00:00 - Oui, alors j'ai la chance de recevoir un homme multi casquette,
00:02 mais aujourd'hui on va s'intéresser à l'auteur et vétéran scène de pièces de théâtre
00:06 déjà récompensé cinq fois d'un Molière, Alexis Michalik.
00:10 Bonjour ! - Bonjour, bonjour !
00:11 - Et merci d'être là pour nous présenter votre nouvelle pièce "Passeport"
00:15 dont on va parler dans un instant, mais d'abord on va dresser votre portrait sonore.
00:19 Des petits sons pour mieux vous connaître.
00:21 Pour le premier, si je vous dis "Lucifer et l'Ange Bleu", ça vous parle ?
00:25 - Waouh ! "Lucifer et l'Ange Bleu", ça me dit absolument rien !
00:28 - Eh bien écoutez ça !
00:30 - Babou, salut !
00:33 - Ça se tombe bien qu'on se voit.
00:36 - Après ce qui s'est passé entre nous, t'auras sans doute pas envie de m'écrire,
00:38 mais je te la donne quand même.
00:39 - Qu'est-ce que c'est ? - Ma nouvelle adresse email.
00:42 - Ton pseudo, c'est plus "Lucifer" ?
00:43 - Ah non, ça s'est fini depuis deux semaines.
00:45 Je me suis racheté un PC et donc j'ai refilé l'ancien à un mec.
00:48 Bah tiens, c'est lui là-bas, tu vois ?
00:50 Je l'ai rencontré ici et il débute sur Internet.
00:52 Du coup, pour pas qu'il galère, je lui ai laissé tous les paramètres de mes connexions
00:55 et puis aussi mon pseudo.
00:56 - Alors, "Lucifer", c'est plus toi ? - Bah non, maintenant c'est lui.
00:59 Moi, je suis devenu "Satanas".
01:00 (rires)
01:03 - C'est effectivement un extrait de Julie Lescaut, il me semble,
01:07 qui était à mes premiers tournages, je devais avoir à mon avis 18 ans.
01:10 Et clairement, c'était très précis en termes de technologie à l'époque.
01:15 (rires)
01:16 - Ça te chatchait sur les internets !
01:17 - Oh ouais, on avait des pseudos !
01:19 (rires)
01:20 - Alors c'est vrai qu'on parle toujours de vous comme du "golden boy" du théâtre,
01:24 mais vous avez fait pas mal de télé aussi.
01:26 J'ai regardé Diane "Femme flic", "Femme de loi",
01:29 plus tard il y a eu "Cabool Kitchen", "Versailles" aussi,
01:31 vous avez même joué dans "Louis la Brocante".
01:33 - Absolument !
01:34 (rires)
01:35 C'était peut-être même le dernier "Louis la Brocante" qu'il a fait, je crois,
01:38 Victor Lanouff avant de m'équiter.
01:40 - C'était une période où vous disiez un peu "oui à tout" pour financer vos spectacles ?
01:42 - Je dis toujours "oui à tout", vraiment, ça n'a pas changé.
01:45 (rires)
01:46 Non, j'ai appris à dire non, mais non, pas du tout.
01:49 Moi, j'ai toujours été très très heureux d'être acteur
01:52 avant de devenir metteur en scène,
01:54 donc j'étais super content de me retrouver à faire mon métier
01:57 et vraiment, je crache pas dans la soupe.
01:59 Quand je me suis retrouvé à faire Diane "Femme flic",
02:02 on m'a dit "voilà, t'es un officier de police,
02:05 t'as un flingue, tu conduis la voiture".
02:07 J'avais pas mon permis, j'avais 21 ans, j'étais banco.
02:09 - Génial !
02:10 - C'était un bonheur, j'ai toujours adoré ces expériences-là,
02:12 elles m'ont construit et effectivement, elles ont aussi permis de financer
02:15 mes premières locations de salles à Avignon.
02:18 Donc ça a été le début de tout.
02:20 - Vous avez aussi participé à ça, écoutez.
