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  • il y a 2 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, François Pupponi, Olivier Dartigolles, Sébastien Soulé, secrétaire zonale adjoint d’Alliance police pour la zone Sud, ex de la Bac nord et Luc Rouban, directeur de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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##LES_VRAIES_VOIX-2024-03-20##

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Transcription
00:00:00 Les vraies voix Sud Radio, 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:00:05 Bienvenue dans les vraies voix, on est ravis de vous accueillir de 17h à 19h avec Philippe David,
00:00:10 comme tous les jours. Bonjour Philippe David.
00:00:11 Bonjour Cécile de Ménibus.
00:00:13 Comment ça va ?
00:00:13 Écoutez, nos vraies voix mettent en appétit. Je ne vais pas dire qui c'est, vous allez les présenter,
00:00:18 mais ils me donnent des envies de figatelli, de garbure et de choucroute.
00:00:20 Ah, mais voilà, vous connaissez les régions en tout cas.
00:00:23 J'adore la dissipation.
00:00:25 Brune matinale.
00:00:26 Oui, exactement.
00:00:27 Mais c'est vrai en plus, vous mettez en appétit.
00:00:30 Mais je dis des brunes.
00:00:31 Des brunes, voilà.
00:00:32 Ça va les amis ? Vous êtes enfants ? Non mais ça va Philippe David qui trouve que la barbe de Philippe,
00:00:37 de Rémi André est douce ?
00:00:39 Vous ne l'avez jamais touchée ?
00:00:40 Non.
00:00:40 Bah oui, excusez-moi, j'aime bien Rémi André, on a des relations très amicales.
00:00:44 Ah bon d'accord, ok, caresser ma barbe.
00:00:46 Allez, on est ravis de vous retrouver, 0826 300 300.
00:00:50 Vous pouvez bien entendu nous appeler et commenter le sommaire du jour.
00:00:56 Allez, on y va, 17h30, le grand débat du jour.
00:00:59 C'est une rengaine qui revient beaucoup à Marseille, malgré les coups de filet et les arrestations.
00:01:03 Beaucoup d'habitants constatent que le trafic revient toujours.
00:01:06 Une fois que la police est partie, les policiers ou magistrats disent écoper la mer avec une petite cuillère.
00:01:11 En tout cas, Marseille, une dizaine d'autres villes devraient connaître à leur tour des opérations PlastNet XXL.
00:01:17 Alors, parlons vrai, est-ce qu'à Marseille, la visite d'Emmanuel Macron et les opérations PlastNet XXL un peu partout en France
00:01:23 peuvent changer la situation ?
00:01:25 Est-ce que Marseille est devenue une narco-ville, comme le disent certains magistrats ?
00:01:29 Est-ce que la bataille est perdue dans certains quartiers et qu'il faut passer à d'autres méthodes ?
00:01:33 Et à cette question, pour venir à bout du trafic de drogue, il faut, vous êtes 45% à dire mettre fin à l'excuse de minorité,
00:01:39 à 28% punir plus les consommateurs et à 27% légaliser.
00:01:44 Vous voulez réagir ? Audatons vos appels au 0826 300 300.
00:01:47 Et notre expert pour en parler, Sébastien Soulé, sera avec nous, secrétaire zonale,
00:01:52 adjoint d'Alliance Police pour la région Sud et ex-BAC Nord.
00:01:57 Et puis, le coup de projecteur des Vrai Voix, c'est à 18h30, à 3 mois du scrutin,
00:02:01 un nouveau sondage prédit une percée inédite de la droite radicale aux élections européennes.
00:02:05 Selon Ipsos, les groupes parlementaires auxquels appartiennent le RN ou reconquêtent
00:02:09 pourraient gagner une trentaine de sièges à eux deux.
00:02:12 Alors, parlons vrai, est-ce que outre la France, c'est l'Europe qui se droitise ?
00:02:15 La faute à qui ? À l'échec de l'UE ou aux crises migratoires à répétition ?
00:02:19 Est-ce que c'est un vote d'adhésion ou un vote sanction ?
00:02:22 Et à cette question européenne, la poussée à droite vous semble-t-elle inéluctable ?
00:02:26 Vous dites oui à 90%, vous voulez réagir encore et toujours ? Le 0826 300 300.
00:02:31 Et notre expert pour en parler, Luc Rouban, directeur de recherche CNRS
00:02:34 au Centre de Recherche Politique de Sciences Po et auteur de ce livre,
00:02:37 "Les racines sociales de la violence politique" aux éditions de l'Aube, sera avec nous.
00:02:41 On vous souhaite la bienvenue, les Vrai Voix jusqu'à 19h.
00:02:43 Et notre procureur préféré, Philippe Bigerret, est avec nous.
00:02:49 Bonsoir Philippe.
00:02:50 - Alias Choucroute aujourd'hui.
00:02:52 - Comment ?
00:02:52 - Alias Choucroute aujourd'hui.
00:02:53 - Alias Choucroute.
00:02:54 - Oui, si vous y tenez.
00:02:56 - Oui, je ne sais pas pourquoi.
00:02:57 - Oui, en Alsace.
00:02:58 - Moi j'adore le figateli, je suis un homme, je suis pour le métissage gastronomique.
00:03:04 - Eh bien, direction la Corse avec François Pupponi, ancien maire de Sarcelles.
00:03:07 - Le procureur aime le figateli mais n'aime pas l'autonomie de la Corse.
00:03:09 - Non.
00:03:09 (Rires)
00:03:11 - Pas tout à fait, monsieur François.
00:03:13 J'aimerais qu'on consulte.
00:03:15 - Et pour...
00:03:17 - Et pour... parce qu'il a du bol d'être ici.
00:03:19 - C'est bon ça.
00:03:21 - Olivier Lartigolle, chroniqueur politique, ça va ?
00:03:23 - Bonsoir, on est Vrai Voix, puis je vois que les choix culinaires de Philippe David sont très légers.
00:03:27 Tout ça peut se digérer tranquillement.
00:03:30 Ce sont peut-être simplement vos entrées d'ailleurs.
00:03:32 - Oui, vous êtes un chroniqueur qui garbure bien.
00:03:34 - Oui.
00:03:36 - Ça y est, il y a le blague.
00:03:38 On en a fait deux, là, on arrête.
00:03:40 - Le quota est...
00:03:42 - Avec ce numéro de téléphone, 0826...
00:03:44 0826...
00:03:46 - Oui. - 300, 300.
00:03:48 - C'est bien ça, c'est bien le bon numéro.
00:03:50 Avec Fabrice qui nous appelle,
00:03:52 Doloron, Sainte-Marie. - Ah, c'est chez moi.
00:03:54 - Bonsoir Fabrice. - Bonsoir Fabrice.
00:03:56 - Bonsoir Cécile, bonsoir Philippe, bonsoir Olivier.
00:03:58 Et avec le russe en dessert, Doloron.
00:04:00 - Dartigan, ouais, on fait la pub, c'est bon.
00:04:02 - Tout le monde !
00:04:04 - J'ai vécu six ans à Doloron-Sainte-Marie,
00:04:06 j'étais place Sainte-Croix, c'est très beau.
00:04:08 - Oui, c'est intéressant.
00:04:10 (Rires)
00:04:12 - C'est ça qui me passionne, je vous le dis tout de suite.
00:04:14 - Qui y a bon ?
00:04:16 - Non mais ça fait avancer l'émission, Olivier.
00:04:18 C'est sûr qu'on a avancé. Vous avez le numéro de la rue ?
00:04:20 - Non, au moins il y a le faux, pour une fois.
00:04:22 - L'étage peut-être, non ?
00:04:24 Porte de droite ou porte de gauche ?
00:04:26 - Il y a le faux.
00:04:28 - Allez, de quoi parle-t-on avec vous Fabrice dans un instant ?
00:04:30 - Du climat anxiogène
00:04:32 dans lequel sont plongés les Français
00:04:34 depuis trop longtemps.
00:04:36 - Eh bien, on en parle dans un instant, vous bougez pas.
00:04:38 Direction Le Répondeur, 0826 300 300,
00:04:40 on l'écoute.
00:04:42 - Bonjour, c'est Marc de Marseille.
00:04:44 Je suis en train d'écouter des informations
00:04:46 avec tout ce qui s'est passé hier à la Castellane.
00:04:48 Vous ne pouvez pas imaginer
00:04:50 la haine que j'ai contre ces politiques.
00:04:52 C'est que du cinéma.
00:04:54 C'est que, justement, parce qu'il y a les élections
00:04:56 et qu'il faut qu'on se fasse voir.
00:04:58 Ça faisait trois, quatre jours
00:05:00 qu'on disait qu'ils allaient venir à la Castellane.
00:05:02 Et vous croyez que les Thiller,
00:05:04 vous croyez que les Grafgons,
00:05:06 ils ont dû arrêter
00:05:08 une centaine d'enfants
00:05:10 qui parlent, qui font des choufres
00:05:12 ou éventuellement ce sont des personnes
00:05:14 qui n'ont rien à voir ? Quel cinéma,
00:05:16 quel cirque ! C'est vraiment terrible.
00:05:18 C'est vraiment terrible.
00:05:20 Voilà, c'est la vie.
00:05:22 - Merci Marc de Marseille.
00:05:24 - Est-ce que c'est pas la remarque que beaucoup de gens ont fait sur la visite du Président
00:05:26 qui a fait une conférence de presse en plein air
00:05:28 en parlant de l'Ukraine, de Gaza, de tout et de rien ?
00:05:30 - D'emploi.
00:05:32 - De beaucoup de gens peut-être,
00:05:34 mais pas la mienne en tout cas.
00:05:36 Donc j'ai tendance à considérer
00:05:38 qu'on a fait le poids en face
00:05:40 d'une multitude.
00:05:42 - François,
00:05:44 je voulais juste ajouter un petit mot.
00:05:46 Je pense que ça n'est pas du cirque,
00:05:48 qu'évidemment que les
00:05:50 Thiller n'est pas attendu
00:05:52 pour la police pour
00:05:54 faire leurs affaires, mais je crois
00:05:56 que ça valait la peine d'être fait.
00:05:58 Alors ensuite je crois qu'on va en parler.
00:06:00 - Oui, bien sûr, on peut en parler.
00:06:02 - Je vais arrêter net.
00:06:04 - C'est le 17ème déplacement du Président
00:06:06 de la République depuis son élection en 2017
00:06:08 à Marseille. Ça fait beaucoup.
00:06:10 Il y a deux ans et demi, c'était
00:06:12 Marseille en grand, avec une communication
00:06:14 très bien préparée.
00:06:16 Moi je veux
00:06:18 bien aller du côté du procureur en disant que
00:06:20 le Président se saisisse d'un dossier
00:06:22 tel que le trafic de drogue, c'est très bien.
00:06:24 Mais localement,
00:06:26 la Cour régionale des comptes
00:06:28 vient de montrer qu'il y a de grosses difficultés
00:06:30 de partenariats entre l'État,
00:06:32 les services de l'État,
00:06:34 les collectivités, mairies,
00:06:36 métropoles. Donc, bon,
00:06:38 j'espère que les boulons vont être resserrés
00:06:40 et qu'on aura des résultats. - Très rapidement.
00:06:42 - J'étais président de l'ANRU.
00:06:44 - L'Agence nationale de rédéveloppement urbaine.
00:06:46 - Et la loi disait qu'au bout de 10 ans,
00:06:48 si une collectivité n'avait pas engagé
00:06:50 les subventions accordées par l'ANRU, il fallait lui reprendre
00:06:52 les subventions.
00:06:54 La seule ville où j'ai failli reprendre 180 millions,
00:06:56 c'est Marseille. C'était les seuls,
00:06:58 et c'est le préfet de l'époque,
00:07:00 le préfet Cadot, qui était un excellent préfet,
00:07:02 qui avait engagé les dépenses
00:07:04 à la place de la mairie pour pas que je lui reprenne
00:07:06 les 180 millions d'euros. - D'accord.
00:07:08 - Donc il y a vraiment une spécificité locale
00:07:10 due à un problème... - Ils sont économes,
00:07:12 peut-être.
00:07:14 - Allez, retour à
00:07:16 Haulleron-Sainte-Marie avec Fabrice.
00:07:18 C'est ce climat anxiogène qui commence
00:07:20 à vous déranger,
00:07:22 cher Fabrice. - Oui, absolument,
00:07:24 Cécile. C'est vrai que moi, depuis
00:07:26 plusieurs mois, j'en peux plus d'avoir
00:07:28 des responsables politiques qui nous plongent
00:07:30 dans cette voie permanente. On a eu droit
00:07:32 d'abord à ce virus. On était en guerre
00:07:34 contre un virus, contre un ennemi invisible
00:07:36 qui allait tous nous exterminer si on ne faisait pas
00:07:38 ce qu'il fallait. Après, il y a
00:07:40 la guerre en Ukraine qui est arrivée. Alors maintenant,
00:07:42 c'est la catastrophe. On va envoyer
00:07:44 des gens sur...
00:07:46 On n'exclut pas d'envoyer des troupes
00:07:48 là-bas. Et puis,
00:07:50 comme si ça ne suffisait pas, pour rajouter
00:07:52 la troisième gauche, on a notre pôle louche
00:07:54 du gouvernement qui nous annonce qu'il va falloir faire
00:07:56 des économies partout, qu'on n'a plus un Vron,
00:07:58 qu'on a une crise terrible, qu'on va se serrer
00:08:00 la ceinture de tous les côtés.
00:08:02 Et pour terminer,
00:08:04 le duo
00:08:06 à la tête de l'État nous dit "Vous n'êtes pas bons,
00:08:08 vous ne faites pas assez de gauche". Et que voulez-vous
00:08:10 qu'on fasse dans des conditions comme ça ?
00:08:12 On nous annonce l'apocalypse de tous les côtés.
00:08:14 Moi, j'aimerais beaucoup que
00:08:16 nos dirigeants, un petit peu,
00:08:18 nous donnent un petit peu plus
00:08:20 d'espoir, un petit peu, nous disent ce qui va.
00:08:22 Il y a des choses qui s'améliorent par-ci,
00:08:24 par-là. Ça arrive. On n'en parle absolument pas.
00:08:26 - Bah si, regardez, il y a les vrais voix tous les jours
00:08:28 de 17h du soir. Ça c'est une bonne nouvelle.
00:08:30 - Ah mais vous, vous devriez être reconnus
00:08:32 d'utilité publique.
00:08:34 - Ah merci, je confirme.
00:08:36 - Même Philippe David ?
00:08:38 - Et remboursé par la Sécurité Sociale.
00:08:40 N'y voyez pas une solidarité bernesse ?
00:08:42 Je suis totalement d'accord avec ce qui vient d'être dit.
00:08:44 La responsabilité d'un politique,
00:08:46 c'est de fixer un horizon, de donner
00:08:48 un imaginaire politique positif
00:08:50 et de créer de l'adhésion
00:08:52 dans le pays sur les moyens et un calendrier
00:08:54 pour atteindre ces objectifs-là.
00:08:56 Cette façon de faire de la politique a quasiment
00:08:58 disparu des radars. - Je vois avec plaisir
00:09:00 que ce que je disais
00:09:02 hier soir ailleurs,
00:09:04 j'ai l'impression que nous sommes
00:09:06 tous d'accord sur le constat
00:09:08 qui généralement est moraux,
00:09:10 voire très pessimiste, mais que ce qui
00:09:12 manque c'est l'enthousiasme
00:09:14 pour démontrer qu'on peut s'en sortir
00:09:16 quel que soit le secteur.
00:09:18 - Oui, bon courage
00:09:20 au responsable politique qui va
00:09:22 expliquer aux français qu'il va serrer
00:09:24 la ceinture, retablir les comptes publics,
00:09:26 tout ça dans la bonne humeur.
00:09:28 Parce que la réalité c'est qu'on est arrivé au bout du...
00:09:30 A force de dire globalement "faut pas être anxiogène"...
00:09:32 - La méthode Coué. - La méthode Coué,
00:09:34 là on est au bout du rouleau, globalement
00:09:36 il n'y a plus quoi, et donc il y a un moment,
00:09:38 il faut le dire. - Mais François, si tu dis
00:09:40 "on fait des efforts sur ça, ça et ça", par contre
00:09:42 cette question-là, je prends école,
00:09:44 je prends hôpital, on s'en occupe
00:09:46 quand on a 3-4 ans, on met le paquet, quitte à moins
00:09:48 faire d'autres choses, et il nous manque ça ?
00:09:50 - Il faut dire, il y a 3 choses
00:09:52 à dire pour qu'on s'en sorte,
00:09:54 on diminue les prestations sociales,
00:09:56 on diminue les dotations
00:09:58 aux collectivités locales, et on diminue le budget du logement.
00:10:00 - Je t'en parlerai. - Et avec ça...
00:10:02 - J'ai trouvé d'autres recettes, je t'en parlerai.
00:10:04 - Quand on parle de 20-30 milliards...
00:10:06 - Vous allez nous fâcher de la terre entière.
