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Les informés de franceinfo du mercredi 16 octobre 2024
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00:02...
00:0820h, 21h, Les Informés.
00:11Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
00:13Bonsoir. Bienvenue dans Les Informés.
00:16Votre rendez-vous de décryptage de l'actualité,
00:18votre rendez-vous de débat, aussi,
00:20à la radio, sur la radio France Info
00:23et sur le canal 27 de la TNT.
00:24Bonsoir, Agathe Lambret.
00:26L'examen du budget 2025, qui a débuté aujourd'hui à l'Assemblée,
00:30un budget qui divise au sein même de la coalition Barnier.
00:34A-t-il un avenir, ce budget ?
00:36Dans ce contexte, que penser des contre-propositions
00:39du Rassemblement national ?
00:40Les mesures les plus onéreuses du parti ont disparu.
00:43Est-il crédible, pour autant, ce contre-budget RN ?
00:47Et puis, où sont passées les milliards ?
00:49Une commission d'enquête se met en place
00:52pour faire la lumière sur la dérive des comptes publics.
00:55Quelles pourraient en être les conséquences ?
00:57Enfin, nouveau couac entre Emmanuel Macron et Israël.
01:00Après les propos du président sur la création de l'Etat hébreu,
01:04pourquoi la France est-elle critiquée ou inaudible au Proche-Orient ?
01:08Pour en parler, ce soir, nos informés.
01:09Elisabeth Pinault, correspondante à Matignon et l'Elysée
01:13pour l'agence britannique Reuters.
01:14Olivier Beaumont, chef adjoint du service politique du Parisien.
01:18Aujourd'hui en France, François Cionneau,
01:20rédacteur en chef au Nouvel Obs.
01:22Et Eric Choll, directeur de la rédaction de L'Express.
01:25Bonsoir, les informés. C'est parti.
01:29On commence par ce budget 2025,
01:31on en parle depuis des semaines, mais c'est bon.
01:34Il est entre les mains des parlementaires.
01:35Entre les mains de la Commission des finances, précisément.
01:39Elle a commencé son examen cet après-midi
01:41avant le passage de la loi dans l'hémicycle.
01:43Examen du texte, plus de 1 700 amendements aussi.
01:47Et c'est le groupe de droite de Laurent Wauquiez
01:49qui a déposé le plus d'amendements, d'ailleurs,
01:51devant les socialistes, devant la France insoumise même.
01:54Qu'est-ce que cela dit ?
01:56Eh bien que ce budget démarre sur fond de défiance
01:59chez ceux qui sont censés être les premiers alliés
02:02de Michel Barnier, les LR, mais aussi les macronistes.
02:05Écoutez, Aurore Berger, députée Ensemble des Yvines.
02:09Elle était sur France Info tout à l'heure.
02:11Il y a pour nous des points qui, aujourd'hui, ne conviennent pas.
02:13Ces deux points, c'est la hausse de l'impôt sur les sociétés.
02:16On parle de la question des grands groupes.
02:18Oui, mais les grands groupes, nous avons besoin
02:20qu'ils aillent bien, parce que ce sont des groupes
02:22qui ont des sous-traitants, ce sont des groupes qui emploient,
02:25ce sont des groupes qui participent à de la relocalisation,
02:27à la réindustrialisation du pays.
02:29Donc, en face, les économies,
02:32à la fois réforme de l'assurance chômage,
02:34alignement aussi dans la fonction publique territoriale
02:38du temps de travail,
02:40qui est le temps de travail de tous les Français.
02:41Il y a la question des indemnités journalières
02:43sur les arrêts maladie.
02:45Voilà, ce budget pouvait-il plus mal démarrer ?
02:48Risque-t-il d'être totalement détricoté ?
02:51L'armée du 49-3, qui permet d'adopter un texte sans vote,
02:53peut-elle se retourner contre Michel Barnier ?
02:55Tout ça dans un contexte où, effectivement,
02:57vous le rappeliez, Agathe, il faut trouver 60 milliards d'euros.
03:00Est-ce que, Elisabeth Pinot,
03:02est-ce que c'est une équation impossible
03:04dans une assemblée qui est aussi divisée ?
03:06Ce n'est pas une surprise que ce soit difficile.
03:08C'est difficile depuis le départ.
03:09L'Assemblée est plus divisée que jamais.
03:11Chacun a présenté ses propositions qui vont dans tous les sens,
03:15y compris les Républicains,
03:18y compris le camp présidentiel,
03:21y compris la gauche qui reprend son programme de cet été,
03:23y compris le Rassemblement national aujourd'hui.
03:25Ça part dans tous les sens.
03:26Évidemment, cette bataille va se retrouver en commission,
03:30puis en débat dans l'hémicycle la semaine prochaine.
03:34Et ça va sans doute finir par un 49-3.
03:35Ce n'est pas une surprise.
03:37Donc, évidemment, la hausse des impôts,
03:40Héran Berger l'a dit,
03:41c'est impossible pour le camp présidentiel.
03:43Il y a plein de lignes rouges qui se sont alignées.
03:48Et donc, il va falloir maintenant débattre.
03:51Et ça ne va pas être facile.
03:53En même temps, c'est complètement à l'image de cette assemblée.
03:57Il n'y a pas vraiment de surprise.
03:58Oui, alors pas de surprise, Éric Scholl,
04:00mais ça veut dire que ça va être le bazar pendant des semaines ?
04:02Oui, alors là, ça va être le bazar pendant des semaines,
04:05c'est sûr et certain.
04:06C'est quand même assez drôle quand on repense
04:08à ce que disait le président de la République
04:09au moment où il a dit sous cette assemblée.
04:11Il voulait de la clarification.
04:13Voilà, on l'a, la clarification.
04:15C'est-à-dire qu'on n'a absolument pas de cohérence aujourd'hui.
04:18Chacun va y aller de son côté.
04:19Il y a une sorte d'irresponsabilité.
04:21Pourquoi il y a cette irresponsabilité ?
04:22Parce qu'on sait qu'à la fin, il y aura le 49-3.
04:24Alors, c'est vrai que derrière,
04:25il peut y avoir une motion de censure.
04:26Mais là, il y aura peut-être un peu plus de responsabilité.
04:28C'est-à-dire que du côté, d'ailleurs, des macronistes,
04:30on se dira, est-ce qu'on va jusqu'à la motion de censure, etc.
04:33Pour le moment, on a des semaines de bazar
04:36qui ressemblent vraiment à du grand n'importe quoi.
04:39Bon, ça s'annonce bien.
04:41Olivier Bonneau du Parisien Aujourd'hui en France,
04:43à quoi vont ressembler ces débats ?
04:45Est-ce que vous pensez que ça va être un dialogue de sourd
04:46ou au fond, il y a des choses qui peuvent quand même avancer ?
04:49Il y a des choses qui doivent quand même avancer
04:50parce que, OK, dialogue de sourd, ça va être une foire d'emploi,
04:54mais il y a quand même un enjeu aussi de crédibilité,
04:55de responsabilité pour l'ensemble des représentants
04:58qui seront dans l'hémicycle.
04:59Il y a des désaccords, des accords de fond qui sont assez profonds
05:04sur les questions d'économie et de recettes
05:08et sur les ressources à aller chercher.
05:10C'est des positions très idéologiques, en fait,
05:13qui sont sans surprise.
05:15Les propositions qu'on a eues ces derniers jours
05:16correspondent à ce qu'on sait peu ou prou depuis la dissolution,
05:20en tout cas depuis les élections législatives.
05:22Mais pour les uns, il va quand même falloir
05:26être force de propositions, être en responsabilité
05:29parce qu'on a toute une dramaturgie,
05:31une dramatisation sur l'état des financeurs publics,
05:34avec le dernier épisode en date ce soir
05:36devant la commission des finances,
05:38qui a accepté qu'il y ait une enquête parlementaire
05:41pour évaluer les éventuelles responsabilités
05:46dans le dérapage budgétaire que l'on connaît,
05:4960 milliards d'euros.
05:51Donc ça, c'est une toile de fond, une toile de fond au débat.
05:55Effectivement, on s'attend tous à un 49-3,
05:58mais avant un 49-3, il y aura peut-être un 47-1.
06:01C'est un article méconnu, moins connu, en tout cas,
06:04de la Constitution,
06:06mais c'est une véritable arme à disposition du Premier ministre.
06:09Il faut rappeler que là, il y a plus de 1 700 amendements
06:12qui sont déposés.
06:13Ils ont 20 jours depuis la présentation du texte
06:16pour les discuter, éventuellement les adopter,
06:21sauf que si on n'arrive pas à tenir ce délai-là,
06:24à un moment donné, Michel Barnier peut très bien aussi décider
06:26d'accélérer le rythme et donc il active ce 47-1
06:29pour aller directement au Sénat,
06:31Sénat qui, il faut le rappeler, est plus favorable à Michel Barnier
06:34puisqu'à forte coloration de droite,
06:36dernier élément sur le 47-1,
06:38ça ne le soumet pas à une motion de censure.
06:40C'est un outil très intéressant pour lui.
06:42Elisabeth Borne l'avait dégainé au moment des retraites sous 11 ans.
06:44Vous parliez de dramatisation,
06:46il y a aussi un peu de théâtralisation,
06:47François Sionnault, derrière tout ça.