02:22 - Ouais !
02:27 - Quand même !
02:28 - Avec tout grosse !
02:30 - Avec Dr Carter.
02:32 J'ai eu une scène avec Dr Carter et dans "Urgence"
02:36 et à l'époque où c'était vraiment tout le monde regardait.
02:39 - En plus, c'est le fameux épisode où Carter vient à Paris.
02:42 - Carter vient à Paris, il retrouve son ex
02:44 qui était jouée par Thandie Newton,
02:46 qui était hyper inconnue, qui avait joué dans "Mission Impossible".
02:49 Et moi, j'étais l'ex de Thandie Newton de manière totalement improbable.
02:53 J'avais genre deux phrases où je disais "je vais chercher les croissants"
02:56 et dans la scène, je devais conduire une voiture, une Smart,
03:00 et me tromper de sens.
03:02 Et donc on se retrouve un peu à la lecture avec le producteur des Etats-Unis,
03:06 tous ces espèces de gens très importants,
03:09 et on était cinq, et on lit le scénar,
03:11 et puis il se retourne vers moi et me dit "bon, t'as le permis ?"
03:15 Je dis "non".
03:16 Il y a un petit silence un peu gêné,
03:18 et le lendemain, j'étais sur un circuit avec un moniteur et une Smart,
03:21 et j'ai conduit pendant trois heures.
03:23 Ça, c'est les Américains.
03:24 - Et justement, un tournage de séries américaines,
03:26 c'est très différent d'un Juliets-Sco par exemple ?
03:29 - Ben...
03:30 Il y a un peu plus de moyens, quoi.
03:33 Mais non, mais dans le fond, en final, on fait tous notre métier,
03:36 et moi, j'ai pris énormément de plaisir sur les séries françaises aussi.
03:40 - Allez, extrait suivant.
03:41 - Je l'aime, moi,
03:43 et dans mon film, on ne sait pas,
03:45 regardez-nous jouer,
03:47 Roméo,
03:49 se mordir en silence.
03:51 - Alors ça, c'est pas vous, c'est Pierre Debarre.
03:53 - C'est moi qui chante, effectivement.
03:55 Je suis descendu quelques octaves de plus.
03:57 - C'est Roméo de Pierre Debarre,
03:59 parce que c'est votre premier rôle, Roméo, sur les planches, en 2001,
04:02 dans "Juliettes et Roméo",
04:04 adapté et mis en scène par Irina Broc,
04:07 au théâtre de Chailloux.
04:08 - Plus facile que la joueuse chinoise, pourtant.
04:10 - C'est vrai, je ne l'ai pas passé.
04:12 C'était votre tout premier casting, je crois,
04:14 premier casting, premier rôle ?
04:16 - Oui, c'était ma première expérience au théâtre, on va dire,
04:18 et j'ai eu la chance de faire Roméo,
04:20 j'avais 18 ans, on a joué à Chailloux,
04:23 à Lausanne, en tournée,
04:25 c'était extraordinaire, c'était une troupe fabuleuse,
04:27 dans laquelle il y avait des acteurs qui, aujourd'hui,
04:29 Jennifer Decker, c'était ma Juliette,
04:31 elle est aujourd'hui à la Comédie Française Sociétaire, il me semble,
04:35 et elle joue actuellement Roxane,
04:37 dans "Cyrano de Bergerac", avec Laurent Lafitte,
04:39 donc tout le monde a eu une super carrière
04:41 de cette troupe assez extraordinaire.
04:43 - Et aujourd'hui, vous êtes assez rarement sur les planches,
04:46 vous n'avez joué que dans une seule de vos créations,
04:48 c'était dans "Une histoire d'amour",
04:50 à ce cas-là, ça ne vous manque pas ?
04:52 - Ça me manque, mais en même temps,
04:54 c'est le temps qu'on accorde, quoi.
04:56 Comme j'ai plusieurs pièces qui se jouent en même temps,
04:58 je ne peux pas jouer dans une pièce,
05:00 parce que ça me bloque pour aller voir les autres, quoi.