00:10:08 Allez, vous bougez pas, vous bougez pas. Merci beaucoup
00:10:10 Fabrice, vous restez avec nous, vous êtes notre vrai voix
00:10:12 et vous allez jouer contre nos vrais voix.
00:10:14 - Qui c'est qui l'a dit ?
00:10:16 Y'a Olivier Dartigold aujourd'hui. - Qui triche.
00:10:18 - Je n'ai pas triché.
00:10:20 - Si vous trichez, vous êtes de mauvaise foi.
00:10:22 - J'ai gagné hier.
00:10:24 - Dans un instant, les 3 mots dans l'actu, ce sera avec
00:10:26 Félix Mathieu, et le réquisitoire
00:10:28 du procureur. - J'en ai marre
00:10:30 de cette phrase, c'est que
00:10:32 de la com'. - Allez, on en parle dans un instant.
00:10:34 0826 300 300, on est ensemble
00:10:36 jusqu'à 19h. Enfin, si on y arrive,
00:10:38 je vous le dis tout de suite.
00:10:40 Bienvenue les amis, on est ravis
00:10:42 de vous retrouver, c'est les vrais voix jusqu'à 19h,
00:10:44 avec un casting de folie
00:10:46 que nous envient les américains.
00:10:48 - Absolument. - Absolument.
00:10:50 Philippe Bilger est avec nous, avec François Puponi,
00:10:52 avec Olivier Dartigold.
00:10:54 Vous voulez des applaudissements, c'est ça ?
00:10:56 - Oui, oui, oui.
00:10:58 - Vous dites, parce que sinon, je vais faire une standing ovation
00:11:00 de la salle.
00:11:02 Dans un instant, les 3 mots dans l'actu, c'est avec
00:11:04 Félix Mathieu. Bonsoir Félix. - Bonsoir Cécile,
00:11:06 bonsoir tout le monde. - Et de quoi parle-t-on ?
00:11:08 - On va parler de l'hommage national pour
00:11:10 l'amiral Philippe de Gaulle de la Russie,
00:11:12 qui accuse le CIO de néonazisme
00:11:14 pendant que l'ONU accuse la Russie
00:11:16 justement de terreur dans les zones ukrainiennes occupées.
00:11:18 Et puis de l'histoire
00:11:20 étonnante à Caen de cette fausse alerte
00:11:22 incendie. Les pompiers appelaient "pour rien"
00:11:24 à cause de... Vous allez voir, c'est assez étonnant.
00:11:26 En 3 mots, ça donne "amiral, néonazisme et incendie".
00:11:28 - Allez, tout de suite, le réquisitoire du procureur.
00:11:30 - Les vrais voix
00:11:32 Sud Radio, le réquisitoire du procureur,
00:11:34 Philippe Bilger.
00:11:36 - C'est contre ceux qui ont parlé d'opérations
00:11:38 de communication pour la visite d'Emmanuel Macron
00:11:40 à Marseille que vous les requérir,
00:11:42 monsieur le procureur.
00:11:44 - Merci de requérir contre moi, je suis très content.
00:11:46 - Oui, mais justement, vous êtes peut-être
00:11:48 vous-même impliqué dans ma dénonciation.
00:11:50 Parce que
00:11:52 combien de fois, lorsqu'on parle
00:11:54 d'une action politique de droite
00:11:56 ou de gauche qui peut être efficace,
00:11:58 on entend le refrain,
00:12:00 mais c'est rien, c'est que de la com.
00:12:02 J'en ai assez de cette
00:12:04 entienne qui
00:12:06 laisse entendre que d'abord,
00:12:08 parfois, la communication
00:12:10 ne peut pas être une action.
00:12:12 Lorsqu'un président de la République
00:12:14 va à Marseille pour montrer
00:12:16 l'importance qu'il attache
00:12:18 à la répression contre le
00:12:20 trafic de drogue, eh bien,
00:12:22 d'une certaine manière,
00:12:24 on peut dire que sa présence seule
00:12:26 est une action. Et deuxième
00:12:28 élément, est-ce que dans la vie,
00:12:30 il y a une action qui peut
00:12:32 être considérée comme achevée
00:12:34 si elle n'est pas accouplée, pardon
00:12:36 pour le terme, qui suscite
00:12:38 une espèce de désir
00:12:40 chez notre librius central
00:12:42 accouplé à une
00:12:44 forme de communication.
00:12:46 Communication et action,
00:12:48 ça va pareil, c'est dans le même
00:12:50 mouvement et encore une fois,
00:12:52 une communication peut être
00:12:54 une action et donc, il faut
00:12:56 arrêter avec "c'est que de la com".
00:12:58 - J'aimerais faire réagir le procureur
00:13:00 sur une actualité récente. Il y a eu
00:13:02 au sein de l'exécutif un dissensus
00:13:04 sur groupe de niveau
00:13:06 le Premier ministre, groupe
00:13:08 de besoin de Mme Belloubet,
00:13:10 pour finir, c'est des groupes,
00:13:12 on a beaucoup discuté de tout ça,
00:13:14 il y a eu de la communication.
00:13:16 Sauf que nous découvrons
00:13:18 que les dotations horaires
00:13:20 des établissements et le manque
00:13:22 de postes ne permettra pas
00:13:24 effectivement de mettre en place
00:13:26 ces groupes qu'ils soient de niveau
00:13:28 ou de besoin. Ce qui veut donc dire
00:13:30 pour ce cas précis, qu'il y a
00:13:32 une communication qui peut donner
00:13:34 le sentiment que tout ça va être réglé,
00:13:36 or les acteurs de terrain,
00:13:38 quand ils voient leur dotation horaire
00:13:40 à l'échelle de leur établissement, ils se disent
00:13:42 "on ne va pas pouvoir le mettre en place". - Moi je partage
00:13:44 l'avis du procureur quand il dit
00:13:46 "si la communication est associée à de l'action,
00:13:48 alors c'est de l'action
00:13:50 avec une bonne communication".
00:13:52 Le problème, et tu viens de le dire,
00:13:54 c'est qu'on verra à la fin
00:13:56 si l'action d'hier est efficace.
00:13:58 Si elle n'est pas efficace,
00:14:00 alors effectivement, ça sera une opération
00:14:02 de communication qui n'aura pas,
00:14:04 avec l'action conséquente, porté ses fruits.
00:14:06 Et c'est là où les gens auront le sentiment que ce n'était que de la com'.
00:14:08 - On fera un point à ce moment-là.
00:14:10 Merci beaucoup M. le procureur. Tout de suite, les 3 mots
00:14:12 de l'actu, avec Félix Mathieu.
00:14:14 - Bonsoir Félix, 3 mots de l'actu
00:14:16 qui sont "amiral", "néonazisme"
00:14:18 et "incendie". - Il a tracé son sillon
00:14:20 à l'ombre d'un grand homme, les mots d'Emmanuel Macron
00:14:22 pour l'hommage national à l'amiral
00:14:24 Philippe de Gaulle qui s'est éteint à l'âge de 102 ans.
00:14:26 La Russie, privée de cérémonie
00:14:28 d'ouverture, accuse de néonazisme
00:14:30 le comité international olympique. Pendant ce temps,
00:14:32 l'ONU accuse Moscou de semer
00:14:34 la peur et d'effacer l'identité ukrainienne
00:14:36 dans les zones occupées. Et puis, grosse frayeur
00:14:38 à Caen, les clients d'un bar ont appelé
00:14:40 les pompiers pour un incendie dans un appartement.
00:14:42 C'était en fait une vidéo de feu de cheminée
00:14:44 diffusée sur l'écran de la télé.
00:14:56 - Il n'avait pas été fait compagnon
00:14:58 de la libération après la guerre, sans doute
00:15:00 parce qu'il était le fils de son père.
00:15:02 Alors, certains y verront la réparation d'une
00:15:04 injustice. La République rendait ce midi
00:15:06 un hommage national à une figure
00:15:08 de la résistance et de la marine, l'amiral
00:15:10 Philippe de Gaulle. - Comme il est dur
00:15:12 d'être de Gaulle après de Gaulle,
00:15:14 d'en avoir l'allure,
00:15:16 la voix, les gestes
00:15:18 et de ne pas être lui.
00:15:20 L'amiral de Gaulle aura traversé le siècle
00:15:22 passé à l'ombre d'un grand homme.
00:15:24 Avec cette rectitude,
00:15:26 cette force de l'amour donné et reçu,
00:15:28 cet amour qui n'ose se dire
00:15:30 et qui pourtant irrigue, lui aussi
00:15:32 servirait à la nation,
00:15:34 sur mer, comme son père l'avait fait
00:15:36 sur terre. Le 18 juin 1940,
00:15:38 il n'entendit pas
00:15:40 l'appel du général de Gaulle.
00:15:42 Il était déjà à bord du cargo qui l'emmenait vers
00:15:44 l'Angleterre, vers son père
00:15:46 et vers la résistance.
00:15:48 - Les mots d'Emmanuel Macron dans la cour
00:15:50 des Invalides dont l'amiral de Gaulle était
00:15:52 pensionnaire depuis il y a deux ans en tant qu'ancien combattant,
00:15:54 il s'est éteint à l'âge de 102 ans.
00:15:56 - L'hommage est justifié pour lui,
00:15:58 mais sinon il en a marre de
00:16:00 l'hommagite aiguë comme disait
00:16:02 Sophie Coignard.
00:16:04 - Ce qui vient d'être diffusé
00:16:06 est de grande qualité.
00:16:08 Je suis bon client
00:16:10 pour les Invalides.
00:16:12 - Oui, mais par rapport à ce qui est
00:16:14 précuré, on ne peut pas
00:16:16 dire à la fois que la nation est en train de se déliter,
00:16:18 que la République est en train
00:16:20 de se déliter, et reprocher au président
00:16:22 de la République d'essayer de mettre des repères.
00:16:24 C'est vrai que
00:16:26 les Invalides, c'est pas n'importe quoi,
00:16:28 on y voit maintenant qu'on y honore
00:16:30 les grands hommes qui meurent,
00:16:32 et on met au Panthéon les grands hommes qui sont morts
00:16:34 il y a longtemps.
00:16:36 Mais c'est aussi, pour le président de la République,
00:16:38 la volonté de mettre des symboles
00:16:40 partout, et à chaque fois de
00:16:42 refaire nation.
00:16:44 Mais sincèrement, je pense
00:16:46 que ça a du sens. Et en tout cas,
00:16:48 je le suivrai également sur ces sujets-là.
00:16:50 Dans ces moments-là, je le trouve particulièrement bon.
00:16:52 - Allez, le deuxième mot, les amis.
00:16:54 Néonazisme, terme employé
00:16:56 par la Russie après la décision du Comité international
00:16:58 olympique. - Les athlètes russes ne pourront
00:17:00 pas assister à la cérémonie d'ouverture des JO
00:17:02 de Paris. Le CIO bascule
00:17:04 dans le racisme, la discrimination
00:17:06 et le néonazisme, réagit la
00:17:08 porte-parole du ministère russe des Affaires
00:17:10 étrangères, Azar Ducal-Andrier,
00:17:12 avec ses propos tout en nuance. C'est
00:17:14 aujourd'hui que le Haut-Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU
00:17:16 publie, lui, son rapport accablant
00:17:18 sur la situation des habitants des zones
00:17:20 ukrainiennes occupées par la Russie,
00:17:22 effacement de la langue ukrainienne, de la citoyenneté
00:17:24 des lois aussi ukrainiennes,
00:17:26 un climat de peur étouffant des violations
00:17:28 à grande échelle du droit humanitaire, selon
00:17:30 Danielle Bell, la chef de mission
00:17:32 pour la surveillance des droits de l'homme des Nations Unies en Ukraine.
00:17:34 - Ces violations
00:17:36 ont des conséquences profondes
00:17:38 et à long terme
00:17:40 pour l'Ukraine et sa population.
00:17:42 Au cours de nos entretiens,
00:17:44 les résidents ont expliqué que
00:17:46 la citoyenneté russe devenait de plus en plus
00:17:48 une condition d'accès aux services sanitaires
00:17:50 et humanitaires vitaux, à la
00:17:52 sécurité sociale et à l'emploi dans les
00:17:54 services publics.
00:17:56 En fin de compte, de nombreuses personnes
00:17:58 ont été contraintes d'obtenir des passeports
00:18:00 russes en raison d'une combinaison
00:18:02 de menaces, de mesures discriminatoires,
00:18:04 de représailles et de
00:18:06 pressions économiques sévères.
00:18:08 - L'ONU qui a auditionné 2300 personnes
00:18:10 dans ces zones ukrainiennes occupées par la Russie pour
00:18:12 pouvoir élaborer ce rapport.
00:18:14 - Troisième mot incendie avec cette fausse alerte dans le centre-ville de Caen.
00:18:16 - Les clients sur la terrasse d'un bar
00:18:18 ont aperçu des flammes impressionnantes
00:18:20 à travers les fenêtres dans un appartement
00:18:22 attenant. Alors là, forcément,
00:18:24 ils se sont posé la question, un peu comme dans la chanson de
00:18:26 Brigitte Fontaine.
00:18:28 - Je voulais savoir, tout l'immeuble est en train de brûler ?
00:18:30 C'est bien ça ?
00:18:32 - Eh oui, écoute...
00:18:34 - Ni une ni deux, nos clients en terrasse appellent les pompiers
00:18:36 qui à court placent Saint Sauveur,
00:18:38 ça ne s'invente pas. Des pompiers qui ne trouvent
00:18:40 rien. Les occupants du dit appartement
00:18:42 allaient très bien. C'est ce que nous rapporte West France,
00:18:44 à qui on doit cette chouette histoire. Car oui,
00:18:46 les flammes aperçues de l'extérieur
00:18:48 étaient en fait une vidéo de feu de
00:18:50 cheminée diffusée sur l'écran de la télévision.
00:18:52 - Et cette vidéo de feu de cheminée,
00:18:54 elle cartonne. Je vous assure que tout le monde...
00:18:56 - Parce qu'elle est magnifique. - Oui, elle est magnifique.
00:18:58 Mais bon, voilà, il la télécharge. Merci beaucoup
00:19:00 Félix Mathieu. - Il y en a qui préfèrent les brèves.
00:19:02 - C'est ça, merci beaucoup. Et on vous retrouve à partir
00:19:04 de 18h et puis on va revenir sur
00:19:06 Marseille, Rennes, Nantes. Le trafic de
00:19:08 drogue qui fait rage en France. En réponse,
00:19:10 Emmanuel Macron annonce des opérations dans une
00:19:12 dizaine de villes. - Alors parlons vrai.
00:19:14 Pour venir à bout du trafic de drogue,
00:19:16 est-ce que la visite d'Emmanuel Macron et
00:19:18 les opérations Plasnet XXL
00:19:20 vont changer la situation à Marseille ou ailleurs ?
00:19:22 Est-ce que la ville est devenue
00:19:24 une narco-ville, comme le disent certains magistrats ?
00:19:26 Est-ce que la bataille est perdue d'avance
00:19:28 si on ne change pas de fond en comble
00:19:30 l'état de droit ? Et à cette question,
00:19:32 pour venir à bout du trafic de drogue, vous dites
00:19:34 à 47% qu'il faut mettre fin à
00:19:36 l'excuse de minorité. A 27%
00:19:38 qu'il faut légaliser. Et à 26%
00:19:40 qu'il faut punir plus les consommateurs.
00:19:42 Vous voulez réagir ? Auditons vos
00:19:44 appels au 0826 300 300.
00:19:46 - Et Sébastien Soulet est avec nous, secrétaire zonale,
00:19:48 adjoint d'Alliance Police pour la zone sud
00:19:50 et ex-policier à la BAC Nord.
00:19:52 Bonsoir, merci d'être avec nous. Petite question
00:19:54 avant la pub. - Bonsoir. - Marseille
00:19:56 est-elle encore un territoire perdu ?
00:19:58 - Perdu, je dirais non. Mais
00:20:02 il va falloir très rapidement
00:20:04 se retrousser les manches et travailler
00:20:06 avec toutes les institutions, parce que
00:20:08 sinon ça va être très compliqué. - On en parle dans un instant.
00:20:10 Bienvenue, 0826 300 300.
00:20:12 On vous attend au standard jusqu'à 19h.
00:20:14 - Les vraies voix sud radio,
00:20:16 17h20, Philippe David,
00:20:18 Cécile de Ménibus.
00:20:20 - Bienvenue dans les vraies voix,
00:20:22 que de l'intelligence et que du beau gosse.
00:20:24 Philippe Bilger était avec nous, François Puponi
00:20:26 aussi, et c'est tout. - Merci
00:20:28 pour avoir parlé de moi en premier.
00:20:30 - Merci pour allumer le ton des deux sous.
00:20:32 - De beau gosse, c'est Olivier,
00:20:34 bien sûr. - Et Olivier d'Artigol,
00:20:36 bien entendu. Et vous,
00:20:38 0826 300 300, ça va Philippe David ?
00:20:40 - En pleine forme, toujours. - Très bien.
00:20:42 On vous souhaite la bienvenue, c'est le grand débat du jour.
00:20:44 - Les vraies voix sud radio,
00:20:46 le grand débat du jour.
