- il y a 2 ans
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00:00 Eh bien salut, salut à tous. Ça faisait longtemps, hein.
00:03 « Enfin nous voici tous réunis. »
00:06 « Vous m'avez manqué ! »
00:08 Oh putain, ça vieillira jamais, cette...
00:12 Quelle catastrophe, cette dame.
00:14 Enfin nous voici réunis pour une nouvelle dose de singerie et de débilité.
00:19 Alors, de quoi allons-nous parler aujourd'hui ?
00:21 Nous sommes effectivement dans le plus beau pays du monde, le pays de la liberté d'expression,
00:25 liberté de la presse, droit de l'homme et tout ce que tu veux.
00:28 Mais il se trouve qu'au Macronistan, en ce moment, la liberté de la presse, elle a plutôt tendance à reculer.
00:34 C'est pas nouveau. Et ça s'arrange pas.
00:36 Et il s'est passé deux, trois petites dingueries au mois de mars, comme je vous le disais,
00:40 fin mars, où il y a eu un enchaînement comme ça d'événements porteurs de sens, on va dire.
00:45 Et je me suis dit que c'était l'occasion un peu de revenir sur ces différents sujets
00:49 pour faire une sorte de panorama à travers ces quelques sujets d'actualité
00:54 de l'État, de la liberté de la presse et de l'information dans notre beau pays, le Macronistan.
01:02 Alors on va commencer avec Philippe Valle, on va faire un crescendo.
01:05 Donc il a fait une chronique à propos de deux journalistes de France Inter,
01:09 si je ne me trompe pas, Radio France en tout cas,
01:11 et il va nous parler un petit peu du pédigré et du comportement de ces deux journalistes
01:17 qui sont allés faire des reportages en Irak, en Syrie aussi, je crois,
01:23 et qui ont manifestement un petit lien avec Daesh en fait.
01:28 On va écouter ça.
01:30 Le mois passe en 2022.
01:32 Il est question d'embaucher une journaliste de Mediapart, Céline Martelet,
01:37 pour faire un reportage à Idlib en Syrie.
01:40 Plusieurs confrères, spécialistes du Moyen-Orient, alertent le syndicat des journalistes,
01:46 la société des journalistes, le secrétariat général de la rédaction
01:49 et la direction de la rédaction de France Inter.
01:52 La journaliste en question aurait des liens avec Daesh
01:56 et serait mêlée à un transfert d'argent en vue d'exfiltrer de Syrie
02:01 des femmes djihadistes et le terroriste français Maximilien Thibault.
02:05 L'affaire est publique puisqu'en 2019 déjà,
02:09 elle a fait l'objet d'un article dans le JDD et dans Le Monde
02:12 qui rapporte sa garde à vue avec la DGSI sans la nommer,
02:16 mais en citant le JDD, ce qui témoigne de l'exceptionnelle délicatesse
02:21 dont il faut créditer notre journal de référence,
02:24 délicatesse dont Le Monde a oublié de faire preuve pour Akili,
02:27 soit par distraction, soit parce que son cas était plus grave.
02:31 Chacun sait qu'il est infiniment plus compromettant
02:37 d'avoir des contacts avec Jordan Bardella qu'avec Daesh.
02:40 - Et qu'est-il arrivé à Céline Martelet ?
02:43 A-t-elle renoncé à l'embaucher ?
02:45 - Pas du tout.
02:46 Les insinuations, les avertissements des collègues sont balayés d'un revers de manche
02:51 et on signe un contrat en bonne et due forme à Céline Martelet
02:54 qui part donc en Syrie pour le compte de France Inter.
02:57 Elle en revient avec un reportage qui est diffusé le dimanche 24 avril 2022.
03:03 - On se met à la place des autorités de la rédaction de France Inter.
03:07 Elle a le label Mediapart,
03:09 qui équivaut pour le journalisme à celui du port salut pour le fromage.
03:13 Si c'est écrit dessus, c'est que c'en est.
03:15 Un tel label, plébiscité par Sciences Po,
03:19 ne pouvait qu'encourager à la présumer innocente.
03:22 C'est un pari risqué, mais courageux.
03:25 - Mais pourquoi le pari était-il risqué ?
03:27 - Parce qu'il est perdu.
03:28 Une dépêche d'AFP nous apprend que Céline Martelet, vendredi dernier,
03:32 a été condamnée par le tribunal de Paris
03:34 pour les délits mentionnés à 12 mois de prison avec sursis
03:39 et une amende de 10 000 euros à payer solidairement avec ses complices.
03:42 Son avocate annonce qu'elle compte faire appel,
03:45 ce qui permet à nouveau et à bon droit de bénéficier de la présomption d'innocence,
03:49 bien qu'elle ait fini par reconnaître au cours de l'audience,
03:52 être sortie du cadre de son métier.
03:55 C'est pourquoi j'en resterai là ce matin,
03:57 et quand je pense aux attentats perpétrés sur notre sol
04:01 et qui ont fait 260 victimes depuis 2012,
04:04 j'avoue que je cale un peu devant les différents usages
04:07 de la présomption d'innocence au bénéfice du djihadisme
04:11 dans le service public de l'information.
04:13 Histoire écrite.
04:15 C'est épatant, c'est avec vos impôts.
04:17 Les deux journalistes reconnus pour leur travail sur les femmes françaises
04:20 ayant rejoint Daech, leurs démarches qui leur sont reprochées
04:23 ont permis de sauver des vies,
04:25 à commencer par celle de Melina Boughidhir.
04:28 A mi-2017, cette djihadiste était bloquée en pleine guerre à Mossoul
04:32 avec ses quatre enfants qui mouraient de faim.
04:34 Elle a finalement été exfiltrée grâce à l'intervention d'un officier irakien corrompu,
04:38 une opération dans laquelle les deux journalistes ont été impliqués,
04:42 avec Bruno V, l'avocat, qui avait recruté ces journalistes
04:46 et leur avait demandé d'envoyer de l'argent,
04:48 justement, pour corrompre la brigade antiterroriste sur place
04:53 et permettre l'exfiltration de ces personnes.
04:56 Finalement, Melina Boughidhir est restée sur place
05:01 et elle a été condamnée à 20 ans de prison en Irak.
05:04 Son mari, conjoint, enfin oui, mari, je pense,
05:07 Maximilien Thibault, est considéré comme mort sur place
05:10 et ses gosses, par contre, ont été rapatriés en France et sont à notre charge.
05:14 Donc forcément, ces personnes, les deux journalistes et l'avocat,
05:18 ont été condamnés pour financement du terrorisme,
05:22 puisqu'ils ont apporté de l'argent à des membres de Daesh,
05:25 mais on nous explique que tout ça, c'est une histoire de perte de sens,
05:28 c'est de dévoiement, en fait.
05:30 Ils se sont laissés emporter, les protagonistes,
05:34 flattés de disposer d'une certaine lumière médiatique,
05:37 aveuglés par des liens affectifs qu'ils ont ou pensent avoir
05:40 avec les jeunes sur zone, perdent toute distance et toute lucidité.
05:44 L'affaire a été brutée. Dès 2019, Bruno Vinet est suspendu
05:48 de l'ordre des avocats, mis en examen, placé sous contrôle judiciaire.
05:52 Il pouvait difficilement plaider, il a quitté la profession.
05:55 Mais il n'existe pas d'ordre des journalistes.
05:57 Aucune sanction disciplinaire n'a été prise contre les deux enquêtrices
06:02 qui ont continué à travailler.
06:04 Donc c'est là qu'ils ont été embauchés, notamment par Radio France.
06:09 Mais aussi, là, on nous dit qu'en 2018,
06:12 Edith Bouvier a couvert le procès de Mélina Bouguédir à Bagdad
06:16 pour le journal suisse Le Temps.
06:18 Elle avait visiblement un accès privilégié à l'accusée
06:20 par l'intermédiaire de ses avocats. On se demande pourquoi.
06:23 Elle a aussi couvert le procès d'autres djihadistes à Bagdad pour Le Point.
06:26 Mélina Bouguédir a été condamnée à 20 ans de réclusion.
06:30 Ce n'était pas une jeune fille égarée, mais encore moins une pure idéaliste.
06:36 Selon Associated Press américaine, citant des sources irakiennes,
06:41 Mélina Bouguédir faisait partie de la police d'émeurs islamiste
06:45 chargée de veiller à ce que pas une mèche de cheveux ne dépasse.
06:48 Donc visiblement, c'était plutôt des gens impliqués.
06:51 C'est pas un type un peu paumé qui sont partis en Irak ou en Syrie
06:56 pour aller faire le djihad et qui se sont rendus compte sur place
06:58 que c'était pas forcément le Club Med.
07:00 C'était des gens qui étaient vraiment impliqués dans Daesh, dans l'idéologie,
07:03 et qui avaient, comme on peut le voir ici, un certain pouvoir,
07:07 puisqu'ils faisaient partie de la police d'émeurs,
07:09 c'était quelqu'un d'assez radicalisé.
07:11 On nous dit qu'ici, simultanément, des jeunes femmes étaient réduites
07:14 à l'état d'esclaves sexuels dans la différence générale.
07:16 Dans la guerre civile à laquelle les Françaises ont participé,
07:19 écrivent Édith Bouvier et Céline Martelet,
07:22 les femmes yézidis ont vécu un calvaire, littéralement réduites en esclavage.
07:27 Y compris à Mossoul, où elles ont été violées, maltraitées, affamées, etc.
07:33 "Étrangement", ajoute-t-elle, "aucune des Françaises que nous avons interrogées
07:37 sur les esclaves sexuels n'a répondu à nos questions."