06:50Théâtralisation, en effet, parce que c'est un moment
06:52où chacun a besoin d'exister, c'est un moment hautement politique.
06:57Vous l'avez dit, l'exercice pour Michel Barnier,
06:59il est compliqué face à des groupes
07:02qui normalement devraient le soutenir pleinement
07:04et qui déposent des centaines d'amendements,
07:06face même à des ministres de son propre camp
07:08qui ont déjà mis des démissions dans la balance.
07:11On pense à Didier Migaud,
07:13ministre de la Justice,
07:15qui connaissant, quand il a connu les aléorbitages du budget,
07:19alors même qu'il est ancien président de la Cour des comptes,
07:21a mis sa démission dans la balance
07:24si le budget n'évoluait pas en son sens.
07:27C'est donc, j'allais dire, une ligne de crête encore plus fine.
07:31C'est du funambulisme, ce qu'il doit faire
07:34entre les ministres, les partis,
07:37voire les députés qui aussi, eux, pensent à leurs électeurs.
07:42Et on sait que voter des économies ou des hausses d'impôts,
07:47il faut les légitimer devant des électeurs.
07:50C'est compliqué.
07:51Oui, c'est pour ça qu'il y a de la théâtralisation,
07:54mais il y a aussi des postures et un peu d'irresponsabilité.
07:57Quand on voit que les Républicains,
07:59qui sont censés être le parti dont est issu le Premier ministre
08:04et qui réclament depuis des années des économies,
08:08déposent plus d'amendements que les Insoumis...
08:11Alors, certes, ce budget n'est pas vraiment un budget de droite
08:14parce qu'il y a beaucoup de hausses d'impôts,
08:16donc on peut comprendre qu'ils ne soient pas ravis,
08:19mais enfin, ça ne fait pas très sérieux, tout ça.
08:22Surtout si le but est de pouvoir prendre le temps
08:25d'examiner un maximum possible d'amendements.
08:27Le but, ce n'est pas d'en déposer trop.
08:29Il y a les macronistes aussi qui disent qu'ils s'opposent
08:32à plein de mesures, mais par exemple,
08:33Aurore Berger, cette insération, elle va encore plus loin
08:35que le contre-budget de Gabriel Attal.
08:37Elle dit clairement, elle, que la surtaxe de l'impôt sur les sociétés,
08:41même si ça rapporte 8 milliards, elle n'en veut pas.
08:43Sauf que quand on lui demande ce qu'elle propose à la place,
08:45alors elle a des idées,
08:47mais c'est vraiment difficile d'atteindre 8 milliards.
08:50Et les macronistes, finalement,
08:52c'est assez facile pour eux aussi de dire qu'ils s'opposeront
08:56ou qu'ils ne voteront pas, parce qu'ils misent tous sur le fait
08:59que ça se termine par un 49-3,
09:01et qu'en fait, ça ne les engage pas trop.
09:03Ils auront montré à leurs électeurs qu'ils défendront leurs principes,
09:08mais ils ne seront pas trop mouillés,
09:10et de toute façon, ça n'empêchera pas le budget de passer.
09:12Eric Choll.
09:13Du côté des macronistes, ce qui est quand même incroyable,
09:16ils ont été aux affaires pendant 7 ans, directement.
09:18On a un État, aujourd'hui, budgétaire,
09:22qui est quand même calamiteux.
09:24À un moment, il pourrait peut-être la mettre un petit peu envahieuse.
09:26C'est entendre...
09:28Une sorte de profil bas.
09:29Mais un minimum de décence,
09:31les entendre donner des leçons aujourd'hui
09:33en termes de finances publiques,
09:34quand on voit l'état des finances publiques du pays,
09:36c'est juste scandaleux.
09:37Maintenant, il faudra voir ce que ça donne,
09:38parce qu'il y a quand même une interrogation,
09:41c'est-à-dire qu'aucun des principaux alliés de Michel Barnier
09:43ne soutient, par exemple, le gel de l'indexation des retraites
09:46sur l'inflation, la baisse des charges pour les entreprises,
09:50la hausse de la taxe sur l'électricité.
09:53Et ça, ce sont des choses quand même très concrètes
09:55pour les entrepreneurs, pour les Français,
09:57pour les ménages, pour le quotidien des ménages.
09:59Et donc, il y a beaucoup d'attentes autour de ce budget,
10:02beaucoup d'interrogations.
10:03Est-ce que c'est possible de faire un budget aussi impopulaire
10:06avec aussi peu de soutien politique ?
10:09Ça, c'est pas évident.
10:11Donc, on verra dans les prochaines semaines
10:12si Michel Barnier y arrive.
10:14C'est utile.
10:15C'est toute l'équation de Michel Barnier
10:17qui, à la fois, a dressé des grandes lignes,
10:21à la fois en termes de dépenses, de hausse d'impôts,
10:24et à chaque fois, beaucoup a sorti son message
10:27de tout est amendable, ma porte reste ouverte,
10:30on peut discuter des différents aspects.
10:33Alors, en effet, il doit composer avec des groupes
10:36et donc réussir à trouver cette sorte de compromis
10:41qui, certainement, certes, va terminer par un 49-3,
10:46mais compromis malgré tout.
10:47On sait qu'il sait le faire, Michel Barnier,
10:49mais à un certain moment, il va falloir trancher.
10:51Et là, pour l'instant, il a laissé beaucoup de portes ouvertes.
10:53Michel Barnier qui arrive à Matignon,
10:55auréolé de cette idée que ce serait l'homme du consensus,
10:58l'homme des compromis.
11:00Elisabeth Pinot, vous qui suivez au quotidien Matignon,
11:03c'est quoi la stratégie de Michel Barnier dans ce budget ?
11:05Vous la voyez, vous la comprenez ?
11:07En tout cas, on voit qu'on est déjà loin
11:10de son discours de politique générale,
11:11où il avait le mot respect, dialogue porté haut,
11:16et qu'il allait discuter avec les partenaires sociaux,
11:19avec chacun, chacun allait faire un effort,
11:22la coexistence avec le parti présidentiel allait bien se passer.
11:26On voit que tout s'écroule un peu de jour en jour.
11:29Donc, évidemment, tout s'effrite.
11:31Bon, il essaye de garder cette autorité
11:33qu'il lui a un peu reprochée, d'ailleurs,
11:35parce que même son attitude lui est un peu reprochée
11:37de la part du camp présidentiel.
11:38On le trouve un peu méprisant et un peu sec.
11:41Donc, voilà, ça va de toute façon être difficile.
11:44Il le savait, la stratégie de départ, elle n'a pas changé.
11:50Il veut essayer de pousser le plus loin possible
11:54ce gouvernement, avec un budget qui est le premier obstacle
11:59qu'il faut absolument passer.
12:00Et on va se demander dans un instant
12:01sur quoi, éventuellement, le gouvernement et Michel Barnier
12:03pourraient lâcher du lest, mais pour l'heure,
12:05les informés, il est 20h15.
12:07C'est l'heure du Fil info avec Emmanuel Langlois.
12:10L'adolescent de 15 ans avait disparu en septembre 2023,
12:13il y a un peu plus d'un an, dans le Bas-Rhin.
12:14Le corps de Lina a été retrouvé ce mercredi dans la Nièvre,
12:17annonce du procureur de Strasbourg.
12:19Le corps a été découvert dans une zone boisée et isolée
12:22de la région Nevers, immergée dans un cours d'eau
12:25situé en contrebas d'un talus, précise le procureur.
12:28Quant au suspect principal dans cette affaire, Lina,
12:30il s'était donné la mort à Besançon.
12:32C'était début juillet.
12:34Comment trouver 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires
12:37pour abonder 60 milliards d'économies ?
12:39C'est l'équation à plusieurs inconnues,
12:42aujourd'hui, sur la table des députés.
12:44L'examen du très politique budget de l'Etat
12:47a démarré en commission à l'Assemblée,
12:49sur fond de discorde dans le camp gouvernemental
12:51et de défiance sur les raisons de ce déficit.
12:55La CFDT et la CGT de Sanofi
12:57appellent, quant à eux, à une grève reconductible.
13:00À partir de demain, les deux syndicats
13:02protestent contre la cession attendue à un fonds américain
13:05de la branche santé grand public du groupe,
13:08qui commercialise, entre autres, le Doliprane,
13:11le médicament le plus vendu en France.
13:13À l'étranger, Israël intensifie ses raids aériens
13:16sur Nabatil, la grande ville du sud du Liban.
13:19Fief du Hezbollah pro-iranien, la Finul annonce ce soir
13:22qu'un char israélien a tiré ce matin sur un mirador
13:26de la base onusienne, située près de Kfar Lifa,
13:29dans le sud du Liban.
13:32France Info.
13:3520h, 21h, Les Informés,
13:38Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
13:41Retour sur le plateau des Informés
13:43avec Olivier Beaumont, du Parisien Aujourd'hui en France,
13:46François Cionaud, du Nouvelle Offre,
13:48Elisabeth Pinault, de Reuters,
13:49Eric Scholl, de L'Express.
13:51On va suivre au minute par minute ce budget.
13:54On apprend que les députés adoptent en commission
13:56une version étendue de la taxe sur les hauts revenus.
13:59On a l'impression qu'augmenter les impôts des plus riches,
14:02ce n'était pas le point le plus compliqué.
