- il y a 1 jour
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AmusantTranscription
00:00Suivre l'Allemagne.
00:02Ni l'un ni l'autre.
00:04Non, mais pardon.
00:05La France ne mettra pas l'Allemagne au pas,
00:07et l'Allemagne ne mettra pas la France au pas.
00:09C'est ce qu'elle a essayé de faire.
00:10Parce qu'on ne joue pas nos atouts.
00:12Non, c'est pas on, c'est quoi ?
00:14C'est qui on ?
00:15Je vais te dire, tu as EDF,
00:17qui livre de l'électricité à l'Allemagne
00:18lorsqu'elle en a besoin.
00:20À un moment donné...
00:21Souvent.
00:21Souvent.
00:22Et puis EDF qui joue un petit peu le fusil
00:24de toute leur production d'écologie.
00:26Ça nous rapporte 4-5 milliards d'euros par an.
00:27Ça, j'ai nationalisé EDF.
00:30qui fait passer de 89 à 100% la part de l'État.
00:33Je le dis à tous ceux qui sont attachés
00:34à la souveraineté de l'énergie.
00:36Parce que ça permet d'avoir des investissements
00:38de long terme et de ne pas dépendre du marché.
00:39C'est quand même une bonne décision importante
00:41pour la puissance d'EDF.
00:43Il faut pouvoir dire aux Allemands,
00:44écoutez, nous, on a besoin de travailler ensemble.
00:48On a besoin d'avoir un autre rapport avec la Chine.
00:50Mais si vous ne voulez pas le faire,
00:51dans ce cas-là, effectivement,
00:52sur la livraison d'énergie,
00:54sur un certain nombre de coopérations
00:55qu'on a ensemble, on va arrêter.
00:57Chacun doit y retrouver
00:59son intérêt.
01:00Il y a des intérêts nationaux.
01:02Il y a des intérêts collectifs,
01:03mais il y a des intérêts nationaux.
01:05Et l'intérêt collectif,
01:05il ne peut pas être bâti
01:06sur la négation des intérêts nationaux,
01:08mais la conjugaison des intérêts nationaux.
01:13Ok.
01:15Revenons à la finance.
01:18Revenons à la dette.
01:21L'Europe,
01:23on a beaucoup de dettes.
01:25L'Allemagne a décidé,
01:27passe-moi l'expression,
01:29d'aller faire tapiner sa dette sur les marchés.
01:32Elle est fraîche, l'Allemande.
01:33Elle est toute neuve.
01:35Et puis, elle n'en a pas beaucoup.
01:35Qu'est-ce qu'il y a ?
01:3760%.
01:38Oui.
01:38On est à combien déjà ?
01:39117.
01:40Tu as fait des conneries.
01:42Non, je te donne juste les chiffres.
01:44Plus 20 points de dettes sous Mitterrand.
01:47Plus 35 sous Nicolas Sarkozy.
01:52Crise financière.
01:54Plus
01:5617.
01:5897 à 113.
01:59Plus 15.
02:00Parce que j'ai été ministre des Finances.
02:03avec Covid,
02:04inflation.
02:05Covid, tu es 250 milliards.
02:07Non, mais d'accord.
02:07Augmentation de 100% des prix d'électricité.
02:09Tu voulais qu'on fasse quoi ?
02:10On allait dire aux gens,
02:10vous fassiez que l'électricité plus 100% ?
02:12Ou j'ai pris à ma charge ?
02:13J'ai pris à ma charge.
02:15Et je pense que c'est ça le rôle de l'État.
02:16Quand je dis État puissant,
02:17ce n'est pas État providence.
02:18C'est un État qui arrête de donner des subventions à tout le monde.
02:21Mais quand ça ne va pas,
02:22il aide.
02:23Aujourd'hui, tu as des feux de forêt.
02:24Tu as des villages qui sont détruits.
02:25Il n'y en a pas de Canadien derrière.
02:27Tu vas dire quoi aux gens ?
02:29Je vais vous aider.
02:30Je suis en État puissant.
02:31Je vais vous dire.
02:31Oui, on va racheter des Canadiennes.
02:34Ce sera bien temps,
02:36le moment venu,
02:37de regarder ce qui s'est passé.
02:40On a fortement augmenté
02:41les budgets de la sécurité civile,
02:43augmenté les moyens aériens.
02:44Attention,
02:45je pense que ce n'est pas forcément...