00:20:48 - On va prendre de nouveaux dispositifs
00:20:50 pour aller jusqu'au bout. - Des opérations de places nettes
00:20:52 qui ont été décidées fin septembre, début octobre.
00:20:54 On en est à plus de 900 interpellations.
00:20:56 - Investir à certains endroits,
00:20:58 certains quartiers, pour faire des interpellations,
00:21:00 pour faire des opérations judiciaires. - On est en train
00:21:02 de travailler justement pour d'abord intervenir
00:21:04 beaucoup plus rapidement. - Si on se base uniquement sur le
00:21:06 répressif, ça n'a jamais marché, ça ne marche
00:21:08 pas, ça ne marchera jamais dans aucun
00:21:10 pays au monde. - Il faut qu'on ait une approche beaucoup
00:21:12 plus systématique. - Et c'est
00:21:14 une rengaine qui revient beaucoup à Marseille. Et malgré
00:21:16 les coups de filet et les arrestations, beaucoup d'habitants
00:21:18 constatent que le trafic revient toujours une fois la police
00:21:20 partie. Les policiers ou les magistrats disaient
00:21:22 couper la mer avec une petite cuillère, en tout cas
00:21:24 après Marseille. Une dizaine d'autres
00:21:26 villes devraient connaître à leur tour des opérations
00:21:28 Place Net XXL. - Alors, est-ce
00:21:30 que pour vous, ces opérations Place Net
00:21:32 XXL et pourquoi pas XXXXL
00:21:34 vont changer la
00:21:36 situation dans toutes ces villes gangrénées
00:21:38 par le trafic de drogue ? Est-ce que
00:21:40 certaines villes comme Marseille et comme le dit certains magistrats
00:21:42 sont devenues des narco-villes ? Est-ce que
00:21:44 la bataille était perdue, et perdue pour
00:21:46 vous, comme pour certains ? Et à cette
00:21:48 question, pour venir à bout du trafic de drogue, vous êtes
00:21:50 46% à dire qu'il faut mettre
00:21:52 fin à l'excuse de minorité. Et score
00:21:54 de parité entre légaliser et
00:21:56 réunir plus les consommateurs à 27%.
00:21:58 Vous voulez réagir aux attentes
00:22:00 de vos appels, et vous échangerez avec les vrais voix, bien
00:22:02 évidemment, au 0826 300 300.
00:22:04 - Et Sébastien Soullé est avec nous,
00:22:06 secrétaire zonale adjoint d'Alliance Police
00:22:08 pour la zone sud et ex-policier
00:22:10 de la BAC Nord. Bonsoir, merci
00:22:12 d'être avec nous. Philippe Bilger,
00:22:14 cette zone, en tout cas ce
00:22:16 territoire de Marseille.
00:22:18 - Alors, j'ai bien conscience
00:22:20 que si on voulait
00:22:22 aller au fond des choses et
00:22:24 poser chacun nos solutions, il faudrait
00:22:26 largement une heure.
00:22:28 Mais je vais
00:22:30 tenter d'exprimer rapidement mon
00:22:32 point de vue. D'abord, je répondrai
00:22:34 aux questions de Sud Radio.
00:22:36 On pourrait considérer qu'il faut
00:22:38 les trois approches. En tout cas,
00:22:40 suppression de l'excuse de minorité
00:22:42 pour des mineurs qui n'ont
00:22:44 plus rien à voir avec ceux
00:22:46 qui justifiaient l'instauration
00:22:48 d'une excuse de minorité.
00:22:50 Deuxième élément, bien sûr,
00:22:52 moi je ne cesse de dire,
00:22:54 mais ça n'est guère convaincant
00:22:56 apparemment, qu'il faut changer
00:22:58 l'état de droit. A l'heure
00:23:00 actuelle, on a un état de droit
00:23:02 sophistiqué pour une société
00:23:04 de plus en plus gangrenée.
00:23:06 Et donc, il y a un hiatus
00:23:08 qui crée un grave problème.
00:23:10 Troisième élément,
00:23:12 c'est ce qu'on a indiqué tout à l'heure,
00:23:14 cela ne sert à rien
00:23:16 de mettre en place des
00:23:18 coups de poing, en quelque sorte,
00:23:20 dans les villes gangrenées
00:23:22 par le trafic de drogue,
00:23:24 si à peine l'effet de choc
00:23:26 accompli, ensuite, on laisse
00:23:28 retomber les choses et
00:23:30 les transgressions comme elles étaient avant.
00:23:32 Et ça impliquerait, bien sûr,
00:23:34 une relation beaucoup
00:23:36 plus forte, beaucoup plus efficace
00:23:38 entre justice et sécurité.
00:23:40 - Olivier Dardenneau. - J'ajoute quelques
00:23:42 éléments, où en sommes-nous ?
00:23:44 Des grands trafics internationaux,
00:23:46 de la drogue,
00:23:48 des narcotrafiquants,
00:23:50 parfois des Etats,
00:23:52 en lien aussi au trafic des armes,
00:23:54 c'est-à-dire, est-ce que le spectre
00:23:56 haut, on le tape ou pas ?
00:23:58 C'est intéressant aussi de se dire s'il y a
00:24:00 des moyens, des partenariats entre Etats pour
00:24:02 obtenir des résultats. Première chose.
00:24:04 Deuxième chose, est-ce qu'il faut
00:24:06 un parquet spécial, comme il y a
00:24:08 un parquet antiterroriste, concernant
00:24:10 ces trafics, pour être
00:24:12 plus réactif dans la réponse
00:24:14 judiciaire ?
00:24:16 Discutons-en.
00:24:18 J'ai participé à un débat tout récemment,
00:24:20 avec un représentant syndical
00:24:22 de la police, qui nous disait
00:24:24 l'exigence de commissariat de quartier,
00:24:26 qui nous disait, et Alain Bauer
00:24:28 le dit souvent, quand l'Etat se retire,
00:24:30 c'est la violence et les trafics
00:24:32 qui s'installent. Moi, je suis
00:24:34 nostalgique d'une période
00:24:36 où, je vous le dis chaque fois, mais j'y tiens,
00:24:38 où il y avait plutôt un gardien d'immeuble
00:24:40 qu'un digico, de remettre de la présence
00:24:42 humaine, des acteurs locaux,
00:24:44 et dans certains territoires, je pense notamment
00:24:46 à Vénissieux, quand on met les bailleurs sociaux,
00:24:48 les forces de police,
00:24:50 la justice, les élus,
00:24:52 l'ensemble des partenaires, sur des contrats
00:24:54 de sécurité, dans certains territoires,
00:24:56 ils obtiennent des résultats. - François Pupoli.
00:24:58 Vous qui avez été maire de Grandeville.
00:25:00 - Oui, maire de Grandeville et président,
00:25:02 j'étais d'ailleurs président de l'agence de la réduction urbaine,
00:25:04 je lui ai raconté une anecdote. Il y a 10 ans,
00:25:06 Manuel Valls, Premier ministre,
00:25:08 va à Marseille, à la Castellane,
00:25:10 et pendant qu'il visite
00:25:12 la Castellane, et quand le Premier ministre
00:25:14 visite la Castellane, c'est sécurisé, il y a leur aide
00:25:16 sur les toits, enfin, ils vont passer les meilleurs.
00:25:18 Il y a des tirs de Kalachnikovs à proximité,
00:25:20 je crois que c'était les Tchétchènes, s'ils se sont guettés
00:25:22 de leur combo. Et donc, on a même cru
00:25:24 comment on dirait sur le Premier ministre.
00:25:26 Et donc, 3 semaines après,
00:25:28 on descend à Marseille,
00:25:30 Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur,
00:25:32 installé
00:25:34 le préfet de police de l'époque,
00:25:36 M. Nunes,
00:25:38 maintenant préfet de police à Paris, et moi,
00:25:40 on m'amène en tant que président de l'ANRU.
00:25:42 Parce qu'on rénovait le quartier de la Castellane,
00:25:44 et on avait même décidé de raser la tour K,
00:25:46 où Zénédilla avait grandi.
00:25:48 Et je dis, ils ont convicté le quartier,
00:25:50 et je dis au directeur
00:25:52 de la maison de quartier qu'on devait rénover,
00:25:54 je vous promets, je reviens dans un mois
00:25:56 voir où ça en est. Et un mois après, je retourne
00:25:58 avec un collègue député,
00:26:00 Henri Gibrayel, on était deux députés de la République,
00:26:02 on arrive à 14h à la Castellane,
00:26:04 et là, il y a une barrière,
00:26:06 à l'entrée de la Castellane,
00:26:08 il y a un type affalé,
00:26:10 et puis je vois un gars,
00:26:12 un jeune, avec des lunettes de ski,
00:26:14 il faisait beau, et puis je dis à mon collègue député,
00:26:16 qu'est-ce qu'il fait celui-là ? "Ah ben lui, c'est le chauffe lui."
00:26:18 Et le gars qui était affalé, il nous voit,
00:26:20 on lui fait "Monsieur", et il se lève,
00:26:22 il demande au chef,
00:26:24 le chef lui dit "Oui, tu peux ouvrir",
00:26:26 les dealers nous ouvrent la barrière,
00:26:28 - C'est Checkpoint Charlie à Berlin,
00:26:30 ils sont pas en uniforme quoi ! - Ils nous ouvrent la barrière,
00:26:32 on va voir le directeur pour dépenser des centaines
00:26:34 de millions d'euros de l'État et de l'ANRU,
00:26:36 on discute pour la rénovation,
00:26:38 et on repart, et pour repartir, il a failli demander
00:26:40 au dealer "Monsieur, on peut sortir ?"
00:26:42 Le dealer a demandé au chef, le chef était sur un fauteuil
00:26:44 qui a dit "Oui, oui, oui."
00:26:46 C'était Marseille il y a 10 ans pour 2 députés de la République.
00:26:48 - C'est Bach non ? - Oui, c'est Bach,
00:26:50 mais le problème, si je peux me permettre,
00:26:52 que le procureur ne me fasse pas mal, mais quand j'entends
00:26:54 jouer des magistrats en disant "Ouh là là",
00:26:56 mais ça fait 20 ans que c'est "Ouh là là".
00:26:58 Donc moi j'espère que ce qu'a fait hier
00:27:00 la police sera efficace,
00:27:02 mais s'il ne reste pas sur place des mois
00:27:04 et des mois, le deal se reconstitue.
00:27:06 - Alors, avec nous,
00:27:08 quelqu'un qui connaît bien le terrain,
00:27:10 Sébastien Soulé, secrétaire zonale
00:27:12 adjoint d'Alliance Police pour la zone
00:27:14 sud, vous, vous êtes issu de la BAC Nord,
00:27:16 donc c'est forcément un milieu
00:27:18 que vous connaissez par cœur.
00:27:20 - C'est ça.
00:27:22 Je pense qu'il a donné la bonne définition,
00:27:24 effectivement, je le rejoins, c'est que ça c'est des
00:27:26 situations qu'on a vécues il y a quelques années.
00:27:28 Moi je suis arrivé en 2004 à la BAC Nord,
00:27:30 c'était déjà comme ça, les checkpoints.
00:27:32 Là, ce qui me gêne, c'est que les gens ne s'offusquent
00:27:34 qu'à une situation qu'on connaît déjà depuis des années.
00:27:36 On enchaîne les constats,
00:27:38 constat sur constat, alors c'est grave, c'est très grave,
00:27:40 il faut faire ci, il faut faire ça, donc place honnête,
00:27:42 bien sûr, toutes les opérations
00:27:44 sont bonnes à prendre, il ne faut pas critiquer.
00:27:46 J'ai entendu depuis ce matin qu'il y en a qui disaient
00:27:48 "Oui, mais ce n'est pas beaucoup". Non, 380 000 euros, c'est beaucoup.
00:27:50 Des kilos
00:27:52 de résine de cannabis en moins
00:27:54 dans les quartiers, c'est toujours ça de prix.
00:27:56 Et puis il ne faut pas non plus s'imaginer que la police
00:27:58 est où c'est, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on va faire une grosse opération
00:28:00 dans un quartier, quel qu'il soit,
00:28:02 qu'on va savoir taper à la bonne porte.
00:28:04 Ce n'est pas comme ça que ça se passe, en tout cas.
00:28:06 Donc, il ne faut pas non plus dire que la police
00:28:08 ne fait pas trop son travail ou pas assez,
00:28:10 en tout cas, elle le fait. Le problème, c'est qu'on se retourne
00:28:12 tous sur la police, mais la police,
00:28:14 comme je le dis, elle le fait depuis le début.
00:28:16 Elle fait tout ce qu'il faut
00:28:18 depuis le début. Je pense qu'il va falloir
00:28:20 coordonner beaucoup plus de choses et
00:28:22 il y a un invité qui en a parlé,
00:28:24 je pense qu'il faut coordonner aussi au niveau international
00:28:26 parce que nous, on reçoit des centaines
00:28:28 et des centaines de kilos de résine de cannabis.
00:28:30 Alors oui, c'est sûr qu'on en saisit
00:28:32 quand même pas mal et de plus en plus,
00:28:34 mais si on ne va pas chercher le problème
00:28:36 à la racine, ça arrivera toujours.
00:28:38 - Bien sûr. - Oui.
00:28:40 - Philippe Vigeur. - À votre avis,
00:28:42 est-ce que
00:28:44 cette excellente opération à Marseille,
00:28:46 dès lors que le président de la République
00:28:50 a annoncé qu'elle devrait
00:28:52 se poursuivre
00:28:54 dans à peu près dix villes
00:28:56 de la même manière,
00:28:58 est-ce que compte tenu de ce qu'est
00:29:00 la police aujourd'hui, il serait
00:29:02 possible de laisser durablement
00:29:04 des effectifs, par exemple
00:29:06 à Marseille et en même temps
00:29:08 de mener les opérations
00:29:10 souhaitées dans d'autres villes
00:29:12 avec la même vigueur
00:29:14 ou est-ce que c'est parfaitement utopique ?
00:29:16 - Sébastien Souli.
00:29:18 - Non mais ça ne sera
00:29:20 pas réalisable. Ça ne sert à rien
00:29:22 de se voiler la face. Vous imaginez bien,
00:29:24 en plus vous avez vu tout ce qui va arriver en France,
00:29:26 nous avons les Jeux olympiques, la police est déjà
00:29:28 très largement prise
00:29:30 pour ça, il y aura des restrictions
00:29:32 de congés, donc ça ne sera pas faisable.
00:29:34 Au jour le jour, bien entendu,
00:29:36 mais après vous êtes obligés de quitter le quartier.
00:29:38 Mais le problème, ce n'est pas que ça,
00:29:40 ce n'est pas qu'une présence policière. Je pense qu'il va falloir
00:29:42 que tout le monde se mette en ordre de marche
00:29:44 parce que la police elle saisit, après il va falloir
00:29:46 avoir une réponse quand même judiciaire,
00:29:48 il va falloir s'y atteler.
00:29:50 Et puis voilà, je pense qu'il va falloir responsabiliser,
00:29:52 parce que vous en avez parlé, il y a beaucoup de jeunesse
00:29:54 qui est mise en cause,
00:29:56 des jeunes mineurs, et je pense qu'il va falloir
00:29:58 responsabiliser quand même les parents. Au bout d'un moment,
00:30:00 ça fait beaucoup, je crois que s'ils
00:30:02 plongent de plus en plus
00:30:04 rapidement et au très jeune âge dans les trafics
00:30:06 de stupéfiants, je pense que les parents
00:30:08 ont quand même un gros rôle à jouer avec ces enfants.
00:30:10 - Vous avez vécu ou vivez dans un quartier
00:30:12 où il y a des checkpoints, comme nous le disait
00:30:14 François Puponi et comme l'a confirmé Sébastien
00:30:16 Souli, qui a venu témoigner au 0826
00:30:18 300 300. François Puponi et Sébastien Souli.
00:30:20 - Oui, je voulais
00:30:22 poser la question à Monsieur Souli. En venant,
00:30:24 j'écoutais une radio qui expliquait que
00:30:26 ce matin même, à la Castellane,
00:30:28 le point de deal s'était remis en place
00:30:30 et lorsque vers 14h,
00:30:32 les CRS sont arrivés, parce que
00:30:34 les conditions d'emploi des CRS
00:30:36 fait que, voilà, ils ont dû être présents
00:30:38 hier, donc ils ne pouvaient revenir qu'à 14h,
00:30:40 bien entendu, les choux font vider un peu le deal,
00:30:42 mais on est bien d'accord
00:30:44 qu'on aura du mal à assurer une présence
00:30:46 permanente, et si on assure une présence permanente
00:30:48 à la Castellane, le deal va se reconstituer
00:30:50 à côté. - D'ailleurs. - Voilà.
00:30:52 Et donc ça va être un travail de très très longue haleine,
00:30:54 d'où la difficulté qui est la vôtre, je suppose,
00:30:56 et celle des policiers sur place.