14:04Olivier Beaumont, c'était une des propositions
14:07en réalité du gouvernement ?
14:09Oui, complètement.
14:10Il y a une inquiétude quand même
14:12parce que, sur le public concerné,
14:15le gouvernement tablait sur le chiffre de 65 000 entreprises
14:21aux revenus concernés.
14:22Bercy a revu la copie à la baisse ce week-end.
14:25C'est ceux qui gagnaient plus de 500 000 euros.
14:28Exactement.
14:29Il serait plutôt, aujourd'hui, autour de 24 000-25 000
14:33personnes ménages concernées.
14:35Donc, à ce stade, le gouvernement dit
14:38que la recette envisagée est inchangée.
14:42On verra.
14:43Là, l'adoption, ce soir, reste un simple tour de chauffe.
14:47Il faut rappeler aussi à nos auditeurs
14:49que l'ensemble de ces amendements seront remis à discussion
14:53lors du début des discussions en séance publique
14:56la semaine prochaine.
14:57C'est une façon de commencer gentiment,
15:00j'ai envie de dire, les discussions.
15:02On va rentrer dans le dur très vite.
15:05Il y a la question des retraites,
15:07la question de la surtaxe,
15:08la taxe sur l'électricité qu'envisage le gouvernement.
15:13On cherche des pistes et des possibilités de l'Est.
15:16D'ailleurs, ça pourrait être une piste qui serait envisagée,
15:19pour le rappeler, la fin du bouclier tarifaire,
15:22où on doit revenir à 32,44 euros du mégawatt-heure.
15:25Le gouvernement voudrait monter cette taxe à 49 euros.
15:28Là, dans les rangs du gouvernement,
15:30et notamment poussé par des figures de feu,
15:34la majorité macroniste,
15:36on laisse entendre que Michel Barnier pourrait redescendre
15:39pour revenir plus vers les tiages de 32 euros.
15:42Donc, un moindre mal pour tous les Français,
15:45puisqu'on a tous un compteur EDF à notre domicile.
15:49Et puis, on attend aussi de voir sur la question des retraites,
15:53des retraités,
15:54sur la suppression de leur...
15:56l'indexation de leurs revenus.
15:59Et ça aussi, là-dessus, on pense que, en tout cas,
16:02on sent bien qu'il y a encore des bougées qui sont possibles.
16:06Cette taxe sur les hauts revenus prévus
16:08dans le budget du gouvernement,
16:10là, c'est là.
16:12Ce qui a été supprimé, c'est la dimension temporaire.
16:15C'est en commission, donc pas du tout définitif.
16:17On est au coeur des...
16:19Je reviens sur le temporaire.
16:20Ca dit quelque chose.
16:22L'inquiétude des Français, c'est que, oui,
16:24on nous présente des mesures ponctuelles,
16:26mais on sait qu'une taxe, quand elle arrive,
16:29c'est rarement...
16:30C'est plus du tout temporaire.
16:31Les députés veulent dire que ce sera plus longtemps.
16:34Si elle est temporaire, c'est pour ne pas faire fuir les plus riches.
16:38C'est une contribution exceptionnelle,
16:40mais c'est pas pérenne, donc restez en France.
16:43C'est ça pour les entreprises.
16:44C'est pas un signal exceptionnel qu'il y ait à peu près
16:47300 entreprises.
16:48J'ai parlé avec le MEDEF la semaine dernière.
16:51Ca leur fait pas plaisir.
16:52Il disait qu'il faut que ce soit temporaire,
16:55un ou deux ans maximum, sinon, toutes ces entreprises
16:58ont des possibilités d'évitement de cet impôt.
17:00C'est la version initiale du projet qui sera étudiée
17:03dans l'hémicycle lundi,
17:05mais ces ajustements en commission des finances
17:08jouent sur le rapport de force.
17:10S'il y a des choses qui sont adoptées en commission des finances,
17:13c'est peut-être juste symbolique,
17:15mais les députés sont plus forts pour peser sur le gouvernement
17:19et leur dire qu'ils s'y sont mis d'accord.
17:21Ce qui est certain, c'est qu'on rentre dans le jeu de la politique.
17:25Là, on n'est pas dans de la tambouille,
17:27mais dans les négociations qui se passent dans les commissions
17:31et qui vont se dérouler dans l'hémicycle.
17:33Agathe, dans ce contexte, le RN a présenté, à son tour,
17:36son contre-budget.
17:37Les uns et les autres mettent leur ligne rouge.
17:40C'est ça. Le RN, lui, s'oppose aux gels des retraites
17:44ou à la baisse des cotisations patronales.
17:46Il propose à la place
17:48des coupes dans le budget de l'Etat ou de l'immigration,
17:51la baisse de la contribution de la France à l'Union européenne,
17:54une taxe renforcée sur les rachats d'actions
17:57qui devraient rapporter presque 9 milliards d'euros,
18:00dit le RN. Objectif, réaliser 15 milliards d'économies.
18:03Certaines mesures du programme de Marine Le Pen,
18:06vues comme irréalistes, ont disparu.
18:09D'ailleurs, par exemple, le fait d'exonérer
18:12d'impôts sur le revenu les moins de 30 ans,
18:14même les plus riches.
18:16Jean-Philippe Tanguy, député RN,
18:18était sur France Info hier.
18:19En l'occurrence, cette mesure ne fait pas partie
18:22des propositions de notre contre-budget.
18:25Ce n'est pas une priorité aujourd'hui.
18:27Il faut savoir choisir.
18:28Nous n'avons pas, malheureusement,
18:30gagné les élections législatives, en tout cas, en nombre de ciels.
18:34Il faut choisir les propositions les plus urgentes.
18:37Si demain, nous avons une majorité,
18:39nous ferons en sorte d'appliquer notre programme.
18:41C'est un rétro-pédalage du RN, ces mesures qui disparaissent.
18:45Le RN menace de censurer le gouvernement
18:47si ses propositions se voient opposer
18:49à un blocage idéologique.
18:51Le parti de Marine Le Pen a-t-il raison
18:53de se poser en arbitre des débats ?
18:55Vous le voyez en arbitre, le RN ?
18:58Ce qui est sûr, c'est qu'il peut peser.
19:00On le sait depuis le début, il a l'incapacité de peser.
19:03C'est ce qu'il fait de façon, je le reconnais,
19:06assez intelligente.
19:07En essayant, en n'étant pas dans la provocation,
19:10en disant, vous l'avez entendu, Jean-Philippe Tanguay,
19:13on est là, on va regarder ce que vous faites,
19:15ce que le gouvernement fait.
19:17On retire les choses qui, finalement, étaient aberrantes.
19:20Néanmoins, il reste beaucoup de choses,
19:23y compris des choses idéologiques.
19:25Dans les mesures annoncées aujourd'hui,
19:27on supprime ces 80 millions de subventions à Sciences Po.
19:30On considère que Sciences Po n'est pas la bonne école idéologique.
19:34Il y a quand même une partie d'idéologie forte.
19:36Il y a énormément de démagogie dans le budget proposé,
19:40y compris, par exemple, la baisse de toute la TVA
19:42sur des énergies.
19:43On y va. Evidemment, c'est très social.
19:46Aujourd'hui, ils sont sur une carte sociale,
19:49l'URN, et donc, évidemment,
19:51ils vont aller chercher des voix partout.
19:53Ce n'est pas un budget qui semble très réaliste,
19:56même s'ils ont réussi à supprimer des choses
19:59qu'ils font depuis des années sur beaucoup de sujets,
20:01sur l'euro, etc.
20:03Ils veulent gratter 5 milliards d'euros
20:05sur la contribution de la France à l'UE.
20:07C'est pas nouveau.
20:08J'ai suivi avec attention cette conférence de presse
20:11de Jean-Philippe Tanguy à l'Assemblée nationale ce midi.
20:14Le sujet, c'est Jean-Philippe Tanguy,
20:16qui a travaillé depuis les législatives perdues.
20:19Il voulait vraiment donner une nouvelle image.
20:21C'était un nouveau départ.
20:22Ce n'est plus le Jean-Philippe Tanguy,
20:25qui a maintenant 38 ans,
20:26ce n'est plus le jeune loup du RN qui avait fait l'ESSEC,
20:29l'un des seuls capables de porter un discours sur l'économie.
20:34Et maintenant, c'était vraiment le cadre du RN
20:38qui a travaillé, qui a préparé un budget sérieux.
20:40Il a détaillé pendant une heure.
20:42Et ce n'est plus non plus les formules à l'emporte-pièce,
20:4615 milliards économisés sur l'immigration,
20:48et puis baisse de la TVA.
20:50Là, il y avait une volonté de crédibilité.
20:52Qu'avez-vous retenu de cette conférence de presse ?
20:55J'ai retenu le détail.
20:58C'est-à-dire, là, j'ai deux pages entières
21:00de...
21:02C'est plus crédible qu'avant.
21:04C'est beaucoup plus crédible qu'avant.
21:06Il y a des postes,
21:07il y a évidemment la transformation
21:10de l'aide médicale d'Etat, enfin, la réforme de ça,
21:13et une baisse drastique de l'aide publique au développement,
21:16mais aussi des choses plus subtiles,
21:18d'économie sur les collectivités locales,
21:20des projets à long terme, de transformation.
