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  • il y a 1 jour

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Amusant
Transcription
00:00en charge, ce qui fait que le net
00:01n'est pas suffisant, tu crois qu'ils ne pètent pas un câble ?
00:04Et les chefs d'entreprise ?
00:05Sans parler des chefs d'entreprise, qui eux
00:07s'aperçoivent que lorsqu'il faut augmenter leurs salariés
00:10ça leur coûte tellement cher, qu'ils ne peuvent plus
00:11augmenter leurs salariés et donner à leurs salariés
00:14ce qu'ils voudraient leur donner.
00:16En fait, moi, mon intuition,
00:17je peux me tromper, mais je ne suis pas là pour
00:19faire plaisir ou pour être populaire, je suis là pour dire
00:21mais conviction...
00:22C'est peut-être pas une intuition qui est économique.
00:23Non, non, c'est un qui est économique, on va y revenir, mais
00:26mon intuition fondamentale, c'est que
00:28maintenant il faut changer le système.
00:30Mais tu crois au Père Noël ?
00:32Je ne crois pas au Père Noël,
00:34mais je crois aux Français.
00:35Je suis persuadé qu'eux, ils ont compris
00:38qu'il fallait changer le système.
00:39Je te pose une question très simple, c'est de l'autre côté de ton air.
00:43Les intérêts de la dette
00:44française à l'année,
00:46si je te dis que ça représente près de
00:48deux fois notre consommation
00:50d'hydrocarbures qu'on importe,
00:53tu crois
00:54qu'on va aller où comme ça ?
00:56Je change d'intérêt de la dette,
00:5865 milliards.
01:002027, ça va être combien ?
01:012027, on va dépasser les 70.
01:04Et probablement
01:052028-2029, on va atteindre 100.
01:08Premier poste de dépense de l'État.
01:11C'est absurde.
01:12Devant le col d'éducation,
01:13la justice...
01:14On a fait une connerie sur les recettes,
01:17on a essayé de la corriger,
01:18et quand il a fallu mettre en place un vrai plan de redressement,
01:22dissolution, fin de l'histoire.
01:23Comment t'expliques dans un pays qui est autant taxé ?
01:25Maintenant, on va regarder le vrai problème,
01:27c'est-à-dire le problème de fonds,
01:28c'est-à-dire le modèle économique qui ne marche pas,
01:31et le modèle de dépense qui ne marche plus.
01:32BFM, on a le temps.
01:35Comment t'expliques,
01:36dans un pays aussi fiscalisé,
01:38du premier jour de ta vie
01:40jusqu'au dernier jour de ta vie,
01:42il y a le droit de succession,
01:43les gens passés des meilleurs,
01:45comment t'expliques
01:47que nous, les Français,
01:48qui bossons,
01:49je ne vais pas dire comme des chiens,
01:51mais on bosse à fond,
01:54on se fait déboîter par les impôts,
01:57et on est content,
01:59parce que ça paye des hôpitaux,
02:01des infirmières,
02:02des pompiers,
02:03ah non, ça ne paye pas les infirmières,
02:04ça ne paye pas les hôpitaux,
02:06ça ne paye pas les pompiers,
02:07ça ne paye pas des canadaires,
02:10ça paye des trous dans les autoroutes,
02:12ah non, la privatisation des autoroutes,
02:14comment t'expliques
02:15qu'avec tout le pognon qu'on vous file,
02:18on est des trous pareils ?
02:20C'est le système social
02:22avec le gars qui ne bosse pas ses deux enfants,
02:24c'est les boomers des retraites,
02:25c'est quoi ?
02:26Vous ne savez pas utiliser notre pognon,
02:28c'est une organisation ?
02:30C'est de la cavalerie ?
02:31C'est une organisation ?
02:32La cavalerie pour un chef d'entreprise,
02:33c'est pénal.
02:34Je suis tout à fait d'accord avec toi,
02:35c'est une organisation qui est totalement inefficace.
02:38On ne sait plus qui fait quoi,
02:40on ne sait plus qui est responsable de quoi.
02:43Donc tu dépenses l'argent,
02:45avec des montants qui sont très élevés,
02:47un niveau de charge qui est devenu
02:50inacceptable pour les gens,
02:52pour un service sur l'hôpital,
02:55sur l'école,
02:56sur le collège,
02:56sur le lycée,
02:57qui n'est pas du tout à la hauteur
02:59de ce qu'attendent les gens.
02:59Sur la recherche,
03:02donc tu as deux solutions,
03:03tu mets des rustines
03:04ou tu changes le système.
03:06Moi je propose de changer le système,
03:07je te donne un ou deux exemples très concrets.
03:09Aujourd'hui tu as 50 niveaux d'administration
03:12où tout le monde fait tout à la place de tout le monde,
03:14regarde sur l'environnement,
03:15regarde sur l'adaptation au réchauffement climatique,
03:17qui est responsable ?
03:18Le ministère de l'Environnement,
03:19les préfets,
03:20les communes,
03:21les régions,
03:21on ne sait pas.
03:22Trois niveaux,
03:23pas un de plus.
03:24État,
03:25région,
03:26bloc communal.
03:27Première proposition.
03:28Deuxième proposition,
03:29le chef est le chef.
03:31Le directeur d'hôpital,
03:33il fait ce qu'il veut dans son hôpital.
03:35C'est lui qui gère.
03:36Et il doit avoir un hôpital
03:37qui soit bien tenu.
03:38Il ne dépend pas de l'agence régionale de santé,
03:41du ministère de la santé.
03:43Vous lui donnez l'autonomie nécessaire
03:45avec un équilibre
03:46entre l'administration
03:47et le médical
03:48pour qu'on prenne en considération
03:50les difficultés
03:51et les intérêts de chacun.
03:53À l'école,
03:54tu penses vraiment
03:54que tu peux avoir un système
03:55qui soit bien dirigé
03:56depuis uniquement la rue de Grenelle ?
03:58Mais on n'y arrivera jamais.
03:59Tu peux toujours essayer.
04:00Tu n'y arriveras pas.
04:01Donc je propose
04:02un changement de système
04:03dans lequel tu es
04:05un chef d'établissement
04:06qui recrute lui-même
04:08ses enseignants,
04:09qui peut les valoriser
04:11s'il le veut,
04:12donner des primes
04:12à celui qui va rester
04:13plus de temps
04:14avec les enfants
04:14et se séparer
04:15de l'enseignant
04:16qui ne fait pas bien
04:18son job.