00:30:58 - C'est ça,
00:31:00 c'est que nous, quand on fait, alors nous
00:31:02 c'était peut-être pas sur des grosses opérations comme ça,
00:31:04 même si on en a déjà fait, mais quand vous prenez
00:31:06 un trafiquant de stup, il ne faut pas s'imaginer
00:31:08 que le point de deal
00:31:10 va s'effondrer de suite, une heure après,
00:31:12 vous avez déjà quelqu'un qui est mis en place
00:31:14 avec tous ses effectifs et toute
00:31:16 sa garde rapprochée, c'est comme ça.
00:31:18 J'ai connu aussi dans les quartiers nord
00:31:20 des CRS avec une présence
00:31:22 permanente pendant quelques jours,
00:31:24 mais vous ne pouvez pas la maintenir pendant des mois et des mois,
00:31:26 c'est impensable. - Allez, 018-126-300-300
00:31:28 avec Fabrice qui voulait réagir,
00:31:30 rebonsoir Fabrice.
00:31:32 - Rebonsoir. - Alors, à
00:31:34 Auleron-Sainte-Marie c'est plus calme, visiblement.
00:31:36 - Alors, oui,
00:31:38 mais ça se déplace,
00:31:40 on n'en est pas encore là, mais
00:31:42 on a eu un feu d'hiver il n'y a pas si longtemps que ça,
00:31:44 c'était pas mal aussi,
00:31:46 avec Fusillade en plein centre-ville,
00:31:48 etc. - Ah oui, tout ?
00:31:50 - Oui, oui, oui. Donc, hélas,
00:31:52 justement, c'est ça le drame,
00:31:54 c'est qu'effectivement, on parle de ces grandes
00:31:56 villes, etc. Et là, moi, je suis
00:31:58 terrifié pour les habitants non plus,
00:32:00 justement, parce que pour eux,
00:32:02 c'est terrible, mais
00:32:04 il y a ce sentiment d'impunité,
00:32:06 justement, qui est
00:32:08 oppressant, qui fait que
00:32:10 finalement, ça va passer crème,
00:32:12 et puis que finalement, on cède,
00:32:14 on a trop cédé, et effectivement,
00:32:16 la présence policière,
00:32:18 si vous la mettez à un endroit, c'est le même principe
00:32:20 quand on parle des caméras de
00:32:22 vidéosurveillance. Vous mettez des caméras de vidéosurveillance
00:32:24 à un endroit, et bien, la délinquance,
00:32:26 elle va se déplacer ailleurs, il n'y a pas de problème,
00:32:28 c'est pas ça qui va régler le problème. Donc, c'est vrai
00:32:30 que c'est un
00:32:32 combat de longue haleine qui va être
00:32:34 compliqué à mener, mais
00:32:36 il faut surtout, pour moi,
00:32:38 je pense, moi, j'ai beaucoup de
00:32:40 compassion pour les gens des forces
00:32:42 de l'ordre, de la police, qui font
00:32:44 le boulot, et qui, derrière,
00:32:46 et bien malheureusement, j'attaque pas
00:32:48 M. Bilger, mais
00:32:50 c'est vrai que, derrière,
00:32:52 les gens ont un sentiment que, d'ailleurs, la justice ne suit pas,
00:32:54 quoi, ça ne suit pas,
00:32:56 et c'est fortement, pour
00:32:58 les forces de l'ordre, c'est
00:33:00 frustrant, quoi, c'est frustrant, mais bon courage
00:33:02 à eux, vraiment, et pour les gens
00:33:04 dans la population, c'est pareil, on a le même sentiment,
00:33:06 on se dit, oui, mais ils ont une impunité,
00:33:08 ils recommencent aussi vite, quoi, voilà, c'est...
00:33:10 Ça, c'est un vrai drame.
00:33:12 - Restez avec nous, Fabrice, pour reprendre
00:33:14 les propos de Sébastien Soulé sur la responsabilité
00:33:16 des parents, est-ce qu'il faut
00:33:18 à un moment donné, quelqu'un qui aura du
00:33:20 courage politique pour aller vraiment dans ce sens ?
00:33:22 - Il y a deux types de familles,
00:33:24 on sait qu'il peut y avoir des familles dans des
00:33:26 quartiers populaires qui sont étroitement
00:33:28 liées au trafic,
00:33:30 et qui, donc,
00:33:32 doivent être
00:33:34 présentées à la justice.
00:33:36 Là, ça ne fait aucun
00:33:38 doute, quand elles sont
00:33:40 véritablement parties prenantes du trafic.
00:33:42 Toute la famille, ça existe. D'ailleurs, elles sont
00:33:44 souvent identifiées, on sait très bien.
00:33:46 Je fais le distingo avec
00:33:48 par exemple les familles monoparentales,
00:33:50 terme classique pour parler souvent
00:33:52 des femmes isolées, qui élèvent leurs enfants,
00:33:54 qui sont sur des métiers où elles peuvent pas...
00:33:56 J'en connais, où elles peuvent pas
00:33:58 télétravailler, où elles nous disent...
00:34:00 Laissez-moi terminer,
00:34:02 vous êtes pas d'accord ? Où elles prennent
00:34:04 le RER B le matin, où elles reviennent le soir,
00:34:06 et certaines ont pu nous dire, dans des médias,
00:34:08 "Je n'y arrive plus". Donc, on traite
00:34:10 souvent de cette aide à la parentalité,
00:34:12 c'est un sujet noble, il faut faire le distingo
00:34:14 entre ce qui peut arriver dans une vie
00:34:16 des familles, qui par exemple,
00:34:18 j'ai un exemple très précis, qui avait deux enfants,
00:34:20 l'un était totalement intégré, avec des
00:34:22 magnifiques résultats scolaires... - Non, mais c'est pas
00:34:24 tout l'un ou tout l'autre, c'est pas... Et des familles entières
00:34:26 de trafiquants, et des familles
00:34:28 monoparentales. - Non, mais bien sûr, c'est...
00:34:30 - Ça fait partie des... - Oui, moi, il y a...
00:34:32 Et ce qui me choque depuis des années, c'est qu'il y a un mot
00:34:34 dont on ne parle plus, c'est la prévention.
00:34:36 Si, dans ces quartiers,
00:34:38 qui sont la proie des dealers, parce que c'est plus facile
00:34:40 d'avoir du personnel à recruter,
00:34:42 on n'est pas capable d'occuper les jeunes,
00:34:44 de leur donner un avenir, plutôt que
00:34:46 de leur permettre de gagner quelques centaines
00:34:48 d'euros facilement, en travaillant
00:34:50 pour les dealers,
00:34:52 on va pas y arriver. Et aujourd'hui, on n'en parle
00:34:54 plus, on voit bien que...
00:34:56 - Allez, petit
00:34:58 message 0826 300 300
00:35:00 avec Philippe, qui nous appelle de Montpellier. Bonsoir Philippe.
00:35:02 - Bonsoir Philippe.
00:35:04 - Oui, bonsoir. - On vous écoute.
00:35:06 Vous pensez qu'il faut légaliser, vous ?
00:35:08 - Moi, je pense qu'il faut dépénaliser.
00:35:10 - Dépénaliser ? - Je disais à
00:35:12 votre assistante tout à l'heure que
00:35:14 la Sécurité Sociale a de gros
00:35:16 soucis au niveau du financement,
00:35:18 même s'il y aurait beaucoup à dire là-dessus,
00:35:20 avec les exonérations des
00:35:22 grandes entreprises, qu'il en soit, on manque
00:35:24 de fric. Dépénalisons.
00:35:26 L'Etat prend le contrôle, ne serait-ce
00:35:28 que déjà sur les drogues douces, parce que je parle
00:35:30 bien évidemment pas de drogues dures,
00:35:32 cannes, héroïne, cocaïne, etc.
00:35:34 Dépénalisons. Votre interlocuteur
00:35:36 tout à l'heure, du syndicat
00:35:38 Allianz, disait "on n'aura jamais
00:35:40 les moyens". C'est une hypocrisie
00:35:42 de dire qu'on va lutter contre ce trafic, c'est
00:35:44 de la pipe. Donc on n'a qu'à légaliser,
00:35:46 on va faire rentrer des recettes, avec
00:35:48 du fric, on n'a qu'à faire de la prévention,
00:35:50 déjà, et en
00:35:52 arrêtant tout ceci. - Vous dépénalisez
00:35:54 le cannabis, c'est ça ? - On dépénalise quoi ?
00:35:56 - Oui ! - Le cannabis,
00:35:58 c'est le mot. - Ah ouais, et donc
00:36:00 s'il continue à vendre de la cocaïne et du crack,
00:36:02 s'il continue à vendre de la cocaïne
00:36:04 et du crack, on fait quoi ?
00:36:06 - Écoutez, le plus gros
00:36:08 trafic à l'heure actuelle, c'est
00:36:10 le cannabis. - Non, non, c'est la cocaïne.
00:36:12 C'est la cocaïne.
00:36:14 - C'est de plus en plus la cocaïne.
00:36:16 - On va faire réagir.
00:36:18 - Attendez, bougez pas. - Oui, allez-y.
00:36:20 - Je regarde un peu autour de moi,
00:36:22 dans une terrasse, dans les rues, je suis à Montpellier,
00:36:24 je vois quand même beaucoup, beaucoup,
00:36:26 beaucoup de jeunes qui fument, maintenant,
00:36:28 qui fument des joints, voilà, dans la rue.
00:36:30 - Oui, oui, c'est... - Philippe, si je vous dis
00:36:32 sans consommateur, il n'y a pas de dealer ?
00:36:34 - Écoutez,
00:36:36 j'ai mon frère qui était avant dans la police,
00:36:38 dans un syndicat concurrent, votre interlocuteur d'alliance,
00:36:40 et à l'époque, il me disait,
00:36:42 il travaillait justement à Marseille, c'était
00:36:44 il y a 30 ans, il me disait en fait,
00:36:46 on laisse faire le business parce qu'on
00:36:48 achète, on a Pax Romana.
00:36:50 - Alors, je crois que j'ai entendu, il y a une émission,
00:36:52 il y a quelques mois, sur votre antenne,
00:36:54 après les tirs de Kalachnikov,
00:36:56 je crois que c'était M. Lemuselier qui racontait comment
00:36:58 à l'époque, on avait un gros
00:37:00 négocié, ce bazar,
00:37:02 pour que les manifestations cessent, et tout le business
00:37:04 qu'il y avait à Marseille, et dans d'autres
00:37:06 grandes villes, tout ça, c'est de la
00:37:08 flûte. Donc, si on veut faire
00:37:10 rentrer du fric et faire de la prévention,
00:37:12 commençons par dépénaliser,
00:37:14 le reste, ça se restera,
00:37:16 des mots doux, de
00:37:18 dragues promesses, et comme disait l'autre,
00:37:20 les promesses seront des enfants joyeux,
00:37:22 en calment à l'état. Par contre,
00:37:24 certaines parties, excusez-moi, ne sont pas
00:37:26 prêtes, parce qu'ils sont
00:37:28 extrêmement rigides. - Philippe, merci beaucoup
00:37:30 pour votre message, le mot de la fin,
00:37:32 de la fin, avec
00:37:34 Sébastien Soulet, on ne peut pas laisser sans répondre.
00:37:36 Sébastien Soulet. - En 30 secondes.
00:37:38 - Oui, je vais le reprendre déjà,
00:37:40 parce que je n'ai pas dit qu'il était impossible
00:37:42 sur la lutte des trafics de superfices,
00:37:44 c'est parce que j'ai dit que ça allait être compliqué,
00:37:46 et que ça allait vite se retrousser les manches, comme l'ont dit
00:37:48 les magistrats de Marseille.
00:37:50 Moi, je pense que c'est une solution
00:37:52 qui ne fonctionne pas dans des pays européens
00:37:54 qui sont voisins ou autres,
00:37:56 et c'est se voler la face, c'est-à-dire qu'en gros,
00:37:58 on n'arrive pas à lutter contre les trafics de stup',
00:38:00 et ce qu'on va faire, c'est dépénaliser le stup', non.
00:38:02 Ça, c'est pas intendable. Et il ne faut pas
00:38:04 oublier non plus que ce n'est pas parce qu'on va le
00:38:06 dépénaliser que derrière, il n'y aura pas un marché
00:38:08 parallèle, comme l'est actuellement
00:38:10 le marché des cigarettes de contrebande. Ça sera
00:38:12 exactement la même chose, vous le toucherez
00:38:14 avec un taux de THC qui sera plus élevé que celui
00:38:16 que mettra en place l'État, si toutefois c'est
00:38:18 dépénalisé, et ensuite, vous aurez
00:38:20 aussi la possibilité d'en acheter plus.
00:38:22 Donc, c'est pas intendable
00:38:24 pour moi. - De toute façon, ils ont besoin de gagner de l'argent,
00:38:26 donc ils trouveront des solutions, c'est sûr.
00:38:28 Merci beaucoup Sébastien Soulet d'avoir été avec nous,
00:38:30 secrétaire zonale adjoint d'Alliance
00:38:32 Police pour la zone sud et ex-
00:38:34 policier de la BAC Nord. Merci d'avoir
00:38:36 été avec nous. Dans un instant, on garde
00:38:38 Fabrice le quiz
00:38:40 de l'actu, et là, ça va être chaud aussi.
00:38:42 À tout de suite.
00:38:44 Les Vraies Voix Sud Radio, 17h20,
00:38:46 Philippe David, Cécile
00:38:48 de Ménibus. - Les Vraies Voix
00:38:50 va être Philippe Bilger, François Puponi, Olivier
00:38:52 d'Artigolle, et notre auditeur
00:38:54 du jour, Fabrice, tout de suite
00:38:56 le quiz de l'actu.
00:38:58 Les Vraies Voix Sud Radio, le quiz de l'actu.
00:39:00 - Et c'est pas la peine d'essayer
00:39:02 de tenter de changer les règles,
00:39:04 Olivier d'Artigolle, Fabrice, c'est vous
00:39:06 qui répondez en premier quand vous
00:39:08 sentez que vous n'avez pas la réponse, vous vous dites "oui,
00:39:10 j'ai pas la réponse". Allez, "Qui sait qui
00:39:12 qui l'a dit, et ça vaut 2 points,
00:39:14 les bobos qui fument du chit
00:39:16 ont du sang séché sur les mains."
00:39:18 - Fabrice.
00:39:20 - Aucune idée. - Dupont.
00:39:22 Bonne réponse, Philippe Bilger.
00:39:24 - Eric Dupont-Moretti, ministre de la
00:39:26 justice. - 2 points pour
00:39:28 Philippe Bilger. "Qui sait qui qui l'a dit",
00:39:30 Fabrice, un "Qui sait qui
00:39:32 qui l'a dit" à 2 points sur les propositions
00:39:34 économiques contenues dans le livre de Bruno
00:39:36 Le Maire, il devrait en parler
00:39:38 au ministre de l'économie.
00:39:40 - Roussel. - Non.
00:39:42 - Macron. - Macron, bonne réponse
00:39:44 de Philippe Bilger
00:39:46 qui avait pronostiqué de faire 2 points
00:39:48 pendant la pause et qui est déjà à 15 ans.
00:39:50 - Vous êtes sort, tout à fait sort.
00:39:52 - Et on aurait pu dire 3 points.
00:39:54 - Excusez-moi, François dit quelque chose ?
00:39:56 Vous êtes là, François ?
00:39:58 - Oui, oui. - Je pensais que vous étiez
00:40:00 parti. "Qui sait qui
00:40:02 qui l'a dit", 3 points.
00:40:04 Écoutez bien, Fabrice, l'ordre républicain,
00:40:06 ce n'est pas simplement la police et la matraque.
00:40:08 - Fabrice.
00:40:10 - Mélenchon ? - Non.
00:40:12 - Ah, pas loin. - C'est le même parti.
00:40:14 - Bonne réponse. - Qui ? - Katenins.
00:40:16 - Adrien Katenins. - Katenins, député
00:40:18 de la France Insoumise. - 3 points
00:40:20 pour Olivier Dartigold. "Qui sait qui qui l'a dit"
00:40:22 à 3 points sur la dette. "L'heure de vérité
00:40:24 est arrivée, nous empruntons le même chemin
00:40:26 que la Grèce." - Monsieur Le Maire,
00:40:28 pardon. - Non. - Allez-y.
00:40:30 - Il l'a dit, si aussi. - Non, c'est la même, si aussi.
00:40:32 - Non, mais il l'a dit. - Non, mais notre
00:40:34 dicteur n'a pas pu répondre. - C'est moi qui fais le choix.
00:40:36 - Mais il a dit Le Maire.
00:40:38 - Il a dit Le Maire.
00:40:40 - François, qui l'a dit ? - Il a dit Le Maire.
00:40:42 Et donc, François dit Ciotti, il a bon. - Mais de toute façon,
00:40:44 vous ne l'aviez pas. - Si, j'avais Ciotti.
00:40:46 - Non, mais allez, prouvez-le.
00:40:48 - Dans le cinéma, ce matin. - Non, mais on va
00:40:50 permettre à François de vous faire peur.
00:40:52 - Mais c'est pas possible. - Quand François se met dans le jeu,
00:40:54 c'est sûr qu'il est...
00:40:56 - 3 points, les amis.
