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00:00🎵 Musique de générique 🎵
00:0820h, 21h, Les Informés, Paul Barcelone, Jean-Rémi Baudot.
00:13Bonsoir à tous, bienvenue dans Les Informés du soir.
00:15Votre rendez-vous de décryptage et de débat autour de l'actualité,
00:18c'est à la radio, sur France Info et sur le canal 27 de la TNT.
00:21Bonsoir Paul.
00:22Bonsoir Jean-Rémi, bonsoir à tous.
00:24On parle de quoi ce soir ?
00:25Des dernières déclarations d'Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine.
00:28Le Président estime qu'une nouvelle ère est en train de s'ouvrir.
00:32Il ira à Washington lundi pour dire, affirme-t-il à Donald Trump
00:37qu'il ne faut pas être faible face à Vladimir Poutine.
00:40Le Président ne prévoit pas d'envoyer de troupes sur le terrain demain
00:44mais plutôt une fois que la paix sera conclue.
00:46Dans la deuxième partie des Informés,
00:48la fermeture de la chaîne C8 est-elle une atteinte à la liberté d'expression ?
00:52Le Sénat, pendant ce temps-là, vote l'interdiction des mariages
00:55pour les étrangers en situation irrégulière,
00:57à rebours de la jurisprudence constitutionnelle, on en parlera.
01:00Et puis, en fin d'émission, pour refermer ces Informés,
01:02une bataille de chiffres autour du rapport de la Cour des comptes sur les retraites.
01:06Pour en parler ce soir, nos informés,
01:08Valérie Gasse, chef du service politique de RFI,
01:11Mickaël Darmon, éditorialiste à Ivancat News,
01:13Alexandra Saviana, grand reporter à L'Express
01:16et Adrien Brachet, journaliste politique au Point.
01:18Merci à tous les quatre d'être avec nous, les Informés, c'est parti !
01:23Et donc à la une ce soir, Paul, l'alerte d'Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine.
01:28Emmanuel Macron qui s'exprime en direct sur son réseau social Instagram.
01:32On entre dans une ère nouvelle, dit donc le Président,
01:35qui se rendra, j'en parlais à Washington lundi,
01:37il l'a confirmé avec l'envie de dire à Donald Trump
01:40qu'il ne peut pas être faible face à Vladimir Poutine,
01:44que ce n'est pas sa marque de fabrique.
01:45Voilà donc pour les mots du chef de l'État ce soir,
01:49qui dans quelques minutes va aussi téléphoner à Volodymyr Zelensky, le Président ukrainien.
01:54Ce matin, il a reçu les chefs des partis politiques à l'Élysée
01:58avec un message clair, il faut dépenser plus,
02:01plus pour la défense, s'armer, mieux s'équiper militairement,
02:05une forme de quoi qu'il en coûte militaire,
02:06message qu'il a répété également ce soir donc sur Instagram.
02:11Nous, Européens, on doit augmenter notre effort de guerre.
02:14Pourquoi ? Parce qu'il y a du doute, il y a du trouble,
02:16parce qu'on a cette situation d'accélération et de la menace russe,
02:21et puis on a aussi des États-Unis d'Amérique qui nous disent,
02:24et il faut l'entendre, on a trop payé pour vous,
02:28on veut que vous preniez plus votre part du fardeau,
02:30et nous on a aussi d'autres priorités géostratégiques, la Chine et ailleurs.
02:35Alors Emmanuel Macron affirme aussi que la France ne va pas envoyer de troupes demain,
02:39mais plutôt une fois que la paix sera conclue.
02:42J'ajoute pour être tout à fait complet, mais on en reparlera tout à l'heure,
02:45que Volodymyr Zelensky, le président ukrainien,
02:47recevait l'envoyé spécial américain à Kiev.
02:50Aujourd'hui, il estime avoir eu avec lui un échange constructif,
02:54il appelle à des relations solides entre l'Ukraine et les États-Unis.
02:58Emmanuel Macron va donc s'entretenir dans quelques minutes avec lui.
03:02Ce sera la deuxième fois cette semaine.
03:04Réunion des chefs des partis autour d'Emmanuel Macron,
03:06le chef de l'État qui sera à Washington la semaine prochaine.
03:09Est-ce qu'il est suffisamment armé, Valéry Gasse,
03:12pour tordre le bras à Donald Trump
03:15et le convaincre de ne pas tout céder à Vladimir Poutine ?
03:17Eh bien si on l'entend ce soir, on a l'impression que oui.
03:20En tout cas, il y va avec son volontarisme habituel,
03:23et il prend les Français à témoin de ce qu'il va aller faire,
03:27de ce qu'il va aller dire à Donald Trump,
03:29pour le convaincre de ne pas céder face à Vladimir Poutine.
03:33Mais en même temps, il a un discours qui est un petit peu à contre-courant sur Donald Trump.
03:37On a beaucoup diabolisé Donald Trump,
03:40qui est en train de tout lâcher, d'abandonner ses alliés.
03:44Emmanuel Macron a fait entendre un autre discours.
03:47Il dit qu'il ne croit pas que c'est ce qu'il va faire,
03:50qu'il y a moyen de le raisonner.
03:51En fait, il se place dans la position de celui, en effet, qui peut y arriver.
03:54Alors, c'est un peu habituel chez le président de la République.
03:57Parfois, il n'y a pas les résultats qui s'accompagnent de les ambitions.
04:01Mais néanmoins, oui, là, ce soir, c'était sa démonstration aux Français
04:06qu'il a une vraie utilité, que les temps sont durs.
04:09Il l'a même redit, nous sommes en guerre, en quelque sorte,
04:12même s'il n'est pas question d'envoyer des troupes sur le terrain,
04:15même si on ne va pas aller se confronter à la Russie.
04:18Mais il a fait la comparaison avec le Covid,
04:20quand il leur avait dit aux Français, nous sommes en guerre.
04:22Donc là, il y a une vraie volonté de mobiliser les Français,
04:25de leur montrer tous les enjeux de la situation,
04:27et puis qu'ils ont un président à la manœuvre.
04:30À la manœuvre, et on le rappelle, sur la forme,
04:32parce qu'il faut bien comprendre comment ça s'est passé.
04:34C'était une espèce de conférence de presque,
04:37puisqu'il n'y avait pas de journaliste en face de lui,
04:39il était juste en face des réseaux sociaux.
04:41Il choisissait à la fois les questions et les réponses qu'il souhaitait apporter.
04:44Voilà, la parenthèse est refermée.
04:46Adrien Brachet, ce volontarisme, il peut être utile ?
04:48Il peut aller jusqu'au bout ?
04:50Alors, disons que, comme l'a très bien dit Valérie,
04:53c'est une position qu'Emmanuel Macron adore dire,
04:56je vais être le conciliateur,
04:58et une position qu'il adore encore plus lorsqu'il s'agit de défendre l'Europe,
05:01qui est au cœur de son logiciel politique, de son logiciel idéologique.
05:04Donc, là-dessus, si vous voulez, il est très à l'aise.
05:07Le problème, c'est que ça ne mène pas toujours à des résultats satisfaisants.
05:11Et surtout, la difficulté, c'est que l'Union Européenne,
05:15d'une certaine manière, l'Europe en général,
05:17se réveille aujourd'hui en se rendant compte, au fond,
05:20d'une dépendance qu'elle a eue pendant très longtemps à la défense américaine.
05:23Mes confrères Luc de Barrochet et Emmanuel Berreta, dans Le Point,
05:26parlent d'une sieste stratégique de l'Europe,
05:28en fait, quasiment depuis la Seconde Guerre mondiale.
05:31Et au fond, l'Europe, aujourd'hui, doit prendre conscience
05:34qu'elle doit s'appuyer aussi sur ses propres moyens,
05:37sur son propre armement aussi.
05:39La question de l'achat des armements est extrêmement importante.
05:41Et donc, si vous voulez, on est face à quelque chose
05:43qui remonte de tellement loin,
05:45que faire bouger l'Europe sur cette question, c'est compliqué.
05:48Mais cette sieste stratégique, pour reprendre les mots de vos confrères du Point,
05:52on peut bien dire une chose pour Emmanuel Macron,
05:55c'est que depuis le début, depuis des années,
05:57au début de sa présidence, il dit, il faut investir,
05:59il faut une défense européenne, etc.
06:01Alexandra Saviana ?
06:02Oui, mais le problème, c'est que ça ne suit pas.
06:04Alors là, aujourd'hui, on a un petit peu le sentiment d'être un tournant
06:07et que maintenant, l'ami américain s'éloigne
06:10et que c'est un peu sans les mains pour l'Europe.
06:12Le problème, c'est qu'une guerre, une défense,
06:15ça se prépare, c'est sur plusieurs années.
06:17C'est surtout appuyé d'une industrie de défense
06:20qui est embryonnaire aujourd'hui, en vérité,
06:23parce qu'on a un peu déconstruit tout ce qu'on avait
06:26et tout ce qu'on avait pu construire pendant la guerre froide.
06:29Donc maintenant, il faut que l'Europe se reconstruise,
06:31que s'appuie sur des géants français, sur des géants européens.
06:35Mais le problème, c'est qu'au sein même de l'Union Européenne,
06:38au sein même du continent, tout le monde n'est pas d'accord
06:41sur la provision des matériels, sur les budgets à apporter.
06:44Et ça, ça va être très, très compliqué.
