- il y a 1 jour
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AmusantTranscription
00:16Bruno Le Maire, bonsoir.
00:18Bonsoir.
00:19Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syncurview.
00:21Nous sommes en direct.
00:22Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
00:25Bruno Le Maire, 57 ans.
00:28Je suis conseiller spécial de l'entreprise ASML qui fait des semi-conducteurs aux Pays-Bas
00:34et enseignant à l'université de Lausanne une fois par semaine.
00:39Ça va ou bien ?
00:40Pardon ?
00:41Ça va ou bien ?
00:42Ça ?
00:43Ça va ou bien ? C'est très suisse, bon c'est pas grave.
00:46Oui, ça va bien, oui.
00:49D'abord, on va commencer cette émission, on va dire bravo de venir en terrain hostile.
00:54en terrain où on va probablement te secouer, on va te mettre face à des choses très difficiles
01:02et je vais être vulgaire, je demande pardon à ma communauté, t'es quand même sévèrement
01:09burné de venir poser ton royal popotin sur ce siège.
01:12Il n'y a pas de terrain hostile en France.
01:15Je te réponds très simplement, je te tutoie, ce sera plus facile pour aller au fond des
01:19sujets et s'exprimer très librement.
01:21Il n'y a pas de terrain hostile en France.
01:24Donc voilà, on échange, il y a des gens qui sont contre, il y a des gens qui sont pour.
01:28J'ai regardé un certain nombre d'émissions, j'ai des copains qui m'ont dit là tu te jettes
01:32dans la gueule du loup, c'est une connerie.
01:34Je crois qu'il n'y a pas de gueule du loup, il n'y a pas de terrain hostile.
01:36Il y a des copains qui t'ont dit vas-y quand même.
01:38Il y a peu de copains qui m'ont dit vas-y quand même et beaucoup qui m'ont dit
01:42tu te
01:42jettes dans la gueule du loup.
01:43D'abord, j'aime bien le risque, je pense que ça fait partie vraiment fondamentalement
01:48de ce qu'est une vie réussie, d'aller vers le risque.
01:51Et ensuite, je vois bien qu'il y a tellement d'incompréhension, parfois tellement de colère.
01:56La meilleure façon de lever les incompréhensions, de répondre aux colères, ce n'est pas
01:58de se cacher chez soi, de se claquemurer, c'est de dire les choses très franchement,
02:02on est d'accord, on n'est pas d'accord, mais au moins on aura échangé.
02:05Tu connais notre proverbe.
02:07Qui est signature chez nous, c'est-à-dire du moment que les gens se parlent, ils ne
02:12se foutent pas sur la gueule.
02:14C'est vrai, moi j'ai un autre proverbe qui est inspiré d'un écrivain allemand, plutôt
02:21d'un général allemand qui s'est opposé à Adolf Hitler, qui s'appelait le général
02:25Hammerstein, et il disait la peur n'est pas une vision du monde.
02:30Et c'est profondément ce que je crois.
02:32Si on a peur, on ne fait pas de politique.
02:34Si on a peur, on ne va pas voir les Français.
02:36Et la peur ne construit pas une vision du monde.
02:39Alors je tiens à préciser à la communauté que tu es arrivé sans flics, sans bagnole
02:42d'escorte, à Pince, et avec 30 minutes d'avance.
02:46Exactement.
02:47Alors 30 minutes d'avance que je travaille en Suisse, donc je suis un maniaque de l'heure.
02:51Je pense que la ponctualité est la politesse des rois, et que c'est très important d'être
02:56à l'heure, très important d'être ponctuel.
02:59Et par ailleurs, on est au pouvoir où on n'y est pas.
03:03On n'y est pas à moitié.
03:04Le pouvoir, c'est normal d'avoir de la sécurité, d'avoir une voiture, c'est légitime.
03:09Et je ne participe pas à cette espèce de facilité qui consiste à dire qu'il faudrait que
03:15les présidents, les ministres n'aient pas de sécurité, ils ont besoin de sécurité.
03:18Mais le jour où vous n'êtes plus ministre, vous n'avez plus besoin de sécurité, vous n'avez
03:21plus besoin de chauffeur, vous n'avez plus besoin de voiture, vous prenez vos pieds, vous
03:25prenez votre métro, vous prenez votre voiture personnelle et vous coupez avec le pouvoir.
03:30C'est quoi comme voiture ?
03:33208 électrique, qui est une formidable voiture.
03:35Elle a un seul défaut, c'est que si tu fais Paris, le Pays Basse, ce qui m'arrive souvent
03:41en voiture, tu as peu de chances de le faire sans faire 5 ou 6 arrêts, parce que sur
03:46l'autoroute, tu as maximum 200 km d'autonomie.
03:50C'est très bien en ville, sur l'autoroute, ce n'est pas formidable.
03:52On commence, j'avais dit la séance de torture, mais on va appeler ça comme ça.
03:57Voilà, comme tu as été suffisamment courageux pour venir ici, je te propose de choisir
04:04le menu.
04:04Tu veux qu'on écluse tout de suite les choses difficiles ou qu'on fasse ça après ?
04:08Non, on écluse tout de suite les choses difficiles.
04:10Est-ce que tu as fait comme connerie ?
04:11Je pense que la connerie qui m'est le plus reprochée, c'est de ne pas avoir laissé
04:16les comptes publics en ordre.
04:18Et c'est un mélange de connerie.
04:21C'est aussi, je prends toute ma part de responsabilité.