21:23Ce n'est plus un budget à l'emporte-pièce.
21:25Il y a eu un tel procès en crédibilité,
21:27c'était l'un des deux points,
21:29entre les deux tours des législatives,
21:31il y avait un problème de candidats,
21:33de crédibilité des candidats,
21:34et un problème de crédibilité du programme,
21:37en particulier économique.
21:39Donc, ils ont voulu tout de suite couper l'herbe sous le pied,
21:42aussi peut-être faire oublier le procès
21:44où Marine Le Pen est, en ce moment,
21:50et se défend...
21:51C'est un récent.
21:52On voyait bien qu'il y avait une volonté politique
21:55de vouloir paraître crédible aujourd'hui.
21:58C'était évident.
21:59Dans sa quête de crédibilité,
22:01le RN fait aussi des allers-retours.
22:03Mais à chaque fois qu'il se rapproche du pouvoir,
22:05il recule sur certaines mesures qui sont des épouvantailles.
22:09Par exemple, quand on pensait
22:10que le RN allait peut-être remporter les législatives
22:13et que Jordane Bardella pourrait accéder à Matignon,
22:17le RN a mis sous le tapis
22:20certaines de ses mesures les plus gênantes
22:22et les moins financées, les plus absurdes,
22:25comme notamment cette exonération d'impôt sur le revenu
22:29pour les moins de 30 ans.
22:30Ensuite, le RN a perdu les élections,
22:33il n'a pas gagné, en tout cas, il n'a pas eu Matignon.
22:36Le RN a proposé un livret économique censé être très sérieux,
22:39c'était toujours ce même Jean-Philippe Tanguy,
22:42mi-septembre, et dans ce projet économique mi-septembre,
22:45alors que la situation des finances publiques
22:47était déjà catastrophique et que le RN alertait déjà,
22:50il y avait cette exonération d'impôt sur le revenu
22:53et trois semaines après,
22:55cette mesure disparaît à nouveau
22:57parce que le RN veut à nouveau être crédible et pesé
23:01dans le budget, donc ce n'est pas extrêmement sérieux,
23:04peut-être qu'il faudrait choisir une ligne et s'y tenir,
23:07mais il y a régulièrement la volonté de se réunir.
23:10C'est Jean-Philippe Tanguy qui porte ce sujet,
23:13il est chargé de ça au RN,
23:15qui travaille beaucoup à son futur programme
23:18en vue des prochaines échéances, je me le suis fait expliquer,
23:21se font aider par les HORAS,
23:23qui est un groupe de réflexion de hauts fonctionnaires,
23:26y compris sur les sujets économiques,
23:28mais c'est Jean-Philippe Tanguy qui chapeaute tout cela.
23:32France National ?
23:33C'est vrai que le RN
23:35a historiquement une faible crédibilité
23:39en matière économique,
23:41on l'avait vu en s'écriant encore
23:43au moment de la courte campagne des législatives
23:45et même pendant les européennes,
23:47avec ses véhérences sur l'abrogation ou non
23:50de la réforme des retraites,
23:52un oui un jour, un non le lendemain, etc.
23:54Là, à priori, maintenant, c'est oui, ils veulent l'abroger,
23:58mais c'est vrai qu'on est en plein dans la poursuite
24:02de cette volonté de crédibilisation,
24:04avec, en effet, un budget qui est plus détaillé,
24:10même s'il reste sur les grands fondamentaux,
24:12comme disait Eric,
24:14avec des symboles très, très, très, très clairs,
24:18qui sont faciles, entre guillemets, à faire,
24:22qui envoient des signaux,
24:24et j'allais dire, c'est quand même une liste facile à égrener,
24:28mais dont on ne sait pas vraiment,
24:31en termes de mesures, de calculs, etc.,
24:34ce qu'elle vaut réellement en profondeur.
24:37Là, il faudrait faire tout ce travail-là
24:39et la confronter au budget réel.
24:42J'aurais quelques doutes.
24:44Ils ne sont pas en campagne, ils ne sont pas au pouvoir.
24:47C'est assez facile de présenter n'importe quel budget
24:50qui ne sera pas validé par la suite.
24:52Comme la droite et comme les magronnes.
24:54La beauté d'être dans l'opposition.
24:56Olivier Beaumont,
24:57la question du procès en cours sur les assistants parlementaires,
25:01est-ce que ça perturbe l'agenda politique
25:04du RN, selon vous ?
25:06C'est difficile de répondre à cette question.
25:09Je n'en suis pas convaincu.
25:12C'est un vieux dossier
25:14que Marine Le Pen traîne depuis déjà de nombreuses années,
25:18dont on connaît déjà l'issue,
25:20quand bien même il y aurait une condamnation
25:23à l'issue de ce procès,
25:25on sait qu'il y aura ensuite un recours en appel,
25:29qu'ensuite, il y aurait un recours en cassation,
25:31ensuite, devant la Cour européenne des droits de l'homme.
25:34Les Français sont habitués à ce cycle judiciaire très long
25:38sur un dossier qui est assez simple sur la forme
25:41mais malgré tout assez complexe sur le fond.
25:45La question de l'implication
25:47des assistants parlementaires du RN,
25:50rémunérés par Bruxelles et Strasbourg,
25:53mais qui auraient profité
25:54aux fonctions de la présidente du Front national de l'époque,
25:58on voit bien depuis des années qu'elle traîne ce sujet,
26:01que ça ne l'a pas empêché de progresser d'élection en élection,
26:05de gagner en popularité auprès des Français,
26:08de briser d'une certaine manière certains plafonds de verre,
26:11on le voit notamment chez les jeunes.
26:14Donc je pense en tout cas que dans cette séquence-là,
26:18bien que le procès ait lieu en ce moment,
26:20et d'ailleurs, il est médiatisé,
26:23mais je n'ai pas le sentiment même
26:25que ce procès percole énormément auprès des Français,
26:30si l'aventure...
26:31On s'engageait là dans un micro-trottoir assez rapide.
26:34Les Français se sont habitués à cette histoire,
26:37mais je ne suis pas convaincu que le résultat...
26:40On a décidé au final, je pense.
26:42Malgré tout, s'il y avait une condamnation en 1re instance,
26:45symboliquement...
26:47Une peine d'inéligibilité, symboliquement et politiquement,
26:51ça aurait indéniablement un retentissement.
26:55Olivier Beaumont, François Cionneau, Elisabeth Pineau de Reuters,
26:59Eric Scholl de L'Express.
27:00Agathe, on se retrouve dans un instant.
27:02Il est 20h30, l'heure du journal.
27:07...
27:10Un cas de son bel télémire.
27:1120h30, bonsoir, Sophie Euchen.
27:13Bonsoir, Jean-Rémi.
27:15Elle avait disparu il y a plus d'un an en Alsace.
27:18Le corps de Lina a été retrouvé aujourd'hui dans la Nièvre,
27:21immergé dans un cours d'eau en contrebas d'un talus.
27:23Des analyses ont permis de confirmer
27:25qu'il s'agit bien de l'adolescente de 15 ans.
27:28Une autopsie doit déterminer les causes de sa mort.
27:30Le principal suspect est mort cet été.
27:33Il s'est suicidé chez lui en laissant une lettre,
27:35mais sans référence explicite à Lina.
27:38Le militant écologiste Paul Watson,
27:40toujours détenu au Groenland,
27:41a demandé l'asile politique en France,
27:43demande directement envoyée à Emmanuel Macron.
27:46La justice danoise doit se prononcer
27:48sur la demande d'extradition du Japon,
27:50qui accuse Paul Watson d'avoir attaqué
27:52l'un de ses navires baléniers il y a 14 ans.
27:55La Russie accuse Volodymyr Zelensky
27:57de pousser l'OTAN à entrer en conflit direct avec elle.
28:00Après plus de deux ans et demi de guerre dans son pays,
28:02le président ukrainien dévoilait aujourd'hui
28:04son plan de victoire, dans lequel il exclut
28:07toute concession de terres à Moscou
28:09et appelle l'Occident à lui fournir plus d'aide.
28:11Il presse également l'OTAN d'intégrer l'Ukraine
28:13et réclame le déploiement de moyens
28:15de dissuasion non nucléaire.
28:16Volodymyr Zelensky présentera son plan demain
28:19à un sommet de l'Union européenne.
28:21Une partie des transports scolaires
28:23restera à l'arrêt demain dans le Gard
28:24à cause des nouvelles pluies attendues sur le département.
28:26Placé en vigilance orange,
28:28de nombreux ponts seront également fermés à la circulation.
28:31Et la préfecture appelle d'ailleurs les automobilistes
28:33à limiter leurs déplacements.
28:34L'Ardèche et la Lozère sont également en vigilance orange.
28:37Pluie, inondations et orages.
28:39...
28:41-"France Info".
28:4320h, 21h, les informés.
28:45Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
28:48Retour sur le plateau des informés.
28:50Troisième partie avec Eric Scholl de L'Express,
28:52Elisabeth Pinault de Reuters,
28:54Olivier Beaumont du Parisien Aujourd'hui en France
28:56et François Sionneau du Nouvel Obs.
28:58On va ouvrir un nouveau dossier,
29:00quoique on est en train encore de parler de budget,
29:03avec cette commission des finances de l'Assemblée nationale.
