07:57Et avec Mohamed Amra, qui, on a l'impression, nous nargue depuis son arrestation.
08:02Il est vraiment...
08:03Et Christophe disait que ça pourrait inspirer une série.
08:05C'est vrai que tout est rocambolesque dans cette affaire.
08:09De sa sortie de prison, de son évasion spectaculairement violente,
08:14de son arrestation, sa cavale, effectivement, où il a changé de couleur de cheveux
08:19et donc il voulait se faire opérer pour partir en Colombie.
08:21Toute l'histoire est rocambolesque.
08:23C'est vrai qu'il y a peut-être un petit risque qu'il devienne un peu
08:25une espèce de héros des narcotrafiquants.
08:27On a l'impression qu'il vit son quart d'heure de gloire warholien,
08:31d'être un peu le héros des narcos.
08:33C'est ça qui est peut-être le plus perturbant dans toute cette affaire.
08:36Et en même temps, vous aviez raison de souligner le sourire qu'il arbore à l'aéroport.
08:41Je pense qu'il ne va pas s'arrêter là.
08:43C'est-à-dire qu'en fait, il s'est débadé plusieurs fois.
08:45Quelques jours avant le fait que, vous vous rappelez,
08:49une voiture-bellier percute le fourgon dans lequel il était,
08:52parce qu'on le transférait de prison.
08:54Après qu'il ait tenté de s'ébader en suant les barreaux de sa cellule.
08:58En fait, les moyens dont les narcotrafiquants disposent en prison sont colossaux.
09:01Parce qu'évidemment, ils ont encore de l'argent partout.
09:04Ils ont des complices, ils ont des hommes de main.
09:06Et donc, c'est pour ça que cette histoire de quartier pénitentiaire spécialisé
09:11est assez, à mon avis, une bonne solution.
09:14Parce qu'il faut absolument les couper de leurs contacts.
09:16Vous savez qu'en prison, vous avez tout ce que vous voulez.
09:18Les téléphones notamment.
09:19Les téléphones portables qui arrivent avec des drones.
09:21Et donc, à un moment donné, c'est...
09:23Il existe aujourd'hui des quartiers extrêmement sécurités.
09:26Il y a des prisons où les normes sont quand même très élevées.
09:29Lui, manifestement, il a toujours pu communiquer avec l'extérieur.
09:32Il a toujours pu organiser ses multiples évasions.
09:35Il a été condamné quand même 15 fois.
09:37Et donc, en fait, comme quoi, à ce niveau-là de puissance financière,
09:43si je puis dire, de moyens à sa disposition,
09:45il faisait ce qu'il voulait en prison.
09:47Et puis, manifestement, il était très bien entouré,
09:49puisqu'il y a eu un coup de filet dans la foulée de cette arrestation
09:51vraiment rocambolesque en Roumanie.
09:52Coup de filet du côté de Rouen, où il y a 22 personnes qui ont été arrêtées.
09:56Donc, il était quand même très bien entouré.
09:58Et puis, au moment de la fuite, j'ai vu que, justement,
10:00il y avait des voitures qui étaient utilisées et qui étaient brûlées
10:03dans des endroits où personne ne le voyait,
10:05de manière extrêmement bien organisée, méthodique.
10:08Donc, on voit que les choses étaient vraiment très bien organisées
10:11autour de son évasion.
10:12Un réseau tentaculaire, en fait, autour de lui.
10:14Vous avez raison de souligner le côté icône,
10:16qui est toujours un petit peu dangereux,
10:17mais c'est vrai que c'est un petit malaise quand même.
10:19Il y a beaucoup de communication autour de ce cas.
10:22On voit qu'on suit pas à pas sa libération, etc.
10:24On sent même que les magistrats, d'ailleurs, qui sont sur la face,
10:26sont un petit peu gênés, parce que, évidemment,
10:28toutes ces enquêtes-là se font dans un secret le plus total.
10:31Et le fait d'en parler comme ça, évidemment,
10:33ça lui donne son heure de gloire.
10:35Et il faut faire aussi un peu attention
10:37de ne pas avoir trop la volonté de récupérer politiquement
10:40en faisant un symbole d'une réussite,
10:41d'une lutte contre le narcotrafic,
10:43en proclamant un petit peu le scalp de cet homme-là
10:46à travers tous les plateaux télé,
10:48et le récupérer en permanence.
10:49Je ne suis pas sûr que ça rende service, finalement,
10:51effectivement, à la lutte patiente et silencieuse
10:55et efficace contre le narcotrafic.
10:57Oui, un dernier mot, peut-être ?
10:59Il y avait une petite provocation, vraiment,
11:01de Mohamed Amra, en effet,
11:03qui est là et qui a nargué
11:05tous les policiers de France et d'Europe
11:07pendant des mois.
11:08Et quand il se fait arrêter,
11:10Souris et Ricane, en étant rapatriés.
11:12Et en même temps, ce rapatriement était rapide.
11:16Gérald Darmanin disait
11:18que ce sera dans une dizaine de jours.
11:20Et puis, il le ramène tout de suite en France.
11:22On voit qu'il y a quand même une volonté
11:24de ne pas prendre de risques.
11:26Et en même temps, ça a été public.
11:29Il est passé à l'aéroport de Bucarest
11:31en saluant les journalistes.
11:33Il y a quelque chose d'un peu étonnant,
11:35quand même, aussi, dans la manière dont ça s'est fait.
11:37Mohamed Amra, qui doit être présenté
11:39à un juge ce soir avant de retourner
11:41en détention.
11:42Vous restez avec nous.
11:43On va passer à l'actualité internationale
11:45dans un instant.
11:46On va revenir sur le tête-à-tête d'hier soir
11:48à la Maison-Blanche entre Emmanuel Macron
11:50et Donald Trump, 20h15 sur France Info.
11:53Le Fil Info, Stéphane Milhomme.
11:55Et c'est maintenant au groupe Renault
11:57qui a porté les conducteurs de plus de 15 000 R5
12:00électriques et Alpine 290.
12:02Ils sont invités à se rendre
12:04chez un garagiste gratuitement
12:06pour éviter une panne au démarrage.
12:08Une information ici Nord, ex-France Bleu.
12:10Depuis maintenant une heure et demie,
12:12Mohamed Amra est sur le sol français,
12:14extradé de Roumanie.
12:16Le narcotrafiquant doit maintenant être présenté
12:18à un juge en vue de sa mise en examen
12:20après ses neuf mois de cavale et la mort
12:22de deux agents pénitentiaires.
12:24L'état de santé du pape François reste critique
12:26mais stationnaire.
12:28C'est le Vatican qu'il annonce ce soir
12:30alors que le souverain pontife est hospitalisé
12:32depuis une dizaine de jours pour une pneumonie
12:34des deux poumons, preuve que sa santé s'améliore.
12:36Il a signé un décret de canonisation.
12:38Et puis le Tour de France 2026
12:40commencera par un contre-la-monte
12:42par équipe à Barcelone en Espagne.
12:44Ce sera la première fois depuis 2019
12:46à Bruxelles et la première fois de l'histoire
12:48pour une première étape
12:50qu'un chrono collectif sera au menu du Tour.
12:52Le quatrième départ en cinq ans
12:54depuis l'étranger.
12:56France Info
13:00Les informés
13:02Aurélie Herbemont, Thomas Echil
13:06Toujours avec Christophe Jacubizine
13:08Audrey Vuettas, Valérie Gasse
13:10et Laurent Mouloud.
13:12Emmanuel Macron est rentré ce matin
13:14de Washington après son tête-à-tête hier soir
13:16avec Donald Trump à la Maison-Blanche.
13:18Un rendez-vous jugé
13:20positif par le chef de l'état
13:22sur la question de la guerre en Ukraine.
13:24Emmanuel Macron sur Fox News hier soir
13:26était plutôt confiant dans une trêve
13:28pas trop lointaine.
13:30Le schéma devrait être le suivant.
13:32Des négociations entre les Etats-Unis
13:34et la Russie
13:36et entre les Etats-Unis et l'Ukraine.
13:38Il faut d'abord une trêve.
13:40Je pense qu'elle pourra être conclue dans les semaines à venir.
13:42Une trêve dans les airs, dans la mer
13:44et pour les infrastructures.
13:46Si elle n'est pas respectée, ce sera la meilleure preuve
13:48que la Russie n'est pas sérieuse.
13:50Première ombre au tableau.
13:52Hier soir, Donald Trump assurait que
13:54Vladimir Poutine ne verrait pas d'inconvénient
13:56à la présence de troupes européennes
13:58en Ukraine pour surveiller
14:00un éventuel cessez-le-feu.
