00:00Yves Calvi, Aude Vernuccio, RTL Soir jusqu'à 20h.
00:04Bonsoir David Béliard.
00:06Bonsoir.
00:06Vous êtes adjoint à la mairie de Paris, chargé des mobilités et candidat écologiste aux prochaines municipales.
00:11Merci de nous rejoindre sur RTL.
00:12L'Assemblée nationale a donc approuvé massivement hier la suppression des LFE,
00:16ces fameuses zones à faible émission qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants.
00:22Ce vote doit être confirmé par l'adoption du projet de loi dans son intégralité.
00:26Mais c'est déjà un camouflet pour cette mesure qui avait pour objectif d'améliorer la qualité de l'air en limitant les émissions de particules fines.
00:33David Béliard, c'est votre travail pour ne pas dire votre engagement qui est mis en cause.
00:37Comment percevez-vous tout ça ?
00:38D'abord, je suis en colère.
00:40Je suis en colère parce que derrière ce vote qui doit être confirmé, c'est la santé de milliers et des milliers de personnes qui est en jeu.
00:46Parce que la pollution de l'air, on l'oublie souvent, elle tue des milliers de personnes.
00:51Et ces personnes sont d'abord les personnes qui sont les plus pauvres.
00:54Vous savez, c'est celles et ceux qui habitent par exemple à proximité des autoroutes, des grands axes routiers, du périphérique par exemple en Ile-de-France.
01:01Et bien ça, c'est la santé de ces gens qui est aujourd'hui mise en cause.
01:05Nous avons fait des progrès ces dix dernières années parce que nous avons une politique volontariste très très forte à Paris
01:10ou dans la métropole et dans la métropole du Grand Paris.
01:13La qualité de l'air, par exemple à Paris et dans la métropole, elle s'est considérablement améliorée.
01:18Cette décision, si elle venait à être confirmée, cette fin des zones à faible émission,
01:23elle marquerait un stop sur cette progression et donc elle mettrait en danger, véritablement en danger, la santé de milliers et de milliers de personnes.
01:32D'abord, mon sentiment, c'est d'abord un sentiment de colère.
01:36Alors, vous nous dites que c'est injuste parce que ce sont les pauvres qui meurent de la pollution de l'air.
01:40On pourrait vous rétorquer aussi que ce sont aussi les plus pauvres qui n'ont pas les moyens d'avoir un véhicule propre.
01:45Mais je suis d'accord avec ça.
01:46Et d'ailleurs, ça fait des années et des années que nous demandons au gouvernement de prendre des mesures pour accompagner,
01:53pour aider les plus vulnérables, les plus précaires, les plus modestes,
01:57à avoir d'abord des alternatives à la voiture individuelle, les transports en commun qui sont des transports en commun de qualité,
02:03mais aussi, lorsque ce n'est pas possible, des véhicules qui sont des véhicules plus propres.
02:07Par exemple, en Ile-de-France, on estime que c'est 46 000 foyers qui sont obligés d'utiliser leur voiture
02:13et qui sont dans une situation financière modeste.
02:17Nous avons porté, j'ai porté auprès de la ministre, une demande très spécifique pour aider, par exemple,
02:22ces 46 000 foyers, ces 46 000 personnes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
02:28Mais face à ces demandes que nous portons depuis des années et des années,
02:31et ce n'est pas simplement les écologistes, l'ensemble des élus des métropoles qui sont concernés,
02:37nous avons un gouvernement qui est aux abonnés absents,
02:40parce que ce que nous payons aujourd'hui avec ce vote,
02:42c'est le fait que le gouvernement n'a rien fait depuis 10 ans,
02:45Macron n'a rien fait depuis 10 ans sur la question de la qualité de l'air,
02:49laissant ses zones à faible émission, et vous avez raison de le souligner,
02:52je sais que c'est le débat, dans cette situation un peu bizarre,
02:55où c'est le seul outil que nous avons pour pouvoir améliorer,
02:58en tout cas c'est un outil important que nous avons pour améliorer la qualité de l'air,
03:02mais en effet, il est parfaitement inégalitaire,
03:05et nous avons besoin de plus d'égalité sociale,
03:07mais au lieu de le supprimer, améliorons-le.
