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00:0020h, 21h, Les Informés, Renaud Blanc.
00:09Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans Les Informés sur France Info, bien sûr,
00:13Les Informés à la radio et à la télévision sur le canal 27 de la TNT,
00:16une heure de débat, d'analyse et de décryptage de l'actualité française et internationale.
00:22Au sommaire ce soir, les élections en Allemagne, bien sûr, avec la victoire de la CDU,
00:26le très gros score de l'AFD, l'extrême droite allemande qui totaliserait presque 20% des suffrages,
00:32l'AFD devant le SPD, Berlin mais aussi Paris, Londres et Kiev face aux dernières déclarations
00:38de Vladimir Poutine et de Donald Trump, quelle marge de manœuvre pour l'Europe alors que demain
00:43la guerre en Ukraine entrera dans sa quatrième année.
00:46Autre grand thème au programme ce soir, l'attaque terroriste de Mulhouse, réaction politique
00:50mais aussi conséquence diplomatique, la tension est très forte entre Alger et Paris.
00:55Les Informés ce soir ont pour nom Patricia Lémonière, grand reporter spécialiste des questions internationales.
01:00Bonsoir Patricia, face à vous Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef à La Croix.
01:05Soyez bienvenue Jean-Christophe, à vos côtés Serge Simineau, journaliste au service politique à France Télévision.
01:10Bonsoir Serge, nous serons également en direct dans quelques instants avec Berlin
01:14et avec Patrick Martin-Jeuny, enseignant à Sciences Po, spécialiste de l'Europe,
01:18auteur de L'Europe a-t-elle encore un avenir ? aux éditions Studi-Rama.
01:23Les Allemands ont voté aujourd'hui pour élire leur député, une élection extrêmement importante,
01:29outre-Rhin et scrutée de très très près dans les capitales européennes.
01:32Bonsoir Patrick Martin-Jeuny.
01:34Bonsoir.
01:35Vous êtes grand spécialiste des questions européennes, vous êtes à Berlin.
01:38Les premiers résultats à la sortie des urnes sont tombés il y a un peu moins de deux heures.
01:42Est-ce qu'on peut parler de séisme en Allemagne avec le score de l'AfD ?
01:47C'est 19,5% derrière la CDU certes, mais devant le SPD de Laff-Scholz.
01:53Oui, je crois qu'on peut parler d'un séisme politique majeur.
01:57On l'attendait ce séisme, parce qu'Alice Weidel, la chef de l'AfD,
02:02était aux alentours de 19-20 voire 21% depuis plusieurs mois.
02:06Donc elle s'était inscrite dans le paysage politique allemand.
02:10Et effectivement, c'est un séisme, ce sont les élections les plus importantes,
02:15les plus symboliques, les plus cruciales depuis la création de la République fédérale d'Allemagne
02:20et depuis la chute de Mur du Berlin.
02:22Il faut savoir une chose, c'est que l'AfD, qui était aux alentours de 10% des suffrages
02:27lors des dernières élections législatives en 2020, sont à environ 20%.
02:34Ce qui, véritablement, va leur donner pratiquement entre 140 et 150 sièges au Bundestag, le Parlement allemand.
02:41C'est un séisme politique aujourd'hui en Allemagne,
02:44mais aucun des partis politiques ne souhaite gouverner avec ce parti politique d'extrême-droite.
02:49On va y revenir, mais quelle est l'atmosphère dans la capitale allemande ?
02:54Écoutez, moi, depuis samedi que je suis à Berlin,
02:58je suis assez frappé de voir qu'on fait beaucoup de publicités pour Alice Weidel de l'extrême-droite,
03:03même si je ne pense pas que c'est à Berlin qu'elle va faire ses meilleurs scores.
03:07On a vu énormément de publicités, de pancartes qui disaient
03:12« le temps est venu pour la libre opinion, le temps est venu pour la libre expression,
03:18la liberté d'expression », dont elle considère qu'elle n'est plus assurée en Allemagne,
03:23évidemment avec la propagande d'Elon Musk qui a dit « seule l'AfD peut sauver l'Allemagne ».
03:29Et donc, on voit bien qu'elle a pris appui sur Elon Musk pour une liberté d'expression.
03:35C'est la publicité que nous avons vue,
03:37et je dois dire que c'est la principale publicité que j'ai vue dans les rues de Berlin.
03:41Donc aujourd'hui, effectivement, c'est une victoire évidente pour elle,
03:46même si elle n'arrive qu'en deuxième position.
03:48Je l'ai écoutée ce soir à la télévision,
03:50elle a dit « rien ne pourra se faire sans nous,
03:53nous serons la principale force politique au sein du Parlement pour les quatre prochaines années ».
03:59Patricia Lémonière, votre réaction à ce vote et à ce score historique de l'extrême-droite ?
04:03Alors, ce score historique était attendu.
04:05Tous les derniers sondages de ces derniers mois, je le disais, déjà l'apportaient à 20%.
04:10Donc ce qu'on avait très peur, c'était que l'appui apporté par Elon Musk et par J.D. Vance,
04:16eh bien le vice-président américain renforce son corps,
04:19et qu'on aille au-delà de ces 20%.
04:22On n'y est pas allé, donc j'ai envie de dire,
04:24finalement, l'effet Musk et l'effet Vance ne s'est pas produit massivement,
04:30en tout cas pour ces derniers résultats.
04:32C'était avant, en fait.
04:35Quand votre interlocuteur vient de parler, effectivement,
04:39de cette campagne très marquée sur la liberté d'expression,
04:43c'est justement Musk qui pousse à ça et Vance aussi qui pousse à cette liberté d'expression.
04:47Donc on voit que ça n'a pas totalement fonctionné.
04:50Dernier point, quand des instituts de sondage ont sorti là quelques chiffres sur les votes,
04:56si on peut tenter de les sortir, ils disent que c'est un vote qui est plutôt masculin.
05:00Pour l'AFD ?
05:01Pour l'AFD, ça serait plutôt les hommes qui auraient voté pour l'AFD,
05:04et les femmes qui ont 17% et les hommes à 20 et quelques.
05:07Donc on voit que c'est un vote, effectivement, plutôt masculin,
05:11et ce qui recoupe, finalement, ce qui s'est passé aux Etats-Unis
05:14où on disait aussi que le vote pour Trump est un vote plutôt masculin.
05:17Jean-Christophe Ploquin, vote historique pour vous ?
05:20Oui, c'est historique parce que l'AFD est un parti jeune
05:25qui est apparu il y a 25 ans à peu près,
05:28à l'époque c'était plutôt contre l'euro,
05:30et c'est un parti qui a donc doublé son score en seulement 4 ans.
05:35C'est aussi un parti dans lequel il y a des personnalités
05:40qui viennent d'un arrière-plan néo-nazi,
05:44donc c'est vraiment un parti qui est extrême par bien des côtés,
05:49dans un pays comme, justement, l'Allemagne,
05:52qui a, génération après génération, dans les écoles,
05:57enseigné ce qu'était le nazisme, enseigné ce qu'était l'antisémitisme,
06:02et donc le fait que ce parti ait pu briser les barrières, en quelque sorte,
06:09c'est vraiment très très important.
06:11Il faudra voir, l'un des éléments, c'est de voir comment se distribue le vote.
06:16Patricia a donné des éléments en matière de genre,
06:20ce serait intéressant de voir, géographiquement,
06:23c'est un parti qui est quand même davantage implanté en Allemagne de l'Est,
06:26est-ce qu'il a aussi marqué des points en Allemagne de l'Ouest, aujourd'hui ?
06:30Ce sera très important de le savoir.
06:32Serge, je vais vous donner la parole dans un instant,
06:34mais il est sur France Info, 20h10, Le Fil Info, Emmanuel Langlois.
06:39L'Allemagne, avec un peu moins de 30% des suffrages,
06:42les conservateurs de Friedrich Merz remportent donc les élections législatives
06:46anticipées organisées ce dimanche.
06:48Ils devancent le parti d'extrême droite, l'AFD,
06:51qui réalise le meilleur score de son histoire,
06:53avec un peu moins de 20% des voix.
06:55La chef de file de l'extrême droite allemande salue ce soir un résultat historique.
06:59Quant au chancelier sortant Olaf Scholz,
07:01il est le grand perdant du scrutin.
07:03Arrivés en troisième position ce soir,
07:05son parti social-démocrate recueille 16% des voix,
07:09soit 10% de moins que les législatives de 2021.
07:13À l'étranger encore, Volodymyr Zelensky se dit prêt à quitter ses fonctions immédiatement,
07:18en échange d'une adhésion pleine et entière de l'Ukraine à l'OTAN
07:22pour le président ukrainien.
07:24Ce serait, à ses yeux, la seule véritable garantie de sécurité face à la Russie.
07:30À Mulhouse, quatre personnes ont été placées en garde à vue ce dimanche
07:34dans l'enquête sur l'attentat d'hier, près d'un marché,
07:36dont deux membres de l'entourage familial du suspect,
07:39un homme de 37 ans né en Algérie, d'après le parquet national antiterroriste.
