00:00 J'ai la chance de recevoir non pas le journaliste à écharpe rouge mais le comédien à écharpe rouge.
00:05 Christophe Barbier, bonjour.
00:07 Bonjour Thomas, bonjour à tous.
00:08 Merci beaucoup d'être là ce matin.
00:09 On va parler de vos pièces de théâtre dans un instant.
00:12 Mais d'abord, la tradition ici c'est de dresser votre portrait sonore.
00:15 Des petits sons pour mieux vous connaître. Voici le premier.
00:17 J'irais dormir chez la dame de Haute-Savoie.
00:22 Car les étoiles...
00:25 Francis Cabrel, comme la dame de Haute-Savoie, vous êtes originaire de ce coin-là, Christophe Barbier.
00:32 Grandir dans les montagnes, vous dites que ça a forgé d'ailleurs votre caractère.
00:36 Ah oui, bien sûr, on a les pieds dans le granit et puis c'est une...
00:39 Ce sont des montagnes assez particulières où les gens travaillent énormément.
00:42 Et donc ça m'a donné quand même dès le début un peu d'endurance.
00:46 Et c'est vrai que vous travaillez énormément, vous faites énormément de choses.
00:49 Mais parce que j'aime ça.
00:50 Et depuis très longtemps.
00:51 Et depuis très longtemps, oui, oui.
00:53 Il a toujours été très actif.
00:54 Et lui, combien de temps il dort ?
00:55 C'est ce que j'allais vous demander.
00:56 Pas beaucoup, un peu plus de 4 heures.
00:58 Bon, mais il me faut maintenant des plages de récupération.
01:01 Les années passent.
01:02 Comment vous faites ?
01:03 Et on n'a qu'une seule vie, donc il faut en avoir plusieurs.
01:06 Vous prenez beaucoup de vitamines, vous avez un système particulier ?
01:09 La passion.
01:10 C'est ça qui me motive.
01:12 C'est à partir du moment où on a la chance de faire des métiers qui nous passionnent,
01:15 d'avoir toute la journée des moments de passion, ça porte.
01:19 Allez, extrait suivant, écoutez ça.
01:21 C'est super, tout est beau, les feux, les lumières, Paris.
01:26 Et peut-être les filles après.
01:28 Et pourquoi venir à Paris ? Il y en a ailleurs des filles et des lumières.
01:32 Mais les belles filles, c'est Paris.
01:34 Bonne année à la France, à l'Europe, au monde.
01:38 Quel événement restera pour vous l'événement de 89 ?
01:40 Ah si je vous le disais, l'avenir de mon futur petit-fils.
01:44 Qu'est-ce que vous souhaitez pour 90, aux gens ?
01:46 La paix.
01:48 Bonne année tout le monde.
01:50 Est-ce que vous vous souvenez de ça Christophe Barbier ?
01:52 J'étais de permanence le 31 décembre 1989 dans cette maison, Europe 1.
01:56 C'était mon premier stage.
01:58 Toute la rédaction était mobilisée par ce qui se passait en Roumanie à l'époque.
02:02 Et donc les stagiaires faisaient tout le reste.
02:04 Donc j'ai énormément travaillé, c'était un mois merveilleux.
02:07 Et on m'a affecté la permanence du 31 décembre.
02:09 Et le 31 décembre à minuit, Europe 1 à l'époque était juste à côté des Champs-Elysées.
02:12 On allait faire un micro-trottoir sur les Champs-Elysées.
02:15 Alors évidemment les jeunes journalistes ne savent plus ce que c'est,
02:17 mais il y en avait à l'époque les nagras.
02:19 J'étais reconnu.
02:20 Ça pesait 20 kilos, c'était des bandes magnétiques qu'il fallait monter.
02:24 Et se retrouver sur les Champs à minuit avec une partie de la population qui n'avait pas bu que de l'eau,
02:28 c'était une épreuve physique, j'ai cru que je n'allais jamais pouvoir rentrer à la rédaction.
02:32 Ah oui, il était un peu parti.
02:34 Mais votre voix n'a pas bougé Christophe Barbier.
02:36 Je suis très ému d'entendre ce morceau parce que j'en ai encore le souvenir.
02:42 Cette jeunesse-là, je ne l'oublierai jamais.
02:44 J'ai eu la chance de commencer mon stage à Europe 1.
02:47 Le premier jour, on m'a demandé de suivre un jeune journaliste qui débutait,
02:50 qui s'appelait François Baroin.
02:52 Et le deuxième jour, on m'a dit "là tu vas suivre une jeune journaliste qui a beaucoup de talent,
02:55 qui est très prometteuse, Laurence Ferrari".
02:58 Et à chaque fois que je vois Laurence, elle est un peu ma marraine de radio.
03:01 C'est génial.