02:47Oui, mais regarde,
02:48il y a eu des décisions positives
02:50qui ont été prises.
02:51Je dis simplement,
02:52parce qu'on parle des feux de forêt,
02:53qu'à un moment où tu as un élan de solidarité
02:58des agriculteurs,
03:00des pompiers,
03:02des services de sécurité civile,
03:04des simples habitants
03:06qui se battent avec leur tuyau d'arrosage
03:09pour éteindre des débuts d'incendie ici ou là,
03:12je pense qu'on devrait éviter les polémiques pour le moment.
03:13Après, on fera le retour d'expérience.
03:17Revenons à la dette de l'Allemagne
03:19qui va aller...
03:21Passez-moi l'expression,
03:22mais qui va arriver sur les marchés
03:26beaucoup plus fraîches
03:27que notre dette à nous,
03:28que notre capacité à élever l'impôt.
03:33Ça va être compliqué pour notre dette.
03:35Tu es d'accord avec moi ?
03:37Je constate les choses.
03:38Quand j'étais ministre des Finances,
03:40tu avais 45 à 50 points d'écart.
03:43Tu achèterais de la dette française
03:44ou de la dette allemande ?
03:46Si tu étais le FMI tiré d'abord
03:48en Allemagne ou en France ?
03:50Regardons les chiffres.
03:53Dette française, 117 points.
03:55Dette allemande, 60 points
03:57par rapport à la richesse nationale.
03:59Une fois encore, c'est 40 ans de dérive
04:00qui sont liés à la dépense sociale
04:02et qui sont liés aux retraites.
04:03Si on ne veut pas voir ça,
04:04si on veut s'aveugler là-dessus
04:05et faire la politique de l'autruche,
04:07ce sera dommage,
04:07on n'arrivera pas à régler le problème.
04:09Il faut arrêter la subornation
04:10de vote des boomers.
04:11Deuxième chose, tu as des taux d'intérêt
04:12qui sont près de 4%.
04:15L'OAT à 10 ans,
04:17l'obligation du Trésor à 10 ans,
04:18elle est entre 3,70 et 4%,
04:21donc c'est hyper chaud.
04:23Ça veut dire qu'on va payer,
04:24on donnait le chiffre tout à l'heure,
04:25jusqu'à 100 milliards d'euros
04:26d'intérêt de la dette
04:28dans les années qui viennent.
04:29On fait quoi ?
04:30Stop ou encore ?
04:32Ce ne sera pas le FMI.
04:38Qu'est-ce qui va se passer ?
04:39Je vais être très concret.
04:40Pour financer notre dette,
04:43tu dois lever chaque mois
04:46à peu près 25 milliards d'euros
04:49pour financer ta dette.
04:50Donc tu les mets sur le marché
04:51et tu as des investisseurs
04:53qui achètent la dette française.
04:55Ils l'achètent plus cher
04:57parce qu'il vaut bien
04:57qu'il n'y a pas de réforme.
04:58On a abandonné la réforme des retraites
05:00et qu'on a abandonné
05:00les véritables réformes
05:02qui permettent véritablement
05:03de se débarrasser de la dette.
05:05Donc on paye plus cher.
05:06Ils disent,
05:07moi je veux bien prendre votre dette,
05:08mais ça ne va pas être 3%,
05:09ça va être plutôt 3,75 ou 4%.
05:13Donc forcément,
05:14tu auras des taux d'intérêt
05:14qui sont plus chers.
05:15À un moment donné,
05:16tu peux avoir une adjudication
05:18puisque ça s'appelle comme ça.
05:20Tu mets 20 milliards sur le marché,
05:21tu dis aux investisseurs,
05:22venez acheter la dette française,
05:23il faut que je me refinance.
05:24On a fait du taux variable
05:25sur 15 milliards, toi, non ?
05:26On a fait du taux variable.
05:28Rassurer les banques ?
05:30Parce que ça permet aussi
05:32lorsque les taux baissent,
05:34te réajuster le financement
05:35de ta dette.
05:36Je sais que c'est très critiqué,
05:37mais on a fait effectivement
05:37du taux variable.
05:39Un jour,
05:42tu fais une adjudication,
05:44l'investisseur ne vient pas.
05:46Qui paye ?
05:47Qui vient payer ?
05:49Le Macron ?
05:50Alors, le premier qui va venir,
05:52c'est probablement
05:52les banques françaises.