04:24Ce que je trouve dommage, c'est qu'on n'en est pas profité pour comprendre pourquoi
04:28on en est arrivé là en France.
04:30Pourquoi on a un niveau de dette qui, depuis 40 ans, a cessé d'exploser.
04:34Alors, on a tout mis sur le dos du ministre des Finances, c'est très bien.
04:36Mais le problème, c'est que depuis que je suis parti, les 1 000 milliards d'euros
04:40de dette qu'on m'a mis sur le dos, c'est devenu 1 300 milliards, quasiment un peu
04:44moins, 1 280.
04:44Faire l'avocat du diable ?
04:46Oui, bien sûr.
04:47Tu as été un petit soldat bête et servile ? Tu connais la théorie des baïonnettes
04:52intelligentes ?
04:52Non, j'ai été un bon soldat.
04:55Et je le revendique.
04:56C'est mon ADN d'être un bon soldat.
04:58Quand on me dit qu'il faut rétablir les comptes publics, qu'il faut qu'on soit sous
05:01les 3% de déficit en 2027, ça a été mon combat et je l'ai livré.
05:06Ce que je n'ai pas vu venir, effectivement, c'est que, un, on a eu un accident en 2023
05:10sur les recettes, que je n'ai pas vu venir.
05:13Rien ?
05:14C'est la TVA, c'est l'impôt sur les sociétés.
05:17On s'est retrouvé avec un trou dans la caisse de 40 milliards d'euros.
05:20Alors, ce n'est pas moi qui fais les évaluations de recettes, mais c'était moi le chef.
05:24Et c'est le chef qui est responsable de ce qui se passe dans son administration.
05:27Tu ne sais pas chefier.
05:28Donc, je prends ma responsabilité sur cette erreur qui a été faite par mes services.
05:34Comment tu expliques ça ?
05:35Alors, ça s'explique par des modèles qui n'étaient pas les bons, des rentrées de TVA
05:38qui n'étaient pas les bonnes et qui ont été sans doute un peu distordues par ce qui s'était
05:42passé au lendemain du Covid.
05:44Mais je pense fondamentalement que le modèle technique n'était pas le bon.
05:47D'ailleurs, moi, ma proposition, c'est de dire qu'il ne faut pas qu'il y ait uniquement
05:50un modèle administratif.
05:51Il faut qu'il y ait aussi des gens du secteur privé qui puissent comparer.
05:55C'est tellement important l'évaluation des recettes pour faire un bon budget.
05:58C'est savoir ce qui va rentrer dans les caisses de l'État.
06:00Moi, je propose qu'il y ait non seulement l'évaluation du trésor, mais une évaluation
06:04comparative qui soit faite par le privé.
06:06Donc, ça, c'est la première chose qui s'est passée.
06:08Mais la seconde est peut-être plus importante.
06:10Quand il y a eu le trou dans la caisse, évidemment, j'ai réagi.
06:13J'ai dit qu'il va falloir faire des économies très fortes.
06:16On a engagé des économies début 2024.
06:18On a stoppé le bouclier tarifaire sur l'électricité.
06:22On a fait 10 milliards d'euros d'économies sur l'État.
06:25J'ai demandé une loi de finances rectificative et puis j'ai proposé au président de la République
06:28un plan de rétablissement des comptes mi-24 qui devait être mis en œuvre à la fin 24
06:35pour le budget 25.
06:37Et ce plan nous aurait permis de rester sous les 3% de déficit en 27.
06:42A quel prix ?
06:43Il a été torpillé par la dissolution.
06:46Et ce qui a torpillé le rétablissement des comptes et qui explique que l'accident est devenu
06:51une catastrophe, c'est qu'après la dissolution, il n'y avait plus de majorité, il n'y avait
06:56plus d'unité politique.
06:57C'était un désordre politique complet.
07:00Aucune unité possible sur un plan de rétablissement des comptes qui soit sérieux, rigoureux,
07:04comme celui que j'avais proposé.
07:05Il n'était pas facile, je peux t'en dire un mot si tu veux, de ce plan.
07:08Avant que tu me parles de ton plan, moi j'aimerais te poser la question.
07:13Nous ici, on aime bien la prospective et l'anticipation.
07:15On essaye d'avoir des yeux et des oreilles partout, on essaye d'avoir des mains un peu
07:19partout, des doigts un peu partout, des sondes un peu partout.
07:23On a quelques trophées accrochés à notre veste.
07:29Ils ne font pas d'anticipation dans ton ministère, il n'y a pas des prospectivistes.
07:34Est-ce que vous êtes assisté avec des vrais géopolitologues, avec des vrais mecs qui font
07:39de la guerre économique, pas de la guerre économique de salon ou de salon de télé ?
07:43Est-ce que tu as des vrais têtes brûlées qui t'aident, qui disent là, Bruno, tu es
07:50en train de faire une putain de connerie ?
07:52Je te donne un exemple.
07:54Nous, on a anticipé la guerre avec Popov 1er.
07:58On a été les voir avant, on leur a posé des questions en leur disant, ne prenez pas
08:04pour un con, on a vu que tu bouges sur Swift, que tu bouges avec la rénovation de tes
08:09hôpitaux, que ça commence à sentir le roussi, ne me prend pas pour un débile.
08:15Je l'ai dit personnellement à Sergeï Lavrov, les yeux dans les yeux.
08:21Je l'ai dit personnellement à leur ministre conseiller.
08:24Pourquoi ? Parce qu'on a fait de la prospective, on a été faire du renseignement de terrain,
08:29on a été prendre la température.
08:31L'économie, c'est pareil.
