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  • 24/07/2024
Avec Eric Bertrand, Directeur adjoint des études chez Sauvegarde retraites

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##LE_COUP_DE_FIL_DU_MATIN-2024-07-24##

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00:007h11 sur Sud Radio, la revalorisation des petites retraites se fait attendre. Adopté en 2023,
00:09un million de retraités attendent donc toujours leur versement. Et pour nous expliquer cette
00:13situation, nous sommes avec Eric Bertrand, directeur adjoint des études chez Sauvegarde
00:16Retraite. Bonjour. Bonjour à tous vos auditeurs. Alors cette revalorisation, tout d'abord,
00:23qui est concerné ? Eh bien, en fait, ce sont les petites retraites. Il s'agissait de faire
00:32accepter la réforme borne, en fait. 600.000 retraités perçoivent donc cette revalorisation
00:41depuis septembre 2023. Il devrait y en avoir un million à partir de septembre 2024 avec un
00:47rattrapage par la CNAV. Donc, en fait, ce sont concernés les retraités qui perçoivent moins
00:52de 1350 euros bruts. Donc, il y a 185.000 nouveaux retraités qui seront concernés en 2024. Donc,
01:02voilà. En gros, un million six depuis septembre 2023 et jusqu'en septembre 2024 et 185.000 nouveaux
01:11retraités en 2024. Et qu'est-ce qui explique ? Mais le problème, surtout, de cette mesure,
01:18depuis le début, c'est qu'elle n'est pas financée, en fait. Donc, elle s'inscrit dans le problème
01:29beaucoup plus global des retraites, évidemment. C'est ce qui explique notamment, je pense,
01:35le fait que ça n'ait pas pu être versé en temps et en heure, comme prévu, parce que,
01:43finalement, le gouvernement n'avait pas vraiment le financement. Ça a été quelque chose qui était
01:54lancé pour faire passer la pilule de l'âge légal de départ. Mais, en réalité, dès le départ,
02:02rappelez-vous, le gouvernement a essayé de faire payer le prix à l'Agir Carco,
02:09c'est-à-dire au complémentaire du privé, auquel il devait soustraire jusqu'à 3 milliards d'euros
02:16à terme. Et donc, c'était fait, justement, cette ponction était faite théoriquement pour
02:25participer à financer, justement, cette revalorisation de l'ensemble des petites retraites.
02:32Et vous dites que le gouvernement n'a pas les fonds, ça représente une revalorisation de
02:37combien pour les retraités concernés ? À terme, c'est environ 3 milliards. Pour l'instant,
02:44enfin en 2026, je crois que c'était 1,6 milliard. Donc, c'est une somme qui n'est pas neutre. Loin
02:53de là, elle s'inscrit quand même dans un déficit des retraites réel. Je ne parle pas des retraites
02:59du corps, du déficit du corps. Le corps prétend qu'on était en 2023 à 4 milliards d'excédents
03:07en positif. En réalité, que ce soit le haut commissariat au plan en décembre 2022, l'ancien
03:16premier ministre Bernard Cazeneuve, le 24 avril dernier, le professeur Rémi Pelé, qui est
03:22spécialiste des finances sociales devant l'Assemblée nationale, l'ancien directeur général des impôts
03:28et inspecteur général des finances Jean-Pascal Beaufray, ont tous dit que le déficit est très
03:36très supérieur. Enfin, au lieu d'un excédent des retraites de 4 milliards en 2023, ils estiment
03:45qu'on est à un déficit qui est environ 68 milliards d'euros. Et là, en septembre, ça ne va pas s'arranger
03:51parce que vous nous avez dit que ce sera versé ces retraites qui manquent à partir de septembre,
03:56sauf que ce sera rétroactif, donc ça va faire une grosse somme à sortir pour l'État. Oui, alors
04:01bon, c'est une grosse somme par rapport au déficit que je viens d'évoquer. C'est relative, mais oui,
04:10c'est une grosse somme et l'État ne les a pas. L'État a 3 100 milliards de dettes à l'heure
04:18actuelle et s'il fait des réformes des retraites, c'est pour dire aux créanciers, vous voyez qu'on
