- il y a 2 ans
Avec Eric de La Chesnais, journaliste au Figaro, agriculteur en Mayenne ; Nicolas Vidal, fondateur de Putsch Média et auteur de "Lettre aux autruches et aux tubes digestifs" publié aux éditions Putsch ; Emmanuel de Richoufftz, ancien général et essayiste ; Catherine Bréchignac, ancienne présidente du CNRS, auteure de "La force de nos racines" publié aux éditions du Cerf.
Retrouvez Bercoff dans tous ses états avec André Bercoff du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS-2024-01-30##
Retrouvez Bercoff dans tous ses états avec André Bercoff du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS-2024-01-30##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00 [Musique]
00:00:02 Sud Radio, Bercov dans tous ses états.
00:00:04 [Musique]
00:00:06 La parole à la ministre Céline Tellier, c'est pas simple.
00:00:09 Je vous avoue que ici ce sont même des oeufs qui volent à l'instant.
00:00:12 Ici nous sommes sur un blocage au niveau de la Belgique avec nos amis français.
00:00:16 Juste à la frontière, ici on retrouve des oeufs provenant d'Ukraine.
00:00:20 Avec des normes qui ne sont même pas légales, ça c'est scandaleux.
00:00:23 Je vais tout casser.
00:00:24 [Musique]
00:00:25 Nous sommes en guerre, dit Emmanuel Macron.
00:00:28 Alors il n'y a pas d'avenir.
00:00:30 Est-ce qu'il y a d'avenir sur la terre tout cassé ?
00:00:32 Alors qu'est-ce qui se passe ?
00:00:33 Pas d'avenir pour l'agriculture.
00:00:35 Qu'est-ce qu'on veut ? On veut qu'ils deviennent comme les Indiens d'Amérique.
00:00:39 C'est ça, une espèce en voie de disparition.
00:00:42 Mais non, pas du tout, pas du tout, pas du tout.
00:00:44 On les défend.
00:00:45 Mais où on en est ?
00:00:46 Eh bien on va faire le point.
00:00:47 On va faire le point avec deux journalistes.
00:00:50 Avec deux journalistes qui sont sur le terrain, qui suivent notre ami Nicolas Vidal de Pooch
00:00:55 évidemment, qui a depuis quelques semaines ratissé le Sud-Ouest et qui va nous en parler.
00:01:01 Et le Sud-Est aussi en tout cas, va nous en parler.
00:01:05 Et nous avons Éric Delacheney.
00:01:06 Éric Delacheney est journaliste au Figaro.
00:01:09 Il est agriculteur lui-même.
00:01:11 Et c'est vrai, on va essayer encore une fois, dans cette période très tendue évidemment,
00:01:18 et on le comprend, d'essayer d'interpréter, de décrypter avec eux ce qui se passe.
00:01:24 Et comme vous le savez ici, on va continuer en toute liberté bien sûr.
00:01:28 Et puis, nous allons parler évidemment de tout ce qui se passe avec le général de
00:01:35 Richoufs, l'ex-général de Richoufs, qu'on a appelé le général des banlieues.
00:01:39 Il va nous raconter ce qui s'est passé effectivement pour un de ses adjoints, un collaborateur
00:01:45 avec lui, un animateur, qui a subi un tabassage en règle.
00:01:51 On l'avait reçu il y a un an.
00:01:52 Et le général de Richoufs va nous raconter, parce qu'aujourd'hui évidemment, un guéguerre
00:01:57 chasse l'autre, un affrontement chasse l'autre.
00:01:59 On ne parle moins de la banlieue, mais elle est toujours là, et pas seulement la banlieue.
00:02:04 Et puis alors, merveilleux, il faut féliciter nos sénateurs qui se sont adjugés 700 euros
00:02:10 supplémentaires de frais de mandat.
00:02:13 C'est bien, c'est bien, en ce moment c'est vrai.
00:02:14 Les députés c'était 350, les sénateurs, qui s'estiment peut-être nettement supérieurs
00:02:19 aux députés, ou en tout cas c'est une autre place.
00:02:21 Voilà, c'est la première et la seconde, 700 euros.
00:02:24 Et puis nous allons recevoir une grande physicienne, qui a été présidente du CNRS, Catherine
00:02:32 Brechignac, qui a écrit des livres remarquables, dont "Retour vers l'obscurantisme", et qui
00:02:37 raconte une histoire, on a l'impression que c'est une histoire passée, mais elle est tellement
00:02:41 présente, la force de nos racines.
00:02:43 Qui sommes-nous ? Est-ce qu'il n'est pas le temps de ne pas oublier complètement les
00:02:48 racines, comme on nous force à nous oublier ? Qu'elles soient terrestres, qu'elles soient
00:02:52 culturelles, qu'elles soient identitaires, nos racines, c'est quoi ? On va en parler
00:02:58 avec Catherine Brechignac, à tout de suite.
00:03:00 Sud Radio, votre attention est notre plus belle récompense.
00:03:04 C'est vraiment agréable d'entendre une radio aussi joyeuse, même que ce soit 7h du matin
00:03:08 et le soir, c'est excellent.
00:03:10 Sud Radio, parlons vrai.
00:03:12 Ici Sud Radio.
00:03:16 Les Français parlent au français.
00:03:21 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:03:24 Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:03:27 Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
00:03:30 Et qu'est-ce qui se passe quand on a un tout petit peu et un peu beaucoup, ras-le-bol, de
00:03:36 ces normes environnementales, de ces normes, de ces normes, qui quand même, à force de
00:03:41 s'accumuler, font qu'une profession entière se demande si elle va encore survivre.
00:03:46 On en parle.
00:03:48 Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
00:03:52 Le fait du jour.
00:03:53 Oui, c'est bien, c'est bien sur un rythme de salsa ou de mambo, mais franchement, on
00:03:59 en a marre et un certain nombre de gens en ont marre pour des raisons qui ne les amènent
00:04:03 pas à danser ou du moins à danser autrement.
00:04:06 Mais auparavant, mais auparavant, apparemment, je me suis laissé dire qu'il ne fait pas
00:04:11 bon être ministre de l'Environnement en ce moment dans certains contrées.
00:04:15 Par exemple, regardez ce qui s'est passé hier en Belgique avec la ministre valente
00:04:21 de l'Environnement, Céline Tellier, qui est venue voir les agriculteurs.
00:04:25 Oui, pour leur parler, la ministre valente de l'Environnement, elle était sur le blocage
00:04:30 autoroutier de l'échangeur de dossous et elle a essayé de parler, elle a essayé de
00:04:35 parler aux agriculteurs.
00:04:36 D'ailleurs, c'est Nicolas Vidal qui nous a envoyé cette vidéo.
00:04:41 Regardez.
00:04:42 D'abord, la parole à la ministre Céline Tellier, c'est pas simple.
00:04:46 Je vous avoue qu'ici, ce sont même des oeufs qui volent à l'instant.
00:04:49 Vous croyez, madame Tellier, c'est un peu un monde agricole que vous affrontez, presque,
00:04:55 en ce moment.
00:04:56 Alors, on va parler comme ça, entre nous.
00:04:58 Il y a des émissions, c'est ce qui est hurlé en ce moment, c'est pas l'accueil que vous espériez.
00:05:02 Je pense qu'ils ont une colère qui est très forte par rapport à des enjeux européens
00:05:08 de libre-échange, des mises en concurrence déloyales avec une agriculture qui est beaucoup
00:05:13 moins respectueuse de l'environnement.
00:05:15 Et donc, on va pouvoir entendre, effectivement, cette colère qui est surtout adressée par
00:05:19 rapport à cela.
00:05:20 Et en tout cas, je suis venue ici à leur écoute et dès demain, on sera en discussion
00:05:24 avec les syndicats agricoles autour de la table pour trouver des solutions concrètes.
00:05:28 - Alors, je veux juste qu'on me dise clairement, si on a bien compris ce que disait la ministre,
00:05:32 il y a un pétard qui va exploser dans la seconde.
00:05:35 Vous, vous nous comprenez.
00:05:37 On dit que vous nous entendez bien, c'est très bien.
00:05:39 Je vous avoue qu'ici, on a un peu de mal.
00:05:41 Madame la ministre, vous avez...
00:05:43 Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:05:45 Vous devez y aller ?
00:05:47 - Vous devez y aller, oui, oui.
00:05:50 Si on avait envie de ricaner, on dirait Vol des Eaux au-dessus d'Anit Koukou.
00:05:53 C'est pas évident, tout ça.
00:05:55 Puisqu'on parle de, de OUFS, bien sûr, de, de Poules,
00:06:01 eh bien avant de faire parler nos deux interlocuteurs, je voudrais qu'ils écoutent autre chose.
00:06:06 Qu'ils écoutent ce qui s'est passé également à Belgique.
00:06:10 Voyez, aujourd'hui, c'est la Belgique où on a arrêté un camion
00:06:15 et écoutez qu'elle-même, sa voix, son pesant, je dirais, son pesant de cocotte.
00:06:22 - Bonjour à toutes, bonjour à tous. Action en cours.
00:06:25 La dernière minute du côté de Bouillon, entre Sedan et Bouillon.
00:06:29 Vous savez qu'il y a un barrage filtrant organisé par les jeunes agriculteurs belges.
00:06:35 Et là, ils ont intercepté un camion, apparemment en provenance d'Ukraine.
00:06:41 - Ici, nous sommes sur un blocage au niveau de la Belgique, avec nos amis français,
00:06:45 juste à la frontière. Et ici, on retrouve des oeufs provenant d'Ukraine, classe A.
00:06:50 Donc, classe A, c'est quand même une bonne classe. Non conforme, alors, ce qu'on peut lire,
00:06:54 mode d'élevage non conforme aux normes CE. Et le produit s'en va ici, sur la France.
00:06:59 Est-ce que c'est pas scandaleux, quand on voit tous nos éleveurs qui sont avec des lois
00:07:04 et des normes scandaleuses que l'élevage doit être mis en avant et tout ça.
00:07:08 Et ici, on se retrouve avec des produits qui viennent d'Ukraine,
00:07:10 qui n'est déjà pas dans le pays de l'Europe et qui s'en va dans le pays européen.
00:07:15 Allez, avec des normes qui ne sont même pas légales. Ça, c'est scandaleux.
00:07:19 Voilà, on le voit, il y a eu d'ailleurs un article très récemment, de Figaro aussi,
00:07:24 qui dit "Betrave, poulet, céréales, pourquoi les agriculteurs français dénoncent une concurrence déloyale ?
00:07:29 Ils ne cessent de dénoncer le monde paysan,
00:07:32 incarquant de normes qui les pénalisent par rapport aux producteurs étrangers.
00:07:35 Des produits importés qui se retrouvent in fine dans nos assiettes."
00:07:39 Eric de Lacheney, bonjour.
00:07:41 - Bonjour André Bercoff, je suis ravi de vous retrouver un mois plus tôt que d'habitude.
00:07:46 D'habitude, on se croise au salon de l'agriculture et là, le thème agricole prend de l'avance.
00:07:52 - Oui, ravi de vous retrouver aussi. Vous êtes journaliste au Figaro, mais vous êtes aussi agriculteur.
00:07:56 Vous êtes même un Mayenne. Et bonjour Nicolas Vidal, vous êtes fondateur de Putsch Media et auteur,
00:08:01 je le rappelle, de "Lettres aux autruches et aux tubes digestifs", un livre que nous recommandons bien sûr.
00:08:07 - Bonjour André. - Bonjour.
00:08:09 Eric de Lacheney, alors, ce qui se passe, parce que beaucoup, on voit très très très bien,
00:08:14 on avait beaucoup de vidéos, d'ailleurs vous les avez vues aussi,
00:08:17 que cette espèce d'extraordinaire deux poids deux mesures sur les normes,
00:08:23 sur ce qui se passe par rapport aux règles européennes les plus strictes,
00:08:28 je ne parle même pas du glyphosate autorisé par l'Union Européenne,
00:08:32 mais que la France a interdit depuis 2019, etc.
00:08:35 Au fond, est-ce que c'est une des sources principales, Eric de Lacheney, du malaise que nous connaissons aujourd'hui ?
00:08:42 - Ça explique en partie le soulèvement des paysans en Europe.
00:08:48 À l'heure actuelle, il y a 12 pays qui sont dans le conflit,
00:08:52 souvent parce que le mal à la racine est le même.
00:08:56 On a des fonctionnaires européens, des technocrates,
00:09:01 qui prennent des décisions pour des agriculteurs qui sont sur le terrain,
00:09:06 sans tenir compte de la spécificité de chaque pays, surtout dans chaque pays de chaque territoire.
00:09:12 L'agriculture du sud-ouest n'a pas les mêmes attentes que celle de l'est de la France.
00:09:18 Certes, il y a un tronc commun dans les demandes qui porte sur le prix partout en France,
00:09:24 et tous les syndicats agricoles demandent un prix rémunérateur.
00:09:29 Mais après, il y a des spécificités qui divergent,
00:09:34 suivant que vous êtes dans le nord, dans le sud ou dans l'est de la France.
00:09:38 - Alors, Eric Delageney, juste un mot, vous êtes toujours agriculteur ?
00:09:45 - Oui, je suis exploitant agricole en Mayenne, je vends du foin.
00:09:50 Donc j'ai rationalisé, parce que je ne peux pas être journaliste et je ne pourrais pas être éleveur.
00:09:54 Avant, il y avait des animaux, il y avait des rouges-déprés sur la ferme,
00:09:58 et des normandes pour la viande et les normandes pour le lait.
00:10:02 Mais non, le système est rationalisé à sa plus simple expression.
00:10:08 Et même, à sa plus simple expression, parce que je n'aime pas parler de mon cas,
00:10:14 mais juste pour exprimer le malaise actuel, même à sa plus simple expression,
00:10:18 je passe une matinée avec le centre de gestion à faire la déclaration PAC.
00:10:22 C'est devenu mes casse-caillats. Casse-caillats.
00:10:26 C'est plus de 30 pages.
00:10:29 - Beaucoup se plaignent de ça.
00:10:32 - Et on calcule qu'il faut un jour, on passe un jour par semaine à faire de l'administratif,
00:10:37 parce qu'il n'y a pas que la PAC, il y a la déclaration des Beauvins à Capon.
00:10:41 Je ne vais pas en détailler, mais c'est ça qu'ont assez tous les agriculteurs.
00:10:46 Et là, ça touche tous les agriculteurs de France.
00:10:49 Et ils en ont assez aussi d'être traités comme des délinquants,
00:10:52 dès qu'ils veulent faire une réserve collinière, notamment dans le Sud-Ouest,
00:10:57 c'est important pour l'irrigation du maïs.
00:10:59 Et j'en profite de saluer M. Laborde, si il m'entend, le directeur de la GPM,
00:11:03 le président de la GPM, qui était sur les barrages, notamment à Pau.