00:40:58 "Qui sait qui qui l'a dit" Fabrice, j'espère
00:41:00 que c'est pour vous. "Sur la loi
00:41:02 de fin de vie, la solution c'est lutter contre
00:41:04 la douleur, pas de lutter contre la vie."
00:41:06 - Bah,
00:41:08 j'ai plus le nom.
00:41:10 Bah, j'ai plus le nom.
00:41:12 - Ça pourrait être Léonetti.
00:41:14 - Non, c'est une femme.
00:41:16 - Une femme ?
00:41:18 - Une présidente.
00:41:20 - Une présidente ? - Petresse. - Non.
00:41:22 - Une ex-présidente de parti.
00:41:24 - Une ex-présidente de parti. - Blonde.
00:41:26 - Blonde, blonde, blonde.
00:41:28 - Marine Le Pen. - Marine Le Pen.
00:41:30 - Je l'ai dit. - Non, non, non.
00:41:32 - Si, je l'avais dit. - Non, non, non.
00:41:34 - Si, j'ai dit Marine. - Jamais.
00:41:36 - Il a dit Marine. - Mais non.
00:41:38 - Mais on n'a rien entendu.
00:41:40 - Il a dit Marine. - Vous avez dit Marine Le Pen
00:41:42 et il a dit juste derrière Marine Le Pen.
00:41:44 - Il m'a vraiment empêché d'aller au vote.
00:41:46 - On n'a rien entendu.
00:41:48 - Dernière question.
00:41:50 "Qui sait qui qui l'a dit" à 1 point.
00:41:52 "Sur la loi EGalim,
00:41:54 j'étais au congrès de la Fédération nationale
00:41:56 des producteurs de lait, aucun d'entre eux ne me demande
00:41:58 de revenir dessus mais d'aller plus loin."
00:42:00 Fabrice. - Ah, le ministre de l'agriculture.
00:42:02 - Oui ! - Oui !
00:42:04 - Marc Fesneau. - Marc Fesneau.
00:42:06 - Il l'a dit, il l'a dit. - Donc, normalement plus 3.
00:42:08 - Allez, l'escort. - Et bien donc,
00:42:10 Philippe Béniger, 4 points, 3 points Olivier Artigol,
00:42:12 3 points François Puponi, 1 point Fabrice.
00:42:14 - Je ne valide pas. - Bravo, Philippe Béniger.
00:42:16 - Je ne saute pas, mon cher Angélique.
00:42:18 - Je ne valide pas et je vous rappelle que les points
00:42:20 des Béarnais s'additionnent.
00:42:22 - On est n'importe quoi. Non mais l'autre,
00:42:24 il a perdu le sens du commun, ce garçon.
00:42:26 Fabrice, merci d'avoir joué avec nous.
00:42:28 - Merci à vous, Fabrice. - Merci beaucoup.
00:42:30 - Merci de la qualité de vos propos, en tout cas.
00:42:32 - Macron a vraiment dit des engrois.
00:42:34 - C'est impossible. - Oui, c'est impossible.
00:42:36 - Dans le canard. - Mes amis, dans 10 minutes,
00:42:38 tour de table de l'actu des Vrais Voix
00:42:40 avec Philippe Béniger. On parle de quoi dans un instant ?
00:42:42 - Les filles participent au débat du 30 mai.
00:42:44 - Avec vous, votre tour de table
00:42:46 de l'actu, François Puponi. - Ça sera la déclaration
00:42:48 de monsieur Elongabé, enfin je ne lui rappelle pas,
00:42:50 qui a tué Yvan Colonat.
00:42:52 - Qui a fait une lettre au magistrat. - Et avec vous,
00:42:54 Olivier Dartigold. - Les propos récents de Bruno
00:42:56 Lemaire sur la gratuité, qui n'est pas gratuite, mais
00:42:58 justement, nous la payons. Et je vous ai trouvé
00:43:00 de nouvelles recettes fiscales. - Ah, très bien,
00:43:02 merci beaucoup. - Je vais remonter les impôts.
00:43:04 - Les Vrais Voix Sud Radio,
00:43:06 17h-20h, Philippe David,
00:43:08 Cécile de Ménibus.
00:43:10 - On est ravis de vous retrouver
00:43:12 comme tous les jours, de 17h à 19h.
00:43:14 On en profite pour vous remercier largement
00:43:16 pour les audiences digitales
00:43:18 incroyables. - De février, oui,
00:43:20 3,4 millions d'auditeurs
00:43:22 en numérique au mois de février.
00:43:24 Un record +101%
00:43:26 versus février 2023.
00:43:28 Et vraiment, merci encore à toutes
00:43:30 et à tous d'être chaque jour plus nombreux
00:43:32 à écouter et à regarder, puisque maintenant
00:43:34 la radio, ça se regarde aussi. Sud Radio.
00:43:36 - Absolument. Avec nous, aujourd'hui,
00:43:38 Philippe Bilger, François Puponi et Olivier Dartigold.
00:43:40 Et vous, au 0826
00:43:42 300 300. Dans un instant,
00:43:44 vous avez la parole avec Félix Mathieu. De quoi parle-t-on ?
00:43:46 - On va parler de l'espoir dans la lutte
00:43:48 contre la mucoviscidose, avec une association
00:43:50 qui fait de ses 20 ans d'existence et qui va nous
00:43:52 parler de ce médicament qui change la vie
00:43:54 de beaucoup de patients depuis 2 ans et demi maintenant.
00:43:56 - Et je voudrais pousser
00:43:58 un coup de gueule sur le grand n'importe quoi
00:44:00 des ZFE, qui est l'autre
00:44:02 face du grand n'importe quoi des DPE,
00:44:04 Zone de Faible Émission et
00:44:06 Diagnostic de Performance Énergétique, les uns
00:44:08 pour les véhicules, les autres pour les
00:44:10 appartements et les maisons. Résumons la situation.
00:44:12 On nous a annoncé avec tambours
00:44:14 et trompettes, il y a quelques années,
00:44:16 que les agglomérations allaient être interdites aux véhicules
00:44:18 polluant la vignette Critère-Feuzanfoy.
00:44:20 Devant le tollé provoqué
00:44:22 et l'inapplicabilité du processus,
00:44:24 l'affaire est devenue un grand
00:44:26 n'importe quoi, où on repousse mois
00:44:28 après mois et où il n'y a aucune
00:44:30 uniformité sur le territoire national.
00:44:32 Ainsi, si vous allez de Bordeaux
00:44:34 à Toulouse ou de Marseillanis dans la même journée,
00:44:36 vous pourrez peut-être circuler dans une
00:44:38 agglomération, mais peut-être pas dans l'autre.
00:44:40 Bienvenue au royaume du Péruguis !
00:44:42 Le gouvernement est tellement convaincu
00:44:44 de l'intelligence des ZFE, que le
00:44:46 ministère de la Transition écologique a annoncé
00:44:48 hier que les métropoles de Marseille,
00:44:50 Strasbourg et Rouen, où la qualité de l'air
00:44:52 s'est améliorée, pourront choisir de laisser
00:44:54 circuler les véhicules Critère 3
00:44:56 dans les ZFE au-delà du 1er
00:44:58 janvier 2025. Ceux qui ont
00:45:00 investi dans une voiture électrique hors de prix
00:45:02 ont dû apprécier. On pourrait faire le même
00:45:04 reproche au DPE qui, en empêchant de
00:45:06 louer certains biens, amplifie la crise du logement.
00:45:08 Ce serait pas mal quand même
00:45:10 pour nos politiques de réfléchir
00:45:12 un peu avant de pondre des lois
00:45:14 aussi idiotes qu'inapplicables, n'est-ce pas
00:45:16 Philippe Bigère ? - Vous tenez vraiment
00:45:18 à ce que j'ajoute de la confusion
00:45:20 à un sujet déjà complexe.
00:45:22 - Vous avez rien compris, au clair. - Je préfère passer mon tour.
00:45:24 - Le législateur, François Pupolli.
00:45:26 - Le problème, c'est que quand on vote
00:45:28 depuis quelques années des grandes lois
00:45:30 environnementales, il y a aussi
00:45:32 beaucoup de communication. Et après, le problème,
00:45:34 c'est la manière dont les lois sont faites.
00:45:36 Parce qu'il faut normalement faire des études d'impact,
00:45:38 regarder, et malheureusement,
00:45:40 c'est pas toujours le cas. Je reprends l'exemple du DPE.
00:45:42 En votant la loi,
00:45:44 tout le monde savait que si on prenait
00:45:46 toutes les entreprises du bâtiment de France,
00:45:48 on était dans l'incapacité d'appliquer.
00:45:50 Donc ce sont des espèces de lois
00:45:52 qui sont des lois où on dit "voilà ce qu'il faudrait faire"
00:45:54 en sachant que 3-4 ans après,
00:45:56 on va dire aux gens "on va pas le faire tout de suite".
00:45:58 Il y avait eu le même problème, rappelez-vous, pour les ascenseurs
00:46:00 qu'on devait mettre aux normes et qu'on n'arrivait pas
00:46:02 à mettre aux normes. - Et ça a pris des années parce qu'il n'y avait pas eu d'entreprise.
00:46:04 - Donc c'est à la fois, on veut être...
00:46:06 on veut avancer,
00:46:08 on veut montrer la voie et puis après, le principe de réalité s'impose.
00:46:10 - Quand le gouvernement ne veut pas
00:46:12 passer par un projet de loi
00:46:14 pour éviter l'étude d'impact,
00:46:16 il peut passer un coup de téléphone à son groupe parlementaire
00:46:18 et dire "vous faites une EPPL"
00:46:20 comme ça, c'est une technique.
00:46:22 Mais sur les ZFE, j'ai souvenir de nos débats ici,
00:46:24 combien on a été à dire
00:46:26 "ça ne pourra pas tenir".
00:46:28 Par contre, je pense à ces personnes qui, dans le périurbain,
00:46:30 qui ne peuvent pas se passer de leur voiture.
00:46:32 On vu ça, le couperet tombé,
00:46:34 on parfois fait un investissement,
00:46:36 ou étaient vraiment dans la panade.
00:46:38 C'est l'exemple même
00:46:40 d'un dysfonctionnement dans la décision politique.
00:46:42 - Pas que le périurbain,
00:46:44 les banlieusards...
00:46:46 - Tu as raison. - Bien sûr.
00:46:48 - Le Grand Paris avait rendu...
00:46:50 Donc les banlieusards, qui souvent n'ont que les moyens
00:46:52 d'acheter des vieilles voitures pour aller travailler,
00:46:54 n'auraient plus le droit d'accéder
00:46:56 à leur emploi et eux, ils n'avaient pas les moyens d'acheter
00:46:58 d'autres voitures. - C'est une aberration totale.
00:47:00 Allez, vous avez la parole avec Félix Mathieu,
00:47:02 direction...
00:47:04 - Les Pyrénées-Orientales.
00:47:06 - Je cherchais, pardon.
00:47:08 - Pour parler de l'espoir dans la lutte contre la mucoviscidose,
00:47:10 avec une association qui fête ses 20 ans,
00:47:12 Mucovis 66,
00:47:14 c'est l'association de lutte contre la mucoviscidose
00:47:16 dans les Pyrénées-Orientales. Donc bonsoir Stéphane Mathieu.
00:47:18 - Bonsoir à tous, bonsoir.
00:47:20 - Président de cette association,
00:47:22 Mucovis 66, merci d'être avec nous
00:47:24 dans les vraies voix sur Sud Radio,
00:47:26 et bon anniversaire.
00:47:28 Si vous vous retournez sur ses 20 ans
00:47:30 de combat, il y a du chemin
00:47:32 parcouru quand même, notamment avec l'apparition
00:47:34 assez récente de ce nouveau médicament.
00:47:36 - Alors pour tout vous dire,
00:47:38 merci de me donner la parole, parce que 20 ans,
00:47:40 oui, c'est un anniversaire si on veut,
00:47:42 mais c'est beaucoup de combats,
00:47:44 beaucoup de mobilisation, beaucoup d'énergie
00:47:46 avec tous les partenaires, les parrains, etc.
00:47:48 Mais c'est vrai qu'on était tous accrochés
00:47:50 au moins à voir, de trouver un médicament
00:47:52 qui puisse justement
00:47:54 stabiliser l'évolution de la maladie
00:47:56 au niveau pulmonaire et au niveau digestif.
00:47:58 Et c'est vrai que
00:48:00 depuis 4-5 ans, on voyait
00:48:02 un médicament qui était aux Etats-Unis,
00:48:04 au laboratoire Vertex, qui avait développé
00:48:06 le caf trio, et qui avait
00:48:08 vraiment de très bons retours, c'est-à-dire
00:48:10 que ça stabilisait l'évolution de la maladie,
00:48:12 et ça jouait justement
00:48:14 sur la protéine qui est défectueuse dans la mycoviscidose.
00:48:16 Donc nous, on s'est vraiment battus
00:48:18 avec l'association "Vaincre la mycoviscidose",
00:48:20 avec le Marshall, pour pouvoir pousser
00:48:22 justement ce médicament qui soit pris en charge
00:48:24 par la France,
00:48:26 au niveau de la sphère sociale.
00:48:28 Et on en a beaucoup parlé,
00:48:30 Philippe, tu étais au courant de tout ça,
00:48:32 on s'est battus vraiment avec toutes les associations.
00:48:34 Et enfin, depuis 2 ans et demi,
00:48:36 tous ces enfants qui sont
00:48:38 touchés par la mycoviscidose,
00:48:40 qui souffrent de cette pathologie,
00:48:42 peuvent à 70%, parce que
00:48:44 c'est une mutation bien spécifique,
00:48:46 donc ils peuvent en bénéficier.
00:48:48 C'est délivré sous forme de comprimés, à vie.
00:48:50 C'est une trithérapie,
00:48:52 et ça réduit nettement les effets de la maladie.
00:48:54 Moi je vois au niveau de mon fils,
00:48:56 il va sur ses 23 ans, et les infections
00:48:58 pulmonaires particulièrement invalidantes,
00:49:00 ce médicament, c'est une révolution
00:49:02 capable pour certains patients de transformer la myco,
00:49:04 en pathologie chronique et stabilisée.
00:49:06 Donc vous voyez, vous voyez où on en est.
00:49:08 - Ça change vraiment la vie. - Ouais, franchement,
00:49:10 vraiment. Alors c'est pas un médicament,
00:49:12 on dit miracle, mais c'est pas un médicament
00:49:14 qui guérit la mycoviscidose,
00:49:16 mais on a fait déjà un grand pas.
00:49:18 On avait beaucoup d'espoir là-dessus,
00:49:20 et on est vraiment ravis qu'on puisse
00:49:22 au moins fêter ça, cette avancée.
00:49:24 C'est vraiment cette grande avancée.
00:49:26 - Qui a inventé ce produit miracle ?
00:49:28 - Alors c'est bâti aux Etats-Unis,
00:49:30 c'est le laboratoire Vertex
00:49:32 qui l'a développé et qui l'a mis
00:49:34 sur le marché. Mais bon,
00:49:36 moi j'avais commencé au niveau de l'association
00:49:38 à soutenir le professeur Beck
00:49:40 au CNRS de Poitiers. Alors la molécule
00:49:42 s'appelait le Migusta, à l'époque
00:49:44 il était capable de modifier le gène dans la maladie.
00:49:46 Donc on a donné tous nos fonds
00:49:48 pour aider ce chercheur, malheureusement ça n'a pas abouti
00:49:50 au niveau des Etats-Unis.
00:49:52 Bon, ça vient des Etats-Unis, oui, peut-être,
00:49:54 mais pour nos enfants c'est...
00:49:56 - Peu importe, l'insultant c'est que ça fonctionne.
00:49:58 - Et maintenant l'espoir c'est aussi
00:50:00 pour les 30% qui restent, parce que vous disiez
00:50:02 il y a 70% de patients éligibles
00:50:04 restent donc ces 30% pour qui
00:50:06 on n'a pas encore de traitement équivalent.
00:50:08 - C'est ça, c'est ce que j'expliquais
00:50:10 et j'explique depuis
00:50:12 très longtemps. C'est-à-dire que les enfants
00:50:14 entre 6 et 11 ans font l'objet
00:50:16 d'un long combat qu'on a eu justement
00:50:18 pour un soulagement pour nous,
00:50:20 pour les bénéficiaires de ce médicament.
00:50:22 Alors, à titre d'info, il y a 700 nouveaux patients
00:50:24 qui ont bénéficié de cette thérapie
00:50:26 innovante en passant entre
00:50:28 6 et 11 ans, et depuis le premier
00:50:30 trimestre 2023, c'est quand même 5000 personnes
00:50:32 qui peuvent justement
00:50:34 accéder à ce médicament, mais il y a toujours
00:50:36 ce fameux pourcentage, alors c'est
00:50:38 des mutations bien spécifiques au niveau de la
00:50:40 mucoviscidose qui sont assez complexes,
00:50:42 et malheureusement ce médicament ne fonctionne pas,
00:50:44 donc je voudrais continuer, moi, pour tous ces
00:50:46 enfants et qu'on ne lâche pas tant qu'on n'a pas trouvé.