08:33Le renseignement économique, à Bercy, il en est où ?
08:36Je pense qu'on n'est pas du tout à l'aveugle.
08:40Je pense qu'on a des éléments qui te permettent, notamment le ministre, au bout d'un certain
08:45temps, pas la première année, pas la deuxième année.
08:48Mais moi, je plaide pour que les ministres restent très longtemps en poste, parce qu'en
08:51réalité, ça leur donne une capacité de prospective, de compréhension de ce qui va
08:56se passer, qui s'acquiert uniquement avec le temps, uniquement avec les contacts que
09:00tu peux avoir dans les différents pays, et qui te permettent de voir juste.
09:06Lorsqu'on a vu que le Covid commençait à arriver, on a réagi en 24 heures.
09:11On peut nous reprocher plein de choses.
09:12Attends, t'as vu que le Covid arrivait à partir de quand ?
09:15On a vu que le Covid arrivait à partir du début 2022, et on a vu surtout l'impact
09:18immédiat que ça allait avoir.
09:20Le mail de Jordi, comment il s'appelle, l'ambassadeur ?
09:28Jeudi, Jordi, comment il s'appelle ?
09:29Je ne sais plus exactement son nom.
09:31Il fait un mail la veille du 31 décembre.
09:34Non, ce que je veux dire, moi j'étais ministre de l'économie, je ne suis pas ministre
09:36de la Santé.
09:37D'accord, mais tu n'as pas compris ma question ou je me suis mal exprimé ?
09:40Non, vas-y, repose-moi la question.
09:41Ok, tu prends l'exemple du Covid.
09:43Nous, on a été en pointe de diamant sur ce sujet, parce que Wuhan, c'est une ville
09:47de Técos, et donc il y a plein de Técos français là-bas.
09:50Non, mais attends, je ne veux pas qu'il y ait d'incompréhension.
09:51Je ne te dis pas que j'ai anticipé la pandémie.
09:53Non, je te parle du fait, est-ce que tu es épaulé par des services qui viennent
09:56te voir en disant « fais gaffe mec, parce que ça, ça va te faire un putain de trou
09:59dans ton budget ».
10:00Non, ça pour le coup, tu n'as pas, justement, c'est pour ça que moi je propose qu'il
10:04y ait
10:04des aides privées à côté, qu'il y ait la comparaison entre le public et d'autres
10:08organismes qui te permettent de voir juste.
10:10Je donne juste l'exemple, la manière dont ça peut se passer sur le Covid, quand on a
10:15su qu'il y allait avoir une pandémie, que ce soit un impact sur l'économie.
10:18Quand ?
10:19La première indication vraiment forte, c'est quand on a eu le G20 de Riyad, on s'est
10:24réunis, mais pourquoi est-ce que là on a vu juste ?
10:26C'est quand ça ?
10:27Parce qu'on n'était pas tout seul.
10:28C'était quand ?
10:28C'était, je crois que c'est février de l'année de la pandémie.
10:32Vérifie, je ne veux pas te dire de bêtises.
10:34Mais à ce moment-là, tu as les ministres américains, les ministres japonais, les
10:39ministres saoudiens, les ministres égyptiens qui sont là, ministres des finances,
10:43et tous ont la même analyse.
10:45Tous te disent, tu as le patron de la Fed, tu as le patron de la BCE, la patronne de
10:49la BCE, Christine Lagarde, tout le monde te dit, si vraiment c'est confirmé, l'impact
10:53économique va être absolument majeur.
10:56Donc il faut que vous réfléchissiez à des mesures qui soient des mesures totalement
10:59en dehors du cadre habituel.
11:02Ça nous a permis, au retour du G20 de Riyad, de dire, là les gars, il va falloir qu'on
11:06se retrousse les manches, qu'on sorte des cadres habituels.
11:09Si effectivement l'économie est à l'arrêt, on ne va pas pouvoir se contenter de demi-mesure.
11:14Et honnêtement, on peut nous reprocher beaucoup de choses.
11:16Mais je pense que sur la réaction face au Covid, le prêt garanti par l'État, le soutien
11:21aux entreprises, l'aide aux salariés, parce qu'on a pris à notre charge 80% des salaires,
11:27ça a évité une crise économique et une crise sociale majeure.
11:29Là, on a su anticiper, là, on a frappé juste, et là, en 24 heures, j'ai décidé
11:33ce qu'il fallait pour qu'on évite un drame économique au pays.
11:37Là, tu es en train de me faire un obstacle, malheureusement.
11:39Tu es en train de me faire un obstacle.
11:41Un obstacle sur quoi ?
11:42Sur ton intelligence.
11:44Tu es en train de dire, non, on a anticipé.
11:46Non, tu as réagi d'une façon symptomatique.
11:48Non, pas du tout.
11:49Ce n'est pas du tout un obstacle, c'est juste une façon de te dire qu'on a réagi
11:54de la
11:54manière juste, en comprenant que ça allait être très grave.
11:58Si, c'est l'anticipation.
11:59Parce que, le plus simple, ça aurait été de dire, on fait comme d'hab.
12:04Il y a une petite crise économique, il va y avoir un ralentissement de l'économie,
12:08donc on met en place des petites mesures de soutien, on accompagne un peu les artisans,
12:13mais on ne fait pas plus.
12:15Là, et crois-moi, d'autrefois, on s'est planté, je viens de te le dire sur les comptes
12:19publics, mais face à la crise du Covid, qui est quand même la crise la plus grave
12:22qu'on ait connue depuis 1929.