07:41 Donc ces journalistes constatent qu'il y a une certaine souffrance
07:45 autour des gens victimes de Daesh, mais elle va prendre l'argent,
07:49 travailler avec un avocat, et elle va essayer d'exfiltrer
07:53 ces membres de Daesh qui sont en train de se faire éclater à Mossoul
07:58 au moment de l'effondrement de l'État islamique en 2017.
08:01 Et elle va plus aider ces membres de Daesh que ces fameuses femmes yézidis
08:05 qu'elle voit vivre un calvaire.
08:08 On peut faire aussi la même critique, qui est faite généralement à la gauche un peu bobo,
08:14 d'avoir plus de compassion pour les petites peines à l'autre bout du monde
08:18 que pour le gars à côté de chez lui qui vit dans la rue au bas de chez elle.
08:22 C'est l'humanisme version BHL.
08:25 Alors ce qui était intéressant, c'est qu'ici les deux journalistes ne cachent pas
08:28 qu'elles étaient favorables au rapatriement des femmes yézidis françaises.
08:32 Par ailleurs, remarquablement renseignées, elles entendraient contribuer au retour
08:36 d'une fanatique qui, de leur propre aveu, leur avait davantage parlé de recettes de cuisine
08:40 que de politique. Alors bon, ça va.
08:43 "À aucun moment nous n'avons donné notre avis, porté de jugements moraux, se défend-elle.
08:48 Notre objectif est plus prosaïque, écouter, retranscrire, tenter de ne pas nous impliquer.
08:53 Sur ce dernier point, le moins qu'on puisse dire, c'est que la feuille de route n'a pas été respectée.
08:58 On ne s'implique pas, on ne met pas de jugement moral, mais on va rapatrier les femmes yézidis françaises
09:04 dans une sorte de gauchistes humanistes tolérants à dessous.
09:09 Vous ne pensez pas comme moi, mais je vais quand même vous aider à vous en sortir."
09:13 Ou un truc un peu de cette nature, j'ai l'impression, derrière.
09:17 Par contre, cette personne qui a été condamnée,
09:20 elle a fait appel, alors que midi tout le monde a le droit à la présomption d'innocence,
09:24 mais en tout cas condamnée en première instance pour financement du terrorisme,
09:27 qui semble avoir du mal à distinguer son rôle de journaliste
09:32 et à s'impliquer peut-être un petit peu trop dans ses enquêtes,
09:35 puisqu'elle participe presque à des missions d'exfiltration de terroristes,
09:39 pour les ramener en France en plus, ce n'est pas très sympa.
09:42 Donc cette personne qui a été condamnée, tout le monde connaît ses agissements,
09:45 elle se retrouve quand même mandatée par différents médias.
09:48 Il y avait Radio France qui était épinglée,
09:51 mais on nous disait aussi ici qu'elle avait travaillé pour Le Temps, journal suisse,
09:55 puis aussi pour Le Point en 2019, au moment où tout ça a été su.
09:59 Ça ne pose pas de problème d'avoir une journaliste qui a un lien peut-être un petit peu trop étroit,
10:04 au moins sentimentalement, avec Daech.
10:07 Par contre, travailler avec l'ERN ou supposer qu'on ait des liens avec l'ERN,
10:12 ça conduit à la suspension.
10:14 Alors, ce dernier évoque les heures sombres de notre histoire, bien entendu.
10:18 Ça marche à toutes les sauces.
10:20 Alors, ce dernier évoque les heures sombres de notre histoire, bien entendu.
10:23 Ça marche à toutes les sauces.
10:25 Interrogé par Le Quotidien, le journaliste a assuré ne pas avoir signé de contrat d'écriture
10:29 pour le livre de Jordan, évoquant sa vie professionnelle personnelle.
10:34 Mais il aurait accepté de livrer une ébauche de texte,
10:37 après avoir dans un premier temps évoqué que le journaliste avait été un peu déçu.
10:41 Et puis, il a évoqué que le journaliste avait été un peu déçu.
10:44 Et puis, il a évoqué que le journaliste avait été un peu déçu.
10:47 Et puis, il a peut-être accepté de livrer une ébauche de texte,
10:50 après avoir dans un premier temps décliné l'invitation.
10:52 Donc, en gros, il y a eu des échanges autour de la possibilité pour ce journaliste
10:56 de participer à cette biographie, de plus ou moins loin, peut-être de donner un avis.
11:02 Il a reconnu avoir formulé des avis et des retours sur le texte.
11:05 Donc, il y a eu des échanges avec Bardella par SMS,
11:08 autour de cette possibilité de travailler, peut-être même d'écrire cette autobiographie.
11:13 Il a simplement donné son avis, comme on parle, à une connaissance ou à un bon pote.
11:17 Donc, il y a quand même un truc un peu bizarre autour de la relation
11:21 que certains journalistes peuvent entretenir avec les gens qu'ils reçoivent régulièrement.
11:25 Il y a forcément un lien qui se crée, un rapprochement.
11:28 Et du coup, on se retrouve avec des affaires comme ça,
11:31 où à la télé, dans les médias, on a l'impression qu'il y a une distance,
11:36 une mise en scène en tout cas, de cette distance qui est faite entre le journaliste et l'interviewé,
11:42 surtout quand c'est une personnalité politique.
11:45 Et puis, on se rend compte que dans la coulisse, les DM sont ouverts, comme on dit,
11:49 et que le gars peut tout à fait recevoir des propositions commerciales du jour au lendemain.
11:53 Alors, tout d'un coup, il y a un doute sur son indépendance,
11:58 puisque finalement, si à tout moment, il peut être embauché par les gens qu'il interviewe,
12:03 peut-être que ça ne se fera jamais, mais peut-être aussi que ça se fera.
12:06 Et forcément, ça crée un biais peut-être de sympathie envers l'interviewé,
12:10 qui va devenir demain un employeur ou en tout cas une source de revenu quelconque.
12:14 Donc ça, effectivement, il y a un problème de déontologie, et ça peut être bien de poser la question,
12:19 mais effectivement, avoir un lien avec Jordan Bardella et échanger autour d'un possible contrat,
12:27 ça vous fait suspendre de votre poste. Par contre, avoir un lien avec Daech,
12:31 soit c'est bon, on va continuer à travailler avec vous, on va continuer à vous embaucher,
12:35 ce n'est pas un problème, ce n'est pas un souci.
12:37 Quand c'est dans le camp du bien, on se souvient de Anna Cabana, la femme de Blanquer.
12:42 Alors c'était un peu vieux, puisque c'était un peu vieux janvier 2022.
12:46 Blanquer, qui était en vacances à Ibiza, pour vous redonner le contexte,
12:51 avait balancé quelques jours avant la rentrée de nouvelles directives autour des mesures sanitaires, Covid, etc.
12:59 Oui, c'était juste avant la guerre en Ukraine qui a mis fin à l'épidémie de Covid.
13:04 Donc juste avant la rentrée, Blanquer, depuis Ibiza, depuis ses vacances, avait dit "oui, les nouvelles..."
13:09 Il avait donné d'ailleurs une interview dans le JDD, une interview dont l'accès était payant,
13:15 et les consignes sanitaires avaient été dispensées comme ça, dans une interview payante, dont l'accès était payant.
13:22 Les enseignants l'avaient découvert un peu comme ça.
13:25 Et ça avait créé une sorte de polémique quand même.
13:28 Et qui était venue commenter cette polémique ? Sur E24 News, la journaliste Anna Cabana,
13:34 qui était présentatrice et qui a animé un débat autour de cette affaire de Blanquer,
13:40 qui depuis Ibiza donne des consignes.
13:42 Et à aucun moment dans l'émission, on nous expliquait qu'Anna Cabana est en fait sa femme,
13:46 et qu'elle était présente à Ibiza avec lui au moment de cette fameuse polémique.
13:52 Donc quelque part, elle était mieux renseignée que tout le monde.
13:54 Mais le problème, c'est qu'à aucun moment dans l'émission, on indique les liens entre Blanquer et la journaliste.
14:01 Et elle a animé un débat complètement orienté d'ailleurs, en faveur de Blanquer.
14:06 Et ça n'a pas posé de questions, de problèmes au niveau de la rédaction d'E24 News,
14:10 qui ne lui a pas dit "Écoute, là, visiblement, il y a un léger conflit d'intérêt,
14:14 on va peut-être mettre quelqu'un d'autre pour traiter ce sujet".
14:16 Non, on va la mettre.
14:18 Et évidemment, ça a créé une polémique supplémentaire, duquel elle s'est défendue en disant ceci,
14:23 "Cette relation est publique depuis deux ans,
14:26 donc on est censé être au courant des coucheries des uns et des autres,
14:29 quand vous regardez la télé, vous devez savoir qui baisse qui, parce que sinon, c'est votre problème, en fait.
14:34 J'en ai déjà payé le prix fort.
14:36 Aujourd'hui, tout le monde sait que je suis la campagne de Blanquer,
14:38 voilà, c'est ce que je vous disais,
14:40 je ne peux pas en payer la facture tous les jours.
14:43 Ben si, parce que le conflit d'intérêt, il est tous les jours.
14:45 C'est pas parce qu'on est au courant du conflit que le conflit disparaît.
14:49 Sinon, on est censé considérer que cette émission ne sert à rien et nulle est non avenue.
14:52 Enfin, que l'émission qu'elle animait, du coup, on est censé changer de chaîne.
14:55 C'est votre responsabilité, c'est-à-dire que c'est une personne, on lui pointe un conflit d'intérêt,
15:00 et elle dit au prétexte que je l'ai déjà fait et que les gens sont au courant, je peux le refaire.
15:05 Il n'y a plus de conflit d'intérêt.
