00:00 Culture Média sur Europe 1 avec Thomas. Il est votre invité ce matin, Thomas. Vous recevez Alain Chanfort.
00:05 Et Alain, on va écouter quelques petits sons pour mieux vous connaître. Voici le premier.
00:09 Croyez-vous que je sois jaloux ? Pas du tout, pas du tout.
00:17 Moi, j'ai entre ma fille, un pièce à bout.
00:23 Vous avez 17 ans Alain Chanfort. Quand vous chantez, jouez sur un petit orgue électrique,
00:28 des reprises des Stoes, des Beatles, du Rhythm and Blues, dans des groupes qui sont repérés par
00:33 un directeur artistique de Vogue. Et vous êtes en rendez-vous quand soudain débarque Jacques Dutronc.
00:40 Je ne le connaissais pas à ce moment-là. Vous ne le connaissiez pas ?
00:42 Bah non, je ne savais pas qui c'était. Sauf que lui décide de vous prendre dans sa bande.
00:45 Ah oui, alors bon d'accord. Je pensais que vous vouliez parler de la première rencontre. Il est
00:49 arrivé dans le bureau, j'étais en rendez-vous avec le directeur artistique qui souhaitait nous
00:53 signer. Et Dutronc fait irruption dans le bureau avec deux, trois copains. Ils ont foutu le bureau
00:57 du mec en l'air, ils lui ont mis des claques derrière la tête. Ils ont balancé tous les
01:03 objets du bureau par terre. Enfin, j'ai dit "mais qu'est-ce que c'est que ces mecs ?" Et puis
01:05 finalement on s'est retrouvés dans le bar à côté, ça s'appelle Canary. Et puis après on s'est
01:10 pu quitter. Et alors donc vous avez vécu la grande vie avec lui à 17 ans quand même ?
01:14 Oui bien sûr, pour moi la grande vie. Je découvrais ce qu'était la vraie vie tout
01:19 simplement parce que je vivais chez mes parents, j'avais une petite vie de petit garçon sage et
01:23 tout. Et puis d'un seul coup... Il avait paniqué comme tout le monde quand même. C'était la grande
01:27 vie. Quand je dis grande vie, c'est que vous alliez dans les relais château. Ah oui, on se privait de
01:31 rien. Il nous entraînait avec lui partout. Et puis j'ai connu surtout toutes les couches de la société.
01:38 Dutronc était apprécié par tellement de gens différents. Ça allait de l'intelligentsia parisienne
01:46 aux galas très populaires. On avait accès à beaucoup de choses que j'ai découvert à ce
01:53 moment-là. Et puis ensuite arrivait 68, vous rencontrez Dick Rivers qui vous fait enregistrer
01:57 vos premiers 45 tours à 19 ans. Et puis vous rencontrez une autre légende, Claude François.
02:02 Vous composez d'abord pour lui et puis il vous propose de chanter.
02:05 Ça c'est en 1974. C'est marrant parce qu'on sent la pâte Claude François.
02:16 On reconnaît Claude François là. Il vous a parrainé, il vous a pris sous son aile un peu Claude François ?
02:21 Oui, il m'a entraîné dans son énergie et il m'a surtout imposé au monde des médias et tout ça à
02:30 l'époque. Il voulait vraiment ma réussite. Il me produisait donc c'était justifié.
02:37 Mais grâce à lui quand même ça a été très vite. Vous disiez que vous aviez une forme de fascination
02:43 pour lui, sa façon de se mettre en scène, de chercher à impressionner les médias tout en
02:47 en étant assez généreux ? Oui, il avait à la fois beaucoup de qualités, énormément de défauts.
02:53 C'est un personnage très contrasté mais on ne pouvait pas lui reprocher son énergie, son charisme,
02:58 sa séduction. Il avait de l'humour et puis une volonté à toute épreuve. Il avait envie
03:06 d'être numéro un tout le temps. Il voulait que vous ayez du succès mais pas trop quand même.
03:10 Après à la fin il s'est énervé un petit peu mais bon. Moi je n'entretiens pas cette
03:16 idée, cette histoire là parce que je trouve qu'il a été indispensable pour moi et que je préfère
03:21 garder tous les aspects positifs qu'on a eu ensemble. Et puis à un moment vous reprenez
03:24 votre liberté, vous arrivez à CBS et vous trouvez un parolier qui a eu un petit succès,
03:28 un certain Serge Gainsbourg qui vous écrit votre tube Manu Reva. On a retrouvé cet archive
03:34 d'Europe 1 du 1er février 1975, c'est dans l'émission 567.
03:39 Je suis venu te dire que je m'en vais Et tes larmes n'y pourront rien changer
03:49 Comme dit Sébien Verlaine, nous allons vers... Je suis venu te dire que je m'en vais
04:01 Tu te souviens des jours anciens mais tu blagues Tu suffoques, tu blémis à présent que sonne le goût
04:16 - Il est joli ce duo - C'est magnifique. Julien Péchenay m'avait fait parvenir par
04:21 intermédiaire de mots de ma compagne et donc je le connaissais. Je le connais depuis hier
04:25 mais j'étais super étonné, je ne me souvenais pas du tout de ce moment. - Julien, le roi des archives,
04:32 est allé ressortir ça et c'est vrai que lui, contrairement à Claude François, il n'y avait
04:36 pas du tout de jalousie, il était très heureux de votre succès et du succès de Manu Reva en
04:40 particulier. - Oui, qui aurait pu se plaindre d'un succès tel que celui-ci. Puis ça a surtout permis
04:46 notre collaboration de se poursuivre et de faire un album à la suite de Manu Reva qui était
04:50 magnifique avec Chasseurs d'Ivoire, Malaise en Malaisie. C'est un album que je suis fier d'avoir
04:56 fait. - On va continuer à parler de tout ça et de votre carrière Alain Chanfort. Après le journal
05:01 Permanence, sur Europe 1, nous serons avec un invité inattendu, un certain Alain Chanfort.
05:06 A tout de suite !
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