05:54Si on est tout à fait honnête,
05:56il est probable
05:56que les banques françaises
05:57qui sont fortes,
05:58qui sont solides,
05:59on viendra aller chercher,
06:00on dirait, écoutez,
06:01les banques japonaises
06:02ne veulent plus prendre
06:02de la dette française,
06:03les chinois ne veulent plus
06:04prendre de la dette française,
06:05ils trouvent que le risque
06:06est trop élevé,
06:07la patrie est en danger,
06:08venez nous aider.
06:09Ils le feront peut-être une fois,
06:10probablement pas deux.
06:12Donc ensuite,
06:13on va les demander à la BCE,
06:15Banque Centrale Européenne.
06:16Et là, vous aurez le patron
06:18de la banque allemande,
06:21la Bundesbank,
06:22qui dira,
06:23il n'y a aucune raison
06:24que la BCE finance
06:26la dette française
06:27s'il n'y a pas
06:29des changements structurels
06:30dans les choix politiques français.
06:32Donc on veut la retraite
06:33à 67 ans,
06:34on veut la réduction
06:35des dépenses sociales,
06:36et pour financer notre dette,
06:39nous perdons notre liberté politique.
06:41On est,
06:43je l'ai dit à plusieurs reprises,
06:45à quelques centimètres
06:46de cette situation-là.
06:48On est au bord de la falaise ?
06:49On est au bord de la falaise.
06:51Donc,
06:52le choix qui est devant nous...
06:53Tu peux expliquer aux Français,
06:56clairement,
06:57tes angoisses
06:58sur l'impact
07:00du bord de la falaise,
07:01et si on prend la falaise
07:02? Et mon angoisse, elle
07:04est très simple, c'est
07:06que ce n'est
07:06plus nous qui décidons, c'est
07:08ton créancier.
07:10C'est-à-dire,
07:10quand tu es en faillite,
07:11c'est ton créancier qui
07:12décide.
07:13Si un jour,
07:14tu es en commission
07:14de sur-endettement,
07:15moi,
07:15j'en ai fait des commissions
07:16de sur-endettement,
07:16il n'y a rien de plus déchirant
07:17que de voir des familles
07:18qui sont en commission
07:19de sur-endettement,
07:20à dire,
07:20attendez,
07:20vous avez acheté un abonnement,
07:21vous ne l'achetez pas.
07:23Vous avez fait un crédit ici,
07:24vous l'annulez.
07:25Vous voulez vous acheter
07:26une nouvelle machine à laver,
07:27c'est non.
07:28Vous avez un loyer
07:29qui est à 800 euros,
07:30c'est trop cher.
07:30Vous déménagez,
07:31on veut un loyer à 600.
07:33Il peut arriver
07:33la même chose à la France.
07:35On lui dira,
07:36on veut bien payer
07:36votre dette,
07:38on veut bien financer
07:39votre adjudication
07:40puisque plus personne
07:41ne veut le faire,
07:42mais vous faites
07:43une réforme des retraites,
07:44vous abandonnez
07:45telle politique sociale,
07:46vous financez autrement
07:48vos hôpitaux,
07:49et on imposera
07:50à la classe politique française
07:53ce que la classe politique française
07:54n'aura pas eu le courage
07:56de faire.
07:57N'oublions pas,
07:58parce que des gens
07:58ont la mémoire trop courte.
07:59Je le dis,
08:00moi,
08:00j'ai une expérience
08:00de 30 ans.
08:01Je me souviens de Merkel
08:03allant dire à Berlusconi.
08:05Écoute,
08:06Silvio,
08:07le mieux pour ton pays,
08:10c'est que tu te tailles.
08:12C'est ce qui s'est passé.
08:16Je me souviens
08:17des échanges
08:18en marge
08:19d'un G20
08:21entre Merkel,
08:23Sarkozy,
08:24le premier ministre grec
08:25et Obama.
08:28Tu veux rester en poste ?
08:30Très bien.
08:31Il y a 300 milliards
08:32de dettes.
08:33Nous, c'est 3 000.
08:34Là, c'est 300 milliards.
08:36Eh bien, dans ce cas-là,
08:37tu ne payes plus
08:38tes fonctionnaires.
08:39Tu baisses
08:40les pensions de retraite
08:41de 20%.
08:42Tu arrêtes
08:43toutes les aides
08:44au tourisme.
08:45Tu remets en ordre
08:46ton pays.
08:47C'est ça
08:49ou tu sors
08:50de la zone euro ?