00:11:07 Eh bien, on leur tombe dessus, parce que face à eux,
00:11:11 ils ont des adversaires très bien armés sur le terrain juridique,
00:11:15 qui, eux, ont le temps, puisqu'ils n'ont que ça à faire,
00:11:18 pas de décortiquer les textes dans les bureaux,
00:11:21 alors que, normalement, quand vous êtes agriculteur,
00:11:23 la paperasse, ça doit être secondaire.
00:11:25 - Bah oui, surtout avec tout ce qu'il y a à faire entre les bêtes,
00:11:28 entre le foin, entre... enfin, tous les domaines.
00:11:32 Nicolas Vidal, bonjour.
00:11:33 Nicolas Vidal, vous, vous étiez sur le terrain, là, récemment.
00:11:37 Vous étiez où et vous avez suivi ?
00:11:39 Racontez-nous qui vous avait suivi.
00:11:41 - Récemment, André Bercoff, j'étais sur Montpellier,
00:11:44 il y a eu une très grosse mobilisation, la semaine dernière,
00:11:46 sur Montpellier, où tous les agriculteurs de l'héros,
00:11:48 et plus largement, sont venus sur Montpellier.
00:11:50 D'ailleurs, à cette idée-là, il y avait tellement de monde, en fait,
00:11:54 que tous les agriculteurs ont été détournés vers d'autres points de blocage à Montpellier,
00:11:58 parce que les forces de l'ordre ont été absolument dépassées
00:12:00 par le nombre de tracteurs André Bercoff.
00:12:02 Je vous assure, j'étais dans les cortèges depuis 6h du matin,
00:12:05 et au PH de Saint-Jean-des-Dazs, c'était absolument colossal,
00:12:08 en termes de tracteurs, de détermination de ces agriculteurs.
00:12:12 Il y avait toutes les professions, franchement,
00:12:14 il y avait du céréalier, il y avait du viticulteur,
00:12:16 il y avait du producteur, et c'était colossal.
00:12:18 Et ensuite, donc, il y a eu des barrages,
00:12:20 j'ai suivi jusqu'à la 709, blocage à 709,
00:12:23 et je suis allé ce week-end, vous le savez,
00:12:25 sur le point de blocage de la 9, cette fois-ci, à Nîmes,
00:12:28 où, je peux vous assurer, André Bercoff,
00:12:30 que nos agriculteurs nîmois, qui sont extrêmement déterminés,
00:12:33 d'ailleurs, ils mènent des actions tous les jours,
00:12:35 des actions très très fortes, contre notamment les centrales,
00:12:40 Lidl aussi, Aldi, donc on voit une très très grande détermination.
00:12:44 Et ce qui est intéressant, c'est que, vous voyez, André Bercoff,
00:12:47 on n'en voulait pas en parler, mais ça fait quand même 4-5 jours
00:12:49 dans les médias de Grand Chemin,
00:12:51 on commence à parler des accords de libre-échange,
00:12:53 on commence à parler de la mondialisation.
00:12:55 Pourtant, au début, on nous a fait le coup des gilets jaunes,
00:12:57 d'une part, les revendications sont disparates,
00:12:59 et puis après, on nous a mis le petit couvercle sur le normatif,
00:13:02 sur les normes, dont par Eric Delacheney.
00:13:04 Et la réalité, c'est que maintenant, ce qui est en train d'éclater au grand jour,
00:13:07 et vous avez bien fait de diffuser la vidéo
00:13:09 de cet être ministre de l'agriculture belge,
00:13:11 c'est-à-dire qu'il éclate quoi au grand jour ?
00:13:13 Il éclate la grande escroquerie de la mondialisation,
00:13:16 du libre-échange et de l'Union Européenne.
00:13:18 Parce qu'il faut toujours dire que quand
00:13:20 ces agriculteurs sont en train de manifester,
00:13:22 revendiquer légitimement, bien entendu très légitimement,
00:13:25 et d'ailleurs, je pense qu'ils ont mis beaucoup de temps à sortir,
00:13:27 mais c'est comme ça, vous savez, c'est les gouttes d'eau des révoltes populaires.
00:13:30 La réalité, c'est que quand j'entends nos journalistes, éditorialistes,
00:13:33 pas ici, bien entendu, sur les Grandes Chaines,
00:13:35 nous expliquer qu'il faut, vous imaginez,
00:13:37 il faut attendre le Conseil Européen de jeudi
00:13:39 pour savoir ce qui va se passer.
00:13:40 Vous imaginez à quel point nous en sommes rendus dans ce pays,
00:13:43 c'est-à-dire qu'on a été dépossédés, et on s'est dépossédés,
00:13:46 c'est-à-dire que c'est l'ordre qui décide.
00:13:48 Mais dites juste un mot, Nicolas Vidal,
00:13:51 avant de repartir de la parole à Eric Blachéné.
00:13:53 Libre-échange, oui, mais dites-moi, on peut vous répondre,
00:13:56 oui, mais attendez, libre-échange, ça va dans les deux sens,
00:13:59 puisque ça permet aussi aux agriculteurs français d'exporter.
00:14:03 Le libre-échange n'est pas dans un seul sens.
00:14:06 Que dites-vous à ça ?
00:14:07 Est-ce que ça ne profite pas aux deux parties ?
00:14:10 Alors je sais que tout le monde s'en plaint,
00:14:11 évidemment, des poulets d'Ukraine, de l'Islande, du Chili,
00:14:15 et du Mercosur, mais...
00:14:18 Premier élément de réponse, ce qu'on appelle la surtransposition,
00:14:21 c'est-à-dire que les normes européennes,
00:14:23 les normes françaises se surtransposent aux normes européennes,
00:14:26 c'est-à-dire que les agriculteurs français sont littéralement écrasés,
00:14:29 écrasés de normes, ensuite, bien entendu,
00:14:32 donc ça fait une distorsion également de normes,
00:14:34 et donc de prix également,
00:14:36 et puis aussi, si cette Union européenne
00:14:38 voulait avoir une harmonisation sociale,
00:14:41 quitte des conditions du travail, quitte du coût du travail, voyez-vous,
00:14:44 c'est-à-dire entre plusieurs pays de l'Union européenne,
00:14:46 ce que j'appelle l'espace économique, bien entendu, et brutal,
00:14:49 et bien vous n'avez pas les mêmes conditions de travail,
00:14:51 donc tout ceci finalement est au désavantage de qui ?
00:14:54 Au désavantage de la France, et je finis aussi par là, notamment,
00:14:58 il faut quand même savoir, il faut quand même que nos éducateurs le sachent,
00:15:01 la Commission européenne a compétence exclusive
00:15:04 sur la signature des traités, c'est absolument un scandale,
00:15:07 mais ça, ça a éclaté au grand jour.
00:15:09 Compétence exclusive, vous dites ?
00:15:10 Bien sûr, c'est le TFUE,
00:15:13 il faut dire ce traité formidable,
00:15:15 qui est un des centres importants de la Commission européenne
00:15:19 et de cet espace économique,
00:15:20 parce que pour moi ce n'est qu'un espace économique,
00:15:22 où il y a des concurrences et des gagnants et des perdants,
00:15:24 et donc on se retrouve là-dedans, où franchement,
00:15:27 on ne peut pas gagner,
00:15:29 on a été dépouillé délibérément par notre classe politique,
00:15:32 et pas qu'Emmanuel Macron,
00:15:33 parce que quand je vois les Républicains venir pleurer sur le sort des agriculteurs
00:15:36 alors qu'ils ont violé le franc-saint en 2008 sur le traité constitutionnel,
00:15:39 je rigole sous cap, cher André Bercov, voyez-vous,
00:15:42 mais je veux dire, par là, les agriculteurs français ne peuvent pas gagner
00:15:46 et sont voués à une véritable euthanasie de l'agriculture française.
00:15:50 Alors, vous allez jusqu'à ce point,
00:15:53 est-ce que vous êtes en accord ou pas avec Nicolas Vidal, Éric Delachenet ?
00:15:57 Par rapport à ce que dit Nicolas Vidal,
00:16:00 je souscris à 80%,
00:16:02 par contre, je mettrais un bémol sur les accords de libre-échange,
00:16:06 parce que, comme vous l'avez dit André Bercov,
00:16:08 effectivement, ça va dans les deux sens,
00:16:10 si on coupait le marché européen et on remettait des droits de douane
00:16:14 et qu'on allait au protectionnisme,
00:16:16 regardez les Anglais, ils s'en mordent les doigts.
00:16:18 Donc, je ne pense pas que ce soit la solution.
00:16:20 Je pense qu'il faut absolument examiner chaque accord de libre-échange,
00:16:26 vous en avez évoqué un,
00:16:28 moi je pense à un qui est déjà en action,
00:16:32 qui va être en action, celui de la Nouvelle-Zélande,
00:16:36 et là, c'est dramatique.
00:16:38 Ok, ça va permettre d'augmenter de 30% les échanges,
00:16:42 mais quel type d'échange ?
00:16:44 Dans ces échanges, c'est l'agriculteur qui va être la variable d'ajustement,
00:16:48 et ça, ce n'est pas possible.
00:16:50 On va être obligé d'importer de l'agneau,
00:16:52 on en importe déjà, mais bon, ça suffit comme ça.
00:16:54 Moi, je pense à des paysans qui sont dans la riège,
00:16:58 que j'ai eu au téléphone,
00:17:00 mais qui sont accablés parce qu'ils veulent défendre le pastoralisme,
00:17:02 et non seulement on va leur donner de l'agneau,
00:17:04 on va leur imposer, on va imposer au marché français,
00:17:08 l'agneau de Nouvelle-Zélande.
00:17:10 Oui, qui aura fait 20 000 km, c'est intéressant.
00:17:12 Oui, c'est très intéressant, en équivalent carbone,
00:17:14 c'est un peu totalement contradictoire
00:17:16 avec les mêmes personnes qui prennent ces décisions
00:17:18 sous le signe de la biodiversité de l'écologie.
00:17:22 On passe, tout comme préférer le loup à l'humain et au berger,
00:17:28 là, on est en train de tuer à petit feu le pastoralisme,
00:17:32 et pour un coût de 66 millions,
00:17:34 un coût total de 66 millions,
00:17:36 dont 56 millions d'argent public,
00:17:38 et 10 millions de la poche des bergers,
00:17:42 et des éleveurs de brebis.
00:17:44 Donc, c'est complètement ibu,
00:17:46 c'est absolument.
00:17:48 Avec tout cet argent, on pourrait créer des emplois de bergers,
00:17:50 on pourrait créer des routes pour avoir accès plus facilement,
00:17:54 ou des chemins pour avoir plus facilement accès aux essais.
00:17:58 Donc, ça suffit.
00:18:00 On ne peut pas faire tout et n'importe quoi
00:18:02 dans ces accords de libre-échange,
00:18:04 et les agriculteurs ne peuvent pas être la variable d'ajustement.
00:18:08 - Et il faut dire que l'hôtel...
00:18:10 - Tout à fait.
00:18:12 - Peut-être que cet après-midi,
00:18:14 M. Gabriel Attal va dire "je vous aime, je vous ai compris",
00:18:16 ce qu'il a dit en Occitanie,
00:18:18 il a comparé sa relation à "il faut des droits d'amour",
00:18:20 ben oui, il faut...
00:18:22 Non, moi je pense que les agriculteurs ne sont pas dupes,
00:18:24 peut-être qu'il y en a un qui a été...
00:18:26 - Éric de Lacheney !
00:18:28 - ... à Haute-Garonne, mais le mouvement continue même à Haute-Garonne.
00:18:30 - On va en parler d'un moment qui continue,
00:18:32 on va parler, attendez,
00:18:34 on va avoir une petite interruption,
00:18:36 mais rappelons que l'hôtel du libre-échange
00:18:38 ne veut pas dire une maison de passe.
00:18:40 C'est important.
00:18:42 - A tout de suite sur Sud Radio.
00:18:44 - Sud Radio Bercov dans tous ses états,
00:18:46 midi 14h, André Bercov.
00:18:48 - Ici Sud Radio.
00:18:50 Les Français parlent au français.
00:18:52 Les carottes sont cuites.
00:18:54 Les carottes sont cuites.
00:18:56 Les carottes sont cuites.
00:18:58 Les carottes sont cuites.
00:19:00 - Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:19:02 - De retour dans Bercov dans tous ses états,
00:19:04 on parle toujours des agriculteurs en colère
00:19:06 avec Éric de Lacheney,
00:19:08 le journaliste au Figaro,
00:19:10 et Nicolas Vidal, le fondateur de Pouche,
00:19:12 et on accueille François-Xavier
00:19:14 qui nous appelle depuis la Saône-et-Loire.
00:19:16 Bonjour François-Xavier. - Oui, bonjour François-Xavier.
00:19:18 - Oui, bonjour André, merci de me recevoir sur votre antenne
00:19:20 et félicitations pour la qualité de vos émissions.
00:19:22 - Merci.
00:19:24 - Oui, je voulais apporter
00:19:26 une petite précision
00:19:28 concernant ces manifestations d'agriculteurs.
00:19:30 En fait, ce que je voulais, c'était
00:19:32 souligner
00:19:34 à quel point le problème est assez délicat
00:19:36 en fait, tant l'agriculture est
00:19:38 diversifiée en France,
00:19:40 et que par là, ce que je veux dire,
00:19:42 c'est que chaque région rencontre
00:19:44 ses propres problèmes.
00:19:46 - C'est ce qu'a dit Éric Lacheney, effectivement.
00:19:48 - Voilà. Et nous, alors
00:19:50 qui sommes en Saône-et-Loire, on a un problème
00:19:52 majeur qui nous touche
00:19:54 particulièrement, c'est la prédation
00:19:56 du loup.
00:19:58 Donc, en fait, toutes ces
00:20:00 personnes qui nous dictent
00:20:02 ces lois idéologiques
00:20:04 de l'écologisme,
00:20:06 aujourd'hui, obligent les éleveurs
00:20:08 en Saône-et-Loire et dans d'autres régions, bien sûr,
00:20:10 à vivre
00:20:12 avec le loup, en cohabitation avec le loup.
00:20:14 Alors, imaginez ce que ça peut donner
00:20:16 des moutons qui cohabitent avec le loup,
00:20:18 c'est assez aberrant.
00:20:20 Et tout ça, bien sûr,
00:20:22 avec le soutien d'organisations
00:20:24 pro-loup écologiques.
00:20:26 - Bien sûr.
00:20:28 - Et ça, c'est un phénomène qui...
00:20:30 - Tout à fait.
00:20:32 - C'est pour, en fait, souligner le fait que
00:20:34 le problème des agriculteurs en colère, aujourd'hui,
00:20:36 c'est pas seulement quelques problèmes principaux,
00:20:38 mais en fait, c'est bien évidemment
00:20:40 plusieurs problèmes
00:20:42 pour chaque région différente.
