00:00Générique
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00:01Depuis la sortie de la crise Covid, une énigme s'est installée.
00:14Le pouvoir d'achat des ménages progresse, mais la consommation ne suit pas.
00:20Depuis 2019, le revenu réel des ménages a augmenté de plus de 8%,
00:23la consommation de moins de 4%, soit un rapport de 1 à 2.
00:28Il faut partir de l'hypothèse suivante.
00:32Le niveau élevé de l'épargne n'est plus un simple accident Covid.
00:37Pendant les confinements, mettre de l'argent de côté était mécanique.
00:40On sortait moins, on dépensait moins.
00:43Mais le phénomène perdure et aujourd'hui, l'effort d'épargne se situe environ 4 points au-dessus de son niveau d'avant-crise.
00:52Traditionnellement, la consommation dépend de 4 facteurs clés.
00:54Le revenu, l'inflation, le taux de chômage et les taux d'intérêt.
01:00Mais ce cadre ne suffit plus.
01:03Par exemple, l'argument de la constitution d'une épargne de précaution liée à l'augmentation du taux de chômage ne peut être retenu.
01:11Ce dernier en est fait considérablement baisser, malgré une légère remontée en fin de période.
01:16Si les craintes de perdre son emploi n'ont pas disparu, ce n'est pas par ce canal que s'explique le surcroît d'épargne.
01:24Le rôle de l'inflation est plus ambigu.
01:27Une accélération rapide et marquée des prix à la consommation peut tout aussi bien inciter les ménages à avancer les achats les plus lourds,
01:35afin de se protéger des hausses à venir, qu'à épargner davantage pour préserver le pouvoir d'achat de leur patrimoine.
01:42Quant au taux d'intérêt, une forte augmentation limite l'accès au crédit à la consommation et rend l'épargne plus attractive,
01:51mais génère aussi des revenus financiers qui peuvent être dépensés.
01:55Quoi qu'il en soit, l'inflation a reflué.
01:58Les taux se sont écartés de leur pic sans que cela ne modifie, ou selon à la marge, le comportement des ménages.
02:06Il faut donc aller chercher ailleurs.
02:07La première clé se trouve dans la transformation de la composition du revenu des Français à la suite de la crise sanitaire.
02:17D'abord logée sur les comptes courants, la surépargne accumulée pendant la période Covid s'est reportée vers d'autres supports,
02:24redevenus attractifs avec la remontée des taux.
02:28Conjugué à la hausse des marchés actions, cela fait bondir les revenus financiers,
02:33qui ont contribué, plus que d'ordinaire, à la hausse du pouvoir d'achat global.
02:38Or ces revenus sont toutes choses égales par ailleurs, perçus par les ménages les plus favorisés,
02:43et sont davantage mis de côté.
02:46Cela explique pourquoi l'épargne financière s'est envolé.
02:49Les taux ont certes depuis amorcé leur décru, mais les placements ont migré vers des produits moins liquides,
02:57assurance vie par exemple, donc moins facilement mobilisables.
03:01Le vieillissement de la population constitue également un facteur d'explication.
03:06À long terme, parce que le taux d'épargne des retraités est structurellement plus élevé que celui du reste de la population.
03:12À court terme, parce que la revalorisation des pensions indexées sur l'inflation a été plus dynamique que celle des salaires,
03:20dont la part consommée est généralement plus importante.
03:24Enfin, deux autres canaux alimentent l'incertitude et poussent à épargner davantage.
03:30À court terme, les inquiétudes liées au contexte international et politique dominent et incitent à la prudence.
03:36À plus long terme, les ménages anticipent un probable tour de vis fiscal dans un pays fortement endetté.
03:45La consommation n'est pas en panne, mais elle est loin de tourner à plein régime.
03:49Il ne faut pas s'attendre à beaucoup plus de 0,5% de croissance cette année.
03:53De son côté, le taux d'épargne restera à des niveaux historiquement élevés et ne baissera que de manière marginale.
04:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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