15:07 Bon, deux poids deux mesures, quoi.
15:09 Donc voilà, il faut être au courant.
15:11 Vous pouvez fricoter avec Daech, vous pouvez commenter les agissements de votre mari de ministre sur l'antenne,
15:17 ça c'est pas un souci, c'est pas un conflit d'intérêt.
15:20 Mais si vous échangez un peu trop de SMS douteux avec un membre du parti sale, du parti caca,
15:27 là c'est très grave et vous serez suspendu.
15:30 Faut le savoir, c'est tout.
15:32 Autre fait marquant, on a ici une journaliste de France 3
15:36 qui a été projetée au sol par des gendarmes lors d'un reportage sur l'opposition au chantier de l'autoroute A69.
15:43 On a quelques écureuils qui squattent des arbres pour empêcher la construction de cette autoroute.
15:48 [Brouhaha]
16:12 Bon voilà, c'est pas grand chose en soi.
16:16 C'est quelqu'un qui a poussé un autre quelqu'un, qui est tombé, elle est un peu âgée,
16:19 elle s'est peut-être pété le coccy, c'est pas grave.
16:22 Mais ça pose quand même une certaine question, puisque depuis ce qui s'est passé autour de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes,
16:27 dès qu'il y a quelques couillons qui se mettent dans un arbre pour bloquer un chantier d'infrastructure,
16:32 c'est la panique.
16:34 C'est la panique, et du coup ça fait quelque temps déjà qu'ils essayent de restreindre autour de ce...
16:39 l'accès des journalistes à cet événement, à cette contestation.
16:42 Les deux journalistes du service public sont là pour filmer la descente des écureuils installées depuis un mois
16:47 dans des arbres situés sur le tracé de la future autoroute.
16:50 Lorsque nous sommes arrivés, on nous a demandé d'attendre, nous voulions accéder au site par ce chemin,
16:54 qui est une voie publique, un chemin qui est une voie publique,
16:58 car nous avions peur de louper la fin de l'occupation de la crème arbre.
17:02 Nous avions le droit de passer par là, puisque jusqu'à présent nous avions eu une autorisation, en plus,
17:06 ils sont autorisés à utiliser une voie publique, il n'y avait donc aucune raison qu'ils nous bloquent.
17:11 Mais les minutes passent, les journalistes comprennent qu'elles ne pourront pas avancer
17:16 qu'après la descente des militants anti A69, bien trop tard pour tourner des images.
17:22 Après des pourparlers sans effet, elles décident de passer.
17:25 Nous avons vu qu'à l'autre bout du chemin, tous les soutiens aux écureuils bougeaient pour accéder aux arbres.
17:31 Je décide de m'avancer, et forcément ils m'empêchent de passer.
17:34 Donc les militants étaient sur place, ils étaient visiblement proches du « dieu d'action », on va dire,
17:41 mais les journalistes ont été empêchés d'accéder pour ne surtout pas produire la moindre image,
17:46 au cas où il y ait des débordements.
17:48 Les journalistes ont donc été empêchés de couvrir cet événement,
17:51 et en soi l'événement n'est pas très grave, on n'est pas non plus en Russie,
17:56 on a juste une gendarme qui a poussé un peu violemment quelqu'un et qui est tombé,
18:01 c'est un peu niveau cours d'école, mais ça montre que l'État veut empêcher de diffuser certaines informations.
18:07 C'est surtout pour empêcher qu'il y ait une nouvelle occupation, une nouvelle ZAD qui se crée,
18:12 type aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et on va couper, cacher toute couverture médiatique
18:18 pour éviter qu'il y ait un emballement, que d'autres personnes viennent,
18:21 et que ça crée « plus de problèmes que ça n'en résout »,
18:25 et donc on va comme ça masquer l'information au public,
18:28 et empêcher les journalistes d'accéder à certains lieux.
18:31 Moi je ne me suis pas renseigné sur cette histoire d'autoroute,
18:34 mais c'est plus l'élément, l'événement lui-même qui est intéressant,
18:38 sur la manière de traiter les journalistes, et de leur empêcher d'accéder à certains lieux,
18:42 qui à mon avis est important et qui pourrait se devenir une habitude.
18:47 Dans le même genre, justement on a ici le déroulé de ce qui s'est passé
18:51 autour de la couverture de la conférence de presse qu'il y a après les conseils des ministres,
18:55 donc à chaque semaine, et cette conférence de presse qui se tient avec Prisca Tevneau,
19:00 porte-parole du gouvernement, qui est face à des journalistes accrédités,
19:04 qui peuvent poser les questions qu'ils veulent, qui sont autorisés à discuter,
19:08 à réagir à ce que dit la porte-parole, un format de discussion assez libre,
19:12 et jusqu'à maintenant il y avait plusieurs caméras,
19:15 qui filmaient à la fois la ministre quand elle parle,
19:18 et puis les journalistes quand ils posent les questions.
19:21 Et on va voir qu'il y a eu des petits soucis,
19:23 vous avez peut-être vu passer ce genre de vidéos sur Twitter,
19:26 donc voilà, il y a ce format de journalistes qui posent une question
19:30 et de la porte-parole qui répond,
19:32 et qui va créer comme ça quelques buzz un peu sur les réseaux sociaux.
19:36 Donc on avait Frédéric qui avait posé une question, il me semble, sur Nord Stream,
19:41 qui l'avait foutu dans la sauce,
19:43 et puis pareil, plus bas, on voit ici avec Semil Sanji, donc pour le Média.
19:49 Donc je vous laisserai lire un peu cet article en détail, sur Off Investigation,
19:55 et qui relate comme ça, à travers un certain nombre d'exemples,
20:00 comment l'Élysée formate l'information,
20:03 formate la manière dont l'information va être diffusée,
20:06 de manière à déjà éviter les questions gênantes,
20:09 à éviter de se retrouver comme ça pris à partie.
20:12 On a par exemple ici, avec la rencontre Blinken-Macron,
20:17 aucune question n'est autorisée, tout simplement.
20:20 Les gens viennent, les deux représentants viennent,
20:22 diffusent le message qu'ils ont envie de diffuser,
20:24 ils s'en vont, et tu as juste à prendre note de ce qu'on a dit, et tu la fermes.
20:30 Idem aussi avec les conférences de presse jupitériennes,
20:34 qui sont rares et verrouillées, certaines questions sont téléphonées en avance,
20:37 on peut voir Macron qui lit carrément des réponses,
20:40 les accréditations aussi sont délivrées au compte-gouttes,
20:44 et si vous n'êtes pas dans le bon serrail, on vous dit que c'est plein,
20:47 "Ah malheureusement, il n'y a plus de place de libre, vous n'allez pas pouvoir venir, c'est dommage",
20:52 et puis se rendre compte que des collègues à eux obtiennent des accréditations
20:55 quelques heures plus tard, quelques jours plus tard,
20:58 donc visiblement il y avait encore de la place, mais pas pour tout le monde.
21:01 Idem pour les questions, qui est autorisé à poser les questions,
21:06 "Oh ça va bientôt être votre tour, vous n'en faites pas, vous allez pouvoir lever la main",
21:10 il y a des SMS comme ça qui s'échangent,
21:12 nous publions de nouveaux éléments sur la conférence de presse de Macron,
21:15 dont un échange de messages qui confirme que certaines questions étaient connues d'avance des conseillers,
21:20 et puis il y a aussi un ordre, des gens qui lèvent la main pour poser des questions,
21:25 on leur dit "Oui, vous allez passer, vous n'en faites pas",
21:28 puis la conférence de presse est terminée et votre question est passée à la trappe, c'est dommage.
21:33 Et donc il y a cette fameuse conférence hebdomadaire du Conseil des ministres,
21:38 qui a donné, comme je le disais, des séquences qui ont fait un peu de buzz sur les réseaux sociaux,
21:44 et on va essayer de couper cette tribune où des journalistes peuvent prendre la parole,
21:50 poser directement leurs questions à la ministre,
21:52 et le diffuser sur les réseaux sans que ce soit filtré par une rédaction autorisée à penser.
21:57 Parce qu'on va voir que le chef de rédaction a un rôle important,
22:00 et que s'il ne le remplit pas, il dégage assez vite.
22:03 Or là, on court-circuite la rédaction,
22:05 on diffuse directement la question et la réponse sur les réseaux sociaux,
22:09 et ça pose un problème.
22:11 Il y a eu une petite altercation, et ça a même concerné les journalistes eux-mêmes.
22:17 Je voulais vous lire un passage qui était intéressant.
22:19 Donc ils ont viré les images, il n'y a plus de champ contre champ avec le journaliste,
22:23 déjà pour essayer de diminuer cet effet buzz un peu.
22:27 Ces interrogations ont déplu à certains journalistes.
22:32 Donc Jemile Senly nous raconte qu'au moment où il pose sa première question à la porte-parole,
22:38 un membre du staff se précipite derrière lui pour lui tirer le coude
22:42 et lui demander à l'oreille d'écourter.
22:44 Lorsque Myriam Laribi, je crois que c'est sa collègue,
22:47 est à son tour au micro pour poser des questions à la ministre,
22:50 Jemile, qui est assis dans la salle, explique entendre de façon très nette
22:55 l'agacement d'une consoeur à l'arrière,
22:57 il voit ostentatoirement agiter ses bras et souffler durant l'échange en direct.
23:03 Il décide, après avoir longuement hésité, d'approcher, en fin de séance,
23:06 la consoeur en question, en compagnie de Myriam Laribi.
23:10 Il dit vouloir essayer de la comprendre.
23:12 Bien qu'elle se déroule à l'abri du regard de la ministre,
23:15 la scène qui s'ensuit n'en demeure pas moins lunaire.
