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00:12 Les sociétés européennes sont confrontées à nombre de fractures internes
00:17 depuis la succession de crises de nature diverses de ces dernières décennies.
00:22 À ces fractures socio-économiques, territoriales,
00:26 qui menacent la cohésion sociale et créent un péril démocratique,
00:30 se sont ajoutées les fragmentations du monde sous ses formes économiques,
00:35 commerciales, technologiques et désormais géopolitiques.
00:40 C'est donc installé un véritable climat d'incertitude,
00:45 peu propice à la prise de décisions stratégiques communes
00:49 à un moment pourtant clé de notre histoire.
00:53 Décision d'autant plus nécessaire que l'on sait qu'aucun pays de l'Union européenne
00:59 n'est en mesure à lui seul de proposer des solutions nationales efficaces
01:04 face aux défis climatiques, démographiques, technologiques et désormais géopolitiques.
01:11 La guerre est à nos portes.
01:13 Non seulement ces décisions stratégiques majeures nécessiteraient du courage,
01:19 mais également des investissements massifs que vient contrarier le décrochage de l'Europe.
01:26 Petit retour en arrière.
01:28 Jusqu'à la création de l'ALENA, l'Europe des 9, puis des 12,
01:33 jouissait d'une production de richesse dont la part dans le PIB mondial
01:38 dépassait celle des 50 États américains.
01:43 En passant de 15 à 25 membres, la part de l'Union européenne a stagné,
01:48 nous reléguant en seconde position derrière les États-Unis.
01:51 Et depuis, elle n'a cessé de chuter sans discontinuer,
01:55 à tel point que l'Union européenne à 27 est désormais la troisième puissance économique,
02:01 derrière les États-Unis et la Chine,
02:03 pays avec lesquels le différentiel de taux de croissance joue structurellement en notre défaveur.
02:11 Incertitude, décrochage, repli sur soi,
02:16 vaines tentatives plus ou moins réussies de certains membres de l'Union de la jouer solo.
02:22 Comment dès lors envisager une défense européenne
02:26 quand l'impensable s'est pourtant produit ?
02:30 La guerre sur le territoire européen ?
02:33 Quand l'impensable pourrait se produire ?
02:36 Une éventuelle agression russe ?
02:38 La remise en cause de traités internationaux de désarmement,
02:42 notamment portant sur l'espace, la réélection d'un Trump prônant,
02:46 l'arrêt de l'aide militaire à l'Ukraine
02:49 et la non-protection de l'OTAN en cas d'attaque russe de certains pays européens.
02:54 Comment bâtir une politique étrangère commune,
02:57 afin de peser, de faire parler d'une seule voix forte, l'Europe,
03:02 dans la multiplication des crises internationales,
03:05 qu'elle se situe au Moyen-Orient ou en Asie ?
03:08 Comment financer une stratégie massive de transition écologique
03:13 face à l'accélération des risques climatiques ?
03:15 Comment sortir de l'angélisme et décider de politiques plus agressives
03:20 face à la course au leadership que mènent en duo les Etats-Unis et une Chine
03:25 qui contestent nos valeurs démocratiques ?
03:28 Bref, que peut l'Europe en l'état actuel dans ce monde fragmenté ?
03:33 Que pourrait-elle si elle se décidait à assumer enfin sa puissance ?
03:38 Après tout, l'Union européenne,
03:40 qui était taxée souvent à juste titre d'immobilisme de lenteur,
03:45 a montré en l'espace de deux crises, la crise sanitaire et la guerre en Ukraine,
03:50 qu'elle était capable de réagir vite, de parler presque d'une seule voix,
03:54 voire d'une seule voix, la Hongrie ne s'étant pas opposée récemment
03:59 à l'aide militaire de 50 milliards d'euros à l'Ukraine.
04:02 Elle a su être ambitieuse, si l'on pense au Green Deal,
04:05 malgré quelques renoncements récents, ou à la réglementation numérique, peut-être.
04:11 Elle a su résister au Brexit.
04:13 Qui demande aujourd'hui à sortir de l'Union ?
04:16 On ne critique plus l'euro, personne ne veut en sortir, beaucoup veulent y entrer.
04:21 Alors que l'Union accélère pour construire une Europe
04:25 qui ne se contenterait plus de n'être qu'économique,
04:29 une Europe sociale, une Europe stratège.
04:33 Que l'Union choisisse de devenir enfin la grande puissance protectrice
04:37 qu'elle mériterait d'être et qui lui vaudrait la reconnaissance de son peuple.
04:42 Le nationalisme serait une erreur.
04:45 Le nationalisme, c'est la guerre, disait François Mitterrand au Parlement européen.
04:52 [Musique]
04:58 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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