00:20:44 - Et justement, c'est les questions que je voulais poser à Éric Lacheney
00:20:46 et à Nicolas Vidal. En fait,
00:20:48 Éric Lacheney, ce qui se passe,
00:20:50 c'est qu'on a vraiment,
00:20:52 on sent, je ne dirais pas une sécession,
00:20:54 mais je ne sais pas si c'est un fossé, un abîme ou autre,
00:20:56 entre les gens qui décident
00:20:58 par rapport à tel ou tel
00:21:00 ou tel groupe de pression, d'imposer
00:21:02 ou de ne pas imposer,
00:21:04 d'enlever tel ficticide de telle
00:21:06 norme, etc., d'exister de toutes les normes,
00:21:08 qui décident de la cohabitation avec tel
00:21:10 animal prédateur
00:21:12 ou pas, et puis, les gens
00:21:14 qui vivent sur le terrain, qui vivent du terrain
00:21:16 et qui, eux, doivent subir.
00:21:18 C'est un peu ça, Éric Lacheney.
00:21:20 - Exactement, André Bercoff,
00:21:22 c'est un abîme.
00:21:24 Ça, vous pouvez le dire, c'est même, moi, je dirais, une crise de civilisation.
00:21:26 Entre, d'un côté,
00:21:28 des rousseauistes
00:21:30 qui disent qu'il faut
00:21:32 que l'animal est au-dessus de l'homme,
00:21:34 donc qui inverse l'échelle des valeurs,
00:21:36 on le voit même en ville. Il n'y a pas
00:21:38 que les agriculteurs qui subissent
00:21:40 cette pression des écolos
00:21:42 bobos, mais même en ville.
00:21:44 À Paris, par exemple,
00:21:46 on préfère discuter
00:21:48 avec les rats
00:21:50 qu'on appelle surmulots
00:21:52 qu'avec les gos qui sont dans la rue
00:21:54 et qui crèdent de faim.
00:21:56 Et soi-disant, on parle aux classes populaires.
00:21:58 L'agriculture urbaine,
00:22:00 ce concept est en train
00:22:02 de tomber à l'eau,
00:22:04 sous les friches, enfin bon...
00:22:06 - La végétalisation, la végétalisation !
00:22:08 - La végétalisation, et pour répondre
00:22:10 à François-Xavier de Saône-et-Loire,
00:22:12 j'ai parlé justement,
00:22:14 je sais pas si vous étiez à l'écoute,
00:22:16 du problème du loup, justement.
00:22:20 Il a été évoqué
00:22:22 très succinctement par
00:22:24 Gabriel Attal
00:22:26 à Montastruc de Sali
00:22:28 en Occitanie, vendredi dernier.
00:22:30 Il a dit "on va mettre en place un plan
00:22:32 national loup", mais là aussi il y a un malaise
00:22:34 puisque ni les éleveurs
00:22:36 ni les associations
00:22:38 écologiques ne veulent siéger
00:22:40 au groupe loup.
00:22:42 Et le plan national loup, il aurait dit "mets en place
00:22:44 des éleveurs des gens". - Pourquoi ? Pardon,
00:22:46 juste un mot, pourquoi ils ne veulent pas siéger ?
00:22:48 - Alors, les éleveurs de la FNO,
00:22:50 parce que
00:22:52 le comptage est pipé,
00:22:54 on sous-estime
00:22:56 le nombre de loups,
00:22:58 les observateurs
00:23:00 pensent qu'il y en a
00:23:02 deux fois plus, on est autour de 1100 loups
00:23:04 officiellement, mais il y en a deux fois plus,
00:23:06 et c'est pour ça qu'il y en a tellement qui viennent maintenant
00:23:08 envahir de nouveaux territoires.
00:23:10 - Et les écolos ?
00:23:12 - Et les écolos disent "on en a marre
00:23:14 de la pression des agriculteurs qui veulent
00:23:16 tuer les loups, il est en
00:23:18 danger", alors que ce n'est pas vrai. On sait très bien
00:23:20 qu'en Europe, cette espèce
00:23:22 n'est plus en menace
00:23:24 des sanctions.
00:23:26 Et donc les écologistes ne veulent pas qu'on
00:23:28 puisse permettre des tirs de défense simple.
00:23:30 Mais c'est
00:23:32 basique, et là aussi, ça entretient
00:23:34 la colère, on l'a vu avec
00:23:36 le témoignage de François-Xavier.
00:23:38 On est obligé, quand on est éleveur,
00:23:40 d'assister les bras croisiers
00:23:42 à la mort de ces animaux.
00:23:44 - Merci Eric, on voit bien.
00:23:46 Alors Nicolas Vidal,
00:23:48 justement, cette espèce de colère,
00:23:50 vous la voyez au-delà de...
00:23:52 vous la voyez perdurée ?
00:23:54 Ou bien on va...
00:23:56 d'ailleurs personne ne désire
00:23:58 que ce soit le chaos, bien sûr,
00:24:00 mais est-ce qu'on va arriver, à votre avis,
00:24:02 ce que vous le sentez maintenant, en tout cas,
00:24:04 pas tout de suite à un accord ? Parce que
00:24:06 vous avez parlé d'une mobilisation extrêmement forte.
00:24:08 Est-ce que,
00:24:10 telle que l'Europe étant celle qu'elle est,
00:24:12 l'Union Européenne celle qu'elle est, les choses étant
00:24:14 ce qu'elles sont, comme disait un certain général,
00:24:16 est-ce qu'on peut y arriver assez vite ?
00:24:18 Ou à votre avis, c'est parti
00:24:20 pour un temps ?
00:24:22 - André Bercov, que c'est la question
00:24:24 absolument centrale. Parce que c'est
00:24:26 la... on l'avait déjà vu avec les Gilets jaunes,
00:24:28 à une autre mesure. Mais c'est la question centrale.
00:24:30 Pourquoi ? Parce qu'il y a un affrontement
00:24:32 finalement du peuple français,
00:24:34 ou une partie du peuple français, qui ne veut pas
00:24:36 mourir, qui ne veut pas voir ses traditions
00:24:38 péricliter, qui ne veut pas voir
00:24:40 ni son patrimoine, ni son artisanat,
00:24:42 ni son savoir-faire, ni son histoire
00:24:44 contre une technocratie,
00:24:46 contre une oligarchie, finalement, qui veut effacer
00:24:48 depuis Bruxelles, tout ce qui
00:24:50 constitue la tradition
00:24:52 et les fondements d'un peuple. Et vous le savez,
00:24:54 quand vous regardez dans l'histoire
00:24:56 toutes les révolts viticoles,
00:24:58 tous les révolts vignerons là-dessus,
00:25:00 c'est-à-dire que la société est tellement
00:25:02 bousculée dans ses tréfonds que les
00:25:04 agriculteurs n'ont plus le choix que de
00:25:06 manifester dans ce qui se joue là.
00:25:08 Et on voudrait nous faire croire que finalement,
00:25:10 c'est une révolte, une jacquerie sectorielle
00:25:12 d'agriculteurs mécontents. Non,
00:25:14 c'est un véritable... les fondements du pays,
00:25:16 qui sont des véritables... de plaques
00:25:18 tectoniques face à
00:25:20 l'oligarchie incarnée par Emmanuel Macron,
00:25:22 vous le savez, qui n'est que, selon moi,
00:25:24 le DRH, le Valais, le Télégraphe de Bruxelles
00:25:26 et la mondialisation. - Oui, ça, vous le dites depuis longtemps.
00:25:28 - Oui, et là,
00:25:30 finalement, ils ne sont pas là pour de la démocratie,
00:25:32 ils ne sont pas là pour dialoguer,
00:25:34 ils sont là... et Emmanuel Macron, on remarque, je le dis,
00:25:36 parce que ce matin, depuis la Suède, parce qu'André,
00:25:38 notre ami Emmanuel Macron
00:25:40 a cette habitude
00:25:42 de partir et de fuir,
00:25:44 de se camper quand il y a des problèmes
00:25:46 en France, il a dit ce matin, depuis la Suède,
00:25:48 à la communauté française de Suède,
00:25:50 qu'il allait garder le cap.
00:25:52 Donc, vous voyez bien que c'est une
00:25:54 inertie de l'oligarchie à ne pas
00:25:56 bouger, à continuer le projet,
00:25:58 à ajuster ça et là pour que ces gens sortent
00:26:00 deux, trois chèques pour que ces gens rentrent chez soi,
00:26:02 mais surtout, ne pas mettre en place
00:26:04 ou, du moins, laisser penser que le
00:26:06 bouillon populaire est en train de monter jusqu'à
00:26:08 Paris, parce que c'est ça. Et c'est un vrai,
00:26:10 pour moi, franchement, je vous le dis,
00:26:12 un vrai carrefour pour ce pays, parce que si les agriculteurs
00:26:14 perdent ce combat crucial,
00:26:16 très sincèrement, l'âme de la France
00:26:18 y perdra énormément, et je termine par
00:26:20 là, ce matin, les renseignements, je crois que c'était
00:26:22 sur les confrères d'Europe 1, qui disaient que
00:26:24 les renseignements commençaient à avoir peur d'une coalition,
00:26:26 vous me posez la question à l'introduction,
00:26:28 d'une coalition de Français qui pourraient rejoindre
00:26:30 les agriculteurs, bien entendu,
00:26:32 parce que ça, ça pourrait être à toute autre
00:26:34 chose que les Gilets jaunes avaient les moyens de technique,
00:26:36 même si les agriculteurs ne sont pas violents, avaient
00:26:38 les moyens de technique des agriculteurs qui sont en train de crever la bouche ouverte.
00:26:40 - Les tracteurs ne sont pas les ronds-points,
00:26:42 effectivement. - Exactement.
00:26:44 - Merci Nicolas Vidal, merci Eric Delacheney,
00:26:46 qui vivra verra, en tout cas, nous allons
00:26:48 évidemment suivre cela.
00:26:50 Sud Radio, André Bercoff.
00:26:52 - Ça balance pas mal !
00:26:54 Bercoff dans tous ses états, ça balance
00:26:56 pas mal sur Sud Radio.
00:26:58 - Banlieue Nord, Daniel Balavoine, Banlieue Nord,
00:27:00 et j'ai grandi sur les trottoirs.
00:27:02 Bonjour Général Doré-Schultz. - Bonjour.
00:27:04 - Toujours heureux de vous accueillir,
00:27:06 on vous a déjà accueilli à plusieurs reprises,
00:27:08 vous avez écrit d'ailleurs un
00:27:10 pamphlet, une lettre
00:27:12 là-dessus, et surtout, surtout,
00:27:14 je me rappelle qu'on vous avait accueilli
00:27:16 avec Kevin,
00:27:18 l'une des personnes qui travaille avec vous,
00:27:20 et je sais que ça fait des années,
00:27:22 on le sait, que vous travaillez,
00:27:24 que vous travaillez avec beaucoup d'assiduité,
00:27:26 avec justement, pour casser
00:27:28 un peu cette espèce de
00:27:30 spirale,
00:27:32 descendant de spirale pessimiste,
00:27:34 de spirale défaitiste sur les banlieues,
00:27:36 et vous êtes l'un de ceux qui ont,
00:27:38 qui continuent à travailler très fortement
00:27:40 à cela.
00:27:42 Franchement, aujourd'hui, Général Doré-Schultz,
00:27:44 vous êtes découragé,
00:27:46 ou vous êtes toujours optimiste ?
00:27:48 - Alors, je, si vous voulez,
00:27:50 suite à ce que, à l'émission que vous venez de faire,
00:27:52 avec nos agriculteurs, nos paysans,
00:27:54 parce que j'aime bien le terme de paysans,
00:27:56 et ce que je mène, que d'autres mènent
00:27:58 dans nos quartiers depuis maintenant un certain nombre d'années,
00:28:00 je pense qu'il y a quand même
00:28:02 des points communs.
00:28:04 Euh... nos paysans,
00:28:06 - Lesquels, oui ? - Nos agriculteurs,
00:28:08 finalement, il a raison, votre dernier intervenant,
00:28:10 en disant que c'est la France
00:28:12 qui se joue avec eux, là, aujourd'hui.
00:28:14 Qu'on a bafoué, tous ces
00:28:16 Français qu'on a bafoués depuis des années,
00:28:18 et je reviens, ce n'est pas uniquement
00:28:20 le gouvernement actuel, c'est depuis 30 ans.
00:28:22 Et puis, donc, on leur enlève
00:28:24 l'habit français.
00:28:26 C'est-à-dire que, finalement, grâce ou à cause
00:28:28 de l'Europe, à cause de l'internationalisme,
00:28:30 on dit, finalement, vous n'êtes plus français,
00:28:32 vous rentrez dans une espèce de mouvance
00:28:34 internationaliste. Et de l'autre côté,
00:28:36 dans les quartiers que je suis
00:28:38 maintenant depuis 15 ans, et avec
00:28:40 l'évolution que j'ai constatée,
00:28:42 cette évolution ayant eu un point crucial
00:28:44 au mois de juillet dernier, et juin juillet dernier, avec les manifestations
00:28:46 qui ont coûté la peau du dos,
00:28:48 qui ont vu
00:28:50 une violence extraordinaire.
00:28:52 - Après, ils ont refusé d'entempérer la Borde de Marne.
00:28:54 - Et vous vous rendez compte que, là,
00:28:56 d'un côté, nous n'avons pas réussi
00:28:58 à amener cette population
00:29:00 qui est immigrée de
00:29:02 ces longues dates, d'ailleurs, ces jeunes,
00:29:04 dans la France. Donc, d'un côté, on fait quitter la France,
00:29:06 et de l'autre, on n'arrive pas à leur faire
00:29:08 gagner la France. Et pourquoi ?
00:29:10 Ben, tout simplement, ça a été dit,
00:29:12 j'enfonce le clou, c'est qu'on a des dirigeants
00:29:14 qui sont incapables, incapables
00:29:16 de prendre le taureau par les connes
00:29:18 et de faire. Alors, est-ce qu'ils sont incapables
00:29:20 parce que cette incapacité
00:29:22 est, j'allais dire... - Structurelle.
00:29:24 - Structurelle, ou est-ce qu'ils sont incapables
00:29:26 parce qu'ils ont un dessin politique qui fait
00:29:28 qu'ils ne feront rien. Voilà.
00:29:30 Et je dis, les deux combats,
00:29:32 les deux émergences de violences,
00:29:34 et pour nos paysans, c'est pas une violence,
00:29:36 c'est une violence réfléchie, et je vois très bien
00:29:38 qu'ils sont très responsables
00:29:40 de ce qu'ils vont faire, on ne peut que les encourager
00:29:42 d'ailleurs, et je me dis que tout ça,
00:29:44 ça devient quand même, il y a un fil rouge
00:29:46 et qui est déterminant, et qui c'est celui de
00:29:48 la population, c'est celui de nos dirigeants.