23:17 Assurant vouloir dissiper l'incompréhension qui semble s'être installée,
23:20 Myriam et Jemile racontent avoir été accusés par deux de leurs confrères
23:25 de chercher à faire de ce point presse une tribune,
23:28 de vouloir faire le buzz en repartageant des séquences filmées
23:32 de leur échange avec la ministre.
23:34 Votre simple présence est un problème, leur est-il notamment asséné.
23:37 Pour faire baisser la tension, Myriam Laribi nous explique
23:40 qu'elle propose à une interlocutrice de se parler tranquillement entre confrères.
23:43 On n'est pas des confrères, se voit-elle rétorquer.
23:46 Myriam et Jemile rapportent qu'au cours de cette scène,
23:49 il leur est dit que des discussions seraient en cours sur le principe même
23:52 de filmer les journalistes pendant qu'ils s'adressent à la porte-parole du gouvernement.
23:56 « Je serai de ceux qui demanderont un changement »,
23:59 leur aurait ainsi lâché l'un des interlocuteurs.
24:02 Et donc là, on voit comment certains journalistes de salon, on va dire,
24:06 ont intériorisé une certaine soumission à l'égard du pouvoir,
24:10 une certaine déférence.
24:12 On n'est pas là pour poser des questions qui dérangent.
24:15 C'est mal vu, c'est de la provocation.
24:18 Mais on est là pour poser des questions très sages,
24:20 bien polissées, bien comme il faut,
24:22 pas faire de vagues, pas créer de problèmes.
24:26 Nous sommes en démocratie, on n'est pas en Corée du Nord,
24:29 donc on ne va pas commencer à poser des questions gênantes.
24:32 Et on voit que des journalistes eux-mêmes reprochent à d'autres journalistes
24:36 d'être trop journalistes, trop incisives dans leurs questions.
24:42 Et donc voilà, en fait, ils sont ramenés à leur propre médiocrité,
24:45 et ils accusent de vouloir faire le buzz, de faire une tribune.
24:49 Je pense que poser certaines questions autour de l'attentat de Nord Stream
24:52 peut être légitime.
24:54 Surtout quand on accuse les Ukrainiens d'avoir fait le coup.
24:57 Est-ce qu'on va continuer à donner des centaines de milliards à l'Ukraine
25:00 alors qu'ils attaquent des infrastructures stratégiques pour l'Europe ?
25:05 Peut-être pas. Ça vaut le coup de poser la question.
25:08 Donc je vous laisserai un peu reprendre cet article si vous voulez,
25:10 parce qu'il est assez long.
25:12 Mais il donne comme ça des informations intéressantes
25:14 sur la manière dont l'information va être structurée, forcément.
25:20 C'est un peu dans la même veine que cette affaire
25:23 autour de cette journaliste bousculée.
25:26 C'est les petits trucs du quotidien,
25:28 c'est les petits trucs qui ne sont pas structurels,
25:30 mais plutôt opérationnels dans la vie quotidienne des journalistes,
25:34 mais qui vont formater la manière dont l'information va être construite.
25:38 Et on voit que des choses assez anodines ont une importance,
25:42 comme par exemple le fait de filmer ou non les journalistes,
25:44 le fait d'avoir le droit, de se sentir autorisé à poser des questions,
25:48 et pas se dire "ouh là là, si je demande un truc un peu trop incisif,
25:53 on va m'accuser de faire le buzz".
25:55 Ça peut créer une forme d'autocensure.
25:57 Donc il y a une mentalité peut-être à revoir au niveau des journalistes de ce côté-là.
26:03 Et comme je vous le disais, ce genre de séquence,
26:06 où il y a un lien direct journaliste-ministre,
26:10 et on diffuse sur les réseaux sociaux,
26:12 ça court-circuite quelqu'un de très important,
26:14 le directeur de la rédaction.
26:16 Car un directeur de rédaction est responsable de ce qui est diffusé,
26:20 et il peut se faire virer.
26:22 Comme on a ici le cas.
26:24 "Directeur de la rédaction de La Provence, mis à pied après un titre de une,
26:27 dénoncé par des élus macronistes."
26:29 La rédaction d'ailleurs s'est mise en grève,
26:31 peut-être pas parce que son directeur s'est fait virer,
26:33 mais parce qu'il y a un côté mince,
26:35 les gens vont savoir qu'on est aux ordres de la macronie.
26:38 On peut être des larbins, mais faut pas que les gens le sachent,
26:40 sinon ils arrêteront d'acheter le journal.
26:42 "Le directeur du quotidien appartenant au milliardaire Rodolphe Saadé,
26:46 à la direction du quotidien,
26:48 a convoqué Aurélien Wiers, directeur de la rédaction,
26:51 pour un entretien préalable à son licenciement."
26:54 Ah ! On va pas commencer à poser des questions.
26:57 Voilà, c'est en réaction à une une.
27:00 Donc le problème vient de là.
27:02 Vous savez que Macron était parti à Marseille
27:04 pour se plaindre du trafic de drogue.
27:07 Il devrait plutôt s'intéresser déjà aux membres de son gouvernement,
27:10 parce qu'il y en a quand même un certain nombre
27:12 de maires ou d'élus macronistes
27:14 qui ont été pris pour trafic de drogue.
27:17 Et puis entre ceux qui le trafiquent et ceux qui en consomment aussi,
27:20 il commence à y avoir un paquet de monde qui sont impliqués dans le problème.
27:23 Mais il est venu faire la morale aux dealers dans les quartiers nord de Marseille,
27:27 et la Provence a fait cette une,
27:29 qui a été jugée ambiguë,
27:31 avec ces mots "il est parti" et "nous on est toujours là".
27:35 Si tu vois deux jeunes assimilés racailles,
27:38 assimilés dealers, visiblement.
27:40 La veille, le journal a barré sa première page d'une citation choc
27:43 d'un habitant de la Castelane.
27:45 Donc apparemment, monsieur et madame tout le monde,
27:47 les fameux habitants qui en ont marre du trafic.
27:51 "Il est parti", "on est toujours là",
27:53 regrette une des personnes interviewées sur place
27:55 par le quotidien marseillais,
27:57 résumant le sentiment de déception des habitants
27:59 que nombre de reporters et d'équipes de télévision
28:01 ont également pu relayer dans la journée.
28:04 Mais certains élus membres du camp présidentiel
28:06 n'ont pas digéré cette phrase,
28:08 l'interpellant comme une tribune ouverte aux trafiquants.
28:10 On voit deux jeunes en survête,
28:12 assis sur un rocher, là, sur un banc,
28:15 c'est des trafiquants.
28:17 Évidemment, c'est écrit dessus.
28:19 Donc ils disent que c'est un bras d'honneur à la République
28:21 et au boulot de tous ceux qui interviennent dans les quartiers
28:24 force de l'ordre, travailleurs, enseignants, etc.
28:26 En fait, tout ça est un malentendu et un quiproquo,
28:29 mais apparemment des élus macronistes ont décroché leur téléphone,
28:33 et ce serait même Macron lui-même, selon Blast.
28:36 24 heures après l'appel du président à Rodolphe Saadé,
28:40 propriétaire de la Provence,
28:41 le directeur de la rédaction est mis à pied,
28:43 et il est même carrément, vous avez vu, il va être viré.
28:46 Le journal s'est excusé.
28:48 Il a même dû rédiger dans les colonnes du journal un mot d'excuse.
28:52 Musée de la presse, c'est simple comme un coup de fil.
28:55 Selon les informations de Blast,
28:57 le président Macron a appelé lui-même dès le matin du 21,
29:00 Rodolphe Saadé, héritier de CMA-CGM,
29:03 milliardaire, nouveau tycoon des médias,
29:06 propriétaire notamment de la Provence.
29:08 « Personne n'engueule Saadé au téléphone »,
29:11 assure un conseiller éliséen,
29:13 mais le message est bien passé.
29:15 Pour preuve, comme l'a écrit Le Monde,
29:17 le directeur de publication de la Provence
29:20 s'est convoqué par Saadé le jour même
29:22 pour se faire remonter les bretelles.
29:24 Du très bel ouvrage de la part du chef de l'État progressiste,
29:27 initiateur d'État généraux de l'information,
29:30 et un grand ennemi autoproclamé des pouvoirs autoritaires et extrémistes,
29:33 en une journée et un coup de fil à un ami,
29:35 le locataire de l'Élysée a obtenu un mot d'excuse
29:37 et la tête d'un journaliste.
29:39 Quant à Rodolphe, il n'a pas fait passer un message à la seule Provence.
29:43 Futur heureux propriétaire de BFM et de RMC,
29:46 l'ami du président vient de tracer sa ligne éditoriale.
29:50 Alors qui est un peu Rodolphe Saadé ?
29:52 C'est effectivement quelqu'un qui est assez proche de Macron.
29:56 Et vu de Suisse, il est considéré comme le nouveau Bolloré version Macron.
30:01 Pour ceux qui ne savent pas, la CMACGM,
30:04 c'est une entreprise de transports maritimes.
30:07 Ils se sont fait un fric fantastique après le Covid,
30:10 puisqu'il y a eu un envolé des prix des conteneurs du transport maritime.
30:15 Ils se sont fait un fric formidable.
30:17 C'est vraiment les artisans de la mondialisation.
30:19 J'en profiterai pour vous conseiller un documentaire
30:23 "Qui contrôle la mer et le commerce mondial ?"
30:27 C'est sur la chaîne "Notre Monde".
30:29 Je vous invite à aller jeter un coup d'œil à ça
30:31 et vous verrez la manière dont le transport maritime
30:33 profite à fond de la mondialisation,
30:35 des pavillons de complaisance notamment.