06:46On apprend qu'Emmanuel Macron aurait évoqué l'idée
06:49de passer à 5% du PIB pour les dépenses militaires.
06:52Michael Dermont, il y a une espèce de quoi qu'il en coûte militaire.
06:56Il va falloir passer aussi à des investissements massifs.
06:59Oui, mais c'est pareil, c'est l'arlésienne.
07:03C'est-à-dire que c'est régulièrement annoncé,
07:06on a régulièrement ce genre, effectivement, de phrases définitives
07:10sur l'Europe de la défense qu'il faut construire
07:12et qui ne se construit jamais.
07:14Parce qu'une fois de plus, l'Europe étant tellement divisée
07:17et toutes les contraintes que l'on connaît
07:19ont toujours empêché l'Europe de la défense de se construire.
07:23Et effectivement, aujourd'hui, c'est plus que jamais au pied du mur.
07:27Pour en revenir aux tentatives répétées d'Emmanuel Macron
07:34à chaque fois qu'il se trouve face à Donald Trump
07:36de pouvoir le faire changer d'avis,
07:38quand on regarde tous ces face-à-face depuis 2017,
07:41il n'a jamais réussi à faire bouger Donald Trump sur aucun sujet.
07:45Jamais.
07:47Donc, de ce point de vue-là, on connaît le talent de profileur.
07:54Effectivement, dès le début, dès 2017,
07:56Emmanuel Macron et ses équipes ont remarqué
08:00qu'entre Donald Trump, ses déclarations
08:02et les résultats et les atterrissages, comme on dit, des mesures,
08:09le problème, c'était qu'il y avait toujours un décalage
08:13et que c'est dans cet espace que veut s'inscrire à chaque fois
08:16le Président de la République.
08:18Bon, de ce point de vue-là, effectivement,
08:20il va tenter encore de le faire,
08:22mais il faut qu'on s'attende aussi certainement
08:24à des images un peu baroques.
08:26Aussi parce que Donald Trump, il a mis la barre tellement loin
08:29avec ses sous-trans, notamment.
08:30Exactement, et je soustrais à ce que dit Michael.
08:33Il ne fait pas bouger Donald Trump, mais aussi sur la forme,
08:35et c'est toujours intéressant, la forme,
08:37la photo diplomatique qui l'en reste.
08:39J'ai souvenir de voir Donald Trump dépousser, évidemment,
08:42les épaules d'Emmanuel Macron,
08:44ou encore la dernière photo entre tous les deux,
08:46la dernière photo en date, c'est en marge de l'inauguration
08:49de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame à Paris.
08:52Donald Trump était invité, et il y a cette poignée de main
08:55qui vire quasiment au bras de fer entre tous les deux.
08:57Donald Trump, il joue en plus sur ces images-là,
08:59sur ces photos-là, et donc évidemment,
09:01on assiste systématiquement au bras de fer,
09:03mais même sur la forme, je suis d'accord avec Michael,
09:05il a beaucoup de mal à faire bouger Donald Trump
09:08et à faire changer son prisme.
09:10Ce soir, il semble très volontariste à dire
09:12« Je vais à la Maison-Blanche avec le message
09:14qu'il ne faut pas être faible face à Poutine »,
09:16mais enfin, c'est un minima pour le moment
09:18des déclarations d'intention.
09:19– Alexandra ?
09:20– Gérard Haraud, l'ancien président,
09:22l'ancien ambassadeur de France aux États-Unis,
09:24relevait assez justement ce matin
09:26que la méthode d'Emmanuel Macron et de Keir Starmer,
09:30le premier ministre britannique,
09:31était d'aller discuter avec Donald Trump en privé.
09:34Et ça, c'est pas bête, c'est même plutôt malin,
09:37parce que si on discute avec Trump par médias interposés,
09:41il a tendance à toujours vouloir surinchérir
09:43et donc la discussion n'existe pas vraiment.
09:46Donc c'est plutôt un bon réflexe des capitales européennes.
09:48– Adrien Brachet ?
09:50– Oui, juste pour rejoindre un peu ça,
09:52je pense qu'il y a une question collective aussi
09:54qui se pose à nous tous, Européens, sur les outrances,
09:56qui est de savoir, est-ce qu'on doit systématiquement
09:58rebondir aux outrances de Trump les unes après les autres
10:00et donc au fond suivre son agenda,
10:02ou est-ce qu'il faut d'abord être dans la proposition
10:05et d'abord avancer des choses au lieu d'être dans ce piège,
10:08parce que c'est aussi un piège que tient Trump
10:10avec toutes ses outrances, d'être toujours dans la réaction
10:13et jamais dans la proposition.
10:14– Je voudrais quand même qu'on parle de ce qui s'est passé ce matin à l'Elysée,
10:16parce qu'il y a quand même eu cette réunion autour d'Emmanuel Macron
10:19avec les principaux dirigeants, les principaux responsables politiques,
10:23Michael Darmon, on a senti quand même une forme d'écoute,
10:27même de certains, notamment par exemple de la France Insoumise,
10:30qui est rarement entendre avec le Président.
10:32– Oui, c'est vrai qu'effectivement ils sont invités
10:34pour une question très très grave,
10:36on parle de choses qui font concert en ce moment une nouvelle ère,
10:40comme il a été dit, et des sujets éminemment importants,
10:44peut-être beaucoup plus que les batailles politiciennes
10:47auxquelles on assiste en France depuis quelque temps.
10:50Mais enfin, on imagine assez mal que Donald Trump est attendu
10:54avec impatience ce que pensait Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon
10:57de ce qui va se passer en Ukraine.
11:00Et puis surtout, moi ce qui me frappe surtout,
11:02ce sont les deux photos de la semaine,
11:04c'est-à-dire vous avez Ariad,
11:06le basculement total de la vie géopolitique,
11:09et à Paris, la réunion des Européens qui ne savent pas quoi faire.
11:13Donc de ce point de vue-là, effectivement,
11:15Emmanuel Macron a raison, nous avons changé d'air.
11:17– Valérie Gass.
11:18– Oui, ce qu'il faut quand même voir,
11:20c'est qu'en réunissant les chefs de groupe et de parti,
11:22aujourd'hui on n'est pas dans le rapport avec Donald Trump,
11:25là Emmanuel Macron il fait de la politique française,
11:28de la politique politicienne,
11:30et il envoie des messages assez compatriotes.
11:33Donc il essaye de jouer sur les deux leviers,
11:35c'est-à-dire d'apparaître comme le super diplomate,
11:38le grand négociateur de l'Europe,
11:40et en même temps de reprendre une place sur la scène nationale
11:44où il a été un peu, même beaucoup évincé
11:47depuis sa dissolution ratée.
11:49Et du coup, là il redevient ce Macron super négociateur,
11:53un peu chef de guerre,
11:55et c'est ce qu'il adore,
11:57et c'est les messages qu'il envoie par tous les biais
11:59depuis le début de la semaine.
12:00– Et on va continuer à en discuter dans un instant,
12:02notamment en direct de Kiev,
12:03avec notre renvoyé spécial Nicolas Teilhard
12:06qui, toute la journée sur France Info Radio,
12:08nous a parlé de ces trois ans de guerre en Ukraine.
12:10On le retrouve dans un instant,
12:11vous êtes dans le froid Nicolas, ne bougez pas, on arrive.
12:14Pour l'instant il est 20h15 à Paris,
12:16on fait un nouveau tour de l'actualité avec Emmanuel Langlois.
12:18La garde à vue de prolonger pour deux des trois hommes
12:22arrêtés dans l'enquête sur les violences
12:24présumées au collège lycée privé Notre-Dame de Bétharame.
12:27Le troisième, un homme de 94 ans,
12:29a lui été remis en liberté sans poursuite.
12:32Dans le sillage de cette affaire,
12:34une commission d'enquête parlementaire sur le contrôle
12:36par l'état des violences dans les établissements scolaires
12:39a été officiellement créée ce jeudi.
12:42Airbus a vu son bénéfice net s'envoler
12:45de 12% à 4 milliards 200 millions d'euros en 2024,
12:49avec 766 appareils commerciaux livrés l'an dernier,
12:52820 prévus cette année.
12:54L'avionneur européen approche de son record de 2022
12:57grâce à une forte demande mondiale.
13:00Le Hamas lui a remis à Israël
13:02les dépouilles de quatre otages enlevés
13:04lors des attaques du 7 octobre.
13:06Des milliers de personnes rassemblées à Tel Aviv
13:09ont observé une minute de silence ce soir
13:11en hommage à ces otages morts à Gaza.
13:14Et puis Luis Rubiales fait appel.
13:16L'ex-patron du foot espagnol a été condamné ce jeudi
13:19à une amende de plus de 10 000 euros
13:21pour agression sexuelle en raison du baiser
13:24qu'il avait imposé en août 2023 à la joueuse Reni Hermosso.
13:29Enfin, les Bleus qui continuent leur moisson
13:32au Mondiaux de Biathlon de Lenzerheide.
13:35En Suisse, l'équipe de France de Biathlon
13:37décroche une nouvelle médaille d'or
13:39avec Julia Simon et Quentin Fillon-Maillet
13:41sur le relais mixte-simple.
13:43C'est la cinquième.
13:5020h21,
13:52Les Informés,
13:53Paul Barcelone,
13:54Jean-Rémi Baudot.