00:29:50 - Alors, on va en parler tout de suite après cette petite
00:29:52 pause, et on va parler de Kevin, qui était avec vous
00:29:54 il y a un an et demi, ici, sur l'antenne
00:29:56 de Sud Radio. - Restez bien avec nous
00:29:58 sur Sud Radio 0826 300 300
00:30:00 pour nous appeler, pour réagir,
00:30:02 pour témoigner, et puis les réseaux sociaux, évidemment,
00:30:04 Facebook, Youtube, et le Twitter de Sud Radio.
00:30:08 Sud Radio Bercov, dans tous ses états,
00:30:10 appelé maintenant pour réagir,
00:30:12 0826 300 300.
00:30:14 Ici Sud Radio,
00:30:18 les français parlent au français,
00:30:22 je n'aime pas
00:30:24 la blanquette de veau,
00:30:26 je n'aime pas la blanquette de veau.
00:30:28 Sud Radio Bercov,
00:30:30 dans tous ses états.
00:30:32 - Et nous sommes toujours avec le général Emmanuel
00:30:34 de Richoux, qui est essayiste,
00:30:36 qui travaille depuis une quinzaine d'années
00:30:38 avec des cuisiniers dans le banlieue, qui fait un travail
00:30:40 tout à fait passionnant
00:30:42 et méritant, et
00:30:44 je voudrais juste rappeler
00:30:46 qu'il était venu, il y a un an et demi,
00:30:48 à cette antenne de Bercov, dans tous ses états,
00:30:50 avec Kevin, qui travaillait
00:30:52 avec lui, qui était un des animateurs
00:30:54 du mouvement,
00:30:56 et
00:30:58 Kevin avait témoigné,
00:31:00 et écouté ce que disait Kevin à l'époque.
00:31:02 - Qu'est-ce qu'il fait ? Vous dites que ce n'est pas de leur faute ?
00:31:04 - Que ce n'est pas trop facile de dire que ce n'est pas de leur faute ?
00:31:06 - Ça pourrait être facile, mais quand
00:31:08 on a fait le tour, ça fait plus de 20 ans,
00:31:10 ou plus de 30 ans, qu'il y a des plus vieux
00:31:12 dans 5 mois qui ont alerté.
00:31:14 Même, on peut dire, bon après je ne suis pas trop dedans,
00:31:16 mais le rap, tout ça, c'était
00:31:18 des alertes, il y a eu
00:31:20 des acteurs associatifs qui ont alerté,
00:31:22 de tous ces problèmes. On a eu des émeutes
00:31:24 en 2005, où
00:31:26 personne ne savait quoi faire.
00:31:28 À un moment donné, si les banlieues s'embrasent,
00:31:30 même l'armée,
00:31:32 j'ai beaucoup de respect pour l'armée,
00:31:34 mais ils n'iront nulle part.
00:31:36 - Ils n'ont pas le problème.
00:31:38 - Il y a une détermination.
00:31:40 Chez les jeunes,
00:31:42 on veut survivre.
00:31:44 Quand un jeune, quand je vous dis,
00:31:46 ils n'ont pas le choix,
00:31:48 c'est qu'il aspire à être quelqu'un.
00:31:50 Et quand toutes les portes de l'État se ferment,
00:31:52 ou même du travail, de l'emploi,
00:31:54 il faut bien qu'ils vivent.
00:31:56 - Alors, il disait, même l'armée,
00:31:58 même style, même l'armée n'y arrivera pas.
00:32:00 Qu'est-ce qui est arrivé ?
00:32:02 Et il faut qu'ils survivent, et ils sont déterminés.
00:32:04 Qu'est-ce qui est arrivé à Kevin Gérard-Welch ?
00:32:06 - Kevin, que je connais,
00:32:08 puisqu'on l'a rappelé là depuis maintenant
00:32:10 plus de dix ans, était quelqu'un d'extraordinaire,
00:32:12 volontaire, qui était
00:32:14 sorti, j'allais dire,
00:32:16 qui avait compris qu'en définitive,
00:32:18 son salut, ou le salut
00:32:20 de cette population, de ces jeunes,
00:32:22 n'était pas dans la drogue, dans la marginalité,
00:32:24 et dans la recherche
00:32:26 de petits commerces florissants,
00:32:28 mais était dans la France.
00:32:30 Et il a, avec moi,
00:32:32 enfin avec moi je l'aidais du mieux que je pouvais,
00:32:34 donc amener un certain nombre de jeunes...
00:32:36 - Il s'occupait de quoi lui ?
00:32:38 - Animateur sportif, et puis pas que sportif,
00:32:40 c'est-à-dire qu'il essayait de mettre, de faire en sorte
00:32:42 que les jeunes qu'il avait
00:32:44 sous sa houlette, des jeunes de 10
00:32:46 à 20 ans, pour faire simple,
00:32:48 filles et garçons, puissent
00:32:50 intégrer un cursus qui les aurait amenés
00:32:52 au travail. - Oui, hors de la drogue,
00:32:54 hors de la co, hors du extrémisme, etc.
00:32:56 - Il l'avait parfaitement réussi,
00:32:58 tant et si bien que des jalousies
00:33:00 se sont faits jours,
00:33:02 et qu'il a été salement
00:33:04 empoignardé le 15 décembre.
00:33:06 Nous nous sommes rencontrés le 14 décembre,
00:33:08 je me souviens très bien, j'étais venu à Paris,
00:33:10 je suis allé le voir dans son fief,
00:33:12 et depuis un certain nombre de semaines et de mois,
00:33:14 il me disait régulièrement "je suis menacé,
00:33:16 je fais tout en mon pouvoir,
00:33:18 je suis menacé, - Mais par qui ? - Par les bandes,
00:33:20 les bandes qui y trafiquent, etc.
00:33:22 Parce que, si vous voulez, à partir du moment où
00:33:24 Kevin prenait sous sa houlette
00:33:26 des jeunes,
00:33:28 et sous sa protection des jeunes,
00:33:30 il les sortait des bandes, voyez,
00:33:32 et donc les bandes n'ont plus de chouffe,
00:33:34 donc il y avait une espèce de jalousie,
00:33:36 et on dit "on te fera payer ça".
00:33:38 - Il leur prenait le personnel, les narco-trafiquants,
00:33:40 - Voilà, il prenait le personnel pour le ramener,
00:33:42 c'est ainsi que j'ai pu accueillir un certain nombre de ces jeunes
00:33:44 le 30 avril, à Animes,
00:33:46 de ces jeunes-là, qui sont
00:33:48 aujourd'hui orphelins, en quelque sorte.
00:33:50 Donc Kevin est actuellement
00:33:52 dans un coma sérieux,
00:33:54 - Il est toujours dans le coma.
00:33:56 - Toujours dans le coma, ça fait six semaines,
00:33:58 suivi par les équipes médicales,
00:34:00 et nous ne savons pas, en fait,
00:34:02 si véritablement il va s'en sortir.
00:34:04 Mais au-delà de Kevin,
00:34:06 ce qu'il représente, là,
00:34:08 tous ces centaines
00:34:10 de formateurs de banlieue,
00:34:12 pour un certain nombre que je suis, pas une centaine,
00:34:14 mais j'en avais trois ou quatre que je suivais,
00:34:16 qui sont des gens aussi qui se savent menacés,
00:34:18 mais qui, au-delà des menaces,
00:34:20 font, essaient de faire
00:34:22 le maximum,
00:34:24 pour justement faire en sorte que
00:34:26 cette population gagne
00:34:28 les plis de la France. - Mais Gérald Richouf, c'est terrible
00:34:30 ce que vous dites, c'est quand même... ça veut dire qu'aujourd'hui
00:34:32 en France, en 2024,
00:34:34 les animateurs, ceux qui s'occupent,
00:34:36 qui sont sur le terrain, qui essaient de sortir
00:34:38 les jeunes, soit de la drogue, soit de
00:34:40 l'extrémisme, ils sont menacés.
00:34:42 - Eh bien, un certain nombre d'entre eux sont menacés,
00:34:44 et j'en veux pour preuve que j'ai eu un certain nombre
00:34:46 de SMS qui m'étaient
00:34:48 arrivés il y a deux mois, trois mois de ça,
00:34:50 de gens que je ne connaissais pas,
00:34:52 qui me disaient "mon général, écoute, il faut que tu
00:34:54 nous aides, voilà, on est au milieu de la drogue,
00:34:56 etc., etc., et on sait pas comment faire."
00:34:58 Mais bon, moi je suis pas non plus, je peux pas
00:35:00 tout faire. - Non, vous n'êtes pas un bon livreur.
00:35:02 - Mais il faut que nos concitoyens sachent
00:35:04 que nos banlieues, aujourd'hui,
00:35:06 c'est une poudrière quand même.
00:35:08 Et que,
00:35:10 certes, on regarde,
00:35:12 finalement, on voit à midi à sa porte,
00:35:14 mais sachez simplement
00:35:16 que cette poudrière, on peut là aussi
00:35:18 éteindre les braises, sous réserve d'avoir
00:35:20 une... de faire une... comment dirais-je ?
00:35:22 D'avoir des mesures à la fois
00:35:24 sociales et sécuritaires
00:35:26 qui puissent réellement
00:35:28 atteindre l'objectif que l'on veut,
00:35:30 c'est-à-dire
00:35:32 faire en sorte que
00:35:34 notre population, cette population, se sente française.
00:35:36 Alors, au-delà de la...
00:35:38 - C'est pas évident. - C'est pas évident. Alors, au-delà
00:35:40 des jeunes que l'on suit, il n'y a pas que les jeunes.
00:35:42 C'est-à-dire que ces bandes, cette violence
00:35:44 qui est dans les banlieues, interdit
00:35:46 à la population, les adultes,
00:35:48 de vaquer à leurs occupations normales.
00:35:50 C'est-à-dire qu'ils sont également menacés,
00:35:52 ils sont privés de droits, ils sont privés
00:35:54 de libertés... - Même d'entrer chez eux
00:35:56 quelque part, des moments... - Voilà, voilà, avec des checkpoints, etc.
00:35:58 Mais on sait, ça, la télévision le dit régulièrement.
00:36:00 Et ça représente quand même 10% de la population,
00:36:02 ce qui est quand même 6 millions de personnes, voyez, qui sont
00:36:04 peu ou pro menacées...
00:36:06 - Oui, mais alors, Gérald Richouf,
00:36:08 vous êtes un ancien militaire, vous l'avez été,
00:36:10 c'est qu'on dit ça, on dit ça,
00:36:12 ça fait des années qu'on dit ça.
00:36:14 Qu'est-ce qui fait que...
00:36:16 Qu'est-ce qui manque ? Le courage, la volonté de dire
00:36:18 "Stop". Enfin, je veux dire, il y a un gouvernement,
00:36:20 c'est la France, c'est pas jusqu'à présent
00:36:22 un non-État, un État de non-droit,
00:36:24 une espèce de zone libre,
00:36:26 je ne sais pas, un open bar.
00:36:28 - Vous avez tout à fait raison, vous venez de le dire,
00:36:30 il manque la volonté et le courage.
00:36:32 Et j'allais dire, au-delà, c'est une vision,
00:36:34 est-ce qu'on a la vision pour la France ?
00:36:36 Est-ce que, donc, avec nos agriculteurs
00:36:38 qui aujourd'hui se révoltent, et je répète
00:36:40 qu'ils sont... On les suit, il faut qu'ils le sachent.
00:36:42 C'est une partie
00:36:44 de la France qui s'effondre.
00:36:46 Donc là, on a une France
00:36:48 qui se cherche,
00:36:50 mais à laquelle on n'a pas donné,
00:36:52 pas vraiment donné,
00:36:54 les moyens d'intégrer
00:36:56 les plis bleu-blanc-rouge,
00:36:58 les plis de drapeau.
00:37:00 Alors qu'est-ce qu'il faudrait faire ? D'abord,
00:37:02 avoir des dirigeants qui fassent, ça c'est le premier temps,
00:37:04 et puis, au-delà de faire,
00:37:06 il faut réorganiser la totalité
00:37:08 du dispositif. Aujourd'hui,
00:37:10 vous avez X ministères, X associations
00:37:12 qui s'occupent
00:37:14 des jeunes comme des moins jeunes,
00:37:16 mais ça, il faut revoir de fond en comble, il faut faire un audit,
00:37:18 il faut véritablement...
00:37:20 Donc tout ça, nous l'avons écrit à quatre mains
00:37:22 avec Kevin avant qu'il soit frappé,
00:37:24 nous avons réussi à écrire
00:37:26 un dialogue important, intéressant,
00:37:28 avec sa vision
00:37:30 de la banlieue et la mienne
00:37:32 de la France. Et nous avons confronté
00:37:34 nos idées, parfois avec dureté,
00:37:36 sur ce qui conviendrait de faire.
00:37:38 Et bien évidemment, nous ne sommes pas forcément d'accord
00:37:40 sur tout. Bien heureusement d'ailleurs,
00:37:42 qu'on ne soit pas d'accord pour tout. Mais les solutions existent.
00:37:44 Encore faut-il les mettre en œuvre, et comme je
00:37:46 le disais l'autre jour sur une chaîne concurrente,
00:37:48 ça ne va pas se faire en un coup de cuillère à peau
00:37:50 demain pour la télévision
00:37:52 en 13 heures. C'est 10 à 15 ans, quoi.
00:37:54 - Très sincèrement, Gérald Richous, aujourd'hui,
00:37:56 vous n'êtes pas découragé ?
00:37:58 - Ben non, je ne suis pas découragé, je me dis
00:38:00 que bon, peut-être avec tout ce qui se passe,
00:38:02 on va avoir peut-être le déclic,
00:38:04 et je vais pouvoir
00:38:06 enfin, peut-être, approcher
00:38:08 une autorité politique, une fois que tout ça sera passé,
00:38:10 pour leur dire "Voilà ce qui conviendrait de faire".
00:38:12 - Et vous avez vu les autorités politiques ?
00:38:14 - Vous savez comment ils sont ?
00:38:16 Ils vous écoutent d'une oreille, et puis
00:38:18 bon, vous avez cinq minutes, voilà.
00:38:20 Oui, j'en ai vu, j'ai vu deux présidents de la République,
00:38:22 j'ai vu X ministères, j'ai vu...
00:38:24 Voilà, en général, ce que vous faites est formidable.
00:38:26 And so what, quoi ? Bon, une fois qu'on a dit ça,
00:38:28 il faut bosser, quand même.
00:38:30 - Bravo, merci, vous prenez bien un café.
00:38:32 - Oui, bon entier.
00:38:34 - Merci Gérald Richoufs, en tout cas, on reste en contact,
00:38:36 et vous me direz, si, comme on l'espère,
00:38:38 Kevin s'en sortira,
00:38:40 et puis pour le reste,
00:38:42 votre travail, vous revenez quand vous voulez. - Merci beaucoup.