04:19Il faut mettre
04:19de la souplesse.
04:20Les enseignants,
04:21la plupart,
04:21ils sont dévoués à la cause.
04:23Ils sont totalement dévoués
04:24à la cause.
04:24Mais il faut quand même
04:25que tu puisses...
04:26Combien, 30% de moins
04:27que n'importe quel pays européen ?
04:29Je te dis qu'il faut
04:30changer le système.
04:31Les conditions de travail
04:32sont dégueulasses ?
04:33Au bout du changement
04:34de système.
04:34les conditions
04:35peuvent...
04:35C'est dramatique.
04:36Mais tu as un système
04:37qui est beaucoup trop rigide.
04:38La dernière fois
04:38que tu es rentré
04:39dans un comico,
04:40c'était quand ?
04:40Dans un commissariat.
04:42Oh, il y a très longtemps.
04:42Je suis rentré peu.
04:44Je n'ai pas été ministre
04:44de l'intérieur.
04:45J'essaie de faire
04:46le moins de conneries possible.
04:48La seule fois
04:48que j'ai souvent affaire
04:49avec les policiers,
04:50c'est quand je dépasse
04:51de quelques kilomètres heure
04:53la limitation de vitesse.
04:55C'est bien fait pour ta gueule.
04:55Ça m'arrive très souvent.
04:57Et tu payes ?
04:58Non, je paye.
04:58Je n'ai pas mes points.
04:59J'ai fait trois stages
05:00de récupération de points.
05:01Je me souviens
05:01d'un gars dans un stage
05:02de récupération de points.
05:04J'étais dans le truc.
05:05Le mec me regarde.
05:06À l'époque,
05:06j'étais ministre.
05:07Je conduisais ma voiture
05:08le week-end.
05:08Donc, je fais mon stage
05:09de récupération de points.
05:11Et il y a un petit jeune
05:12qui me regarde.
05:13Vous êtes ministre, vous ?
05:15Oui, je suis ministre.
05:16Ah, mais c'est super.
05:17Avant, tu avais
05:17les motards devant.
05:18Maintenant, tu as
05:18les motards derrière.
05:20Le gars avait parfaitement
05:21compris la situation
05:22dans laquelle je m'étais retrouvé.
05:24Je reviens à mon histoire
05:25de système.
05:26C'est trop rigide.
05:28Est-ce qu'il faut vraiment garder
05:32l'emploi à vie
05:33dans la fonction publique ?
05:35Je ne crois pas.
05:36Je pense qu'il faut réfléchir
05:38à des choses
05:38beaucoup plus souples.
05:39Tu faisais quoi
05:39avant la politique ?
05:40Tu garderais...
05:42Tu faisais quoi avant ?
05:43J'étais enseignant.
05:44C'était mon premier job
05:44enseignant.
05:45Prof de français.
05:46Deux ans à l'université
05:48Lumière, Lyon 2, à Bron.
05:50Tu es prof de français
05:51et tu écris des bouquins
05:52pendant ton ministère
05:53où tu parles
05:54de renflement brun.
05:55On fait un livre
05:56sur Euro 8.
05:57On a le droit
05:58de mettre des scènes
06:00sensuelles dans un livre.
06:01Je reviens à mon histoire.
06:03Tu vas m'éloigner.
06:04On y reviendra.
06:05Il n'y a absolument
06:05aucun problème.
06:07Est-ce que vraiment
06:09en 2026...
06:10Tu en as vendu combien ?
06:11Pas mal.
06:11Ça s'est très bien vendu.
06:12Combien ?
06:12Je ne veux pas te donner
06:13de chiffres exacts.
06:14C'est quoi pas mal ?
06:16Pas mal,
06:17c'est plus de 10 000.
06:19C'est pas mal,
06:20plus de 10 000 ?
06:21Ça dépend.
06:21Il y a d'autres livres
06:22qui se sont très bien vendus.
06:24Des hommes d'État,
06:24c'est beaucoup mieux vendu.
06:26Des hommes d'État,
06:27c'est plus de 100 000.
06:28Ça t'a touché combien ?
06:30Tu dois toucher à peu près...
06:33J'ai des droits d'auteur
06:34qui sont à...
06:35Moi, je pourrais
06:35une très grande transparence
06:37à 12, 14 et 17
06:39en fonction du nombre de ventes.
06:41Donc, je suis à 12
06:42en dessous de 10 000.
06:43Je vais être à 14
06:44au-dessus de 10 000.
06:45Donc, c'est 14 %
06:46de 20 ou 22 euros.
06:48C'est ce que je devais coûter.
06:49Pour ne pas sortir un livre,
06:50tu as un conseil à nous donner ?
06:53Pour qu'un livre marche ?
06:54On sait que ça va marcher.
06:57Un conseil à donner,
06:57pourquoi pas ?
06:58Pour la distribution ?
06:59Pour l'écriture,
07:00pour toucher tes lecteurs,
07:03pour...
07:03Moi, j'ai un seul conseil à donner,
07:05c'est la plus grande sincérité.
07:07Ça ne sert à rien
07:07d'écrire un livre
07:08si ce n'est pas toi.
07:09Donc, oui,
07:10il y a dans
07:11Fugue américaine
07:12qui est un livre
07:12de 400 pages
07:13sur Vladimir Horowitz
07:14que je suis un passionné de piano,
07:16un passionné de culture occidentale
07:18que je considère
07:18que la musique classique
07:19c'est la culture occidentale.
07:21C'est une grande réflexion
07:22sur la manière
07:23dont cette culture occidentale
07:24risque de disparaître.
07:25Sur occidentale,
07:26judéo-chrétienne ?
07:27Oui, judéo-chrétienne,
07:28bien sûr,
07:28mais aussi romaine,
07:30aussi grecque.
07:32C'est très important,
07:33c'est nos racines.
07:34la musique classique,
07:35la musique de Bach,
07:37c'est la musique de Beethoven,
07:39ça fait partie
07:39de l'identité occidentale
07:40la plus profonde.
07:41Donc,
07:41j'ai voulu rendre hommage
07:42dans ce livre
07:43à cette identité culturelle
07:44à laquelle je suis fondamentalement attaché,
07:46à celui qui l'a mieux traduite
07:48au piano au XXe siècle,
07:50s'appelle Vladimir Horowitz.