13:56Les Informés ce soir avec Adrien Brachet-Dupont,
13:58Alexandra Saviana de L'Express,
13:59Mickaël Darmon d'I 24 News
14:01et Valérie Gasse de RFI.
14:03On va prendre immédiatement la direction de Kiev.
14:05On retrouve Nicolas Teilhard
14:07qui nous a fait vivre sur France Info
14:09une journée spéciale en direct de la capitale ukrainienne.
14:13Nicolas, qu'est-ce qu'on dit à Kiev
14:15à la fois des tergiversations françaises,
14:17en gros de tout ce qu'on s'est dit depuis un quart d'heure
14:19et de tout ce balai diplomatique
14:21autour de la situation sur place ?
14:26Eh bien, on risque de vous décevoir aujourd'hui.
14:29C'est un peu une stratégie.
14:31Il y avait une conférence de presse
14:33qui était prévue entre Volodymyr Zelensky
14:36et le général Kiskelov,
14:38l'émissaire spécial de Donald Trump pour l'Ukraine
14:41qui est arrivé à Kiev dans la capitale ukrainienne hier
14:44qui avait rendez-vous aujourd'hui
14:46avec Volodymyr Zelensky.
14:48C'est un rendez-vous, une entrevue
14:50qui était préparée ces derniers jours
14:52par les équipes entourant le président ukrainien.
14:55Et la conférence de presse a été annulée.
14:58Il faut sans doute y voir une forme de prudence.
15:01Il aurait sans doute été difficile
15:03pour l'émissaire de Donald Trump
15:05de se retrouver à côté du président ukrainien
15:08et de devoir justifier les propos de son président
15:11qui n'a pas hésité hier à qualifier
15:13Volodymyr Zelensky de dictateur.
15:16Et du côté de l'Ukraine,
15:18on a tendance à prendre cette distance
15:20avec cette agitation trumpienne
15:22à laisser les grandes envolées
15:24un petit peu à distance
15:26même si elles ont clairement fait mal
15:29et qu'elles ont sans doute agacé, vexé
15:31le président ukrainien.
15:33On prend ces distances, pourquoi ?
15:35Parce qu'on essaye jusqu'ici
15:37d'avancer, d'y voir un petit peu plus clair
15:39dans des négociations.
15:41Il y a du travail en coulisses, notamment
15:43sur la question des contreparties
15:45financières américaines.
15:47On sait que Washington s'intéresse de près
15:49au sous-sol ukrainien.
15:51De nouveaux documents sont en cours
15:53d'élaboration, sont discutés, analysés.
15:56Et puis, vis-à-vis des Européens,
15:58Kiev est partagé
16:00entre l'idée de remercier l'Europe
16:02qui est un rempart essentiel
16:05si jamais l'aide américaine venait à disparaître
16:07mais en rappelant aussi
16:09que le message ukrainien
16:11depuis trois ans de dire
16:13que vous pouvez être la prochaine cible
16:15de Moscou, il ne faut pas faire confiance
16:17à Vladimir Poutine, il faut nous aider
16:19maintenant, sinon il sera trop tard.
16:21Eh bien, il se vérifie en quelque sorte
16:23aujourd'hui avec les revirements
16:25stratégiques du président
16:27américain et du côté de Kiev.
16:29On dit, nous, la guerre, elle est déjà ici,
16:31elle est déjà là. C'est peut-être vous
16:33qui devez vous méfier aujourd'hui
16:35de vous retrouver impliqué
16:37dans un conflit à plus grande échelle.
16:39Nicolas, vous qui êtes au cœur
16:41de la capitale ukrainienne,
16:43qu'est-ce qui vous a frappé ? Vous êtes là-bas depuis plusieurs jours.
16:45Qu'est-ce qui vous frappe dans l'état d'esprit des Ukrainiens
16:47avec qui vous avez pu discuter ?
16:53Personne ne croit à la paix immédiate,
16:55la paix en 24 heures
16:57qui avait été promise
16:59par Donald Trump n'a convaincu
17:01personne évidemment, mais même
17:03les dernières déclarations, même les discussions
17:05qui ont eu lieu avec Vladimir Poutine
17:07la semaine dernière
17:09qui ne rendent pas indifférents les Ukrainiens
17:11évidemment, ils placent un petit peu
17:13les deux dirigeants sur le même plan, mais
17:15personne ici ne croit à une paix immédiate
17:17tout simplement parce que
17:19personne ne croit que la Russie
17:21veut la paix aujourd'hui
17:23si ce n'est à des conditions qui seraient
17:25totalement inacceptables
17:27pour l'Ukraine. Sur le front,
17:29l'armée ukrainienne, si elle cède un petit peu
17:31de terrain ces derniers mois dans le Donbass
17:33continue malgré tout de
17:35résister et les Ukrainiens, par
17:37disprès, même si l'aide
17:39américaine venait à diminuer
17:41voire à disparaître, à
17:43continuer une lutte pour
17:45leur territoire, leur indépendance,
17:47leur liberté vis-à-vis de
17:49Moscou. Merci beaucoup Nicolas Taillard
17:51et merci aux équipes de France Info
17:53qui sont avec nous, qui sont avec vous
17:55à Kiev. On va revenir en
17:57plateau ici, on évoquait
17:59il y a quelques instants ce tournement diplomatique
18:01ce renversement d'alliances, vous en parliez
18:03tout à l'heure, Michael
18:05Alexandra Saviana
18:07vous voyez
18:09cette espèce de rupture qui est en train de se passer ?
18:11Il y a certainement une rupture, oui
18:13l'avenir le dira, on ne sait jamais avec
18:15Donald Trump ce qui peut se passer, il peut y avoir
18:17un retournement de situation, néanmoins
18:19l'accent
18:21de ses déclarations ces derniers jours
18:23montre clairement que les Etats-Unis se tournent
18:25contre toute attente vers Moscou
18:27c'est quelque chose qui est quand même
18:29assez inédit. Je rappelle que Joe Biden depuis
18:31le début de la guerre en Ukraine a rajouté
18:3320 000 troupes américaines sur le
18:35continent, donc ça me fait
18:37qu'il y a 90 000 boys
18:39américains là en Europe pour l'instant
18:41en rempart à Moscou
18:43le gros souci
18:45le gros enjeu aujourd'hui c'est de
18:47voir ces troupes américaines disparaître
18:49et donc laisser un petit peu
18:51les européens face à eux-mêmes, face
18:53à leur propre responsabilité
18:55et la question c'est peuvent-ils
18:57y arriver ? Aujourd'hui, la
18:59France avec le budget
19:01militaire qu'elle a, ne tient
19:03pas vraiment la route face à un ennemi
19:05comme la Russie, seule, en tout cas
19:07sans les américains.
19:09L'indice
19:11au fond qui montre qu'effectivement
19:13on est dans une époque
19:15totalement nouvelle d'abord effectivement
19:17cette volte-face
19:19en un coup de fil
19:21on bascule dans une nouvelle ère et on appelle
19:23d'un coup Vladimir Poutine
19:25on parle avec lui pendant une heure et on fait en sorte
19:27que la rencontre se passe en Arabie Saoudite
19:29dit beaucoup de choses
19:31sur au fond le projet de Trump
19:33et du grand deal qu'il veut faire avec
19:35Poutine qui dépasse aussi l'Ukraine
19:37c'est-à-dire qu'en fait Poutine c'est celui qui
19:39n'a plus
19:41réussi à protéger la Syrie
19:43il va certainement aussi
19:45avoir des discussions avec
19:47Donald Trump pour pouvoir voir ce qui se passe avec l'Iran
19:49parce que la cible de
19:51Trump c'est l'Iran et la
19:53réorganisation également
19:55de tout le Moyen-Orient avec
19:57Israël, l'Arabie Saoudite, contre l'Iran
19:59et avec les monarchies du Golfe
20:01donc on voit bien qu'il n'y a pas
20:03que l'Ukraine dans la tête
20:05de Donald Trump et il choisit
20:07un terrain qui est celui qui envoie
20:09un message
20:11effectivement de nouvelle ère, c'est-à-dire
20:13Riyad, l'Arabie Saoudite
20:15et ce nouveau territoire de puissance
20:17qui renvoie l'Europe
20:19complètement à ses divisions et à sa faiblesse
20:21Adrien Braché ? Oui ce qui est compliqué
20:23pour l'Europe aussi c'est que les différents
20:25politiques de l'Union Européenne font face à des contextes
20:27locaux souvent très compliqués
20:29ou qu'ils les affaiblissent, on pense bien sûr au
20:31cas français où on est dans
20:33le fait qu'on soit dans une structure de blocage
20:35parlementaire bien évidemment
20:37complique la portée de la voie de la France
20:39mais je pense à autre chose qui est extrêmement importante
20:41ce sont les élections allemandes
20:43qui sont imminentes et le résultat
20:45des élections allemandes sera aussi déterminant
20:47c'est-à-dire que si par exemple l'AFD qui est l'extrême droite
20:49allemande fait une véritable
20:51percée, ça aura probablement
20:53un impact sur les décisions
20:55sur le rapport à la Russie
20:57sur la question de l'armement, donc c'est aussi
20:59la difficulté de l'Union Européenne
21:01c'est qu'au fond c'est une multitude de contextes
21:03intérieurs et nationaux
21:05qui sont sans cesse
21:07bouleversés et il faut malgré ça
21:09réussir à parler d'une voie commune
21:11à trouver des accords, notamment Alexandra
21:13en parlait tout à l'heure, il faut qu'il y ait des accords
21:15qui puissent se faire sur la question de l'industrie
21:17d'armement, on a encore trop de pays
21:19européens qui dépendent de l'industrie
21:21américaine, notamment sur la question de l'armement
21:23comment on arrive à discuter pour qu'il y ait
21:25une véritable industrie
21:27militaire et de défense
21:29européenne qui fonctionne ?