00:50:48 - En tout cas, on est très heureux
00:50:50 pour ceux pour qui ça fonctionne.
00:50:52 - Et on vous soutient bien évidemment.
00:50:54 - Merci beaucoup Stéphane Mathieu d'avoir été avec nous,
00:50:56 président de l'association de lutte contre la
00:50:58 mucoviscidose des Pyrénées orientales
00:51:00 MUCOVIS66.
00:51:02 Merci Félix Mathieu, vous restez avec nous
00:51:04 dans quelques instants, le tour de table
00:51:06 de l'actu de nos vrais voix avec Félix Belger.
00:51:08 - Et bien, LFI participera
00:51:10 le 30 mai au débat sur ces news.
00:51:12 - Et avec vous Olivier Dardigolle ?
00:51:14 - J'ai résolu tout seul,
00:51:16 avec mon petit cerveau, l'équation budgeteur.
00:51:18 C'est réglé.
00:51:20 - C'est une bonne nouvelle.
00:51:22 - La lettre récente de l'assassin d'Ivan Colonna
00:51:24 remettant en cause sa première version.
00:51:26 - On en parle dans un instant, on est ravis
00:51:28 de vous accueillir et merci de votre fidélité, à tout de suite.
00:51:30 - Les vraies voix Sud Radio
00:51:32 17h20, Philippe David,
00:51:34 Cécile de Ménibus.
00:51:36 - On espère que vous allez bien,
00:51:38 on ne sait pas où vous êtes. Dites-nous où vous êtes.
00:51:40 Vous êtes dans votre voiture, vous êtes au bureau,
00:51:42 vous êtes à la maison.
00:51:44 On aimerait bien vous connaître,
00:51:46 connaître nos auditeurs.
00:51:48 - Bien sûr, on en connaît déjà certains,
00:51:50 ils peuvent d'ailleurs nous appeler pour se faire connaître.
00:51:52 - Ils vont vous dire bonjour, c'est moi ?
00:51:54 - Oui, c'est ça.
00:51:56 - Et Philippe Bielgian répondra bonjour, c'est moi.
00:51:58 - Mais ceux qui sont d'accord avec nous,
00:52:00 - Oui, il n'y en a peut-être pas beaucoup.
00:52:02 - J'espère qu'il y en a quelques-uns.
00:52:04 - On va voir s'ils sont d'accord avec vous.
00:52:06 - On pourrait appeler les 4 qui approuvent Françoise de Rois.
00:52:08 - Oui.
00:52:10 - J'espère qu'elle ne m'écoute pas, Françoise.
00:52:12 - Elle ne m'écoute pas, Françoise.
00:52:14 - Françoise est plaisante.
00:52:16 - Allez tout de suite, le tour de table de l'actu des vrais voix.
00:52:18 - Oh, dites, je vais envoyer les actualités,
00:52:20 vous venez les voir dans la cabine.
00:52:22 - Je vais vous raconter une histoire pas banale.
00:52:24 - Et vous, vous ne me racontez pas votre petite journée ?
00:52:26 - On a assez perdu le temps comme ça.
00:52:28 - Le tour de table de l'actualité.
00:52:30 - Et votre tour de table, c'est sur Raphaël Luchsman,
00:52:32 qui contrairement à elle,
00:52:34 ne veut pas aller sur CNews pour débattre.
00:52:36 - Oui, alors j'ai appris ce matin,
00:52:38 et j'espère que c'est exact,
00:52:40 sinon je me verrais mal
00:52:42 présenter une mauvaise information
00:52:44 à Sud Radio,
00:52:46 que LFI participera
00:52:48 au débat du 30 mai
00:52:50 sur les européennes,
00:52:52 sur CNews.
00:52:54 Et j'y vois quelque chose d'intéressant
00:52:56 sur le plan de la forme, déjà.
00:52:58 Parce que je pense que
00:53:00 si cette décision est confirmée,
00:53:02 c'est une manière de
00:53:04 ridiculiser un petit peu
00:53:06 Raphaël Luchsman,
00:53:08 qui pour le Parti Socialiste,
00:53:10 et Marie Toussaint, qui pour les écolos,
00:53:12 ont dit qu'ils ne participeraient pas
00:53:14 à ce débat.
00:53:16 Ce qui m'amuse
00:53:18 un tout petit peu, c'est que
00:53:20 Marie Toussaint, pour les écolos,
00:53:22 a trouvé comme seul moyen
00:53:24 de se faire connaître
00:53:26 comme tête de liste des écolos,
00:53:28 le fait de ne pas participer
00:53:30 au débat sur CNews.
00:53:32 En dehors de ça, je ne crois pas qu'on en parle beaucoup.
00:53:34 Objectivement, Raphaël Luchsman
00:53:36 s'est un peu plus étoffé
00:53:38 et substantiel,
00:53:40 mais si LFI le fait, quel que soit
00:53:42 le motif, c'est bien.
00:53:44 - Olivier Artigolle. - Là où je ne comprends pas,
00:53:46 il y a véritablement hiatus. On peut penser
00:53:48 ce qu'on veut de CNews,
00:53:50 comme de l'ensemble des autres médias,
00:53:52 qu'ils soient privés ou publics,
00:53:54 mais comment tenir un propos
00:53:56 très exigeant sur le pluralisme,
00:53:58 tout en ne participant pas
00:54:00 à des débats
00:54:02 qui justement l'organisent ?
00:54:04 - Il y a 7 à 8 millions de personnes
00:54:06 qui regardent CNews tous les jours.
00:54:08 Sur la semaine passée,
00:54:10 c'était la première chaîne d'info
00:54:12 nationale. C'est aussi une forme
00:54:14 de mépris, de mise à distance
00:54:16 des personnes qui regardent la chaîne.
00:54:18 - François Pupponi.
00:54:20 - Moi je suis à la fois effaré,
00:54:22 mais pas surpris, parce que je découvre,
00:54:24 y compris mes anciens camarades,
00:54:26 mais là, c'est même pas
00:54:28 une interview de CNews.
00:54:30 C'est un débat sur CNews, où il y a
00:54:32 des trucs qui se délisent,
00:54:34 et donc c'est un débat. Et on dit
00:54:36 "je ne veux même pas participer au débat".
00:54:38 Je refuse de participer au débat.
00:54:40 Je ne comprends même pas la logique.
00:54:42 Si ce n'est, oui, je vais essayer de grappiller
00:54:44 quelques voix, mais en termes
00:54:46 de démocratie, de respect,
00:54:48 de la liberté d'expression, c'est la négation
00:54:50 complète de ce qu'on doit défendre
00:54:52 à gauche, c'est-à-dire la liberté
00:54:54 d'expression, la liberté de tout court.
00:54:56 Par contre, hier j'étais
00:54:58 sur CNews et il y avait
00:55:00 Michel Morel, qui lui,
00:55:02 c'est un socialiste,
00:55:04 candidat sur la liste
00:55:06 du Parti Communiste,
00:55:08 et qui n'avait aucun
00:55:10 problème à venir... - Il est sur la liste
00:55:12 de Frontenon ? - Il est sur la liste de Frontenon.
00:55:14 Il est numéro 3.
00:55:16 Donc voilà, on voit bien qu'à gauche,
00:55:18 tout le monde n'a pas cette position,
00:55:20 et quand on connaît un peu Raphaël Gluckman,
00:55:22 qui me donnait le sentiment d'être quelqu'un...
00:55:24 Enfin, il y a quand même un parti qui s'appelle Place Publique...
00:55:26 - Hier soir, sur un changement...
00:55:28 - Ne pas bien discuter dans une agglomération...
00:55:30 - Hier soir, sur un changement de plateau,
00:55:32 il y avait Stéphane Le Folle sur le plateau qui suivait.
00:55:34 - Bien sûr, bien sûr. - Et je sais que la décision,
00:55:36 ça a été Eric Rac, mais des dirigeants
00:55:38 socialistes n'approuvaient pas cette
00:55:40 décision de Gluckman, qui a
00:55:42 beaucoup pesé dans l'arbitrage
00:55:44 final. - Peut-être que
00:55:46 les choses vont changer. - Peut-être, c'est le 30 mai.
00:55:48 - Olivier Dardigolle,
00:55:50 alors c'est intéressant parce que
00:55:52 vous avez des propositions à faire.
00:55:54 - Oui. - On sent en vous le futur
00:55:56 ministre. - Je tenais
00:55:58 à rassurer Bruno Le Maire,
00:56:00 c'est réglé.
00:56:02 D'abord, il m'a vraiment agacé sur la question de la
00:56:04 gratuité, en disant que la gratuité, c'est fini. Il n'y a pas de
00:56:06 gratuité. La gratuité n'est pas gratuite. Mais par exemple,
00:56:08 quand une collectivité, récemment
00:56:10 Montpellier, bascule dans la gratuité
00:56:12 des transports en commun, ça a un coût.
00:56:14 C'est le coût de la billetterie,
00:56:16 qui est une part négligeable, d'ailleurs,
00:56:18 c'était 15% pour Montpellier. Mais il y a
00:56:20 des contributions entreprise, il y a aussi
00:56:22 des collectivités qui aident pour cette mise
00:56:24 en gratuité.
00:56:26 C'est une décision politique, mais elle n'est
00:56:28 pas gratuite. C'est payé par les impôts,
00:56:30 par les salariés,
00:56:32 par les entreprises.
00:56:34 Mais je me surprends à voir,
00:56:36 bon d'abord les 10 milliards, comme ça,
00:56:38 10 cette année, et 20
00:56:40 l'année prochaine. Je me surprends que les
00:56:42 10, comme ça, ils passent
00:56:44 sans un projet de loi
00:56:46 des finances rectificatives. On peut, mais c'est
00:56:48 ils ne pouvaient pas faire davantage.
00:56:50 Pour le Parlement, c'est pas terrible.
00:56:52 Mais je
00:56:54 ne comprends pas pourquoi il y a un
00:56:56 tel tabou, aujourd'hui,
00:56:58 sur de nouvelles recettes.
00:57:00 C'est-à-dire qu'on peut aller taper sur les allocations
00:57:02 chômage, vous savez, il y a un chômeur sur deux
00:57:04 qui n'en reçoit pas d'allocation,
00:57:06 la moyenne
00:57:08 des indemnités chômage, elles sont à 900 000 euros,
00:57:10 bon, il n'y a pas beaucoup de gras.
00:57:12 On peut aller taper sur les franchises médicales, on peut aller
00:57:14 taper sur les maladies longues
00:57:16 durées, mais il y a une réflexion
00:57:18 à avoir sur de nouvelles recettes.
00:57:20 Y compris le président du groupe
00:57:22 Modem à l'Assemblée nationale,
00:57:24 Jean-Paul Matéi, dit "mais on pourrait aller
00:57:26 vers une mise à contribution, même
00:57:28 temporaire, du revenu
00:57:30 du capital qui
00:57:32 atteigne des records".
00:57:34 Il y a aujourd'hui, je sais, je ne veux pas
00:57:36 vexer et choquer, mais il y a à peu près
00:57:38 170 milliards d'aides aux entreprises.
00:57:40 Certaines aides aux entreprises sont très positives.
00:57:42 Mais certaines, ce qu'on appelle des niches,
00:57:44 ne le sont pas toujours. Il y a le crédit
00:57:46 impôt recherche que François connaît bien,
00:57:48 qui est à peu près à 7 milliards. Tous les spécialistes
00:57:50 à cette question-là, à ce crédit impôt recherche, étaient
00:57:52 décidés au temps où l'impôt sur les sociétés
00:57:54 était encore à 33%. Aujourd'hui, il
00:57:56 est à 25. Et donc, il y a à peu près
00:57:58 1 ou 2 milliards à aller gratter
00:58:00 sur ce crédit impôt recherche. Il y a
00:58:02 aujourd'hui des rachats d'actions qui sont
00:58:04 à 30 milliards. On nous annonce
00:58:06 pour l'année prochaine plus de 60 milliards
00:58:08 de dividendes. Et les rachats d'actions
00:58:10 sont quelque chose qu'il faudra débattre.
00:58:12 Je dis simplement
00:58:14 que le fait
00:58:16 d'imposer une camisole de force
00:58:18 sur "on ne pose pas
00:58:20 la question de nouvelles recettes" va nous mettre
00:58:22 sur un toboggan où chaque année,
00:58:24 il va falloir rogner, il va falloir mettre des coups de rabot,
00:58:26 des coups de hache, comme disent d'autres personnes.
00:58:28 Et je pense que ce n'est pas quelque chose
00:58:30 d'efficace dans la durée.
00:58:32 - Je peux entendre sur les recettes,
00:58:34 mais malheureusement, c'est ce qu'on fait
00:58:36 depuis 30 ans. C'est que
00:58:38 parce qu'on n'ose pas faire les économies qu'il faut faire,
00:58:40 on trouve des nouvelles recettes
00:58:42 et puis on fait quelques petites économies
00:58:44 pour dire aux gens... Et en fait, on ne règle pas
00:58:46 le problème de déficit structurel.
00:58:48 Moi, j'étais membre de la commission des finances
00:58:50 et les grandes masses du budget de l'État, on les connaît,
00:58:52 ce sont 400 milliards
00:58:54 les dépenses sociales, c'est 80 milliards
00:58:56 l'argent qu'on donne aux collectivités locales, et c'est 40 milliards
00:58:58 pour le logement.
00:59:00 Et quand on
00:59:02 additionne tout ça, ça fait
00:59:04 quelques centaines de milliards. Et on dit
00:59:06 qu'il faut en un moment couper.
00:59:08 Net. Et moi,
00:59:10 je pense sincèrement que le président de la République,
00:59:12 qui ne sera pas...
00:59:14 qui ne pourra pas se représenter
00:59:16 dans 3 ans, est capable, lui,
00:59:18 à un moment de dire "je le fais".
00:59:20 Ça va faire mal. Il avait déjà commencé sur le logement
00:59:22 avec les 5 euros sur les appels en disant
00:59:24 "je coupe".
00:59:26 Il est capable de dire "non, stop".
00:59:28 Il y a 20 milliards, il faut 30 milliards, on coupe.
00:59:30 Parce qu'après, j'entends ce que tu proposes,
00:59:32 mais globalement, on n'est pas à la hauteur de ce qu'il faudrait faire.
00:59:34 Et la fameuse
00:59:36 grande coupe sombre dans certaines grandes
00:59:38 masses budgétaires, je pense que le moment
00:59:40 est venu. Ça va être terrible et douloureux.
00:59:42 Je ne sais pas s'il n'y aura pas de la casse sociale derrière,
00:59:44 sûrement, mais peut-être que
00:59:46 nous allons le devoir le vivant.
00:59:48 - Ce qui m'intéresse, François, pardon,
00:59:50 c'est l'opinion du nouveau
00:59:52 ministre des Finances,
00:59:54 Olivier Dartigolle.
00:59:56 En fait, Olivier...
00:59:58 - Je veux bien passer la parole à mon ministre à l'intérieur.
01:00:00 - Mais sérieusement, pourquoi
01:00:02 ce qui apparaît comme une solution
01:00:04 assez facile,
01:00:06 beaucoup de gens, même de droite,
01:00:08 sont sans doute
01:00:10 persuadés que là, il y a
01:00:12 des richesses qui pourraient être
01:00:14 légèrement ponctionnées.
01:00:16 Pourquoi on n'y va pas ?
01:00:18 Est-ce qu'on craint de démobiliser
01:00:20 un appareil de richesse ?
01:00:22 - C'est un renoncement pour Macron.
01:00:24 - Quel serait votre avis là-dessus ?
01:00:26 - J'y vois quand même un choix idéologique.
01:00:28 - C'est un renoncement pour Macron.
01:00:30 - J'y vois quand même un choix idéologique.
01:00:32 Pourquoi taper les pauvres alors qu'ils sont
01:00:34 pauvres ? Parce qu'ils sont plus nombreux,
01:00:36 c'est une formule célèbre.
01:00:38 Il y a les arbitrages
01:00:40 des agences de notation qui vont arriver en avril,
01:00:42 mai, et je sens une très grande fébrilité
01:00:44 dans l'exécutif sur les décisions
01:00:46 qui seront prises par
01:00:48 ces agences de notation. Et j'ai
01:00:50 vraiment le sentiment qu'aujourd'hui,
01:00:52 le débat est corseté alors qu'on
01:00:54 pourrait aller vers un débat beaucoup plus
01:00:56 ouvert, même si les options que je propose
01:00:58 ne sont pas retenues. Mais ce débat
01:01:00 n'existe pas, y compris au Parlement,
01:01:02 où dès que
01:01:04 la question de nouvelles
01:01:06 contributions, de nouvelles recettes est
01:01:08 mise sur la table, il n'y a pas de
01:01:10 véritable échange. Ce qui est intéressant, c'est de voir
01:01:12 quelqu'un comme Jean-Paul Maté,
01:01:14 que tu connais,
01:01:16 fait des propositions. Vous savez, ce n'est pas un zadiste,
01:01:18 ce n'est pas véritablement un insoumis.
