00:00Yves Calvi et Agnès Banfillon, RTL Soir.
00:03Il est 18h41, bonsoir Luc Châtel.
00:05Bonsoir.
00:06Merci de nous rejoindre dans RTL Soir, vous êtes notre ancien ministre de l'éducation nationale,
00:09aujourd'hui président de la plateforme automobile,
00:11autrement dit vous représentez nos constructeurs et équipementiers français.
00:14A quelques jours de l'ouverture du Mondial de l'Auto,
00:17le marché des voitures neuves n'est pas en grande forme,
00:19c'est le moins que l'on puisse dire, cinquième mois de baisse consécutive.
00:23Ce sont vos chiffres publiés aujourd'hui,
00:25le nombre d'immatriculations a baissé de 11% en un an.
00:30Comment l'expliquez-vous ?
00:32La situation de la filière automobile est très préoccupante.
00:36Je dirais que notre industrie automobile est en grand danger.
00:40Elle est en grand danger pour trois raisons principales.
00:42D'abord, le niveau du marché que vous venez d'évoquer.
00:45Vous citez les chiffres de cette année par rapport à l'année dernière.
00:47Mais si on regarde, nous sommes la dernière filière industrielle
00:51à être encore à 23% en dessous du marché d'avant le Covid.
00:55Donc on n'a jamais retrouvé nos couleurs d'avant Covid.
00:59Deuxième élément, nous avons une difficulté depuis quelques mois.
01:03C'est que la trajectoire de progression des véhicules électriques s'est arrêtée.
01:09Il y a des ratés dans le moteur électrique.
01:11Et aujourd'hui, notre part de marché ne progresse plus.
01:14Ce qui est un énorme sujet parce que les constructeurs et toute la filière
01:17ont investi des centaines de milliards d'euros pour réussir cette transformation.
01:23Et aujourd'hui, le consommateur ne suit plus.
01:26Ce qui fait que les constructeurs vont même être obligés,
01:28sans doute l'année prochaine, de payer des amendes au niveau européen.
01:31Ce qui est assez surréaliste.
01:33Enfin, on a un troisième élément qui est d'actualité.
01:36C'est que se préparent des mesures qui seraient absolument dévastatrices
01:40pour notre filière en France, qui serait l'alourdissement des malus.
01:44C'est-à-dire un feu et la double peine.
01:45Vous ne pouvez pas vendre vos voitures électriques parce que vous n'avez pas de clients.
01:48Et on va vous taper sur la tête sur ce qui est encore 85% de votre activité,
01:52c'est-à-dire le thermique, en vous rajoutant des malus.
01:55Donc là, c'est la double peine permanente.
01:57Le thermique, c'est encore 85% ?
01:59Oui, enfin...
02:00Du marché ?
02:01Disons que...
02:02Ou de ce qui roule ? Vous prenez ma question ?
02:03Oui, absolument.
02:04Ce qui est des ventes, c'est encore 85%.
02:07Et ce qui roule, encore plus.
02:08Puisque le marché électrique, le marché thermique est beaucoup plus important sur le stock.
02:14Mais Luc Châtel, les particuliers comme les entreprises ont réduit leurs achats de voitures neuves ?
02:18Oui, tout le monde réduit ses achats de voitures neuves.
02:20Pour des tas de raisons.
02:22L'attentisme, les questions économiques.
02:24On est en situation compliquée pour le pouvoir d'achat.
02:28Acheter une voiture, c'est un achat raisonné, qu'on peut toujours reporter.
02:32Et puis, il y a la difficulté de savoir...
02:33Ça veut dire que le parc vieillit ?
02:34Ça veut dire que le parc vieillit, absolument.
02:35Il n'a jamais été aussi vieux.
02:36On est à plus de 10 ans de moyenne d'âge.
02:39Ça veut dire qu'on acquiert sa voiture neuve le plus en plus âgé, proche de 60 ans.
02:45Et donc, on a une vraie difficulté de se positionner, de perspective sur ce marché.
02:52Est-ce que l'instabilité politique que nous vivons peut être un facteur également ?
02:57Alors, elle peut être un facteur si on fait le contraire de ce qu'on a fait pendant quelques années.
03:02Il se trouve que les pouvoirs publics, je l'ai dit régulièrement, nous ont plutôt accompagné,
03:06en France, pendant la traversée du Covid que j'évoquais,
03:10et à travers le passage à l'électrique avec des dispositifs d'aide, de bonus soutenus,
03:17avec des aides à l'investissement dans l'innovation.
03:20Et donc, nous avons été plutôt accompagnés.
03:23Ce que nous entendons, mais nous n'avons pas été consultés, donc je ne peux pas vous répondre,
03:27c'est qu'on aurait un durcissement du malus sur la prochaine loi de finances
03:32qui aurait pour conséquence que plus d'un véhicule thermique sur deux vendus
03:36serait pénalisé par le malus.
03:38Ça veut dire qu'on n'est plus du tout en train de pénaliser les gros pollueurs
03:42et d'avoir un système de répartition entre le malus et le bonus, le malus finançant le bonus.
03:47On est sur un dispositif d'impôt déguisé.
03:50C'est-à-dire que la moitié des véhicules thermiques vendus vont être taxés.
03:53Ce sont des véhicules comme la Clio ou la 208 qui vont être taxés.
03:58Ce sont les véhicules utilitaires qui vont être taxés.
04:01J'entendais le Premier ministre nous dire qu'on ne va pas avoir d'imposition sur les gens qui travaillent.
04:06Ben si, ça c'est un impôt déguisé sur les gens qui travaillent.
04:09Et donc c'est un énorme sujet.
