00:00Alors on est là à Poitiers, au niveau des dunes, et derrière nous, on a le plateau
00:27de Poitiers, avec quelques monuments emblématiques, la cathédrale, la mairie, Notre-Dame, et
00:32c'est assez révélateur de Poitiers, avec un cœur historique vraiment ancien, très
00:37très dense.
00:38Et puis si on dézoome un petit peu Poitiers, on voit que c'est une ville sur laquelle
00:42on a peu de fonciers disponibles, sur laquelle on a peu de friches également, voire pas
00:47de friches du tout.
00:48Et aujourd'hui, à Poitiers, on a besoin de produire du logement, comme dans toutes
00:50les villes.
00:51Et donc, urbaniser la ville, créer ses logements, ça veut dire venir densifier, dans une logique
00:56de sobriété foncière.
00:57Pourquoi densifier dans une logique de sobriété foncière ? Parce que la première des sobriétés,
01:02c'est venir créer du logement dans l'existant, réutiliser l'existant, et puis quand c'est
01:06pas possible, alors il faut venir densifier, tout en respectant le cadre de vie des habitants.
01:10Pour nous, il était important en fait d'associer tout au long de la démarche, à différents
01:21stades, les habitants des espaces, des territoires, des quartiers.
01:25Donc en fait, on leur a fait participer d'une part au choix du site, où est-ce qu'on va
01:30travailler dans le cadre de territoire de pilote de sobriété foncière à Grand Poitiers,
01:34et également en fait, qu'est-ce qu'on va construire à cet endroit-là ? Et donc c'est
01:38eux qui ont choisi et guidé la collectivité pour travailler sur ces espaces un peu expérimentaux.
01:44On les a réunis, on les a fait travailler en atelier, on les a acculturés, pour que
01:49derrière en fait, ils soient en capacité de proposer à Grand Poitiers et ses partenaires
01:56un lieu de travail et un objectif final.
01:59Pour aborder la question de la sobriété foncière, on s'est demandé ce qui était
02:09vraiment démonstrateur de sobriété foncière en ville, et alors on a construit un petit
02:14manuel un peu à destination des élus, de tous les techniciens qui sont en charge
02:20de la ville.
02:21Ce petit manuel, on l'a appelé « Atlas du foncier invisible ». Alors, pourquoi le
02:26foncier invisible ? Parce qu'on voulait à la fois flécher des situations qui sont
02:29très visibles dans la ville, comme ce qu'on appelle les dents creuses ou les grandes friches
02:33urbaines, mais aussi des choses plus diffuses, tout ce qui peut se passer à l'intérieur
02:38des quartiers, qui n'est pas forcément visible, et comment faire pour mieux prendre
02:41en compte ce « gisement » et dans l'idée de mieux se partager ce qu'on a déjà.
02:47On est dans un quartier résidentiel qui est fait de très grandes parcelles, avec
03:02du bâti qui est non-mitoyen et une plutôt faible densité, ce qui génère des cœurs
03:09d'îlots qui sont très intéressants, très verdoyants, avec une place importante du
03:14végétal.
03:15Et on peut assez intuitivement se dire qu'il y a encore finalement de la place pour glisser
03:25des logements, des maisons, dans les espaces intercalaires, interstitiels de ce quartier.
03:31Donc c'est pour ça qu'on l'a pris comme quartier démonstrateur pour parler de la
03:35densification douce dans les tissus résidentiels peu denses.
03:40Il est ressorti que le tissu pavillonnaire pouvait et devait changer, qu'il devait changer
03:48sous une forme qui n'était pas de l'habitat collectif, mais une densité plutôt d'individuels
03:54groupés.
03:55Et la particularité qu'on a eue, c'est qu'au lieu d'aller chercher les jardins,
04:00qui habituellement sont les lieux où on densifie un peu la ville dans ce tissu pavillonnaire,
04:05on est allé chercher l'espace entre les maisons existantes et le front de rue.
04:09Donc là, l'idée, c'était de plutôt se positionner sur les franges, c'est-à-dire
04:14en avant, proche des voies, plutôt dans les intervalles entre maisons, voire à l'avant
04:19des maisons, et au contraire garder ces coeurs d'îlots qui sont au bénéfice de tous finalement.