08:51J'ai ton assistant
08:52qui vient de me passer
08:53un message
08:54qui dit
08:54Bruno Le Maire
08:55doit partir au plus tard
08:56à 20h45,
08:5820h50.
08:59Non.
09:00Ce sera 21h.
09:03Revenons
09:03à nos moutons
09:04et la dette allemande.
09:06Qu'est-ce que va faire
09:07l'Allemagne
09:09qui va se...
09:10Elle prévoit combien ?
09:1140 points de PIB ?
09:14Elle va augmenter
09:14sa dette de 40%,
09:15là, non ?
09:16Elle va augmenter
09:17sa dette
09:17parce qu'elle a
09:18de la marge de manœuvre.
09:18Pour se réarmer.
09:20Pour se réarmer.
09:21Qu'est-ce qui se passe
09:22quand une puissance
09:23comme l'Allemagne
09:24se réarme
09:25et que derrière
09:27son industrie
09:28est sur les rails
09:29de périclité
09:31pratiquement ?
09:32Qu'est-ce qu'elle va
09:33chercher à faire ?
09:35D'abord,
09:36je trouve
09:37toujours très surprenant
09:38qu'on ait...
09:39C'est les mêmes
09:40qu'on reprochait
09:41pendant 20 ans
09:41à l'Allemagne
09:43de ne pas investir
09:45assez sur sa défense
09:46et de se mettre
09:46dans la main
09:47des Américains
09:47et de compter
09:49sur la France
09:50ou sur l'OTAN
09:51pour assurer sa sécurité
09:52qui viennent dire ensuite
09:53que ce n'est pas possible,
09:54l'Allemagne ne peut pas
09:55se réarmer.
09:56Je trouve que c'est
09:56notre intérêt
09:57d'avoir une Allemagne
09:59qui a des capacités
10:00militaires fortes
10:02avec une Pologne
10:02qui a des capacités
10:03militaires fortes
10:04et que ce ne soit
10:05pas la France seule
10:06qui assume
10:08le fardeau
10:09de la sécurité
10:09et de l'investissement
10:10militaire en Europe.
10:12Macron a fait
10:13un truc de pas mal.
10:14Il a placé
10:15jusqu'à la Pologne
10:16sous notre parapluie.
10:17Oui.
10:18OK.
10:19Bon, ça va nous rapporter
10:20un peu de blé, j'espère.
10:21Je ne sais pas
10:22si ça nous rapportera
10:22du blé,
10:23mais ce qui compte
10:23plus que le blé,
10:24c'est la sécurité,
10:25la raison d'être
10:26de l'État.
10:26Mais ça nous coûte
10:27du pognon.
10:27Ce n'est pas
10:27de la redistribution
10:28du pognon.
10:29Mais ça nous coûte
10:29du pognon.
10:31Ça nous coûte
10:31du pognon
10:31si on partagera
10:33les dépens,
10:34j'imagine,
10:34entre les uns
10:35et les autres.
10:35C'est pour le partage
10:36de notre frappe ?
10:38Je pense que la décision
10:39de prendre à la République
10:40était une bonne décision.
10:43Soyons là aussi
10:47la décision
10:48de l'emploi
10:49de l'arme nucléaire,
10:50de l'utilisation
10:51des M51
10:53dans les SNLE
10:53ou de la force nucléaire tactique
10:56ne revient
10:58exclusivement
10:59qu'au président
11:00de la République,
11:01chef des armées.
11:02Ça ne se partage pas.
11:05Ça ne peut pas se partager.
11:07En revanche,
11:08qu'on réfléchisse
11:09à ce que
11:10nos intérêts
11:11de sécurité
11:12les plus importants
11:14puissent être étendus
11:15au-delà de la France,
11:17d'autres pays,
11:18à Berlin,
11:19à l'Allemagne,
11:20c'est la réflexion
11:21qui a été engagée
11:21par le président
11:22de la République
11:22et je pense qu'il a eu raison
11:23d'engager cette réflexion.
11:25Est-ce que ça nous dispense
11:26d'investir
11:28dans des moyens
11:29militaires
11:32conventionnels ?
11:32Non.
11:34L'arme nucléaire
11:35doit rester l'arme
11:36de dernier emploi
11:37et de dernier recours.
11:39Et je dis bien
11:40de dernier emploi
11:41parce qu'il ne faut jamais
11:42exclure la possibilité
11:43de l'employé
11:43sinon la dissuasion
11:45ne fonctionne pas.