04:11Ça veut dire que le Premier ministre, dans sa prise de parole aujourd'hui, vous a inquiété ?
04:14En tout cas, au minimum, il ne vous a pas rassuré ?
04:16En l'occurrence, il ne m'a pas rassuré puisqu'il n'a pas évoqué ce sujet.
04:19Seul moment où il a parlé de la voiture, c'est pour envisager des alternatives à la voiture.
04:24Ça, ça m'a plutôt inquiété.
04:25Mais sinon, il n'est pas rentré dans ce détail.
04:27Le sujet sera le débat au Parlement sur le projet de loi de finances.
04:31Concernant, pardon, je ne peux pas résister, Luc Châtel, vous êtes là, le périphérique parisien.
04:38Parlons-en, il est limité à 50 km heure.
04:40Ça a commencé aujourd'hui sur le premier tronçon Est de Paris, de la porte d'Elyla à la porte d'Orléans.
04:45Est-ce que vous saluez, vous, cette décision de la part d'Anne Hidalgo ?
04:49Je ne la salue pas parce que je n'ai pas de compétences en la matière,
04:52puisque c'est la maire de Paris, c'est la préfecture de police qui sont responsables.
04:56Moi, ce que je note, c'est que tout ce qui va dans le sens du car bashing,
05:00de l'attaque contre l'automobile, va dans le mauvais sens,
05:03puisque les Français aiment l'automobile.
05:0686% des Français ont besoin de l'automobile tous les jours
05:09pour se déplacer, pour travailler, pour aller faire leur cousse, etc.
05:13Et avant qu'on trouve une alternative à ce mode de propulsion, il va se passer des décennies.
05:19Voilà, donc le sujet est plutôt de décarboner l'automobile,
05:22ce que nous sommes en train de faire, d'investir dans l'automobile du futur,
05:25de faire en sorte qu'elle soit française, qu'on maintienne cette souveraineté,
05:29plutôt qu'à longueur de journée, dans des Sénats très restreints,
05:33être dans la logique du car bashing permanent.
05:35La transition écologique doit être un moteur de notre politique industrielle,
05:39a affirmé aujourd'hui Michel Barnier.
05:40Il a raison.
05:41Vous avez compris ce qu'il voulait dire en matière d'automobile, vous ?
05:43Alors j'attends, d'ailleurs nous l'avons invité au Mondial de l'Auto,
05:46qui s'ouvrira le 14 octobre prochain, et nous attendons avec impatience de débattre avec lui,
05:50parce que je pense effectivement que notre industrie est assez exemplaire
05:53du virage qui est pris vers des solutions par rapport au changement climatique.
05:57Nous, nous avons clairement dit, nous devons être apporteurs de solutions,
06:01et nous sommes aujourd'hui à l'avant-garde du changement climatique.
06:03On a multiplié par 10 en 5 ans la part de marché des véhicules électriques.
06:07Regardez la gamme des constructeurs aujourd'hui.
06:09Il y a des modèles électriques à tous les niveaux,
06:12avec des progrès sur l'autonomie absolument considérables.
06:15Donc ce sont des investissements gigantesques.
06:17Le sujet, c'est qu'on a un peu oublié à la fin qu'il fallait qu'il y ait des clients qui achètent les voitures.
06:22Et donc, ce n'est pas en réglementant à Bruxelles qu'on modifie complètement une technologie,
06:29une filière, des usines, et qu'on trouve des clients.
06:33Du 14 au 20 octobre prochain, à Paris, aura lieu le Mondial de l'Automobile.
06:37Notre spécialiste Christophe Bourrou va nous le faire vivre, bien évidemment, sur l'antenne de RTL.
06:42Je sais que ce n'est pas simple, Luc Châtel, mais dites-nous,
06:46qu'est-ce que vous choisiriez cette année au Salon ?
06:49Qu'est-ce qu'il faut absolument voir ?
06:51Il faut voir la fête de l'automobile.
06:53Si vous voulez, on va avoir la fête de l'automobile.
06:55C'est-à-dire qu'une filière va être fière de présenter ses innovations
07:01et de le faire avec joie, de le faire de manière festive, de le faire avec des jeunes.
07:05Et elle va prouver qu'elle est une filière d'avenir.
07:08Et on verra au Salon, si vous voulez, la passion et la raison.
07:11La passion de l'automobile, je viens de l'évoquer, les Français, encore une fois, aiment l'automobile.
07:17Et en même temps, la raison, parce que, je l'évoquais il y a un instant,
07:20nous sommes une filière qui est très en avant sur sa transformation
07:24et sur sa mutation vers la décarbonation des transports.
07:27Et donc la fête de l'automobile, c'est du 14 au 20 octobre.
07:30Paris sera donc la capitale mondiale de l'automobile.
07:32Merci d'avoir pris la parole ce soir pour nos auditeurs.
07:35Luc Châtel, bon travail.
07:37Avant de rejoindre Marc-Antoine Lebré,
07:39cette information concernant des tirs iraniens vers Israël.
07:43L'armée israélienne fait état de plusieurs tirs de missiles,
07:47une centaine de missiles en provenance de l'Iran vers Israël.
07:51Il y a quelques instants, la population se trouve à l'abri.
07:55L'armée israélienne avait demandé à ce qu'elle se mette à l'abri.
07:59Je vous le rappelle, des médias israéliens rapportent
08:01que plus de 100 missiles ont été tirés ces derniers instants en Israël.
08:06Les toutes dernières informations, bien entendu dans notre journal de 19h.
08:10Yves Calvi et Agnès Bonfillon, RTL Soir.
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