00:00 J'avais l'impression de dire souvent les mêmes choses justement à mes patients.
00:03 Je trouvais ça chouette que les patients séduisent et connaissent davantage leur corps,
00:07 le comprennent et je trouve qu'en comprenant mieux, on devient aussi acteur de sa santé.
00:11 C'est une chaîne de vulgarisation en santé et de prévention générale.
00:23 Donc ça aborde vraiment tous les champs de la médecine générale sans tabou.
00:27 Sur TikTok par exemple, le public va être vraiment très jeune.
00:30 On va aborder plutôt des soucis dermatologiques, de sexualité, de contraception par exemple.
00:35 Mais il peut y avoir aussi par exemple sur Instagram ou YouTube un public plus âgé, de parents aussi,
00:40 puisque moi je suis maman, j'aime bien aussi aborder ces sujets-là.
00:42 L'idée c'est de faire des vidéos quand même plutôt courtes, concises et ludiques, faciles à comprendre.
00:48 Est-ce que vous savez que 84% des 16-25 ans sont inquiets des changements climatiques ?
00:53 Ce phénomène a un nom et c'est l'éco-anxiété.
00:56 Comment vous faites pour créer vos vidéos ?
00:59 Pour créer mes vidéos, j'utilise essentiellement les questions de mes patients au cabinet.
01:04 Ça m'arrive de poser des boîtes à questions tout simplement.
01:07 Combien de minutes vous utilisez par jour ?
01:10 Ça s'appelle 140 par minute et on parle vraiment de la périnatalité.
01:14 Il est trop bien, objectivement.
01:16 Comment vous faites pour vous réagir ?
01:19 Non, mon cœur bat moins vite.
01:22 Mais j'ai quand même des pics de stress, j'avoue, entre le perso, le boulot, etc.
01:26 Comment vous faites pour vous protéger ?
01:29 C'est un réel prolongement de mon métier de médecin généraliste au cabinet.
01:32 Moi, je le vois vraiment comme ça.
01:33 Une autre façon d'exercer quelque part, même si on n'exerce pas.
01:36 Évidemment, on ne répond pas directement à un patient.
01:38 J'avais l'impression de dire souvent les mêmes choses justement à mes patients.
01:41 Je trouvais ça chouette que les patients s'éduquent et connaissent davantage leur corps, le comprennent.
01:46 Et je trouve qu'en comprenant mieux, on devient aussi acteur de sa santé.
01:49 Comment vous faites pour vous prévenir ?
01:53 La prévention, pour moi, c'est la base.
01:55 Vraiment d'anticiper avant l'arrivée des maladies.
01:57 Dire justement qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour vieillir mieux.
02:00 Et puis on sait aussi qu'il y a quand même beaucoup de médecins qui partent à la retraite,
02:04 qui ne sont pas remplacés.
02:05 Le système ne va pas très bien.
02:07 Alors si on peut justement aider à ce que les patients se diagnostiquent un petit peu,
02:12 ou s'interrogent, ou se posent des questions, ou aussi consultent à bon escient,
02:16 sans parler des fake news qui circulent.
02:19 L'idée c'est vraiment de débunker des choses qui pourraient vraiment nuire aux gens, surtout aux jeunes.
02:24 Comment vous aidez les patients ?
02:27 Il y a des patients qui sont déjà venus consulter en ayant vu des vidéos de vulgarisation sur les réseaux,
02:32 en s'interrogeant, je ne sais pas, sur leur peau.
02:34 Mais il y a aussi, de mon côté, des fois, je sais que j'ai des vidéos toutes faites,
02:37 avec des explications bien claires, que le patient peut voir et revoir.
02:41 Donc ça m'arrive de parler d'une vidéo que j'aurais pu réaliser.
02:43 Comment vous aidez les patients ?
02:47 La santé mentale, c'est crucial.
02:49 Je pense qu'on devrait tous s'interroger et aussi se former, quelque part, à notre santé mentale.
02:53 Qu'est-ce qui nous fait du bien ? De quoi on a besoin ?
02:56 Qu'est-ce qu'il faudrait mettre en place ? Qu'est-ce qu'on peut mettre en place ?
02:58 Toutes ces questions-là, je pense que c'est hyper important.
03:00 Et puis nous, en tant que médecins, on doit l'aborder avec nos patients.
03:02 Si on n'y arrive pas sur une consultation, typiquement une maman qui viendrait avec son enfant,
03:06 peut-être qu'on peut programmer une autre consulte avec juste la maman.
03:09 Parler aussi de problématiques qui sont "actuelles",
03:12 le harcèlement, la violence conjugale, etc.
03:14 Comment vous soyez-vous en mesure de vous aider ?
03:18 J'ai un problème avec les projets. On parlait de santé mentale, tu vois.
03:21 Moi, je fonctionne aux projets.
03:22 Tu vois, je disais, il faut se poser la question de quoi on a besoin.
03:25 Moi, dans mes besoins perso, j'aime bien les projets.
03:27 Voilà, c'est comme ça que je fonctionne.
03:28 Je n'ai pas de projet comme ça en tête isolément,
03:31 mais je vais essayer peut-être de davantage me centrer sur ma famille aussi.
03:36 C'est vrai que j'ai fait ce diplôme universitaire de journalisme
03:42 et ça m'a tenue vraiment à cœur parce que je sentais que j'avais besoin de cette formation-là
03:46 pour pouvoir rédiger, connaître vraiment les formats,
03:49 connaître le monde de la radio, de la télé, la presse écrite, etc.
03:53 Au départ, je ne savais pas exactement où j'allais,
03:55 je n'avais pas du tout de chaîne, j'étais loin de tout ça.
03:57 Finalement, ça m'a aidée aussi à comprendre un peu plus ce que je voulais.
04:00 Après, est-ce que c'est le syndrome de l'imposteur ?
04:02 Je ne sais pas parce que beaucoup s'en passent.
04:03 Médecin !
04:14 Je suis très émue, honnêtement,
04:16 parce que c'est une reconnaissance que je prends avec quand même fierté.
04:19 Et au-delà de ça, c'est une reconnaissance qui est importante.
04:22 Je pense que ça montre aussi que c'est compliqué de communiquer de façon large
04:27 et le monde change, il y a quand même beaucoup d'anxiété, des coups d'anxiété.
04:31 Si on peut aider, vulgariser, diffuser des messages importants,
04:34 et qu'en plus c'est reconnu par mes pères, c'est chouette.
04:38 Alors, je ne sais pas si c'est un cri de guerre,
04:43 mais ce que j'ai envie de dire, c'est pourvu que le système égalitaire,
04:46 ou en tout cas le plus possible, ne s'effondre pas.
04:48 [Musique]
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