07:51J'ai voulu rendre hommage
07:53à un parcours qui est incroyable.
07:54Vladimir Horowitz,
07:55il est né à Berditchev
07:56dans un petit village
07:57du fin fond de l'Ukraine
07:59qui, à l'époque...
07:59M'endors pas avec tes histoires.
08:01Non, non, mais c'est super important.
08:03Et le gars, ensuite,
08:04il part,
08:05il arrive en Allemagne,
08:07il est remplaçant à un concert.
08:09Et c'est parce qu'il remplace
08:10au dernier moment
08:11un type qui était
08:11beaucoup plus connu que lui
08:12qu'on se dit,
08:12putain, le gars est absolument génial.
08:14Le lendemain,
08:15ça se passe à Hambourg,
08:16en 1900,
08:17dans les années 30.
08:18Le lendemain,
08:19il revient,
08:19il faut que vous rejouiez au concert.
08:20Et là, il y a une foule
08:21absolument monstrueuse
08:22à la sortie de la salle de spectacle.
08:24Il dit,
08:24ce qu'il n'aime pas
08:24pour Vladimir Horowitz,
08:25c'est pour moi
08:26que les gens sont venus.
08:26Ah, non, non.
08:27Désolé, il y a juste
08:28le meeting d'un certain
08:29Adolf Hitler
08:30dans la salle d'à côté.
08:31Et c'est ça,
08:32l'histoire d'Horowitz
08:33que j'ai voulu raconter.
08:34C'est quelque chose
08:35qui me touche.
08:36Et le gars,
08:36il finit en exil
08:38aux États-Unis
08:38et il revient
08:40à plus de 80 ans
08:41en 1986
08:43à Moscou.
08:45Il donne un concert
08:47dans ce pays
08:47où il n'est pas revenu
08:48depuis des décennies
08:50et tout le monde pleure.
08:51C'est ça que j'ai voulu raconter.
08:54Je reviens
08:55à mes histoires
08:55de fonctionnalités.
08:57Enflement brun.
08:59T'as compris
09:00pourquoi les Français
09:00se sont foutus de ta gueule
09:01à un point de dingue ?
09:03C'est pas grave.
09:04Écoute-moi.
09:05T'es ministre,
09:06t'as autre chose à faire
09:07que d'écrire
09:08des bouquins de cul.
09:09Mais c'est pas du tout
09:10un bouquin de cul,
09:11c'est un bouquin sur la musique.
09:12Et puis je vais te dire,
09:13un ministre qui fait du sport,
09:14on lui dit,
09:14t'as autre chose à foutre
09:15que faire du sport.
09:16Le sport, on a droit.
09:17Un ministre qui va déjeuner
09:18au restaurant.
09:20T'as perdu combien de kilos ?
09:21D'ailleurs, je te trouve
09:24la montagne.
09:24La montagne,
09:25t'es obligé
09:25d'être fit
09:27parce que sinon,
09:28ça pèse quand tu grimpes.
09:30Ça pèse quand tu fais
09:32de l'escalade
09:32et ça pèse quand t'es en équilibre
09:34sur une arrête rocheuse.
09:35Donc, il vaut mieux
09:36perdre un petit peu de poids.
09:37T'as compris
09:38pourquoi les Français
09:39t'ont beaucoup voulu ?
09:40Alors, c'est peut-être
09:40la presse qui s'est un peu
09:41foutue de ta gueule
09:42avec le renflément brun
09:44parce que ça,
09:44ça a fait marrer tout le monde.
09:45T'as vu la même
09:46quand tu poses devant ta tente, là ?
09:49Oui.
09:49C'est ta tente de scouts
09:50qui ressemble...
09:51Je vais te dire...
09:55Je suis très fier
09:55d'avoir écrit ce livre.
09:57Je te le dis très franchement,
09:59je suis très fier
09:59d'avoir écrit ce livre.
10:01C'est un beau livre.
10:01Tu n'aurais pas pu le sortir
10:02après ton ministère ?
10:05Si t'es écrivain.
10:07Je revendique
10:08d'être écrivain
10:09et politique.
10:10Et c'est ma liberté.
10:12Et personne
10:13empiètera sur ma liberté
10:14d'être écrivain
10:15et politique.
10:16Je ne te paye pas
10:16pour écrire des livres.
10:17Non, mais tu me payes
10:19pour être ministre.
10:20Je suis ministre
10:20à temps plein.
10:22Et si j'ai envie,
10:23à côté de mon activité
10:24de ministre...
10:25Parce que quand tu es ministre,
10:26tu es aussi un homme,
10:26tu as aussi une famille,
10:27on peut aussi te dire
10:28que tu t'occupais
10:28de tes gosses,
10:29ce n'est pas bien.
10:29Tu as passé du temps
10:30avec tes enfants,
10:30tu n'as pas ça à faire.
10:31Tu as fait de la montagne.
10:32Tu es en train de comparer
10:33et écrire un bouquin
10:34à t'occuper de tes membres ?
10:36Écrire un bouquin,
10:37c'est très important.
10:38Ce n'est pas aussi important
10:40qu'occuper de mes enfants.
10:41Et si ce n'était pas nécessaire,
10:42j'en ai quatre.
10:43Quatre garçons.
10:44Si ce n'était pas nécessaire
10:45pour moi d'écrire des livres,
10:46je n'en écrirais pas.
10:47Je les écris par nécessité.
10:49Et Eurovit,
10:49ça fait 20 ans
10:50que je l'écoute,
10:5120 ans que je lis
10:51ces interviews,
10:53que je regarde
10:54ces concerts,
10:55que je les écoute,
10:56que j'écoute ces archives.
10:57Et puis à un moment donné,
10:57le livre,
10:58tu l'as en toi,
10:59il faut que tu l'écrives.
10:59Tu l'écris,
11:00c'est tout,
11:00c'est comme ça.
11:01Tu connais le poème
11:01de Bukowski ?
11:03Je connais Bukowski
11:04et son goût pour la bouteille.
11:05Vous auriez pu me mettre
11:06une bouteille
11:07à la place du verre d'eau
11:08comme Bukowski,
11:08mais je ne connais pas le poème.
11:09Tu t'es calé un dîner après
11:11et c'est une insulte.
