00:00Et si Trump détenait l'arme fatale contre Poutine ?
00:14Pas une arme de guerre, pas une énième salle de sanctions commerciales que Moscou a toujours su contourner,
00:20mais en provoquant un contre-choc pétrolier qui assécherait les recettes pétrolières du pays.
00:26Le nouveau président américain a décrété l'état d'urgence énergétique,
00:29qui vise à booster la production américaine d'hydrocarbures pour diminuer le coût de l'énergie.
00:35L'objectif, remplir les réserves stratégiques et exporter l'énergie américaine dans le monde entier.
00:41Forêt sans relâche, forêt plus fort, pour sortir de terre 3 millions de barils en plus par jour.
00:47Une performance exceptionnelle, jamais réalisée depuis l'essor du pétrole de schiste sous Obama,
00:52essor qui s'est poursuivi jusqu'à la crise sanitaire.
00:55Depuis, la progression est devenue plus chaotique.
00:57D'après les spécialistes, produire plus est techniquement possible,
01:01mais il n'existe pas de compagnie pétrolière nationale aux Etats-Unis à qui la jonction peut être donnée de le faire
01:06et il faudra convaincre les dirigeants des compagnies américaines.
01:09Toutefois, si certains doutent de leur volonté, il est bon de rappeler qu'ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips
01:15concentrent désormais leurs moyens sur l'Amérique du Nord.
01:18Face à cette offensive, il faudra compter sur la réaction des membres de l'OPEP et de ses alliés,
01:23dont la Russie, qui se sont engagés depuis 2022 dans une politique de contingentement de leur offre pour soutenir les cours.
01:30Repoussée en décembre dernier pour la troisième fois,
01:32la fin rapide de la politique des quotas est cependant une hypothèse qui prend de l'épaisseur.
01:37C'est une stratégie coûteuse, voire contre-productive,
01:40car les efforts du cartel profitent à l'offre non-OPEP,
01:43qui se déploie à des prix élevés, sans être contraints par ses restrictions de production.
01:48La pression est mise par les majeures étrangères qui ont investi dans les pays de l'OPEP
01:53et enfin Donald Trump, lors du forum de Davos, a exhorté les pays de l'OPEP,
01:56notamment l'Arabie Saoudite, à faire baisser les prix en augmentant leur production.
02:01Sur un marché où l'offre mondiale devrait déjà surpasser la demande de près d'un million de barils par jour,
02:07l'ajout d'une production significative entraînera une chute des cours.
02:11Jusqu'où ? Les années 2015-2016 sont instructives.
02:14Au boom de la production américaine, l'OPEP, emmenée par l'Arabie Saoudite,
02:18avait alors répondu par l'inondation du marché de son but,
02:22dans l'espoir de tuer dans l'œuf la renaissance de la production sur le sol américain.
02:26Les cours s'effondrent et touchent un plancher à moins de 30$ le baril avant que Riad change son fusil d'épaule.
02:32Ce n'est évidemment pas le scénario retenu,
02:33mais les cours ont rapidement reculé à la suite des déclarations de Donald Trump.
02:38Or, bien qu'en diminution, les recettes pétrolières et gazières
02:41représentaient encore près de 30% des recettes totales du budget fédéral russe en 2023.
02:46Une manne indispensable pour financer à la fois l'effort de guerre,
02:50qui sollicite énormément l'appareil productif,
02:53distribuer des prestations sociales en soutien au pouvoir d'achat et de subventions aux entreprises.
02:59Malgré 15 000 sanctions et restrictions imposées à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine,
03:04l'économie du pays n'a pas flanché.
03:06Les sanctions ont ralenti sa croissance, mais elles n'ont pas suffi à faire plier Moscou.
03:10Un contre-choc pétrolier, en revanche, pourrait s'avérer beaucoup plus efficace.
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