07:44L'attaque au couteau qui l'a mené a fait un mort,
07:47un patient et plusieurs blessés parmi les agents et policiers municipaux de Mulhouse.
07:51La garde à vue de l'assaillant lui-même a été prolongée.
07:55Quant à la préfecture et la mairie de Mulhouse,
07:57elles mettront en place à partir de demain lundi une cellule de soutien psychologique.
08:02Le pape reste dans un état critique.
08:04Il continue de recevoir de l'oxygène à haut débit,
08:06mais il n'a pas présenté de nouvelles crises respiratoires depuis hier soir,
08:10annonce le Vatican.
08:12Le souverain pontife est hospitalisé depuis plus d'une semaine maintenant
08:15pour une double pneumonie à l'hôpital Gemelli à Rome.
08:21France Info, 20h21, les informés.
08:27Renaud Blanc.
08:29On continue d'analyser ces élections législatives en Allemagne.
08:32Je vous rappelle les scores à la sortie des urnes.
08:34CDU, CSU autour de 29%, l'AFD un petit peu moins de 20% et le SPD 16%.
08:40Serge Siminaud, c'est quoi ce vote ?
08:42On parle du pessimisme allemand, c'est aussi le vote d'une certaine peur de l'avenir ?
08:47Je dirais qu'à la limite, l'AFD a gagné l'élection avant l'élection,
08:51même si elle est en deuxième position,
08:53puisque la manière dont M. Merckx, le futur chancelier, a fait campagne,
08:57il est revenu à la CDU d'avant Merkel,
09:00en allant vers les fondamentaux, un conservatisme originel,
09:04si on peut dire les choses comme ça,
09:06en s'attaquant à certains faits sociétaux,
09:09le changement de genre, la non-libéralisation du cannabis,
09:13économiquement étant autour d'un libéralisme économique.
09:16Il a presque déjà répondu à ce que pouvait devenir l'AFD par son programme.
09:21Alors maintenant, pour répondre à la question,
09:23il y a une situation, si on ne compte pas bien sûr le score de la CDU,
09:27mais seulement si on regarde celui de l'AFD,
09:29il y a une situation, je ne vais pas revenir sur les différents attentats,
09:32qu'ils soient certes islamistes, la voiture à Mabdebourg,
09:36les différentes attaques au couteau,
09:38mais il y a aussi une situation économique que l'Allemagne,
09:41vous savez ce fameux modèle allemand,
09:43on dit que c'est l'homme malade de l'Europe maintenant l'Allemagne,
09:46parce que la récession est là, que le gaz russe se fait rare et pour cause,
09:51qu'ils n'arrivent plus à exporter leur automobile,
09:53donc ce contexte-là, à la fois en termes de société,
09:56en termes de sécurité, en termes économiques,
09:58a fait sans doute que l'AFD a atteint un score,
10:01et Patricia l'a rappelé, qui était déjà prévu dans les sondages.
10:04Mais pour autant, moi je trouve que ce qu'il faut regarder,
10:07c'est comment la CDU de Monsieur Merckx avait déjà devancé
10:10presque une partie seulement du programme de l'AFD.
10:13Patrick Martin-Jeunier, c'est une défaite historique pour le SPD,
10:18on n'a jamais vu ça depuis la seconde guerre mondiale.
10:22Oui, c'est une défaite majeure pour Olaf Scholz, cela a été dit.
10:25Il a reconnu ce soir sa défaite, il a félicité Frédéric Schwarz,
10:29néanmoins c'est une défaite historique à 16% aux alentours du SPD,
10:34ce qui fait que ce parti politique a échoué pendant quatre ans
10:39sous la direction d'Olaf Scholz, qui a tenté de gouverner tant bien que mal.
10:44Vous savez, ce n'est pas un homme qui a été facile
10:47pour prendre un certain nombre de décisions,
10:49il a pris en outre la décision de se séparer des libéraux, le FDP,
10:53ce qui a précipité la crise politique et donc la dissolution du Parlement allemand.
10:58Et donc c'est aujourd'hui le constat d'un échec,
11:01pourtant il a fait un certain nombre de choses,
11:05il n'a pas su peut-être montrer qu'il avait fait assez en termes sociaux.
11:10Mais c'est un pays, encore une fois vous l'avez dit, cela vient d'être dit,
11:14qui a connu de fortes difficultés sociales et économiques.
11:17C'est un pays fracturé l'Allemagne aujourd'hui ?
11:20Manifestement, c'est un pays fracturé sur le plan économique.
11:24Les principaux fleurons de l'industrie allemande dans le commerce,
11:28la Commerzbank, Thyssen, Volkswagen, Bosch,
11:32ont licencié par milliers.
11:35C'est la troisième année que ce pays est en récession,
11:38donc l'aspect économique et social est très important.
11:41Dans la fonction publique aussi, il y a eu des manifestations,
11:45il y a l'aspect économique très important.
11:47Mais ne sous-estimons pas non plus le drame qu'a vécu cette Allemagne depuis deux ans,
11:53avec les attentats qui ont été commis à Magdebourg,
11:56avec cet attentat sur le marché de Noël,
11:59également en Bavière avec cet homme,
12:02ce demandeur d'asile afghan qui a assassiné un enfant et un père de famille.
12:07Et encore récemment, hier, un vendredi soir,
12:10j'étais à Berlin lorsque quelqu'un s'est attaqué
12:13à une personne qui était à côté du mémorial de la Shoah.
12:17Donc il y a eu un pays traumatisé depuis deux ans,
12:20ce qui a nettement favorisé, on peut dire aujourd'hui, l'AFD, l'extrême droite.
12:25Donc c'est l'agrégation de toute une série de facteurs économiques, sociaux,
12:30liés également à l'immigration,
12:32qui peut expliquer effectivement cette défaite massive de la Scholz.
12:37Alors défaite du SPD, la CDU est en tête,
12:40avec notamment Friedrich Merz qui devrait être le prochain sensuelier allemand.
12:46Il a réagi justement après ce vote, je vous propose de l'écouter.
12:51Mais maintenant nous allons parler,
12:54et il s'agit avant tout de rétablir aussi vite que possible
12:58un gouvernement capable d'agir en Allemagne,
13:02avec une bonne majorité parlementaire.
13:06Car mes chers amis, le monde extérieur ne nous attend pas,
13:09et il n'attend pas non plus de longues négociations de coalitions.
13:13Nous devons vite redevenir opérationnels pour faire ce qu'il faut sur le plan intérieur,
13:17pour redevenir présents en Europe,
13:20afin que le monde sache que l'Allemagne est à nouveau gouvernée de manière fiable.
13:26Alors la question évidemment, on sait que l'AFD ne fera pas partie de la coalition.
13:30Alors l'AFD ce soir souhaite faire partie d'une coalition,
13:33la CDU, c'est pas possible pour eux.
13:36Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que la prochaine coalition, Patricia,
13:38ça va être la CDU, CSU, et puis le SPD à nouveau ?
13:42Ca sera pratiquement la meilleure formule,
13:45celle dont ne veulent pas forcément les Allemands.
13:47Mais si c'est une coalition très large, avec plein de petits partis au milieu,
13:51l'Allemagne va se retrouver dans une situation difficilement gérable,
13:55même si ils ont une habitude de coalition bien plus importante
13:59que ce que l'on voit en France.
14:01Il va surtout falloir qu'ils s'adressent,
14:04qu'ils résolvent deux problèmes qui sont majeurs effectivement.
14:07On l'a vu, le problème économique,
14:09avec la nécessité de revenir sur cette sacro-sainte loi allemande
14:13du non-endettement.
14:14Il va falloir qu'ils règlent ce problème de l'endettement
14:17parce que rebâtir, retransformer,
14:21transformer complètement cette économie
14:23qui était une économie qui était sur des choses anciennes,
14:26des voitures, l'industrie automobile, etc.
14:29et qui n'a pas fait du tout sa modernisation en informatique,
14:32en logiciel, tout ça.
14:34L'Allemagne est très retardée sur certains plans.
14:37Alors un gros choix à faire sur un plan économique
14:40qui nécessite de résoudre cette question d'endettement
14:42et un autre choix à faire sur les questions migratoires
14:46parce qu'il faut quand même penser que l'Allemagne
14:48a absorbé un million et demi en 1975
14:50de personnes venues du Proche et Moyen-Orient
14:52et un million d'Ukrainiens.
14:54En 2015.
14:55Oui, ça c'était un million et demi en 2015
14:57et un million là avec la guerre en Ukraine.
15:00Il y a cette ingérence américaine avec les discours de Musk,
15:05le discours de J.D. Vance.
15:07Trump évoque un grand jour pour l'Allemagne
15:09il y a quelques minutes, Jean-Christophe Ploquin.
15:11S'est joué à votre avis
15:13ce discours des leaders américains
15:18en faveur clairement de l'extrême droite ?
15:21Alors Patricia l'évoquait tout à l'heure,
15:23effectivement les sondages n'ont pas beaucoup changé
15:26entre avant les prises de position de J.D. Vance
15:29et la fameuse interview croisée en quelque sorte
15:33de la leader de l'extrême droite avec Elon Musk.