11:46Mais que nous gardions
11:47des capacités
11:49conventionnelles
11:49plus importantes
11:50et que nous développions
11:51ces capacités conventionnelles
11:52plus importantes
11:53c'est indispensable.
11:54On n'a pas de missiles
11:54à longue portée.
11:56Donc je vais être très concret.
11:57On a des putains
11:58de sous-marins.
11:59On a des putains
11:59de sous-marins
12:00mais sur les sous-marins
12:00tu as des missiles
12:02qui ont une portée
12:03de 8000 kilomètres
12:04avec des têtes
12:05qui sont mirvées
12:06qui peuvent détruire
12:07l'équivalent d'un pays
12:08comme la Belgique.
12:09Tu ne vas pas immédiatement
12:10monter à ces extrêmes-là.
12:11On fait le Luxembourg d'abord.
12:12Non mais ce que je veux dire
12:14c'est que tu as besoin
12:15d'attaques de missiles
12:17d'un bouclier antimissile
12:19pour arrêter ces missiles
12:20qui pourraient venir de la Russie.
12:22Tu as besoin de riposter
12:23avec...
12:23Ou d'Iran
12:24ou de Chine
12:25ou d'Iran
12:25ou peut-être des Etats-Unis
12:27ou d'Iran
12:28puisque les missiles iraniens
12:29ont aujourd'hui
12:29une capacité de frappe
12:30qui leur permet de toucher
12:31le sud de l'Europe
12:33et notamment la Grèce.
12:34D'ailleurs le fait
12:34que...
12:35Ou l'Ukraine.
12:36Le fait que le balistique
12:37ne soit pas dans les négociations
12:38avec l'Iran
12:40est pour moi
12:40une vraie menace
12:41pour la sécurité européenne.
12:42Mais c'est la preuve
12:43qu'il faut que nous aussi
12:44on ait des missiles de longue portée
12:45qui permettent de riposter
12:46à armes équivalentes.
12:47On a besoin de drones.
12:48On n'en a pas suffisamment.
12:50On a besoin d'équipements
12:50dans l'espace
12:51qui soient plus importants.
12:52On n'en a pas suffisamment.
12:53Et j'oublie...
12:54Qu'est-ce qu'on a d'équipements
12:54dans l'espace ?
12:55La capacité dans l'espace
12:57si jamais tu es menacé
12:58de riposter.
13:00Tu es pour Star Wars ?
13:01Je ne suis pas pour Star Wars.
13:02Je suis pour ceux
13:03qui garantissent notre sécurité.
13:04Et je dis également
13:05parce qu'il faut en prendre conscience
13:06qu'à partir du moment
13:07où on développe
13:08les moyens conventionnels,
13:09il faut aussi des hommes
13:11et des femmes pour les servir.
13:12Je pense qu'un bon format d'armée
13:14pour moi,
13:14ce n'est pas 275 000 hommes
13:16comme aujourd'hui,
13:16c'est plutôt 300 000 hommes.
13:18Donc ça veut dire
13:19qu'il faudra passer
13:19d'un budget des armées
13:20de 65 milliards
13:22à environ 100 milliards d'euros.
13:24Ce qui veut dire,
13:25je reviens à ce que je te disais
13:26tout à l'heure,
13:27il faut un État puissance
13:29à la place de l'État providence.
13:31Tout ce que tu ne dépenses pas
13:32dans les aides,
13:33les subventions
13:33et le social,
13:35tu dois pouvoir l'investir
13:37dans la vie de la nation.
13:38Non, parce que sinon,
13:38je vais me faire décalquer
13:39par ton assistant.
13:41On arrive presque à la fin.
13:45Est-ce que tu as un sujet
13:46que tu souhaites aborder
13:47qu'on n'a pas abordé ?
13:48Pourquoi tu as été calé
13:50à un dîner
13:50après Sinterview ?
13:51Non, mais c'est une blague.
13:53C'est un dîner
13:53avec un copain
13:54que j'ai reporté
13:56dix fois.
13:56Comment il s'appelle ?
13:57Il part en vacances.
13:58Je ne vais pas lui donner son nom.
13:59C'est un copain.
14:03C'était quoi ma question ?
14:04Tu as envie de parler de quoi ?
14:05Je te laisse cinq minutes.
14:07Un peu de culture.
14:09Oui.
14:09Un peu du pays,
14:10la culture.