21:31La question n'est pas attendre d'avoir une industrie
21:33qui est sur les étagères comme on dit demain
21:35on peut tout à fait avoir une défense européenne
21:37qui est basée en partie sur
21:39de l'armement américain mais qui est suffisamment
21:41puissante pour que ça fasse réfléchir sauf qu'on part
21:43de loin. Aujourd'hui
21:45malheureusement en Europe, c'est aussi
21:47pour ça que ce soir Emmanuel Macron
21:49dit il va falloir augmenter les dépenses militaires
21:51aller jusqu'à 5% du PIB
21:53là où il y a déjà des pays qui ont été
21:55plus loin que la France, la France est 2,1%
21:57en comparaison
21:59avec le PIB et les dépenses militaires
22:01là où la Pologne par exemple, qui partait
22:03certes un peu plus loin que nous mais
22:05est déjà à plus de 4%.
22:07Non simplement, d'un mot
22:09pour compléter ce que disait Adrien à l'instant
22:11à la fois les élections en Allemagne mais aussi
22:13ces déclarations quotidiennes d'Emmanuel
22:15Macron ce soir, au delà de l'aspect
22:17artificiel de cette expression sur Instagram
22:19il y a un vrai enjeu
22:21souscrit à ce que disait Adrien, qui est de
22:23sensibiliser les opinions et Emmanuel Macron
22:25va devoir à la fois rendre compte de ce qui se passe
22:27de là où il en est des discussions, de ce qu'il a
22:29obtenu ou pas à la Maison Blanche avec Donald Trump
22:31mais aussi faire prendre conscience
22:33à la société, aux Français, à nos concitoyens
22:35ce qui se passe vraiment sur le terrain
22:37et à propos de cette guerre en Ukraine.
22:39Emmanuel Macron qui n'exclut pas de lancer des produits d'épargne
22:41pour soutenir la défense, est-ce que ça
22:43c'est la bonne idée Valérie Gasse ?
22:45Alors je ne sais pas si c'est la bonne idée
22:47mais c'est une idée et visiblement
22:49il faut trouver des sous parce que
22:51en effet, augmenter
22:53les dépenses pour l'armement ça veut dire
22:55peut-être dépenser moins dans d'autres...
22:57Il n'y avait pas eu un débat à une époque ?
22:59Il a été interrogé par les
23:01gens qui lui posaient des questions
23:03sur les réseaux sociaux sur cet aspect
23:05est-ce que le pouvoir d'achat va être impacté
23:07par cela ?
23:09Et c'est pour ça qu'il a repris un peu l'exemple du Covid
23:11où il y avait eu ce grand emprunt, où on avait décidé
23:13d'emprunter en commun
23:15en européen et donc c'est ça
23:17en fait, ce vers quoi il veut avancer
23:19mais je suis d'accord que ça va prendre du temps
23:21et que c'est peut-être un vœu pur
23:23mais c'est ça, c'est d'essayer de mobiliser
23:25de trouver un accord pour peut-être emprunter
23:27plus en européen
23:29et acheter européen, de l'armement
23:31européen et ne plus acheter de l'armement
23:33américain parce qu'en fait
23:35Donald Trump serait très content si
23:37les européens augmentaient
23:39leurs dépenses de défense
23:41pour aller acheter de l'armement américain
23:43ce serait gagnant, gagnant sur tous les terrains
23:45le moment de bascule
23:47qu'Emmanuel Macron
23:49essaie, sur lequel Emmanuel Macron
23:51essaie qu'on prenne conscience, c'est ça
23:53c'est qu'en fait il faut changer de paradigme
23:55Alexandra Savia ?
23:57Pour revenir sur ce chiffre de 5% du PIB
23:59dont on parle beaucoup, effectivement
24:01ça veut dire que ça va être l'heure des choix
24:03donc là il parle d'un grand emprunt
24:05maintenant 5% de PIB consacré
24:07à la défense, ça veut dire qu'on va devoir aller
24:09chercher des économies ailleurs
24:11donc sur quoi est-on
24:13prêt à faire des sacrifices
24:15pour mieux s'armer, pour que l'armée
24:17soit plus efficace ?
24:19Sauf parce que la petite musique
24:21qui est en train de monter du côté de Bruxelles c'est de dire
24:23on pourrait peut-être déroger au 3%
24:25de déficit si c'est pour
24:27de l'investissement militaire, donc peut-être qu'on pourrait imaginer
24:29aller chercher 2, 3
24:312, 3 points de
24:33PIB par un endettement
24:35qui ne viendrait pas gréver
24:37dans nos capacités
24:39Oui mais ce n'est pas qu'une question du financement
24:41c'est aussi une question de doctrine, cette fameuse Europe de la défense
24:43ou cette capacité de pouvoir
24:45dire on va avoir
24:47une démarche commune
24:49et je pense que plus ce sujet
24:51va avancer, plus il va accentuer les divisions européennes
24:53parce que vous avez en Europe
24:55des pays qui gèrent
24:57directement
24:59leur système de défense
25:01vous avez une profonde divergence
25:03entre la France et l'Allemagne
25:05et bien sûr le système de protection
25:07de missiles aériens, les Allemands ont préféré
25:09un système qui vient
25:11de la technologie israélienne, qui est un peu l'équivalent
25:13du dôme de fer des Israéliens pour protéger
25:15les Allemands, vous avez une ironie d'histoire aujourd'hui
25:17c'est que ce sont les Israéliens qui protègent les Allemands
25:19mais ça a mis
25:21Emmanuel Macron en colère
25:23parce que lui, il préférait
25:25effectivement le système européen
25:27dont il vantait les mérites
25:29et les Allemands ont dit il n'en est pas question
25:31on va faire notre propre choix et on fera comme on veut
25:33donc de ce point de vue là
25:35on part de là
25:37il faut aussi d'abord se mettre d'accord sur
25:39comment cette Europe fonctionne, de la défense
25:41mais si c'est trop compliqué de se mettre d'accord
25:43c'est là qu'on est face à une urgence
25:45l'histoire avance
25:47et vous avez des gens qui se réunissent
25:49et qui disent on décide
25:51il y a les divergences européennes et il y a les divergences
25:53françaises aussi, c'est à dire qu'on parlait tout à l'heure
25:55de la possibilité d'union nationale entre les différentes forces politiques
25:57la réalité est que
25:59les questions géopolitiques et les questions internationales
26:01sont souvent moins au devant de la scène
26:03dans le débat public mais en vérité sur ces questions là
26:05il y a des désaccords profonds
26:07entre les forces politiques, entre l'extrême droite
26:09et la droite, au sein de la gauche également
26:11c'est à dire qu'il y a une tradition plus
26:13atlantiste à gauche, une tradition plus souverainiste
26:15par exemple pendant la campagne des européennes
26:17vous aviez la France insoumise
26:19et les communistes qui insistaient beaucoup
26:21sur l'aspect diplomatique, quand Raphaël Glucksmann
26:23disait lui l'enjeu c'est
26:25de construire justement cette Europe de la défense
26:27d'investir pour l'armement etc
26:29donc il y a aussi des divergences qui existent
26:31dans notre propre corps politique et donc
26:33il faudra aussi à un moment ou à un autre qu'il y ait
26:35un débat et il semble inévitable
26:37d'ailleurs il va y en avoir un à l'Assemblée nationale
26:39et au Sénat début mars
26:41début mars à l'Assemblée et au Sénat, un débat sans vote
26:43c'est le fameux article 50-1
26:45de la Constitution. Merci beaucoup Paul Barcelone
26:47allez les informants on se retrouve dans un instant, on va parler
26:49liberté d'expression qui est
26:51menacée pour certains en France
26:53en tout cas ce qui est certain c'est que la droite et l'extrême droite
26:55veulent au secours de Cyril Hanouna
26:57on en parle dans un instant, il est très précisément 20h30
27:05à 20h30
27:07bonsoir Benjamin Recouvreur. Bonsoir à tous
27:09Emmanuel Macron échange ce soir avec
27:11Vladimir Zelensky sur la guerre en Ukraine
27:13avant de se rendre à Washington lundi
27:15le président français qui apporte son soutien
27:17à son homologue ukrainien
27:19il est un président élu d'un système
27:21libre, ce n'est pas le cas de Vladimir Poutine
27:23a-t-il déclaré depuis ses réseaux sociaux
27:25ce soir après les propos de Donald Trump
27:27qui avait qualifié Vladimir Zelensky
27:29de dictateur, Emmanuel Macron
27:31estime aussi qu'il faudra renforcer
27:33les dépenses pour la défense de la France
27:35et de l'Europe. Des milliers d'Israéliens
27:37réunis placent des otages ce soir
27:39à Tel Aviv pour rendre hommage aux quatre
27:41otages dont les dépouilles ont été rendues à Israël
27:43aujourd'hui la remise des cercueils
27:45mise en scène par le Hamas a été qualifiée
27:47d'abjecte et de cruelle par les Nations Unies
27:49nous sommes tous fous de rage
27:51contre les monstres du Hamas a de son côté déclaré