11:12D'habitude,
11:12on prend un coup
11:12avec nos invités après.
11:14Donne-moi la phrase
11:15de Bukowski.
11:16So you want to be a writer.
11:19Tu y as à écouter ce poème.
11:21C'est le poème
11:22qui nous motive tous les jours
11:23pour écrire
11:24notre putain de bouquin.
11:26Revenons, revenons.
11:27Non, mais je finis juste
11:28sur le livre.
11:29Si tu n'as pas besoin
11:30d'écrire le livre,
11:31elle n'écris pas.
11:32C'est ce qu'il dit
11:32dans le poème.
11:33Tous les livres
11:34que j'ai écrits,
11:35j'ai écrit ce que
11:36j'en avais besoin.
11:37J'ai écrit sur Orovitz
11:38parce que je sens
11:40un effacement
11:41de la culture occidentale
11:42à laquelle je suis
11:43profondément étaché.
11:44Je vais vous dire,
11:46quand vous écoutez
11:47List joué par Orovitz,
11:48vous pleurez.
11:49Quand vous écoutez
11:49Bach joué par Orovitz,
11:51vous pleurez.
11:51Tu es plutôt Musk
11:53ou tu es plutôt woke ?
11:55Je ne suis pas woke
11:57et je ne suis pas Musk.
11:58Tu es où alors ?
12:00Je suis français.
12:02Alors,
12:02qu'est-ce que la France
12:03pour toi ?
12:03Je suis français.
12:04Si tu devais discuter
12:05avec quelqu'un...
12:06Je termine juste un livre.
12:07Je t'en prie.
12:08J'ai écrit un livre
12:08qui s'appelle
12:09Paul,
12:09Une amitié.
12:10Je l'ai écrit
12:10quand j'étais ministre.
12:11Personne ne me l'a reproché.
12:12C'est un ami
12:13qui est mort
12:13d'un glioblastome,
12:14un cancer du cerveau.
12:17Je n'avais pas
12:17d'autre choix
12:18qu'écrire ce livre.
12:21Pas d'autre choix.
12:23Parce que je voulais
12:23témoigner
12:24de ce qu'il avait vécu.
12:26Du cauchemar
12:26dans lequel il était
12:28enfermé.
12:29De tous les espoirs
12:30qu'il a eus
12:30alors que je savais
12:31que mon père
12:32est mort aussi de ça
12:32qu'il y avait peu de chance
12:33ce qu'il sentia.
12:34Et ce type
12:35m'a fait pleurer.
12:37Il m'a réveillé
12:38des émotions en moi
12:39que je ne pensais
12:40même plus pouvoir éprouver
12:41parce que j'étais ministre,
12:42que j'étais en fonction.
12:43Parce que...
12:44Lorsqu'il est mort,
12:45je me suis dit
12:45je vais écrire sur lui
12:47témoigner de mon amitié
12:48pour Paul.
12:50Et je ne me suis pas
12:50posé la question
12:51je suis ministre du repas.
12:52Non, je l'écris.
12:53Et là, tu avais envie
12:54de parler de ronflement.
12:56Mais ce livre
12:57est un livre sur la musique
12:58donc sur la sensualité.
12:59Donc il y a des scènes sensuelles.
13:00Il n'y en a pas beaucoup.
13:01Ça fait quelques lignes.
13:02Peut-être qu'elles pouvaient
13:03être mieux écrites.
13:04Ça, chacun est juge
13:05et chacun peut être
13:06librement critique.
13:08Mais un livre
13:08dans lequel il n'y a pas
13:09de scènes sensuelles
13:10ou sexuelles
13:11alors que ça parle de musique
13:12et de quelque chose
13:13qui est très vital,
13:15honnêtement,
13:16ce n'est pas un bon livre.
13:17Tu te mets quoi comme musique
13:18quand tu fais un strip-tease
13:19à ta femme ?
13:20Alors je ne fais pas
13:21de strip-tease à ma femme
13:22parce que je pense
13:23que la peau...
13:24J'ai passé l'âge
13:25et puis ce ne serait pas
13:26très agréable pour elle.
13:27Je suis marié avec elle
13:28depuis 28 ans
13:29et je la connais depuis 30.
13:30Elle a du courage.
13:32Ah non,
13:33c'est elle qui a du courage.
13:34Elle a du courage ?
13:35Oui, elle a du courage.
13:37Mais bon, voilà,
13:38c'est une femme...
13:38Sans rentrer dans l'intimité,
13:40qu'est-ce qu'elle t'en reproche
13:41le plus ?
13:42Tu ne ranges pas tes chaussettes,
13:43tu ne fais pas la vaisselle,
13:43tu n'es jamais à la maison,
13:44qu'est-ce qu'elle t'en reproche
13:45le plus ?
13:46Je pense qu'elle m'a
13:47beaucoup reproché
13:48de ne pas être assez
13:49à la maison
13:51et de ne pas assez
13:53notamment des deux premiers
13:54parce que j'étais en fonction.
13:57Maintenant,
13:58je pense qu'elle me reproche
13:58de trop à la maison.
14:01Mais j'avais très heureux.
14:03Bon, revenons à nos moutons.
14:05Enfin, c'est une...
14:08J'ai une chance
14:10absolument formidable
14:12d'avoir depuis 28 ans
14:13quelqu'un comme ça
14:14à mes côtés.
14:15Tu connais le proverbe ?
14:17Derrière tout petit homme,
14:18il y a une grande femme.
14:20Non, je ne crois pas du tout
14:22à ce proverbe.
14:23Ah bon ?
14:23Non, parce que je pense
14:24que ma femme,
14:25elle vaut certainement
14:27mieux que moi.
14:28C'est ce que j'étais
14:28en train de dire.
14:29Elle n'est pas là
14:29pour m'aider.
14:30Elle a sa vie,
14:31elle est peintre,
14:32elle a réussi très bien.
14:33Voilà.
14:34Tu l'as connue à quel âge ?
14:36Je l'ai connue
14:37à 25 ou 26 ans
14:39et je me suis marié
14:40à 29 ans.
14:41Comment tu as fait
14:42ta cour ?
14:44Alors, j'ai fait ma cour,
14:45je faisais mon service
14:46militaire à l'époque
14:47et elle,
14:47elle était à l'école
14:48des Beaux-Arts.