14:12Tu écoutes les interviews
14:13d'Emmanuel Macron
14:15avec Manon Desources derrière
14:16ou pas ?
14:17Oui, tu vas me dire
14:18un mot sur les incendies
14:19et la gestion des incendies
14:20par la France.
14:24Moi, je suis extrêmement impressionné
14:29pour ne pas dire
14:30vraiment bouleversé.
14:31Quand on laisse les Français
14:32céder entre nous,
14:33c'est ça ?
14:34Oui.
14:34Tu n'as pas l'impression
14:35que les Français
14:36viennent de vous mettre
14:37une gifle atomique ?
14:40Genre, on n'a pas besoin
14:41de vous pour s'organiser,
14:42on séparait à l'urgence ?
14:44Je pense qu'ils montrent
14:45que le peuple français,
14:46ça reste le peuple français.
14:48C'est un grand peuple.
14:49Un peuple qui est capable
14:50d'élan, de solidarité,
14:51de générosité
14:52qui sont complètement incroyables.
14:53Les agriculteurs
14:54qui viennent de la Vienne
14:55avec leurs épandeurs,
14:56avec leurs réservoirs d'eau
14:58et qui viennent donner
14:59un coup de main.
15:00La solidarité des gens
15:01qui se relogent entre eux.
15:03Les gars qui se donnent
15:05vraiment la main,
15:06les pompiers volontaires
15:08qui découvrent à l'âge
15:09de 20 ans, 22 ans,
15:10ce que c'est qu'affronter
15:11un incendie comme ça.
15:12Franchement, c'est vraiment
15:15la France dans ce cas-là
15:16le plus beau.
15:17Après, évidemment,
15:18il faut en tirer les leçons.
15:19Est-ce qu'en termes
15:20d'adaptation au réchauffement climatique,
15:22on y est ?
15:23Non.
15:24Est-ce qu'on a opéré
15:24la bonne gestion des forêts
15:27avec des coupes
15:28qui soient suffisamment vastes
15:29pour qu'il n'y ait pas
15:29de saut de forêt ?
15:30Non.
15:31Est-ce qu'il y a encore
15:31beaucoup à faire
15:32pour simplifier le débroussaillage ?
15:33Oui.
15:33Mais tout ça,
15:34ce n'est pas le moment
15:35de le faire.
15:36Pour l'instant,
15:38saluons la France
15:38dans ce cas-là
15:39de beau et de grand.
15:41Un autre sujet
15:42que tu souhaites aborder ?
15:43Tout ce que tu veux.
15:45Tout ce que je veux ?
15:46Déjà, ce n'est pas un sujet.
15:47Je vais te mettre une condition.
15:49C'est que,
15:49comme tu es en train
15:50de me planter
15:51après que 2h20 d'interview,
15:53tu vas être obligé
15:54de revenir.
15:55Ça sera avec grand plaisir.
15:57On arrive à la fin.
15:58Je voudrais que tu me donnes
15:59trois bouquins
16:03importants
16:03qui ont compté.
16:05Tu parlais des Français
16:06qui n'avaient pas assez
16:07de mots de vocabulaire.
16:09C'est le moment
16:09de les faire lire.
16:12Il y a un bouquin
16:12qu'ils devraient tous lire
16:17qui m'a toujours
16:19beaucoup inspiré.
16:20C'est mon côté gaulliste.
16:21C'est le fil de l'épée.
16:22C'est un livre magnifique
16:23sur le chef,
16:24sur l'autorité,
16:25sur la France.
16:26Tu as vu le crape-tambour ?
16:28Magnifique.
16:31D'ailleurs,
16:31c'est un de mes rêves déçus
16:32parce que moi,
16:32j'ai fait mon service militaire
16:34dans la Méditerre
16:36et c'est un film
16:37de Schöndorfer
16:37que j'adore
16:40et j'aurais aimé
16:41faire mon service
16:42dans la marine.
16:42Quand on voit
16:43ces bateaux
16:44qui enfournent
16:45la grandeur
16:46du commandant,
16:47tout ça,
16:48c'est un film magique.
16:49Je peux te couper ?
16:50Oui ?
16:50Un jour,
16:51on était allé
16:53du temps
16:54du collège
16:54interramé
16:55de défense
16:56qui est maintenant
16:57école de guerre.
16:58Même dans la sémantique,
16:59ça change.