00:38:44 - Sud Radio Bercov,
00:38:46 dans tous ses états,
00:38:48 les perles du jour.
00:38:50 - Je suis très heureux, très heureux, et franchement,
00:38:52 je pense, écoutez, les Français, on cherche des modèles,
00:38:54 on cherche des modèles,
00:38:56 et bien moi, je suis très heureux
00:38:58 du préavis de grève
00:39:00 qu'a déposé la CGTRATP.
00:39:02 Alors, voyez,
00:39:04 nos amis qui font cette émission,
00:39:06 Manu,
00:39:08 Thibault,
00:39:10 Esteban, voyez,
00:39:12 vous ne pouvez pas proposer un préavis de grève,
00:39:14 vous, vous êtes là,
00:39:16 vous pouvez demander des ruptures conventionnelles,
00:39:18 mais la CGTRATP dépose
00:39:20 un préavis de grève, et là,
00:39:22 ça réjouit mon âme d'enfant,
00:39:24 du 5 février au 9 septembre.
00:39:26 C'est-à-dire qu'ils se disent, voilà,
00:39:28 on vous a pris un préavis de grève, je vais faire la grève,
00:39:30 mais quand, je ne sais pas, je ne sais pas,
00:39:32 du 5 février au 9 septembre,
00:39:34 on choisira le moment qu'il faut.
00:39:36 Comme par hasard,
00:39:38 il y a évidemment les Jeux Olympiques de Paris,
00:39:40 mais, écoutez, voilà,
00:39:42 alors oui, le syndicat
00:39:44 dit, voilà,
00:39:46 créer à l'arrêté des permis d'indexation,
00:39:48 déplafonner les échelons,
00:39:50 ramener la pente à 2%, réévaluer
00:39:52 la plage horaire de location
00:39:54 complémentaire de déplacement,
00:39:56 réévaluer, élargir la prime, panier,
00:39:58 ouvrir des négociations sur la réduction du travail,
00:40:00 intégrer la prime emploi,
00:40:02 etc. Dites-moi, moi,
00:40:04 je veux bien aller à la RATP, mais enfin, franchement,
00:40:06 franchement, c'est qu'il y a des choses à faire, bien sûr,
00:40:08 mais par rapport aux agriculteurs,
00:40:10 vous y pensez un peu,
00:40:12 le problème, c'est que chacun n'en a rien à foutre
00:40:14 de domaine de l'autre.
00:40:16 Chacun voit son petit truc, son petit,
00:40:18 comme disait le général Midi à sa porte,
00:40:20 et voilà, et bien moi, il y a la révolte,
00:40:22 allez, je pose mon préavis de grève,
00:40:24 je prends six mois, et puis voilà.
00:40:26 Franchement,
00:40:28 c'est intéressant, le sens du collectif,
00:40:30 le sens commun, de haut
00:40:32 en bas de l'échelle, il marche
00:40:34 du tonnerre de Dieu,
00:40:36 vraiment, et on dit refaire
00:40:38 nation. Quel boulot, les enfants,
00:40:40 quel boulot !
00:40:42 - Allez, on marque une courte pause, on se retrouve
00:40:44 après les infos de 13h.
00:40:46 Sur ce, radio, ne bougez pas, on revient tout de suite.
00:40:48 - De l'Hôtel-Dieu
00:40:50 au Broto, de la Place Bellecour au centre
00:40:52 historique, classé au patrimoine mondial
00:40:54 de l'UNESCO, des bouchons lyonnais au
00:40:56 Hall Paul Bocuse, depuis le sommet
00:40:58 de Fourvière, Sud Radio rayonne désormais
00:41:00 à Lyon et le Grand Lyon sur 105.8.
00:41:02 Connectez-vous aussi avec l'appli
00:41:04 Sud Radio et parlons vrai.
00:41:06 - Ici
00:41:08 Sud Radio.
00:41:10 Les
00:41:12 Français parlent au français.
00:41:14 Les carottes sont
00:41:16 cuites. Les carottes
00:41:18 sont cuites.
00:41:20 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:41:22 - Je suis tellement heureux
00:41:26 parce que dans ces moments
00:41:28 où les agriculteurs,
00:41:30 dont une bonne partie gagne 800 euros par
00:41:32 mois et ont les vacances que l'on sait,
00:41:34 les week-ends que l'on sait,
00:41:36 dans ce problème où il y en a, les problèmes des
00:41:38 hôpitaux, les problèmes
00:41:40 du pouvoir d'achat, etc.,
00:41:42 eh bien, il y en a qui donnent l'exemple.
00:41:44 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:41:48 - Bon appétit, messieurs.
00:41:50 Aux ministres intègres,
00:41:52 conseillers vertueux,
00:41:54 voilà votre façon
00:41:56 de servir,
00:41:58 serviteurs qui pillaient la maison.
00:42:00 - Oh, il exagère,
00:42:02 il exagère, Victor Hugo, il exagère.
00:42:04 Non, non, les sénateurs,
00:42:06 nos représentants, ceux qui représentent le peuple,
00:42:08 vous avez vu ce qu'il s'est passé avec l'Assemblée nationale.
00:42:10 L'Assemblée nationale,
00:42:12 les représentants du peuple, ont
00:42:14 augmenté le frais de mandat. Oui, mais en ce moment,
00:42:16 ils se sont dit que quand même, avec l'inflation,
00:42:18 ces pauvres SDF, qui gagnent
00:42:20 6 500 euros par mois, ou 7 000 euros
00:42:22 net, se sont dit que
00:42:24 quand même, il faut qu'on aille suivre
00:42:26 l'inflation, il n'y a pas de raison avec leur travail.
00:42:28 Donc, ils ont augmenté leur
00:42:30 frais. Attention,
00:42:32 ce n'est pas le salaire qu'ils ont augmenté, attention,
00:42:34 ce sont l'avance de
00:42:36 frais de mandat, vous savez, pour un certain
00:42:38 nombre de services, très bien, de
00:42:40 350 euros. Mais, mais,
00:42:42 les sénateurs, beaucoup mieux,
00:42:44 ils sont passés, ils ont augmenté,
00:42:46 on a appris ça par Mediapart,
00:42:48 vers la fin de l'année, janvier,
00:42:50 ils ont augmenté leur frais de mandat de
00:42:52 700 euros par mois. Eh oui,
00:42:54 eh oui. Les avances générales sont
00:42:56 passées donc de 5 900 euros
00:42:58 mensuels à 6 600 euros
00:43:00 mensuels. Voilà. Et vous,
00:43:02 vous vous demandez pourquoi la France se plaint.
00:43:04 Mais vous voyez que, faites comme eux,
00:43:06 augmentez vos salaires,
00:43:08 décidez vous-même d'augmenter vos salaires,
00:43:10 il n'y a aucune raison, enfin,
00:43:12 je veux dire, voilà, ça s'appelle de la démocratie.
00:43:14 Nos représentants du peuple,
00:43:16 vous voyez, ont compris, voilà,
00:43:18 donc les sénateurs ont commencé,
00:43:20 les députés ont fait de même,
00:43:22 et on dit que la France n'est pas gouvernée ?
00:43:24 Et on dit que la France est d'exemplaire ?
00:43:26 Et on dit que nos tables sont d'exemplaire ?
00:43:28 Franchement, de quoi se plaint-on ?
00:43:30 Vraiment, agriculteurs,
00:43:32 suivez l'exemple de nos
00:43:34 sénateurs et de nos
00:43:36 députés, augmentez-vous.
00:43:38 Comment ? Bon, on va en parler.
00:43:40 (musique)
00:43:42 Sud Radio Bercoff, dans tous ses états,
00:43:44 le face-à-face.
00:43:46 13h06 sur Sud Radio,
00:43:48 l'heure pour nous de vous présenter ce face-à-face.
00:43:50 Aujourd'hui, André Bercoff, vous recevez
00:43:52 la physicienne ancienne présidente du CNRS
00:43:54 et surtout auteur de ce livre "La force
00:43:56 de nos racines", aux éditions du CRC.
00:43:58 Catherine Bréchignac est avec nous. Bonjour Catherine Bréchignac.
00:44:00 Bonjour. Catherine Bréchignac,
00:44:02 d'abord, je vais pas vous
00:44:04 présenter, mais je vais vous présenter,
00:44:06 vous êtes non seulement physicienne, vous êtes membre de l'Académie
00:44:08 des sciences, de l'Académie des
00:44:10 technologies, vous avez été directrice générale
00:44:12 et présidente du CNRS,
00:44:14 et vous avez écrit un livre, vous avez écrit plusieurs livres,
00:44:16 celui que j'ai beaucoup aimé, d'ailleurs,
00:44:18 "Le retour vers l'obscurantisme", parce que
00:44:20 malheureusement, je ne sais pas si
00:44:22 l'obscurantisme est un mot plus vulgaire qu'il faudrait employer,
00:44:24 mais malheureusement la question se pose.
00:44:26 Mais là, vous avez écrit un livre
00:44:28 très émouvant, et plus que très émouvant,
00:44:30 très instructif, je trouve,
00:44:32 "La force de nos racines",
00:44:34 et vous racontez quoi ? Vous faites justement
00:44:36 une poupée de gens ordinaires,
00:44:38 vous racontez, eh bien, votre
00:44:40 famille, votre famille bretonne,
00:44:42 votre famille du Finistère,
00:44:44 et puis vous remontez
00:44:46 à des milliers et des milliers d'années,
00:44:48 mais évidemment plus précisément,
00:44:50 évidemment, à
00:44:52 1600, ce qui est déjà pas mal,
00:44:54 vous dites vous-même,
00:44:56 vous avez recensé
00:44:58 1024 ascendants,
00:45:00 10 générations, et puis vous racontez
00:45:02 les trois siècles terriens, les trois siècles
00:45:04 maritimes, et puis
00:45:06 vous avez choisi Brechignac
00:45:08 au lieu de Créacadèc.
00:45:10 Pourquoi ?
00:45:12 - Alors,
00:45:14 j'ai choisi Brechignac, j'ai pas choisi Brechignac,
00:45:16 oui, si, j'ai choisi Brechignac,
00:45:18 c'est le nom de mon mari,
00:45:20 et je me suis mariée
00:45:22 très tôt, en deuxième année d'école normale,
00:45:24 donc ça a été mon nom
00:45:26 de publication, c'est mon nom,
00:45:28 voilà. Et Créarcadèc,
00:45:30 c'est le nom de mon arrière-grand-mère,
00:45:32 c'est un nom que je trouve
00:45:34 extrêmement fort,
00:45:36 parce que Créac, ça veut dire
00:45:38 le promontoire,
00:45:40 à Ouessant, vous avez un promontoire,
00:45:42 et c'est la pointe de Créac,
00:45:44 et parce que c'est
00:45:46 apostrophe h,
00:45:48 c'est un trigramme, mais qui se prononce en
00:45:50 breton comme un r gutural.
00:45:52 Et puis il y a un cadèc qui veut dire le
00:45:54 guerrier, donc c'est le guerrier du
00:45:56 promontoire, et ça me correspond assez.
00:45:58 - Et ce qui est
00:46:00 très très émouvant, je voudrais juste
00:46:02 dire, mais en préliminaire,
00:46:04 je veux citer le dernier paragraphe de
00:46:06 votre livre, parce que ça dit
00:46:08 beaucoup de choses, ça dit presque tout,
00:46:10 vous dites ceci, "un peuple
00:46:12 qui oublie son histoire est un peuple sans racines,
00:46:14 un peuple mort
00:46:16 qui ne transmet plus rien. Il n'engendre
00:46:18 pas la soif de comprendre,
00:46:20 de créer, de se surpasser
00:46:22 qui est le moteur de la vie. L'humain
00:46:24 doit retrouver sa fierté d'être,
00:46:26 et c'est ainsi que positionné au
00:46:28 cœur de l'action qui le lit au passé
00:46:30 et forge le présent, il engendrera
00:46:32 l'espérance pour demain, celle
00:46:34 qui a animé tous ces gens ordinaires
00:46:36 dont mes ancêtres, qui ont
00:46:38 fait l'épopée de la France."
00:46:40 Et pourquoi je dis ça ? C'est que tout au long de
00:46:42 votre livre, que j'ai lu vraiment avec beaucoup de plaisir
00:46:44 et d'intérêt, on se dit, mais on a l'impression
00:46:46 que, je sais pas, c'est un message
00:46:48 mais est-ce qu'il a encore
00:46:50 est-ce qu'il a encore voie
00:46:52 au chapitre ? On se dit,
00:46:54 dans une époque où on veut
00:46:56 du passé faire table rase,
00:46:58 c'est le cas de le dire, où on ne veut plus
00:47:00 parler de tout cela, où on morcelle
00:47:02 enfin vous connaissez ça mieux que moi,
00:47:04 que ce soit l'histoire, où on
00:47:06 démolit les statues, etc.
00:47:08 Vous amenez ce livre,
00:47:10 c'est presque un brûlot aujourd'hui, Catherine Bréchignac.
00:47:12 - Moi ça m'est égal que ce soit un brûlot,
00:47:14 mais en fait c'est vrai,
00:47:16 c'est-à-dire qu'en fait, il ne faut pas
00:47:18 aujourd'hui, on est pris entre deux
00:47:20 deux feux, je dirais. Le premier
00:47:22 c'est de dire
00:47:24 que c'était beaucoup mieux hier
00:47:26 et de ne penser qu'à hier,
00:47:28 de tout garder, de tout conserver
00:47:30 et puis l'autre de dire, on fait table rase
00:47:32 de tout avec la cancel culture, etc.
00:47:34 Et donc en fait, c'est pas du tout
00:47:36 ça, il faut ni l'un ni l'autre, parce que l'homme
00:47:38 de toute façon n'est qu'un équilibre
00:47:40 et il faut digérer nos racines,
00:47:42 les apprendre,
00:47:44 les digérer, en être fier
00:47:46 et puis ce qui nous
00:47:48 donnera la force d'engendrer
00:47:50 quelque chose de nouveau pour demain.
00:47:52 Et donc c'est vraiment ça qu'il faut faire.
00:47:54 Moi qui suis quand même d'un milieu
00:47:56 extraordinairement modeste,
00:47:58 c'est vraiment la transition,
00:48:00 c'est faite par l'instruction
00:48:02 à l'école, pour mes
00:48:04 grands-parents essentiellement
00:48:06 et aujourd'hui, je trouve
00:48:08 que ce peuple breton
00:48:10 qui est au fond un peuple très agricole,
00:48:12 je suis très sensible au mouvement
00:48:14 des agriculteurs,
00:48:16 parce que c'est intéressant
00:48:18 et ça m'a beaucoup appris
00:48:20 de voir comment petit à petit
00:48:22 ils ont fait progresser
00:48:24 l'agriculture. On a vu comment on était
00:48:26 passé finalement depuis
00:48:28 1600, de la faux
00:48:30 au tracteur et
00:48:32 à la numérisation. Et c'est
00:48:34 très intéressant de voir cette progression
00:48:36 de l'agriculture
00:48:38 française et au fond
00:48:40 on se rend compte qu'aujourd'hui
00:48:42 on dépasse
00:48:44 beaucoup moins, enfin le nombre
00:48:46 d'agriculteurs
00:48:48 a beaucoup
00:48:50 diminué, mais le rendement a
00:48:52 considérablement augmenté, puisque
00:48:54 l'ensemble des agriculteurs est capable
00:48:56 de nourrir la planète.