15:35Donc l'impact est peut-être moyen.
15:39En revanche, certainement que ça donne à l'AFD
15:43un sursaut de confiance, un surcroît de confiance.
15:47Ce qui est intéressant, c'est un peu la façon
15:49dont Friedrich Merz va se positionner rapidement
15:52sur des sujets clés sur lesquels Trump est très présent aujourd'hui
15:55et notamment l'Ukraine.
15:57A priori, d'après les propos que Friedrich Merz
16:01qui devrait être le prochain chancelier a tenu,
16:04il est prêt à aller à une certaine forme de confrontation
16:08vis-à-vis des Etats-Unis en disant
16:10qu'il faut continuer à soutenir l'Ukraine,
16:12contrairement à ce que dit Trump.
16:14Et il est prêt à donner enfin l'émissile longue portée
16:19que Taurus, que possède l'Allemagne
16:22et que jusqu'à présent son prédécesseur Olaf Scholz
16:25avait refusé de confier.
16:27Donc il est prêt, Friedrich Merz,
16:29à aller à une certaine confrontation
16:31vis-à-vis des Etats-Unis de Trump et de Musk.
16:34On va poursuivre ces échanges dans deux petites minutes.
16:36France Info, 20h20, le Fil Info, Emmanuel Langlois.
16:40Donald Trump qui évoque donc un grand jour pour l'Allemagne
16:43après la victoire des conservateurs de Friedrich Merz ce soir
16:46qu'il emporte avec un peu moins de 30% des voix,
16:49avec un peu moins de 20% des suffrages cette fois.
16:52Le meilleur score de son histoire,
16:54le parti AFD, le parti d'extrême droite,
16:56arrive en deuxième position.
16:58La chef de file de l'extrême droite allemande
17:00salue un résultat historique.
17:02En Israël, Benjamin Netanyahou affirme
17:04que son armée est prête à reprendre les combats
17:06à tout moment dans la bande de Gaza
17:08où le fragile cessez-le-feu tient toujours ce soir.
17:11L'envoyé du président américain pour le Moyen-Orient
17:14se rendra dans la région cette semaine
17:16pour tenter de faire avancer les négociations
17:19sur la suite de la trêve.
17:21Plusieurs manifestations de soutien à l'Ukraine
17:24se sont tenues en France aujourd'hui,
17:26à la veille de l'anniversaire des trois ans
17:28de l'invasion russe du pays.
17:30A Paris, ils étaient plusieurs milliers
17:32à défiler à l'appel d'associations
17:34avec la participation de plusieurs syndicats
17:36dont la CGT est solidaire.
17:38Le rugby et le 15 de France
17:40qui repartent de l'avant dans le tournoi
17:42des six nations en écrasant l'Italie
17:4473 à 24.
17:46Deux semaines après leur défaite d'un petit point
17:48sur la pelouse de Twickenham,
17:50les Bleus signent là leur deuxième victoire
17:52bonifiée dans le tournoi.
17:54Et puis en football, et après le cinglant
17:567-1 encaissé à Monaco,
17:58Nantes se ressaisit à domicile
18:00Leur dominant lance, 3-1,
18:02réduit à 10, laissant alors qu'on cède eux
18:04leur troisième défaite de rang
18:06lors de cette 23ème journée de Ligue 1
18:08qui a vu au sinistre prendre place sur le podium
18:10en dominant le dernier,
18:12Montpellier 2-0.
18:14Toulouse enfin l'emporte au Havre, réduit à 10
18:16sur le score de 4 buts à 1.
18:26Et nous continuons de voter
18:28pour les élections législatives en Allemagne
18:30Patrick Martin-Genier, je rappelle que vous êtes spécialiste
18:32des questions européennes, que vous êtes
18:34actuellement à Berlin, il faut s'attendre
18:36à quoi avec Merz ?
18:38Alors
18:40c'est quelqu'un qui a beaucoup fait campagne
18:42sur la nécessaire réindustrialisation
18:44de l'Allemagne, l'affaiblissement
18:46de l'Allemagne en Europe
18:48et c'est quelqu'un qui est sur la thématique
18:50libérale, il veut absolument
18:52baisser les impôts, baisser les impôts sur
18:54les entreprises, baisser les impôts sur
18:56les ménages et également
18:58faciliter donc les entreprises
19:00et avoir une politique très stricte
19:02sur l'immigration, ça c'est
19:04la nouveauté et enfin
19:06en effet soutenir l'Ukraine.
19:08Donc là c'est des éléments très
19:10importants mais on
19:12verra bien parce que vous savez la formation
19:14d'une coalition en Allemagne ça prend
19:16beaucoup de temps, il a été
19:18très sévère vis-à-vis de l'AFD, il a commis une
19:20faute il y a 15 jours en
19:22s'alliant avec l'AFD et l'extrême droite pour
19:24une résolution sur l'immigration
19:26il a clairement dit qu'il ne voulait pas gouverner
19:28à l'AFD mais il a été aussi très très clair
19:30avec le SPD donc les
19:32social-démocrates en disant qu'il ne
19:34s'allierait pas avec eux si
19:36les social-démocrates ne voulaient pas baisser les impôts
19:38réduire les dépenses publiques
19:40donc il est sur une optique
19:42libérale et c'est à cela qu'il faut
19:44s'attendre aujourd'hui sur
19:46disons quelqu'un qui veut réduire
19:48l'emprise du secteur public
19:50un peu sur le modèle finalement
19:52de Donald Trump même si
19:54il est plus modéré, c'est un démocrate chrétien
19:56et enfin il veut renforcer
19:58le poids de l'Allemagne mais encore une fois
20:00tout dépendra des accords de coalition
20:02qu'il va signer car
20:04vous savez qu'en Allemagne le
20:06principe, la tradition c'est la coalition
20:08il faut négocier, il faut signer
20:10en bas de cet accord et c'est
20:12cela qui va déterminer dans les mois qui
20:14viennent la politique de l'Allemagne.
20:16Il veut aller vite, est-ce qu'il peut aller vite ?
20:18On parlait un moment d'une coalition
20:20avant Pâques, est-ce que cela vous semble crédible
20:22ou on est parti pour des semaines et des semaines
20:24ce qui ne fait pas l'affaire de l'Europe et de l'Ukraine ?
20:26Il veut aller vite, il l'a dit
20:28ce soir dans son intervention, il a dit
20:30deux choses, nous avons gagné les élections
20:32et je veux gagner rapidement
20:34je veux faire rapidement une coalition
20:36pour montrer que l'Allemagne est capable
20:38de gouverner, le problème
20:40aujourd'hui c'est que sa position va être
20:42très fragilisée, on ne sait pas
20:44encore si le FDP et les libéraux
20:46atteindront les 5% des suffrages
20:48pour être représentés,
20:50il y a aussi la gauche, il ne faut pas
20:52méconnaître le score de la gauche
20:54radicale, Die Linke
20:56qui est pratiquement à 10% des suffrages
20:58il y a également Sarah Wagenknecht
21:00la gauche, la dissidente
21:02de gauche de Die Linke
21:04qui est aux alentours de 5%,
21:06on risque en réalité d'avoir
21:08un parlement complètement
21:10émietté, qui va rendre extrêmement
21:12difficile la constitution d'une
21:14coalition, donc cela m'étonnerait
21:16que nous arrivions avant Pâques à avoir
21:18une coalition, même s'il veut aller rapidement
21:20la moyenne pour la formation
21:22d'une coalition en Allemagne en général
21:24c'est entre un mois et demi, deux mois.
21:26Il y a cette question évidemment pour nous
21:28français du couple franco-allemand, Serge
21:30est-ce que vous pensez que cela peut matcher entre
21:32Emmanuel Macron et le futur
21:34chancelier Frédéric Schmerz ?
21:36Je dirais que personne n'a plus
21:38le choix dans cette affaire, vous parliez
21:40de la rapidité nécessaire
21:42l'Allemagne a déjà besoin de cette stabilité
21:44pour elle-même, et au moment
21:46qu'on traverse aujourd'hui avec la crise
21:48ukrainienne, le renversement
21:50des alliances comme le disait
21:52l'ancien ministre Jean-Yves
21:54Le Drian, entre la Chine
21:56la Russie, les Etats-Unis
21:58qui tournent le dos à l'Europe
22:00je pense que la France et l'Allemagne
22:02n'auront pas d'autre choix que d'essayer
22:04de fonctionner ensemble, mais pourquoi ?
