00:00Les déclarations pour le moins surprenantes, voire scandaleuses, publiquement établies
00:16par le ministre en charge des travaux publics, lors de la dernière revue des chantiers routiers
00:21tenus dans son immeuble siège sont venues pulvériser, ce qui avait encore quelques
00:25scrupules sur le sérieux de l'ensemble du processus d'attribution des marchés publics
00:30dans la construction des routes. Car aussi déroutant que cela peut paraître, voilà
00:35donc le propos de M. Emmanuel Ghanouj Messi pour constater la défaillance des entreprises
00:40attributaires dans son secteur d'activité.
00:42Je dois retenir d'une manière générale que la mobilisation des entreprises n'est
00:49pas satisfaisante pour des raisons diverses. D'abord, leurs capacités techniques sont
00:59faibles en termes de mobilisation des ressources humaines, en termes de mobilisation des ressources
01:06matérielles et je note que les déclarations faites s'agissant des capacités financières
01:12dans les commissions de prestation de marchés ne sont pas toujours exactes. Conséquemment,
01:18certaines de ces entreprises n'agissent que contre paiement effectif des décomptes alors
01:25que la capacité financière devait de temps en autre suppléer.
01:29La question est dès lors de savoir comment il peut se trouver que le ministre vienne
01:35établir de telles constatations sinistres alors même qu'un processus présumément
01:40rigoureux de sélection des entreprises attributaires est censé être mené en amont par une longue
01:46série d'experts provenant tant de son département ministériel que de ceux des
01:50marchés publics. Qui peut dès lors être tenu pour responsable de ces défaillances
01:55qui d'année en année se suivent et se ressemblent, portant à graves conséquences tant sur les
01:59délais que sur l'effectivité de la réalisation des ouvrages. Pris au détail, le délégué
02:04régional de la Damaoua se couche sur le même pont spilatisme.
02:09Le ministre des Travaux publics a instruit pour ce projet qu'une mission va descendre
02:15la semaine prochaine pour évaluer la mobilisation de l'entreprise parce que nous avons constaté
02:23un relâchement dans la réalisation des travaux depuis trois mois déjà. Maintenant, il y
02:30a le projet de construction de la route Bagnaux-Pont-de-la-Mapé. La première phase, c'est une section
02:40de 25 kilomètres. L'entreprise a commencé les travaux de terrassement et la fondation
02:49va suivre. Là également, la même mission instruite par le ministre descendra effectivement
02:56pour évaluer la mobilisation de cette entreprise. Un amoncellement de carence à propos duquel
03:04le ministre des Finances a tiré encore l'attention il y a peu lors du lancement de la session
03:08de préparation du budget public, mais avec l'assurance de n'être finalement écouté
03:13que de lui-même. Pour que les dépenses, même les dépenses
03:17d'investissement, soient efficaces, il faut que tout le monde s'entende sur le fait
03:22qu'il n'est pas efficace de lancer de nouveaux projets d'investissement si les
03:27anciens projets d'investissement ne sont pas encore arrivés à leur terre. C'est
03:31un problème d'efficacité, c'est un problème de discipline et nous avons demandé à tous
03:36les séminaristes et notamment aux représentants des différentes administrations, des différents
03:41ministères, de prendre acte du fait que les nouveaux investissements, les nouveaux projets
03:47ne devraient être lancés que, un, si les anciens sont terminés et deux, si on a déjà
03:52bien maturé ces nouveaux projets d'investissement pour qu'ils soient inscrits dans le budget,
03:56sinon ils ne seront pas inscrits dans le budget. Une situation pour le moins préoccupante,
04:01à propos de laquelle s'alarment nombre de rapports tant nationaux qu'internationaux
04:06depuis des années. La perpétuation ainsi d'une improductivité chronique qui condamne
04:11l'évidence de la population à l'éternel retournement d'une pauvreté sans fin.
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