12:24Je pense sincèrement que nous avons pris avec mes équipes, avec mon directeur de cabinet,
12:29Manuel Moulin, avec les équipes qui étaient avec moi à Bercy, parce qu'on avait vu des
12:33gens à l'étranger, et qu'on n'était pas enfermés sur nos propres certitudes nationales.
12:38Là, je me souviendrai de ce week-end où on s'est dit, va falloir qu'on sorte des trucs
12:43qu'on n'a jamais sortis dans l'histoire économique française.
12:46Donc on va mettre 300 milliards d'euros de prêts garantis par l'État, on va prendre
12:51les salaires à notre charge à hauteur de 80 %, on ne le fait jamais en France.
12:55On va soutenir les artisans, on va soutenir les commerçants, et on va piloter en direct
12:59depuis le ministère de l'Économie pour pouvoir sauver l'économie française et sauver les
13:05salariés français.
13:06On l'a oublié, tout ça a été complètement oublié.
13:08Donc c'est pour ça que je veux le rappeler.
13:10Mais je te dis aussi avec la même franchise que sur les recettes, c'est retrouvé fin
13:1623, moi je peux te raconter exactement la même histoire, mais cette fois-ci de manière
13:19négative, j'ai le souvenir des différents directeurs d'administration centrale demandant
13:25rendez-vous dans mon bureau et me disant, voilà, M. le maire, M. le ministre, on vous
13:31avait dit qu'on allait avoir… M. le ministre, Bruno, ça dépend de la proximité
13:35avec le directeur, mais on vous avait dit, on va avoir tant de recettes, finalement
13:39ça va être 5 milliards de moins.
13:405 milliards, c'est quand même un peu emmerdant, c'est pas de la roupie de Sansonnet.
13:44Puis il revient 15 jours après.
13:47En fait, c'est pas 5, ça sera plutôt 10.
13:49Et attendez les gars, vous déconnez à fond là, on va aller jusqu'où dans la glissade.
13:53On a fini à 40.
13:55T'as fait une grève de la faim, t'as décidé de démissionner.
13:58Qu'est-ce que t'as fait pour prévenir les Français que ça partait en sous-7 ?
14:00Tu peux pas prévenir sur le moment, parce que tu sais pas quelle va être la gravité
14:04de la voie d'eau.
14:05T'es capitaine du bateau, il y a une voie d'eau.
14:08Tu sais pas si tu vas perdre…
14:09Est-ce que t'as cru que ça allait pouvoir créer un mouvement de panique ?
14:13Non, mais j'ai cru qu'on pourrait résorber les choses plus rapidement que je ne le pensais.
14:20Et tu prends la mesure de la voie d'eau trop tard pour que vraiment ta réponse puisse être
14:28suffisamment efficace.
14:29Simplement parce que les recettes arrivent à la fin de l'année.
14:31Et donc tes capacités d'action à la fin de l'année, elles sont extrêmement réduites.
14:36Donc là, je te le dis très sincèrement, on a mal anticipé.
14:40Du coup, moi j'en tire des conclusions, c'est-à-dire que je ne dis pas, voilà, c'est
14:44bon, on a mal anticipé.
14:45Il faut d'autres modèles, il faut d'autres analyses que celles uniquement du Trésor,
14:51il faut d'autres capteurs.
14:53Et de la même façon que sur le Covid, on a eu des capteurs étrangers, j'étais
14:56en contact tout le temps avec les chefs d'entreprise, les patrons, les artisans, les commerçants,
15:00mais aussi le patron de la Fed, la Banque Centrale Américaine, mais aussi Christine Lagarde,
15:04mais aussi le ministre des Finances saoudien ou le ministre des Finances chinois.
15:09Pour dire, chez toi, ça se passe comment ? C'est aussi dur, donc il faut vraiment qu'on
15:12mette le paquet.
15:13Qu'est-ce qu'il t'a dit le chinois ?
15:14Le chinois, il disait, c'est compliqué d'avoir des contacts avec eux, c'est toujours
15:19compliqué d'avoir des contacts avec eux.
15:21Ce n'est pas vrai.
15:21Nous, on a des contacts avec eux.
15:22Oui, j'ai des contacts.
15:24Et je vais te dire, il y a une grosse différence entre le ministre des Finances allemand,
15:28là, tu vois, j'ai mon portable, je tape, je dis, allô Wolfgang, quand c'était
15:31Wolfgang Choy Bleu, ou allô Olaf, quand c'était...
15:34Olaf Scholz, et je l'ai dans la seconde.
15:36Le ministre des Finances américain, tu peux l'avoir, mais il vaut mieux prendre un petit
15:41rendez-vous 24 heures avant, parce qu'il est quand même très chargé.
15:43Le ministre des Finances chinois, je vais te dire, il faut trois semaines avant avoir
15:47demandé un rendez-vous téléphonique pour l'avoir au téléphone.
15:49C'est comme ça que ça se passe.
15:50Je te raconte la vie.
15:52Parce que c'est très tendu en ce moment avec les Chinois.
15:54Parce que c'est très tendu, parce que c'est...
15:56Je reviens juste, parce que je ne veux pas qu'on perd le fil sur l'histoire...
15:58Mais t'inquiète pas ici, on ne perd pas les fil.
16:01T'as une voie parallèle de diplomatie ? Est-ce que t'as un copain qui connaît le ministre ?
16:0630 années d'expérience politique.
16:1030 années, et j'ai commencé comme diplomate.
16:13Donc 30 années, qu'est-ce que ça te donne ?