03:11C'est ça que nous portons et c'est ça que je porte.
03:13David Béliard, soyons très concrets,
03:15les 46 000 qu'il faudrait aider,
03:17vous venez de l'évoquer il y a quelques instants,
03:19on les aide comment très concrètement ?
03:21C'est de l'argent ?
03:22C'est un enjeu, et c'est donc un enjeu d'argent public ?
03:26Ah, c'est un enjeu d'argent public, bien sûr,
03:29parce que ce qui se joue là,
03:31ce sont les investissements que nous mettons,
03:33les investissements qu'on met, par exemple,
03:35pour améliorer les transports en commun.
03:37Mais ces gens-là, ils ont besoin de leur voiture,
03:39maintenant, demain, pour aller travailler.
03:40Comment les aident-on ? C'était ma question.
03:43Ah, mais ce sont des aides,
03:44ce sont des aides qui ont été supprimées en décembre
03:46par le gouvernement Bayrou,
03:48qui sont des aides à la conversion,
03:49c'est-à-dire des aides pour acheter des véhicules
03:52qui sont des véhicules plus propres.
03:53Et bien, de la même manière,
03:54pour ces 46 000 personnes,
03:55il faut des aides, c'est à peu près,
03:57nous, on estime à peu près à 500 millions d'euros,
03:59oui, c'est de l'argent,
04:01mais pour permettre à ces gens,
04:02eh bien, de pouvoir continuer à circuler,
04:04surtout, tout simplement,
04:05de pouvoir continuer à travailler et à vivre,
04:08parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens que la voiture,
04:10et que, évidemment, tout ça n'est pas suffisant.
04:13Il faut investir dans les transports en commun,
04:15nous avons pris trop de retard,
04:17même si en Ile-de-France,
04:18nous ne sommes pas les moins bien dotés,
04:20dans les autres régions françaises,
04:22mais je pense à d'autres métropoles,
04:23d'autres villes peut-être de plus petite taille,
04:25eh bien, on voit bien
04:26que nous sommes très en retard
04:28sur les transports en commun,
04:29ça n'a pas été la priorité d'Emmanuel Macron,
04:32et aujourd'hui, eh bien, on le paye.
04:34Comment on change les choses,
04:35par exemple, justement, en province,
04:36avec des bus, des cars ?
04:38Vous avez des bus,
04:39vous avez des RER,
04:40vous savez, oui, mais vous savez,
04:42quand vous mettez 50 personnes dans un bus,
04:43ça pollue toujours moins que 50 voitures.
04:46Donc, c'est toujours aussi une question de comparaison.
04:49Moi, je suis pour le droit à la mobilité.
04:51Je pense qu'il faut que chacun et chacune
04:53puissent avoir une alternative à la voiture individuelle,
04:56partout sur le territoire français.
04:58Et je pense que c'est possible.
04:59Le bus, c'est qu'une des solutions,
05:00mais ce n'est pas la seule.
05:01Nous avons des réseaux ferrés
05:03sur lesquels il nous faut investir
05:05pour créer, par exemple,
05:07eh bien, du train du quotidien,
05:08du RER, du TER.
05:10Mais tout ça, ça nécessite beaucoup d'investissement,
05:13ça nécessite beaucoup d'argent,
05:14et ça nécessite que sur les questions d'écologie
05:16et sur les questions de santé,
05:17eh bien, on parle peut-être un peu moins
05:19et on agit un peu plus.
05:21Alors, les directives environnementales
05:22ne sont pas souvent comprises
05:24ou bien comprises par les Français.
05:26Est-ce que vous vous en rendez compte ?