17:02On a foutu le bordel
17:04comme on fait d'habitude
17:04à l'école de guerre
17:05parce que c'est
17:05un des seuls endroits
17:06dans Paris
17:07où tu es vraiment libre
17:07d'aller challenger les gars.
17:09Et les militaires
17:10te soutiennent
17:13et vont chercher
17:13la réponse
17:14à ta question.
17:15je vous recommande
17:17franchement
17:17d'aller y assister
17:18au colloque
17:18de l'école de guerre.
17:20C'est un des seuls
17:21endroits encore
17:21dans Paris
17:22où on est libre.
17:24Quand tu
17:27te retrouves
17:28tu m'as fait perdre
17:29mon fil.
17:30Tu es en train
17:30de parler de quoi ?
17:31De crape-tambour.
17:34De crape-tambour.
17:34On se prend la tête.
17:36Il y a un chef
17:37de vaisseau
17:38je ne donnerai pas son nom
17:39qui me dit
17:41vous savez ici
17:42les marins
17:43ils sont toujours
17:44libres sur leur navire.
17:48Belle formule.
17:50Alors du coup
17:51dans le fil
17:52de ce que je disais
17:52sur le général de Gaulle
17:54je vais recommander
17:55un film
17:55parce que
17:56ces deux films
17:57ils ont été faits
17:59par mon meilleur ami
18:00qui s'appelle
18:01Antonin Baudry
18:01que j'ai rencontré
18:02dans mon service
18:03militaire
18:04il y a maintenant
18:05plus de 30 ans.
18:07Il vient de faire
18:08deux films
18:08sur le général de Gaulle
18:09qui ont un
18:10grand succès
18:12c'est génial
18:13de voir à la fin
18:14de la diffusion
18:14du film
18:15la salle
18:16qui applaudit.
18:18Et tu dis
18:18là il reste
18:19quelque chose
18:20de ce qu'est la France
18:21la fierté française
18:24de ce que c'est
18:25qu'être français
18:26c'est-à-dire
18:27tenter le tout
18:28pour le tout
18:28enfin quand on voit
18:30Leclerc
18:31qui a une colonne
18:32de Panzer
18:33au fin fond
18:34du désert
18:35et qui lui
18:36avec ses soldats
18:38en guenille
18:39l'un avec le singe
18:40sur l'épaule
18:41l'autre qui a à peine
18:41un fusil
18:42et qui tient sa canne
18:43comme ça
18:44et qui attend
18:44jusqu'au dernier moment
18:46pour dire
18:47feu
18:49ça c'est
18:50pour moi
18:51ce qu'il y a
18:52de meilleur
18:52dans la France
18:53le panache
18:54ce que Macron
18:55ce que Macron
18:55n'a jamais
18:55réussi à
18:57je ne sais pas
18:59si il l'a incarné
19:00en Europe
19:00il l'a incarné
19:01à des moments
19:03vraiment
19:04je pense
19:05qu'il faut sortir
19:05de ces querelles
19:06de personnes
19:07on jugera
19:08le bilan
19:08de Macron
19:09donne-moi
19:10trois bouquins
19:10donc je te dis
19:11ce film-là
19:11il faut aller le voir
19:13il y a un livre
19:15auquel je suis
19:17très attaché
19:17c'est un livre allemand
19:19d'un auteur
19:20qui s'appelle
19:20Thomas Bernard
19:21qui s'appelle
19:22Maître aux anciens
19:22c'est une espèce
19:23de grand désingage
19:24sur 200 pages
19:25de tout ce qu'il y a
19:27de magnifique
19:28dans la culture européenne
19:29et ce désingage
19:30est une forme
19:31de culture européenne
19:32c'est un hommage
19:33qui est rendu
19:34à Bach
19:34à Beethoven
19:35à la musique classique
19:36au Tintoret
19:37au grand peintre
19:40en critiquant
19:42il rend hommage
19:43l'Europe
19:44c'est l'esprit critique
19:45tu assumerais
19:45ton assistant
19:46qui va nous casser
19:47les oignons
19:47oui oui
19:48j'assumerais
19:49je vais envoyer
19:49un petit coup de fil
19:50surtout
19:50un message
19:51à la personne
19:51qui va m'attendre
19:52sinon
19:53mais c'est fondamentalement
19:55ça l'Europe
19:55et ça rejoint
19:56notre discussion
19:57sur les réseaux sociaux
19:58l'Europe
19:58c'est pas la domestication
19:59par les réseaux sociaux