14:49Donc, elle ne fréquentait
14:50que des gars
14:51très sympas,
14:52originaux,
14:53que des cheveux longs
14:53et moi,
14:54j'étais un peu coincé
14:55avec des cheveux
14:56très courts.
14:57Et donc,
14:57je l'invite à prendre
14:58un café
14:58et elle me dit tout de suite,
14:59moi, je préfère
15:00les cheveux longs
15:01aux gens aux cheveux courts.
15:03Et là, je lui ai dit,
15:04mais non,
15:04c'est uniquement
15:05parce que je fais
15:05mon service militaire,
15:06d'habitude,
15:06j'ai les cheveux
15:07vachement longs.
15:08Bon, c'est aperçu
15:09qu'en fait,
15:09ce n'était pas vraiment le cas.
15:11Bon, allez,
15:11trêve de plaisanterie.
15:12Revenons au connerie
15:12que tu as pu faire.
15:14tu vas demander pardon
15:16ou tu vas continuer
15:17de te justifier longtemps ?
15:20Je ne vous demande pas pardon.
15:25Et je ne me justifie pas.
15:28j'explique
15:28et je prends
15:29mes responsabilités.
15:31Je ne me justifie pas.
15:33C'est quoi tes responsabilités ?
15:34Mes responsabilités,
15:35c'est de dire...
15:35Tu as réindustrialisé la France
15:36depuis quand ?
15:37Dans tes rêves ?
15:40Dans les chiffres.
15:41Non, mais d'accord.
15:42Non, non, pardon.
15:42Dans les chiffres.
15:43Et même que la TVA
15:44que tu n'as pas provisionné ?
15:45Dans les chiffres.
15:47L'erreur de recette,
15:48je la prends.
15:49Ok.
15:50Je suis le chef,
15:51je prends mes responsabilités.
15:52Tu es flagellé ?
15:53Tu as fait quoi ?
15:53Tu as donné ton salaire
15:54à des pauvres ?
15:55Il faut se faire de se flageller
15:56et à quoi ça sert
15:57de se justifier.
15:58Le chef,
15:59il prend ses responsabilités,
16:00il les assume,
16:01il dit ça,
16:01c'est un truc que j'ai loupé
16:02et il y en a d'autres
16:03que j'ai réussi
16:03et quand il fallait
16:04prendre les décisions nécessaires,
16:06je les ai prises.
16:06Sur la réindustrialisation,
16:08pardon,
16:09on a entre 2017
16:12et 2024
16:13et franchement,
16:14ça,
16:14c'est une de mes fiertés.
16:16Adopter une politique
16:18économique constante.
16:19On est pour,
16:20on est contre.
16:21Mais au moins,
16:22on n'a pas chané
16:22de politique économique
16:23tous les quatre matins.
16:25Mon obsession,
16:25c'était qu'on réindustrialise.
16:28Parce que le plus grand
16:29scandale économique du pays
16:30que j'ai vu
16:31comme élu local,
16:32que j'ai vu comme ministre,
16:34c'est la désindustrialisation
16:35et la vague
16:37de délocalisation
16:39monstrueuse
16:39depuis la fin des années 80
16:41jusqu'à
16:42le début des années 2000.
16:45On est passé de 20%
16:46de part de l'industrie
16:47d'entre-richesse nationale
16:49à 10,
16:50un peu moins de 10.
16:51Moins que l'Italie.
16:52Moins que l'Italie.
16:53Moins que l'Italie.
16:54Beaucoup moins que l'Italie.
16:56Beaucoup moins que l'Allemagne.
16:57Il n'y avait aucune raison.
16:58C'est juste que là,
16:59les élites ont trahi.
17:01C'est quoi les élites ?
17:02Les élites,
17:03c'est le patron
17:04de je ne sais plus
17:05quelle grande boîte industrielle
17:06qui dit
17:06vous ne savez pas quoi,
17:07il y a un truc qui est super,
17:08on va faire l'industrie
17:09sans usines.
17:11Ah oui, désolé,
17:12ça existe.
17:13Il y a un responsable
17:15économique de premier plan
17:17qui a dit
17:17il faut faire l'industrie
17:18sans usines.
17:19Vous avez des responsables
17:21politiques
17:22qui ont dit
17:22il faut faire
17:24les 35 heures,
17:25il faut faire
17:26la retraite à 60 ans
17:28et puis tout va aller très bien
17:29et il faut augmenter
17:29les impôts de production
17:30parce que
17:31les entreprises
17:32gagnent trop d'argent.
17:34Moi, j'ai pris des décisions
17:35en 2017
17:37avec tout le gouvernement,
17:38avec la majorité.
17:39On a baissé
17:41les impôts de production,
17:42c'était ma demande.
17:43L'impôt de production,
17:44c'est quoi ?
17:44C'est que tu n'as pas encore
17:44produit un euro,
17:46on te le prend
17:46et ils sont
17:485 à 7 fois plus élevés
17:49qu'en Allemagne
17:50ou qu'en Italie.
17:51J'ai simplifié
17:52avec la loi Pacte
17:53l'ouverture d'usines
17:54ou l'agrandissement
17:55des usines.
17:56Je me suis battu
17:57par un truc absolument décisif
17:59qui est la relance
18:00du nucléaire
18:01en France.
18:02Le résultat,
18:03c'est que
18:04nous avons entre
18:062017 et 2024
18:07pour la première fois
18:09depuis 40 ans.
18:11On a ouvert
18:11plus d'usines
18:12qu'on en a fermées
18:14et on a créé
18:15120 000 emplois industriels.
18:16Je vais être très franc
18:17avec toi.
18:18Ce n'est pas révolutionnaire,
18:21ce n'est pas Byzance,
18:23mais on a ouvert
18:24une filière
18:25sur les batteries électriques,
18:26une filière
18:27sur les métaux rares,
18:28sur le recyclage
18:29et sur la séparation
18:31des terres rares.
18:33On a ouvert
18:34et renforcé
18:34une filière
18:35sur les semi-conducteurs.
18:36Donc, on était
18:37dans la bonne direction
18:38et nous avons prouvé
18:39qu'avec une politique
18:40économique constante,
18:42stable,
18:42claire
18:43et offensive,
18:44on peut
18:45réindustrialiser
18:46le pays.