03:02 Et il paraît que vous avez rencontré Jean-Pierre Elkabache aussi pour la première fois dans un ascenseur.
03:06 Exactement.
03:07 Il m'a dit "qui êtes-vous jeune homme ?"
03:08 Alors je me suis présenté, il m'a dit "vous savez quand on arrive dans cette maison, on vient me voir.
03:11 Pourquoi n'êtes-vous pas venu ?"
03:13 "Je ne voulais pas vous déranger."
03:14 "Venez, on est allé discuter politique."
03:17 Avant ça, vous aviez fait déjà pas mal de théâtre.
03:19 Vous avez monté votre première troupe à 17 ans.
03:21 J'imagine que ça vous a aidé d'ailleurs pour être à l'aise derrière le micro.
03:24 Oui, bien sûr.
03:25 Le théâtre aide pour beaucoup de nos activités médias.
03:28 Le micro, la caméra.
03:29 Et notamment parce que le théâtre, c'est une confrontation à un public vivant.
03:32 Il n'y a pas pire terreur, il n'y a pas plus grande peur que le trac avant d'entrer en scène.
03:37 C'est terrible.
03:38 Et donc quand on se retrouve après sur des plateaux télé, c'est moins impressionnant.
03:42 Ça paraît simple finalement.
03:43 Allez, une petite musique encore.
03:44 Alors si je passe du Carla Bruni ce matin, c'est parce que c'est un peu grâce à elle
04:00 que tout le monde vous identifie aujourd'hui, Christophe Barbier.
04:03 Ah oui, Carla a une part de mon histoire de l'écharpe rouge.
04:07 Voilà.
04:08 Elle vous a offert votre première écharpe ?
04:09 Non, ce n'était pas la première.
04:10 Elle m'a offert une écharpe.
04:11 D'accord.
04:12 Parce qu'on avait réalisé à l'Express sa première grande interview juste après son
04:16 mariage avec Nicolas Sarkozy.
04:17 Elle avait une grande peur de comment ça allait se passer, cette irruption comme première
04:21 dame.
04:22 Et ça s'est très bien passé.
04:23 On avait titré l'interview "Je ferai de mon mieux".
04:26 C'était une de ses phrases, un de ses mantras dans l'interview.
04:29 Et ça a été le record historique de vente de l'Express.
04:32 On a explosé tous les records et je pense que ça restera le record de vente.
04:36 Tous les Français, des jeunes groupies qui aimaient la chanteuse Carla Bruni jusqu'aux
04:40 hommes d'affaires qui se demandaient ce qui se passait au sommet de l'État, ont acheté
04:43 ce numéro de l'Express.
04:44 Et donc, elle vous a offert en échange une écharpe rouge qui a été vendue aux enchères
04:49 mais qui vous a été rétrocédée ?
04:51 Tout à fait.
04:52 C'était vendu aux enchères dans une soirée organisée par l'actrice Caterina Murino.
04:55 Et Caterina a racheté dans sa propre vente aux enchères cette écharpe pour me la redonner.
04:59 Donc je l'ai toujours.
05:00 On pourra la remettre en vente un jour.
05:02 Vous en avez combien d'écharpes aujourd'hui ?
05:03 J'en ai beaucoup.
05:04 Plusieurs dizaines.
05:05 Beaucoup ne sont plus en état d'être portées.
05:07 Et vous les portez sinon toute l'année ? Même à la plage, vous avez votre écharpe ?
05:10 Toute l'année.
05:11 Je change de matériaux.
05:12 Donc vous avez des matières différentes ?
05:14 Oui, un peu de lin, un peu de coton pour s'adapter à la température.
05:17 Et je les garde aussi la nuit parce que vous voyez, l'écharpe, ça ne se voit pas à la
05:19 radio mais l'écharpe, ça sert à ça.
05:21 On les met sur les yeux et on peut dormir n'importe où.
05:24 Les micro-siestes avec l'écharpe, c'est formidable.
05:26 En tout cas, c'est une formidable idée de marketing personnel que vous avez eue là,
05:29 Christophe Barbier, cette écharpe rouge qui vous va à merveille.
05:33 Alors je ne sais pas si vous la portez sur scène, peut-être pas quand même.
05:36 Quand on est quelqu'un d'autre, quand on a la chance d'être un autre personnage,
05:39 on laisse tomber l'écharpe.
05:40 Mais dans mon seul en scène sur l'histoire du théâtre, dans la deuxième partie, quand
05:43 je raconte cette fusion entre théâtre et politique à travers les siècles, je remets
05:46 l'écharpe.
05:47 Et on va parler de ces deux spectacles que vous jouez au Théâtre de Poche Montparnasse.
05:51 Ce sera dans un instant dans Culture Média.
05:53 Tout de suite sur En Parle.
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