14:02Sauf que le Kremlin redit aujourd'hui
14:04que ça, c'est inacceptable.
14:06Est-ce qu'elle a été utile, cette rencontre
14:08entre Donald Trump et Emmanuel Macron ?
14:10Christophe Jacobisine.
14:12Il fallait le faire. Est-ce que ça a été efficace ?
14:14Je ne sais pas encore, mais il fallait le faire.
14:16Parce qu'effectivement, Donald Trump
14:18a une sorte de capitulation
14:20face aux demandes russes.
14:22Il y voyait évidemment l'intérêt économique,
14:24notamment des Etats-Unis.
14:26Je crois que cette guerre n'intéresse pas beaucoup.
14:28Il est pressé d'en finir et il trouve que ça coûte beaucoup
14:30aux Etats-Unis. Il gonfle à chaque fois, vous savez,
14:32le chiffre de la contribution américaine.
14:34Il parle de 350 milliards. En vérité, c'est
14:36à peu près la moitié. D'ailleurs, il a même
14:38contredit Emmanuel Macron pendant la conférence de presse
14:40en le reprenant sur ce chiffre.
14:42Effectivement, on sait
14:44qu'Emmanuel Macron,
14:46peut-être que vu de France,
14:48on exagère la relation qu'il a
14:50avec Donald Trump, mais il a quand même d'abord une forme
14:52d'historique. Il l'a côtoyé pendant
14:54le premier mandat. Il se connaît depuis longtemps.
14:56Donald Trump est toujours content
14:58de venir en France. On l'a vu, effectivement, notamment
15:00pour la réouverture
15:02de Notre-Dame. Il en a beaucoup parlé hier soir.
15:04Il en a beaucoup parlé, oui.
15:06Le dîner à la Tour Eiffel. Exactement.
15:08Et le dîner, évidemment,
15:10au Jules Verne de la Tour Eiffel,
15:12qu'il n'avait pas beaucoup apprécié.
15:14Il expliquait que c'était un peu ennuyeux parce qu'il ne comprenait
15:16rien et que du coup
15:18c'était un peu ennuyeux pendant le repas.
15:20En tout cas, il fallait que
15:22Emmanuel Macron tente de jouer sur cette corde
15:24sensible. Manifestement,
15:26pour le moment, ça n'a pas eu beaucoup d'effet.
15:28On l'a vu, finalement, il n'a rien
15:30cédé pendant la conférence de presse. Moi, je l'ai regardé entièrement
15:32et à aucun moment, on n'a eu l'impression
15:34qu'il déviait de sa ligne. Il fait beaucoup
15:36d'amabilité, mais sur le fond, il reste
15:38assez ferme sur ses positions.
15:40On verra à terme si ça peut servir.
15:42On voit que, quand même,
15:44Donald Trump avance ses pions.
15:46Vous avez vu que l'Ukraine
15:48a annoncé être d'accord
15:50avec le diktat
15:52de Donald Trump sur les terres rares ukrainiennes,
15:54même si, là encore,
15:56il a peut-être mis un petit peu de nom
15:58sur le banc de Donald Trump. Mais bref,
16:00il ne dévie pas beaucoup de sa ligne
16:02et pour l'instant, il fallait le faire.
16:04Je ne suis pas sûr que ce soit très utile.
16:06On partage l'avis. Il fallait le faire. Il bénéficie
16:08de bonnes relations avec Donald Trump. Il fallait y aller
16:10parce que, là, pour l'instant, l'Union européenne
16:12et l'Ukraine étaient complètement
16:14exclues de la table des négociations. Alors, ça ne veut pas dire
16:16qu'elles reviennent à la table, mais en tout cas,
16:18on maintient
16:20en tout cas les échanges
16:22avec Donald Trump, avec les Etats-Unis.
16:24Après, en effet, Donald Trump n'a pas pris
16:26d'accord concret. Il n'a pas donné
16:28finalement d'engagement vraiment précis.
16:30Il a écouté. Est-ce que c'était un dialogue de sourds
16:32ou pas ? Ça, on ne sait pas. Il y avait un point
16:34qui était important et qu'Emmanuel Macron
16:36a mis sur la table. C'est la présence
16:38des forces européennes, justement, pour sécuriser
16:40une éventuelle ligne de contact.
16:42Alors, on ne sait pas vraiment sous quelle forme,
16:44mais ça aussi, c'était important parce que c'est la sécurité
16:46du territoire européen derrière et c'est
16:48important que les pays européens
16:50aient leur mot à dire là-dessus.
16:52Est-ce qu'on peut considérer, Laurent Mouloud, que les pays
16:54européens sont revenus à la table depuis cette rencontre
16:56d'Emmanuel Macron avec Donald Trump
16:58ou c'est plus compliqué que ça ?
17:00Ça m'a l'air plus compliqué que ça.
17:02Moi, j'ai trouvé que c'était surtout un dialogue
17:04de sourds puisqu'on
17:06donnait l'expression.
17:08Dialogue de sourds et puis surtout un constat
17:10de divergence de stratégie entre les deux
17:12qui est assez profond, finalement,
17:14entre un Donald Trump qui veut aller vite
17:16et dans la précipitation
17:18sur quelque chose qui demanderait un petit peu de temps.
17:20Et on voit bien qu'il y a
17:22des noms dits, des choses sur lesquelles
17:24Donald Trump n'avance pas, ne dit rien sur la question
17:26des concessions territoriales
17:28qui seraient prêtes à accepter
17:30dans le futur deal parce que
17:32les terres rares dont on parle
17:34et les minéraux que les Etats-Unis aimeraient bien
17:36sur lesquels les Etats-Unis aimeraient bien mettre la main
17:38se trouvent pour beaucoup dans le Donbass
17:40et dans des territoires qui sont aujourd'hui occupés par l'armée russe.
17:42Donc, quelle est la position
17:44de Trump là-dessus en disant
17:46on gèle la position russe
17:48actuelle, ce qui veut dire que l'Ukraine devrait faire
17:50une croix sur 20%
17:52de son territoire. Là-dessus, on n'en sait rien.
17:54Et l'autre chose sur laquelle c'est extrêmement
17:56flou et évasif, évidemment, c'est sur la sécurité
17:58future en cas de
18:00on va dire de
18:02cesser le feu, comment on assure la sécurité
18:04de ce territoire et comment on aide les Ukrainiens à assurer
18:06la sécurité de ce territoire. Et là, entre
18:08mettre une force
18:10on va dire collective européenne
18:12de l'Union Européenne sur place ou
18:14avec un appui ou pas des Etats-Unis, tout ça
18:16on n'en sait absolument rien à l'heure qu'il est.
18:18Donc, on ressort de cette entrevue, certes
18:20il fallait la faire évidemment, c'est jamais mauvais de
18:22dialoguer et surtout avec la première
18:24puissance mondiale, mais
18:26on n'en sort aucun constat
18:28véritable sur un renforcement de la position
18:30de l'Union Européenne, surtout pas
18:32et puis surtout sur les visées précises
18:34des Etats-Unis sur ce dossier.
18:36Le seul élément un peu nouveau, c'est que Donald Trump a dit que
18:38Poutine serait favorable
18:40a priori à la présence de troupes
18:42européennes pour se démentir
18:44dès le lendemain. Et le Kremlin a démenti.
18:46Voilà. Valérie Gass.
18:48En fait, on ne sait pas ce qu'ils se sont vraiment dit
18:50Vladimir Poutine et Donald Trump, donc
18:52il y a peut-être une histoire à revisiter
18:54à l'occasion de cette conférence de presse.
18:56Malgré tout, certes, il fallait le faire
18:58je suis entièrement d'accord, cette visite
19:00mais Donald Trump reçoit pas tout le monde
19:02non plus. Il faut quand même reconnaître à Emmanuel
19:04Macron d'avoir la capacité de
19:06se faire inviter à la Maison Blanche et d'être
19:08reçu par Donald Trump et de
19:10quand même faire dire au président
19:12américain qu'il recevra
19:14Volodymyr Zelensky qu'il avait traité quelques jours
19:16auparavant de dictateur et balayé d'un revers de main.
19:18Alors, il n'y a pas strictement
19:20rien. Concrètement,
19:22personne n'imaginait qu'à l'issue de cette rencontre
19:24on aurait un accord, voilà,
19:26les principaux points d'un accord de paix
19:28qui serait en train de se finaliser.
19:30Non, c'était une première étape.
19:32On avait eu la semaine d'avant des entretiens
19:34entre les émissaires russes et américains
19:36à Riyad où ni l'Ukraine
19:38ni l'Europe n'étaient représentés
19:40et là on a quand même une reprise
19:42de contact par Emmanuel Macron
19:44par le Premier ministre britannique
19:46qui va y aller aussi cette semaine.