18:47Le drame,
18:48c'est qu'après la dissolution,
18:49on a arrêté
18:50la base des impôts
18:51de production,
18:52on a surtaxé
18:53à l'IS
18:54les grandes entreprises,
18:56notamment industrielles.
18:57On a arrêté
18:58la simplification
18:59pour les entreprises
18:59industrielles.
19:01La réindustrialisation
19:02a été stoppée nette.
19:04Et là,
19:05tu as le patron
19:05de Dassault
19:06et le patron
19:06de Total
19:07qui t'appellent
19:07et qui disent
19:08« tu vas arrêter
19:09tes conneries maintenant ».
19:10Tu leur réponds quoi ?
19:12Ils ne m'ont jamais appelé
19:13pour me dire
19:13« tu as arrêté tes conneries ».
19:15Pardon,
19:16le patron
19:16de Dassault,
19:18Éric Trappier,
19:19il sait que moi,
19:19j'ai toujours soutenu
19:20l'industrie aéronautique
19:21française.
19:22Je veux dire,
19:22quand on s'est aperçu
19:23pendant la crise…
19:24Trappier,
19:24il est bien.
19:25Trappier,
19:26il fait un boulot formidable
19:27à la tête de Dassault,
19:28comme le patron
19:29de Total,
19:29Patrick Pouyanné,
19:30sur lequel tout le monde
19:31tombe matin,
19:31un midi et soir
19:32est un grand
19:33dirigeant
19:34de Total.
19:36Et c'est trop facile
19:37de leur taper dessus.
19:38On est bien content
19:38d'avoir un gars
19:39qui produit
19:40des avions civils
19:41ou militaires
19:42totalement indépendants,
19:43avec les meilleures
19:44commandes en vol
19:45de la planète,
19:46avec les meilleures
19:46performances militaires
19:47qui soient.
19:48C'est un atout stratégique
19:49absolument formidable
19:50pour notre pays.
19:51Même chose avec Airbus.
19:53Mais quand on s'est aperçu
19:54justement pendant
19:55la crise
19:57en Ukraine
19:58et que…
20:00Qui continue toujours d'ailleurs.
20:01Qui continue toujours.
20:02Qu'on était trop dépendants
20:03de la Russie
20:04pour les fameuses
20:05éponges de titane.
20:06Et qu'il fallait
20:06qu'on soit plus indépendants.
20:08Qui a relancé
20:09la filière du titane
20:10en France ?
20:11Tu l'es en face de toi.
20:12Nous l'avons fait
20:13avec l'industrie
20:14aéronautique,
20:15avec Airbus,
20:15avec Trappier,
20:16avec Safran.
20:17Magnifique entreprise.
20:19Et on a réussi
20:20en deux ans
20:20à…
20:21MBDA aussi.
20:22MBDA aussi.
20:23On a réussi
20:23à commencer
20:25à créer
20:27les centrales inertielles.
20:28Honnêtement,
20:28les meilleures,
20:29c'est Safran.
20:29Tu vas à mon du son.
20:31MBDA,
20:31il débrouille un peu.
20:32Non, mais il débrouille un peu.
20:33Mais va à Montluçon.
20:34C'est ça la France.
20:35La France,
20:36c'est Montluçon.
20:37Pour y aller,
20:37c'est compliqué.
20:38Il faut que tu prennes ton corail.
20:39Il n'y a pas de liaison directe.
20:41Si j'avais tout pouvoir
20:41dans notre pays,
20:42moi je créerais
20:43une ligne ferroviaire
20:44directe
20:44pour les habitants
20:45de Montluçon
20:46et pour tous les habitants
20:46de l'Allier
20:47qui aujourd'hui
20:48ont des liaisons ferroviaires
20:49qui sont indignes
20:51d'un grand pays.
20:52Donc tu as Montluçon.
20:53C'est traditionnel,
20:54c'est beau,
20:54c'est l'Allier,
20:56c'est une belle campagne.
20:57Puis tu es vraiment
20:57dans le cœur de la France.
20:59Et à côté,
21:00tu as une entreprise,
21:01Safran,
21:02absolument magnifique,
21:03avec des centaines de salariés,
21:05des ingénieurs,
21:05des techniciens.
21:06Ils produisent
21:06les meilleures centrales inertielles
21:08du monde
21:08qui équipent
21:10le Rafale
21:11mais qui équipent aussi
21:12le F-35 américain
21:13des avions de chasse américains.
21:15Et c'est ça la France.
21:16Est-ce qu'on peut faire chier
21:17les Américains
21:18avec nos pièces ?
21:19Bien sûr qu'on peut faire chier
21:20les Américains
21:20avec nos pièces.
21:20Comme ils nous ont fait chier
21:21avec notre porte-avions
21:22et les catapultes ?
21:23Comme ils pourraient nous faire chier
21:24sur les catapultes.
21:25J'espère que sur les catapultes
21:26on va arriver à trouver
21:27des solutions
21:28qui nous permettent
21:29d'être plus indépendants.
21:31C'est très compliqué
21:31la catapulte,
21:32je ne t'apprends rien.
21:33Il faut arriver à doser
21:33la puissance,
21:34c'est très difficile,
21:35c'est technologiquement
21:36très compliqué.
21:38Mais moi je souhaite
21:39que le moment venu
21:39on puisse avoir
21:40nos propres catapultes
21:41et qu'on ne dépende pas
21:42des Américains.
21:43Je reviens au Titane.
21:45On s'aperçoit
21:45qu'on dépend du Titane
21:48pour quasiment 80%
21:49de la production russe,
21:51qu'on ne peut plus
21:51s'appuyer sur les Russes
21:52parce qu'il y a la guerre
21:53en Ukraine.
21:53En trois ans,
21:54nous avons mis sur pied
21:55une filière d'éponge
21:56de Titane.
21:57On a racheté
21:58Aubert et Duval
21:59qui vont pouvoir
22:00produire ce Titane.
22:01On n'est pas indépendants
22:02mais on est moins dépendants.
22:05L'industrie,
22:06ça a été vraiment
22:07ma bataille.
22:08Tu as solutionné
22:08la bourre de coton
22:09pour nos obus ?
22:10Le coton pour ?
22:11Nos obus.