16:16Ça te permet de faire des conneries.
16:18Ça te permet de faire des erreurs.
16:19Oui, j'en ai fait, bien sûr.
16:21C'est quoi la pire ?
16:22Il n'y a que les gens qui n'ont jamais exercé le pouvoir, qui te disent qu'ils n
16:26'ont jamais fait de conneries.
16:28Ce qui te fait apprendre, ce qui te donne l'expérience pour comprendre, c'est le pouvoir.
16:32Il y a quelques semaines, il y a eu un accord, il me semble, qui a été signé entre les
16:36États-Unis et l'Iran.
16:39C'était, je crois, juin 2026, il y a quelques semaines.
16:43Tout le monde a dit, c'est super, la paix en Iran, c'est formidable, et les prix du pétrole
16:49vont baisser.
16:50Tu reprendras mon interview aux Parisiens, le juin, où je dis, cet accord est une mascarade.
16:57Le jour même où il a été signé, j'ai dit, cet accord est une mascarade.
17:01Et j'ai dit une deuxième chose, malheureusement, je suis obligé de dire à nos compatriotes,
17:06qui, je le sais, sont extrêmement sensibles à ça,
17:09les prix du pétrole ne vont pas baisser, comme vous le dit tout le monde, ils vont probablement remonter.
17:13On est aujourd'hui le 29 juillet.
17:16L'accord de paix s'est transformé en guerre,
17:20et le prix du baril, il est redescendu un peu en dessous de 100 dollars, il doit être à 85
17:24dollars le baril,
17:25mais il a flambé, et puis les gens qui sont à la pompe, ils voient bien que le prix de
17:28leur litre d'essence,
17:29ils dépassent aujourd'hui les 2 euros.
17:31Pourquoi est-ce que j'ai vu juste ?
17:33Pas parce que je suis malin.
17:34J'ai vu juste parce que, en Iran, aux Etats-Unis, ailleurs,
17:39j'ai construit en 30 années des contacts qui permettent de te dire,
17:43dans le fond, en dessous de notre gueule,
17:45cet accord n'en est pas un, et la guerre va reprendre.
17:49C'est à ça que ça sert, l'expérience.
17:50Quai d'Orsay, il en pense quoi ?
17:53Quai d'Orsay, il faut leur demander, moi je viens du Quai d'Orsay.
17:55Qu'est-ce que tu penses du Quai d'Orsay ?
17:57Je pense que c'est un ministère dans lequel t'as plein de gens absolument formidables,
18:02mais la réalité, c'est que la politique des affaires étrangères
18:05sont faites aujourd'hui par le Président de la République,
18:08et d'ailleurs c'est pas une mauvaise chose, ça fait partie de son domaine réservé.
18:11Moi je suis favorable à ce qu'on définisse le domaine réservé du Président de la République
18:14dans la Constitution, pour qu'on répartisse mieux les tâches
18:18entre le Président de la République et le Premier ministre.
18:22Et que le Président de la République soit un vrai Président de la République.
18:25Dont la responsabilité première, c'est de rassembler les Français.
18:28C'est en train de dire que Macron c'est un faux Président ?
18:30Moi ce que je dis avec beaucoup de simplicité,
18:32c'est que depuis plusieurs années, à la faveur du quinquennat,
18:37de l'accélération de la vie politique,
18:39les Présidents de la République sont devenus des super Premiers Ministres.
18:42C'est pas du tout ma conception du chef de l'État.
18:45Pour moi, le Président de la République n'a pas à intervenir sur les sujets du quotidien.
18:50Il n'a pas à faire les nominations à la culture ou aux finances
18:54ou dans d'autres ministères à la place des ministres.
18:57À la Cour des Comptes ?
18:57Alors la Cour des Comptes, si, je pense que ça c'est normal.
19:00Je pense qu'il a fait un très bon choix, Camille Montchalin.
19:02C'est une fille qui est super, qui est très compétente, qui est jeune.
19:07Je pense que ça va donner un gros coup de booster à la Cour des Comptes,
19:11qui est vraiment une institution importante,
19:14qui à mon sens doit être mise à la disposition de l'Assemblée Nationale
19:16pour que l'Assemblée Nationale puisse bien surveiller l'exécution de la loi de finances,
19:21donc de proposer des amendements de dépenses,
19:23que l'Assemblée Nationale surveille la bonne exécution de la loi de finances.
19:27Donc, Camille Montchalin, je pense que c'est un bon choix.
19:29Et je pense que ça relève du Président de la République.
19:31En revanche, la nomination du Président...
19:33Ça a fait jaser, quand même.
19:35Oui, mais...
19:35Pourquoi ça a fait jaser ?
19:37Je vais te dire, là aussi, avec beaucoup de simplicité,
19:39on est là pour se parler, franchement.
19:41On ne t'a pas fait boire.
19:43Non, vous n'auriez plus, d'ailleurs, je suis un peu déçu.
19:46L'eau minérale, juste avant, c'était un peu court.
19:50Quand il y a une bonne nomination d'une personne qui est compétente,
19:53un poste qui est important, moi, ça me fait plaisir.
19:55Est-ce que tu as compris pourquoi les Français...
19:56En revanche, là où ça déconne, c'est que le Président de la République,
20:00aujourd'hui, c'est Macron, c'est ses prédécesseurs,
20:03nomme à tous les postes de direction.
20:06Donc, quand tu as le Président du Château de Versailles, par exemple,
20:09on va attendre deux mois, trois mois, quatre mois,
20:11le choix du Président de la République.