19:48Donc, malgré tout, le paradigme n'est pas
19:50totalement le même. Bien sûr, ça va pas
19:52se régler en un jour. La principale
19:54préoccupation d'Emmanuel Macron c'était
19:56aussi de remettre Volodymyr Zelensky dans le jeu
19:58et sur la négociation de cet accord
20:00sur les terres rares qui a l'air d'être
20:02la condition sine qua non pour
20:04Donald Trump pour pouvoir envisager
20:06autre chose sur les conditions de sécurité
20:08qui vont être négociées dans le traité de paix.
20:10Donc, je pense qu'il faut quand même être raisonnable.
20:12Ça n'est pas rien ce qui s'est passé.
20:14Maintenant, concrètement, bien sûr,
20:16ça va pas déboucher du jour au lendemain
20:18même si Donald Trump a dit un jour
20:20je vais régler la guerre en 24 heures, ensuite en 100 jours.
20:22On sent bien que lui-même,
20:24quand on lui a posé la question de savoir
20:26s'il allait le 9 mai en Russie
20:28voir son nouvel ami
20:30Vladimir Poutine, il a dit
20:32c'est peut-être trop tôt quand même. Pour les 80 ans
20:34de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
20:36Il paraît que Trump rêverait d'être invité
20:38par Poutine. Il aime bien les défilés militaires.
20:40Donc là, il serait servi à Moscou, c'est pas mal.
20:42Il avait adoré le 14 juillet.
20:44Il voulait faire la même chose aux Etats-Unis.
20:46Mais même Donald Trump qui est prêt
20:48à dire tout et n'importe quoi sur cette question-là,
20:50il a été prudent. Donc il faut quand même
20:52laisser les choses se faire.
20:54Pourtant, même Emmanuel Macron, laisse entendre
20:56hier soir sur Fox News, on l'entendait tout à l'heure
20:58qu'une trêve d'ici quelques semaines
21:00c'est possible. On avait effectivement
21:02ce volontarisme, ça va être
21:04deux jours de Donald Trump. Et même Emmanuel Macron
21:06hier soir avait quand même
21:08une forme d'optimisme là-dessus.
21:10C'est vrai. Et d'ailleurs, c'est ce qui m'a beaucoup marqué
21:12quand même hier. C'est d'abord le fait
21:14qu'on avait complètement endossé
21:16la position américaine. C'est-à-dire en fait
21:18une trêve à tout prix.
21:20Quand même c'est... Emmanuel Macron, ça m'a quand même
21:22choqué.
21:24Qu'il endosse l'annexion
21:26par les Américains
21:28des terres rares ukrainiennes.
21:30Il en a parlé à la conférence de presse. Il en a parlé
21:32comme étant un fait désormais acquis.
21:34Et vous dites, c'est bien qu'il voit
21:36qu'il voit
21:38Volodymyr Zelensky à Washington.
21:40Mais pourquoi il vient ? Pour signer
21:42le contrat, l'accord avec les Américains.
21:44Donc c'est la seule...
21:46La seule condition que pose Trump à la venue du
21:48président ukrainien, c'est qu'il signe.
21:50C'est pour ça. Et il va y avoir cette image terrible
21:52où on va voir Volodymyr Zelensky
21:54engager son pays, engager l'Ukraine.
21:56La première version de l'accord, Volodymyr Zelensky
21:58a dit... Il a dit qu'il le signait tout à l'heure.
22:00Il y a une heure ou deux.
22:02Il sait bien aussi, Volodymyr Zelensky,
22:04que sans accord... Vous vous rendez compte
22:06ce qui s'est passé en une semaine ?
22:08Rappelez-vous quand Donald Trump
22:10disait qu'il voulait
22:12pouvoir exploiter
22:14les terres rares ukrainiennes.
22:16Rappelez-vous ce qu'on disait. Que c'était hallucinant
22:18qu'il dit ça, que c'était choquant.
22:20Une semaine après, le président français
22:22fessienne cette demande
22:24et le président ukrainien
22:26va venir à Washington
22:28pour signer l'accord.
22:30C'est sans doute parce qu'il a bien senti que
22:32sans ça, Donald Trump allait lâcher
22:34complètement l'Ukraine. C'est un moyen
22:36de maintenir sans doute une
22:38forme de soutien
22:40américain pour protéger
22:42ses ressources. Mais oui, ça va très très vite.
22:44C'est pas très très vite.
22:46Ça va toujours très vite. Effectivement, vous avez raison.
22:48Après, on l'oublie, mais les terres
22:50rares ukrainiennes, on ne les découvre pas aujourd'hui.
22:52L'administration Biden était intéressée aussi.
22:54Ça avait même été présenté par Volodymyr Zelensky
22:56devant Trump et
22:58Biden, justement, à l'automne.
23:00Mais ce n'était pas du tout dans ces
23:02proportions-là. Et en échange
23:04du soutien américain, là, ce n'était pas du tout. Il l'a découvert
23:06après. Peut-être que Volodymyr Zelensky,
23:08il essaye de parler le Trump aussi.
23:10On l'a vu, notamment, quand il a dit
23:12« Moi, je veux bien abandonner
23:14mon poste de président de l'Ukraine
23:16si jamais l'Ukraine rentre dans l'OTAN. »
23:18Il a bien compris qu'en face de lui,
23:20il avait un interlocuteur qui était
23:22brutal et qui
23:24parlait, qui, des fois, dit
23:26beaucoup de choses, ne les fait pas forcément.
23:28Peut-être aussi qu'il essaye de rentrer dans
23:30cette négociation. Au moins, il ira à
23:32Washington. Est-ce qu'il va signer ça ? On ne sait pas.
23:34Mais en tout cas, je pense qu'il a compris, peut-être,
23:36comment parler à Donald Trump et qu'on était dans un rapport de force.
23:38Il y avait un point positif, j'ai trouvé, quand même, hier,
23:40c'est qu'on avait quand même l'impression que Donald Trump
23:42entendait et comprenait
23:44les réserves d'Emmanuel Macron
23:46sur le respect par la Russie des futurs accords.
23:48Et il a deux fois, pendant la conférence
23:50d'auprès, parlé des accords de 2014,
23:52d'accord de Minsk, que la Russie n'avait pas
23:54respecté. Et moi, j'ai eu l'impression
23:56que Donald Trump entendait ça. Et que c'est peut-être ça
23:58qu'on a gagné hier, le fait qu'effectivement
24:00les Américains s'engagent sur
24:02le respect par les Russes du futur
24:04accord de paix. Si on avait
24:06au moins acquis cette chose-là.
24:08Mais à quel prix ?
24:10Mais bon, ça serait effectivement
24:12quelque chose de positif.
24:13Il y a la question de l'Europe aussi. Est-ce que l'Europe
24:15vous paraît prendre la mesure du problème ?
24:17Et est-ce que l'Europe va vraiment prendre en main
24:19sa défense, maintenant ? Il y a ce nouveau chancelier
24:21allemand qui arrive, M. Maersk, qui a dit
24:23qu'il ne croyait plus à la relation transatlantique.
24:25Est-ce qu'on est en train d'opérer une bascule ?
24:27Juste pour revenir sur le deal ukrainien,
24:29il faut savoir quels vont être les termes
24:31de ce contrat. Parce que là, on dit, il va signer, il va signer.
24:33On ne sait pas ce qu'il va signer.
24:35On ne sait pas. C'est pas la même chose
24:37que Volodymyr Zelensky peut proposer,
24:39s'il le veut, un deal
24:41aussi avec les Etats-Unis pour une coopération
24:43sur l'exploitation de ces terres. Mais c'est pas la même chose
24:45que les Etats-Unis qui les exploitent tout seuls
24:47ou qui les exploitent en collaboration avec la Russie.
24:49Et il y a toutes ces questions-là, en fait, qui sont complètement floues
24:51aujourd'hui. On ne sait pas exactement ce que
24:53Zelensky a aussi en tête dans les termes de cet accord.
24:55Je trouve bien l'optimiste.
24:57Et le cynisme d'Untrump est absolument...
24:59C'est du chantage qu'il fait. Il fait du chantage.
25:01Et surtout, il veut un deal...
25:03Il y a quelques jours,
25:05il balayait cette solution en disant
25:07je ne vais pas endetter mon pays sur 10 générations
25:09ou en tout cas lui faire payer sur 10 générations
25:11avec ce deal d'exploitation, etc.
25:13Il n'avait pas tort sur l'idée aussi.