05:27Ah oui, elles sont même très instrumentalisées.
05:30Aujourd'hui, on nous parle
05:31d'écologie punitive.
05:32Aujourd'hui, on voit bien
05:33que l'extrême droite, la droite,
05:36voire parfois le gouvernement lui-même
05:39utilisent, instrumentalisent
05:41les questions d'écologie
05:42en faisant croire que c'est l'écologie
05:44qui punit.
05:45Mais c'est l'absence d'écologie qui punit.
05:47Il faut faire acte de pédagogie.
05:49Et puis surtout, personne,
05:51personne ne défend véritablement,
05:53en tout cas pas moi,
05:54une écologie qui n'est pas
05:55une écologie sociale.
05:56L'écologie sociale,
05:57l'écologie, c'est toujours
05:58de la justice sociale.
05:59L'écologie, c'est toujours
06:01une aide auprès des plus pauvres,
06:03des plus modestes,
06:04auprès de la classe moyenne.
06:07C'est toujours ce que nous cherchons
06:08à faire.
06:09Donc, c'est un combat politique.
06:10Et je vois bien qu'aujourd'hui,
06:11beaucoup de gens
06:12l'instrumentalisent.
06:13Moi, je pense qu'ils nous mettent
06:14en danger.
06:15Ils mettent en danger
06:16notre santé,
06:17mais ils mettent aussi
06:17en danger notre avenir.
06:19Si la France supprime,
06:19et ce sera ma dernière question
06:20pour de bon,
06:22les ZFE,
06:23zone à faible émission,
06:25je le rappelle,
06:26est-ce qu'elle pourra respecter
06:27les futures normes européennes
06:28sur la qualité de l'air,
06:29sachant que ces futures normes
06:30applicables en 2030
06:31seront deux fois plus strictes
06:33que celles en vigueur
06:34actuellement,
06:35David Béliard ?
06:36Mais même avec les zones
06:37à faible émission,
06:38on serait encore très loin
06:40de l'objectif.
06:40Vous savez,
06:40la France,
06:41elle est condamnée.
06:42Elle est condamnée
06:43pour inaction
06:44sur la question
06:45de la qualité de l'air.
06:46Donc, elle doit déjà de l'argent,
06:47elle doit payer des amendes.
06:49Donc, on est encore loin,
06:50très très loin
06:51des objectifs
06:52qui sont les objectifs
06:53de l'Organisation mondiale
06:54de la santé,
06:55et en l'occurrence ici
06:55les objectifs
06:56des futures normes européennes.
07:01Donc, vous voyez bien
07:01qu'en fait,
07:01on se tire une balle
07:02dans le pied
07:02sur cette question.
07:03On se tire une balle
07:04dans le pied.
07:05Si on enlève cet outil
07:06qui, encore une fois,
07:07doit être amélioré,
07:08eh bien là,
07:08on dit définitivement
07:10qu'on abandonne
07:10le combat
07:11de la qualité de l'air
07:11et que du coup,
07:13on abandonne
07:14la santé
07:14de nos concitoyens
07:15et concitoyennes
07:15et en particulier
07:16des plus pauvres.
07:17Merci David Béliard,
07:18adjoint à la mairie de Paris,
07:19chargé des mobilités
07:19et candidat écologiste
07:21aux prochaines municipales.
07:23Dans un instant,
07:23le journal de 18h30,
07:24bien entendu.
07:25Puis, dans RTL Inside,
07:27Valentin Boisset
07:27part à la rencontre
07:28des supporters.
07:29Ce soir,
07:29ils sont milanais,
07:31ils habitent Paris
07:31et ils cherchent
07:32désespérément un bar
07:33qui voudra bien
07:34les accueillir samedi soir.
07:36Discrétion exigée.
07:37A tout de suite sur RTL.
07:39RTL Soir
07:40Yves Calvi
07:42et ils sont milanais.
Commentaires