00:48:58 Donc en fait c'est ça qu'il faut
00:49:00 regarder, quel a été le progrès
00:49:02 dans cette histoire, et le progrès
00:49:04 a été fait grâce aux hommes et aux femmes
00:49:06 de la terre. Et j'en suis
00:49:08 très fier.
00:49:10 - Et justement, ce qui transparaît
00:49:12 quand même dans l'histoire de votre famille,
00:49:14 mais qui peut être applicable à
00:49:16 beaucoup de familles, beaucoup de
00:49:18 passés, beaucoup de monde d'aujourd'hui,
00:49:20 c'est quand même, il y a des
00:49:22 vertus très fortes, le courage, le travail,
00:49:24 l'opiniatreté,
00:49:26 et puis, moi ce qui m'a frappé, la
00:49:28 modestie, l'humilité, quand vous dites à vos grands-pères
00:49:30 "Mais alors comment ?" Ils disent "Oui, mais
00:49:32 n'exagère pas, c'était pas aussi
00:49:34 difficile que ça." Tu sais, que ce soit
00:49:36 dans l'histoire de marins, que ce soit dans l'histoire de
00:49:38 paysans, il y a quand même
00:49:40 quand j'ai une humilité, en tout cas
00:49:42 un tact et une pudeur
00:49:44 assez magnifiques, quoi,
00:49:46 assez formidables. - Oui, alors j'avais
00:49:48 une partie de ma famille qui était
00:49:50 d'origine
00:49:52 finistérienne, une partie qui
00:49:54 était, je dirais, sur le
00:49:56 flanc des monts d'Arrêt, des cultivateurs,
00:49:58 - C'est à côté, enfin c'est...
00:50:00 - C'est très proche, parce qu'à l'époque
00:50:02 on avait l'impression que les gens se déplaçaient
00:50:04 à pied,
00:50:06 restaient vraiment dans leur village,
00:50:08 et les autres
00:50:10 se trouvaient du côté de la
00:50:12 côte, sur la côte,
00:50:14 et certains à Brest, et à
00:50:16 l'arsenal de Brest essentiellement, puisque c'était
00:50:18 des
00:50:20 ouvriers de l'arsenal,
00:50:22 ou des marins, et donc j'ai un arrière-grand-père
00:50:24 qui
00:50:26 m'a fait beaucoup rêver, parce que
00:50:28 il est de mousse, il est passé,
00:50:30 il a passé tous les échelons
00:50:32 pour arriver à premier maître voilier
00:50:34 et être sur un bateau,
00:50:36 il colle, et de faire avec les
00:50:38 marins qu'il enseignait,
00:50:40 à qui il enseignait de faire le tour du monde,
00:50:42 et quand mon grand-père me racontait ça, j'étais
00:50:44 passionné par ces personnes,
00:50:46 qui ont vraiment, comme vous le
00:50:48 dites, une
00:50:50 résilience, une force extraordinaire,
00:50:52 et au fond
00:50:54 ils avaient envie de progresser,
00:50:56 mais pas nécessairement de
00:50:58 progresser pour...
00:51:00 avec un...
00:51:02 une idée générale
00:51:04 pour tout le monde, mais déjà de progresser
00:51:06 vis-à-vis d'eux-mêmes, d'être
00:51:08 meilleur que...
00:51:10 de progresser eux-mêmes,
00:51:12 c'est-à-dire d'être
00:51:14 meilleur que ce qu'ils étaient au début.
00:51:16 - Eux-mêmes, et aussi penser à leurs
00:51:18 enfants, ou...
00:51:20 C'était déjà que leurs
00:51:22 enfants soient mieux que... mieux que...
00:51:24 miolotiqueux, ou ça jouait, ça ?
00:51:26 - Non, ça jouait relativement peu,
00:51:28 parce que tout d'abord,
00:51:30 dans les périodes
00:51:32 avant la Révolution
00:51:34 française, en fait,
00:51:36 les enfants,
00:51:38 c'était des familles de 10-12 enfants,
00:51:40 et la majorité mourait, il en restait
00:51:42 un ou deux, donc ils n'avaient pas du tout
00:51:44 la même notion, la même relation
00:51:46 vis-à-vis des enfants
00:51:48 qu'on a aujourd'hui.
00:51:50 Et d'ailleurs, ce qui est
00:51:52 très intéressant, c'est quand je me suis intéressé
00:51:54 à leur signature sur les actes,
00:51:56 eh bien vous avez des passages
00:51:58 où les parents signaient parfaitement
00:52:00 bien, et où les enfants avaient perdu
00:52:02 l'écriture,
00:52:04 et ne savaient plus écrire.
00:52:06 Donc on voit que la difficulté faisait
00:52:08 que... c'était un éternel
00:52:10 recommencement. Mais il restait
00:52:12 quand même quelque chose. Il restait quelque chose
00:52:14 justement par le savoir-faire.
00:52:16 Pas nécessairement le savoir,
00:52:18 mais surtout le savoir-faire.
00:52:20 Comment transmettre à ces enfants son métier,
00:52:22 et comment l'améliorer.
00:52:24 - Et la plupart prenaient un peu le même métier,
00:52:26 enfin c'était à l'époque,
00:52:28 on était dans la marine,
00:52:30 enfin sur la mer... - Tout à fait.
00:52:32 Oui, et justement,
00:52:34 on améliorait les métiers.
00:52:36 Et à l'arsenal de Brest, par exemple,
00:52:38 les enfants des
00:52:40 cordiers, puisque il y avait une partie
00:52:42 qui fabriquait des cordes pour les navires,
00:52:44 apprenaient à leurs enfants
00:52:46 comment fabriquer
00:52:48 des cordes. Et donc c'était les enfants qui étaient
00:52:50 embauchés comme leurs parents.
00:52:52 Enfin, comme leur père.
00:52:54 - Et ce qu'il y avait alors justement,
00:52:56 vous racontez un peu cette...
00:52:58 comment se faisaient les
00:53:00 habitudes et tout ça, par exemple vous racontez...
00:53:02 Je croyais que vous racontiez
00:53:04 la magnifique histoire de votre tante,
00:53:06 amoureuse de quelqu'un...
00:53:08 - Ah oui, ça ma tante, c'était
00:53:10 ma grand-tante en fait, c'était
00:53:12 la soeur de ma grand-mère.
00:53:14 Alors, chez ma grand-mère,
00:53:16 c'était une famille de
00:53:18 14 enfants,
00:53:20 dont 11 ont survécu, puisque
00:53:22 déjà à l'époque de ma grand-mère, ils survivaient,
00:53:24 ils passaient le certificat d'études,
00:53:26 et donc ils vivaient
00:53:28 dans deux pièces, il y avait une pièce pour les
00:53:30 enfants et une autre pour les parents, et les enfants,
00:53:32 je demandais à ma grand-mère comment ils étaient,
00:53:34 il y avait deux grands lits, et c'était
00:53:36 les garçons d'un côté, les filles de l'autre,
00:53:38 et tête bêche. - À combien
00:53:40 ils habitaient ? Ils étaient combien ?
00:53:42 - Essentiellement, ils ont habité très longtemps à 11.
00:53:44 - À 11 ? Dans le 30 mètres carré ?
00:53:46 - Un peu près, dans deux pièces.
00:53:48 Et donc,
00:53:50 cette tante, qui était une soeur
00:53:52 cadette de ma grand-mère, était formidable.
00:53:54 Elle était tombée amoureuse
00:53:56 d'un marin
00:53:58 qui était
00:54:00 militaire marin, qui était toujours sur les mers,
00:54:02 et puis qui revenait
00:54:04 de temps en temps, puis repartait, puis revenait,
00:54:06 et au bout du compte, ils ont
00:54:08 fini par se marier, ils sont restés très peu,
00:54:10 mariés très peu de temps,
00:54:12 puisque ensuite, il y a eu la guerre de
00:54:14 1939-45,
00:54:16 et il a été déporté,
00:54:18 et n'est jamais revenu.
00:54:20 Donc, il était résistant,
00:54:22 et n'est jamais revenu.
00:54:24 Donc, ensuite,
00:54:26 elle avait une joie de vivre formidable,
00:54:28 elle avait un petit commerce, et c'était,
00:54:30 pour moi, c'était un
00:54:32 régal d'aller piocher dans
00:54:34 les pots de
00:54:36 bonbons qu'elle avait là,
00:54:38 et voilà.
00:54:40 - Oui, c'est ça, il y a dans ce livre,
00:54:42 encore une fois, des couleurs, il y a des odeurs,
00:54:44 il y a du parfum, il y a des paysages,
00:54:46 et voilà, c'est une civilisation,
00:54:48 ça s'appelle une civilisation.
00:54:50 On revient avec Catherine Bréginiaque
00:54:52 dans quelques instants. - Avec Catherine Bréginiaque,
00:54:54 et avec vous, au 0826 300 300,
00:54:56 vous témoignez, vous nous appelez,
00:54:58 vous nous posez vos questions, à tout de suite, sur Sud Radio.
00:55:00 - Sud Radio,
00:55:02 votre attention est notre plus belle récompense.
00:55:04 - Vous nous faites vivre les matchs, la façon
00:55:06 que vous les commentez, que ce soit la première ou la deuxième,
00:55:08 le top 14, c'est que du bonheur. Voyez, il n'y a pas besoin d'y voir,
00:55:10 avec vous, c'est comme si on y était, quoi, voilà.
00:55:12 - Sud Radio, parlons vrai.
00:55:14 - Ici,
00:55:16 Sud Radio.
00:55:20 - Les Français parlent aux Français.
00:55:22 Je n'aime pas
00:55:24 la blanquette de veau.
00:55:26 Je n'aime pas la blanquette
00:55:28 de veau. - Sud Radio,
00:55:30 Bercov, dans tous ses états.
00:55:32 - 13h20 sur Sud Radio, on continue ce face-à-face
00:55:34 avec Catherine Bréginiaque, qui vient nous voir pour son
00:55:36 nouveau livre, "La force de nos racines",
00:55:38 aux éditions du Serre, et peut-être
00:55:40 que vous nous écoutez depuis Lyon, puisque
00:55:42 vous le savez, depuis hier, Sud Radio
00:55:44 est mée à Lyon, sur la FM 105.8,
00:55:46 et sur le DAB+,
00:55:48 sur évidemment Sudradio.fr,
00:55:50 sur Youtube, sur Dailymotion, sur
00:55:52 Twitter, sur Facebook, partout, et depuis hier
00:55:54 donc en FM. Donc bonjour
00:55:56 aux amis lyonnais. - Et les amis lyonnais
00:55:58 ont intérêt à lire ce
00:56:00 livre, "La force de nos racines",
00:56:02 parce que, justement, ça va
00:56:04 leur rappeler leurs racines. Vous savez,
00:56:06 on peut parler de la Bretagne, mais
00:56:08 comme disait André Gide, qui parle du particulier,
00:56:10 parle du général, et c'est ça
00:56:12 qui est toujours passionnant. Alors,
00:56:14 une chose aussi, vous dites à un moment donné,
00:56:16 Catherine Bréchignac, dans votre livre,
00:56:18 ah si, moi j'ai
00:56:20 adoré ça, j'ai adoré, quand même,
00:56:22 je vais le lire, je vais le lire. Moi j'adore,
00:56:24 c'est Yvonne, c'est la même,
00:56:26 hein ? - Oui, c'est toujours la même.
00:56:28 - Alors j'ai adoré, alors écoutez, écoutez ça,
00:56:30 quoi, sur Sudradio, j'ai adoré,
00:56:32 "Une fois lors de l'une de nos promenades
00:56:34 sur la plage, arpentant toutes deux
00:56:36 le sable blanc qui protège les paroles
00:56:38 que l'on y préfère, car le vent ne les répète
00:56:40 qu'en les chuchotant à ceux qui les connaissent,
00:56:42 Yvonne Mathim, stop, ne regarde pas,
00:56:44 attends, mon signal,
00:56:46 avant de te retourner. Curieuse,
00:56:48 je jette néanmoins un oeil à la voix de debout,
00:56:50 jambes écartées, en train de se soulager.
00:56:52 Je la regarde et lui dit, étonné,
00:56:54 mais t'as pas de culotte ? Elle s'esclave de son
00:56:56 rire cristallin, non, quelle idée
00:56:58 ont les femmes d'ainsi s'embarrasser ?
00:57:00 Seules mes mômes à la bémol,
00:57:02 à ma double origine, j'ai beau envier
00:57:04 ma grand-tante, je m'en vois mal limiter
00:57:06 au coin des boulevards de la capitale,
00:57:08 ce que je peux comprendre. En même temps, c'est
00:57:10 formidable, cette simplicité,
00:57:12 je veux dire, elle s'embarrasse pas de choses
00:57:14 d'un désir, c'est formidable, et vous ajoutez,
00:57:16 je finis là-dessus, parce que
00:57:18 c'était ma transition,
00:57:20 encore, vous dites, Catherine
00:57:22 Bréchignac, en parlant de vous-même,
00:57:24 aussi me faut-il m'accepter
00:57:26 tel que je suis, hybride,
00:57:28 pieds nus, avec une tête construite sur la raison,
00:57:30 issu d'une tradition et allant
00:57:32 vers le progrès, ce en quoi
00:57:34 au fond, je ne fais que suivre la voix
00:57:36 de mes ancêtres, mieux vaut
00:57:38 construire l'histoire que la subir.
00:57:40 Alors là, qu'est-ce que je voulais vous poser, comment on passe
00:57:42 de Saint-Égonec à la présidence
00:57:44 du ZRS ?
00:57:46 - Ah oui, ça, c'est vrai que
00:57:48 c'est étonnant, et je pense que si mon
00:57:50 arrière-grand-père, François Yassin,
00:57:52 m'avait vu, il serait très, très,
00:57:54 très, très fier. - C'est sûr.
00:57:56 - Tout d'abord, je pense qu'on...
00:57:58 c'est grâce à mes grands-parents,
00:58:00 essentiellement, à mes parents
00:58:02 aussi, bien sûr, parce que
00:58:04 ils ont fait
00:58:06 des études, mon grand-père
00:58:08 me disait toujours que
00:58:10 grand-mère ne travaillait pas parce qu'il avait
00:58:12 la possibilité, il avait pas
00:58:14 beaucoup d'argent, mais de
00:58:16 faire vivre sa famille, mais il m'a dit
00:58:18 "Mais ta mère, j'ai voulu qu'elle fasse des études."
