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00:23 Le massif des Pyrénées, c'est une toute petite chaîne de montagne quand on regarde par rapport aux Alpes.
00:27 Ça fait 400 km d'est en ouest, qui reste assez préservée d'un point de vue de la biodiversité.
00:34 L'association d'un contexte biogéographique lié au milieu montagnard et des usages comme le pastoralisme, la forêt,
00:42 qui est relativement ancienne, a fait que finalement on a des vallées qui sont assez préservées,
00:49 car assez accidentées, pas forcément très très fréquentées.
00:53 En termes d'espèces particulières, la France a la chance d'avoir notre dahu pyrénéen,
00:59 parce que c'est une espèce qui est très très peu connue, qui fait un petit peu le charme et l'emblème des Pyrénées.
01:05 Le dessement des Pyrénées, on le dit endémique des Pyrénées,
01:08 mais il est aussi présent dans les massifs montagneux du nord-ouest de l'Espagne et du Portugal.
01:13 C'est un petit mammifère semi-aquatique, qui se nourrit effectivement des insectes sur le fond des cours d'eau.
01:19 C'est un petit mammifère qui a une physionomie très atypique, on l'appelle aussi souvent rat-trompette.
01:25 Il se caractérise effectivement par cette trompe qui peut bouger au même titre qu'un éléphant,
01:31 et qui lui permet d'attraper les insectes dont il se nourrit et se repérer dans son environnement.
01:37 En termes de connaissances sur l'espèce, finalement on ne sait pas grand-chose.
01:40 Si on veut mieux la protéger, il faut mieux la connaître.
01:43 C'est aussi un sentiment des gens qui travaillaient un petit peu dessus, de se dire "cette espèce elle ne va pas bien".
01:50 Et je pense que c'est ce qui a fait que cette espèce a été inscrite dans les plans nationaux d'action.
01:56 A partir de 2009, à la demande de l'État, ça a été le premier plan national d'action en faveur du dessement des Pyrénées,
02:03 qui a permis vraiment de mettre les moyens pour améliorer les connaissances sur cette espèce,
02:09 d'un point de vue de la biologie, de l'écologie, de ses menaces, de sa répartition, etc.
02:14 Les raisons de diminution de l'espèce sont très certainement multifactorielles.
02:19 Les activités anthropiques sont celles qui impactent certainement le plus l'espèce et son habitat,
02:24 parce qu'elles ont tendance à modifier le milieu, soit par des systèmes de pollution,
02:29 soit par la modification des débits, l'artificialisation des cours d'eau.
02:33 Et il y a d'autres impacts connus sur le dessement des Pyrénées.
02:36 Des autopsies ont révélé qu'il y avait par exemple beaucoup de prédation par les chats domestiques.
02:40 Il y a la prédation par la loutre, qui revient pas mal dans les Pyrénées,
02:44 et puis le vison d'Amérique, qui est une espèce, elle, introduite, qui a tendance à coloniser beaucoup de milieux.
02:50 Je dirais que dans le plan national d'action dessement, il y a une famille d'actions qui concerne plutôt l'acquisition de connaissances.
02:58 Il y a la préservation concrète, c'est-à-dire les habitats dégradés,
03:02 et puis de les restaurer pour qu'ils soient plus favorables à l'accueil de l'espèce.
03:06 Et ensuite, un dernier volet, qui est plutôt essayer de faire que tous les acteurs de l'eau concernés travaillent ensemble.
03:12 Le PN adessement a cette particularité d'être arrivé à fédérer les acteurs de l'eau autour de la préservation de l'espèce.
03:19 Un des gros avantages, c'est que du coup, les outils qu'on a produits ont été élaborés collectivement.
03:25 L'outil principal, c'est une cartographie de prise en compte de l'espèce,
03:29 c'est-à-dire qu'à l'échelle des Pyrénées, n'importe quel maître d'ouvrage qui aujourd'hui réaliserait un projet susceptible d'impacter la rivière
03:35 est obligé de prendre en compte l'espèce.
03:37 Une des actions phares, c'est de mieux connaître quels sont les débits minimums biologiques pour l'espèce,
03:44 pour que sa niche écologique soit la plus fonctionnelle possible.
03:47 Ce qu'on est en train de faire là aujourd'hui, c'est une opération de radiopistage.
03:53 Donc on va poser une soixantaine de pièges dans les veines de cours d'eau.
03:58 On va faire des relevés toutes les heures et demie, et ça pendant toute la nuit et toute la journée,
04:04 jusqu'à ce qu'on arrive à capturer un décement.
04:07 Donc une fois qu'on a capturé le décement, on va le peser, on va essayer de le sexer,
04:11 d'essayer de connaître son âge avec l'usure dentaire,
04:15 de faire un petit prélèvement de poils pour faire de la génétique.
04:18 Et ensuite, on va lui poser un petit émetteur sur le dos avec un petit point de colle.
04:22 Et quand on le relâche, on va essayer de suivre 24 heures sur 24 ce petit décement des pyrénées,
04:29 avec un récepteur et un émetteur, une antenne.
04:31 Et là, on va essayer de caractériser son territoire, son domaine vital et son rythme d'activité.
04:37 Et on va mettre ça en lien avec un usage des cours d'eau produit par l'hydroélectricité,
04:42 et voir dans quelle mesure le débit minimum biologique pour le décement serait le meilleur,
04:47 tout en prenant en compte l'activité et comment on peut arriver à concilier les deux approches.
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