22:06Par exemple sur la coalition, si on parle d'Europe
22:08il y a le fameux German vote qui fait que
22:10on s'abstient à Bruxelles parce que
22:12la coalition n'arrive pas à se mettre d'accord
22:14il a dit qu'il allait revenir dessus
22:16ce n'est pas un très bon départ pour trouver une coalition
22:18puisque les regards sur l'Europe
22:20ne seront pas forcément les mêmes avec ses alliés
22:22mais pour répondre à votre question
22:24on dit toujours que c'est fondateur
22:26mais c'était fondateur avec une Allemagne qui était
22:28économiquement forte, qui n'avait pas forcément
22:30les mêmes problèmes migratoires qu'aujourd'hui
22:32et que la France a aujourd'hui aussi
22:34comme une espèce de carbone ou de calque
22:36on va voir ce que va dire Emmanuel Macron
22:38je ne pense pas qu'il ait encore
22:40fait de déclaration, il est peut-être
22:42déjà dans l'avion pour Washington sans doute
22:44mais en tout cas, oui, on n'a pas le choix
22:46en Europe aujourd'hui, et peut-être encore
22:48moins aujourd'hui qu'il y a quelques années
22:50mais les conditions ne sont pas forcément
22:52réunies par rapport à la situation internationale
22:54Jean-Christophe Ploquin
22:56ça ne peut pas être pire avec Friedrich Merz
22:58que c'était avec Olaf Scholz, c'est-à-dire la relation
23:00entre le président Macron et le chancelier
23:02sortant était vraiment très mauvaise
23:04et il y avait vraiment des sujets
23:06de contentieux très très forts entre la France
23:08et l'Allemagne, que ce soit sur le nucléaire
23:10que ce soit vis-à-vis de l'Ukraine où il y avait
23:12très souvent des réactions
23:14allemandes qui étaient tardives
23:16et donc, il y a matière
23:18à s'entendre, effectivement, entre
23:20Friedrich Merz et Emmanuel Macron
23:22comme le disait
23:24Patrick Martin-Genier, effectivement, Merz est un libéral
23:26Macron aussi sur le plan économique
23:28et sur le plan
23:30nucléaire, par exemple, de l'industrie
23:32nucléaire, Merz
23:34n'est pas hostile à l'industrie nucléaire
23:36il ne la relancera pas en Allemagne
23:38mais en tout cas, il n'en fera pas un casus belli
23:40au niveau européen. Patrick Martin-Genier
23:42il va suivre de très près, Merz, le déplacement
23:44d'Emmanuel Macron à Washington demain ?
23:46Oui, je pense, en effet
23:48parce que c'est quelqu'un qui est
23:50partisan d'une coopération étroite avec la France
23:52et naturellement
23:54en tant que futur chancelier
23:56de probabilité, il va être
23:58très très intéressé par ce déplacement
24:00je pense, dans un déjà, qu'il va avoir
24:02un entretien téléphonique avec le chef de l'État
24:04ce soir dans l'avion
24:06ou demain à Washington
24:08parce que l'Allemagne est un pays qui veut
24:10reprendre sa place en Europe
24:12l'Europe est en panne, on cherche
24:14un leader en Europe et je pense qu'effectivement
24:16Friedrich Merz peut avoir
24:18un rôle important, surtout
24:20s'il veut aider l'Ukraine
24:22s'il veut envoyer les taurous
24:24en Ukraine, oui, il aura
24:26un rôle clé à jouer, donc
24:28il aura tout intérêt, dès sa confirmation
24:30et peut-être même avant
24:32se rendre à Paris pour
24:34rencontrer Emmanuel Macron.
24:36L'Europe est au pied du mur, Patricia ?
24:38Moi je crois que
24:40ce qui va se passer avec Frédéric Merz
24:42est important parce que l'homme veut jouer
24:44sur deux tableaux, il veut jouer
24:46alors on ne parle pas du tableau américain, on parle de l'Europe
24:48il veut jouer côté français
24:50et côté polonais, il a dit
24:52mes deux premiers déplacements se feront
24:54dans ces deux pays, ce qui veut dire
24:56qu'il a une vision centrale de l'Europe
24:58et qu'il veut quand même s'appuyer sur deux pays
25:00deux très fortes armées
25:02la Pologne n'a pas effectivement une pratique
25:04militaire de terrain, mais
25:06elle est une armée à 4% du PIB
25:08donc en montée en puissance
25:10elle aussi
25:12avec une vision très
25:14tournée vers l'Amérique, et il veut aussi
25:16s'appuyer sur la France qui a une vision plus
25:18j'ai envie de dire euro-centrée
25:20sur le plan de la défense
25:22donc il peut jouer un rôle finalement
25:24fédérateur, beaucoup plus qu'on ne le
25:26pense aujourd'hui, puisqu'il sait
25:28en plus parler à ces deux hommes
25:30qui sont le premier ministre polonais et qui est important
25:32et qui sont aussi le président français
25:34il faut penser aussi qu'en Pologne il y aura des élections présidentielles
25:36qui vont être très importantes
25:38Et aujourd'hui on a appris un sommet européen spécial consacré
25:40à l'Ukraine, le 6 mars
25:42Jean-Christophe, 6 mars ça paraît très loin avec tout ce qui
25:44se passe pratiquement jour après jour
25:46C'est la semaine prochaine
25:48Avec Trump c'est loin
25:50Avec Trump ça fait dix mois à peu près
25:52C'est ça, de fait c'est vrai que
25:54les nouvelles qui arrivent de Washington
25:56c'est incessant et c'est très déstabilisant
25:58Les européens font un effort
26:00pour s'unifier
26:02C'est un effort qu'il faut souligner
26:04On ne sait pas
26:06quel sera le résultat parce que c'est très compliqué
26:08de faire converger 27 pays
26:10et surtout avec
26:12effectivement une Allemagne qui est encore
26:14finalement très peu active
26:16Mais je pense que cette
26:18réunion, déjà
26:20demain par exemple, on va voir
26:22je dis juste un mot là-dessus mais
26:24Ursula von der Leyen à Kiev
26:26il va y avoir des annonces qui vont être faites
26:28de soutien à l'Ukraine
26:30au nom des européens et donc
26:32oui les européens sont en marche
26:34pour essayer de s'unifier
26:36sur le dossier ukrainien. Je voudrais remercier
26:38Patrick, Martin, Jeunier d'avoir été avec nous dans Les Informés
26:40en direct de Berlin
26:42Je rappelle le titre de votre ouvrage, l'Europe a-t-elle un avenir
26:44disponible aux éditions
26:46Studi Rama. Dans un instant, Poutine, Trump et
26:48Macron. France Info, il est 20h30
26:55Toute l'info avec Emmanuel Langlois
26:57Et à Mulhouse, ce sont
26:59quatre personnes au total qui sont en
27:01garde à vue ce soir dans l'enquête sur
27:03l'attentat d'hier près d'un marché
27:05lors d'une manifestation dont
27:07deux membres de l'entourage familial du
27:09suspect, c'est un homme de 37 ans
27:11né en Algérie, l'attaque à coup de couteau
27:13elle a fait un mort à un passant qui
27:15cherchait à s'interposer et plusieurs
27:17blessés parmi les policiers et agents
27:19municipaux. La mairie de Mulhouse
27:21annonce l'ouverture à partir de demain lundi
27:23d'une cellule de soutien psychologique
27:25Elle était interrompue depuis
27:27ce matin, la circulation
27:29des trains TER a repris
27:31progressivement vers 18h en gare de
27:33l'île Flandre, après le vol de plusieurs
27:35centaines de mètres de câbles
27:37la nuit dernière, ce qui a perturbé aussi
27:39mais à la marge la circulation
27:41des TGV dans la région
27:43En Allemagne, avec un peu moins de
27:4530% des suffrages, les conservateurs
27:47de Friedrichsmerz remportent donc
27:49les élections législatives
27:51participées organisées ce dimanche
27:53Ils devancent le parti d'extrême droite AFD
27:55qui réalise ce dimanche
27:57le meilleur score de son histoire
27:59avec un peu moins de 20% des voix
28:01Olaf Scholz, le chancelier sortant,
28:03dit assumer la responsabilité
28:05de ce qu'il qualifie d'une
28:07défaite amère. Fin de citation
28:09Le président du Conseil
28:11européen, Antonio Costa, lui annonce la
28:13convocation d'un sommet européen
28:15sur l'Ukraine le 6 mars
28:17Vladimir Poutine, le chef du Kremlin
28:19promet lui de renforcer
28:21encore son armée et annonce la tenue
28:23d'une réunion avec des diplomates américains
28:25en fin de semaine prochaine
28:27Enfin, voilà qui tranche
28:29avec leur moisson de médaille de ces
28:31derniers jours. Les Français n'ont cette fois pas
28:33brillé lors de la Mastart, l'ultime
28:35épreuve des mondiaux de Biathlon de
28:37Lanzareide en Suisse. La course
28:39se conclut en effet par un triplé
28:41norvégien. Le meilleur tricolore Éric Perrault
28:43s'est contenté de la septième place
28:45et son compatriote Émilien Jacquely
28:47de la onzième
28:49France Info
28:5120h, 21h
28:53Les Informés
28:55Renaud Blanc. Les Informés
28:57seconde partie avec dans le studio
28:59de France Info, Patricia Allémonière
29:01grand reporter spécialiste des questions internationales
29:03Jean-Christophe Bloquin, rédacteur
29:05en chef à La Croix et Serge Siminaud
29:07journaliste au service politique à
29:09France Télévisions. Demain, vous le savez
29:11la guerre en Ukraine entrera dans sa
29:13quatrième année. Volodymyr Zelensky
29:15lui est toujours là et le président
29:17ukrainien a fait aujourd'hui une nouvelle
29:19proposition. Écoutez
29:21Si pour parvenir à la paix
29:23il est vraiment nécessaire que je renonce
29:25à mon poste, je suis prêt.