25:15En même temps, c'est une manière de
25:17coloniser l'Ukraine ou de la mettre à sa main économique
25:19qui est complètement cynique et qui va
25:21complètement à l'inverse de toutes les relations
25:23internationales qu'on a essayé de construire depuis 45.
25:25Il faut quand même en prendre la mesure et pas de se dire
25:27bravo, ça a été vite. La vitesse, c'est pas
25:29forcément une vertu dans l'affaire.
25:31Mais ça a abouti sur un déséquilibre total économique.
25:33C'est un véritable Yalta entre
25:35les Etats-Unis et la Russie sur l'Ukraine.
25:37En général,
25:39l'histoire montre que ce genre de deal fait sur le dos
25:41d'un pays, ça se termine plutôt mal
25:43ou ça ne règle pas dans la durée, les questions.
25:45La question de la diplomatie là-dedans,
25:47multilatérale, etc. est totalement
25:49sortie complètement du jeu.
25:51Yalta, ça a duré 40 ans, l'accord entre les Russes et les Américains
25:53sur l'ordre de l'Est.
25:55On ne peut pas dire que ce soit exactement la même chose.
25:57Sur la question de l'Europe, la stratégie
25:59de Trump, elle est claire, c'est d'isoler
26:01l'Union Européenne. Elle l'a montré.
26:03Là, elle l'a fait revenir dans le jeu en
26:05invitant Macron à sa table.
26:07On sent bien qu'il reste quand même le maître
26:09de la chose et qu'il ne veut pas
26:11non plus négocier forcément avec l'Union Européenne.
26:13Peu qu'on sache ce qu'il veut faire.
26:15Donc l'Union Européenne, elle,
26:17est face à un défi, c'est d'affirmer aussi sa puissance
26:19et sa puissance
26:21politique dans ce dossier-là
26:23pour la première fois sans
26:25potentiellement un appui des Etats-Unis.
26:27Et c'est cet avenir-là qui s'ouvre
26:29aujourd'hui devant l'Union Européenne et la question qui va
26:31se poser très rapidement et qui se pose
26:33aujourd'hui à l'Union Européenne.
26:35La défense européenne,
26:37elle n'existe pas à ce stade.
26:39Pourquoi Emmanuel Macron fait aussi
26:41tous ses efforts et accepte en effet
26:43tout ce que verbalise Donald Trump
26:45qui peut paraître un peu extravagant ?
26:47C'est parce qu'il sait très bien que le temps qu'il y ait
26:49une défense européenne, il faut le bouclier
26:51américain derrière, il faut la puissance
26:53américaine, la dissuasion, c'est ce qu'a dit le président
26:55français, pour que les Russes
26:57restent calmes dans leurs coins et qu'un
26:59cessez-le-feu et un
27:01traité de paix puissent avoir une petite chance
27:03de durer un petit peu. Parce qu'actuellement
27:05les petits bras musclés de l'Europe,
27:07ça ne suffit pas pour dissuader Donald
27:09Trump, Vladimir Poutine,
27:11de continuer son expansion.
27:13On est obligé
27:15du point de vue européen
27:17d'avoir les Etats-Unis derrière.
27:19Pourquoi Emmanuel Macron consentait quand même
27:21très attentif à tout ce que disait Donald Trump
27:23hier pendant la conférence de presse,
27:25en se disant, aïe aïe aïe aïe, à quoi je vais devoir réagir ?
27:27Il sait qu'il est obligé
27:29de faire un certain
27:31nombre de concessions. L'Europe a besoin
27:33encore des Etats-Unis.
27:35Et jeudi, c'est le Premier ministre britannique, Kirsten
27:37Hammer, qui fera le déplacement à Washington.
27:39On en reparlera évidemment. Les informés
27:41qui continuent dans un instant vont parler
27:43des relations entre la France
27:45et l'Algérie. La tension qui est encore
27:47montée d'un cran. Pour l'heure,
27:49il est 20h30.
27:53...
27:55La fois avec Stéphane Milhomme.
27:57Le narcotrafiquant
27:59Mohamed Amra est de retour en France.
28:01Quatre jours après son arrestation
28:03à Bucarest, et après une cavale de neuf
28:05mois marquée par la mort de deux
28:07agents pénitentiaires, le malfaiteur
28:09doit maintenant être mis en examen et retourner
28:11dans une prison française. En parallèle,
28:1324 personnes sont toujours en garde à vue
28:15dans le cadre de l'enquête.
28:17La France a mis en place des restrictions
28:19d'accès sur son sol contre des dignitaires
28:21algériens. Une annonce ce soir
28:23du ministre des Affaires étrangères
28:25Jean-Noël Barraud. En pleine crise diplomatique
28:27entre les deux pays, le patron
28:29du Quai d'Orsay ne précise pas depuis quand
28:31ces mesures sont en vigueur, ni combien
28:33de personnes sont visées. Il se dit prêt
28:35à en prendre davantage si la coopération
28:37franco-algérienne dans ce domaine
28:39n'est pas reprise. Le groupe
28:41Stellantis et le groupe Renault, obligés
28:43de poursuivre ou de lancer une vague de rappels
28:45de véhicules Stellantis,
28:47rappellent maintenant 68 000 voitures
28:49des Citroën C3, des Peugeot 208,
28:51des Opel Corsa, à cause
28:53maintenant de buses de refroidissement
28:55pouvant provoquer des incendies.
28:57Et puis Renault appelle plus de 15 000 conducteurs
28:59de R5 électriques et d'Alpine
29:01290 à se rendre chez leurs garagistes
29:03pour un risque de panne au démarrage.
29:05Le Tour de France 2026
29:07commencera par un contre-la-montre
29:09par équipe à Barcelone. Ce sera le
29:1126e départ de la Grande Boucle depuis l'étranger,
29:13le 4e en 5 ans. Une annonce
29:15ce soir des organisateurs depuis la cité
29:17catalane. Et puis Elon Musk sera
29:19demain au premier conseil des ministres du
29:21second mandat de Donald Trump, une confirmation
29:23de la Maison Blanche. Avant cela,
29:25l'action Tesla a dévissé de plus de 8%.
29:27A la bourse de Wall Street, la vente
29:29des voitures du milliardaire est en chute libre
29:31en Europe à cause d'un changement de gamme
29:33et possiblement des prises de position
29:35de son patron qui ferait fuir
29:37les acheteurs.
29:39France Info
29:4120h21,
29:43les informés, Aurélie Herbemont,
29:45Thomas Echier.
29:47Bienvenue si vous nous rejoignez dans la
29:49deuxième partie des informés
29:51à la radio et sur le canal 27
29:53de la TNT. Christophe Jacubizine
29:55avec nous, directeur de la rédaction des Echos,
29:57Valérie Gasse, chef du service politique
29:59de RFI, Laurent Mouloud, rédacteur
30:01en chef à l'Humanité, et Audrey Vuestas,
30:03journaliste politique à Public Sénat,
30:05autrice de Traits d'Union, podcast
30:07de vulgarisation sur
30:09l'Union Européenne. On passe à notre
30:113e sujet du soir, c'est
30:13la tension qui est encore montée d'un cran
30:15entre la France et l'Algérie.
30:17Oui, depuis l'attaque terroriste de Mulhouse
30:19samedi dernier, qui a fait 1 mort
30:21et 7 blessés. Le suspect est
30:23un Algérien sous OQTF,
30:25obligation de quitter le territoire français,
30:27et que l'Algérie a refusé de reprendre
30:2910 fois, selon le ministre
30:31de l'Intérieur, François Bayrou.
30:33Le Premier ministre a donc tapé du poing sur la table.
30:35Les 10 fois,
30:37la réponse a été non.
30:39Est-ce que c'est
30:41acceptable ? Pour moi, c'est
30:43parfaitement clair, c'est inacceptable.
30:45Faut-il dénoncer les accords de 68 ?
30:47Et donc, cette
30:49question des moyens,
30:51on va voir, on va examiner.
30:53Mais moi, comme chef du gouvernement, j'ai dit
30:55une chose, c'est inacceptable.
30:57Alors, au-delà de hausser
30:59le ton verbalement, la France
31:01va plancher demain sur des mesures de
31:03rétorsion contre Alger. François Bayrou
31:05organise à Matignon un comité
31:07interministériel de contrôle de l'immigration.
31:09Sur la table, notamment, le sujet
31:11des visas délivrés à l'Algérie.
31:13Et donc, ce soir, on apprend que
31:15Paris a d'ores et déjà mis en place
31:17des restrictions d'accès contre des
31:19dignitaires algériens. On est loin d'une résolution
31:21de crise, Christophe Jacobizine.
31:23Et en plus, ça crée des tensions au sein du gouvernement.