27:53le premier ministre Benyamin Netanyahou
27:55son avocate salue la fin d'un long
27:57calvaire, l'enquête qui visait Julien
27:59Bayou est classée sans suite pour
28:01absence d'infraction, l'ancien dirigeant
28:03d'Europe Ecologie les Verts était visé par une
28:05enquête pour harcèlement moral et abus de faiblesse
28:07plainte déposée par son
28:09ex-compagne, elle dit ce soir réfléchir
28:11à se constituer parti civil
28:13ce qui rendrait automatique la désignation
28:15d'un juge d'instruction. Une avancée
28:17majeure salue les organisations
28:19écologistes, la proposition de loi pour
28:21l'interdiction des PFAS au 1er janvier
28:232026 a été adoptée aujourd'hui
28:25ces polluants éternels néfastes
28:27pour l'environnement et la santé humaine seront
28:29bannis des vêtements et des cosmétiques
28:31mais pas des ustensiles de cuisine
28:33enfin un coup dur pour Wembi
28:35Victor Wembanyama sera absent des parquets
28:37de la NBA jusqu'à la fin de la saison
28:39il est atteint d'une thrombose veineuse
28:41à l'épaule droite annonce son club
28:43des Spurs de San Antonio
28:45France Info
28:4720h 21h
28:49les informés
28:51Paul Barcelone, Jean-Rémi Baudot
28:53On va parler télévision dans un instant
28:55on est avec les informés
28:57deuxième grande partie de cette émission
28:59Valérie Gaze, chef du service politique de RFI
29:01Mickaël Darmon, éditorialiste à 24news
29:03Alexandra Saviana, grand reporter
29:05à L'Express
29:07et Adrien Braché, journaliste politique
29:09au point, je le disais avant
29:11le journal, Paul, la droite et l'extrême droite
29:13volent au secours de Cyril Hanouna
29:15Oui Jean-Rémi, depuis que le Conseil d'Etat a confirmé
29:17c'était hier la fermeture de deux chaînes
29:19NRJ12 mais surtout
29:21C8, chaîne du groupe Bolloré
29:23première chaîne de la TNT en termes d'audience
29:25condamnée à de multiples reprises
29:27notamment en raison des dérapages
29:29et des polémiques de son animateur
29:31star Cyril Hanouna
29:33même Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur
29:35s'est fendu d'un tweet quasi de soutien
29:37mais la droite et l'extrême droite
29:39s'indignent, Laurent Wauquiez par exemple
29:41en qualifiant l'arc-homme
29:43d'autorité obscure, Marine Le Pen
29:45en fustigeant les ayatollahs
29:47de la pensée unique, comme Laurent Jacobelli
29:49le porte-parole et vice-président
29:51du groupe RN à l'Assemblée nationale
29:53qui était l'invité de France Info ce matin à 8h30
29:55Poids de mesure, je suis désolé
29:57oui il y a des dérapages sur toutes les antennes
29:59c'est la vie du direct
30:01vous le savez comme moi, vous animez
30:03du direct, si je dis une horreur
30:05vous allez me contredire
30:07c'est ce qu'il s'appelle tenir l'antenne
30:09et parfois certains ne le font pas
30:11y compris dans le service public, mais là
30:13c'est un autre thème d'immunité, pourquoi ?
30:15d'abord parce que c'est public et ensuite parce que c'est de gauche
30:17alors j'ajoute pour être complet
30:19et cela va lancer le débat, qu'hier soir Cyril Hanouna
30:21a affirmé dans son émission
30:23Touche pas à mon poste sur C8
30:25que se cachait derrière cette décision
30:27de justice qui émane donc du Conseil d'Etat
30:29la main d'Alexis Kohler
30:31le secrétaire général de l'Elysée
30:33bras droit d'Emmanuel Macron
30:35qui aurait, dit Cyril Hanouna, fomenté
30:37ce coup dans le dos du président
30:39une thèse qui en l'état semble
30:41quasiment relever du complotisme
30:43alors on va déjà poser un préalable
30:45à cette discussion, la fermeture
30:47d'une chaîne de télévision, ce sont aussi
30:49des hommes, des femmes qui travaillent là-bas
30:51donc évidemment personne ne se réjouit que C8
30:53et NRJ12 disparaissent de la TNT
30:55néanmoins il y a une décision qui a été prise
30:57par une autorité de régulation
30:59et une partie de la droite et l'extrême droite
31:01dénoncent donc désormais une atteinte à la liberté d'expression
31:03est-ce que, selon voie de Rémi Brachet
31:05c'est exagéré ?
31:07je pense que dans cette affaire il y a beaucoup d'instrumentalisation
31:09politique de tous les côtés
31:11c'est-à-dire que le fait que Bruno Retailleau
31:13prenne position, y compris contre
31:15une décision du Conseil d'État
31:17de la part d'un ministre de l'Intérieur
31:19c'est quand même quelque chose qui interroge
31:21par ailleurs je pense que
31:23il ne faut pas sous-estimer en revanche
31:25le véritable débat
31:27de fond sur le fait
31:29qu'on a aujourd'hui un paysage
31:31médiatique et audiovisuel
31:33qui tend de plus en plus à se polariser
31:35c'est-à-dire à avoir des émissions
31:37dans un sens ou dans un autre
31:39très politisées d'un côté ou d'un autre
31:41et ça, ça pose une question quand même
31:43si notre paysage
31:45télévisuel devient une sorte d'archipel
31:47pour reprendre l'expression de Jérôme Fourquet
31:49où chacun vient regarder un peu comme à l'américaine
31:51soit CNN, soit Fox News
31:53ça pose quand même un problème de pluralisme
31:55et d'unité nationale
31:57la question ensuite c'est est-ce qu'il faut le faire par des fermetures
31:59de chaînes au risque de
32:01provoquer une contre-réaction
32:03et au fond au risque que ces discours-là
32:05qui sont sur des chaînes de télé se retrouvent
32:07de manière encore moins contrôlées, encore moins maîtrisées
32:09sur les réseaux sociaux
32:11ça c'est la question, je pense qu'il y a différentes
32:13façons d'y répondre, en tout cas il y a un débat
32:15de fond, je pense
32:17qu'il faut aborder sur notre paysage
32:19médiatique et télévisuel
32:21le débat de fond très précisément c'est aussi
32:23les sanctions, décisions et sanctions
32:25qui se sont multipliées sur CNews
32:27et qui visaient notamment Cyril Hanouna et c'est ce qui en fait
32:29à la fin arrive à la fermeture
32:31de la chaîne
32:33– Valérie Gass, Bruno Retailleau
32:35qui par exemple tweet sur cette question-là
32:37il sort de son rôle ou pas ?
32:39– Oui
32:41vraisemblablement on peut quand même
32:43estimer que… – J'ai aimé votre petite prudence
32:45et puis allez-y la liberté d'expression est là
32:47– Oui non mais Bruno
32:49Retailleau il sort de son rôle mais il reste
32:51sur son créneau
32:53on a presque envie de dire qu'on
32:55aurait été déçu s'il n'avait pas tweeté
32:57mais oui
32:59bien évidemment un ministre de
33:01l'Intérieur qui s'attaque à une décision
33:03du Conseil d'Etat ça parait
33:05quand même un petit peu ahurissant
33:07mais tout ça montre que
33:09il y a cette France qui écoute
33:11et qui regarde CNews
33:13il y a ces électeurs du Rassemblement National
33:15et en fait tout ce débat
33:17c'est ça aussi, c'est des parts électorales
33:19et donc Bruno
33:21Retailleau il est en pleine offensive, il essaye
33:23d'incarner la droite
33:25quitte à gratter un peu sur l'extrême droite pour
33:27aller dans la perspective
33:29positive, faire revenir
33:31les électeurs de l'extrême droite vers la droite
33:33un peu plus républicaine
33:35il entre dans
33:37ce débat, il prend position parce qu'il sait
33:39que ça lui sera bénéfique, surtout qu'il est en train
33:41d'affronter Laurent Wauquiez pour la
33:43présidence des Républicains. – Mais quand on regarde
33:45parce que derrière le débat sur la liberté d'expression
33:47en fait c'est une attaque en règle contre
33:49les institutions de régulation, là en l'occurrence
33:51l'ARCOM, mais le Conseil d'Etat, mais le
33:53Conseil constitutionnel, est-ce que c'est un vent de
33:55trumpisme qui souffre
33:57entre la droite et l'extrême droite française, Michael Darman?
33:59– Non, on ne va pas lui faire ce compliment, non, non
34:01le sujet en fait
34:03c'est que c'est d'abord, quand on prend
34:05le parcours de cette décision
34:07c'est d'abord une décision politique
34:09la première personne qui
34:11sur des ondes d'une matinale
34:13a exprimé l'objectif
34:15qui était un jour de
34:17fermer CNews ou d'empêcher son renouvellement
34:19par l'ARCOM, c'était la ministre
34:21de l'écriture de l'époque qui l'avait effectivement
34:23souvenez-vous, elle avait provoqué une polémique
34:25qu'elle avait annoncée sur une chaîne
34:27qu'il faudrait en arriver là. – Mais attendez, vous parlez de CNews ?