29:27Je peux l'échanger contre l'adhésion à l'OTAN
29:29si de telles conditions existent.
29:31Mais à l'heure actuelle, je ne veux pas en parler
29:33pendant longtemps. Je suis concentré
29:35sur la sécurité de l'Ukraine aujourd'hui. Pas
29:37dans 20 ans. Et je n'ai pas l'intention de rester
29:39au pouvoir pendant des décennies.
29:41Patricia, il ne craque pas
29:43face à Trump. Il a dit aussi
29:45qu'il était en train de progresser
29:47sur les terres rares. Une façon de dire, pour l'instant
29:49le deal que tu me proposes, il n'en est pas
29:51question. Vous le trouvez comment Zelensky ? Parce que la
29:53pression est énorme. Alors il a eu
29:55une petite conversation avec le président polonais
29:57qui est plutôt favorable à Poutine
29:59néanmoins. Le président, pas le
30:01premier ministre. Et le président
30:03lui a quand même dit, écoute, si tu pouvais
30:05tempérer un peu tes propos vis-à-vis
30:07du président américain
30:09Donald Trump, tu vas nous l'énerver grave.
30:11Grosso modo, je résume la conversation.
30:13Le président polonais, Patricia, il est
30:15pro-Trump, pas pro-Poutine.
30:17Je me trompe entre les deux.
30:19C'est vrai qu'ils sont de plus en plus
30:21ressemblants. Donc, il lui a
30:23dit, merci de
30:25me remettre dans le droit chemin.
30:27Il lui a dit,
30:29baisse l'attention vis-à-vis de Trump
30:31et donc je pense qu'il l'a compris.
30:33Là, on voit qu'il fait preuve
30:35d'une certaine...
30:37de propos plus soft vis-à-vis du président
30:39américain. Il dit, sur
30:41les matières, sur les terres rares,
30:43le fameux deal qu'on voulait lui
30:45imposer. Vous aviez vu une feuille,
30:47on lui avait présenté une feuille, puis tout signe.
30:49Il avait rejeté ça avec assez de vigueur.
30:51Là, il dit, on négocie, etc.
30:53Là, il dit, bon, écoutez,
30:55oui, moi je suis prêt à tout,
30:57même à partir si vous le voulez. Enfin, en disant
30:59quand même, en rappelant la concession essentielle
31:01qui est, on ne veut pas
31:03caler sur l'OTAN. Et là, c'est très
31:05intéressant parce qu'il fait monter,
31:07il remet l'OTAN sur le
31:09devant de la scène, en quelque sorte,
31:11alors qu'il l'avait un peu laissé de côté.
31:13Il fait ça au moment où Emmanuel Macron,
31:15il faut toujours voir, le président Zelensky
31:17pense à toujours ce qui est en train de se passer.
31:19Et là, il vise le voyage
31:21d'Emmanuel Macron,
31:23effectivement, qui va rencontrer
31:25Donald Trump et pas Vladimir Poutine.
31:27Justement, Serge, vous attendez quoi de ce
31:29voyage d'Emmanuel Macron ?
31:31Ce que je voudrais relever,
31:33c'est effectivement ce que vient de dire Patricia
31:35sur la façon dont
31:37Volodymyr Zelensky, c'est là, sans doute,
31:39l'un de ses talents, je ne le connais pas, mais je pense
31:41qu'il a au moins celui-là, c'est qu'il est
31:43très tactique. Ce qu'il a dit aujourd'hui
31:45est presque plus
31:47à l'intention d'Emmanuel Macron
31:49pour qu'il emmène ce message-là à Washington
31:51que son propre message à lui. Je m'explique,
31:53la référence à l'OTAN,
31:55c'est clairement une provocation contre
31:57Vladimir Poutine qui a dit, il est hors de question
31:59qu'on puisse accepter cette condition-là.
32:01L'Union Européenne, vous vous débrouillez, mais l'OTAN,
32:03non. Et bien évidemment, il met ça
32:05dans le paquet cadeau. Et il a ajouté aussi,
32:07pas forcément dans cette conférence de presse,
32:09mais il a évoqué qu'il y avait, pour
32:11énormément de millions de dollars, des terres rares
32:13dans les territoires occupés par les Russes.
32:15Donc, il est fin tacticien en disant
32:17moi, je veux bien qu'on signe sur les
32:19terres rares, mais il va falloir nous rendre nos territoires.
32:21Donc, tout ça pour dire que
32:23Emmanuel Macron doit aussi
32:25emmener ce message-là à Washington. Et on sait,
32:27et je réponds à la question, qu'il est là
32:29aussi pour évoquer ce qu'il pourrait faire
32:31avec le Premier ministre britannique, c'est-à-dire proposer
32:33une force, non pas aujourd'hui,
32:35mais une fois que la paix, si tant est
32:37qu'elle arrive bientôt, une fois que la paix sera installée
32:39en Ukraine, de proposer une force
32:41franco-britannique.
32:43Voilà un peu le message, mais il y a aussi de la diplomatie
32:45franco-française, de leadership
32:47pour l'Europe chez Emmanuel Macron.
32:49Alors, on parle de mettre fin à la guerre, mais Vladimir
32:51Poutine ne relâche pas la pression.
32:53Écoutez-le évoquer aujourd'hui, à la télévision
32:55russe, l'effort militaire
32:57à venir.
33:01Aujourd'hui, dans un monde en rapide
33:03mutation, notre stratégie
33:05de renforcement et de développement
33:07des forces armées reste
33:09inchangée.
33:11Nous continuerons à améliorer les capacités
33:13de combat de notre armée de terre, de notre
33:15marine, ainsi que leur état
33:17de préparation au combat, car c'est
33:19une composante essentielle de la sécurité
33:21de la Russie, une garantie de
33:23sa souveraineté actuelle et future,
33:25ainsi que de son développement.
33:27Réaction à Jean-Christophe ? Parce qu'on voit
33:29que, de toute façon, P ou pas P, de toute façon,
33:31Poutine est dans la même logique, on va continuer
33:33et on sent bien qu'il ne va pas s'arrêter
33:35à la frontière actuelle
33:37entre l'Ukraine et la Russie.
33:39En tout cas, le message, effectivement, est clair.
33:41Il poursuit
33:43l'effort de guerre. On peut dire
33:45même que sa raison d'être
33:47à Vladimir Poutine, finalement,
33:49c'est un peu de faire la guerre.
33:51Finalement, il a transformé son pays
33:53de façon à ce que l'économie
33:55devienne une économie de guerre. L'essentiel
33:57de l'investissement va vers les industries
33:59d'armement. Et donc,
34:01si, finalement,
34:03la guerre s'arrêtait, s'il y avait
34:05un cessez-le-feu, je pense que
34:07Vladimir Poutine se retrouverait
34:09sans levier,
34:11en quelque sorte, sur
34:13l'économie. Il faudrait que, du coup,
34:15remontrait des chiffres que la
34:17guerre camoufle aujourd'hui, et qui sont
34:19ceux de l'inflation, qui est très élevé,
34:21qui sont ceux du pouvoir d'achat,
34:23qui progresse pour les combattants
34:25qu'on envoie au front, mais pas pour
34:27les retraités ou pour les autres. Donc, la situation
34:29intérieure de la Russie est très
34:31médiocre. Donc, Vladimir Poutine
34:33a besoin de tenir ce discours
34:35et, évidemment,
34:37il a besoin aussi
34:39de se montrer en position de force,
34:41parce que c'est le langage, aussi,
34:43qu'aime entendre Donald Trump.
34:45Et donc, voilà, c'est un peu les deux
34:47hommes forts qui se parlent
34:49aujourd'hui. Je dirais juste un mot, je pense
34:51qu'en même temps, il faut
34:53que les Européens, et pour rebondir sur
34:55la visite d'Emmanuel Macron,
34:57Emmanuel Macron va essayer
34:59de montrer que les Européens
35:01et des accords en Europe
35:03sans les Européens, c'est pas possible.