31:25D'ailleurs, le comité interministériel demain sera intéressant
31:27parce qu'on voit qu'il y a différentes sensibilités
31:29et que ça travaille
31:31un peu le consensus.
31:33Et ce qui est très intéressant, c'est que
31:35au fond, qui va devoir trancher ?
31:37Qui prendra sans doute la parole sur ce sujet ?
31:39C'est le président de la République, parce que c'est quand même son domaine réservé.
31:41En fait, à la fin, ces sanctions
31:43contre, vous avez raison de le rappeler,
31:45les dignitaires algériens, la décision ou pas
31:47de revenir sur l'accord de 68 avec l'Algérie,
31:49qui permet effectivement d'avoir des conditions plus souples
31:51pour notamment le regroupement familial
31:53des familles algériennes en France,
31:55tout ça, à la fin, ça sera tranché
31:57quand même par les affaires étrangères
31:59et par le président de la République. C'est son domaine réservé.
32:01C'est intéressant de voir que c'est un sujet éminemment
32:03politique, de politique intérieure
32:05apparemment, mais qui sera peut-être
32:07tranché par le chef de l'État. Donc c'est un sujet sur lequel il va
32:09devoir se mouiller Emmanuel Macron.
32:11On va aller jusqu'où dans cette crise Valérie Gass ?
32:13Là, on va jusqu'aux dignitaires.
32:15Donc les premières
32:17restrictions, généralement,
32:19les criminels, on tape au portefeuille avec l'Algérie,
32:21c'est le niveau des
32:23dirigeants. En fait, ça avait été amorcé.
32:25La restriction des visas pour
32:27les Algériens, ça a déjà été
32:29tenté, ça n'avait pas super bien marché.
32:31Donc là, il y a une autre stratégie, c'est de
32:33comprendre aux dirigeants et de leur dire
32:35si vous faites les malins, vous ne vous circulerez plus
32:37aussi facilement, vous ne viendrez plus
32:39si facilement vous faire soigner en France.
32:41Il y a une tentative
32:43de faire
32:45une pression sur le pouvoir.
32:47Est-ce que ça va marcher ?
32:49À un moment, il faut que la France, peut-être,
32:51avec les discours qui sont tenus par le ministre de l'Intérieur
32:53et même par le Premier ministre,
32:55trouve des moyens de pression qui fonctionnent.
32:57Parce que jusqu'à présent, il y a un peu
32:59un régime algérien qui nargue
33:01et qui renvoie les ressortissants
33:03sous OQTF et qui ne se justifie
33:05pas et qui tape assez souvent
33:07sur la France. Et les Français qui s'énervent
33:09et qui redescendent. Alors là,
33:11est-ce qu'on peut monter encore
33:13d'un cran ? Est-ce que ça peut être efficace ?
33:15Est-ce que c'est efficace de hausser le ton comme ça ?
33:17Vous avez vu Dominique de Villepin, l'ancien ministre
33:19des Affaires étrangères, qui est très critique
33:21sur la stratégie de Bruno Retailleau.
33:23Est-ce que Dominique de Villepin représente une voix particulière
33:25qu'il faut écouter plus que les autres ? Je ne sais pas.
33:27En effet, il n'est pas sur la même...
33:29Il a été diplomate. Bon, d'autres
33:31l'ont été.
33:33Mais oui, c'est toujours
33:35le problème. C'est qu'avec l'Algérie, on ne sait pas trop bien
33:37comment s'y prendre. Néanmoins,
33:39il y a des problèmes qui sont
33:41très criants. Et les Français,
33:43cette histoire des OQTF, ça parle quand même
33:45aux Français.
33:47Et on voit un gouvernement
33:49qui se fait renvoyer tous les délinquants
33:51qu'on essaye de faire repartir
33:53en Algérie. Il faut bien
33:55trouver une manière
33:57de pouvoir obtenir une meilleure
33:59exécution au moins des OQTF.
34:01Mais ça va être tout l'enjeu, en effet,
34:03du comité de demain et des décisions
34:05qui vont être prises ces jours-ci et ces semaines-ci.
34:07Laurent Mouloud, sur ce sujet.
34:09Oui, oui.
34:11Pourquoi tant de tensions ?
34:13C'est la question qu'on se pose.
34:15C'est quoi ? C'est pour régler les problèmes d'OQTF, c'est ça ?
34:17On est en train de
34:19créer une crise diplomatique avec l'Algérie
34:21pour des questions de renvoi de délinquants
34:23qui parfois, d'ailleurs, n'ont pas été faits dans les règles
34:25en France, c'est pour ça aussi qu'elles n'ont pas été exécutées.
34:27Mais admettons qu'elles aient été faites dans les règles.
34:29Il y a quand même la détention d'un Français, Boëlle de Saint-Charles.
34:31Oui, exactement. Tout à fait scandaleuse, qu'on peut dénoncer.
34:33Il n'y a aucun souci. Mais on est en train
34:35de monter une crise diplomatique avec un pays
34:37auquel on a quelques liens, quand même,
34:39historiques qu'il ne faudrait peut-être pas oublier.
34:41Pour quelles raisons ? Cette crise-là,
34:43elle ne vient pas de nulle part. Il y a une vraie crise
34:45entre l'Algérie et la France qui s'est
34:47exacerbée avec la décision d'Emmanuel Macron
34:49de, comment dire, avec le Sahara occidental,
34:51de reconnaître la souveraineté marocaine
34:53sur le Sahara occidental,
34:55qui est évidemment un point
34:57de tension extrême entre l'Algérie et le Maroc.
34:59Et qui est un peu le point de départ des dernières tensions.
35:01Et sur lequel la France avait,
35:03depuis de nombreuses années,
35:05cherché et réussi à avoir
35:07un point d'équilibre qui était
35:09ce point d'équilibre-là. En le brisant,
35:11évidemment, ça a créé des tensions
35:13avec l'Algérie. Depuis, j'ai l'impression,
35:15moi personnellement, que ce dossier
35:17algérien utilisé de toutes parts,
35:19soit par des revanchards de droite
35:21style Bruno Retailleau, excusez-moi pour lui,
35:23mais qui
35:25vident ou règlent un vieux fonds colonial
35:27avec ça, en tout cas qui s'acharnent
35:29sur la question algérienne de manière totalement
35:31outrancière. Et évidemment,
35:33du côté algérien, également,
35:35cette question-là est aussi
35:37utilisée par le pouvoir algérien
35:39de son côté. On est dans une escalade, en fait,
35:41de tensions, dans laquelle la France
35:43et la tension, elle n'est pas qu'en France,
35:45mais aussi au sein du gouvernement, comme le disait mon cher confrère,
35:47c'est qu'ils ne sont pas du tout sur la même position.
35:49Aujourd'hui, on a l'impression que c'est le ministre de l'Intérieur,
35:51Bruno Retailleau, qui dicte la politique extérieure de la France,
35:53et Jean-Noël Barraud,
35:55qui est notre ministre des Affaires étrangères,
35:57il n'est pas du tout sur cette même position.
35:59Il va y avoir des tensions demain, d'ailleurs, dans cette réunion
36:01entre les deux, parce qu'il y a
36:03quelque chose d'irresponsable dans la manière
36:05dont est menée cette
36:07on va dire cette
36:09question algérienne aujourd'hui, en fait,
36:11qui est née un petit peu comme ça. Je ne dis pas de nulle part,
36:13évidemment, qu'il y a des tensions algériennes, mais qui est menée
36:15d'une mauvaise des façons, aujourd'hui.
36:17– Audrey Vuettaz ? – Peut-être un point
36:19qui sera évoqué demain dans le comité interministériel,
36:21c'est l'accord France-Algérie
36:23qui a été signé en 1968,
36:25et qui a été revu plusieurs fois.
36:27Il y a eu un rapport du Sénat qui a été fait
36:29sur ce sujet, sur les accords internationaux,
36:31de manière générale. C'était une mission d'information.
36:33Et en fait, ce rapport, il propose,
36:35dans ses préconisations, de dénoncer l'accord
36:37ou au moins de le renégocier, parce qu'il estime
36:39que c'est un régime trop favorable
36:41pour l'Algérie, qui ne fait pas
36:43en échange assez de contrôle
36:45sur l'immigration illégale. Et en fait, il y a un point
36:47qui est très important, c'est que la présidente,
36:49donc c'est Muriel Jourdat, qui est LR,
36:51qui a présidé ce rapport avec
36:53un sénateur horizon.
36:55Il y avait une co-rapporteure socialiste,
36:57elle a décidé de claquer la porte.