30:37 Donc non seulement ils font de la fraude fiscale sur leurs bénéfices
30:41 et profitent des législations de complaisance habituelles
30:44 pour déplacer les bénéfices et éviter les impôts,
30:47 mais ils bénéficient aussi de pavillons de complaisance,
30:50 c'est-à-dire qu'ils localisent leurs bateaux dans certains pays
30:54 et lorsqu'ils sont dans les eaux internationales,
30:56 la loi du pavillon s'applique sur le bateau,
31:00 ce qui induit parfois quelques économies substantielles
31:04 relatives à l'emploi du personnel.
31:06 Donc c'est vraiment à la fois l'un des moteurs de la mondialisation
31:10 et ceux qui en profitent le plus, le commerce maritime.
31:12 C'est vraiment des gens qui sont sur la ligne de Macron,
31:16 quelque part, le monde mondialisé unipolaire.
31:19 Ils en ont un intérêt considérable.
31:22 Dans un monde où le protectionnisme reviendrait,
31:24 la CMA-CGM, peut-être que ces affaires se réduiraient.
31:28 Donc Rodolphe Saadé est considéré de Suisse
31:30 comme le nouveau Bolloré version Macron.
31:33 Le quotidien Le Temps voit ce rachat comme une étape spectaculaire,
31:36 franchie par ce milliardaire, très liée à la Macronie.
31:40 En difficulté, malgré de bonnes audiences,
31:42 le groupe Altice Média va changer de propriétaire.
31:45 Vendredi 15 mars, les employés des deux antennes du groupe Altice,
31:49 la radio RMC et la chaîne d'info en continu BFM,
31:52 donc RMC qui est la première radio en termes d'audience
31:56 et BFM qui est la deuxième télé en continu de France,
32:00 ont appris leur rachat par le milliardaire franco-libanaire Rodolphe Saadé,
32:04 une acquisition d'un montant d'un 1,5 milliard d'euros.
32:07 L'armateur à la tête de la CMA-CGM a franchi une nouvelle étape spectaculaire
32:12 dans la création de son super empire pour manipuler l'opinion publique.
32:17 La première chaîne d'information en continu est la deuxième radio,
32:20 donc j'ai inversé les deux,
32:22 intègre le jeune groupe de presse baptisé Why Not Media,
32:26 dans lequel figurent des titres comme La Provence, Corse Matin,
32:29 le journal La Tribune.
32:31 Il possède également des participations dans le groupe M6
32:34 et le média en ligne Brut.
32:36 On va revenir un peu sur M6 un peu après.
32:38 Fortement endetté, le président d'Altice Patrick Drahi,
32:42 auquel appartenaient jusqu'alors BFM et RMC,
32:45 n'a eu d'autre choix que de céder la quasi-totalité de son groupe médiatique.
32:49 De son côté, Saadé a vu ses revenus exploser ces dernières années avec la vague
32:53 qui portait jusqu'en 2023 les armateurs commerciaux du monde entier
32:58 depuis la sortie du Covid.
32:59 C'est désormais dans les médias que ce milliardaire franco-libanais de 54 ans
33:03 semble vouloir diversifier son groupe de la manière la plus visible.
33:07 Cette entrée remarquée dans le secteur des médias n'est pas sans rappeler
33:10 celle d'un autre milliardaire français.
33:12 Le titre Genevois considère que Rodolphe Saadé se mue en nouveau Bolloré
33:16 du paysage français des médias.
33:18 Celui qui a d'ailleurs racheté la branche transport et logistique
33:21 du groupe du milliardaire breton, donc de Bolloré,
33:24 devient un concurrent direct de l'empire médiatique de ce dernier.
33:27 Leur chaîne d'information en direct BFM et CNews sont au coude à coude
33:31 dans le baromètre des audiences.
33:33 De même, le lancement de La Tribune du Dimanche par Rodolphe Saadé
33:37 est concomitant de la prise de contrôle mouvementée du JDD,
33:41 autre titre dominical par Vincent Bolloré.
33:44 Donc là on voit vraiment, à travers cet effet de miroir,
33:47 entre CNews et BFM d'un côté, le JDD et La Tribune du Dimanche,
33:52 que la diffusion de l'information est vraiment captée par les milliardaires
33:56 qui utilisent vraiment l'information comme un produit.
33:59 Et ils tentent d'obtenir une influence sur le public qu'ils vont pouvoir monnayer.
34:04 On va voir pour quoi faire.
34:06 Pour le temps, un élément différencie cependant les deux milliardaires.
34:09 Le breton de 71 ans au catholicisme rigoriste assumé
34:14 et régulièrement accusé d'interventionnisme idéologique
34:17 en faveur de l'extrême droite, d'Éric Zemmour à Marine Le Pen.
34:21 C'est justement en contraste avec cette approche
34:24 que La Tribune du Dimanche a été lancée.
34:26 Radolphe Saadé est de son côté très lié à la Macronie,
34:29 tout comme son père était proche de la Chirac.
34:31 Une proximité confirmée en 2022 par sa volonté d'embaucher
34:34 au sein de la CMA-CGM Jean-Baptiste Djebari,
34:38 ancien ministre des Transports du premier quinquennat de Macron.
34:41 Un recrutement qui n'aura finalement pas lieu en raison de la vie défavorable
34:45 émise par la haute autorité de la transparence de la vie publique,
34:48 indiquant le risque de mise en cause du fonctionnement indépendant
34:51 et impartial de l'administration.
34:53 Un ministre des Transports qui se fait embaucher
34:56 dans une grosse entreprise de transports maritimes,
34:59 ça commence à devenir un peu bizarre.
35:01 Toutefois, Djebari était allé chez Opium,
35:03 une start-up qui prétendait créer une voiture à hydrogène, il me semble.
35:08 On se souvient de son succès flamboyant,
35:11 où il avait littéralement cramé la caisse.
35:13 Il avait employé une centaine de personnes,
35:16 s'était versé un salaire de dingue,
35:18 et finalement il a été remercié
35:21 et félicité pour son bilan.
35:23 Vous avez très bien travaillé, bravo,
35:25 pour avoir porté l'entreprise à un tel niveau de désastre,
35:28 puisque une fois que Djebari s'est barré,
35:31 ils ont viré les trois quarts du personnel qu'il avait embauché.
35:35 Le projet de bagnole s'est passé à la benne.
35:37 On va juste se contenter de vendre un peu de technologie
35:40 autour de la pile à combustible, si je ne me trompe pas.
35:43 C'était vraiment des ambitions extrêmement réduites,
35:46 parce que le mec avait cramé la caisse,
35:48 dilapidé tout l'argent des actionnaires,
35:50 qui pour une fois étaient plus privés que publics,
35:53 mais ont commencé à s'orienter vers des actionnaires publics.
35:56 « Oh, on va demander l'aide de la région. »
35:58 Ils recrutaient d'ailleurs du personnel spécialement orienté
36:01 vers l'obtention d'aide publique,
36:03 des gens qui avaient un pénigré,
36:05 qui faisaient qu'ils avaient leurs entrées
36:07 auprès de certaines institutions
36:09 distributrices de subventions, potentiellement.
36:13 Donc ça, c'était le formidable bilan de Djebari.
36:15 Où est-ce qu'il est maintenant ? Il s'est fait embaucher.
36:17 J'ai regardé avant de faire ce direct.
36:19 Il gère un fonds d'investissement dans l'immobilier.
36:21 Et un immobilier lié aux infrastructures de transport.
36:26 Et ça m'a rappelé un peu ce qu'on avait vu
36:29 autour de l'Ukraine, la reconstruction de l'Ukraine.
36:33 Il y avait cette notion dans l'agenda 2030
36:37 de développer l'idée des infrastructures publiques
36:41 comme une classe d'actifs.
36:43 Ça, c'est quelque chose qui, à mon avis, doit nous interpeller.
36:45 Et je ferai sûrement une vidéo là-dessus.
36:47 J'essaierai de me renseigner un peu plus sur ce que ça induit.
36:50 Mais ça sent la privatisation des routes nationales, par exemple.
36:54 On va créer une plateforme,
36:56 on va tokeniser les infrastructures publiques
37:00 et on va pouvoir, comme ça, transformer
37:03 ces biens publics en actifs
37:05 qu'on va pouvoir placer avec un rendement...
37:08 Donc voilà, c'était la petite parenthèse de Djebari.
37:11 Où, effectivement, ça semble normal
37:14 de recaser un proche du Macronistan
37:17 dans l'entreprise de Rodolphe Sadé.
37:20 Tu veux plus de ton ministre des Transports,
37:22 ben en remerciement des bons et loyaux services,
37:24 on va lui filer une place.
37:25 Donc ça, ça fait partie des allers-retours.
37:28 Ça, c'est plutôt les choses que Rodolphe met sur la table, n'est-ce pas ?
37:32 En plus d'une bonne couverture médiatique
37:35 dans ces médias qu'il contrôle.
37:37 Et en échange, on va pouvoir obtenir des avantages
37:40 obtenus par l'influence de l'État.
37:43 Par exemple, on a ici le cas de la reconstruction
37:46 de l'aéroport de Beyrouth.
37:47 Vous vous souvenez que Macron avait débarqué au Liban,
37:50 il avait expliqué qu'il allait sauver le pays,
37:52 tout reconstruire, et qu'il fallait l'écouter.
37:54 Enfin bon, complètement zinzin, quoi.
37:57 Donc ici, on a un extrait d'un bouquin
37:59 dans « Les secrets des missions d'Emmanuel Macron au Liban ».
38:02 Et on nous parle d'une rencontre.
38:03 « La rencontre avait été soigneusement préparée.