22:12Non, on n'a pas solutionné
22:13tous les trucs
22:15et je ne vais pas te dire
22:16qu'on a tout résolu
22:17et je ne vais pas te dire
22:18qu'on a construit
22:18une indépendance totale
22:20de la France
22:20en matière stratégique.
22:21L'assentlement
22:21avec la guerre
22:22avec les Russes
22:22qui arrive là ?
22:26Je pense que
22:28la logique
22:29de Vladimir Poutine
22:30c'est la guerre
22:31en continu.
22:32Pourquoi ?
22:33Et je le dis
22:34de la même manière
22:34que j'ai dit
22:35l'accord avec l'Iran
22:36est une mascarade
22:37et ne marchera pas.
22:39Je dis que
22:40la maintien
22:41au pouvoir de Poutine
22:43passe par la poursuite
22:44de la guerre.
22:45Un peu comme Macron
22:46avec nous ?
22:48Non, je ne ferai pas
22:48ces comparaisons.
22:50Non, honnêtement,
22:51je ne crois pas du tout.
22:51Ils se murmurent
22:52que comme la guerre arrive,
22:53Macron va rester au pouvoir.
22:55Je ne crois pas du tout
22:56à ça.
22:56On est une grande démocratie.
22:57La démocratie,
22:58c'est l'alternance.
22:59Il y a un rendez-vous
23:00et les rendez-vous
23:01dans une grande démocratie...
23:01La guerre commence
23:02avant le rendez-vous.
23:03Peu importe.
23:05Il y a un rendez-vous
23:06démocratique.
23:07Et le principe même
23:08d'une démocratie,
23:09c'est honorer
23:10les rendez-vous démocratiques.
23:11En revanche,
23:12du côté de Poutine,
23:12je pense que la logique
23:13de Poutine,
23:14c'est que pour se maintenir
23:16au pouvoir,
23:16il a besoin de la guerre.
23:18Il a besoin
23:18de ce récit
23:20de l'Empire.
23:21Tout ça remonte
23:21à très loin.
23:22Pour moi,
23:23la date
23:23qu'il faut avoir en tête
23:26où Poutine
23:27dévoile son jeu...
23:281994.
23:29Alors,
23:301994 est une première date,
23:31mais je pense
23:32que le discours important,
23:33c'est 2007,
23:34conférence de la sécurité
23:35à Munich,
23:36Poutine qui dit
23:37« Les gars,
23:38je ne joue plus le jeu.
23:40L'Occident est en train
23:41de nous dominer.
23:42La Russie est un empire
23:43et nous ne continuerons pas
23:45à accepter
23:46l'unilatéralisme américain. »
23:48Personne n'a pris au sérieux.
23:492008,
23:50Géorgie.
23:512014,
23:52Crimée.
23:532022,
23:54Ukraine.
23:55Il n'y a aucune raison
23:56que ça s'arrête.
24:00Quand tu as sorti
24:01sur Twitter...
24:02Ah,
24:02tu m'as fait halluciner
24:03quand tu as fait ça.
24:05Quand tu t'es pris le bec
24:06avec Medvedev.
24:09Tu te rappelles de ça ?
24:10Je me rappelle très bien.
24:12Je pense que...
24:12On a lu ça,
24:13on a dit
24:13« Mais putain, Bruno,
24:14mais tu nous fais quoi, là ?
24:16T'es une bure
24:18en anguière économique.
24:20Pourquoi t'as été
24:22chauffé Medvedev
24:23sur Twitter ? »
24:24Mais moi,
24:25je vais te dire,
24:26mon sujet n'est pas Medvedev.
24:31Dès le début
24:32de la guerre en Ukraine,
24:34mon intuition,
24:36c'est que nous étions partis
24:38pour une guerre longue
24:40et qu'il allait falloir
24:41s'opposer frontalement
24:43à la Russie.
24:45Alors,
24:45peut-être que
24:46les termes,
24:47à ce moment-là,
24:48n'étaient pas les bons,
24:49parce qu'on pensait encore
24:50qu'il y avait une nouvelle passage.
24:51Je pense que mon intuition
24:52était la bonne.
24:54Et d'ailleurs,
24:54quelques années plus tard,
24:55on voit bien où on en est,
24:56c'est-à-dire effectivement
24:57un conflit frontal,
24:58pas avec la Russie,
25:00avec Vladimir Poutine
25:01et le régime
25:02de Vladimir Poutine.
25:03Est-ce qu'ensuite,
25:04on est arrivé
25:05avec nos sanctions
25:06à faire plier
25:08l'économie russe
25:09aussi rapidement
25:10que je l'aurais souhaité ?
25:11Moi, je maintiens mon souhait.
25:13Je suis opposé frontalement
25:16à Vladimir Poutine
25:17et à son régime.
25:18La guerre, quoi.
25:19Je suis opposé
25:20à cette guerre
25:20qui empièce
25:21la souveraineté
25:22du peuple ukrainien.
25:23Je salue le courage
25:23du peuple ukrainien
25:24et être un chef,
25:25c'est faire des choix.
25:26Moi, mon choix
25:27était depuis le début
25:29contre Vladimir Poutine
25:30et son régime
25:31pour l'Ukraine
25:32et la défense de l'Ukraine.
25:33Donc, j'assume cette position.
25:35En revanche,
25:35ce qu'on peut me reprocher,
25:37c'est quand j'ai dit
25:37ben voilà,
25:38on va mettre
25:38l'économie russe
25:39à genoux,
25:40je ne sais plus exactement
25:40quelle est l'expression
25:42que j'avais employée,
25:43on va faire s'effondrer
25:44l'économie russe.
25:45Qu'est-ce qu'il t'a répondu ?
25:45Nous n'y sommes pas arrivés.
25:47Qu'est-ce qu'il t'a répondu ?
25:48Medvedev,
25:49il a envoyé un tweet
25:49en disant qu'il fallait
25:51se méfier de ce genre
25:52d'affirmations.
25:52C'était un tweet
25:53qui menaçait presque
25:55physiquement.
25:56Qui menaçait tout court.
25:57Qui disait,
25:57qui disait,
25:58en gros,
25:58je résume trivialement
25:59et de tête,
26:01méfie-toi Bruno,
26:02la guerre économique,
26:03ça finit en guerre.
26:04Oui.
26:05Tu connais le proverbe
26:06de la guerre économique.
26:12Oui, mais je ne partage pas ces...
26:15Enfin, le slogan est facile,
26:16mais je n'y crois pas du tout.
