00:00C'est vraiment le comble pour un médecin du sommeil,
00:02d'avoir des troubles du sommeil,
00:04mais j'ai une dette de sommeil énorme,
00:06j'ai des insomnies énormes.
00:16La médecine n'était pas mon premier choix après le baccalauréat.
00:20À la base, je voulais faire des études de philosophie,
00:22sauf que c'est pas très réaliste pour mes parents,
00:24ils voulaient vraiment que je fasse médecine,
00:25donc je me suis embarquée en médecine.
00:27Après avoir redoublé ma première année de médecine,
00:29j'avais envie de retrouver un peu plus de réflexion.
00:31La première année était très compliquée moralement,
00:34et c'était un peu cette envie-là qui maintenant a abouti à un doctorat.
00:41C'est vraiment deux disciplines qui sont humainement très proches,
00:44et historiquement très proches.
00:45Les médecins d'avant étaient philosophes,
00:47les philosophes d'avant étaient médecins,
00:49mais actuellement, c'est quand même deux disciplines
00:51qui sont universitairement complètement séparées.
00:54Au quotidien, ce que ça m'apporte, c'est beaucoup de lecture,
00:57de culture médico-philosophique,
01:00surtout en étant psychiatre,
01:01il y a quand même tout un genre de phénoménologie psychiatrique
01:04très intéressant, qui nous aide vraiment beaucoup
01:07en tant que cliniciens en psychiatrie,
01:09d'avoir comme ça du recul, de mettre les mots sur des expériences
01:12que les patients peuvent vivre et que nous aussi on peut vivre.
01:18En licence, ce qui me passionnait beaucoup, c'était la morale.
01:21La bienveillance envers les autres,
01:22l'homme est-il bon, l'homme est-il mauvais ?
01:24C'est pour ça qu'après j'ai fait un master en éthique,
01:26puis c'était en éthique médicale,
01:28donc c'était encore de nouvelles questions,
01:29mais ça tournait vraiment toujours beaucoup autour de la morale.
01:31Mon domaine actuellement de recherche,
01:34c'est la phénoménologie psychiatrique,
01:35parce que je suis psychiatre,
01:37je m'intéresse plutôt à l'expérience et au phénomène, au vécu des patients.
01:40J'ai pu d'ailleurs trouver énormément de livres,
01:43énormément de philosophes psychiatres,
01:44donc ça m'a fait encore de nouveaux mentors,
01:47de nouveaux penseurs autour de moi,
01:49ce qui, je pense, vraiment influence beaucoup
01:51ma manière d'exercer la médecine aujourd'hui.
01:57Je pense que ça se rapproche peut-être d'une dizaine,
01:59mais je ne les ai pas comptées.
02:04J'ai toujours été très curieuse de tout,
02:05et heureusement, parce que mine de rien,
02:08quand même, les études de médecine, c'est effectivement un marathon.
02:10Je déteste cette phrase, mais c'est un marathon,
02:12et on doit aimer étudier, on doit aimer apprendre,
02:15avoir toujours envie de savoir, envie d'en connaître un peu plus.
02:21J'ai une profonde affection pour le cerveau, les neurosciences.
02:25J'ai fait un stage en neurologie que j'ai bien aimé.
02:27Ça ne correspondait pas exactement à ce que j'attendais.
02:30Il me manquait quelque chose.
02:31Quand j'ai fait un stage en psychiatrie, je me suis dit
02:33« Ah, je crois que j'ai trouvé ce que je veux faire ».
02:35C'est une décision particulière de prendre psychiatrie,
02:37parce qu'on a le sentiment qu'on va s'éloigner
02:39de pas mal de connaissances qu'on ne va pas réinvestir,
02:41mais aussi, au fur et à mesure,
02:43quand j'ai trouvé les patients en psychiatrie, les pathologies psychiatriques,
02:46c'est des pathologies avec lesquelles je suis en grande sympathie,
02:50et c'est des patients avec lesquels je suis en grande sympathie également.
02:56Quand je suis passée en neurologie,
02:57j'ai eu la chance de découvrir un petit centre du sommeil dans le service.
03:01Il y a un médecin du sommeil qui était passionné par ça
03:03et qui m'a vraiment transmis cette passion.
03:06Le sommeil, ce n'est pas du tout une spécialité
03:08qu'on nous enseigne correctement à la fac.
03:09On a quelques items, le sommeil de l'adulte, l'apnée du sommeil,
03:13mais après, on découvre tout un monde.
03:18C'est vraiment le comble pour un médecin du sommeil
03:22d'avoir des troubles du sommeil,
03:23mais j'ai une dette de sommeil énorme,
03:26j'ai des insomnies énormes.
03:27Dès que je suis un peu anxieuse, le sommeil, c'est la première chose qui part.
03:31Et c'est souvent ironique de me retrouver en consultation,
03:33de donner des conseils à des patients de thérapie cognitivo-comportementale
03:36sur l'insomnie, de leur dire, voilà, c'est bien de faire ça avant de dormir,
03:39pas d'écran deux heures avant de dormir.
03:41Et moi, je suis sur Instagram comme ça, les soirs avant de dormir.
03:44Ce n'est pas parce qu'on est médecin du sommeil
03:46qu'on est malheureusement à l'abri des troubles du sommeil.
03:50Au départ, c'était pour partager des fichiers.
03:52Et au fur et à mesure, je me suis un peu retrouvée
03:54avec l'envie de retrouver une pratique de quelque chose d'artistique.
03:57Je me suis dit, j'avais envie de partager vraiment exclusivement
03:59des dessins, des illustrations, de l'anatomie.
04:08C'est vrai que maintenant, on a à peu près 30 000 personnes
04:10qui me suivent sur les réseaux sociaux.
04:11J'en suis super reconnaissante parce que pour moi,
04:14ça me permet de vivre de très belles expériences
04:16et ça me permet de me faire des connexions.
04:19Et ça me permet, je pense aussi, d'exploiter une partie de moi
04:21que je n'osais pas trop faire ou que je n'osais pas trop faire.
04:23Et donc maintenant, ça devient plus une manière d'expression.
04:26J'ai fait des pins, j'ai fait des tote bags,
04:28toujours avec la médecine qui était centrée quelque part,
04:31qui était aussi un peu sublimée.
04:32Et puis, j'ai eu la chance en septembre de l'an dernier,
04:35puis après en juin de 2024, d'être sollicitée
04:38pour faire des petites expositions
04:40dans des colloques de médecine ou des congrès.
04:45La médecine prendra toujours le dessus
04:47parce que c'est vraiment le centre de ce que je fais,
04:48c'est le cœur de ce que je fais
04:50et c'est ce que je suis au quotidien.
04:51Je suis médecin au quotidien,
04:52mais j'aime me laisser surprendre par les choses, par l'avenir.
04:58Pour moi, c'est très important de se donner la chance
05:02de réaliser nos rêves.
05:03C'est très enfantin à dire,
05:05mais pour moi, c'est super important
05:06parce que je crois que quand on grandit,
05:08on oublie qu'on a des rêves,
05:09on oublie qu'on a envie de faire des choses,
05:11qu'on a envie de vivre des choses,
05:12de ressentir des choses, de voir des choses.
05:13Mais c'est super important de se donner le temps
05:15et de se donner les opportunités,
05:17de se demander qu'est-ce que je veux.
05:19En dehors de tout ce qu'on me dit,
05:21tu es comme ci, tu es comme ça,
05:22de tout simplement se focaliser sur soi
05:24et se dire qu'est-ce que j'ai envie de faire et de le faire.
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