34:29à l'instant vous avez parlé de CNews ? – De C8
34:31pardonnez-moi, C8
34:33et donc effectivement parce qu'elle réagissait
34:35aux polémiques et aux problèmes
34:37que posait Anouna de manière
34:39générale par ses expressions
34:41et les dérapages, donc
34:43ça vient d'abord d'une expression politique
34:45qui ensuite a suivi son chemin
34:47et a trouvé sa décision
34:49via la régulation et via la confirmation
34:51via le Conseil d'Etat. – Donc l'ARCOM
34:53était à la solde
34:55à appliquer ce que le gouvernement
34:57lui aurait demandé de faire ? – L'ARCOM est bien évidemment
34:59une instance indépendante, mais
35:01elle lit la presse comme tout le monde et elle a vu
35:03peut-être effectivement que quelque part il y avait
35:05une ambiance qui consistait à dire on ne va pas
35:07renouveler, donc en tout cas je note
35:09sans faire peut-être un lien de cause à effet, je note
35:11que la première personne à en avoir parlé c'était
35:13au degré politique, et puis après
35:15pour répondre à la question qui est posée
35:17dans le débat, je pense que c'est plutôt
35:19une atteinte portée à l'efficacité
35:21parce que vraisemblablement
35:23dans quelques jours Cyril Hanouna va retrouver
35:25une chaîne, on ne sait pas
35:27encore si c'est dans un groupe concurrent ou si
35:29c'est dans une autre chaîne du groupe
35:31Bolloré, et qu'il va continuer
35:33ses émissions, et qu'effectivement
35:35de ce point de vue là, on aura le sentiment
35:37que comme souvent
35:39dans l'interdiction, on fait renaître
35:41le même système d'une autre manière.
35:43– Néanmoins ça voudra dire que la liberté d'expression
35:45a permis, ou permettra demain
35:47à Cyril Hanouna de travailler ailleurs, donc
35:49d'une certaine manière ce débat sur la liberté d'expression
35:51est caduque. – Mais en fait moi j'aimerais aller
35:53jusqu'au bout… – Ou instrumentaliser pardon.
35:55– Oui, moi en tout cas j'aimerais aller jusqu'au bout
35:57de la réflexion de ceux qui poussent
35:59des cris d'orfraie en ce moment en disant
36:01la liberté d'expression est menacée.
36:03Un canal de télévision c'est un
36:05privilège qu'on accorde, c'est pas
36:07une rente, donc c'est
36:09quelque chose dont on doit respecter le règlement.
36:11Et je rappelle quand même que
36:13le groupe et que la chaîne C8 a eu
36:1535 manquements, donc ils ont eu le temps de se rendre
36:17compte qu'effectivement ils ne respectaient
36:19pas les critères de l'ARCOM.
36:21Je pense qu'il faut aussi
36:23songer qu'on n'est pas effectivement
36:25dans un état de rente, on est dans un état
36:27de droit et qu'il est normal
36:29qu'un canal soit remis
36:31en cause et que si une offre concurrente
36:33est jugée meilleure ou plus respectueuse
36:35du règlement, on la privilégie
36:37à l'actuel, tout simplement.
36:39– Il y a une forme de victimisation aussi,
36:41tout à l'heure Adrien parlait de l'instrumentalisation
36:43politique, je pense qu'il y a une forme aussi
36:45de victimisation mais qui fait le buzz,
36:47qui cherche à capitaliser
36:49là-dessus de la part de Cyril Hanouna, dont on
36:51commence à lire entre les lignes ou voir
36:53entre les lignes qu'il s'intéresse aussi à la question
36:55politique, pour lui, pour son avenir personnel,
36:57presque comme s'il voulait
36:59commencer à dessiner les traits d'un candidat
37:01à la présidentielle. A la fois il est trop tôt pour en parler,
37:03mais ce type d'événement
37:05contribue à l'évidence, à le remettre sous la lumière
37:07et sous le feu des projecteurs.
37:09– Moi ce que je trouve assez fascinant c'est que c'est dans une séquence
37:11qui s'est notamment ouverte ou qui s'est alimentée
37:13avec les propos la semaine dernière
37:15de Jay Devance, le vice-président américain
37:17qui vient à la conférence de Munich et qui
37:19dit le problème de l'Europe ce n'est pas la Russie
37:21ou la Chine, vous avez un problème
37:23avec la liberté d'expression. – Pas que à Munich,
37:25j'aurais mis déjà à Paris au sommet de l'intelligence
37:27artificielle, il avait fait sous les yeux d'Emmanuel
37:29Macron au Grand Palais à Paris, la leçon
37:31sur la liberté d'expression.
37:33– Très bon point, vous avez une
37:35liberté d'expression ici, c'est incroyable.
37:37Blague à part, ça veut dire que,
37:39ce que je trouve assez fascinant c'est que
37:41c'est un discours illibéral, de démocratie
37:43illibérale qui est repris par une partie
37:45de la classe politique française.
37:47Adrien Brachet, ça nous dit quand même quelque chose
37:49de l'état du débat ou de l'état de la
37:51droite et de l'extrême droite et de cet écosystème
37:53médiatique ? – Alors ce qui est intéressant justement
37:55sur la droite et l'extrême droite
37:57c'est que juste avant l'élection
37:59de Donald Trump, j'avais fait un papier
38:01avec un de mes collègues
38:03qui montrait que juste avant l'élection
38:05la droite et l'extrême droite
38:07étaient quand même très prudentes sur le rapport
38:09à Donald Trump en disant
38:11attention, on est notamment le RN
38:13dans une volonté de normalisation,
38:15on veut pas trop donner l'impression
38:17d'aller dans le sens
38:19d'un personnage plein d'outrance.
38:21C'était un petit peu la réflexion qu'il se faisait
38:23et depuis que Donald Trump est arrivé
38:25au pouvoir, depuis
38:27au fond qu'il y a aussi cette lame de fond
38:29avec Elon Musk, etc., on voit
38:31très bien, je pense notamment à Jordan Bardella,
38:33que Jordan Bardella
38:35essaie un petit peu de récupérer ça.
38:37Il se rend à la grande réunion annuelle
38:39des conservateurs
38:41aux Etats-Unis,
38:43à Washington,
38:45il dit qu'au fond, les décisions qu'a prises
38:47Elon Musk sur
38:49la dérégulation de l'Etat, c'est pas forcément
38:51une si mauvaise idée. Donc on voit bien qu'en fait
38:53la droite et l'extrême droite sont très partagées
38:55sur le rapport
38:57au Trumpisme, mais que dès qu'elles
38:59sentent que c'est quelque chose qui peut prendre
39:01dans les opinions, et y compris dans les élections
39:03européennes,
39:05elle peut se mettre aussi à la remorque de ça.
39:07Mais parce que c'est un peu facile quand Laurent Wauquiez dit
39:09« Il faut fermer l'ARCOM ! »
39:11espèce de truc un peu lapidaire
39:13comme ça. Il dit « autorité obscure ».
39:15C'est ce qui est assez savoureux,
39:17c'est de voir que c'est la droite qui reprend
39:19le slogan et qu'il est interdit d'interdire.
39:21Donc de ce point de vue-là, on est quand même
39:23effectivement dans une
39:25vraie inversion
39:27et instrumentalisation, il est vrai,
39:29de ce débat, parce que chacun
39:31a son propre agenda
39:33et que tout le monde sait également
39:35vous avez évoqué, Paul,
39:37le fait que Cyril Hanouna
39:39pourrait rêver
39:41ou s'imaginer d'un destin présidentiel.
39:43En tout cas, tout le monde a compris que
39:45ce qui se passe autour de l'audience
39:47de ces émissions,
39:49y compris de la part de ceux qui se
39:51taisent beaucoup dans ce débat, c'est-à-dire les macronistes
39:53qui ont beaucoup, beaucoup, beaucoup
39:55fréquenté les plateaux de Cyril Hanouna.
39:57Notamment la propre fille
39:59de la Première Dame.
40:01Et Emmanuel Macron aussi, Valérie le disait,
40:03quand Cyril Hanouna lui disait
40:05faute, on lui souhaitait son anniversaire.
40:07Donc de ce point de vue-là, il est clair que
40:09ça instrumentalise de tous les côtés
40:11et qu'une fois de plus, pour moi, ce qui est
40:13le plus frappant, c'est que
40:15la victime, c'est l'efficacité, parce que
40:17s'il y avait une volonté de vouloir baïonner
40:19Cyril Hanouna, on va dire que c'est raté.
40:21Valérie Gaz.
40:23Moi, je voulais revenir peut-être
40:25sur le RN et cette
40:27tentation du trumpisme, de tout ce qui a
40:29entré à Trump. Il y a quand même
40:31une difficulté et on voit bien que Marine
40:33Le Pen a senti l'écueil. C'est qu'à la fois
40:35il y a une espèce d'élan
40:37de débrider, de décomplexer,
40:39de on peut tout dire, on peut tout faire
40:41avec Trump et c'est tentant
40:43de se dire qu'on peut faire la même chose. Mais en même temps,
40:45Trump a pari qu'il y a un danger pour la France
40:47et les intérêts de la France. Et Marine Le Pen
40:49l'a très bien sentie et du coup
40:51ne va pas trop sur ce terrain-là parce que
40:53il ne faut pas donner l'impression à ses électeurs
40:55sur lesquels
40:57elle a rôdé
40:59son discours de la défense de la France
41:01qu'elle va céder face
41:03à un président américain qui
41:05mettra en péril les intérêts de la France.