20:13Mais il y a deux choses.
20:13Une, soyez un ministre de la Culture.
20:17Et dans ce cas-là, il a autorité sur les établissements publics.
20:20Moi, je crois à l'autorité.
20:22Et l'autorité, c'est une chaîne de commandement.
20:24Tout le monde dit autorité, autorité, autorité,
20:26tous les matins, le soir, tout le temps, il faut de l'autorité.
20:29Mais l'autorité, ce n'est pas un concept.
20:31C'est une pratique.
20:33L'autorité, elle ne se décrète pas.
20:35Elle s'impose par des procédures
20:37et par ce que tu dégages toi-même.
20:40Un ministre ne peut pas avoir d'autorité
20:42sur son administration
20:44s'il ne nomme pas, seul,
20:46en responsabilité,
20:48tous ses directeurs.
20:50Ça, c'est un changement radical.
20:51Tu divises par deux ou par trois
20:52la liste des nominations au Conseil des ministres
20:54qui est relève du président de la République
20:55et du président de la République
20:56et du président de la République
20:56et du président de la République
20:56et du président de la République
20:58et du président de la République
20:59Quand tes équipes à Bercy,
21:01elles se sont plantées de 40 milliards.
21:03Tu as fait une réunion,
21:05tu as fait sauter des gens,
21:06tu en as fait muter à Saint-Pierre-et-Miquelon.
21:08Comment ça s'est passé ?
21:09Non, parce qu'après,
21:10on est parti dans l'année 2024,
21:14les élections européennes,
21:15la dissolution,
21:16donc tout ça a été complètement bouleversé.
21:19Et une fois encore,
21:20je prends la responsabilité.
21:22C'est moi le chef.
21:24Et tu as assumé comment ?
21:25Tu as démissionné ?
21:26Quand il y a eu la dissolution,
21:28les élections perdues,
21:30qu'est-ce qui s'est passé ?
21:31Il y a eu le premier tour.
21:32Je reviens un tout petit peu à la politique.
21:34Il a fallu savoir
21:35si on votait LFI, RN.
21:37Moi, j'ai dit très clairement,
21:38entre deux mots,
21:39je ne choisis pas le moindre.
21:41Donc, je n'ai pas appelé
21:42à voter LFI
21:43pour contrer le Rassemblement national.
21:44national.
21:46Je tiens ma position
21:47et j'y crois très profondément.
21:48Je pense que ce n'est pas...
21:49Si tu as Jean-Luc
21:50et Marine au deuxième tour...
21:51Je vais tout faire,
21:52je vais dire dans les mois qui viennent
21:53pour qu'il n'y ait pas Jean-Luc
21:54et Marine au deuxième tour.
21:56Chacun aussi a envie
21:57de croire au Père Noël.
21:58Mais ce ne sera pas le Père Noël.
21:59Je pense que c'est possible.
22:01Non, je suis persuadé
22:02que c'est possible.
22:03Et je pense que...
22:04Pourquoi tu es persuadé ?
22:15C'est que nous,
22:16on est mauvais.
22:17Et être mauvais,
22:18c'est quoi ?
22:19Ce n'est pas savoir reconnaître
22:20ses erreurs.
22:21Non, mais c'est la première chose.
22:23Tu as fait des erreurs,
22:24tu les reconnais.
22:25On a aussi fait des choses bien.
22:26J'espère qu'on aura le temps
22:27d'en parler.
22:27Je pense qu'on a fait
22:28beaucoup de choses très bien,
22:29notamment dans le volet économique.
22:31Mais on a aussi fait des choses
22:32qui n'étaient pas bien.
22:34Donc, les gens n'étaient pas contents.
22:35C'est quoi les choses
22:35que tu as fait pas bien ?
22:36Je te dis...
22:37Tu ne penses pas
22:38que tu as ouvert un peu trop
22:38ta gueule
22:39depuis que tu étais au ministre ?
22:40Genre, mon intelligence
22:41c'est un obstacle.
22:43Je suis Hermès.
22:44Putain, mais...
22:45Tu te rappelles de cette vidéo ?
22:47Tu arrives...
22:48Oui, Jupiter,
22:49moi je suis Hermès.
22:50Mais tu es passé
22:50pour le dernier des ahuris.
22:53Quand tu es ministre,
22:53tu parles beaucoup.
22:54Oui, tu dis beaucoup de conneries.
22:56Quand tu parles beaucoup,
22:56tu dis forcément des bêtises.
22:58Donc, tu peux faire
22:59le recensement
22:59de tout ce que j'ai dit
23:00depuis 30 ans.
23:01Là, tu verras forcément des bêtises.
23:03Ça fait partie, là aussi,
23:04de la vie publique.
23:05Mais tu as laissé des cicatrices
23:06dans le cœur des Français.
23:08Tu ne te rends pas compte ?
23:09Tu as un ministre des Finances
23:10qui nous fait des trous de mythe
23:12dans tout notre budget
23:14qui a ses équipes
23:14incapables de calculer
23:16une putain de TVA.
23:17Et bien là, tu vois,
23:17je ne suis pas d'accord.
23:18Oui, j'en ai rien à foutre.
23:19Oui, mais moi,
23:20j'en ai quelque chose à foutre.
23:20Laisse-moi terminer ma phrase.
23:21Je te laisse terminer ma phrase.
23:23Tu es bien aimable,
23:23tu es civilisé.
23:24Je vais te répondre
23:25sur le fond, là-dessus.
23:27Tu es magnanime.