35:05Et sans l'Ukraine, c'est pas
35:07possible aussi. Donc, il faut vraiment mettre
35:09un coin entre cette
35:11volonté que montrent Donald Trump et
35:13Vladimir Poutine de parler tous les deux entre
35:15uniquement. Justement, sur ce voyage d'Emmanuel
35:17Macron, Dominique Moisy, grand spécialiste des
35:19questions internationales, précise qu'il ne faut pas tenter
35:21d'amadouer Trump, ou de lui faire retrouver la raison,
35:23ça ne sert à rien. Il faut, au contraire,
35:25résister à Trump et montrer
35:27qu'on est là. Oui, enfin, moi, je ne sais pas
35:29moi qui vais aller négocier avec Donald
35:31Trump. Non, mais retrouver la raison
35:33chez Trump, ça paraît difficile aujourd'hui,
35:35quand on voit les déclarations qu'il a pu
35:37faire, notamment sur Zelensky,
35:39qui traite de dictateur. Est-ce qu'il ne faut pas tenter
35:41de résister, finalement ? Est-ce que l'Europe ne doit pas
35:43résister à Trump ? Que l'Europe
35:45s'organise et s'unifie, ça, nous sommes tous
35:47d'accord, c'est nécessaire. Ce qu'il faut
35:49faire, surtout, c'est que, comme
35:51Donald Trump ne comprend que son intérêt
35:53et que c'est que ça qu'il cherche, son intérêt
35:55personnel, mais aussi celui de la nation,
35:57il faut avoir quelque chose à lui proposer
35:59d'intéressant.
36:01Donc, c'est là que toute la difficulté
36:03du président français,
36:05de lui proposer quelque chose d'intéressant.
36:07Mais je reviens sur la déclaration de Vladimir Poutine
36:09qui est une réponse indirecte
36:11à ce que vous me faites. Ce que dit Vladimir
36:13Poutine, il dit,
36:15grosso modo, je vais garder mon armée.
36:17Alors, les motivations pour garder son armée,
36:19l'Institut d'études de la guerre,
36:21l'ISW l'a très bien
36:23expliqué, en disant qu'il a
36:25le peur du syndrome des
36:27militaires qui vont se retrouver
36:29démobilisés. Mais, le message à
36:31Trump, c'est, mais moi je continue la guerre.
36:33Et donc ça, ça ne rentre pas du tout
36:35du tout dans
36:37le raisonnement
36:39trumpiste. Lui, il veut arrêter la guerre alors que
36:41Vladimir Poutine dit, moi je vais la continuer.
36:43Donc, Emmanuel Macron
36:45peut aussi se saisir en rencontre
36:47entre eux, en disant, mais regarde si tu le soutiens,
36:49mais il va continuer la guerre. Donc, ton intérêt
36:51est avec nous. Allez, dans un instant,
36:53retour en France avec l'attaque terroriste
36:55à Mulhouse, hier après-midi.
36:57France Info, 20h40, le fil
36:59info, Emmanuel Langlois.
37:01Et moi, Madame Ra, qui accepte sa
37:03remise à la France par la Roumanie,
37:05qui devrait intervenir dans les 30 jours,
37:07à l'annonce de son avocate, aujourd'hui, après une
37:09audience, ce dimanche, au tribunal
37:11de Bucharest. Selon l'avocate,
37:13il ne reconnaît pas les faits qui lui sont
37:15reprochés. En l'occurrence, son évasion
37:17en avril dernier, lorsqu'un commando
37:19avait attaqué à la voiture bélier
37:21le fourgon pénitentiaire dans lequel il se
37:23trouvait. Deux agents avaient
37:25été tués dans cette attaque. Dans la
37:27foulée de son interpellation, dix personnes
37:29de son entourage ont été
37:31arrêtées ces dernières heures.
37:33En Allemagne, les conservateurs
37:35de Friedrich Schmerz
37:37remportent les élections et législatives
37:39anticipées organisées ce dimanche. Ils devancent
37:41le parti d'extrême droite, AFD,
37:43qui réalise, de son côté,
37:45le meilleur score de son histoire.
37:47Le chancelier sortant, Lafcholz, est le grand
37:49perdant du scrutin. Son parti social-démocrate
37:51arrive en troisième
37:53position, ce soir, avec 10%
37:55de suffrages en moins
37:57par rapport à l'élection
37:592021. Et puis le Hamas
38:01accuse, lui, Israël, de mettre en péril
38:03la trêve à Gaza, en bloquant les
38:05libérations de plus de 600 prisonniers
38:07palestiniens, tant que se poursuivront
38:09les cérémonies humiliantes autour
38:11des libérations d'otages, selon l'État hébreu.
38:13Parallèlement, Israël annonce avoir
38:15vidé de leurs 430 000 habitants
38:17trois camps de réfugiés du
38:19nord de la Cisjordanie occupée, où l'armée
38:21mène une vaste opération
38:23depuis un mois maintenant.
38:25Enfin, le 15 de France, qui repart de l'avant
38:27dans le tournoi des 6 nations, en écrasant
38:29l'Italie, 73 à 24,
38:31deux semaines après leur défaite
38:33d'un petit point sur la pelouse de Twickenham,
38:35les Bleus signent cette fois
38:37leur deuxième victoire bonifiée
38:39dans le tournoi.
38:49En retour en France, nous allons parler
38:51de cette attaque terroriste à Mulhouse
38:53et de ses conséquences. J'ai juste une petite question,
38:55mais ça concerne la France,
38:57elle est pour vous Serge. Aujourd'hui dans
38:59Le Parisien, Sébastien Lecornu a
39:01déclaré que l'avenir,
39:03regardez l'avenir avec inquiétude,
39:05François Bayrou avait parlé d'un monde
39:07terrifiant, Emmanuel Macron
39:09a sonné le toxin.
39:11On prépare l'opinion française
39:13du côté de l'exécutif,
39:15du Premier ministre, du Président
39:17et de ses ministres, le ministre de la Défense
39:19de l'armée en l'occurrence,
39:21à dire, voilà, il va falloir, il y a un avant et un après,
39:23et il va falloir faire un autre, un énorme
39:25effort en ce qui concerne la défense européenne.
39:27Oui, c'est la fameuse phrase,
39:29pour préparer la paix on prépare la guerre, mais c'est vrai que
39:31on ne peut pas, en revanche, reprocher
39:33à l'exécutif de ne pas s'être mis d'accord
39:35sur la tonalité des interventions.
39:37Lorsque le Président de la République, jeudi,
39:39a répondu à des abonnés sur ses réseaux
39:41sociaux, il a
39:43ménagé Donald Trump et s'en est pris
39:45directement à toute
39:47la palette de ce que peut être Vladimir Poutine
39:49en disant, il va falloir se méfier de cette
39:51Russie si elle continue à être prédatrice.
39:53Donc, clairement, on prépare les esprits.
39:55Alors, ce qui est étonnant, c'est qu'on était en débat
39:57budgétaire jusque-là, très chaotique,
39:59et que là, on dit, il faut réorienter
40:01sans doute nos dépenses
40:03et nos orientations budgétaires pour
40:05aller, justement, vers un peu plus
40:07de dépenses dans la défense.
40:09Donc, oui, c'est un discours, je dirais
40:11pas va-t'en-guerre, mais c'est aussi pour dire
40:13aux partenaires européens, la France
40:15se prépare, préparez-vous,
40:17préparons-nous ensemble, c'est ce qu'on dit depuis
40:19tout à l'heure, et c'est aussi avec ça qu'il va aller
40:21chez Donald Trump pour dire
40:23tu n'as pas choisi le bon camarade, si j'ose dire,
40:25c'est pas Vladimir, c'est l'Europe,
40:27ne nous tourne pas le dos. Moi, je vois ça
40:29comme ça, avec un ton, il est vrai quand même
40:31qu'il peut, à rebours, être plus inquiétant
40:33que rassurant, mais bon, c'est la politique.
40:35Jean-Christophe ? Il peut y avoir aussi,
40:37je pense que Serge l'avait aussi
40:39en tête, mais ce discours-là
40:41a aussi une finalité
40:43vers la scène intérieure,
40:45vers la France, les Françaises et les Français,
40:47et pour dire, si on dépense
40:49plus, voire beaucoup plus
40:51pour la défense, il va y avoir
40:53moins de dépenses
40:55pour d'autres domaines.
40:57Dans une France où il y a
40:59une passion de l'égalitarisme et
41:01vraiment, par rapport
41:03aux dépenses sociales ou par rapport à d'autres
41:05domaines, des enjeux
41:07budgétaires énormes, des déficits à résorber,
41:09l'effort, si on doit
41:11augmenter fortement le budget
41:13de la défense, l'effort sur les dépenses
41:15sociales, retraite, vieillesse, etc.,
41:17risque d'être plus important
41:19que ce qui est attendu aujourd'hui.
41:21Donc, c'est un peu cette préparation aussi
41:23qui est peut-être en cours, et la France,
41:25je finis là-dessus, n'est pas la seule.
41:27Je me souviens, il y a un an et demi,
41:29j'étais au Danemark, qui est un pays qui consacrait
41:31très peu d'argent
41:33pour sa défense, et au contraire,
41:35qui est un Etat-providence incroyable,
41:37eh bien, les députés
41:39allemands se posaient la question,
41:41en privé, comment est-ce qu'on va annoncer ça
41:43aux Danois ? Alors, l'attaque de Mulhouse, à présent,
41:45hier après-midi, le bilan est d'une personne
41:47tuée, de plusieurs blessés, 4
41:49personnes en garde à vue,
41:51dont l'assaillant et son hébergeur. L'assaillant,
41:53c'est un Algérien de 37 ans
41:55sous OQTF, au profil
41:57schizophrénique, c'est en tout cas ce qu'a déclaré
41:59le ministre de l'Intérieur. Réaction
42:01à cet attentat ? Eh bien, celle de Jordan Bardella,
42:03le président du RN,
42:05met la pression sur Bruno Retailleau. Écoutez.
