00:00En choisissant de porter Gabriel Maierobi à la tête du ministère de l'agriculture
00:21et du développement rural en début janvier 2019, le président Paul Biya s'était apparemment
00:26assuré d'avoir trouvé la personne idéale pour mener à bien sa politique de modernisation
00:30agricole. Sauf que, cinq années plus tard, l'ingénieur polytechnicien n'est toujours
00:36pas parvenu à réduire de façon sensible les importations de produits de grande consommation
00:40évalués à plus de 600 milliards par an. Une dépense accrue du Cameroun au marché
00:45extérieur contre laquelle il s'est pourtant de tout temps engagé.
00:49Nous devons accorder une de nos priorités à la modernisation de notre agriculture en
00:57relevant ses objectifs de production et de diversification et en mettant à sa disposition
01:05les moyens techniques nécessaires. Les grandes lignes de cette révolution agricole avaient
01:15été définies au Commisse des Bolva et demeurent encore pertinentes.
01:22Une ambition légitime de l'homme du 6 novembre 1982 qui, depuis le Commisse agropastoral
01:28des Bolva en 2011, n'a pas eu de cesse de répéter des énoncés sans traduction d'un
01:33engagement clair sur la gestion agricole. Le minadère à qui il revient la charge de
01:38cette mise en œuvre se trouve donc abandonné à lui-même avec des moyens substantiellement
01:44en dépendant largement des financements internationaux. Pas sûr à cet effet que
01:49cette enveloppe de 113 milliards de francs CFA en 2024 échange quoi que ce soit. Dans
01:54le lot des imprécations de ce département ministériel, la difficulté à régler les
01:58questions de semences, d'allocations et de gestion foncière, de mécanisation et
02:03d'industrialisation, de mise en place de chaînes de froid et de stockage ainsi que
02:07de financement. Pas de quoi rendre si optimiste lorsque le dit ministre se déporte alors
02:12sur l'enjeu du blé.
02:14Le plan national aujourd'hui a trois options importantes. La première option c'est la
02:21production du blé. Nous avons la disponibilité des terres, nous avons la disponibilité agroécologique,
02:28nous pouvons produire du blé dans pratiquement toutes nos régions, certes avec des fortunes
02:35diverses, mais nous avons la possibilité de produire du blé.
02:402024 s'ouvre donc sur ce terrain vague où la volonté du ministre en tant que tel se
02:45trouve heurtée à la faiblesse du dispositif institutionnel d'encadrement, d'incitation
02:50et de financement d'une agriculture dont tout le monde parle, mais dont personne ne
02:54s'occupe avec sérieux.
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