38:05 L'ambassade de France avait transmis plusieurs messages
38:08 à Ammar Moussaoui, déléguée du Hezbollah aux relations internationales.
38:12 Le Hezbollah, c'est cette espèce de milice privée
38:15 qui occupe plus ou moins le Liban
38:16 et qui est financée en grande partie par l'Iran.
38:19 Les Français nous avaient précisé qu'Emmanuel Macron
38:21 n'aborderait pas la question de nos armes, révèle Mohamed Raad.
38:25 En contrepartie, le Hezbollah ne s'opposerait pas
38:27 à ce que la France remporte via la société
38:30 de transport maritime CMA-CGM,
38:32 le marché de reconstruction du port de Beyrouth,
38:35 révèle une source proche du mouvement Schitt.
38:37 Ce n'était évidemment pas un hasard
38:39 si parmi les invités du chef de l'État dans son avion,
38:41 figurait Rodolphe Saadé, patron de CMA-CGM.
38:45 Le port, c'est une question politique, ça revient aux Français,
38:49 confirmera un an plus tard un diplomate libanais, Najib Mikati,
38:53 lors de sa première visite à l'Élysée,
38:55 en tant que Premier ministre désigné.
38:57 On s'est arrangé, c'est pour les Français,
39:00 puis derrière, en fait, c'est Rodolphe.
39:02 Nous, on ne va pas beaucoup en bénéficier.
39:04 Et effectivement, le groupe remporte la concession
39:07 du terminal à conteneurs du port de Beyrouth
39:11 et prévoit un ambitieux projet de développement.
39:14 Voilà comment ça marche.
39:16 Et ensuite, Macron est maintenant attendu
39:19 à l'inauguration du centre de formation Tangram
39:22 de CMA-CGM.
39:24 C'est pour bientôt, ce sera le 8 mai à Marseille.
39:26 Donc il va retourner à Marseille,
39:28 peut-être qu'il fera un tour par les quartiers nord.
39:30 Oui, ce sera pour acheter,
39:32 ce ne sera pas pour régler le problème.
39:34 Voilà, donc ce sera un centre dédié à la formation
39:36 et à l'innovation.
39:38 Le président Emmanuel Macron
39:40 est annoncé à la cérémonie.
39:42 Il va venir inaugurer
39:44 un centre de formation de la CMA-CGM.
39:46 On voit vraiment les liens entre le public
39:48 et le privé, où c'est devenu un pantouflage complet,
39:51 où un ancien ministre est recyclé,
39:53 comme ça, recruté par la CMA.
39:56 Le PDG est en lien avec Macron
40:00 pour obtenir, grâce à l'influence de l'État,
40:02 des marchés.
40:04 Ensuite, le président vient inaugurer
40:06 le centre de formation.
40:08 Et puis, Rodolphe met les médias,
40:10 ces médias, au service de Macron
40:12 pour se faire mousser,
40:14 pour avoir une bonne presse.
40:16 Bref, on voit vraiment comment tout ça s'organise
40:18 et crée une sorte de boucle
40:20 de rétroaction et d'ascenseur
40:22 qui ne cessent de se renvoyer
40:24 les uns les autres.
40:26 Et ils font commerce, comme ça,
40:28 de faveur, entre le privé,
40:30 le public. Et voilà à quoi est réduite la presse aujourd'hui.
40:34 C'est une espèce de monnaie d'échange
40:36 dans des marchés, pour obtenir,
40:38 enfin, pour obtenir des marchés,
40:40 des marchés publics essentiellement.
40:42 Et on va pouvoir faire pression,
40:44 on va pouvoir se faire bien voir
40:46 auprès des décideurs politiques.
40:48 Et c'est justement ce que nous disait
40:50 Xavier Niel, et on va finir là-dessus,
40:52 on va finir là-dessus avec ce sujet,
40:54 avec Xavier Niel qui nous confirme
40:56 exactement que
40:58 les médias sont utilisés
41:00 par leurs propriétaires comme
41:02 une monnaie d'échange pour obtenir des faveurs.
41:04 Donc c'était lors de la commission d'enquête
41:06 de l'Assemblée nationale.
41:08 Oui, d'ailleurs, il y avait eu aussi un problème
41:10 avec un des membres
41:12 de cette commission qui s'est pointé chez Anouna
41:14 pour commenter ce qui se passait
41:16 au sein de la commission, et comme ça,
41:18 rendre des comptes un peu, et donner des bons points.
41:20 Et alors même qu'ils avaient
41:22 interviewé Cyril Anouna
41:24 avec Bolloré
41:26 la veille, je crois,
41:28 le lendemain, il se retrouve dans son émission
41:30 et puis ouais, t'es quand même sympa,
41:32 on a été gentil avec toi, enfin des trucs...
41:34 On voit là aussi le lien entre
41:36 le politique et le média
41:38 et le lien incestueux, un peu merdique,
41:40 qui peut se développer.
41:42 Donc là on a ici Xavier Niel qui nous confirme
41:44 qu'effectivement les médias
41:46 sont une monnaie d'échange.
41:48 Vous évoquez donc un lobbying
41:50 extrêmement puissant de M6. En 2013,
41:52 vous aviez dit à propos de Martin Bouygues,
41:54 "Vous faites un travail de lobbying exceptionnel,
41:56 n'hésitant pas à utiliser le 20h
41:58 sur TF1 comme un outil." Sur ce point,
42:00 j'ai bien évidemment une conception différente de la liberté
42:02 de la presse, ce dont à titre
42:04 personnel je vous ségré, mais
42:06 est-ce que
42:08 vous avez des informations précises,
42:10 des éléments
42:12 qui vous font dire que
42:14 Martin Bouygues a pu utiliser
42:16 le JT,
42:18 de même vous venez de dire que ces groupes
42:20 ont un poids politique,
42:22 évidemment
42:24 ça percute très nettement
42:26 ou en tout cas ça rencontre très nettement
42:28 les objectifs de cette commission d'enquête.
42:30 Est-ce que vous êtes en mesure de caractériser
42:32 ce poids, cette influence,
42:34 la façon dont la volonté
42:36 des actionnaires peut éventuellement
42:38 devenir prépondérante sur les choix des rédactions ?
42:40 Merci.
42:42 Je crois qu'il suffit de regarder ces chaînes.
42:48 Je veux dire, on a des...
42:50 et c'était des compliments pour Martin Bouygues,
42:52 parce que c'est une très bonne gestion
42:54 de sa chaîne éditoriale, ce n'est pas la mienne,
42:56 mais chacun sa conception, mais on peut supposer qu'à l'époque
42:58 c'était fait d'une manière
43:00 qualitative, mais regardez ces chaînes.
43:02 C'est quelque chose de quotidien,
43:04 ce sont des chaînes qui sont
43:06 d'une manière générale pro-gouvernementale
43:08 systématiquement, quel que soit le gouvernement
43:10 ou qu'il soit, ça me ressemble,
43:12 ça ressemble à la presse qui peut exister dans d'autres
43:14 pays, je sais même pas si
43:16 vous avez des interventions dans le sens où vous l'entendez,
43:18 mais ce sont des chaînes qui savent que par essence,
43:20 elles sont comme ça,
43:22 elles vont être du côté, toujours,
43:24 du fort, du pouvoir, parce que
43:26 potentiellement, elles vont pouvoir obtenir
43:28 des choses, des intérêts ou des avantages.
43:30 C'est leur modèle, je pense que
43:32 les gens ne sont pas dupes, je crois que personne
43:34 n'est dupe de cela, ce qui permet ou ce qui
43:36 fait que vous avez, notamment sur l'information
43:38 de l'émergence, d'autres choses
43:40 sur les réseaux sociaux, d'autres types de chaînes.
43:42 Voilà, mais c'est...
43:44 je...
43:46 c'est clair, je pense que vous
43:48 n'aurez jamais les preuves d'intervention
43:50 directe sur des médias qui ne sont pas
43:52 des médias qui vous appartiennent, mais
43:54 c'est...
43:56 qu'on sent bien à leur existence et à ce qu'elles font
43:58 et à la manière dont elles existent
44:00 et les raisons
44:02 pour lesquelles elles existent.
44:04 Je vous entends,
44:08 je peux partager ce sentiment d'évidence,
44:10 mais il me situe très
44:12 spécifiquement sur
44:14 le spectre politique. La plupart de
44:16 mes collègues, je crois,
44:18 n'accepteraient pas le principe de dire
44:20 en réalité c'est consubstantiel
44:22 au fonctionnement du marché.
44:24 Peut-être que ce n'est pas votre conviction, d'ailleurs,
44:26 puisque vous avez dit que la compétition
44:28 était plus dans l'intérêt des gens
44:30 et donc du public. Vous allez
44:32 pouvoir peut-être le développer,
44:34 mais
44:36 en réalité,
44:38 d'un point de vue légal,
44:40 ce que vous affirmez pose
44:42 un grave problème, en réalité.
44:44 Les
44:46 chaînes ne sont pas censées être
44:48 au service de leurs actionnaires,
44:50 sauf éventuellement à leur permettre de gagner
44:52 plus d'argent.
44:54 Je n'ai pas dit "au service de leurs actionnaires",
44:56 j'ai dit "au service des dirigeants
44:58 de pays". C'est une activité hyper
45:00 régulée. Ils savent à qui ils doivent vendre des comptes.
45:02 Il botte un peu en touche à la fin en disant "oui,
45:06 ils savent à qui ils doivent vendre des comptes, c'est régulé".
45:08 Je crois qu'il précise encore
45:10 après.
45:12 Non, c'était la fin.