00:58:20 Et effectivement, ma mère est devenue professeure
00:58:22 d'université, ce qui est extraordinaire.
00:58:24 Et donc après,
00:58:26 moi j'ai... - C'est vrai, à l'époque, c'était une
00:58:28 famille de marins, enfin de... - C'était une famille de paysans
00:58:30 d'un côté et de marins de l'autre côté.
00:58:32 Et donc,
00:58:34 quand mes grands-parents ont eu le certificat d'études,
00:58:36 pour eux, c'était formidable.
00:58:38 C'était, à l'époque, 20%
00:58:40 de la France, 30% de la France avait son certificat
00:58:42 d'études, ce qui était encore très peu.
00:58:44 Donc en fait, en gardant
00:58:46 cette volonté
00:58:48 d'apprendre,
00:58:50 eh bien, on arrive,
00:58:52 on arrive, si on a
00:58:54 de la ténacité,
00:58:56 à progresser, voilà.
00:58:58 - Mais alors comment, qu'est-ce qui vous a fait
00:59:00 choisir, parce que
00:59:02 vous avez eu l'environnement que vous avez eu, les parents,
00:59:04 d'aller vers la physique, d'aller vers
00:59:06 les sciences,
00:59:08 c'est par hasard, comme on dit,
00:59:10 enfin comment ça s'est arrivé ? - Non,
00:59:12 enfin, c'est par hasard, oui et non.
00:59:14 Tout d'abord,
00:59:16 j'étais dyslexique, donc on avait
00:59:18 dit à mes parents, "elle n'ira pas plus loin que le brevet".
00:59:20 Bon.
00:59:22 Et là,
00:59:24 avec mes origines
00:59:26 de granit, si je puis dire,
00:59:28 je me suis dit, non, non, ça je vais pas me laisser faire.
00:59:30 - Le côté ménire de votre personnalité.
00:59:32 - Le côté ménire de ma personnalité.
00:59:34 Et je me suis dit,
00:59:36 non, non, je peux pas me laisser faire comme ça,
00:59:38 et j'ai eu un professeur de mathématiques en 5e,
00:59:40 parce que j'avais redoublé ma 6e,
00:59:42 moi j'étais mauvaise, et j'avais eu un professeur
00:59:44 de mathématiques en 5e
00:59:46 qui m'a enthousiasmée.
00:59:48 Et ce professeur, je me suis dit,
00:59:50 je vais travailler pour lui faire plaisir.
00:59:52 Et c'était vraiment
00:59:54 du travail pour faire plaisir à quelqu'un.
00:59:56 C'est très important,
00:59:58 les relations humaines, les relations entre les professeurs
01:00:00 et les élèves.
01:00:02 Et donc,
01:00:04 pour compenser
01:00:06 un peu cette dyslexie,
01:00:08 j'étais plus orientée vers
01:00:10 les mathématiques et les sciences,
01:00:12 qui étaient pour moi, au fond, plus faciles
01:00:14 que de faire de la littérature,
01:00:16 bien qu'ensuite, j'ai énormément
01:00:18 essayé de compenser en lisant
01:00:20 beaucoup. Et je me souviens
01:00:22 avoir lu "Tous les misérables"
01:00:24 du début jusqu'à la fin,
01:00:26 avec toutes les guerres de Napoléon.
01:00:28 Pour essayer
01:00:30 de corriger
01:00:32 ces erreurs que je faisais en écrivant.
01:00:34 Et maintenant, j'écris.
01:00:36 - Étant donné, voilà.
01:00:38 Non mais, arriver...
01:00:40 Est-ce que les qualités... - Alors ensuite,
01:00:42 une fois que je suis rentrée
01:00:44 à l'école
01:00:46 en mathématiques, le promo
01:00:48 de mathématicien, je la trouvais un peu trop triste.
01:00:50 Alors j'ai fait de la physique.
01:00:52 Et là, je me suis dit,
01:00:54 mais quand même, pour faire de la physique
01:00:56 à haut niveau, il faut se battre
01:00:58 au niveau international.
01:01:00 Parce que j'avais quand même dans la tête
01:01:02 d'aller revoir la Patagonie
01:01:04 de cet arrière-grand-père.
01:01:06 - Ah oui. - Comment je vais pouvoir y arriver ?
01:01:08 - Vous y pensiez, la Patagonie du grand-père.
01:01:10 - Ah déjà, je pensais, oui, je l'ai toujours pensé.
01:01:12 Et donc, il faut être
01:01:14 sur la scène internationale.
01:01:16 Et ensuite, je me suis prise de passion
01:01:18 pour ce que je faisais
01:01:20 en nanoscience,
01:01:22 c'est-à-dire en essayant de comprendre
01:01:24 comment on passe de l'atome
01:01:26 à la matière condensée.
01:01:28 Et ça m'a complètement fasciné.
01:01:30 Et pendant
01:01:32 25 ans, je n'ai fait que ça.
01:01:34 - Est-ce que les qualités finistériennes,
01:01:36 j'allais dire, ou bretonnes,
01:01:38 ont joué ? - Sans doute.
01:01:40 - Catherine Bréchignac. - Oui, je pense.
01:01:42 - Et lesquelles, à votre avis ?
01:01:44 Avec le recul,
01:01:46 maintenant, vous l'avez. - L'envie de vivre.
01:01:48 - Ouais.
01:01:50 - L'envie de vivre dans
01:01:52 un climat parfois rude.
01:01:54 La ténacité.
01:01:58 Et puis, aussi,
01:02:00 au fond,
01:02:02 j'aime la...
01:02:04 j'aime la difficulté.
01:02:06 Le...
01:02:08 L'envie de...
01:02:12 - L'envie d'affronter. - D'affronter la difficulté.
01:02:14 - Ouais, ouais, ouais.
01:02:16 C'est passionnant. D'ailleurs, on sent que vous l'avez aussi
01:02:18 écrit pour vos enfants et petits-enfants.
01:02:20 - Oui, oui. - J'imagine.
01:02:22 - D'ailleurs, c'est mon petit-fils qui a fait la carte.
01:02:24 - Oui, oui, j'ai vu. J'ai reconnu,
01:02:26 parce que vous lui dédiaisez...
01:02:28 Il s'appelle Marwan. - Voilà.
01:02:30 C'est pas le Marwan. - Voilà. - Avec deux N.
01:02:32 - Avec deux N, oui. C'est tout à fait
01:02:34 breton. On se retrouve juste après
01:02:36 cette petite pause
01:02:38 rapide.
01:02:40 Sud Radio Bercov, dans tous ses
01:02:42 états, appelez maintenant pour réagir
01:02:44 0 826 300 300.
01:02:48 Ici Sud Radio.
01:02:50 Les Français parlent
01:02:54 au français.
01:02:56 Les carottes sont cuites.
01:02:58 Les carottes sont cuites.
01:03:00 Sud Radio Bercov,
01:03:02 dans tous ses états.
01:03:04 Catherine Bréchignac, vous sous-titrez
01:03:06 votre livre "Une épopée de gens ordinaires".
01:03:08 Mais ils ont rien d'ordinaire, ces gens.
01:03:10 Franchement.
01:03:12 En quoi ils sont ordinaires ?
01:03:14 - Alors, ils sont ordinaires parce qu'habituellement,
01:03:16 on a l'habitude de faire les portraits
01:03:18 des grands,
01:03:20 des rois, des présidents,
01:03:22 toutes sortes de
01:03:24 personnalités.
01:03:26 Et eux, au fond,
01:03:28 ne sont pas ainsi. C'est-à-dire
01:03:30 qu'en fait, quand on regarde les arbres généalogiques,
01:03:32 vous avez les très grands arbres,
01:03:34 avec des gens qui
01:03:36 ont eu des rôles, je dirais,
01:03:38 forts. - Ah oui. Les priorités seigneurs,
01:03:40 militaires, etc. - Voilà.
01:03:42 Alors que là, ce sont au fond,
01:03:44 les forêts, les arbres généalogiques,
01:03:46 c'est les forêts de...
01:03:48 de nos régions.
01:03:50 - Oui, c'est ça.
01:03:52 - Et c'est pour ça qu'en ce sens, ce sont des gens ordinaires.
01:03:54 - Donc, au pied de vos arbres généalogiques,
01:03:56 vous avez vécu heureuse.
01:03:58 - Oui, comme certains.
01:04:00 - Disait Georges.
01:04:02 Mais non, parce que je dis ça
01:04:04 parce que vous en faites,
01:04:06 je vais vous dire, encore une fois, c'est le lecteur qui parle,
01:04:08 vous en faites des héros de roman.
01:04:10 Parce que quand on les lit, nous on les connaît pas.
01:04:12 "Pouh, c'est votre famille", etc.
01:04:14 On les lit, et pourquoi on se passionne ?
01:04:16 Pourquoi ça nous intéresse ?
01:04:18 Parce qu'on aurait pu dire "oui, c'est bien, c'est une famille".
01:04:20 Voilà. Pourquoi ?
01:04:22 Parce que justement, chacun, enfin ce que vous racontez,
01:04:24 c'est que chacun, homme-femme, a son histoire.
01:04:26 - Oui. - C'est... voilà.
01:04:28 C'est ça qui est intéressant.
01:04:30 Ces failles, ces ambitions,
01:04:32 ces...
01:04:34 - Oui, vous savez,
01:04:36 les racines, vous avez différents arbres.
01:04:38 Vous avez des arbres qui sont...
01:04:40 avec des racines qui sont relativement localisées,
01:04:42 ce qui est mon cas. - Oui.
01:04:44 - Vous avez aussi des plantations comme les mangroves,
01:04:46 et donc qui sont avec des racines
01:04:50 qui viennent d'un peu partout, qui bougent,
01:04:52 qui sont labiles, etc. Mais il y a aussi des racines.
01:04:54 Donc en fait, chacun a ses racines,
01:04:56 qu'elles soient localisées dans certains endroits,
01:05:00 ou bien qu'elles viennent de différentes parties,
01:05:02 l'importance,
01:05:04 c'est de digérer ses racines,
01:05:06 d'en faire quelque chose pour demain.
01:05:08 Et c'est ça, vraiment, le plus important,
01:05:10 et c'est ça... J'ai une partie de ma famille
01:05:12 qui est partie,
01:05:14 immigrée aux Etats-Unis
01:05:16 pendant la révolution industrielle
01:05:18 qui n'a pas pu se faire en Bretagne.
01:05:20 Et il faut penser là
01:05:22 que 33 millions d'Européens
01:05:24 sont partis aux Etats-Unis.
01:05:26 - Oui. - Donc, pourquoi ?
01:05:28 Parce qu'ils ne se sentaient pas bien là où ils étaient.
01:05:30 - Les Asies sont peuplées d'Européens.
01:05:32 - Oui, bien sûr, sont peuplées d'Européens.
01:05:34 Donc les racines, ils sont partis
01:05:36 avec leurs racines digérées.
01:05:38 - Alors, justement, racines digérées, racines intégrées,
01:05:42 que dites-vous aux gens qui disent
01:05:44 "Oui, mais moi, par exemple,
01:05:46 mes racines, elles ne m'intéressent pas du tout,
01:05:48 j'en ai rien à faire,
01:05:50 ça ne m'intéresse pas, je les rejette."
01:05:52 Ou d'autres, et vous le savez,
01:05:54 pour des raisons culturelles, civilisationnelles,
01:05:56 religieuses ou communautaires, sont écrasés
01:05:58 par leurs racines. - Oui.
01:06:00 Justement, il ne faut pas se laisser écraser
01:06:02 par ses racines, et il ne faut pas non plus
01:06:04 se dire "Je n'ai pas de racines"
01:06:06 parce que c'est quand même
01:06:08 très étonnant. Dans un monde
01:06:10 comme aujourd'hui, où justement
01:06:12 on a des enfants qui peuvent être
01:06:14 formés par GPA, avec
01:06:16 des ovocytes d'un côté, des spermatozoïdes
01:06:18 de l'autre, une troisième mère
01:06:20 porteuse,
01:06:22 et ces enfants, qu'est-ce qu'ils font ?
01:06:24 La première des choses, c'est l'ADN.
01:06:26 De qui ? A qui je ressemble ?
01:06:29 Quand je regarde mon visage dans la glace,
01:06:31 à qui je ressemble ?
01:06:33 Et on parle dans
01:06:35 beaucoup de séries, par exemple télévision, on voit
01:06:37 beaucoup les parents biologiques
01:06:39 ressurgir à un moment donné
01:06:41 parce que les enfants vont rechercher
01:06:43 leurs racines. Donc au fond, tout le monde
01:06:45 a besoin de ses racines.
01:06:47 C'est normal,
01:06:49 ça devrait être normal. - Alors pourquoi
01:06:51 on encourage tellement le GPA,
01:06:53 le ceci, le cela,
01:06:55 il n'y a plus de biologie,
01:06:57 amen à woman, etc.
01:06:59 Enfin, je veux dire, vous pensez
01:07:01 que ça correspond à quoi ?
01:07:03 Est-ce que ça ne correspond pas
01:07:05 à une envie de la table rase ?
01:07:07 De certains, heureusement pas tous,
01:07:09 mais enfin quand même, il y a cette envie.
01:07:11 - Il y a cette envie parce que
01:07:13 en fait,
01:07:15 l'humanité trouve que le poids
01:07:17 du passé est très
01:07:19 lourd. Et c'est vrai.
01:07:21 Quand vous regardez, par exemple,
01:07:23 si vous regardez la musique,
01:07:25 vous voyez tout ce qu'on a fait en musique
01:07:27 avec le clavecin bien tempéré,
01:07:29 c'est extraordinaire,
01:07:31 les progrès qu'on a fait. Au bout d'un moment,
01:07:33 il y a eu besoin de
01:07:35 dire "stop"
01:07:37 et donc Schoenberg a commencé
01:07:39 la Deux Décapholies.
01:07:41 Et donc on se dit,
01:07:43 on n'arrive plus,
01:07:45 c'est lourd, c'est lourd ce passé.
01:07:47 C'est pareil pour la peinture, c'est pareil
01:07:49 pour tout, pour la littérature.
01:07:51 - C'est pareil pour la science ?
01:07:53 - Ah non, la science est à part, parce que la science
01:07:55 est une construction
01:07:57 qui ne peut pas...
01:07:59 C'est une construction du savoir.
01:08:01 Donc ce n'est pas une création humaine.
01:08:03 La science est dans un sens une création,
01:08:05 parce que c'est une construction de savoir.
01:08:07 Mais les lois sont des lois naturelles.