01:01:20 Mais il dit,
01:01:22 vu les revenus du capital
01:01:24 aujourd'hui, est-ce qu'il se passe
01:01:26 une contribution temporaire, je suis
01:01:28 fidèle à ses propos, pourrait être
01:01:30 envisagée ? - Je pense que
01:01:32 Macron, c'est un dogme.
01:01:34 Et pour lui, le renoncement est impossible à ce sujet-là.
01:01:36 - Merci beaucoup.
01:01:38 Dans un instant, on reviendra sur
01:01:40 le meurtrier
01:01:42 d'Yvan Colonna, qui a écrit
01:01:44 et rédigé une lettre avec François Puponi.
01:01:46 On en parle dans un instant, tout de suite.
01:01:48 Les vraies voix sur le radio, 17h20,
01:01:50 Philippe David, Cécile
01:01:52 de Ménibus.
01:01:54 Bienvenue dans les vraies voix, on est ensemble jusqu'à 19h.
01:01:56 François Puponi est avec nous, Olivier d'Artigolle
01:01:58 et Philippe Bilger.
01:02:00 Et avec Philippe David, bien sûr, on est ravis de vous
01:02:02 accueillir pour la suite du
01:02:04 tour de table de l'actu des
01:02:06 vraies voix, avec une
01:02:08 personnalité emblématique,
01:02:10 Yvan Colonna. - Oui, voilà.
01:02:12 Là, il y a une nouvelle
01:02:14 qui est sortie aujourd'hui. Elongabé,
01:02:16 qui a tué Yvan Colonna, a rencontré
01:02:18 le magistrat qui a
01:02:20 instruit le dossier, et a
01:02:22 déclaré qu'en fait, contrairement à ses premières déclarations,
01:02:24 il ne faisait pas pour des raisons
01:02:26 liées à l'islam, puisqu'il avait dit à l'époque
01:02:28 que Colonna avait insulté
01:02:30 le prophète, etc. Il dit
01:02:32 carrément qu'il a été mandaté par des agents
01:02:34 de la DGSI. Il a écrit
01:02:36 ses propos pour confirmer ce qu'il avait
01:02:38 dit au magistrat instructeur.
01:02:40 Voilà, il faut bien entendu
01:02:42 prendre avec beaucoup de précaution les déclarations
01:02:44 d'un individu, donc tout le monde dit qu'il est
01:02:46 dans des conditions psychologiques très particulières.
01:02:48 Mais, à côté, moi je connais
01:02:50 bien le dossier, puisque j'avais rencontré Yvan Colonna
01:02:52 en tant que parlementaire, 15 jours avant
01:02:54 son assassinat, et justement
01:02:56 à l'époque, on
01:02:58 travaillait au retour de ce qu'on
01:03:00 appelle le commando érignac, puisqu'ils avaient fait
01:03:02 pour les 1 ans, 20 ans, 25 ans de prison
01:03:04 et donc l'idée c'était qu'ils puissent finir
01:03:06 leur peine près de chez eux, en Corse
01:03:08 comme globalement la loi le permet
01:03:10 ce qui leur était interdit et refusé.
01:03:12 Voilà, il voulait annoncer
01:03:14 à Yvan Colonna que quelques temps après, il va
01:03:16 pouvoir rentrer en Corse, et puis
01:03:18 15 jours après, quelqu'un le tue. Bon.
01:03:20 Dans les conditions qu'on connaît, c'est-à-dire qu'un
01:03:22 gardien de prison ouvre la porte
01:03:24 à Yvan Colonna, alors que Colonna faisait
01:03:26 de la musculation dans un
01:03:28 local fermé, il ouvre la porte,
01:03:30 le gardien de prison, il ouvre
01:03:32 l'entrevue, il laisse rentrer Yvan Colonna,
01:03:34 il s'en va une quarte d'heure, il revient après. Bon.
01:03:36 Donc tout ça laisse
01:03:38 un sentiment terrible, encore d'ailleurs, rappelez-vous
01:03:40 les événements qui avaient suivi l'assassinat d'Yvan
01:03:42 Colonna, avec un embrasement. Donc
01:03:44 cette lettre, ça peut être soit de la manipulation
01:03:46 pour continuer à
01:03:48 nourrir
01:03:50 le coupleau, aussi pour
01:03:52 certains, les rumeurs, et donc
01:03:54 il faudra qu'un jour on connaisse la vérité.
01:03:56 Parce qu'en tout cas, on sent bien que c'est un sujet
01:03:58 extrêmement sensible, et qui
01:04:00 perturbe vraiment le processus.
01:04:02 Y compris qu'il peut perturber le processus politique
01:04:04 actuellement engagé par le président de la République
01:04:06 vers l'autonomie. Parce que si
01:04:08 les événements repartent dans la
01:04:10 violence en Corse, c'est la fin du processus
01:04:12 engagé par le président de la République. Donc tout est possible.
01:04:14 - Est-ce qu'à votre avis, François,
01:04:16 le fait que
01:04:18 Elion Gabé ait remis cette
01:04:20 lettre, là, dans cette
01:04:22 période précise, ne démontre
01:04:24 pas qu'il est
01:04:26 instrumentalisé par quelqu'un ?
01:04:28 - Bien sûr. En tout cas, les avocats
01:04:30 de la famille d'Yvan Colonna ont tous
01:04:32 eu la même réaction, en disant "Attendez, voyons ça
01:04:34 avec beaucoup de recul". Bon.
01:04:36 Mais ce qui est terrible dans les analyses qui sont faites, y compris
01:04:38 par les services pénitentiaires, c'est de dire "Oui, mais
01:04:40 prenez, faites attention, c'est un individu
01:04:42 qui est complètement irresponsable,
01:04:44 son discernement avait été altéré".
01:04:46 Mais on leur dit "Mais attendez,
01:04:48 si cette personne était là,
01:04:50 pourquoi était-il auxiliaire de justice ?
01:04:52 Pourquoi, dans cette prison, on lui avait donné
01:04:54 des responsabilités pour aller partout ?"
01:04:56 Et donc, à chaque fois qu'on essaie de justifier
01:04:58 qu'il est un peu incontrôlable, on dit
01:05:00 "Mais il devait sortir". Attendez, Elion Gabé devait sortir
01:05:02 un an plus tard.
01:05:04 - Et on le savait même
01:05:06 avant, Colonna. - Voilà. Donc tout ça
01:05:08 fait que c'est, voilà,
01:05:10 très très bizarre. - Merci
01:05:12 beaucoup, en tout cas, François Pupponi. Vous restez
01:05:14 avec nous dans un instant.
01:05:16 Le coup de projecteur
01:05:18 des vraies voix sur ces élections européennes,
01:05:20 avec un sondage, Ipsos, mené
01:05:22 dans 18 pays d'Europe, qui montre
01:05:24 qu'un député sur 5 pourrait représenter
01:05:26 l'extrême droite au futur Parlement
01:05:28 européen. - Alors, parlons vrai,
01:05:30 est-ce qu'outre la France, c'est toute l'Europe qui se
01:05:32 droitise ? La faute à qui ? A l'échec
01:05:34 de l'UE ou aux crises migratoires à répétition ?
01:05:36 Parlons vrai, est-ce que c'est un vote
01:05:38 d'adhésion ou un vote protestataire ?
01:05:40 Européenne, la poussée à droite vous semble-t-elle
01:05:42 inéluctable ? Vous dites "Oui" à 90%.
01:05:44 Vous voulez réagir le 0826 300 300.
01:05:46 - Et Luc Rouband est
01:05:48 avec nous, directeur de recherche CNRS, au
01:05:50 Centre de recherche politique de Sciences Po,
01:05:52 et auteur de ce livre "Les racines
01:05:54 sociales de la violence politique" aux éditions
01:05:56 de l'Aube. Bonsoir, merci d'être
01:05:58 avec nous. Est-ce que finalement, le poids des partis
01:06:00 de droite radicale va-t-il
01:06:02 pouvoir se monnayer très cher
01:06:04 au Parlement européen ?
01:06:06 - Euh... Oui.
01:06:08 - On en parle dans un instant.
01:06:10 - Merci.
01:06:12 - Sud Radio, votre attention
01:06:14 est notre plus belle récompense.
01:06:16 - Merci Sud Radio. - 7h20,
01:06:18 Philippe David, Cécile de Ménibus.
01:06:20 - Dernière ligne droite
01:06:22 des Vrais Voix avec Philippe Bilger,
01:06:24 avec François Puponi et Olivier
01:06:26 d'Artigolle, et bien sûr, ensemble avec
01:06:28 Philippe David jusqu'à 19h,
01:06:30 tout de suite le coup de projecteur des Vrais Voix.
01:06:32 - Les Vrais Voix Sud Radio,
01:06:34 le coup de projecteur des Vrais Voix.
01:06:36 - Quelles conséquences aurait selon vous
01:06:38 la victoire de l'extrême droite le 9 juin ?
01:06:40 - C'est l'enlisement définitif
01:06:42 de l'Union européenne. - Eh bien, je choisis
01:06:44 le rassemblement national sur la liste
01:06:46 de Jordan Bardella. - C'est difficile pour la gauche.
01:06:48 - Nous nous tournons vers des partis qui se désintéressent
01:06:50 complètement de l'Europe. - Pendant plusieurs
01:06:52 années, j'ai été au cœur des institutions
01:06:54 de l'Union européenne et j'ai pu mesurer
01:06:56 l'urgence qu'il y a à agir
01:06:58 contre l'immigration illégale. - Les élections européennes,
01:07:00 c'est une élection proportionnelle à
01:07:02 un tour. Chaque voix compte.
01:07:04 - Un nouveau sondage prédit une
01:07:06 percée inédite de la droite radicale
01:07:08 dans l'élection européenne en juin prochain.
01:07:10 Selon Ipsos, les groupes parlementaires
01:07:12 auxquels appartiennent le RN ou RECON4
01:07:14 pourraient gagner une trentaine de sièges à eux deux.
01:07:16 - Alors, parlons vrai, est-ce qu'outre la France, c'est toute
01:07:18 l'Europe qui se droitise aujourd'hui ?
01:07:20 La faute acquis aux échecs de l'Union
01:07:22 européenne ou aux crises migratoires
01:07:24 en répétition ? Est-ce que pour vous, c'est un vote
01:07:26 d'adhésion ou un vote sanction ?
01:07:28 Et à cette question, Européenne,
01:07:30 la poussée à droite vous semble-t-elle inéluctable ?
01:07:32 Vous dites oui à 90%.
01:07:34 Vous voulez réagir ? Ode attend vos appels
01:07:36 au 0826 300 300.
01:07:38 - Et notre invité ce soir, Luc Rouband, est avec
01:07:40 nous, directeur de recherche CNRS au centre de recherche
01:07:42 politique de Sciences Po et auteur du livre
01:07:44 "Les racines sociales de la violence
01:07:46 politique" aux éditions de l'Aube.
01:07:48 Merci d'avoir accepté notre invitation
01:07:50 Philippe Bilger,
01:07:52 cette percée de la droite radicale.
01:07:54 On y croit ?
01:07:56 - Comment dire ?
01:07:58 Je suis toujours impatient
01:08:00 de poser une question, mais je vais
01:08:02 attendre mon tour,
01:08:04 parce que, évidemment,
01:08:06 j'ai la modestie de considérer
01:08:08 que nos invités en savent plus que nous.
01:08:10 Et c'est le cas.
01:08:12 Mais je me demande si, au fond,
01:08:14 le fait qu'aujourd'hui
01:08:16 il y ait un retour
01:08:18 très clair des nations,
01:08:20 c'est-à-dire une volonté politique
01:08:22 de s'occuper immédiatement
01:08:24 de ce sur quoi
01:08:26 on apprise, je me demande
01:08:28 si ce retour des nations
01:08:30 ne va pas entraîner sur le plan
01:08:32 européen une sorte de
01:08:34 changement radical de vision
01:08:36 qui fera passer l'Europe
01:08:38 non plus seulement comme un
01:08:40 lieu d'espérance, d'ailleurs très largement
01:08:42 démenti, mais
01:08:44 comme un
01:08:46 univers de difficultés
01:08:48 à résoudre. Comme si, au fond,
01:08:50 ça devenait non plus
01:08:52 une sorte d'utopie,
01:08:54 d'ailleurs largement battue
01:08:56 en brèche, mais une sorte de domaine
01:08:58 où le réalisme va l'emporter,
01:09:00 d'où peut-être le retour
01:09:02 de cette droite
01:09:04 européenne et pragmatique.
01:09:06 - Olivier Vertigole.
01:09:08 - On a en effet un sondage,
01:09:10 c'est dans les pages du Figaro,
01:09:12 une projection, on connaît
01:09:14 la situation en France, aujourd'hui les sondages
01:09:16 ont fait l'addition entre les listes
01:09:18 Bardella, les listes Roconquête
01:09:20 et Dupont-Aignan, ça a atteint les 40%.
01:09:22 Ce qui est intéressant dans
01:09:24 l'étude qui a été donnée, c'est que
01:09:26 on est parfois franco-français,
01:09:28 j'ai du mal à regarder au-delà,
01:09:30 mais on voit bien qu'il y a un processus européen,
01:09:32 électoralement,
01:09:34 qui peut amener, en effet, à une poussée
01:09:36 de cette
01:09:38 sensibilité politique,
01:09:40 sans qu'elle ne puisse
01:09:42 peut-être parvenir
01:09:44 à renverser totalement la table
01:09:46 dans les projections qui sont faites
01:09:48 parce qu'une alliance, disons,
01:09:50 social-démocrate, démocratie chrétienne
01:09:52 et droite libérale, disons,
01:09:54 traditionnelle, peut tenir.
01:09:56 Et là où c'est intéressant de réfléchir,
01:09:58 c'est de quoi tout cela est-il le nom ?
01:10:00 Et je pense que c'est multifactoriel.
01:10:02 Il y a bien évidemment
01:10:04 une crise, je pense, vraiment
01:10:06 du projet européen,
01:10:08 de l'imaginaire européen dans ce qu'il peut porter,
01:10:10 de sa capacité à répondre
01:10:12 concrètement à des sujets
01:10:14 qui le sont tout autant. On en a fait l'expérience
01:10:16 avec la crise agricole dans notre
01:10:18 pays. Et puis, je sais qu'on n'aime pas
01:10:20 ce terme-là, mais il y a en effet une question,
01:10:22 si ce n'est identitaire, une question culturelle
01:10:24 sur un débat
01:10:26 qui existe en France et dans d'autres
01:10:28 pays européens sur l'idée,
01:10:30 je vais le résumer comme ça,
01:10:32 quel avenir ? Quel avenir
01:10:34 pour nos sociétés ?
01:10:36 - François Pupolli. - Je pense
01:10:38 qu'effectivement, ce qui se passe, c'est à la fois des
01:10:40 crises dans les États-nations
01:10:42 qui prennent plusieurs formes,
01:10:44 avec des crises économiques, morales, politiques.
01:10:46 Et donc, les gens ne s'y retrouvent
01:10:48 plus avec le personnel politique
01:10:50 traditionnel, historique. Et quand on voit
01:10:52 effectivement, je viens de le dire,
01:10:54 le total des voix possibles
01:10:56 pour l'extrême droite dans notre pays, 40%,
01:10:58 c'est quelque chose
01:11:00 qu'on n'avait jamais imaginé.
01:11:02 - En tout cas, ça veut dire quelque chose.
01:11:04 - C'est révélateur de quelque chose. Et sincèrement,
01:11:06 y compris les projections pour les
01:11:08 prochaines présidentielles,
01:11:10 à trois ans de l'échéance, mais ils commencent
01:11:12 à laisser penser qu'il peut se passer un événement
01:11:14 que personne ne pouvait supposer
01:11:16 réel il y a encore quelque temps.
01:11:18 Et puis,
01:11:20 l'Europe ne s'incarne pas.
01:11:22 L'Europe ne s'incarne pas.
01:11:24 Les différents États,
01:11:26 les populations des États-nationaux
01:11:28 ne comprennent plus ce qui se passe en Europe.
01:11:30 C'est très loin, c'est incompréhensible.
01:11:32 On l'a vu, effectivement, on l'a dit sur la crise
01:11:34 de l'agriculture.
01:11:36 Tous les agriculteurs européens, quasiment, sont en train de se soulever.
01:11:38 Au niveau européen,
01:11:40 on continue les accords
01:11:42 avec des pays, les décisions qui vont mettre en péril
01:11:44 notre agriculture, etc.
01:11:46 Donc, ce décalage fait qu'effectivement,
01:11:48 quand on regarde ce qui se passe dans les pays,
01:11:50 le risque réel d'une droitisation,
01:11:52 pour ne pas dire d'une extrême droitisation
01:11:54 de nos différents
01:11:56 personnages politiques, est réel.
01:11:58 Et donc, on se dit "mais où va-t-on ?
01:12:00 Que se passe-t-il ?
01:12:02 Comment tout ça va finir ? " Et l'inquiétude est réelle.
01:12:04 - Luc Rouband, pour faire le juge de paix
01:12:06 entre Philippe Ligère, Olivier D'Artigolle
01:12:08 et François Puponi, faire la synthèse
01:12:10 un peu à la François Hollande.