45:14 Donc il sait à qui il doit
45:16 vendre des comptes et sous-entendu
45:18 que peut-être, par
45:20 peur de perdre une fréquence,
45:22 les journalistes seraient des lèches-culs.
45:24 Bon, le début de son
45:26 intervention était beaucoup plus intéressant.
45:28 On va peut-être reprendre un petit peu
45:30 certains passages, d'ailleurs.
45:32 Ah merde, j'ai oublié le son. Ouais, c'est mieux,
45:34 avec le son. Bon, c'est pas grave.
45:36 C'était surtout le... C'est justement à partir
45:38 de là où ça m'intéresse. Ça ressemble à la presse
45:40 qui peut exister dans d'autres
45:42 pays. Bon, voilà. Il a oublié
45:44 de préciser de quel pays on parle.
45:46 Donc il y a vraiment une presse, en fait, digne
45:48 de la Corée du Nord ou de ce qu'on peut trouver
45:50 en Chine, qui est complètement alignée
45:52 sur le pouvoir, sur
45:54 le discours officiel de l'État
45:56 et qui vont vendre, comme ça,
45:58 systématiquement le projet de l'État.
46:00 L'État veut faire une réforme à la
46:02 compte dans tel truc, on va aller faire des
46:04 micro-trottoirs pour récolter
46:06 les trois français qui n'ont rien compris et qui diront
46:08 "Ouais, pourquoi pas, on peut être pour,
46:10 ça peut être une bonne idée". Et voilà,
46:12 on va aller vendre un peu la soupe, quelle qu'elle soit,
46:14 on n'en a rien à foutre. Mais
46:16 c'est intéressant ensuite ce qu'il
46:18 nous dit. Je ne sais même pas si vous avez
46:20 des interventions dans le sens où vous l'entendez. C'est des chaînes qui
46:22 savent que, par essence,
46:24 elles sont comme ça. Voilà,
46:26 donc là, ça rejoint... Par essence, elles sont comme ça,
46:28 il n'y a même pas besoin d'intervention. Et ça
46:30 rejoint cette espèce de
46:32 soumission intériorisée
46:34 qui, des fois, le pli
46:36 est pris dès les
46:38 écoles de journalisme. On va
46:40 inculquer une certaine forme
46:42 de méthode journalistique.
46:44 Il y a un formatage qui va être fait déjà
46:46 à ce niveau-là. Et on se retrouve comme ça
46:48 avec des journalistes
46:50 qui vont reprocher à d'autres journalistes
46:52 d'être trop incisifs.
46:54 Il y aurait une limite
46:56 à ne pas franchir
46:58 dans la remise en cause du discours officiel
47:00 parce qu'au-delà de laquelle, on devient
47:02 un militant, on est là pour avoir
47:04 une tribune ou faire le buzz.
47:06 Il y a une intériorisation de certains comportements,
47:08 d'une certaine limite à respecter,
47:10 et voilà, on n'a même
47:12 pas besoin de donner
47:14 des interventions. Il suffit de recruter des bonnes
47:16 personnes qui vont, comme ça,
47:18 systématiquement servir la soupe
47:20 parce qu'elle ne veut pas être traitée de complotisme,
47:22 parce qu'on
47:24 est toujours du bon côté du manche,
47:26 parce qu'on veut se faire inviter
47:28 dans les dîners parisiens.
47:30 Il y avait ça aussi, d'ailleurs,
47:32 je crois que j'en ai oublié un petit morceau.
47:34 Où est-ce que c'était ?
47:36 Ah, c'est con, ça !
47:38 Je retrouverai après et il y aura un bonus.
47:40 Donc voilà, il nous parle
47:42 des journalistes qui ont vraiment intériorisé
47:44 certains comportements.
47:46 Elles vont être du côté, toujours,
47:48 du fort, du pouvoir, parce que
47:50 potentiellement, elles vont pouvoir
47:52 obtenir des choses, des intérêts ou des avantages.
47:54 Voilà, et elles vont obtenir des choses,
47:56 des intérêts, des avantages. En fait, on a créé
47:58 un média qui n'a pas forcément besoin d'être
48:00 rentable. Il y a beaucoup de médias
48:02 de milliardaires qui sont déficitaires,
48:04 mais qui vont servir à diffuser
48:06 une certaine information, à soutenir
48:08 certaines personnes, et
48:10 s'émoneiller, après, en intérêt
48:12 par ailleurs. C'est leur
48:14 modèle. Je pense que les gens ne sont pas dupes.
48:16 Je crois que personne n'est dupe de cela.
48:18 Et à nouveau, c'est
48:20 aux gens de savoir que ça fonctionne comme ça.
48:22 Et personne n'est dupe. Bon, lui, il est
48:24 quand même quelqu'un d'assez informé.
48:26 Xavier Niel, on peut considérer
48:28 que c'est un insider. Mais la plupart
48:30 des gens, en fait, ils sont dupes. Et c'est bien
48:32 pour ça que ça marche, et qu'on investit dans les
48:34 médias, et qu'on leur donne une orientation, parce
48:36 qu'en fait, ça fonctionne. Il y a
48:38 deux, trois excités, comme il dit, qui vont
48:40 du coup chercher une autre information sur Internet,
48:42 et ça se développe sur les réseaux. Et c'est d'ailleurs
48:44 stigmatisé comme de l'information de merde.
48:46 "Oh, c'est sur Internet, c'est pour les complotistes."
48:48 Voilà. Quand c'est sérieux,
48:50 c'est à la télé, et dans les journaux autorisés.
48:52 Donc il y a une certaine aura encore de crédibilité
48:54 auprès de monsieur et madame Michu,
48:56 qui sont dupes, et qui
48:58 considèrent qu'on vit dans
49:00 un monde où la presse est libre,
49:02 où les journalistes sont libres,
49:04 où il y a une diversité des titres,
49:06 qui ferait une diversité d'informations.
49:08 Si t'es pas content de ce qu'il y a dans Libération,
49:10 t'as qu'à lire Le Monde ou Le Figaro.
49:12 Non, en fait.
49:14 Ils sont tous détenus par une dizaine de
49:16 milliardaires, qui ont certains intérêts
49:18 qui sont opposés, hein, on a vu.
49:20 On a vu la guerre un peu qui semble
49:22 se jouer entre
49:24 Bolloré d'un côté et
49:26 Saadet de l'autre, qui ont des
49:28 différences dans le programme qu'ils
49:30 veulent soutenir, dans les idéologies qu'ils veulent
49:32 soutenir, dans la société
49:34 qu'ils veulent promouvoir, dans les intérêts
49:36 aussi qu'ils veulent promouvoir. Mais il y a quand même
49:38 un tronc commun, parce qu'ils
49:40 sont du même milieu
49:42 social, parce qu'ils sont
49:44 tous les deux milliardaires. Il y aura toujours
49:46 un tronc commun beaucoup plus large
49:48 entre eux, qu'entre
49:50 moi et Bolloré, ou vous et puis
49:52 Rodolphe. Le fait que la
49:54 majorité des médias dominants appartiennent à des
49:56 milliardaires structure
49:58 véritablement l'information autour
50:00 d'intérêts de classe.
50:02 Et derrière, en fait, il y a une fausse
50:04 diversité d'opinions, parce que
50:06 les gens ne savent pas.
50:08 Déjà, ils devraient savoir
50:10 avec qui le journaliste couche ou échange
50:12 des SMS. Et ils devraient aussi savoir
50:14 à qui appartient le média, quelle est sa ligne,
50:16 est-ce que c'est un groupe de
50:18 suceurs ou des gens plutôt indépendants ?
50:20 C'est compliqué,
50:22 quoi. Même des médias soi-disant
50:24 indépendants, comme par exemple Blast,
50:26 quand on s'intéresse à ceux qui les
50:28 financent, derrière,
50:30 il y a aussi des gens qui ont certains
50:32 intérêts, certaines conceptions.
50:34 Est-ce que c'est mieux ? Je ne suis pas sûr.
50:36 Il y a beaucoup de gens aussi qui se branlent la
50:38 nouille autour de ces news, parce que ça y est,
50:40 on a enfin un média de droite qui dit
50:42 qu'il n'est pas dans le
50:44 gauchisme ambiant, c'est génial.
50:46 Non, c'est la même méthode que BFM,
50:48 c'est la même merde,
50:50 mais avec un son de cloche un petit peu différent,
50:52 mais ça dit des imbécilités, ça utilise
50:54 les mêmes ressorts. Ça ne cherche pas à vous informer,
50:56 ça cherche à vous influencer.
50:58 Et ce n'est pas souhaitable, à mon avis.
51:00 Je crois que c'est assez clair.
51:02 Je pense que vous n'aurez jamais
51:04 les preuves d'intervention directe
51:06 sur des médias qui ne sont pas des médias qui vous appartiennent.
51:08 Mais c'est
51:10 qu'on s'enguint
51:12 à leur existence et à ce qu'elles font,
51:14 à la manière dont elles existent
51:16 et les raisons pour lesquelles elles existent.
51:18 Voilà.
51:20 Elles existent pour être au service
51:22 d'intérêts
51:24 divers de leurs actionnaires.
51:26 Vous voyez, un philosophe a dit
51:28 qu'un journaliste c'est une pute ou un chômeur.
51:30 C'est assez vrai. Donc là, en fait,
51:32 en quelques jours, à la fin du mois de mars,
51:34 à travers ce qui s'est passé dans les médias,
51:36 on peut comme ça analyser
51:38 la manière dont est produite l'information en France,
51:40 tous les problèmes qu'il peut y avoir.
51:42 Donc on avait commencé, voilà,
51:44 avec cette espèce de deux poids,
51:46 deux mesures entre les journalistes
51:48 qui ont le droit d'avoir des liens.