36:59En fait, elle estime que ce rapport
37:01qui dénonce cet accord France-Algérie,
37:03c'est un outil pour Bruno Retailleau
37:05et pour la politique de Bruno Retailleau.
37:07Donc, elle est socialiste et elle a décidé de claquer la porte
37:09et de ne pas soutenir, justement, ses préconisations.
37:11Donc, on voit qu'il y a vraiment des divisions
37:13politiques sur ce sujet,
37:15au Sénat notamment, par exemple.
37:17C'est vrai que c'est un sujet de clivage
37:19politique, ces accords de 68.
37:21Et on a vu quand même
37:23ces derniers mois, ces dernières années,
37:25que des anciens premiers ministres,
37:27alors c'est une fois qu'il n'était plus Amatignon, d'ailleurs,
37:29qui montait sur ce sujet, Édouard Philippe,
37:31ça a été le premier
37:33du centre droit
37:35à aller sur ce sujet-là.
37:37Puis, il y a eu, il y a quelques semaines,
37:39Gabriel Attal, justement, suite à l'arrestation
37:41de Boilem Sansal, qui se sont mis à
37:43vouloir dénoncer ces accords
37:45France-Algérie. Et c'est vrai que c'est
37:47très, très clivé. Et y compris, sans doute,
37:49peut-être, au sein du gouvernement, parce que
37:51Bruno Retailleau, évidemment,
37:53dans son côté très martial,
37:55à vouloir le rapport de force
37:57avec Alger, est évidemment
37:59favorable à revoir ces accords.
38:01Du côté du quai d'Orsay, effectivement,
38:03de Jean-Noël Barraud, la tonalité n'est pas
38:05tout à fait la même. Le quai d'Orsay est
38:07plutôt, et c'est par tradition,
38:09est plutôt pour la diplomatie
38:11et le dialogue, et moins
38:13dans la volonté de tordre le bras
38:15de partenaires dont on a besoin, de toute façon.
38:17C'est vrai qu'aller au clash
38:19avec l'Algérie, ça n'a pas forcément
38:21facilité le retour
38:23des ressortissants
38:25algériens que Paris
38:27voudrait expulser. Mais c'est vrai que cette question
38:29des visas, on voit que c'est une petite
38:31monnaie d'échange. Par exemple, l'an dernier,
38:33la France a délivré
38:35250 000 visas
38:37et, en face, l'Algérie n'a
38:39accordé que 2 000, je crois,
38:41laissés passer consulaires qui sont nécessaires
38:43pour réadmettre
38:45sur le territoire algérien
38:47des ressortissants que la France voudrait expulser.
38:49Donc, c'est vrai que le gouvernement ne sait
38:51pas trop par quel bout
38:53prendre ce dossier.
38:55Et c'est pas très responsable non plus pour la libération de
38:57Boilem Sansa. Parce que c'était pas
38:59en exacerbant
39:01ces tensions-là que le pouvoir
39:03algérien, d'un seul coup, va dire
39:05vous avez raison, on va le libérer. Evidemment que non.
39:07Donc, même sur ce plan-là,
39:09c'est contre-productif. Et je trouve ça
39:11très irresponsable de la part du ministre de l'Intérieur
39:13d'attiser
39:15avec Gérald Darmanin de mettre de l'huile
39:17sur le feu sur ce sujet-là
39:19parce que, derrière, effectivement,
39:21il y a les questions des OQTF, de tout ce que vous voulez, mais aussi
39:23la question de Boilem Sansa qui est
39:25incarcérée de manière injuste et injustifiée
39:27et, à mon avis, on ne fait que retarder
39:29sa libération en faisant ça.
39:31Il y a un rapport de signe de la volonté
39:33des Algériens de le libérer.
39:35Il y a un rapport de force
39:37qui est forcément entre gouvernements
39:39et...
39:43Voilà, il y a un équilibre
39:45peut-être à trouver, mais il est difficile
39:47aussi de gérer tout ce qui est
39:49lié à la politique migratoire
39:51à l'aune
39:53uniquement de la libération de Boilem Sansa
39:55pour laquelle
39:57on voit bien que Paris a peu de levier
39:59pour faire pression
40:01sur les Algériens.
40:03Excusez-moi, juste sur les questions de politique migratoire,
40:05la France a signé des multitudes d'accords
40:07avec de très nombreux pays sur les questions des visas,
40:09sur la question des OQTF, et ce n'est pas la première fois
40:11qu'il y a des questions d'OQTF qui sont levées
40:13avec des pays en Afrique, au Maghreb,
40:15il y a eu, de toutes ces dernières années,
40:17il y en a eu beaucoup. Tout cela s'est fait souvent
40:19dans la collaboration avec ces pays-là
40:21et c'est là où ça devient le plus efficace.
40:23Évidemment, quand on est dans la manière
40:25dans ces prix-là, à mon avis,
40:27il faut quand même faire attention
40:29que la diplomatie ne soit pas ressentie par les Français
40:31comme de la lâcheté.
40:33Et on voit bien aussi
40:35à travers le monde
40:37que la loi du plus fort
40:39est de plus en plus utilisée.
40:41Il ne faut pas donner l'impression à nos concitoyens
40:43qu'on ne fait rien et qu'après tout on ne peut rien faire.
40:45Il faut faire du Trump ?
40:47Non, je ne dis pas du Trump, mais peut-être qu'il y a des moments
40:49où vous vous rappeliez, Aurélie,
40:51l'écart entre le nombre de visas accordés
40:53et le nombre de retours
40:55demandés par la France et accordés par le gouvernement algérien.
40:57Ce déséquilibre, il n'est pas tout à fait normal.
40:59Donc, il y a un moment donné,
41:01on peut peut-être aussi avoir un rapport de force,
41:03l'utiliser, je suis d'accord,
41:05je suis pour les voies de la diplomatie,
41:07mais quand même il y a des moments où quand
41:09vous avez l'impression que la partie adverse ne joue pas le jeu,
41:11il faut montrer un peu sa force quand même.
41:13Sachant qu'il y a un contexte aussi,
41:15un climat politique en France où vous avez
41:17l'extrême droite qui pousse, qui pousse,
41:19qui considère que le gouvernement n'en fait pas assez
41:21et trop laxiste.
41:23Tout à l'heure sur France Info, je recevais
41:25Jean-Philippe Tanguy, qui est
41:27président délégué du groupe RN
41:29à l'Assemblée et qui lui était très radical
41:31sur les visas, on va l'écouter,
41:33il dit carrément qu'il faudrait les supprimer
41:35totalement.
41:37Il faut presque les suspendre là.
41:39Vu la situation actuelle
41:41d'insulte permanente du gouvernement
41:43algérien envers la France, parce que quand vous lisez
41:45l'interview de M. Théboun, ce qu'il dit sur la France
41:47du président algérien est insupportable,
41:49ce qu'il dit sur les dirigeants français est insupportable.
41:51Vous voulez sanctionner toute une population
41:53pour le régime
41:55qui ne joue pas le jeu. Oui mais c'est son régime.
41:57C'est le régime algérien
41:59et le régime des habitants d'Algérie. Ce n'est pas la
42:01surenchère, il faut se faire respecter.
42:03Et donc ça, ça met clairement une pression supplémentaire
42:05sur le gouvernement sur ce sujet-là.
42:07D'autant plus qu'il y a des faits divers
42:09et là il y a eu l'attaque de Mulhouse
42:11qui de fait donne de l'eau
42:13au moulin de tout ça et qui
42:15en effet met le gouvernement
42:17en situation de devoir,
42:19comme disait Christophe, réagir
42:21parce que les gens ne comprennent pas que quelqu'un
42:23qu'on a tenté d'expulser
42:25dix fois, qui a été renvoyé, finit par tuer
42:27une personne
42:29à Mulhouse. Et ça, c'est vrai
42:31que pour les français, ça fait
42:33un petit effet psychologique.
42:35Et donc on est aussi dans
42:37de la politique nationale qui se
42:39joue là sur ces choses-là.
42:41Et on suivra évidemment demain ce
42:43comité interministériel de contrôle
42:45de l'immigration organisé
42:47par François Bayrou à Matignon.
42:49Dans un instant, on va parler
42:51agriculture avec le défilé
42:53traditionnel des politiques
42:55au salon de la Porte de Versailles à Paris.
42:57Restez avec nous, il est 20h46 sur France Info
42:59le fil info de Stéphane Milhomme.
43:01Le Chili fait face actuellement
43:03à une panne de courant inhabituelle
43:05et dans tout le pays elle a nécessité l'évacuation
43:07du métro de Santiago, la capitale
43:09dans un contexte de confusion générale
43:11parmi la population. La panne
43:13s'étend désormais de la région d'Arica
43:15et Paris-Nakota au nord
43:17jusqu'à la région des lacs au sud.