41:07Oui, il y a un paradoxe profond en effet.
41:09Il y a un paradoxe profond et je pense que c'est
41:11ce qui explique aussi le fait qu'ils soient
41:13autant embêtés sur cette question-là
41:15qu'ils aient autant de mal. C'est que c'est
41:17vraiment au croisement de deux de leurs
41:19positionnements. C'est-à-dire à la fois le positionnement
41:21très
41:23liberté d'expression, sans
41:25limite, etc. Et très maintenant
41:27on met fin aux normes, etc. Et l'autre côté
41:29qui est de dire qu'il faut quand même qu'on défende les intérêts
41:31de la France sur le plan international. Et en l'occurrence
41:33avec la guerre commerciale que
41:35Donald Trump veut mener, il y a un risque que nos
41:37intérêts soient atteints. On parlait à l'instant
41:39de peut-être l'embarras
41:41d'une partie de la Macronie. Paul,
41:43est-ce qu'à l'Elysée c'est observé ? Parce que
41:45ce matin, le brief politique de Victoria Coussin
41:47revenait sur l'observation par
41:49l'Elysée des réseaux
41:51milleille en France et d'une espèce
41:53de vent de libertariens qui montent en France
41:55qui est observé à l'Elysée ?
41:57Il y a un rapport qui est toujours un peu
41:59compliqué. Peut-être est-ce le
42:01en même temps, mais on y faisait référence quand Emmanuel
42:03Macron téléphone à Cyril Hanouna
42:05ou répond au téléphone à Cyril Hanouna.
42:07C'était d'ailleurs en
42:092017, peu de temps après son élection,
42:11pour lui souhaiter son
42:13anniversaire. On sent bien qu'il y a un rapport
42:15qui est difficile. Et c'est pas un secret de se dire
42:17qu'il y a des députés macronistes,
42:19des élus macronistes qui ont écumé
42:21le plateau de Touche pas à mon poste sur C8
42:23pendant des années et qui ont
42:25fréquenté cette émission et qui ont participé.
42:27Et ces députés qui disaient, il faut aussi parler
42:29à toute la France et donc c'est important d'y aller.
42:31C'était probablement ça le but.
42:33Non, vous n'avez pas l'air d'accord.
42:34Si, si, si, complètement.
42:36Non mais il est libre de ne pas être d'accord.
42:38Il est libre de ne pas être d'accord et ici on a le droit
42:40de ne pas être d'accord sans se faire hurler dessus et sans se faire insulter.
42:42Les informés, on se retrouve
42:44dans un instant, on va parler de toute autre chose. Pour l'heure, il est
42:4620h45 et c'est l'heure de laisser la parole
42:48à Emmanuel Langlois.
42:50Après plus de 40 ans passés derrière les barreaux,
42:52l'attente se prolonge encore
42:54pour Georges Ibrahim Abdallah.
42:56La cour d'appel de Paris a en effet
42:58reporté sa décision sur la libération
43:00du militant pro-palestinien
43:02âgé de 73 ans.
43:04Elle était attendue aujourd'hui. Il avait été condamné
43:06pour complicité d'assassinat
43:08de diplomates américains et israéliens
43:10en France. L'Assemblée,
43:12elle approuve définitivement la proposition
43:14de loi écologiste
43:16qui restreint la fabrication
43:18et la vente de produits contenant des PFAS
43:20massivement présents dans
43:22la vie courante. L'impact de ces polluants
43:24éternels sur la santé inquiète
43:26l'opinion et les pouvoirs publics.
43:28L'association France Nature Environnement
43:30salue cette avancée
43:32majeure. Emmanuel Macron
43:34l'a répété ce soir dans un échange
43:36avec des internautes sur les réseaux
43:38sociaux. Le chef de l'État
43:40martèle qu'il n'a pas l'intention
43:42d'envoyer des soldats demain
43:44en Ukraine mais seulement
43:46une fois la paix négociée
43:48et conclue pour la garantir face à
43:50la Russie a-t-il dit. Et puis
43:52en Iran, un millier de personnes
43:54ont été exécutées l'an dernier, affirme
43:56un rapport publié par deux ONG
43:58qui dénoncent une escalade
44:00effroyable du recours à la peine de mort
44:02comme moyen de répression politique
44:04par la République Islamique d'Iran.
44:08France Info
44:1220h21, les informés
44:14Paul Barcelone
44:16Jean-Rémi Vaudeau.
44:18Allez les informés, Adrien Brachet-Dupoint, Alexandra Saviana
44:20de l'Express, Mickaël Darmondi, 24 News
44:22et Valérie Gaze de RFI. On a deux
44:24sujets pour terminer cette émission, la
44:26question des retraites, on y reviendra dans un instant
44:28et la question du
44:30Sénat qui a voté l'interdiction
44:32du mariage pour les étrangers
44:34en situation irrégulière, Paul.
44:36Alors c'est bien le Sénat qui l'a voté et cette proposition
44:38n'est pas encore complètement adoptée. Proposition
44:40de loi néanmoins soutenue par
44:42Gérald Darmanin et Bruno Retailleau pour lutter
44:44contre les mariages blancs. Vous savez,
44:46ces mariages simulés ou arrangés uniquement
44:48pour faciliter l'obtention de la
44:50nationalité. Ce vote intervient évidemment
44:52deux jours après la convocation
44:54de Robert Ménard, le maire de Béziers
44:56devant la justice et qui sera jugé par un tribunal
44:58correctionnel. Problème,
45:00cette loi semble totalement
45:02inconstitutionnelle au regard de la jurisprudence.
45:04Qu'importe,
45:06répondait ce soir sur France Info
45:08Hervé Marseille, le président
45:10du groupe centriste au Sénat.
45:12C'est son groupe qui est à l'origine de cette proposition.
45:14Il y a une attente chez les élus
45:16parce qu'il faut clarifier la situation.
45:18Il y a des pièces
45:20qu'on ne demande pas. On ne demande pas aux gens quand ils
45:22viennent se marier, par exemple, s'ils sont en situation
45:24régulière, pour ceux qui sont
45:26étrangers, sur le territoire
45:28national. Donc,
45:30ce sont les maires qui refusent de marier
45:32qui sont condamnés par les tribunaux.
45:34C'est le monde à l'envers. Donc, on essaie
45:36de faire en sorte de clarifier la situation
45:38et qu'on puisse marier dans des conditions
45:40qui soient juridiquement stables.
45:42Il n'en fallait pas plus pour que la gauche au Sénat
45:44aujourd'hui dénonce une attaque en règle
45:46contre la Constitution et donc a fortiori
45:48contre l'État de droit, voire même
45:50une initiative qui, selon le Parti Socialiste,
45:52reprend le programme de l'extrême droite
45:54pour alimenter les fantasmes
45:56xénophobes. Alors, justement, et ça
45:58reboucle un tout petit peu avec notre débat précédent
46:00Michel Darmon, mais est-ce que
46:02c'est un défi lancer la Constitution à l'État de droit
46:04comme le disent les sénateurs de gauche ?
46:06Oui, c'est une volonté de dire
46:08nous sommes dans le mouvement
46:10parce qu'il y a en ce moment une
46:12forme de grande
46:14inquiétude et de panique, en fait, à l'égard
46:16de la part des élus qui voient bien que
46:18l'attente du public
46:20l'attente de l'opinion, c'est que les choses bougent.
46:22Que des choses bougent. C'est la raison
46:24pour laquelle, au fond, les personnages
46:26dans leurs intentions, on verra bien
46:28après vraiment ce qu'ils réussissent à faire
46:30comme Trump ou d'autres, sont
46:32validés parce qu'au moins ils recréent du mouvement.
46:34De ce point de vue-là,
46:36on sort
46:38de cette politique embourbée,
46:40tiède, de ces siestes
46:42stratégiques, de ces propos stériles,
46:44de ces mantras qui ne débouchent
46:46sur rien, et donc ils veulent du mouvement.
46:48Donc en fait, on cherche de manière un petit peu désordonnée.
46:50Ça ne réglera en rien
46:52la question
46:54de l'immigration ou des
46:56personnes en situation irrégulière.
46:58Je ne suis même pas sûr qu'on ait vraiment de chiffres
47:00précis sur la question des mariages au QUTF,
47:02mais on parle de quelques cas.
47:04Oui, mais bien entendu, on sent bien que c'est
47:06quelque chose qui consiste à dire, regardez,
47:08nous prenons les problèmes, nous prenons
47:10des décisions qui sont
47:12drastiques, mais en réalité, ça ne fait pas du tout
47:14avancer les problèmes.
47:16Mais effectivement, en fait, cette proposition
47:18de loi, c'est plus un constat d'échec
47:20que quoi que ce soit d'autre, parce que
47:22ça prouve que des personnes qui sont
47:24sous au QUTF, donc qui ne devraient pas être
47:26sur le territoire, sont sur le
47:28territoire, et que donc, du coup, la politique du
47:30ministre de l'Intérieur, qui est,
47:32on fait, depuis Gérald Darmanin,
47:34qui met la pression sur les préfets,
47:36qui leur dit, prononcez des au QUTF,
47:38faites des interdictions de sortie du territoire,
47:40sortez-les de France,
47:42et envoyez-les dans leur pays d'origine,
47:44ne fonctionnent pas. Et ça, pourquoi ?