05:02 Et puis, voilà, il faut bien continuer à créer,
05:04 donc c'est des choix, quoi, c'est des choix.
05:06 Mais de temps en temps, je suis hyper content d'y retourner,
05:08 c'est mon premier métier, quoi.
05:10 - C'est ça, parce qu'Alexis Michalik, il faut savoir qu'il a 3 pièces qui tournent en ce moment,
05:13 il y en a une quatrième qui va débarquer, donc, ce vendredi,
05:16 et parmi ces 3 pièces, eh bien, il y a celle-ci.
05:19 - Je n'ai rien écrit en 2 ans, comment je puis trouver un sujet en 2 heures ?
05:22 - Je ne sais pas, Edmond, improvise !
05:24 - "Cyrano de Bergerac".
05:26 - Qui est-ce ?
05:27 - Un poète, fin prêteur, avec...
05:29 - Avec ?
05:30 - Un grand nez !
05:31 - Un grand nez !
05:32 - Il m'a commandé une pièce en 3 actes !
05:34 - Mais c'est merveilleux !
05:35 - Merveilleux, peut-être, sauf que je n'en ai pas écrit une ligne !
05:38 - Voilà, Edmond, 5 Molières en une soirée,
05:41 c'est le très beau palmarès de votre pièce, que vous avez ensuite adapté au cinéma.
05:44 Mais à la base, d'ailleurs, vous aviez plutôt écrit un scénario pour en faire un film.
05:47 - Complètement, ça faisait 15 ans que j'avais l'idée en tête,
05:50 je voulais absolument en faire un film, et puis un jour,
05:52 on n'arrivait pas à le financer au cinéma,
05:54 on avait trouvé un producteur, mais pas de financier.
05:57 Et puis, en allant à Londres, je suis allé voir "Shakespeare in Love"
06:00 adapté au théâtre, et je me suis dit, c'est vraiment génial,
06:03 le problème, c'est que le film a déjà existé,
06:06 il aurait fallu que la pièce soit la première, quoi.
06:09 Et là, je me suis dit, mais en fait, Edmond, il faut que je le fasse d'abord au théâtre,
06:12 mais bien sûr, bon sang, mais c'est bien sûr, Eureka !
06:14 Et finalement, on a trouvé le Palais Royal,
06:17 qui nous a dit, ok, venez pour faire une pièce,
06:20 c'était assez risqué, avec 12 acteurs, pas de tête d'affiche,
06:23 que des bons comédiens, mais pas de stars.
06:26 Et on est partis au Palais Royal, et ça fait 8 ans qu'on y joue,
06:29 et que ça continue à remplir, et on est tous
06:32 babas devant cette aventure complètement folle.
06:35 On est à deux doigts de battre,
06:38 enfin deux doigts, ou quatre, on va dire, de battre le record
06:41 de la Cage aux folles, qui a joué
06:44 1800 fois au Palais Royal, et nous,
06:47 on est à peu près à 1550, donc il nous reste
06:50 un peu moins d'un an. - Et après, on suit, il y a quoi, il y a "Boeing Boeing" ?
06:53 - "Boeing Boeing", c'était pas au Palais Royal, mais oui, ils ont joué 20 000 fois,
06:56 mais on est dans d'autres sphères, il n'y a pas de comparaison.
06:59 - Oui, l'histoire est belle, c'est qu'après, grâce à tous les Molières que vous allez obtenir,
07:02 vous allez pouvoir réaliser effectivement ce film "Hennemont",
07:05 qui est à voir, et puis à aller au Palais Royal, si vous n'avez pas eu l'occasion
07:08 de voir cette pièce de théâtre, c'est absolument fabuleux, "Hennemont".
07:11 Alexis, Michalik, on va parler de votre nouvelle création, maintenant,
07:14 qui s'appelle "Passeport", c'est au Théâtre de la Renaissance à partir de vendredi.
07:17 J'ai pu lire le texte, je vous livre ma critique.
07:20 critique !
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