29:06Agathe qui examine le budget,
29:07mais qui se transforme aussi en même temps en commission d'enquête.
29:11Voilà, une commission d'enquête pour comprendre
29:13pourquoi les finances ont dérivé,
29:15pourquoi le déficit s'est dégradé,
29:17prévu à 6,1 % du PIB cette année,
29:21alors que Bruno Le Maire espérait 4,4 % à l'automne.
29:25Éric Coquerel, président insoumis de la commission des finances,
29:28c'était sur France 2.
29:30Il y a eu insincérité ou cécité, les deux sont graves.
29:33Parce que, que ce soit effectivement,
29:36peut-être même les deux d'ailleurs, on verra, la dissimulation,
29:39la cécité, ça veut dire qu'on a en réalité un personnel politique
29:42à Bercy, et même plus haut encore,
29:45qui est aveuglé par sa politique.
29:46Les recettes ont fondu, les déficits ont explosé,
29:49et manifestement, ils n'ont pas su le prévoir,
29:51ce qui est évidemment très grave.
29:52C'est pas le responsable, c'est celui qui préside ce pays.
29:55Emmanuel Macron.
29:56Oui, c'est quand même lui qui choisit cette politique économique.
29:59Il faut bien comprendre qu'on est passés de 4,1 %
30:01de déficit prévu du PIB pour 2024,
30:05fin 2023, on est passés à 6,1.
30:08Cette différence, elle est énorme.
30:10Voilà. Pourquoi les comptes ont-ils explosé ?
30:13Des choses ont-elles été cachées ?
30:15Qui est responsable ?
30:16Qui est responsable, Éric Cholles ?
30:18Vous, vous arrivez à comprendre ce qui s'est passé ?
30:20Il y a eu des notes, il y a eu des alertes à Bercy ?
30:22Monsieur Coquerel, il dit beaucoup de choses.
30:24Il dit énormément de choses.
30:25Il parle de cécité, il parle d'insincérité,
30:28et il vise le président de la République.
30:29En réalité, quand on regarde, on regarde les choses.
30:32Si vous regardez bien, il y a un rapport
30:34qui est sorti en juillet dernier, le 11 juillet dernier.
30:37C'est un rapport de l'Inspection générale des finances.
30:38Évidemment, il faut rentrer dedans, etc.
30:40Mais il dit déjà beaucoup de choses.
30:42En réalité, il dit pourquoi, en 2023,
30:44il y avait déjà un écart important de plus de 21 milliards
30:47dans les recettes, entre ce qui était prévu...
30:50Donc, en fait, le sujet, il n'est pas nouveau.
30:51On l'a commencé à le voir arriver.
30:53Et puis, peut-être qu'il était un peu caché, ce sujet, à un moment.
30:56On a essayé de dire pourquoi les recettes ne rentrent pas.
31:00Là, c'est un problème, non pas d'incompétence,
31:03c'est un problème peut-être d'outils, Bercy.
31:05On a sous-estimé,
31:08enfin, plutôt, on a surestimé les recettes des impôts.
31:11En fait, c'est l'administration, c'est technique.
31:14C'est l'administration et c'est technique.
31:16À un moment, on a...
31:18Et franchement, ils ont des outils, ils ont des équations.
31:21Et on a ce qu'on appelle l'élasticité
31:23des prélèvements obligatoires par rapport au PIB.
31:25Et tout ça a été sous-estimé. Il y a un vrai sujet.
31:28Mais simplement, dès le mois d'avril, on s'en rend compte,
31:31le mois d'avril 2024,
31:32c'est à ce moment-là que Bruno Le Maire demande
31:34un rapport de l'Inspection générale des Finances
31:37qui va arriver le 11 juillet.
31:39Le 11 juillet, on regarde ce rapport, on se dit...
31:41Déjà, au mois de juillet, on sait qu'il y a un énorme écart.
31:43Et cet écart, il va cesser de grandir
31:45pour arriver jusqu'à 52 milliards
31:47entre le déficit qui était prévu et le déficit final.
31:49Et c'est ce que dit Cochrail.
31:51Donc, à un moment, il aurait peut-être fallu réagir.
31:53Il y a plusieurs moyens de réagir.
31:54On va revenir...
31:56Juste parce que ce on, il y a...
31:58Il y a une partie politique.
32:00Il y a deux choses différentes.
32:01Est-ce que c'est l'administration ?
32:03Parce que c'est ça, le fond de cette enquête.
32:04Les Français ne peuvent pas entendre.
32:06Est-ce que c'est l'administration ou la politique ?
32:08Il y a une partie politique.
32:09Pour ça, pour prévoir, pour décider
32:13et pour empêcher que les budgets dérapent.
32:16C'est quelque chose que des électeurs
32:19peuvent difficilement comprendre.
32:21Et évidemment, les oreilles de Bruno Le Maire sifflent
32:23depuis quelques semaines.
32:24Il a quitté le gouvernement, il donne des cours en Suisse,
32:27il a un peu disparu de la scène médiatique.
32:30Mais là, il commence à revenir pour se défendre.
32:32Il s'est mis à la disposition de la commission d'enquête,
32:34demandée au départ par Éric Ciotti, ne l'oublions pas.
32:37D'ailleurs, j'en avais parlé à la gauche la semaine dernière.
32:39À ce moment-là, ils avaient dit que l'Assemblée nationale
32:42est là pour contrôler le gouvernement.
32:44On n'a peut-être pas besoin de commission d'enquête.
32:45Bon, maintenant, ils ont changé d'avis
32:46et cette commission d'enquête va avoir lieu.
32:49Tout ça pour dire que, voilà, Bruno Le Maire,
32:50n'oublions pas qu'il a voulu être président de la République.
32:53Il a participé à une primaire,
32:54donc c'est quand même quelqu'un qui a de très grandes ambitions
32:57et qui a été aux manettes pendant 7 ans à Bercy.
32:59Donc, il n'a pas envie qu'on lui mette tout sur le dos.
33:02Et d'ailleurs, il a commencé déjà à argumenter en disant
33:05« Oui, je me suis aperçu qu'il y avait des dérapages.
33:07J'ai alerté l'Élysée et Matignon et on ne m'a pas écouté.
33:11J'ai voulu un collectif budgétaire et on ne m'a pas écouté. »
33:13Il a commencé à faire encore cette petite musique.
33:16Il y a une contre-attaque de Bruno Le Maire, Olivier Beaumont.
33:18Oui, parce qu'il trouve ça très injuste.
33:19Il faut se souvenir qu'en début d'année de cette année,
33:22il sort un livre et il fait toutes ses interventions publiques,
33:25sont sur le sujet de la dette, de l'exposition de la dette
33:27et des finances publiques qui sont dans le rouge.
33:30Ça lui vaut un recadrage d'Emmanuel Macron en Conseil des ministres,
33:34qui est un recadrage qui, d'ailleurs, fuitait très rapidement.
33:37Donc, c'était fait pour que ça soit su.
33:39Emmanuel Macron, qui aussi, j'ai le souvenir de micro-tendu.
33:41Alors, j'ai pu les termes précis, mais lors de déplacements
33:46où il recadre aussi Bruno Le Maire, qui d'ailleurs l'accompagne
33:48et juste derrière lui, donc on se souvient quand même
33:50de ses images assez fortes.
33:51Donc, lui, il a quand même ouvert le parapluie.
33:54Il avait demandé à ce qu'on fasse, à ce que le gouvernement
33:56présente un projet de loi de finances rectificative au printemps.
34:00Ça lui avait été refusé.
34:02Donc, on ne peut pas dire que Bruno Le Maire n'avait pas prévu.
34:05Celui qui n'a pas voulu entendre cette musique,
34:06c'est effectivement Emmanuel Macron.
34:08Alors, il ne l'a pas voulu, il laisse sa part de responsabilité,
34:11mais j'ai envie de dire, et là, en allant un peu à contre-courant
34:15du discours ambiant, mais j'ai envie de dire,
34:17toute la classe politique a aussi sa part de responsabilité
34:19dans cette affaire.
34:20Revenons un peu aux origines.
34:222018, la crise des gilets jaunes, les Français dans la rue
34:26et Emmanuel Macron lâche 10 milliards pour répondre
34:30aux attentes légitimes des Français sur les inquiétudes
34:32concernant le pouvoir d'achat.
34:34Et il fallait aussi envoyer un geste par rapport à la taxe carbone.
34:36Oui, à l'époque, c'était rien, la taxe carbone.
34:39Sauf que ça va créer un véritable traumatisme.
34:41Un véritable traumatisme et qu'à chaque fois
34:43qu'il va y avoir des nouvelles crises politiques qui vont arriver,
34:45Emmanuel Macron va vouloir acheter une paie sociale.
34:47On l'a vu au moment des retraites, tout de suite après,
34:49ça a manifesté dans les rues.
34:50Et voilà, il a voulu à chaque fois donner, nourrir les Français aussi
34:54avec de l'argent public.
34:55Et les oppositions n'ont pas voulu aussi empêcher ça.
34:57À un moment donné, ils réclamaient aussi des gestes du gouvernement
34:59pour aider les Français.
35:01France National, vous direz réagir au bon d'air.
35:05C'est vrai que Bruno Le Maire, là, pour l'instant,
35:09réserve un peu sa parole.
