00:00 RTL Matinale spéciale
00:02 *Musique*
00:04 Yves Calvi, Amandine Bégaud
00:06 Il est 8h20, bonjour Bruno Le Maire.
00:08 Bonjour Yves Calvi.
00:09 Merci de nous rejoindre dans cette matinale spéciale sur RTL au lendemain des élections européennes
00:12 et de l'annonce par le président Macron donc de cette dissolution de l'Assemblée Nationale.
00:16 Vous étiez hier à l'Elysée aux côtés du chef de l'État peu avant 20h.
00:19 Que vous a-t-il dit exactement ?
00:21 Ça reste dans le secret des échanges que nous avons eus hier à 19h.
00:27 Mais la décision vous la connaissez, le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée Nationale.
00:32 C'est la prérogative du président de la République.
00:35 C'est donc sa décision, nous devons en faire le meilleur pour le pays.
00:39 Le meilleur c'est quoi ? C'est nous battre pour la France, pour les Français
00:44 sur la base d'un projet politique qui soit le plus clair possible.
00:48 On a trois semaines devant nous, il faut nous retrousser les manches, partir en campagne
00:53 et faire en sorte que de cette décision sorte le meilleur pour le pays.
00:56 Je ne vous sens pas très enthousiaste, à titre personnel, est-ce que vous approuvez vraiment ce coup de poker ?
01:01 Mais ce n'est pas une question d'enthousiasme, de soutien, de sympathie.
01:05 Il y a une situation politique.
01:07 Pardonnez-moi, vous êtes un ministre majeur du gouvernement et un homme politique qui a un avenir devant lui.
01:11 Donc vous pouvez avoir un avis sur ces choses-là ?
01:13 Non, j'ai un avis sur la manière dont il faut mener la campagne.
01:15 J'ai un avis sur ce que représente cette élection législative.
01:19 C'est l'élection législative qui aura les conséquences les plus lourdes pour la France,
01:24 pour les Français, de l'histoire de la Ve République.
01:27 Donc je ne vais pas commenter les décisions du président de la République.
01:30 Je vais me mobiliser dans les jours qui viennent pour que chacun réalise la gravité de ces élections,
01:36 que chacun prenne ses responsabilités et pour que ma famille politique,
01:41 pour que notre majorité propose des choses claires pour nos compatriotes.
01:45 Parce que je pense que nos compatriotes nous ont adressé un message de demande de clarté,
01:50 de simplicité dans ce que nous voulons pour la France et pour les Français.
01:54 Et qu'il faut entendre le message qui a été adressé.
01:56 Et qu'il faut pouvoir y répondre sur la base d'un projet clair.
01:59 Pour moi, je vois trois points qui me paraissent absolument essentiels pour l'avenir.
02:03 Je vous redonne tout de suite la parole, mais serez-vous candidat puisqu'il faut prendre aux élections législatives,
02:11 puisque vous venez de nous dire qu'on doit prendre nos responsabilités ?
02:15 J'ai été le seul candidat des Républicains, il me semble, en 2017, à être candidat pour la majorité présidentielle,
02:22 à m'engager aux côtés du président de la République.
02:24 En effet.
02:25 J'ai toujours dit que je ne ferais que trois mandats.
02:27 J'ai fait trois mandats de député.
02:29 Je verrai si les circonstances justifient de changer de position.
02:34 Mais en règle générale, je tiens mes positions et mes convictions.
02:38 Je ferai savoir cette semaine quelle est ma décision.
02:40 Je ne pense pas que ce soit le plus important.
02:42 Donc, a priori non ? Ou vous ne l'excluez pas ?
02:45 Je préfère m'en tenir à ce qu'ont toujours été mes convictions.
02:50 Trois mandats, pas un de plus.
02:52 Ensuite, nous verrons si les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous sommes justifient de livrer la bataille.
02:57 Autrement, on peut livrer la bataille de plein de manières.
02:59 Le plus important est d'être engagé dans cette bataille.
03:01 Il y a toujours d'autres choix, d'autres chemins, comme la recherche d'une coalition d'impact de gouvernement.