23:28C'est un truc très important.
23:29Ne me provoque pas.
23:30Ce n'est pas le moment, Bruno.
23:31Je passe une sale journée,
23:32il fait trop chaud.
23:34Bruno...
23:34T'as la chance,
23:40tu peux venir en tomber en short.
23:41T'as quand même un avantage
23:42de paradis sur moi.
23:43Tu es plus à l'aise,
23:44tu es plus tranquille.
23:45Tu crois que je suis à l'aise ?
23:46Je te laisse terminer.
23:47Merci,
23:48tu es absolument adorable.
23:50Elle va se payer.
23:53Quand tu laisses
23:54des cicatrices comme ça
23:55avec tes petites phrases,
23:57excuse-moi l'expression,
23:58mais de merde.
24:01Mais je te dis,
24:02franchement,
24:03je n'ai rien à dire.
24:04des cicatrices,
24:05pourquoi pas des plaies ouvertes ?
24:07Tu dis une connerie.
24:08Le français cicatrise vite.
24:09Tu as compris.
24:10Le français cicatrise vite
24:11et puis le français,
24:12il sait faire la part des choses.
24:13Et surtout,
24:14il n'oublie pas.
24:15Non, mais il n'oublie pas,
24:16d'accord,
24:16mais je pense qu'il n'a pas oublié aussi,
24:18tu parles de trous de mythe,
24:20la manière dont on les a soutenus,
24:23défendus,
24:24parce que tu parles de trous
24:25dans le budget.
24:25Oui.
24:27Mais de côté,
24:28tes 250 milliards,
24:29je vais être magnanime avec toi.
24:30Je ne vais pas être magnanime,
24:32moi je vais te parler des gens
24:32parce qu'il n'y a que ça
24:34qui compte pour moi,
24:34je ne fais pas de la politique
24:35pour autre chose que pour les gens.
24:37Je veux que tu te parles de toi.
24:38D'abord, je vais te parler des gens
24:39et d'abord,
24:39je vais te parler de la France.
24:40Le nombre de personnes
24:41qui depuis deux ans,
24:43quand je me balade en France,
24:44des restaurateurs,
24:45des hôteliers,
24:46des gens qui s'occupent.
24:47Au début, oui.
24:49Quand je suis sorti,
24:50oui, je me suis fait insulter.
24:51C'était quoi les noms d'oiseaux ?
24:52Fin 24, c'était
24:54« Eh, monsieur le maire,
24:55les 1000 milliards d'euros de dette,
24:57la dette,
24:57merci monsieur le maire pour la dette.
24:59C'est pas agréable.
25:02Ça, je l'ai eu,
25:03beaucoup, fin 24. »
25:05Et puis,
25:06je pense que ça s'est un peu apaisé.
25:07D'abord,
25:08il y a beaucoup de gens aussi
25:08qui sont revenus après.
25:10Je te dis,
25:11des hôteliers,
25:11des restaurateurs,
25:12des gens qui travaillent
25:13dans l'événementiel,
25:14des artisans,
25:15des commerçants,
25:16des gens pour lesquels
25:16je me suis battu.
25:17C'est vraiment des gens
25:18pour lesquels je me suis battu.
25:20Et qui me disent,
25:21franchement,
25:23le procès qu'on vous a fait,
25:24c'est pas très juste.
25:26Parce qu'on était bien contents
25:27de vous avoir
25:28quand c'était la merde.
25:30J'ai eu des salariés
25:32qui m'ont vachement touché.
25:33Des gens qui sont venus me voir
25:34et qui me disent,
25:35mais si vous n'avez pas été là
25:37pour prendre mon salaire
25:39à la place de l'entreprise
25:41qui ne pouvait plus payer,
25:42aujourd'hui,
25:42je serai au chômage.
25:43Et je serai vraiment
25:44dans une situation compliquée.
25:45Merci.
25:46Je vais dire un merci comme ça.
25:49Ça efface
25:50tout ce que tu as pu
25:51te prendre dans la gueule avant.
25:53Une victoire,
25:54c'est 150 000 échecs
25:55effacés d'un coup ?
25:56Ce n'est pas une victoire.
25:59C'est une question humaine.
26:00La politique,
26:01c'est humain.
26:02Quand on vient te dire,
26:03M. le maire,
26:04merci pour la dette,
26:05ça ne fait pas
26:05pas que c'est humain.
26:06Tu as notre grand
26:08mamamochie solaire,
26:08comment il s'appelle déjà,
26:09Emmanuel Macron.
26:11Quand il dit,
26:11venez me chercher,
26:12quand il dit,
26:13il y a les gens
26:13qui ne sont rien,
26:14machin,
26:15mais toi,
26:15t'es ministre,
26:16moi j'entends mon président
26:17dire ça,
26:17je suis ministre,
26:18je démissionne.
26:18Tout à l'heure,
26:19je suis venu pour parler
26:20d'abord des gens
26:21et parler aussi
26:22un peu de moi.
26:23Moi,
26:23je te dis juste
26:23la manière dont je vis
26:24la politique.
26:26Lorsque t'es
26:27dans un resto
26:29chez mes beaux-parents
26:30dans le GRS à Ligard,
26:31il n'y a pas de resto
26:32à Ligard,
26:32mais juste à côté
26:33à Condon,
26:34et qu'à Ligard,
26:36il y avait un tout petit resto,
26:36c'était un routier,
26:37mais il a fermé.
26:39C'est dommage,
26:39les routiers sont absolument délicieux.
26:40Les routiers,
26:41c'est très bon.