26:17Ce n'est pas un slogan,
26:18c'est la réalité.
26:19Je pense que,
26:19en Russie, en tout cas,
26:21les morts ne coûtent pas cher.
26:22Parce qu'un peuple
26:23qui accepte 35 000 morts par mois
26:25pour une guerre
26:26qui ne sert à rien.
26:28Franchement, c'est désolant.
26:29Mais pourquoi ils font ça,
26:30à ton avis ?
26:31Ils font ça parce que
26:32c'est la condition
26:33du maintien au pouvoir
26:34d'un régime
26:35qui est un régime mafieux,
26:37qui se fait beaucoup d'argent
26:39dans le maintien au pouvoir
26:41et qui n'a plus d'autre issue
26:43que la fuite en avant.
26:45Tu comprends que,
26:46de leur côté...
26:46Moi, je l'ai rencontré
26:47à plusieurs reprises,
26:48Vladimir Poutine.
26:49Mais tu l'as rencontré comment ?
26:50Tu l'as serré la pogne ?
26:51Il t'a fait bonjour,
26:52on va t'asseoir là ?
26:53Non, pas du tout.
26:54Ça, ce n'est pas rencontré.
26:55Ça, c'est saluer.
26:56Les bons incenses.
26:57Je l'ai rencontré.
26:58Tu as bu une binge avec lui ?
26:59Non, j'ai eu des entretiens
27:01avec des présidents
27:02de la République successifs
27:03et Vladimir Poutine.
27:04Ça fonctionne comment ?
27:06Ça fonctionne comment ?
27:09La substantielle moelle
27:11du pop-off de Moscou,
27:12c'est quoi ?
27:13Eh bien, je ne peux pas te le dire.
27:14Pourquoi ?
27:14Tu connais mieux
27:15la substantielle moelle iranienne
27:16parce que tu as voyagé là-bas ?
27:17Non, je ne peux pas te le dire
27:18pour une raison qui est très simple.
27:23Pour bien connaître un peuple,
27:25je pense qu'il faut parler sa langue.
27:27Je ne parle pas le russe.
27:29Je ne suis pas sûr
27:30de comprendre
27:31toutes les subtilités.
27:32Il y a un autre proverbe,
27:33mais je ne vais pas le sortir là.
27:35Je raconte dans mon livre
27:36le temps d'une décision
27:37que lorsque tu as Poutine
27:39qui s'exprime,
27:41en fait,
27:42la traductrice
27:43te fait une traduction
27:43qui est tout à fait neutre
27:45et puis à la fin,
27:46elle vient me voir
27:47et elle dit
27:47mais en fait,
27:48il vous a menacé.
27:49Je n'en ai pas aperçu,
27:49mais il a emplié un mot là.
27:50C'était une menace.
27:52C'était une traductrice
27:53de chez nous ?
27:55Traductrice qui habite à Moscou
27:57et que connaissent bien
27:58les diplomates
27:59et que je connais
27:59depuis des années et des années
28:00pour avoir une fois encore
28:01rencontré Vladimir Poutine
28:02à de multiples reprises
28:03et dire avec beaucoup
28:05de simplicité
28:05et beaucoup d'humilité
28:06je ne prétends pas
28:08connaître le régime russe.
28:10Chirac le connaissait ?
28:11Chirac parlait de russe.
28:13J'ai vu Chirac
28:15à plusieurs reprises
28:15avec Vladimir Poutine
28:18et il y avait une compréhension.
28:19Mais c'était un autre
28:20Vladimir Poutine.
28:21C'est Vladimir Poutine
28:22de l'opposition
28:22à la guerre en Irak.
28:23Moi je travaillais avec Chirac
28:24à ce moment-là
28:24et avec Dominique de Villepin.
28:26A l'époque
28:27vous aviez Chirac,
28:28Schröder,
28:29Poutine
28:30et une alliance
28:31contre la guerre en Irak
28:32dans le respect
28:34de l'ordre international.
28:35Parce que ce qui unissait
28:37ces trois dirigeants
28:38c'était le respect
28:39des règles internationales.
28:42La souveraineté des peuples
28:43ne se négocie pas.
28:45Et ce qui a fait shifter
28:46les choses,
28:46ce qui a fait basculer
28:47le système
28:48ce n'est pas que l'Occident
28:50serait devenu hostile
28:51à la Russie.
28:51C'est ce qu'ils pensent.
28:52C'est ce qu'ils pensent.
28:53Mais c'est que la Russie
28:54est devenue hostile
28:55à un ordre fondé
28:56sur les règles internationales
28:58et sur la souveraineté
28:59des peuples.
29:00Tu vas te présenter
29:00aux élections là ?
29:02À quelles élections ?
29:03Présidentielles.
29:05Aujourd'hui non.
29:07Je te dis
29:07aujourd'hui là.
29:08Tu commences à chercher
29:09tes parrainages
29:09ou pas du tout ?
29:10Je travaille beaucoup
29:12sur ce qui peut être
29:14le pays
29:14dans 10,
29:15dans 15,
29:16dans 20 ans.
29:17Tu vas sur le pavé
29:18uniquement pour briller
29:19dans un autre ministère
29:20ou tu fais ça
29:21avec la France ?
29:22Non.
29:23J'ai été six mois
29:25en charge
29:26des affaires européennes.
29:27Trois ans
29:27de ministre de l'Agriculture.
29:28J'adorais ça.
29:29Putain,
29:29mais quand t'étais
29:30ministre de l'Agriculture,
29:31je te ressorte la...
29:32Sept ans de ministre
29:33de l'économie et de la finance.
29:34Un hectare,
29:34il y a combien de mètres carrés ?
29:35Un hectare ?
29:3610 000 mètres carrés.
29:37T'en as pris plein la gueule.
29:39Ça m'a coûté
29:39beaucoup plus
29:40que mes scènes de sexe
29:41dans Fugue américaine.
29:43Je comprends pourquoi.
29:45T'es ministre de l'Agriculture ?
29:46Non, je pense honnêtement.
29:47Je vais te dire.
29:47Je comprends la réaction.
29:49J'ai été bâché.
29:51C'est comme ça.
29:54C'est légitime.
29:55Oui, c'est légitime.
29:57De toute façon,
29:58si tu n'acceptes pas
29:59la critique...