03:05 Ce sont les propos de la présidente de l'Assemblée nationale.
03:07 Elle a raison ?
03:09 Je pense que nous n'en sommes plus là.
03:11 Nous sommes le 10 juin.
03:13 Donc elle est décalée ?
03:15 Nous n'en sommes plus là.
03:17 Nous sommes le 10 juin.
03:19 Les Français ont voté. Ils se sont prononcés.
03:21 Ça fait 20 ans que je suis engagé dans la vie politique, pour la France, pour mes compatriotes, pour le meilleur.
03:25 Et je pense que nous avons obtenu depuis quelques années des résultats sur le front de l'emploi,
03:29 sur le front de l'industrie, sur le front de l'attractivité du pays.
03:33 Et ces résultats, je ne veux pas qu'ils soient jetés comme ça à la rivière
03:37 par un mouvement de mauvaise humeur ou de mécontentement d'ici trois semaines.
03:40 Entendons les mécontents des Français.
03:42 - Le rassemblement national est aux portes du pouvoir. C'est bien de votre responsabilité ?
03:44 Bien sûr que nous portons une part de responsabilité dans le vote qui s'est exprimé hier.
03:49 Bien sûr qu'il faut l'entendre.
03:51 Et c'est pour cela que j'appelle la majorité à définir un projet qui soit le plus clair possible.
03:56 Parce que ce ne sont pas les accords de circonstance, ce ne sont pas les accords de parti.
03:59 Ce ne sont pas les "je te donne ceci et tu auras cela"
04:02 qui apporteront une réponse aux inquiétudes, aux craintes, aux colères de nos compatriotes.
04:06 C'est-à-dire très clairement, voilà où nous allons emmener le pays.
04:10 Le pays a besoin de plus d'autorité.
04:12 C'est la première chose. C'est la base.
04:14 Plus d'autorité à l'école, plus d'autorité au collège, plus d'autorité dans la rue,
04:18 plus d'autorité dans les services publics, plus d'autorité à l'hôpital,
04:22 plus d'autorité dans les transports publics, plus d'autorité partout, tout le temps, en France.
04:29 Voilà la première demande de nos compatriotes.
04:31 La deuxième demande, c'est plus d'indépendance.
04:33 Plus d'indépendance économique, plus d'indépendance financière,
04:36 avec des salaires qui soient plus élevés, on avait commencé à y travailler.
04:40 Plus d'indépendance financière, avec le rétablissement des comptes publics,
04:44 que j'appelle de mes voeux, pour lesquels je me bats,
04:46 et qui reste absolument indispensable à l'indépendance de la nation.
04:50 - Et enfin, une troisième chose... - Dois-je vous rappeler que vous êtes au pouvoir depuis 2017 ?
04:52 - Bien sûr, mais je vous rappelle qu'en 2017... - C'est cette crise que vous venez de nous raconter, la volante.
04:55 - Dois-je vous rappeler, Yves Calvi, que nous avons rétabli les comptes de la nation,
04:59 en 2017, en 2018, en 2019.
05:01 Dois-je vous rappeler que nous avons connu deux crises majeures,
05:04 le Covid, l'inflation, et que nous avons su maîtriser ces crises,
05:08 et que maintenant que nous en sortons, je le redis,
05:10 si l'indépendance est un des piliers de notre projet,
05:12 cela passe aussi par l'indépendance de nos finances.
05:15 Enfin, il y a un troisième sujet, qui me paraît indispensable,
05:18 c'est la défense de notre culture, notre culture nationale.
05:21 Parce que beaucoup de nos compatriotes ont l'impression qu'ils sont pris en tenaille
05:24 entre le wokisme d'un côté, et la montée de l'islam radical de l'autre.
05:28 Et ils veulent tout simplement qu'on réaffirme notre culture,
05:31 notre mémoire, notre histoire, ce que nous sommes.
05:34 Parce qu'on ne peut inventer ce que nous voulons devenir au XXIème siècle
05:37 qu'en étant fidèles à ce que nous sommes.