35:10Il a dit qu'il dirait sa vérité.
35:12Déjà, tout est dans sa vérité, je trouve.
35:16Après, il y a des faits.
35:17Il est vrai que dès 2021, l'été 2021,
35:23Bruno Le Maire dit que le fameux quoi qu'il en coûte,
35:29qui arrivait après, en effet, les crises successives,
35:32les gilets jaunes, puis le Covid,
35:36avec vraiment le quoi qu'il en coûte au maximum,
35:39puis l'Ukraine, etc.
35:41Le quoi qu'il en coûte aurait un terme.
35:43Et il a en effet fait des alertes.
35:46Et là, on voit bien qu'on est dans le moment
35:48où chacun va essayer de repousser
35:51une éventuelle responsabilité,
35:54même les oppositions.
35:56Il y avait une interview qui est sortie aujourd'hui
35:58chez nos confrères du Point d'Elisabeth Borne,
36:01qui dit en effet, c'est grave, mais c'était après moi.
36:05Vous voyez ?
36:06Elle est partie en janvier dernier.
36:09...qui met en cause Gabriel Attal,
36:10Gabriel Arcade, qui met en cause...
36:12Tous ces gens-là étaient dans le gouvernement
36:14depuis des décennies.
36:15...qui est en cause d'Emmanuel Macron.
36:16Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu
36:18des élections européennes entre-temps,
36:20et que, en général, le climat électoral
36:23n'est pas propice aux mesures de rigueur.
36:26Et Emmanuel Macron ne voulait pas entendre
36:28parler de hausse d'impôts.
36:30Et ni de projet de loi de finances rectifiques.
36:32Exactement.
36:33En fait, il ne voulait pas inquiéter les Français.
36:36Il est certainement polytraumatisé
36:37par toutes les crises qu'il a vécues,
36:39mais pour lui, c'était un tabou absolu.
36:42Et Bruno Le Maire a fait attention à peaufiner
36:45cette image d'homme qui met en garde,
36:48d'homme qui alerte régulièrement.
36:50Il mettait un peu en scène son opposition
36:54avec le chef de l'Etat.
36:56Maintenant, qu'il le veuille ou non,
36:57il était à Bercy,
36:59et c'est un peu facile aujourd'hui.
37:01Je constate qu'absolument personne
37:04ne défend le bilan d'Emmanuel Macron.
37:06Mais si vous voulez...
37:07Il est même en Macronie.
37:08Au Rembâché, il a fait un petit peu tout à l'heure.
37:10Le 10 septembre, alors qu'il a fait tous ses avantissements.
37:13C'est d'ailleurs écrit
37:14dans un excellent article de L'Observateur,
37:16je le signale.
37:17Il écrit quoi, le 10 septembre ?
37:19Le 10 septembre, Bruno Le Maire explique
37:20qu'on va tenir ces 5,1 %,
37:23alors que c'était plus les 4,9,
37:24parce qu'on avait déjà compris qu'il y avait un dérapage.
37:26Il dit qu'on va tenir ça pour 2024.
37:28Il savait déjà qu'on ne les tiendrait pas.
37:30C'est-à-dire qu'à un moment, il faut quand même dire la vérité.
37:32Donc, on attend la vérité.
37:34Et donc, cette année-là, il y a une partie technique,
37:37certainement, technique.
37:39Ce que j'ai expliqué tout à l'heure,
37:40c'est sans doute que les recettes ne sont pas arrivées
37:42liées à la conjoncture, liées peut-être
37:45à des... Non pas de la compétence,
37:47mais des outils qui sont peut-être plus adaptés à Bercy.
37:49Mais il y a un autre côté, il y a une lecture politique,
37:52à la fois par le patron de Bercy, donc Bruno Le Maire,
37:55et évidemment par l'Elysée.
37:57L'Elysée a toujours dit,
37:58non, on ne va pas faire de projet de loi rectificatif.
38:01Il aurait fallu en faire un.
38:02Vous pouvez faire quoi, Bruno Le Maire ?
38:04Déjà, si vous lui envoyez un signal,
38:05un autre choc, c'est de donner sa démission.
38:07Démissionner, bien sûr.
38:09Courage en politique, c'est aussi ça,
38:10quand il y a des véritables désaccords.
38:12Certains l'ont fait par le passé, effectivement.
38:15Vous vous souvienez du discours de François Fillon,
38:17je suis à la tête d'un Etat en Spagne.
38:19C'était un peu audacieux de faire ça contre le président.
38:23Bruno Le Maire s'est arrêté aux paroles.
38:26Il a aussi dit qu'à un moment,
38:29chaque euro compte désormais.
38:33En effet, il n'a jamais transformé ses actes.
38:35Et puis, en effet, il y a aussi une succession.
38:37Il y a eu les Européennes qui ont abouti
38:41à ce qu'il n'y ait pas ce projet de loi de finances rectificative.
38:44C'est assez crucial.
38:46Les Européennes, puis après, il y a eu la dissolution,
38:48qui a encore étendu une absence totale de prise de décision,
38:52alors qu'il y avait encore des possibilités
38:55de rectification, d'une manière ou d'une autre.
38:58Comment ça, que peut servir cette commission d'enquête ?
39:01Chacun va pouvoir avoir la parole.
39:03Et on verra à qui la faute.
39:05Est-ce que c'est seulement Emmanuel Macron ? Peut-être pas.
39:07Comment vous interprétez le fait que Bruno Le Maire
39:10envoie énigmatiquement à France 2 via un SMS
39:14que la vérité éclatera plus tard ?
39:16Qu'il a des choses à dire,
39:18et il se met à la disposition de la commission d'enquête.
39:20Ce sera le moment de dire ce qu'il a à dire.
39:22Finalement, Bruno Le Maire, il n'est pas si mécontent que ça.
39:25C'est presque une menace que cette commission d'enquête ait lieu.
39:28Je pense qu'elle peut lui rendre service,
39:30parce qu'aujourd'hui, celui qui est comptable de ça sur le papier,
39:33c'est le ministre de Bercy, donc c'est lui.
39:36C'est la proie facile.
39:37Et donc, je pense qu'il saura se défendre avec ses arguments.
39:41Et puis, ce qu'il fait là, se déjeuner hier
39:43avec une vingtaine de parlementaires,
39:45la façon dont les propos sont rapportés de manière perlée,
39:48c'est une forme de teasing, un peu aussi,
39:51pour dire, vous allez voir ce que vous allez voir.
39:52Où est la vérité ? Je vais vous la donner, mais le moment venu.
39:55Donc, on sent quand même qu'il y a aussi une mise en scène dans tout ça.
39:58Donc, je pense que lui, en tout cas,
40:01il aura vraiment à cœur de laver son honneur aussi,
40:04parce que derrière, lui, c'est quelqu'un qui a beaucoup d'ambition
40:06et il n'exclut rien non plus pour 2027.
40:08Tout le monde le sait autour de cette table.
40:09On rappelle que donc, il y a une commission.
40:11La question qui va se poser peut-être dans un instant,
40:13ce sera qu'est-ce qu'on en fait ?
40:14Mais surtout, c'est quoi les pouvoirs de cette commission ?
40:17Eh bien, oui, ça ne peut pas déboucher sur grand-chose.
40:22Ce désavertissement, évidemment, s'il se passe des choses très graves,
40:25la justice peut éventuellement s'en saisir,
40:27mais généralement, une commission d'enquête,
40:28ça a des conclusions avec des recommandations et un constat,
40:32mais ça n'a pas de pouvoir commercial.
40:33Mais concrètement, ça veut dire qu'il va y avoir des introductions ?
40:35Ah oui, concrètement, oui.
40:36Ils ont un droit de citation et on ne peut pas refuser.
40:39Il faut dire la vérité.
40:41Ils ont des pouvoirs d'investigation.
40:43Parlez du résultat.
40:44Mais sinon, en effet, il va y avoir plusieurs jours.
40:46Sur les pouvoirs, ils ont des pouvoirs
40:48et ils peuvent, par ailleurs, rendre public aussi les auditions.
40:51Être convoqué devant une commission d'enquête parlementaire,
40:54ce n'est pas rien.
40:55C'est quand même quelque chose qui engage.
40:57Et voilà, ça implique beaucoup quand on est responsable politique.
41:03Maintenant, c'est vrai qu'à l'issue, on verra ce qu'elle donne.
41:06Il y a des commissions d'enquête qui sont restées célèbres,
41:08qui ont eu plus de poids que d'autres.
41:11Mais en tout cas, si une commission d'enquête actée
41:13que Bruno Le Maire et Emmanuel Macron avaient caché des choses
41:16pendant sept ans, politiquement,
41:19ça ferait partie du bilan d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire
41:22et ce serait lourd à porter pour eux.
41:24Eric Cholle, sur les conséquences politiques éventuelles.
41:27Oui, il ne faut pas oublier non plus que cette commission,
41:29ses conclusions vont être regardées en France et à l'étranger.
41:32Il y a aussi de la crédibilité de la Voix de la France.
41:36C'est pour ça que cette commission,
41:38peut-être que déjà, elle devrait regarder ce fameux rapport
41:40de l'Inspection générale des finances qui est sorti le 11 juillet.
41:43Il y a huit propositions.
41:45Il faut déjà appliquer ces huit propositions.