43:19Mohamed Amra dormira
43:21cette nuit dans une prison française.
43:23Après sa cavale de neuf mois
43:25et la mort de deux agents pénitentiaires,
43:27le narcotrafiquant a atterri ce soir en Ile-de-France.
43:29Après avoir été extradé
43:31de Roumanie, il doit être mis en examen
43:33ces prochaines heures. La personnalité
43:35de Joël Squarnec,
43:37au centre du deuxième jour de son procès,
43:39la cour criminelle du Morbihan, a entendu
43:41le témoignage de ses proches, notamment
43:43l'ex-épouse, l'ancien chirurgien
43:45comparé pour les viols et agressions sexuelles
43:47sur près de 300 jeunes.
43:49Le premier ministre britannique Kirst Armour
43:51recevra ce week-end plusieurs chefs d'État
43:53de pays alliés pour des discussions
43:55sur l'Ukraine. Un rendez-vous quelques
43:57jours après avoir rencontré le président américain
43:59Donald Trump à la Maison Blanche. C'est
44:01en effet jeudi que le chef du gouvernement
44:03britannique est attendu aux
44:05États-Unis. Et puis l'île de la Réunion
44:07sera demain en alerte orange cyclonique.
44:09Les autorités redoutent le passage de la
44:11pète tropicale Garance avec une menace
44:13importante et sérieuse. Selon Météo
44:15France, les crèches et les écoles
44:17resteront fermées.
44:19France Info
44:21Les informés
44:23Aurélie Herbemont
44:25Thomas Echier
44:27Toujours avec
44:29Christophe Jacubizine, Audrey Vuétaz
44:31Laurent Mouloud et Valérie
44:33Gasse pour aborder notre dernier sujet
44:35du soir. Comme chaque
44:37année, les politiques défilent au Salon de
44:39l'Agriculture. Oui, ils veulent tous
44:41leurs photos avec Oupette, la vache
44:43limousine égérie de ce
44:45Salon 2025. Alors aujourd'hui,
44:47porte de Versailles, il y a eu la patronne des
44:49écolos, Marine Tondelier, le
44:51communiste Fabien Roussel. Hier,
44:53il y avait le ministre de l'Intérieur,
44:55Bruno Retailleau, mais aussi le Premier
44:57ministre, François Bayrou, qui compte
44:59même y retourner demain.
45:01Jordan Bardella aussi a déambulé
45:03dimanche et lundi dans les
45:05allées de la plus grande ferme de France.
45:07Pourtant, les organisateurs du Salon
45:09avaient fixé une règle pour cette
45:11année. Un seul passage par
45:13personnalité politique et surtout
45:15en respectant bien le parcours
45:17prévu à l'avance, histoire d'éviter
45:19les cohues qui perturbent
45:21les vraies visites des particuliers.
45:23Qu'est-ce que les politiques viennent
45:25chercher à chaque fois au Salon de l'Agriculture ?
45:27C'est quoi le but de ces visites ? La communication
45:29seulement ? En fait, ils savent que
45:31les Français sont très attachés, alors c'est le paradoxe,
45:33ils sont très attachés à l'image
45:35de l'agriculture et à leurs agriculteurs.
45:37Et en même temps, on a vu aujourd'hui une étude qui est sortie
45:39sur le fait qu'ils mangent de moins en moins de produits frais.
45:41Par exemple, ça a encore baissé l'an dernier,
45:43moins 1%, moins 2% l'année précédente.
45:45En kilos, je crois qu'on est passé, j'avais pris
45:47le chiffre de 182 kilos
45:49à 158 kilos
45:51de fruits et légumes par an
45:53et par Français. Donc en fait,
45:55parce que pourquoi ? Parce qu'ils achètent de plus en plus
45:57de produits transformés, ils font de moins en moins
45:59la cuisine. Et c'est vrai que
46:01pour soutenir l'agriculture, il faudrait plutôt acheter
46:03des produits frais et valoriser
46:05les filières d'excellence de notre pays.
46:07Donc c'est tout le paradoxe, il y a cette
46:09affection des Français pour leurs agriculteurs
46:11et leur désaffection
46:13pour leur agriculture.
46:15Et ce que vont chercher les politiques, c'est plutôt le côté
46:17affectif des Français pour
46:19la vache, dont vous parliez.
46:21Ou pète.
46:23Mais évidemment, il y a
46:25un écart entre
46:27pas de la part des politiques, mais de la part des Français aussi.
46:29Entre les discours et la démonstration
46:31d'amour qu'ils donnent à l'agriculteur, en allant
46:33notamment très nombreux au salon, et ce qu'ils font
46:35vraiment pour les filières agricoles.
46:37Le soutien en achetant
46:39des produits non transformés,
46:41des produits dans
46:43des filières directes et des produits agricoles.
46:45On sait aussi que c'est une question de prix.
46:47On en parle régulièrement. Mais ça c'est pas vrai, parce que vous voyez,
46:49quand on passe de 180 kilos de produits
46:51frais, de légumes et de fruits à
46:53150, c'est que vous achetez autre chose.
46:55C'est que vous achetez des produits transformés.
46:57Donc ça a joué.
46:59Ça a sans doute joué, notamment pendant
47:01les années de rattrapage des prix après la COVID,
47:03les années d'hyperimplation.
47:05Mais les prix se sont stabilisés, et pourtant,
47:07et même baissés parfois, sur certaines filières.
47:09Et pourtant, les consommateurs
47:11ont encore moins consommé de produits frais
47:13l'an dernier.
47:15Valérie Gass, sur l'importance
47:17du salon pour les politiques, année après année,
47:19finalement. C'est un des exercices
47:21traditionnels incontournables pour
47:23tout responsable politique qui a
47:25quelques ambitions.
47:27Ils y vont tous, et encore là, on est dans une petite
47:29année. Il n'y a pas de
47:31présidentiel, il n'y a même pas d'élection.
47:33C'est pour ça que c'est calme, d'ailleurs.
47:35C'est calme. En fait, j'ai envie de dire, parce que
47:37l'année dernière, c'était pas calme du tout.
47:39La visite d'inauguration d'Emmanuel
47:41Macron, l'année dernière, avait été
47:43vraiment marquée par des violences.
47:45Les agriculteurs avaient déboulé dans le salon,
47:47l'avaient empêché de déambuler. Ils étaient réfugiés
47:49dans les salles au-dessus pour
47:51recevoir la coordination rurale
47:53qui était très remontée. Donc,
47:55il y avait eu une telle violence l'année dernière que cette année, ça parait
47:57gentillet et très calme. Et c'est vrai que
47:59Emmanuel Macron, quand il y est allé, François Bayrou,
48:01l'objectif, c'est un peu la calinothérapie
48:03de montrer que cette page est tournée,
48:05que la loi agricole est passée,
48:07qu'on a fait ce qu'il fallait et que
48:09les agriculteurs ne vont pas
48:11reprendre leur tracteur pour aller bloquer Paris.
48:13Donc, il y a aussi ça, c'est que les agriculteurs,
48:15c'est vrai, les Français
48:17les aiment et aiment montrer qu'ils les
48:19aiment et vont au salon. Mais les agriculteurs,
48:21c'est aussi une source
48:23éruptive dans la société française
48:25et quand ça va mal,
48:27souvent, on les entend.
48:29Avec la coordination rurale
48:31qui est ce syndicat
48:33proche du FN,
48:35qui a progressé aux dernières élections
48:37au champ d'agriculture.
48:39À la FNSEA, le syndicat majoritaire.
48:41Donc, tous les irritants sont un petit peu
48:43passés. Donc, cette année, c'est plus calme.
48:45Mais c'est vrai qu'il faut prendre en compte les agriculteurs
48:47pour tout un tas de raisons.
48:49Laurent Mouloud. Oui, je suis d'accord.
48:51Il y a un pouvoir social assez fort
48:53quand les agriculteurs défilent, etc.
48:55Et puis, il y a le rapport à la terre
48:57aussi. C'est des métiers très nobles
48:59sur lesquels les Français ont beaucoup
49:01d'estime aussi
49:03et sont un peu heureux de vol. Après, moi, je suis d'accord
49:05sur la question de... Effectivement,
49:07on devrait soutenir cette agriculture et c'est un petit peu
49:09ce qui manque. L'amour est preuve d'amour. Voilà.
49:11Il y a l'amour et l'épreuve d'amour.
49:13Et sans vouloir trop m'étaler
49:15sur la question, mais
49:17on a abordé la question de la transformation
49:19de production agricole qui est un peu
49:21la question centrale, en fait.