42:07Le ministre de l'Intérieur, qui est chargé
42:09de la sécurité des Français, doit maintenant agir
42:11ou partir. Ça fait plusieurs semaines,
42:13voire plusieurs mois, qu'on parle d'un bras de fer diplomatique
42:15avec l'Algérie, compte tenu
42:17de ce qu'il s'est passé ces dernières heures.
42:19Du fait que nous avons là
42:21un islamiste étranger condamné
42:23pour apologie de terrorisme, qui ne devrait pas être sur le
42:25sol français, à qui l'Algérie
42:27a refusé l'entrée sur son
42:29sol à 10 reprises, mais
42:31dans le quart d'heure, aucun visa
42:33français ne devrait être délivré à
42:35l'Algérie. Voilà Jordan Bardella
42:37qui réagissait au Salon de l'Agriculture. Il y a un aspect politique
42:39à cet attentat, il y a aussi un aspect
42:41diplomatique. On va commencer par l'aspect
42:43diplomatique. D'ailleurs, la tension, elle est
42:45encore montée d'un cran, Patricia,
42:47entre Paris et Algiers. Elle est montée
42:49d'un cran du côté français, forcément,
42:51vu ce qui s'est
42:53passé, et en plus, elle
42:55montre d'autant plus qu'il y a
42:57les hommes politiques et les femmes politiques qui en rajoutent.
42:59Donc ça, ça ne peut que tendre
43:01nos relations, mais les relations
43:03entre la France et l'Algérie sont
43:05au point mort, je veux dire,
43:07depuis la fameuse feuille de route,
43:09souvenez-vous, signée entre
43:11la fameuse lettre d'Alger, en quelque sorte,
43:13l'engagement d'Alger, signée en
43:152022, où on devait relancer à l'horizon
43:172030 des relations
43:19apaisées avec l'Algérie. On en est très loin
43:21aujourd'hui, c'est calme zéro.
43:23Et puis on a la situation de Boualem Salam,
43:25qui est l'écrivain, qui a
43:27entamé une grève de la faim. Enfin bon,
43:29on va sûrement y revenir.
43:31On ne peut pas avoir plus bas.
43:33Donc la surenchère politique,
43:35à mon avis, ne favorise pas
43:37un apaisement des relations.
43:39Alors, est-ce que l'Algérie comprend
43:41le rapport de force ? Oui, j'en suis persuadée,
43:43il faut un rapport de force, mais en même temps,
43:45il faut se garder, de rentrer dans la surenchère
43:47côté français. Mais comment on met la
43:49pression, Serge, sur l'Algérie
43:51aujourd'hui, si tant est qu'il faille
43:53mettre la pression sur l'Algérie ? On a parlé du sort
43:55de Boualem Sansal, qui effectivement a entamé
43:57une grève de la faim, cette semaine, on l'a appris
43:59ce week-end. Est-ce qu'on a
44:01les moyens, aujourd'hui, de mettre
44:03la pression sur Alger ? J'ai l'impression
44:05que c'est Alger qui a commencé par mettre la pression sur
44:07la France, et que ce que disait Patricia
44:09dans la situation d'aujourd'hui, c'est que
44:11ce n'est pas un blocage, c'est une
44:13détérioration, si tant est, que ça puisse encore
44:15être détérioré. Alors, les discours
44:17des yakafocons français,
44:19c'est toujours un petit peu complexe,
44:21que d'abord, il y a une communauté
44:23algérienne en France qui doit se
44:25demander comment elle est perçue, qu'il soit
44:27algérien ou d'origine algérienne,
44:29et puis surtout, comment faire
44:31diplomatiquement ? Alors, il y a l'histoire des visas,
44:33je crois que c'est M. Stéphanie,
44:35très à droite, qui proposait qu'on limite les visas
44:37de long séjour. Il y a
44:39ceux qui veulent que dans les centres
44:41de rétention, il y ait des peines de sûreté,
44:43mais à un moment donné,
44:45ce n'est pas forcément constitutionnel. Dans la loi
44:47immigration, cette discussion-là s'est
44:49arrêtée. Donc, bien évidemment que
44:51c'est compliqué de mettre la pression, mais
44:53je pense qu'il ne se parle plus
44:55réellement. Donc, est-ce que c'est par les
44:57visas ? Est-ce que c'est par des solutions
44:59franco-françaises, je dirais, de répression
45:01par rapport à une situation très compliquée ?
45:03Bien sûr que ces drames-là, personne
45:05ne peut s'en satisfaire. Mais lorsque
45:07M. Bardella dit
45:09qu'il faut agir ou partir, la solution du
45:11Rassemblement national, c'est de dire, nous, les
45:13OQTF, on va toutes les exécuter.
45:15Non, s'ils ne les prennent pas, ils ne les prennent pas.
45:17Exactement, voilà. Donc, c'est là-dessus où tout le monde
45:19doit un petit peu, à mon avis, réfléchir
45:21et il faut trouver des solutions. Et c'est à ce
45:23gouvernement, peut-être, d'en faire
45:25et de retisser, si tenté que ce soit
45:27possible, d'élever l'Algérie. Et la situation
45:29de l'écrivain, vous l'avez rappelé, qui vient de démarrer
45:31une grève de la faim, fait partie
45:33de la discussion.
45:35Même si certains n'y croient pas, ça en fait partie.
45:37Jean-Christophe Ploquin, vous êtes d'ailleurs inquiet
45:39pour Boalem Sansal, qui semble
45:41désespéré, qui entame cette grève de la faim,
45:43vu le contexte, on se dit que les Algériens
45:45ne vont pas lui faire de cadeaux.
45:47Oui,
45:49on a très peu de contact avec lui,
45:51donc c'est très difficile, mais
45:53les informations qu'on a, effectivement, montrent
45:55qu'il est quand même dans une situation,
45:57y compris morale, mentale, très
45:59difficile. C'est une personne
46:01âgée, malade, et donc
46:03sa situation est vraiment très difficile.
46:05Ça peut être l'une des raisons, d'ailleurs,
46:07pour laquelle on se dirait, n'allons pas plus loin
46:09dans la dégradation. C'est-à-dire, si on veut
46:11améliorer, trouver
46:13des solutions, il ne faut pas dégrader
46:15encore plus les choses. Peut-être qu'on peut
46:17se dire aussi, finalement, la France
46:19et l'Algérie, aujourd'hui,
46:21continuent de faire des choses ensemble.
46:23Il y a un commerce qui est extrêmement
46:25fort et régulier entre
46:27la France et l'Algérie. La France exporte
46:29beaucoup de choses en Algérie,
46:31de produits et importent du gaz algérien.
46:33Il y a la lutte antiterroriste
46:35qui continue.
46:37Il y a de la coopération
46:39qui continue entre les services français
46:41et les services algériens. Il y a peut-être
46:43aussi des intérêts communs à aller
46:45chercher au Sahel. En ce moment,
46:47c'est la Russie qui est au Mali,
46:49auprès des jeunes du
46:51Niger, du Mali et du Burkina Faso.
46:53L'Algérie n'aime pas ça.
46:55Il y a peut-être des éléments aussi de dialogue
46:57et d'échange entre la France et l'Algérie
46:59sur ces sujets-là. Donc, au lieu
47:01de brûler les vaisseaux, il y a peut-être
47:03des enjeux sur lesquels
47:05aujourd'hui, la France pourrait proposer
47:07d'aller en avant et ensuite
47:09dénouer des situations plus difficiles.
47:11Allez, Mulhouse et ses conséquences politiques,
47:13on en parle dans un instant.
47:15France Info, 20h50, le Fil Info, Emmanuel Langlois.
47:17Après trois années
47:19passées dans l'opposition, la droite allemande
47:21fait son retour au pouvoir
47:23ce soir à l'issue du scrutin qui se
47:25déroulait ce dimanche. Les conservateurs
47:27recueillent un peu moins de 30%
47:29des voix. Leur leader, Friedrich Schmerz
47:31s'appelle dès ce soir à la construction
47:33d'une coalition gouvernementale
47:35aussi rapidement que possible.
47:37Le parti d'extrême droite AFD lui arrive
47:39en deuxième position et enregistre
47:41de son côté une victoire historique avec
47:43près de 20% des voix.
47:45À l'étranger encore, Volodymyr Zelensky
47:47se dit prêt à quitter ses fonctions
47:49immédiatement en échange d'une adhésion
47:51pleine et entière de l'Ukraine à l'OTAN.