41:48Et peut-être aussi dire la vérité.
41:49Dire la vérité, ça consiste aussi
41:51par raconter ce qu'on a fait aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
41:54enfin, plutôt à la Commission des finances,
41:56et raconter n'importe quoi, n'importe quoi en termes de programme.
41:59Il y a un moment, il faut quand même revenir dans les clous.
42:02C'est important d'être dans les clous budgétaires
42:04et pas se croire juste au nom d'une démagogie politique
42:09expliquée au nom d'un électoralisme
42:11et surtout d'une irresponsabilité politique.
42:13Il y a un moment, c'est important, c'est ce qu'essaye, d'ailleurs,
42:15je pense, de faire le Premier ministre.
42:16C'est super dur.
42:17Revenir un peu dans les clous budgétaires,
42:20c'est sa mission.
42:21C'est compliqué.
42:23Pas facile.
42:24Peut-être un tout dernier mot.
42:25Je vais te dire, véritable poids médiatique quand même,
42:28on se souvient de différentes commissions d'enquête,
42:30l'affaire Benalla notamment, pour celui qui est interrogé.
42:32C'est souvent des petits records d'audience, d'ailleurs,
42:34pour les chaînes qui retransmettent ces auditions.
42:38Donc, on parlait de théâtralisation tout à l'heure,
42:40on est complètement dedans.
42:41Et il en reste toujours des mots, des attitudes ou des réactions
42:44qui restent à chaque fois un peu dans l'histoire.
42:46Olivier Beaumont, François Sionneau, Elisabeth Pinault,
42:48Éric Scholl, les informes, et on se retrouve dans un instant,
42:50il est 20h45, l'heure d'un nouveau tour de l'actualité.
42:52Le Fil info avec Emmanuel Langlois.
42:55C'est le dénouement redouté d'une affaire
42:57qui a tenu en haleine les gendarmes durant des mois.
42:59Le corps de Lina, cette adolescente de 15 ans
43:02qui avait disparu en septembre 2023,
43:04il y a plus d'un an en Alsace,
43:06a été retrouvé ce mercredi dans la Nièvre,
43:08annonce le procureur de Strasbourg,
43:10immergé dans un cours d'eau,
43:12dans une zone boisée isolée de la région de Nevers.
43:14Précis-t-il ?
43:16Airbus confirme qu'il va bien supprimer jusqu'à 2 500 postes
43:19d'ici à la mi-2026, soit environ 7 %
43:22à des effectifs de sa branche défense et espace.
43:25Citant dans un communiqué un contexte difficile
43:28pour l'activité, le géant industriel européen
43:31dit vouloir rationaliser son organisation
43:34pour améliorer la compétitivité à l'avenir.
43:36Fin de citation.
43:37La nuit de mardi à mercredi a de nouveau été agitée en Martinique,
43:41en proie à une mobilisation contre la vie chère
43:43depuis plusieurs semaines.
43:44La préfecture signale de nouveaux incendies de voitures sur l'île.
43:49Les autorités avaient décidé avant-hier
43:51de prolonger le couvre-feu jusqu'à lundi prochain,
43:54faisant pourtant état alors d'un retour au calme
43:57ces derniers jours.
43:59Un mot de l'étranger, enfin.
44:00Volodymyr Zelensky exclut toute concession de territoire
44:03à la Russie et en appelle à l'Occident
44:06pour renforcer son aide, le président ukrainien
44:08qui l'a dit lors d'un discours très attendu
44:10devant le Parlement à Kiev.
44:12Quant au président américain Joe Biden,
44:13il annonce, lui, une nouvelle rallonge
44:16de 425 millions de dollars en faveur de l'Ukraine.
44:19...
44:21France Info.
44:22...
44:2420h, 21h,
44:26les informés.
44:27Agathe Lambret, Jean-René Baudot.
44:29Dernière partie des informés avec Olivier Beaumont du Parisien
44:32aujourd'hui en France, François Sionneau du Nouvel Obs,
44:35Elisabeth Pinault de l'agence britannique Reuters
44:38et Eric Scholl de la rédaction de L'Express.
44:40On en vient, Agathe, maintenant,
44:42à ce nouveau regain de tension entre la France et Israël.
44:45Oui, les derniers propos du président ne passent pas.
44:48En Conseil des ministres, alors qu'était abordée la guerre
44:51à Gaza et au Liban, le président a déclaré, je cite,
44:54que le Premier ministre israélien ne devait pas oublier
44:58que son pays a été créé par une décision de l'ONU
45:02et par conséquent qu'il ne devait pas s'affranchir
45:04des décisions de l'ONU.
45:06Des propos qui ont beaucoup fait réagir
45:09car ils touchent aux origines, à la légitimité même d'Israël.
45:14Écoutez la réaction de l'ancien Premier ministre,
45:16Manuel Valls, ce matin sur BFMTV.
45:19Emmanuel Macron, en tout cas depuis le 7 octobre dernier,
45:23commet des erreurs,
45:25des fautes politiques, historiques, stratégiques,
45:30qui, non seulement éthiques,
45:32c'est comme s'il avait donné, à travers cette déclaration,
45:35rappelé un bail temporaire à Israël
45:38sous réserve de bonne conduite,
45:41oubliant les conditions même de la création d'Israël,
45:46de l'histoire du sionisme,
45:48les conséquences de la Shoah pendant la Deuxième Guerre mondiale.
45:52Il ne comprend rien à ce qu'est Israël.
45:55-"Il ne comprend rien à ce qu'est Israël",
45:57dit Emmanuel Valls.
45:59Emmanuel Macron a-t-il commis une maladresse de plus ?
46:01Est-ce une erreur politique et ou historique ?
46:04Pourquoi la communication du chef de l'Etat interroge autant ?
46:08C'est une faute qu'a commis Emmanuel Macron.
46:10En tout cas, si l'on en croit le président du CRIF,
46:14faute historique et politique.
46:16Elisabeth Pinot ?
46:17C'est sûr que ces problèmes d'Emmanuel Macron
46:20inquiètent encore plus, et le mot est flaible,
46:23la communauté juive de France,
46:25qui est la plus grande en Europe, ne l'oublions pas,
46:28et qui s'est déjà manifestée contre lui
46:31à l'occasion d'une réunion du CRIF le 7 octobre dernier,
46:36à laquelle assistait Michel Barnier.
46:38Emmanuel Macron a Benjamin Netanyahou
46:41très souvent au téléphone,
46:43et les choses sont difficiles entre les deux hommes.
46:47On a l'impression qu'il ne fait pas la différence
46:49entre les rapports difficiles avec Netanyahou
46:52et son action au Proche-Orient,
46:54avec tous les drames qui s'y déroulent,
46:57et l'Etat d'Israël et la défense de l'Etat d'Israël,
47:01la sécurité d'Israël, qui est évidemment une priorité.
47:04La France répète cela,
47:06mais quand Emmanuel Macron parle de la résolution
47:09qui a créé Israël, on a l'impression
47:11qu'il remet en cause sa naissance, ses fondations.
47:14Donc évidemment, c'est des choses extrêmement difficiles
47:18à entendre pour tous les pro-israéliens,
47:23les juifs de France.
47:25Manuel Valls n'y va pas de main morte.
47:27Il ne comprend rien à Israël,
47:29c'est ce que disait Manuel Valls.
47:30C'est un coup de gueule qui est assez sévère, assez dur ?
47:36C'est-à-dire qu'on peut... Je ne sais pas si c'est une faute,
47:40mais on veut parler de bourdes diplomatiques
47:42du président de la République, et ce n'est pas la première,
47:46comme le rappelle Emmanuel Valls, depuis le 7 octobre.
47:49On se souvient qu'il n'était pas présent
47:51à la manifestation contre l'antisémitisme.
47:54On se souvient aussi de cette récente parole
47:56sur l'arrêt de l'armement, ce qui peut être discuté.
47:59C'est pas cette proposition, c'est plutôt le jour où il dit ça.
48:03Il dit ça le 6 octobre, la veille du 7 octobre.
48:06On ne comprend pas.
48:07L'entretien a été enregistré 3-4 jours avant.
48:10Mais ça sort ce jour-là.
48:11C'est ce que j'appelle une bourde diplomatique.
48:14Trois semaines plus tôt, on peut essayer de discuter
48:17sur un terrain diplomatique.
48:19Après tout, c'est une proposition.
48:21C'est une proposition, et là, il faut quand même reposer,
48:24à ce moment-là, pourquoi cette proposition s'adresse à qui ?
48:27Ca reste aux Etats-Unis.
48:29La France ne vend plus d'armes depuis longtemps en Israël.
48:32Ca veut dire quoi ?
48:34Ca veut dire que la France pèse réellement sur les enjeux.
48:37En fait, la réalité, c'est non. La France pèse très peu.
48:40Le sujet, c'est qu'à un moment, Emmanuel Macron
48:43essaie de peser, de vouloir peser, par un jeu, comme on l'a vu,
48:46sur un tout autre terrain, avec Vladimir Poutine
48:49au début de l'Ukraine, sans doute avec des bonnes intentions,
48:52mais le résultat arrive à des dégâts diplomatiques.