20:00et par
20:01la prise de pouvoir
20:03du cerveau
20:04de nos enfants
20:05par
20:06X
20:06ou par
20:07Twitter
20:08ou par
20:10Facebook
20:11c'est la liberté critique
20:12c'est pour ça
20:13que je cite ce livre
20:14cette liberté critique
20:15c'est ce qui fait
20:16la puissance
20:16de l'Europe
20:17c'est ce qui nous distingue
20:17de la Chine
20:18l'Europe
20:18elle est perçue
20:19comme 1984
20:21là
20:22mais
20:24prenons une autre méthode
20:25pour séparer
20:26nos enfants
20:27de ce qui fera
20:28leur domestication
20:29cognitive
20:30séparons-les
20:31de leur iPhone
20:32et offrons-leur aussi
20:33des alternatives
20:34si tu ne permets pas
20:35aux enfants
20:36de découvrir
20:36d'autres choses
20:37de leur montrer
20:38à quel point
20:39le sport
20:39la lecture
20:40la musique
20:41la peinture
20:42le cinéma
20:43c'est des choses
20:44formidables
20:45la capacité à s'exprimer
20:46le théâtre
20:46tout ce que tu veux
20:47tu sais pourquoi
20:48parce que
20:49ce que tu ne peux pas
20:51verbaliser
20:51tu ne peux pas
20:52le ressentir
20:53à sa juste hauteur
20:55si tu ne peux pas
20:56verbaliser
20:58avec précision
20:59ce que tu ressens
21:00tu ne le ressentiras pas
21:01c'est de tête
21:03c'est un problème
21:03je cite un dernier livre
21:04et puis je vais te rebondir
21:06sur la violence
21:06après je te laisse
21:07mon copain
21:07ne va pas être content
21:09il y a un livre
21:10qu'il faut avoir lu
21:11quand on fait de la politique
21:12c'est
21:12Les mémoires de Saint-Simon
21:14parce que si on veut
21:15comprendre
21:15à quel point la France
21:17a du mal à se séparer
21:18de l'esprit de cour
21:19tu lis Saint-Simon
21:20le récit
21:21du siècle de Louis XIV
21:23et tu t'appelles
21:24qu'il n'y a malheureusement
21:24pas beaucoup de choses
21:25qui ont changé
21:26et qu'il faut que ça change
21:27parce que là
21:27il y a une pression populaire
21:29une pression des français
21:30pour aller vers la simplicité
21:32du dévouement
21:32ce qu'on voit là
21:33sur les feux de forêt
21:34de la disponibilité
21:36du service
21:37la politique
21:38c'est
21:39servir
21:40c'est prévoir
21:41c'est prévoir
21:42s'anticiper
21:43mais fondamentalement
21:44dans toute activité
21:46professionnelle
21:47personnelle
21:47il y a un mot
21:49qui résume
21:49ce qu'est ton activité
21:50la politique
21:51c'est
21:52servir
21:54tu vois
21:54je rejoins ce que tu me disais
21:55au début
21:55t'es un bon soldat
21:56ouais je suis un bon soldat
21:58service
21:59non j'ai dit que t'étais
21:59un bon soldat servile
22:02service
22:04servilité c'est pas trop mon truc
22:05t'as Macron
22:06qui t'a fait souscrire
22:07de l'année
22:07t'as gogo
22:08t'aurais dû dire
22:09ok les 250 milliards
22:10c'est pour ma pomme
22:11c'est le Covid
22:11on est d'accord
22:12mais le reste
22:13mais s'il y a une chose
22:14sur laquelle on n'est pas
22:15allé assez loin
22:16c'est pour ça que tu vas revenir
22:17et pour laquelle je vais revenir
22:18parce qu'on pourra rentrer
22:19plus dans le détail
22:20c'est qu'on a cru
22:21qu'on pouvait garder le modèle
22:22tel qu'il était
22:23et puis faire des réformes
22:23ici ou là
22:24je dis le modèle
22:24tu peux plus le garder
22:25tu m'as donné trois bouquins
22:26tu peux plus le garder
22:27Saint-Simon
22:28les mémoires
22:29Charles de Gaulle
22:30le fil de l'épée
22:30Thomas Bernard
22:31maîtres anciens
22:32un conseil pour les jeunes générations
22:34quelque chose d'impérissable
22:36faites-vous confiance
22:38Bruno Le Maire
22:39merci
22:39merci
22:55merci