04:26En fait, les jardins sont la vraie richesse de ces lieux.
04:31Ils sont à la fois un intérêt en termes d'intimité et personnel pour chacun des habitants,
04:36ils contribuent à des îlots de fraîcheur à l'échelle de la ville, ils contribuent
04:39à des îlots de biodiversité aussi, et en fait, l'important, c'était qu'on sorte
04:44de l'intérêt particulier, chacun son jardin, pour essayer de les mettre collectivement
04:47ensemble, parce que c'est ensemble qu'ils constituent ces îlots de fraîcheur ou ces
04:52îlots de biodiversité.
05:01L'enjeu pour Chauvigny, effectivement, c'était de réinvestir les logements vacants
05:08et de réhabiliter les logements dégradés.
05:11Et donc, c'est au cours de l'atelier Territoire pilote de sobriété foncière, puisqu'il
05:16constituait la ville sur la ville, c'est aussi une notion un peu nouvelle, y compris
05:21pour les élus et les techniciens de Chauvigny, donc comment construire la ville sur la ville,
05:25et donc, en réfléchissant collectivement, nous avons été amenés à revoir l'objectif
05:30de départ en disant, oui, on va conserver quelques bâtiments qui sont intéressants
05:36du point de vue patrimonial, mais pour les autres, on va plutôt les démolir pour renaturer
05:42et pour redonner aux berges de la Vienne leurs fonctions principales de biodiversité, d'expansion
05:48de crues lorsqu'il y en a, sans risque pour les habitants, et puis pour rendre un espace
05:54public pour lequel les habitants pourraient peut-être se rassembler à travers une quinguette
05:59ou s'occuper des bords de Vienne pour se les approprier de nouveau.
06:12C'était une occasion pour nous de prendre de la hauteur sur la vision du territoire.
06:15On avait un héritage dans notre société de travailler sur des opérations en extension
06:19urbaine essentiellement, et effectivement cette démarche nous a permis finalement de
06:26se dire que c'était le moment de lancer une nouvelle dynamique dans nos pratiques métiers,
06:29et quelque part vis-à-vis des acteurs institutionnels qui étaient avec nous,
06:35d'apporter cette vision opérationnelle. Le traitement de l'existant amène un investissement
06:42à l'instant T qui est plus important, même si derrière, sur le long terme, on récupère cet
06:47investissement puisque on fera moins de voiries, moins de réseaux pour desservir de nouvelles
06:51zones en extension. Donc c'est aussi des nouveaux modèles économiques qu'il faut appréhender.
06:56Ce qui nous paraît important, c'est qu'on ait la capacité, avec des partenaires financiers,
07:01de réfléchir à des amortissements sur le long terme.
07:08Le fait d'échanger avec les différents partenaires sur le territoire pilote de
07:12séparité foncière nous a fait prendre conscience que l'intervention sur le foncier devait être
07:17précédée d'une réflexion politique, c'est-à-dire qu'il faut vraiment que les élus élaborent un
07:22projet de territoire en y intégrant des éléments de sobriété foncière pour ensuite en déduire une
07:28stratégie foncière et qu'ensuite le PF puisse faire cette recherche justement de foncier en
07:32adéquation avec les besoins du territoire. Ça nous amène à être plus dans l'échange avec les élus
07:37en amont avant de se focaliser sur leur aménagement ou la réhabilitation d'un bâtiment par exemple.
07:48Territoire pilote de sobriété foncière pour Grand Poitiers comme pour la ville de Poitiers,
07:54ça a été une véritable opportunité dans le sens où ça arrivait à la fois au moment où on a
07:59choisi d'écrire un PLU à 40 communes et aussi ça nous a créé un espace de réflexion, un espace
08:04d'échange qui est venu alimenter, infuser, inspirer ces deux démarches que sont le plan
08:09local d'urbanisme intercommunal et la charte pour un urbanisme résilient et surtout c'est
08:14venu nous dire que c'est possible.
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