51:50 On peut avoir des liens avec Daech, avec le gouvernement
51:52 extrêmement fort. Ça pose
51:54 un petit problème de conflit d'intérêts
51:56 de temps en temps. Au bout de X temps,
51:58 on finit par en parler et puis dire "oui, c'était peut-être
52:00 pas forcément ce qu'il fallait faire".
52:02 Mais quand c'est avec le RN,
52:04 pouf, on réagit tout de suite.
52:06 J'ai prévu aussi de faire une vidéo là-dessus
52:08 sur l'influence à l'étranger.
52:10 Vous avez un lien,
52:12 le moindre soupçon,
52:14 on parle ici d'ailleurs de soupçons, de liens
52:16 avec la Russie,
52:18 vous êtes immédiatement taxé
52:20 de poutine au latre à gens de l'étranger.
52:22 Par contre, vous pouvez être au gouvernement,
52:24 payé directement par les Américains
52:26 pour faire de l'influence.
52:28 Ça passe.
52:30 C'est autorisé, c'est pas un problème.
52:32 C'est que quand il y a une polémique, qu'on dit "oui,
52:34 peut-être que... oh, il faut pas voir le mal
52:36 partout, mais on va quand même mettre de l'ordre
52:38 là-dedans, hein ?"
52:40 Oui, pareil avec Israël aussi.
52:42 Donc il y a comme ça des deux poids, deux mesures
52:44 qu'il faut connaître, il faut être au courant.
52:46 La manière dont les journalistes
52:48 sont autorisés ou non
52:50 à faire leur travail,
52:52 va aussi structurer le produit,
52:54 l'information en sortie.
52:56 Et puis vous avez évidemment l'influence
52:58 des actionnaires,
53:00 où aujourd'hui, la majorité des médias
53:02 sont détenus par des milliardaires
53:04 et dépendent aussi des aides publiques.
53:06 Et Daniel disait à la fin "c'est un milieu très régulé,
53:08 ils auraient peur peut-être
53:10 de perdre leur droit
53:12 d'antenne, leur droit de diffuser,
53:14 qui sont effectivement régulés
53:16 avec une complaisance
53:18 extrême par l'État". On se souvient par exemple
53:20 du scandale numéro 23.
53:22 Si vous voulez aller voir une vieille vidéo
53:24 très intéressante sur la chaîne, allez
53:26 voir ce qui s'était passé avec numéro 23
53:28 et comment un dandy
53:30 parisien s'est fait 80 millions
53:32 en revendant un bien public, c'est-à-dire une fréquence
53:34 de TNT. Il avait chopé
53:36 une fréquence, il avait en premier
53:38 temps des produits culturels
53:40 formidables, parce qu'il y avait un appel d'offres.
53:42 Il l'avait remporté en
53:44 montant sur toute la ligne. Pendant
53:46 deux ans, il avait rempli l'antenne
53:48 comme il pouvait avec des pertes colossales
53:50 mais c'était pas grave, parce qu'au bout des
53:52 deux ans, il a revendu le produit qui est
53:54 en fait l'antenne, le droit de diffuser.
53:56 Et il avait vendu ça 80 millions,
53:58 et ensuite avec les actionnaires et ses copains,
54:00 ils s'étaient partagés comme ça le Krispy.
54:02 Il avait fait des millions en revendant
54:04 une fréquence qui avait été donnée gratuitement
54:06 à la base sur des promesses bidon.
54:08 Donc bon, les fréquences sont quand même
54:10 régulées mais avec
54:12 un certain laxisme. Par contre, les aides publiques,
54:14 il y a quand même un milliard par an
54:16 d'aides publiques à la presse diverse,
54:18 entre les réductions de TVA
54:20 sur les timbres, les aides
54:22 directes et indirectes, il y a au moins
54:24 un milliard qui sont comme ça versées,
54:26 et qui soutiennent essentiellement la presse des milliardaires.
54:28 Donc on voit aussi le lien de consanguinité.
54:30 Il a
54:32 utilisé le bon terme.
54:34 Ils ne sont pas seulement entre
54:36 l'entreprise de presse et
54:38 les actionnaires et l'État, mais aussi
54:40 entre les actionnaires et l'État, et l'État
54:42 et les actionnaires, et tout ça se tient la barbichette.
54:44 On avait vu les différents
54:46 renvois d'ascenseurs, comme ça,
54:48 où Macron aide
54:50 sa AD à obtenir un marché public.
54:52 Il va donner un petit peu de lustre
54:54 à l'inauguration de son centre de formation,
54:56 et en échange, Rodolphe
54:58 va mettre son service, son entreprise
55:00 de presse à son service, et puis demain
55:02 au service du petit Attal. Et tout ce
55:04 beau monde finira reclassé
55:06 dans les conseils d'administration de
55:08 grands groupes. Donc je vous invite à aller jeter un
55:10 oeil à ce documentaire qui contrôle
55:12 les mers et le commerce mondial, si le commerce maritime
55:14 vous intéresse. Voilà comment en deux semaines
55:16 on pouvait mieux comprendre
55:18 le monde merveilleux de la presse,
55:20 et dans quelle sauce il trempe.
55:22 Je vais essayer de vous retrouver le bonus,
55:24 puisqu'on est arrivé au bout du sujet.
55:26 Gabriel Attal.
55:28 Donc il n'y a pas que Macron
55:30 qui passe des coups de fil quand il est mécontent d'une une,
55:32 il y a aussi Attal qui a téléphoné
55:34 au directeur d'une chaîne de télévision
55:36 pour demander de changer un bandeau,
55:38 une révélation de l'Express,
55:40 "tu changes le bandeau tout de suite, sinon tu ne viens plus
55:42 dîner avec moi à Matignon".
55:44 Et donc là, ça va être une bonne conclusion pour notre
55:46 vidéo, puisqu'on a un petit peu de tout.
55:48 On a l'importance d'avoir un directeur
55:50 de rédaction, et de ne pas être en
55:52 direct avec des journalistes qui pourraient
55:54 peut-être avoir quelques convictions sur leur métier.
55:56 Là on va faire pression directement
55:58 sur un responsable
56:00 qui est déjà responsable
56:02 légalement de ce qui est diffusé,
56:04 qui est potentiellement aussi responsable
56:06 contractuellement dans son
56:08 contrat de travail, il y a peut-être deux, trois petits trucs.
56:10 Mais en plus, la menace,
56:12 "tu ne viens plus dîner avec moi",
56:14 c'est important de dîner en ville, c'est important d'être sage.
56:16 Voilà, comme on achète aussi des journalistes,
56:18 comme on achète leur gentillesse.
56:20 Alors quel était ce fameux
56:22 bandeau sur une chaîne de télévision ?
56:24 Je vais vous donner un indice,
56:26 je suis sûr de rien, mais je pense
56:28 ne pas me tromper. Eh oui,
56:30 Attal, quand il avait été nommé, il y avait eu
56:32 un bandeau problématique sur BFM,
56:34 le fameux "premier bain de boule"
56:36 du ministre.
56:38 Je pense que ça lui a pas plu.
56:40 Donc voilà, il a fait la tête bougon,
56:42 il a passé un coup de fil, il a dit "tu changes
56:44 ce bandeau là, parce que je vais te défoncer en fait".
56:46 Alors il a dit
56:48 "tu ne seras plus invité au dîner".
56:50 Donc on a à la fois l'importance du directeur,
56:52 on a aussi la collusion
56:54 entre le personnel politique
56:56 et une chaîne de télé, où il y a carrément
56:58 des ordres directs qui sont diffusés,
57:00 et il ne nous manquerait plus
57:02 que la manière dont tout ça
57:04 va se goupiller
57:06 pour obtenir ensuite des faveurs.
57:08 Bon, c'est vrai que vu que BFM
57:10 à ce moment-là appartenait à Patrick Drahi,
57:12 Drahi il est un peu cuit, quoi.
57:14 Il a monté une jolie pyramide de dettes,
57:16 on sait pas trop pourquoi,
57:18 pour avoir eu un bon réseau pour obtenir
57:20 des crédits à tout va, et racheter
57:22 des entreprises de télécom
57:24 et de médias
57:26 pour le service d'une puissance étrangère
57:28 qu'on ne nommera pas. Et puis quand
57:30 cet échafaudage de dettes a commencé à lui retomber sur la gueule,
57:32 il a dit "oh au fait, c'est avec un renoncé
57:34 à la dette, tout simplement, comme ça
57:36 j'ai plus à la payer". Voilà où en est
57:38 la liberté de la presse au Macronistan,
57:40 où pour un oui, pour un non, les mecs décrochent
57:42 leur téléphone et considèrent finalement que
57:44 les médias leur sont plus ou moins
57:46 inféodés. Et puis on s'arrangera
57:48 ensuite avec le directeur de la rédaction
57:50 si on n'est pas content,
57:52 ou le propriétaire, et puis
57:54 on se fera une petite bouffe,
57:56 on s'échangera comme ça des petits
57:58 renvois d'ascenseur, des petites faveurs,
58:00 et puis tout le monde sera content à la fin.
58:02 Bien, merci à tous d'être
58:04 passés pour ce formidable direct,
58:06 comme d'habitude. Une fois de plus, je vous invite
58:08 à aller faire un tour sur Zone Artisanale,
58:10 à passer sur Tipeee pour soutenir mon merveilleux travail.
58:12 Vous pouvez aussi lâcher un
58:14 Prime ou un abonnement sur
58:16 Twitch. Et puis je vous donne rendez-vous
58:18 pour de nouvelles singeries. N'hésitez pas aussi
58:20 à vous abonner sur YouTube.
58:22 À bientôt !
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