48:55Quelques jours après cette vidéo
48:57où Emmanuel Macron demande d'arrêter de livrer des armes
49:01utilisées à Gaza, juste avant le 7 octobre,
49:03ce qui était déjà maladroit,
49:05il demande d'arrêter de livrer des armes
49:07qui servent à Gaza et au Liban,
49:09amalgamant aussi la situation au Liban et en Israël,
49:12alors qu'au début des frappes sur le Liban,
49:15quand Israël a commencé à viser les bipers,
49:18les moyens électroniques du Hezbollah,
49:20la réaction du chef de l'Etat avait aussi étonné.
49:23A chaque fois, Emmanuel Macron a l'air d'être à contretemps
49:26ou de ne pas poser les bons mots.
49:28Il avait posté une vidéo de lui devant un drapeau libanais
49:31pour dire tout son soutien aux victimes libanaises,
49:34aux victimes des explosions, ce qui pouvait s'entendre,
49:37mais sans dire un mot du fait qu'Israël visait quand même
49:40à la base les télécommunications du Hezbollah
49:43et que le Hezbollah était un ennemi de la France,
49:46dont la branche militaire est considérée
49:48comme un mouvement terroriste et qui a fait des victimes françaises.
49:52Il y a quelques semaines, on voit de mal en pi,
49:55et plus Emmanuel Macron s'exprime,
49:58plus on a du mal à comprendre quelle est la ligne de l'Elysée.
50:01Comme disait Elisabeth,
50:03c'est une chose de critiquer la politique de Netanyahou,
50:06et de ce point de vue-là, la France n'est pas très audible,
50:09mais c'est autre chose de critiquer l'existence d'Israël
50:13ou de sembler interroger sur les origines de l'Etat d'Israël.
50:16Emmanuel Macron a du mal à se positionner.
50:18Comment on en dit à l'Elysée, Olivier Beaumont ou Elisabeth Pinot ?
50:22A chaque fois, ils allument des contrefeux.
50:25On a des éléments de langage...
50:27Les éléments de langage, il y a un moment...
50:29Ils expliquent que la sécurité d'Israël est la priorité,
50:34que Emmanuel Macron parle avec l'Iran,
50:37justement, il est un des rares pays à parler avec l'Iran
50:40pour la sécurité d'Israël.
50:42Il parle de la finule au Liban.
50:43A chaque fois, ils essayent de rattraper le coup.
50:47Déjà, ces propos n'ont pas été démentis
50:50par l'entourage du président de la République.
50:53Ils ont seulement dit qu'il avait fait un rappel
50:55au droit international.
50:57Ce qui est terrible pour le chef de l'Etat,
50:59c'est que quoi qu'il fasse, il n'y a rien qui prend.
51:02Sur la forme, malgré tout,
51:04cette séquence de propos tenus en fin de Conseil des ministres,
51:07la dernière partie du Conseil des ministres
51:10est toujours consacrée à la partie internationale.
51:13Pour les non-initiés, c'est le ministre des Affaires étrangères
51:16qui a gagné.
51:18Le président de la République peut rajouter un propos s'il le veut.
51:21C'est dans ce contexte-là qu'il a ce propos,
51:24dont on sait tous que tout sort du Conseil des ministres,
51:27que ça va être répété et que ça va être diffusé
51:30et donc relayé dans tous les médias.
51:32Il ne pouvait pas ignorer un seul instant
51:34qu'en disant ça, ces propos ne seraient pas répétés.
51:37Ce qui est terrible pour lui,
51:39c'est qu'il nous explique, depuis la dissolution
51:42et l'élection législative, qu'il va se recentrer
51:44sur son précarré présidentiel, sur son domaine réservé,
51:48qui est celui des affaires diplomatiques et étrangères,
51:51puisqu'il n'a plus la main sur les affaires intérieures.
51:54On voit que sur la séquence Israël-Gaza,
51:56même là, effectivement, il n'arrive pas à prendre,
51:59voilà, à incarner une autorité, à avoir une pensée claire,
52:03tellement pas claire que même dans son propre camp,
52:06il n'y avait qu'à lire les échanges
52:08dans les boucles internes des députés pour la République.
52:11Ils sont tous très divisés
52:13sur le positionnement du chef de l'Etat.
52:15Vous avez eu accès aux boucles internes des députés.
52:18Il est très fort.
52:19Elisabeth... Pardon.
52:21Et Aurore Bergé, députée Renaissance,
52:23l'a dit tout à l'heure sur France Info.
52:25J'espère que ce ne sont pas les vrais propos du président,
52:28sinon je comprends qu'ils aiment le trouble.
52:31Oui, c'est vrai que ces propos d'une grande...
52:35Un minimum à l'adresse, en plus,
52:37interviennent normalement dans un domaine
52:40dans lequel Emmanuel Macron,
52:42normalement, devrait pouvoir exister et être audible.
52:47On se souvient de sa présence à Beyrouth
52:51peu après l'explosion du port,
52:55des mots, et on voyait encore l'influence française,
52:59historique, réelle, au Liban.
53:01Ces propos interviennent dans un moment
53:04où le Liban s'embrase,
53:06et ce n'est pas un hasard non plus,
53:08après des incidents à répétition
53:11entre l'armée nicéralienne
53:14et la finule, les forces de l'ONU présentes sur place.
53:18Mais on sent, en effet, ce besoin d'exister,
53:22et cette croyance ancrée de cette capacité à changer la donne,
53:26comme on l'avait vu avec Poutine sur l'Ukraine.
53:30Sauf que là, toutes ces initiatives-là
53:34au mieux tombent à côté, voire aggravent les choses.
53:37C'est la limite du discours performatif ?
53:42Sans doute.
53:43On voit qu'il y a envie de faire bouger les choses, clairement.
53:48Est-ce qu'on a les outils, les moyens ?
53:50Est-ce que c'est à la France ou à l'Europe de le faire ?
53:53On le verra peut-être demain, au prochain Conseil européen.
53:57Vous nous tournez une perche, mais il nous reste quelques instants.
54:01Emmanuel Macron est fait assez rare.
54:03Le Premier ministre et Michel Barnier
54:05sont allés à Bruxelles en même temps.
54:08Elisabeth Pineau, c'est assez rare.
54:10Normalement, ça ne se fait pas vraiment.
54:12Ça ne se fait plus.
54:13Je crois même que c'est même plus possible.
54:16Autour de la table du Conseil européen,
54:18les chefs d'Etat et de gouvernement, il y en a un par pays.
54:21Le temps de Chirac et Jospin est révolu.
54:23Demain, ce sont deux rendez-vous différents.
54:26Emmanuel Macron va au Conseil européen
54:28et Michel Barnier va pour une réunion politique.
54:31C'est la première fois que ce couple nouveau arrive à Bruxelles.
54:34A Bruxelles, tout le monde connaît Emmanuel Macron,
54:37mais il connaît aussi Michel Barnier,
54:39qui s'est bien considéré, puisqu'il a notamment négocié le Brexit,
54:42il a été commissaire européen, etc.
54:44Les deux hommes n'ont pas intérêt...
54:46Ils portent la voie de la France tous les deux.
54:49C'est quand même Emmanuel Macron qui la porte en priorité.
54:52Ils n'ont pas intérêt à porter une voie différente.
54:55Au-delà du fait, d'ailleurs, que, d'une certaine façon,
54:58ils ont plutôt du même avis sur la construction européenne,
55:02même si Michel Barnier a bien montré,
55:04depuis qu'il est à Matignon, qu'il souhaite avoir son indépendance.
55:07Merci beaucoup, Elisabeth Pinot.
55:09Il est malheureusement l'heure de refermer cette émission.
55:12On va faire le tour des unes de vos différents titres.
55:15Olivier Beaumont, à la Une du Parasyl en France,
55:18est-ce qu'on sait déjà ce qu'il y a demain ?
55:20On va revenir sur la DZ de Mafia qui étend sa tentacule
55:23sur le territoire français.
55:24On va revenir aussi sur le drame de la jeune Lina,
55:27dont on a retrouvé le corps cet après-midi.
55:29On va revenir sur l'affaire qui agite le monde du football français
55:33concernant Kylian Mbappé.
55:36François Sionneau, à la Une du Nouvel Homme, cette semaine.
55:39Le choc des deux Amériques,
55:40quelques semaines de la présidentielle
55:43entre Trump et Harris,
55:44avec un grand reportage à travers les Etats-Unis.
55:47D'accord, c'est la présidentielle américaine.
55:50Eric Scholl, à la Une de L'Express, cette semaine.
55:53Un numéro tout à fait spécial, un numéro particulier
55:56où on a interrogé des grandes personnalités
55:58sur les défis de l'Occident.
56:00On va retrouver des interviews de Bill Gates,
56:02de Fabiola Gianotti, une italienne incroyable
56:05qui dirige le CERN à Genève,
56:06mais aussi Tony Estanguet qui fait les conclusions des Jeux
56:10et ce qu'on attend pour la France de demain,
56:12ou encore Yuval Harari qui nous parle de l'intelligence artificielle.
56:16C'est-à-dire dans l'Express. Merci beaucoup.
56:18Merci aussi, Elisabeth Pinault, correspondante Reuters,
56:22Elisée Matignon. Agathe, on se retrouve demain.
56:2418h30 pour l'interview politique à la radio.
56:27Pour les informés qui reviennent demain matin
56:29avec Saliha Brakliaï et Renaud Delis à partir de 9h.
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