47:46Parce que les pays d'accueil,
47:48souvent les Etats du Maghreb, souvent l'Algérie,
47:50souvent le Maroc, ne délivrent pas les laissés-passer
47:52consulaires nécessaires en face pour
47:54exécuter les au QUTF. Et donc,
47:56cette situation,
47:58ce projet de loi, montre juste que
48:00la situation est un échec.
48:02– Un constat d'échec, Valérie Gass. – Oui, et une volonté
48:04de montrer qu'on attaque le problème
48:06des au QUTF par tous les biais,
48:08qu'ils soient symboliques ou pas, ça impacte
48:10toujours dans l'esprit des Français, et ça montre
48:12que ce problème qu'on a mis
48:14vraiment sur le devant de la scène
48:16avec Bruno Retailleau, et bien
48:18il s'attaque à tout, à toutes les failles du
48:20système, et que
48:22même si ça représente quelques personnes,
48:24peut-être qu'on les compte
48:26à l'unité ou à la dizaine,
48:28mais néanmoins,
48:30dans l'esprit des gens, ça veut dire
48:32que toutes les failles, on essaye
48:34de les combler. Ça ne marchera pas forcément,
48:36mais il y a une volonté politique,
48:38et c'est pas un hasard si on retrouve le tandem
48:40Retailleau-Darmanin,
48:42de nouveau d'accord
48:44pour aller sur ce genre de mesures.
48:46C'est toujours une espèce de
48:48question de créneau
48:50et de discours.
48:52– C'est évidemment la question que je voulais poser à Adrien Braché.
48:54Darmanin, Retailleau, ils ont joué à quoi ?
48:56Ils sont en sous-main ?
48:58– Le gouvernement a apporté son soutien,
49:00et bien sûr, pour eux,
49:02c'est un coup politique, c'est un moyen de s'afficher
49:04comme, au fond, le duo pivot
49:06de ce gouvernement.
49:08Et d'ailleurs, on voit très bien que sur les questions
49:10régaliennes, François Bayrou
49:12leur laisse un petit peu le champ pour
49:14s'exprimer très librement. Donc les deux
49:16qui en plus sont dans une zone politique
49:18très politique, Bruno Retailleau avec
49:20l'élection de son
49:22parti, et Gérald Darmanin
49:24avec la présidentielle en vue,
49:26les deux en plus sont dans des séquences extrêmement
49:28politiques. Oui, donc, ils ont besoin
49:30en effet de formes
49:32de victoires politiques qui n'en sont
49:34pas réellement, parce que comme le disait très bien
49:36Michael, on est beaucoup dans du symbole,
49:38beaucoup dans de l'affichage, beaucoup dans une forme de
49:40coup politique, et on n'est pas du tout
49:42à la hauteur du débat de fond
49:44équilibré qu'il devrait y avoir
49:46là-dessus. – Allez, il nous reste quelques minutes pour un débat de fond
49:48sur les retraites, puisque avant de retrouver
49:50la vérité, un débat équilibré,
49:52mais une querelle de chiffres néanmoins autour du
49:54rapport sur la retraite. – Oui, ce rapport de la Cour
49:56des Comptes qui a été remis ce matin au Premier
49:58Ministre, qui fait en quelque sorte la lumière, un
50:00diagnostic préoccupant, d'ailleurs
50:02ce sont les mots de la Cour des Comptes sur la situation
50:04financière du système de retraite avec
50:06à la clé des chiffres très
50:08éloignés de ceux annoncés
50:10par François Bayrou. Pas de déficit caché non
50:12plus, dit la Cour des Comptes, puisque ce rapport,
50:14table, j'y viens, sur un déficit
50:16de plus de 6 milliards d'euros en
50:182025, environ 15 milliards
50:20à horizon 2035, et
50:22ce, malgré la réforme Borne. Pour les
50:24syndicats, la priorité reste toujours
50:26de l'abroger pour revenir en arrière, revenir sur
50:28les 64 ans comme âge
50:30légal de départ à la retraite. Ce
50:32rapport, je vous le rappelle, donne le coup d'envoi
50:34du fameux conclave. Ces trois mois
50:36de négociations à huis clos entre les partenaires
50:38sociaux chargés de se mettre d'accord,
50:40prélude, éventuellement, c'était la promesse
50:42de François Bayrou, à un débat parlementaire.
50:44– Ce qui est fou, c'est qu'on est sur un
50:46de mémoire, en 2025,
50:48d'un déficit de 6,6 milliards,
50:50et très loin des 55 milliards
50:52dont parlait François Bayrou.
50:54Alexandra Saviana, il y a quand même une forme de
50:56petit camouflet. – Oui,
50:58mais c'est aussi parce que le rapport de la Cour des Comptes
51:00ne reprend pas le fameux débat
51:02– C'est pas le même calcul en fait. – Sur les fonctionnaires.
51:04– Sur le régime des fonctionnaires, c'est ça.
51:06Et d'ailleurs, pour la petite
51:08histoire, dès que le rapport de la Cour des Comptes
51:10est sorti, le Medef s'est
51:12empressé de faire savoir en coulisses que
51:14vous voyez justement, ils n'ont pas une
51:16compte du régime des fonctionnaires.
51:18On note que ce n'est pas les mêmes calculs.
51:20Donc, effectivement,
51:22il y a un décalage.
51:24Maintenant, le gros
51:26avantage d'un rapport comme celui de la Cour des Comptes
51:28là, c'est qu'il est vraiment très très précis.
51:30C'est un vade-mécom bien
51:32pour un début de négociation
51:34parce qu'il montre très précisément sur quel levier
51:36on peut appuyer, avec quel scénario,
51:38ce qu'il va rapporter, ce qu'il ne
51:40rapportera pas, et ça ne résout pas
51:42le problème central que la France a aujourd'hui
51:44et savoir qu'on a davantage de pensionnés
51:46que de cotisants et que ça va
51:48empirer d'année en année.
51:50Valérie Gassin, un mot sur cette réforme des retraites
51:52qui, avec ce conclave,
51:54est-ce que les lignes peuvent bouger ? C'est la question que j'ai posée
51:56à la patronne de la CGT tout à l'heure.
51:58Il faut espérer quand même que les lignes
52:00bougent un petit peu parce que sinon ça serait
52:02vraiment, ça deviendrait vraiment
52:04un très gros problème politique.
52:06Au gouvernement, il y a quand même cette
52:08volonté de dire qu'on peut
52:10trouver des chemins, des scénarios
52:12même en touchant à l'âge de la retraite
52:14mais, attention, pour certaines catégories
52:16professionnelles. Donc on va rentrer
52:18dans quelque chose, en passant
52:20de cette barrière de cet âge
52:22de départ à la retraite qui avait fait beaucoup
52:24parler, avec peut-être des aménagements
52:26qui seront des curseurs un peu
52:28particuliers par catégorie, par profession.
52:30Donc ça va devenir très fin.
52:32Il est clair que les syndicats vont
52:34avoir une carte à jouer.
52:36François Bayrou leur redonne quand même la main.
52:38C'est la volonté, c'est ce que les socialistes lui avaient demandé.
52:40Ils vont le faire.
52:42Et forcément, ils ont intérêt aussi
52:44les partenaires sociaux à ce qu'ils
52:46en sortent quelque chose. Alors on peut peut-être
52:48quand même espérer de là à ce que ça
52:50fasse plaisir à tout le monde et que la gauche soit
52:52satisfaite à la fin, ça paraît peu probable.
52:54Néanmoins, ces 64 ans, on a l'impression que ça
52:56là, pour le coup, les lignes bougent. La CPME,
52:58les patrons, disent peut-être
53:00qu'il faut revenir là-dessus.
53:01Disons qu'en tout cas, c'est un défi pour la démocratie sociale
53:03dans le sens où on a souvent dit, il y a besoin
53:05que le Parlement soit dans une logique de compromis
53:07etc. On va voir si les différentes
53:09organisations professionnelles arrivent
53:11les unes et les autres à faire des pas
53:13ensemble
53:15finalement. Et je pense qu'à la fin
53:17d'un point de vue politique,
53:19l'acteur
53:21qui sera regardé
53:23très fortement par les uns et les autres, c'est la CFDT.
53:25C'est-à-dire que déjà au gouvernement,
53:27on commence à en parler. Déjà à gauche, on commence à en parler.
53:29Si la CFDT sort
53:31du conclave en disant, nous avons
53:33obtenu des victoires, etc.
53:35Ça peut pousser les socialistes, qui sont quand même
53:37historiquement liés
53:39à ce syndicat,
53:41à dire, bon,
53:43on accepte ce qui a été
53:45obtenu. Donc la position de la CFDT
53:47va être regardée de très près
53:49dans les cabinets ministériels. On est déjà en train
53:51de réfléchir à ça. Et même chez les leaders socialistes,
53:53on parle déjà aujourd'hui de ça.
53:55On dit que vraiment, le vrai juge de paix,
53:57ce sera la position de la CFDT.
53:59En tout cas, le juge de paix, le dernier mot, ce sera pour Michael Darmon,
54:01sur ce sujet.
54:03Très satisfait. En off, ils disent
54:05qu'ils ont enfin réussi à écarter les lubies
54:07de Matignon. Et de ce point de vue-là,
54:09les chiffres
54:11maintenant sont clairs.
54:13Et le débat peut commencer avec une forme de confiance
54:15qu'effectivement, les partenaires socialistes...
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