04:24est solvable, vous pouvez continuer à nous prêter pour payer, entre autres, les retraites qui sont
04:29payées sur la dette. Et la dette publique, c'est ça qui est embêtant parce que c'est là que ces
04:35réformes sont démagogiques. C'est que la dette publique, qui est-ce qui va la payer en définitive ?
04:40Ce sont les générations futures, alors qu'on sait bien qu'elles vont avoir à faire un contexte
04:49justement concernant les retraites qui est très compliqué parce qu'il y a un rapport démographique
04:55qui est catastrophique et qui ne va pas en s'arrangeant. Donc on va faire porter aux générations
05:05futures des fausses qui ne sont absolument pas financées par l'État, qui sont financées que par
05:14la dette et elles vont avoir à payer la grande dépendance de leurs anciens, enfin des seigneurs,
05:23les pensions et sans compter effectivement les intérêts de la dette, etc. Ça va être très vite
05:31catastrophique. Et là, le groupe insoumis à l'Assemblée, hier sa présidente Mathilde Panot,
05:38a annoncé déposer un projet de loi pour abroger la réforme des retraites. Est-ce que vous attendez
05:42quelque chose de ce projet de loi ? Non, finalement ce n'est pas ça. La réforme doit être beaucoup plus
05:49globale. La réforme Borne était une réforme qui était faite, comme je le disais, pour rassurer les
05:56créanciers pour dire, vous voyez, on n'a pas pu faire la première, on en fait une seconde qui va
06:02plus passer. D'ailleurs, elle est passée elle aussi au 49-3. Et en fait, le recul de l'âge légal de
06:11départ a donné un peu d'oxygène aux retraites. Mais en réalité, l'essentiel avait été fait par la
06:22réforme Touraine. C'est l'allongement à 43 ans de la durée de cotisation. Et à partir de là,
06:29évidemment, le recul de l'âge de départ de 2 ans, ça comptait. Mais à la marge, parce que si vous
06:37prenez 43 ans de cotisation, de toute manière, la plupart des gens vont à 64 ans d'ores et déjà,
06:45en tout cas dans les régimes du secteur privé. Les régimes spéciaux, c'est différent.
06:51Selon vous, quelle est la solution pour un régime stable et durable ?
06:56Écoutez, la première solution pour nous, mais ça fait longtemps qu'on le dit, c'est déjà que
07:05l'État verbille ses propres régimes convenablement, puisque les régimes spéciaux du secteur public,
07:10tout compris, à commencer par ceux des fonctionnaires, qui sont les plus gros,
07:18ça représente, le déficit du régime des fonctionnaires à lui seul, c'est 30 milliards
07:23d'euros. Et il n'y a pas de caisse de retraite de la fonction publique d'État. Donc, en réalité,
07:30c'est payé par l'impôt et par le vœu de subvention d'équilibre et de surcotisation.
07:37Donc, nous, ce qu'on demande, c'est déjà qu'il y ait... Mais alors bon, évidemment,
07:44les syndicats de fonctionnaires, etc. sont vende-boues et on les comprend,
07:49parce qu'il y a des privilèges à la clé. Mais néanmoins, le gros problème, il est là. On ne
07:57peut pas continuer à avoir un système qui s'apparente à un traitement à vie, parce que
08:06c'est plutôt à ça que ça ressemble. Ça ne participe pas de la logique de la répartition.
08:10Et de l'autre côté, un système assurantiel sur le privé, dont les rendements ne cessent pas de
08:15baisser et qui sont toujours, et aujourd'hui encore, à chaque fois qu'il s'agit de l'argent,
08:21eh bien, ils visent les réserves de l'Agir Carco. Mais les réserves de l'Agir Carco,
08:26on parle d'un pactole. Et en réalité, ça représente une sécurité de neuf mois de
08:32paiement des pensions. C'est un pactole très relatif, vu qu'il y a des défis qui arrivent,
08:40avec l'arrivée à la retraite d'un grand nombre de monde.
08:44Merci beaucoup Éric Bertrand, directeur adjoint des études chez Sauvegarde Retraite.

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