49:23Il y a vraiment le défi des années à venir
49:25à la fois pour assurer aux agriculteurs
49:27des revenus décents et qu'ils puissent vivre aussi,
49:29mais aussi pour assurer aux consommateurs
49:31des produits sains qui viennent de pas trop loin,
49:33qui ne sont pas trop carbonés, etc.
49:35Et cette transformation-là
49:37est vraiment un défi essentiel
49:39pour notre pays, pour sa souveraineté alimentaire aussi.
49:41Et là-dessus, sur ces questions-là,
49:43j'ai peur que la loi d'orientation agricole
49:45qui a été votée, c'est pour ça qu'il y a du débat aussi autour,
49:47ne va pas assez loin sur ces questions-là,
49:49même pour la faire vite.
49:51C'est une loi qui fait plaisir
49:53sur la question des normes environnementales,
49:55sur des reculs, sur des questions de facilitation
49:57administrative à la FNSEA,
49:59mais en revanche, sur toutes les questions de revenus
50:01des agriculteurs et d'avenir de l'agriculture,
50:03un avenir positif d'agriculteurs, là-dessus, il n'y a rien.
50:05Donc je pense que cette colère agricole
50:07qui a beaucoup existé l'année dernière va continuer
50:09encore dans les années qui viennent et, à mon avis,
50:11le problème n'est pas du tout réglé.
50:13Vous parliez de modèles de production agricole
50:15et de ces politiques qui se précipitent
50:17tous au salon de l'agriculture.
50:19Ce n'est pas vrai. Il y a une exception dans le paysage politique français.
50:21C'est Jean-Luc Mélenchon.
50:23Ça fait des années qu'il ne va plus au salon
50:25parce que, justement, il considère
50:27que le modèle d'agriculture
50:29qui est défendu
50:31ou montré porte de Versailles
50:33est un modèle productiviste
50:35et donc qu'il ne soutient pas.
50:37Et c'est vrai que c'est un des rares politiques
50:39à avoir fait ce choix,
50:41même la dernière fois pendant la campagne présidentielle,
50:43de ne pas être allé porte de Versailles.
50:45Sinon, c'est vrai que
50:47tous les autres y vont.
50:49Ce n'est pas son électorat.
50:51Evidemment,
50:53les politiques vont au salon pour voir
50:55les agriculteurs et montrer leur attachement.
50:57Mais attention, ils n'y vont pas que pour ça.
50:59Ils y vont aussi parce qu'il y a beaucoup de Français
51:01qui vont au salon de l'agriculture.
51:03C'est formidable pour serrer des mains, faire des selfies
51:05avec des Français
51:07de tous horizons qui vont au salon
51:09qui sont potentiellement aussi des électeurs
51:11parfois très très loin des professions agricoles.
51:13Donc il y a ce double effet
51:15qui est recherché par les politiques.
51:17Aller voir l'agriculture, être au chevet de l'agriculture
51:19et puis en même temps en profiter
51:21pour voir des centaines, des centaines
51:23de Français en très très peu de temps
51:25tous réunis au même endroit.
51:27Et après chacun fait son chemin.
51:29Par exemple, les écologistes aujourd'hui, ils ont choisi un parcours
51:31où ils sont allés à l'agence du bio
51:33justement pour soutenir parce qu'il y avait eu cette question
51:35de supprimer les crédits de l'agence du bio.
51:37Ils ont été voir aussi les agricultures
51:39plus biologiques. Ils ont choisi un peu leur chemin.
51:41Il y en a pour tous les goûts au salon.
51:43Et moi j'y étais ce matin et on leur a demandé aux agriculteurs
51:45ce qu'ils pensaient de ces va-et-vient de politique.
51:47Ils étaient là, c'est très joli,
51:49ils viennent faire des selfies, ils viennent faire des photos.
51:51Mais nous, on est là pour leur dire que
51:53ce n'est pas que de la kalinothérapie, on veut vraiment des actes.
51:55Et en fait, ils détestent pas l'exercice
51:57non plus de discuter avec les politiques,
51:59peu importe le bord politique.
52:01Il y en a beaucoup, notamment chez les jeunes agriculteurs, qui nous disaient
52:03ça permet d'avoir l'oreille directe du président.
52:05Très clairement. D'ailleurs, il y en a beaucoup qui
52:07ont regretté que cette année, il n'y ait pas eu une déambulation
52:09pendant plusieurs heures du chef de l'État
52:11pour pouvoir faire
52:13leur revendication directement.
52:15Enfin vraiment, ils sont à portée
52:17de discussion.
52:19Ça leur a permis aussi de redonner un coup,
52:21de remarquer le pas sur le fameux
52:23accord UE-Mercosur, cet accord commercial
52:25avec les pays d'Amérique latine. Tout le monde nous en parle
52:27dans les allées du salon.
52:29Et ça, ils ont pu le redire notamment.
52:31Qui va revenir.
52:33Et le RN s'en est emparé. Ils ont lancé une grande
52:35campagne nationale contre cet accord
52:37UE-Mercosur. Et Jordan Bardella, sur les deux jours
52:39de sa visite, il le martelait
52:41à chaque agriculteur avec lequel
52:43il discutait. C'était à peu près son seul message d'ailleurs.
52:45Ça et le pacte vert européen.
52:47Le pacte vert européen dont il
52:49demande la suspension, puisqu'il est
52:51député européen.
52:53Jordan Bardella qui a un très grand succès
52:55quand il a suivi l'arrivée du monde.
52:57Il est accompagné
52:59par une foule en délire
53:01quand il est dans les allées du salon.
53:03Ce qu'on constate aussi quand Marine Le Pen
53:05va au salon de l'agriculture. Pour l'avoir couvert
53:07un certain nombre de fois,
53:09c'est vrai qu'au concours
53:11des selfies
53:13et des bises distribuées,
53:15généralement, Marine Le Pen
53:17et Jordan Bardella,
53:19ça marche plutôt bien dans les allées du salon.
53:21Mais il y a aussi le côté vu à la télé.
53:23C'est vrai que tous les politiques n'ont pas forcément la notoriété
53:25d'une Marine Le Pen
53:27ou d'un Jordan Bardella.
53:29Donc à ce salon calme cette année, mais il y a une crise
53:31qui couvre et qui peut reprendre à n'importe quel moment.
53:33Surtout, vous l'avez raison avec le Mercosur,
53:35même si, vous savez que nous,
53:37on défend ce traité aux échos,
53:39parce que c'est un marché potentiel
53:41très important en Amérique du Sud. Et quand on voit
53:43que des marchés comme les Etats-Unis vont se fermer,
53:45vont imposer des droits de douane,
53:47je pense que c'est un très bon relais de croissance.
53:49Il y a beaucoup de producteurs, notamment sur des appellations
53:51qui peuvent trouver beaucoup d'intérêt
53:53à pouvoir vendre en Amérique du Sud.
53:55Et il y a beaucoup de garde-fous, en revanche,
53:57sur les importations de produits agricoles,
53:59notamment bovins, en Europe.
54:01Et donc, je pense que c'est un bon accord.
54:03Mais ça, c'est un débat. Mais vous avez raison,
54:05c'est sûr que c'est un débat inflammable.
54:07Et que la France n'a pas de poids en Europe
54:09pour empêcher cet accord d'être adopté.
54:11Vous savez qu'il y a une règle de majorité
54:13et qu'on n'arrive pas à réunir cette fameuse minorité de blocage
54:15dont nous aurions besoin.
54:17Je ne suis pas sûre qu'à l'Humard, on soit aussi fans
54:19de l'accord avec le Mercosur.
54:21On est frontalement contre les échos.
54:23On a même fait des appels dans le journal
54:25justement à refuser cet accord de libre-échange
54:27qui est surtout un accord
54:29de concurrence
54:31qui est faussé, on va dire,
54:33entre les questions normatives, entre les pays.
54:35Et puis, c'est ce que redoute beaucoup
54:37l'agriculture française, en fait.
54:39Après, il y a aussi une question écologique.
54:41Est-ce qu'on est encore à l'heure des grands échanges
54:43internationaux sur des questions bovines,
54:45sur les questions d'échanges de viande, par exemple ?
54:47Est-ce que c'est raisonnable, aujourd'hui,
54:49qu'en testant les défis environnementaux,
54:51de se lancer dans ce type d'accord de libre-échange
54:53qui ont commencé à être négociés il y a 30 ou 40 ans,
54:55à une autre époque où on ne se préoccupait pas
54:57de toutes ces questions-là ?
54:59Ce sont, à mon avis, des sujets très importants
55:01et je pense que notre journal a plutôt raison de s'y opposer.
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