47:53Pour le président ukrainien, ce serait
47:55la seule véritable garantie
47:57de sécurité face à la menace
47:59de la Russie. Plusieurs manifestations
48:01de soutien à l'Ukraine se sont
48:03tenues en France aujourd'hui à la veille
48:05de l'anniversaire des trois ans
48:07de l'invasion russe. À Paris, ils étaient
48:09plusieurs milliers à défiler à l'appel
48:11d'associations ou encore
48:13de syndicats comme la CGT
48:15et Solidaire. Le
48:17pape reste ce soir dans un état critique
48:19il continue de recevoir de l'oxygène à
48:21haut débit mais il n'a pas présenté de
48:23nouvelles crises respiratoires depuis
48:25le soir. Annonce le Vatican dans un
48:27nouveau communiqué. Le souverain pontife
48:29est hospitalisé depuis plus d'une
48:31semaine maintenant pour une double
48:33pneumonie. Et puis un avion
48:35d'American Airlines a lui été dérouté
48:37vers Rome à la suite d'une
48:39alerte à la bombe. D'après la compagnie,
48:41le Boeing avec 199
48:43passagers à son bord était parti
48:45de New York. Il se dirigeait vers New
48:47Delhi. L'avion a été escorté
48:49par deux appareils de l'armée de l'air italienne
48:51lors de son déroutement vers l'aéroport
48:53du Fiumicino.
49:05On reste sur cet aspect politique
49:07on a entendu Jordan Bardella
49:09qui met la pression sur le gouvernement
49:11c'est vrai que Bruno Retailleau il a un petit peu
49:13attendu au tournant parce qu'il y a toutes ces déclarations
49:15notamment sur ces questions de
49:17visa sur les OQTF. Pour l'instant
49:19on force est de constater qu'il n'a pas de résultats
49:21sur cette question-là bien précise.
49:23Oui c'est vrai qu'il a peut-être un peu mélangé le savoir-faire
49:25avec le faire savoir et que communiquer sans
49:27résultat c'est toujours plus compliqué.
49:29En revanche, tout à l'heure quand je disais qu'il fallait
49:31que les exécutifs apportent des réponses,
49:33Jean-Noël Barraud ministre des affaires étrangères
49:35donc concerné par la partie diplomatie lui a dit
49:37enfin lui a dit indirectement
49:39il faut penser à la sécurité des
49:41français et pas
49:43seulement au rapport de force. Donc vous voyez déjà
49:45ça bouge un peu. Il y a donc mercredi
49:47je crois ou jeudi un conseil
49:49ministériel qui vient d'être annoncé
49:51du contrôle de l'immigration. Je pense que
49:53ils vont déjà peut-être avoir une position commune
49:55mais c'est vrai qu'on a, si on parle
49:57de politique intérieure ou de la même
49:59des drames qu'on a vécu ces
50:01derniers mois, on a
50:03des postures très différentes.
50:05On a un ministre de la justice qui était
50:07il y a peu ministre de l'intérieur qui a un avis très
50:09tranché qui n'a pas eu de résultats non plus
50:11sur les obligations de quitter le territoire français.
50:13Un ministre de l'intérieur qui est aussi
50:15en campagne pour essayer de diriger son parti
50:17et un premier ministre
50:19dont on ne sait pas trop ce qu'il fera d'une éventuelle
50:21nouvelle loi de l'immigration. Apparemment
50:23elle est enterrée mais on parle d'un éventuel
50:25référendum sur l'immigration. Donc ce sujet-là
50:27est partout et nulle part à la fois.
50:29Elle est enterrée, pardonnez-moi, mais avec ce qui s'est passé justement
50:31à Mulhouse. Est-ce que vous ne pensez pas que
50:33de nouveau la droite et l'extrême droite vont mettre la
50:35pression sur François Bayrou ?
50:37Je crois que l'enjeu est
50:39ailleurs que cette loi. La façon dont
50:41le Rassemblement National joue avec cette
50:43assemblée à cette majorité
50:45particulièrement non-relative
50:47est particulière. Je crois que la loi immigration
50:49tout le monde en a fait le deuil parce que
50:51personne n'a vraiment les solutions.
50:53En revanche c'est plus simple de commenter
50:55les drames que nous pouvons
50:57vivre sans solution. Je prenais l'exemple
50:59de M. Bardella quand on dit il n'y a que
51:017% de QTF exécutés. Nous
51:03au pouvoir on exécutera les 93%
51:05qui resteront. Ça ne fait absolument
51:07pas avancer le sujet.
51:09Je suis entièrement d'accord avec ce qui vient d'être dit.
51:11En fait on assiste
51:13sur une réalité qui ne peut
51:15qu'angoisser les Français parce qu'il ne faut pas
51:17que la France devienne ce qu'est
51:19l'Allemagne. L'Allemagne
51:21on voit bien que le doublement
51:23du vote de l'AFD
51:25est dû essentiellement à deux questions
51:27économiques et migratoires.
51:29Il ne faudrait pas effectivement, alors qu'on va
51:31rentrer très vite dans une période
51:33de vote et d'élection
51:35en France dans les deux ans, mais il y a déjà les municipales,
51:37que la question migratoire devienne
51:39une nouvelle fois la question
51:41essentielle, ce qu'elle n'est pas aujourd'hui.
51:43Ce qu'elle n'est pas aujourd'hui. Donc on voit bien
51:45là le jeu du Rassemblement National
51:47qui essaye
51:49de jouer et de décrocher son
51:51électorat, qui serait tenté
51:53d'aller vers Retailleau parce que
51:55le ministre de l'Intérieur joue
51:57vraiment, reprend le discours
51:59du Rassemblement National sur ces questions-là
52:01et donc lui pique
52:03en quelque sorte, lui enlève une partie de son électorat
52:05et donc le Rassemblement
52:07National va être tenté de faire de la
52:09tranchère sur cette question-là, surtout quand on rentre
52:11dans une période pré-électorale.
52:13C'est une question, Jean-Christophe aussi, qui est
52:15très touchy pour le gouvernement parce que c'est
52:17très divisé à l'intérieur même du gouvernement
52:19sur cette question, sur ces questions migratoires.
52:21Effectivement, il y a des éléments de gauche
52:23aussi au sein du gouvernement
52:25avec des positions qui sont
52:27en général plus
52:29libérales sur la question
52:31d'immigration. Là où
52:33le Rassemblement National
52:35joue un peu sur du velours, c'est que
52:37il y a effectivement un sentiment d'impuissance
52:39sur cette question des OQTF.
52:41Et donc, on a vu
52:43depuis dix ans, finalement,
52:45tous les gouvernements qui passent les uns après les autres
52:47et qui ont un peu cet objectif
52:49clé, effectivement,
52:51qu'ils soient davantage suivis des faits
52:53et voilà, tout le monde bute.
52:55Et je dirais que le principal
52:57changement avec ce drame
52:59terrible de Mulhouse, c'est que
53:01Bruno Retailleau, par rapport à la
53:03fois précédente, il est de l'autre côté
53:05de la scène. Il est en situation,
53:07il est ministre de l'Intérieur,
53:09alors que jusqu'à présent, il était parmi
53:11ceux qui finalement
53:13dénonçaient l'impuissance
53:15et la faiblesse des gouvernements
53:17en place, presque aussi fort que le Rassemblement
53:19National. Donc là, lui, il se trouve
53:21dans une situation beaucoup plus compliquée.
53:23On peut parier que si un jour
53:25le Rassemblement National était au pouvoir,
53:27ils éprouveraient la même situation.
53:29En 20 secondes, quand on s'entend
53:31bien avec un pays comme avec le Maroc,
53:33puisqu'on a renoué nos relations,
53:35on se fait des bisous sur les joues tous les jours,
53:37les OQTF se passent mieux.
53:39Et, juste pour préciser,
53:41ça se passe bien avec le Maroc et du coup
53:43ça se passe mal avec l'Algérie.
53:45Et ça, c'est un grand problème de la relation,
53:47pas seulement pour la France, mais aussi l'Espagne,
53:49l'Italie, d'autres pays européens.
53:51Les Marocains et les Algériens
53:53s'entendent tellement mal entre eux
53:55qu'ils nous obligent à devoir choisir
53:57alors qu'on n'a pas envie de choisir, on a envie de travailler avec les deux.
53:59Et ça, c'est une situation très compliquée.
54:01La France a choisi
54:03avec la marocanité du Sahara occidental
54:05et ça n'allait pas bien avant.
54:07C'est pour ça que je disais qu'on n'est plus
54:09à la détérioration, mais quasiment
54:11au silence radion avec l'Algérie.
54:13Et ça, c'est de la diplomatie,
54:15ce n'est pas du combat de coq.
54:17Merci à tous les trois
54:19d'avoir été ce soir dans Les Informés.
54:21Merci Patricia Lémonière, grand reporter spécialiste
54:23des questions internationales,
54:25Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef de La Croix.
54:27Demain, vous avez une idée de la une ?
54:29Et l'Ukraine, donc, trois ans après.
54:31Eh bien, merci Serge Simineau, journaliste.
54:33Trois ans de guerre.
54:35Serge Simineau, journaliste au service politique à France Télévisions.
54:37Je vous souhaite une excellente soirée
54:39sur France Info, bien sûr.
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