01:12:12 - Ecoutez, donc, je vais faire
01:12:14 une synthèse,
01:12:16 mais je vais essayer peut-être de dépasser
01:12:18 la synthèse. C'est-à-dire que, simplement, je dirais deux choses.
01:12:20 J'ai regardé attentivement
01:12:22 les résultats de ce sondage, et c'est quand même
01:12:24 très intéressant de voir qu'effectivement, il y a une poussée
01:12:26 des droits radicals,
01:12:28 mais qu'elles jouent davantage
01:12:30 en faveur, je dirais, d'une forme de
01:12:32 nouveau conservatisme,
01:12:34 plutôt qu'en faveur du populisme. On le voit nettement,
01:12:36 d'après le sondage,
01:12:38 par exemple, la Lega
01:12:40 en Italie serait à la baisse,
01:12:42 alors que Fratelli d'Italia, qui sont
01:12:44 plus modérés, beaucoup plus européens, sont en hausse.
01:12:46 En Pologne,
01:12:48 pardon,
01:12:50 le PIS serait à la baisse,
01:12:52 lui, il est populiste. Donc, en fait, on voit
01:12:54 apparaître, émerger, plutôt, une droite
01:12:56 je dirais, oui, conservatrice.
01:12:58 C'est-à-dire qu'on sort du populisme.
01:13:00 Bon, on part. Ça, c'est un premier point.
01:13:02 Deuxième point,
01:13:04 c'est vrai qu'on va vers le blocage
01:13:06 de l'Union européenne. Pourquoi ? Parce que
01:13:08 tous les scénarios de coalition,
01:13:10 il y a 720 députés européens,
01:13:12 il faut avoir une majorité absolue de 361.
01:13:14 Donc, il y a différents scénarios qui sont envisagés,
01:13:16 notamment dans la note d'Ipsos
01:13:18 pour Euronews.
01:13:20 Mais on voit bien que tous ces scénarios
01:13:22 ne tiennent pas. C'est-à-dire que le seul scénario qui serait
01:13:24 valable serait le scénario
01:13:26 qui associerait à la fois les chrétiens
01:13:28 démocrates du PPE, qui restent
01:13:30 très puissants, le premier groupe, avec
01:13:32 les socialistes et les progressistes,
01:13:34 qui restent aussi très puissants, c'est le deuxième groupe,
01:13:36 et avec Renew Europe,
01:13:38 c'est-à-dire le centre droit. Bon,
01:13:40 on va dire un machin qui serait
01:13:42 très centriste,
01:13:44 voilà. Sinon,
01:13:46 ce serait la coalition française peut-être faite
01:13:48 par Macron depuis 2017, mais au niveau européen
01:13:50 en clair. - Oui, sauf avec les socialistes.
01:13:52 - Il y a eu beaucoup de socialistes qui ont rallié
01:13:54 Macron aussi. - Oui.
01:13:56 - Sans doute peut-être avec le même succès, c'est-à-dire
01:13:58 qu'on arriverait à du en même temps,
01:14:00 et ça, au niveau de l'Europe,
01:14:02 maintenant, ça va vraiment être problématique,
01:14:04 parce qu'il va falloir prendre un certain nombre de décisions
01:14:06 concernant à la fois l'environnement,
01:14:08 les grandes politiques agricoles,
01:14:10 la relation à l'OTAN, etc.
01:14:12 Donc, problème de blocage,
01:14:14 problème de coalition,
01:14:16 et c'est vrai, blocage aussi
01:14:18 pour les groupes, que ce soit
01:14:20 le groupe Identité et Démocratie,
01:14:22 donc de droite radicale,
01:14:24 auquel appartient le Rassemblement
01:14:26 national, qui va certainement progresser,
01:14:28 qui va prendre plus ou moins le contrôle de ce groupe
01:14:30 au niveau du Parlement européen,
01:14:32 et aussi
01:14:34 blocage du côté du deuxième groupe,
01:14:36 c'est-à-dire les conservateurs et réformistes
01:14:38 européens, où vous trouvez
01:14:40 notamment
01:14:42 d'autres forces
01:14:44 extrêmes de droite ou de droite radicale.
01:14:46 Donc, il y aura un blocage, c'est-à-dire un mécontentement
01:14:48 général, et ça, c'est un vrai problème,
01:14:50 parce que ça, c'est l'amorce
01:14:52 d'une forme de rejet
01:14:54 plus général encore de l'Union européenne,
01:14:56 l'abandon d'un projet
01:14:58 qui était plus ou moins
01:15:00 fédéraliste à terme,
01:15:02 et qui était plus ou moins propulsé
01:15:04 par Emmanuel Macron, et
01:15:06 dans le fond, le retour peut-être au mieux
01:15:08 sur des programmes intergouvernementaux
01:15:10 européens à l'ancienne,
01:15:12 au pire, vraiment une crise
01:15:14 profonde. Donc, je suis assez pessimiste.
01:15:16 - Philippe Béger. - Luc Rouban,
01:15:18 la distinction que vous faites
01:15:20 et qui voit,
01:15:22 selon vous, plutôt
01:15:24 l'hégémonie, enfin c'est trop dire,
01:15:26 la domination de la
01:15:28 pensée de la vision conservatrice
01:15:30 plutôt que de la conception
01:15:32 populiste, est-ce que
01:15:34 ça veut dire qu'il n'y aura pas
01:15:36 une tendance
01:15:38 qui modifiera
01:15:40 radicalement l'esprit
01:15:42 européen ? Est-ce qu'on
01:15:44 se situera dans le système
01:15:46 d'aujourd'hui avec des aménagements,
01:15:48 mais pas
01:15:50 avec les ruptures que d'aucuns
01:15:52 souhaitaient ?
01:15:54 - Bah, écoutez, moi je ne pense pas
01:15:56 qu'avec de... Si vous voulez, si on
01:15:58 arrive à cette situation qui est envisagée
01:16:00 par un sondage, mais je pense que ce
01:16:02 sondage est fiable et je pense qu'on arrivera à peu près
01:16:04 à cette situation. Mais admettons que cette situation
01:16:06 soit celle qui sera
01:16:08 retenue le 9 juin par les électeurs,
01:16:10 il faut bien comprendre qu'on va
01:16:12 arriver à une solution, je dirais,
01:16:14 de bisaller, c'est-à-dire qu'en fait
01:16:16 il n'y aura pas une réinvention de l'Europe,
01:16:18 on n'aura pas un éclatement de l'Europe,
01:16:20 mais on aura beaucoup de questions
01:16:22 qui restent moins suspentes, et je
01:16:24 pense que... Alors, le problème de fond,
01:16:26 si vous voulez, c'est que ces élections
01:16:28 européennes, c'est le résultat, c'est
01:16:30 je dirais le point terminal
01:16:32 de tout un processus électoral
01:16:34 qui se joue
01:16:36 pays par pays, mais avec
01:16:38 des considérations très différentes
01:16:40 concernant les relations de chaque pays avec
01:16:42 l'Europe. Donc en fait, derrière, il n'y a pas
01:16:44 de conception unique. Donc déjà au niveau des
01:16:46 électeurs, parce que si vous voulez, par exemple, les Allemands, eux,
01:16:48 ils sont très intéressés par les
01:16:50 accords de libre-échange, le CETA, etc.,
01:16:52 parce qu'ils vont vendre des Mercedes, ils vont vendre des BMW,
01:16:54 nous, c'est un vrai problème pour les
01:16:56 agriculteurs, donc vous voyez, je prends
01:16:58 un exemple concret, mais là, on a des
01:17:00 différences de politique publique très importantes,
01:17:02 et puis, je dirais en termes aussi de
01:17:04 culture, je dirais
01:17:06 on voit bien les problèmes de ce qu'on
01:17:08 appelait la démocratie libérale, illibérale,
01:17:10 en Hongrie ou en Pologne, etc.,
01:17:12 par rapport à la culture très libérale
01:17:14 qui est celle de l'Union Européenne.
01:17:16 Donc vous voyez, il y a toutes sortes d'enjeux par derrière
01:17:18 qui font que l'Europe ne veut pas dire la même
01:17:20 chose d'un pays à l'autre. Et,
01:17:22 de surcroît, les électorats
01:17:24 de droite conservatrice ou populiste
01:17:26 ne sont pas les mêmes d'un pays
01:17:28 à l'autre. Nous, ce qui se passe en France,
01:17:30 c'est que l'électorat du RN,
01:17:32 c'est largi, touche davantage les classes moyennes,
01:17:34 les classes supérieures, quitte
01:17:36 la sphère du populisme, pour prendre la place
01:17:38 si vous voulez, d'un grand parti conservateur.
01:17:40 Et bien, ce n'est pas le cas dans tous les pays.
01:17:42 Voilà. En plus, voilà.
01:17:44 - Pardon, Lucroban, parce que ça sonne
01:17:46 au standard 0,826, 300, 300
01:17:48 et il y a des réactions, celle de Bernard
01:17:50 qui nous appelle de Mont-de-Marsan. Bonsoir Bernard.
01:17:52 - Oui, bonsoir.
01:17:54 Bonsoir à vous tous.
01:17:56 Je voulais simplement dire que
01:17:58 une montée et peut-être
01:18:00 une victoire de la
01:18:02 droite extrême
01:18:04 où,
01:18:06 me paraît, moi, être
01:18:08 mathématiquement
01:18:10 inéluctable. Uniquement
01:18:12 parce que les partis
01:18:14 d'origine dit de gouvernement,
01:18:16 que ce soit les partis de gauche
01:18:18 ou que ce soit la droite traditionnelle,
01:18:20 ont totalement, totalement
01:18:22 failli au cours des 40 dernières
01:18:24 années. Tout ça parce
01:18:26 que la gauche, bon, c'est une politique
01:18:28 que je considère comme étant
01:18:30 mauvaise
01:18:32 à cause d'un système
01:18:34 de planification, à cause d'un
01:18:36 système de volonté de répartir
01:18:38 les richesses de manière
01:18:40 stupide parce que egalitariste
01:18:42 et que la droite a supporté
01:18:44 le magistère de la gauche depuis
01:18:46 50 ans, sans oser rien dire.
01:18:48 - On va faire répondre Olivier d'Artigolle, forcément.
01:18:50 Vous vous sentez concerné, non ?
01:18:52 - Non, pas du tout. La droite
01:18:54 a autant été aux affaires sur les 30 dernières
01:18:56 années dans notre pays que la gauche.
01:18:58 Mais pour revenir, c'était très intéressant
01:19:00 sur la lecture et le décryptage donné par Luc Rouband
01:19:02 sur le fait que ces partis
01:19:04 qui bénéficient de ce climat
01:19:06 politique, social, de crise démocratique
01:19:08 à plusieurs niveaux
01:19:10 ne forment pas un bloc homogène.
01:19:12 - Alors Luc Rouband... - Que ce soit
01:19:14 dans notre pays ou à l'échelle européenne.
01:19:16 Et on n'y trouve pas que des partis
01:19:18 populistes au sens tel qu'on peut le trouver.
01:19:20 Il y a aussi des partis de gouvernement.
01:19:22 Regardez l'itinéraire de Mélanie.
01:19:24 L'itinéraire de Mélanie, ça n'est pas l'itinéraire
01:19:26 d'une marine Le Pen dans notre pays.
01:19:28 Ce qui est intéressant de voir,
01:19:30 c'est la capacité qu'auront ces
01:19:32 deux groupes, parce qu'en fait il s'agit de
01:19:34 deux groupes, de créer par-delà
01:19:36 leur divergence à l'échelle des
01:19:38 nations et à l'échelle européenne,
01:19:40 des synergies ou pas.
01:19:42 Parce que pour l'instant c'est plutôt à couteau tiré.
01:19:44 - Luc Rouband, pour répondre à Bernard
01:19:46 de Monde Martien et Olivier d'Artigolle de Pau.
01:19:48 Ça reste dans le Sud-Ouest.
01:19:50 - Pour répondre, alors,
01:19:52 d'abord à Bernard, très simplement,
01:19:54 je pense que toutes les enquêtes montrent
01:19:56 une progression très forte du Rassemblement
01:19:58 national. Et c'est vrai, effectivement,
01:20:00 quand on rajoute
01:20:02 les électorats de Reconquête et
01:20:04 l'électorat aussi de Debout la France,
01:20:06 on arrive pratiquement à des 8 de 40%.
01:20:08 C'est-à-dire en fait le score de Marine Le Pen au second tour
01:20:10 de l'élection présidentielle de 2008.
01:20:12 Mais ça veut dire que cette force, ça s'est quand même
01:20:14 stabilisé. Et que là, et...
01:20:16 Alors derrière, ce qui est très intéressant
01:20:18 quand même de noter aussi dans les enquêtes,
01:20:20 c'est la remontada
01:20:22 de la social-démocratie. Donc,
01:20:24 une gauche qui se différencie de la France insoumise
01:20:26 avec la liste Glucksmann
01:20:28 qui est environ de 12% actuellement.
01:20:30 Et ça, c'est le signe
01:20:32 de la décomposition électorale du macronisme.
01:20:34 Si vous voulez, les anciens électeurs
01:20:36 macronistes qui commencent maintenant à se dire
01:20:38 de gauche, qui laissent tomber,
01:20:40 qui disent "bon le macronisme est trop à droite,
01:20:42 donc on va revenir à une forme, mais une forme plus
01:20:44 acceptable que les filles qui tombaient un peu trop
01:20:46 dans la caricature et dans la violence, au moins verbale".
01:20:48 Donc si vous voulez, je pense que là
01:20:50 il y a quand même quelque chose qui est en train de se jouer
01:20:52 qu'on ne doit pas négliger en France.
01:20:54 Mais la situation française, c'est la situation française.
01:20:56 Le problème c'est qu'ailleurs, ce n'est pas la même chose.
01:20:58 Donc, et pour répondre
01:21:00 ensuite à M. D'Artigolle,
01:21:02 c'est vrai que le gros problème,
01:21:04 c'est que quand vous êtes souverainiste, vous défendez avant tout
01:21:06 votre pays. Alors ça devient très très difficile
01:21:08 de s'entendre avec les autres
01:21:10 sur une plateforme commune
01:21:12 au niveau européen.
01:21:14 Parce que bien sûr, vous direz "ah bah oui d'accord,
01:21:16 mais toi tu défends les intérêts de la France,
01:21:18 bah oui mais moi je suis hollandais,
01:21:20 ou moi je suis allemand, je suis d'AfD allemande
01:21:22 par exemple". Bon, c'est pas du tout
01:21:24 le même problème. Donc, on a
01:21:26 une arrivée massive d'immigrants en Allemagne,
01:21:28 et en ce moment, si vous voulez, en Allemagne
01:21:30 on voit bien dans les enquêtes qu'on a menées au Césipov
01:21:32 notamment, que la situation a
01:21:34 beaucoup empiré sur le plan politique. Et que Scholl
01:21:36 est vraiment critiqué très fortement maintenant.
01:21:38 Donc le consensus du Sallemant est en train de se défaire.
01:21:40 Donc si vous voulez,
01:21:42 il y a des enjeux internes dans chaque pays,
01:21:44 et là c'est vrai que pour les souverainistes,
01:21:46 quand on est souverainiste, on est pour son pays.
01:21:48 Donc se mettre d'accord au niveau global
01:21:50 européen, ça va être quand même très très dur.
01:21:52 C'est pour ça que je dis qu'il y aura un double blocage,
01:21:54 blocage en termes de coalition, parce que
01:21:56 il ne faut pas oublier les grands groupes,
01:21:58 stratégiques démocrates et socialistes,
01:22:00 qui perdent un peu de terrain mais pas beaucoup.
01:22:02 Et donc, on va se retrouver
01:22:04 effectivement dans une situation,
01:22:06 un, de blocage en bas, et deux, de blocage
01:22:08 en haut, en quelque sorte, au niveau des
01:22:10 partis souverainistes, qui n'arriveront peut-être pas à s'entendre entre eux.
01:22:12 - Merci mille fois,
01:22:14 Luc Rouband,
01:22:16 directeur de recherche CNRS et au centre
01:22:18 de recherche politique de Sciences Po, et auteur de ce livre
01:22:20 qu'on vous incite à lire,
01:22:22 "Les racines sociales de la violence politique", aux éditions
01:22:24 de l'Aube. Merci mille fois
01:22:26 d'avoir été avec nous. Merci,
01:22:28 Philippe Bilger, on vous retrouve demain. Merci François Pupponniou,
01:22:30 on vous retrouve très vite. Merci Olivier
01:22:32 Martigolle, le râleur.
01:22:34 À mercredi prochain !
01:22:36 - Une semaine pour me préparer !
01:22:38 - Aujourd'hui, il a été calme !
01:22:40 - Vous restez avec nous dans un instant,
01:22:42 on va vous parler d'écologie, des solutions
01:22:44 concrètes. 75 innovations
01:22:46 pour la sortie du livre d'Eric
01:22:48 de Ritmaten, qui sera avec nous dans quelques
01:22:50 instants, et avec Brice Lalonde.
01:22:52 A tout de suite !
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