26:41Il y a quoi manger.
26:43La route n'était pas
26:44assez passante,
26:45je pense.
26:46et que t'as le gars
26:47qui prend la peine
26:48de venir te voir à la fin
26:49et qui dit
26:49« Voyez le resto,
26:50il est encore debout,
26:50c'est vous. »
26:52C'est ça la politique.
26:54C'est ça.
26:55C'est le gars,
26:55il te touche,
26:56il te prend par le bras,
26:57il te touche,
26:58et tu te dis
26:58« Je n'ai pas perdu mon temps. »
27:00Parce que c'est vrai
27:01que par moments,
27:01tu te dis
27:01« Putain,
27:02la dette,
27:02les gens ont l'air
27:03tellement mécontents.
27:05Franchement,
27:06est-ce que ça en valait la peine ? »
27:08Et tu comprends que
27:08un,
27:10ça a sauvé l'économie,
27:11ça a sauvé des emplois,
27:12ça a sauvé des gars.
27:13Et deux,
27:14surtout,
27:14les gens commencent
27:15à comprendre
27:16le poteau rose.
27:17Le poteau rose,
27:18c'est quoi ?
27:18C'est que la dette,
27:19elle n'a pas flambé
27:20sous Bruno Le Maire,
27:22elle flambe depuis 40 ans.
27:23Et pourquoi elle flambe ?
27:25Ce n'est pas le Covid,
27:26ce n'est pas l'inflation,
27:26ça c'est un truc
27:27qui est résiduel.
27:28Elle flambe
27:29parce que nous avons
27:30un modèle économique
27:32foireux
27:32dans lequel nous dépensons plus
27:35pour les aides sociales,
27:36pour les retraites,
27:38que ce que nous produisons
27:39comme richesse.
27:40Donc,
27:40depuis 50 ans,
27:43la dette publique
27:44ne cesse d'exploser.
27:45Moi,
27:45je te donne un chiffre.
27:46On dit 1 000 milliards,
27:47enfin 1 000 milliards,
27:47oui,
27:482 200 milliards
27:48quand je suis arrivé,
27:503 200 quand je suis parti.
27:51Mais aujourd'hui,
27:52on est à combien ?
27:52On est à plus de
27:543 500 milliards
27:54d'euros de dette.
27:55On s'est pris
27:55quasiment 300 de plus.
27:57Pourquoi ?
27:58Parce que
27:58la dépense sociale,
28:00les aides,
28:01les allocations,
28:03les retraites,
28:04ça continue à filer.
28:05Et donc,
28:06le problème
28:06n'est pas un problème
28:07de personne.
28:08Moi,
28:08j'aimerais que ce soit
28:09un problème de personne
28:09parce que dans ce cas-là,
28:10ça voudrait dire
28:10il s'est cassé,
28:11le problème est réglé.
28:12Je me suis cassé,
28:13le problème n'est pas réglé.
28:15Et ce qui compte pour moi,
28:16c'est que le problème
28:17de la dette soit réglé
28:18et ne sera pas réglé
28:20autrement
28:21que si
28:22on règle le problème
28:23des retraites
28:25et on règle le problème
28:27du poids des dépenses sociales
28:28de notre pays.
28:29C'est pour ça
28:29que j'ai proposé,
28:30quitte à être très impopulaire,
28:32qu'on arrête
28:33avec l'État-providence
28:34qui est en train
28:35de nous ruiner,
28:35de nous ruiner tous.
28:37On distribue de l'argent
28:39sans voir s'il est efficace
28:41pour le remplacer
28:42par ce que j'appelle
28:42un État puissant
28:43qui va se concentrer
28:44sur ses activités
28:45mais qui va arrêter
28:46de dépenser de l'argent
28:47à tout voir.
28:47Tu comprends
28:48les répercussions
28:48que ça va avoir.
28:49Quand tu vas faire
28:50le sevrage
28:50à l'obol de l'État,
28:53les gens vont péter un câble.
28:55Je ne sais pas.
28:57Je me demande,
28:58je vais te dire,
28:59s'ils ne sont pas déjà
29:00en train de péter un câble.
29:02Le gars qui est au SMIC,
29:05qui est à 1 445 euros net,
29:09environ,
29:10je me trompe peut-être
29:10à 2 ou 3 euros près,
29:12vous avez votre fact-checking
29:13en direct,
29:13mais je pense que c'est
29:14à peu près ça,
29:15et qu'il voit que son voisin,
29:18qui a deux enfants,
29:20qui est au RSA,
29:21alors qu'il serait
29:21en situation de travailler,
29:23va toucher 1250, 1300 euros.
29:27Tu penses qu'il ne pète pas un câble ?
29:31Tu penses qu'il ne pète pas un câble ?
29:331477,93.
29:34Donc il a un peu augmenté,
29:35tant mieux.
29:36Tu penses qu'il ne pète pas un câble ?
29:37Je pense qu'il pète un câble.
29:39Quand les gars voient
29:41qu'il y a des abus
29:42sur les médicaments
29:43et qu'on n'est pas capable
29:44d'avoir un système de soins,
29:46de proximité
29:46pour les gens
29:47qui habitent en ruralité,
29:49je vais te donner l'exemple du GER,
29:50je vais te donner l'exemple
29:51de mon département dans le...
29:52Tu ne crois pas
29:53qu'il pète un câble ?
29:54Quand ceux qui bossent
29:55regardent leurs feuilles de paye,
29:57qu'ils voient ce qui touche en brut,
29:59et tout ce qui part...