05:39 Voilà les trois piliers d'un projet pour les trois semaines qui viennent,
05:43 que je propose à la majorité, l'autorité, l'indépendance, la défense de notre culture.
05:50 - Bruno Le Maire, finalement, le président ne s'est-il pas acheté un plan de survie ?
05:53 Et si oui, à quel tarif ?
05:55 Vous êtes ministre de l'économie, les chiffres, ça vous connaît ?
05:57 - Si ça me connaît, c'est un peu mon métier.
06:00 Je vous redis à quel point aujourd'hui l'enjeu n'est pas de savoir
06:04 si un tel ou un tel va occuper telle position, ou occuper telle place.
06:09 L'enjeu, c'est ce que va devenir dans les années et les décennies qui viennent,
06:15 la nation française.
06:16 Ça va se décider dans trois semaines.
06:19 Ne pensons pas que cette élection est une élection comme les autres.
06:23 C'est, je le redis, une élection dont les conséquences ont d'une gravité sans précédent pour notre nation.
06:28 Vous connaissez tout ce qu'a proposé Marine Le Pen depuis quelques années en matière de politique publique.
06:34 Si on avait suivi les recommandations de Marine Le Pen, je rappelle que nous serions sortis de l'euro,
06:38 on n'aurait pas été projetés-gés face à la crise du Covid.
06:40 Nous serions du côté de Poutine et pas du côté de l'Ukraine.
06:44 Nous aurions été soignés à l'hydroxychloroquine au lieu d'avoir été soignés avec des vaccins.
06:48 Nous aurions abandonné les réacteurs nucléaires puisqu'elle estime que c'est dangereux.
06:52 Et nous serions aujourd'hui dans une situation de relégation, de déclassement national absolument épouvantable pour notre pays.
07:01 Est-ce que c'est vraiment ce que nous souhaitons pour la France ?
07:03 Les électeurs ont voulu sanctionner votre politique et notamment le président de la République.
07:06 Pourquoi changerait-il le comportement le 30 juin prochain ?
07:09 Ce n'est pas le comportement du président de la République qui est en jeu le 30 juin prochain.
07:13 Je parlais du comportement électoral des Français, je pense que vous m'avez compris.
07:18 Les Français, ils savent faire la distinction entre une élection européenne et une autre élection qu'est l'élection législative.
07:27 L'élection européenne a défini quels seraient les députés qui seraient au Parlement européen d'ici quelques jours.
07:33 L'élection qui se tient dans trois semaines va décider de la manière dont sera gouverné notre pays.
07:39 En matière économique, en matière financière, en matière de sécurité, en matière d'immigration, en matière culturelle.
07:45 C'est ça qui se décide dans trois semaines.
07:46 Emmanuel Macron doit débattre avec Marine Le Pen par exemple.
07:49 Ce sera à lui de le décider, ce qui compte c'est que chacun soit sur le pont.
07:52 Et vous le souhaitez ou à titre ?
07:53 Moi à titre personnel, je vais vous dire, dès cet après-midi, je vais partir en campagne,
07:58 expliquer ce sur quoi, à mon sens, il faut que nous nous positionnions,
08:02 écarter totalement les calculs d'appareils qui ne feront qu'irriter nos compatriotes,
08:08 qui vont nous demander dans les trois semaines qui viennent et d'ici le 30 juin, qu'est-ce que vous voulez pour la France ?
08:13 Et ce sera projet contre projet.
08:15 Projet du Rassemblement National contre notre projet.
08:18 Et ce projet, je souhaite qu'il soit une fois encore le plus clair, le plus simple, le plus déterminé possible
08:24 pour répondre aux inquiétudes qui se sont manifestées, aux colères, aux mécontentements, aux insatisfactions.
08:29 Et j'ai bien compris que vous n'excluez pas, je dis bien vous n'excluez pas d'être candidat aux élections législatives.
08:34 Je redis, je suis attaché au principe de trois mandats législatifs, pas un de plus.
08:39 Ensuite nous verrons si les circonstances exceptionnelles justifient notre décision.
08:44 les circonstances sont toujours différentes.
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