01:08:09 Tandis que tout le reste,
01:08:11 c'est des créations humaines.
01:08:13 Quand vous écrivez un livre,
01:08:15 c'est une création humaine.
01:08:17 Ce qui n'est pas vrai sur la science.
01:08:19 D'ailleurs, pour essayer d'effacer la science,
01:08:21 il y en a qui pensent
01:08:23 que c'est une création humaine.
01:08:25 Pour essayer d'effacer la science,
01:08:27 il y en a qui rendent le mot tellement polysémique
01:08:29 qu'on ne sait plus ce qui est science et ce qui n'est pas.
01:08:31 - En ce moment, on a été gavé de cela,
01:08:33 depuis quelques années.
01:08:35 - C'est ennuyeux quand même.
01:08:37 Mais je pense que
01:08:39 la science est à part.
01:08:41 La renaissance est à part.
01:08:43 Mais je crois que les gens ont trouvé que le passé était trop lourd.
01:08:45 Et au bout d'un moment, quand le passé
01:08:47 est trop lourd, il faut
01:08:49 s'épousser, se rendre
01:08:51 plus léger.
01:08:53 - Il ne faut pas que c'est de la faiblesse.
01:08:55 Victor Hugo, il y avait avant lui Rabelais,
01:08:57 il y a eu
01:08:59 tous les écrivains à un moment donné,
01:09:01 je parle du 19e
01:09:03 ou même du 20e siècle,
01:09:05 on a eu James Joyce, on ne va pas
01:09:07 faire un cours là-dessus,
01:09:09 mais ils avaient déjà derrière eux
01:09:11 une flopée fabuleuse
01:09:13 de siècles d'écrivains géants.
01:09:15 Ce n'est pas pour ça
01:09:17 qu'ils se sont découragés.
01:09:19 - Non, mais aujourd'hui, vous avez
01:09:21 heureusement encore des gens qui ne se découragent pas.
01:09:23 C'est cela qu'il faut aider.
01:09:25 - C'est cela qu'il faut aider,
01:09:27 on est bien d'accord.
01:09:29 Et pour revenir à ça, est-ce qu'aujourd'hui,
01:09:31 je pense à la Bretagne, je pense à beaucoup de choses,
01:09:37 on parle beaucoup de Nantes,
01:09:39 on parle beaucoup de Brest,
01:09:41 on parle beaucoup de certaines villes,
01:09:43 aujourd'hui, on a l'impression que
01:09:45 on dit "mais qu'est-ce qui se passe
01:09:47 notamment en Bretagne ?" Mais il n'y a pas qu'en Bretagne, bien sûr.
01:09:49 On a l'impression, en tout cas,
01:09:51 dans les villes, que
01:09:53 c'est un peu un certain
01:09:55 ensauvagement, que c'est un peu
01:09:57 une espèce de déliquescence.
01:09:59 Alors, ce n'est peut-être pas vrai dans les villages,
01:10:01 mais on en parle beaucoup,
01:10:03 et moi je suis frappé à chaque fois que j'entends parler de la Bretagne
01:10:05 en me disant "mais qu'est-ce qui se passe là ?"
01:10:07 Est-ce que c'est quelque chose
01:10:09 auquel vous êtes sensible ou pas du tout ?
01:10:11 - Oui, mais je ne
01:10:13 ressens pas, quand j'y suis,
01:10:15 une déliquescence.
01:10:17 Tout d'abord, je pense que
01:10:19 quand on est du Finistère, par exemple,
01:10:21 vu de l'extérieur, vu de la Terre,
01:10:25 le Finistère, c'est la fin de la Terre.
01:10:27 Mais pour les Bretons, c'est
01:10:29 "Pen Arbed". "Pen Arbed",
01:10:31 ça veut dire "la porte du monde".
01:10:33 - Ah ouais, j'ai vu. - Donc dans un sens,
01:10:35 vous vous sentez regardant
01:10:37 le continent,
01:10:39 et dans l'autre cas,
01:10:41 vous courez après le soleil,
01:10:43 parce que, voilà... - Finistère,
01:10:45 c'est "Pen Arbed". - Voilà.
01:10:47 - On choisit l'ouverture au monde... - Voilà.
01:10:49 On choisit l'ouverture au monde,
01:10:51 et donc, c'est extraordinaire,
01:10:53 ou bien, on se retourne
01:10:55 sur soi-même et on dit "c'est la fin".
01:10:57 Moi, je préfère
01:10:59 "Pen Arbed". - Oui, je comprends.
01:11:01 C'est très joli,
01:11:03 d'ailleurs, vous savez qu'il y a
01:11:05 l'un des plus beaux poèmes,
01:11:07 il n'est pas breton, c'est quand même "Barbara de Prévert".
01:11:09 - Bien sûr. - Quand il parle du bateau
01:11:11 de Ouessant, il pleuvait quand même
01:11:13 sur Brest, etc. - Ce jour-là,
01:11:15 je souriais de même.
01:11:17 - Voilà.
01:11:19 "Oh Barbara, quelle connerie la guerre".
01:11:21 - "Tu es devenue maintenant".
01:11:23 - Ça a beaucoup marqué,
01:11:25 les guerres. - Oui.
01:11:27 Les guerres ont beaucoup marqué, surtout dans des...
01:11:29 Parce que, au fond, Brest,
01:11:31 c'est une ville qui vit de la guerre.
01:11:33 Parce que Brest vit avec
01:11:35 l'arsenal, enfin plus maintenant, mais
01:11:37 a vécu pendant des siècles
01:11:39 avec l'arsenal, et l'arsenal
01:11:41 ne vit que par la guerre.
01:11:43 - Oui, c'est la capitale nationale.
01:11:45 - Oui, ça a été...
01:11:47 - Depuis quand déjà ?
01:11:49 - Brest a été un port
01:11:51 depuis très longtemps, parce que les
01:11:53 Romains s'y sont installés.
01:11:55 Ça a été un des grands ports de l'Occident
01:11:57 avant de rentrer
01:11:59 vers ceux qui venaient du Sud
01:12:01 et allaient vers le Nord.
01:12:03 Ça a été à Brest, parce que la rade de Brest
01:12:05 est une rade absolument extraordinaire,
01:12:07 avec un goulet qui la sépare
01:12:09 de l'océan.
01:12:11 Et donc, ça a été un grand port
01:12:13 pendant très très longtemps.
01:12:15 Et c'est pour ça que Louis XIV
01:12:17 en a fait un port de guerre.
01:12:19 - Et oui. Et en fait, c'était
01:12:21 toutes votre famille,
01:12:23 enfin une partie de votre famille.
01:12:25 - Une partie, oui.
01:12:27 - Et puis alors, j'ai beaucoup apprécié
01:12:29 aussi les facultés
01:12:31 kalimbourgeoises de votre grand-père,
01:12:33 notamment à propos de Morlaix.
01:12:35 - Oui, oui, ça c'était quand on prenait
01:12:37 le train, on mettait 7h pour faire
01:12:39 Paris-Brest.
01:12:41 Et donc, dans le train,
01:12:43 au départ il ne fallait pas parler
01:12:45 parce qu'il y avait du monde dans le compartiment.
01:12:47 - 7h Paris-Brest.
01:12:49 - Quand j'étais petite, il y avait 3 classes.
01:12:51 La première,
01:12:53 c'est pour les riches.
01:12:55 La troisième, c'est pour les mal éduqués.
01:12:57 Et la seconde, c'est pour la classe moyenne,
01:12:59 c'est-à-dire c'est nous.
01:13:01 Donc on était dans le compartiment,
01:13:03 on ne parlait pas au début, puis petit à petit,
01:13:05 on descendait, et à la fin, évidemment,
01:13:07 on restait à peu, et j'avais le droit de parler
01:13:09 à voix haute. Et donc,
01:13:11 grand-père, quand on arrivait à Brest,
01:13:13 il disait "tu connais le chef de guerre qui n'a pas le droit
01:13:15 d'avoir de chien ? Ben c'est Morlaix."
01:13:17 Parce que quand il crie "Morlaix" dans son haut-parleur...
01:13:19 - Le chien arrive.
01:13:21 - Voilà.
01:13:23 - Oui, mais regardez, vous racontez l'histoire, Catherine Bréchignac,
01:13:25 elle est formidable, elle est de la planète Mars.
01:13:27 Quand vous dites
01:13:29 "on n'avait pas le droit de parler",
01:13:31 et quand, effectivement, on arrivait à la fin
01:13:33 de parcours, là, j'avais le droit
01:13:35 de parler. J'imagine, en 2024...
01:13:37 - J'avais pas le droit de parler à voix haute.
01:13:39 - Non, mais je veux dire, oui, mais enfin, attendez.
01:13:41 Non, mais aujourd'hui, en 2024,
01:13:43 qui n'a pas le droit de parler
01:13:45 dans les trains pendant... Si, on fait attention
01:13:47 aux portables. - On fait quand même attention.
01:13:49 On vous dit quand même ne pas...
01:13:51 - C'est vrai. - Mettez vos portables en sourdine.
01:13:53 - Mettez vos portables, oui. - Quand on va
01:13:55 dans un théâtre,
01:13:57 on écoute aussi les gens. Si vous voulez
01:13:59 parler, vous avez des tas d'endroits où vous pouvez parler.
01:14:01 - Oui, bien sûr. - Mais vous n'êtes pas obligé de parler
01:14:03 à voix haute, de manière très bruyante,
01:14:05 quand vous avez des voisins qui...
01:14:07 - C'est vrai. - Ils défisent complètement de ce que vous dites.
01:14:09 - Et en fait, votre dernier chapitre,
01:14:11 enfin, le dernier chapitre
01:14:13 du livre, vous parlez du monde
01:14:15 d'aujourd'hui. - Oui.
01:14:17 - Vous n'êtes quand même pas, on ne vous sent pas, d'un enthousiasme
01:14:19 absolument délirant sur un certain nombre
01:14:21 de dérives. - Non, il y a des dérives qui sont exagérées.
01:14:23 Mais je pense qu'il y en a eu
01:14:25 à toutes les époques. - Vous pensez ?
01:14:27 Oui, remarquez. On peut se dire ça. - Oui, je pense quand même.
01:14:29 - Il y a eu quand même aussi le goût
01:14:31 d'envoyer des gens à la mort, peut-être,
01:14:33 enfin, quand on s'appelle 14-18 et tout ça.
01:14:35 - Il y a eu des époques qui ont été épouvantables. Et puis regardez,
01:14:37 dans Sud Radio,
01:14:39 vous avez les Français
01:14:41 parlent autant français. Ça a été quand même
01:14:43 une époque extrêmement épouvantable,
01:14:45 cette époque de la Deuxième Guerre mondiale.
01:14:47 - Bien sûr. - Donc, l'unimalité
01:14:49 a passé toutes ces époques
01:14:51 tyranniques.
01:14:53 Et, bon, aujourd'hui,
01:14:55 on est dans une autre époque,
01:14:57 mais on a aussi des difficultés de vivre.
01:14:59 - Et pour votre famille, alors je reviens
01:15:01 à la force des racines,
01:15:03 les deux guerres ont joué un rôle très différent.
01:15:05 - Oui, très différent. - En quel sens ?
01:15:07 - Dans
01:15:09 la guerre de
01:15:11 14-18, mon grand-père avait 17 ans
01:15:13 et il s'est engagé volontaire.
01:15:15 Ses frères aînés étaient partis à la guerre,
01:15:19 mais lui n'avait pas besoin de partir
01:15:21 et il est quand même parti,
01:15:23 c'est quand même engagé, il est parti à la guerre.
01:15:25 Il m'en a...
01:15:27 Je lui ai posé
01:15:29 beaucoup de questions et
01:15:31 en fait, il ne voulait pas répondre.
01:15:33 - Pourquoi, à votre avis ? - Parce que
01:15:35 je pense qu'il a vécu des choses abominables.
01:15:37 Bon, je suis sûr
01:15:39 qu'il a vu
01:15:41 des hommes mourir devant lui,
01:15:45 il en a peut-être tué, enfin bref.
01:15:47 - Il ne voulait pas en parler ?
01:15:49 - Il ne voulait pas en parler, non.
01:15:51 Il a eu des citations, mais il ne voulait pas en parler.
01:15:53 Après, quand j'ai lu son livre militaire,
01:15:55 il était déjà mort, mais quand j'ai écrit ce livre
01:15:57 et que j'ai lu son livre militaire,
01:15:59 j'ai compris ce qu'il avait vécu.
01:16:01 L'autre guerre était différente,
01:16:03 notre guerre était beaucoup plus...
01:16:05 Là, c'était la guerre du front qui était difficile,
01:16:07 dans l'arrière-pays,
01:16:09 les gens vivaient à peu près normalement.
01:16:11 La seconde guerre mondiale,
01:16:13 évidemment, tout le monde était impliqué.
01:16:15 - Et l'occupation a été...
01:16:17 - À Brest,
01:16:19 l'occupation a été forte
01:16:21 parce que, dès
01:16:23 l'appel de De Gaulle,
01:16:25 tout de suite,
01:16:27 les Allemands sont arrivés,
01:16:29 et c'est pour ça qu'il a rapatrié sa famille
01:16:31 à Morlaix,
01:16:33 et lui allait à Brest, et puis après,
01:16:35 ils sont arrivés sur Paris, c'est comme ça qu'ils sont arrivés sur Paris.
01:16:37 - On continue à parler de cette
01:16:39 épopée de Jandinaire,
01:16:41 de la famille Bréchignac,
01:16:43 enfin la famille de Catherine Bréchignac,
01:16:45 pour être plus précis,
01:16:47 la force de l'Oracine.
01:16:49 - Une petite pause.
01:16:51 - 0826 300 300 pour nous appeler,
01:16:53 pour témoigner, pour poser
01:16:55 vos questions, ou tout simplement pour réagir.
01:16:57 On revient dans quelques petites secondes.
01:16:59 Sur Sud Radio, ne bougez pas.
01:17:01 - Sud Radio,
01:17:03 Bercoff, dans tous ses états,
01:17:05 midi 14h, André Bercoff.
01:17:07 - Ici Sud Radio,
01:17:09 les Français
01:17:13 parlent au français.
01:17:15 Je n'aime pas
01:17:17 la Blanquette de Vaud.
01:17:19 Je n'aime pas la Blanquette de Vaud.
01:17:21 - Sud Radio, Bercoff, dans tous ses états.
01:17:23 - 13h47,
01:17:25 on est toujours dans le face-à-face avec André Bercoff
01:17:27 et Catherine Bréchignac pour ce nouveau livre,
01:17:29 "La force de nos racines", et on accueille
01:17:31 Claude, qui nous appelle depuis Perpignan. Bonjour Claude.
01:17:33 - Bonjour Claude. - Oui,
01:17:35 bonjour André Bercoff et bonjour Catherine Bréchignac.
01:17:37 - Bonjour. - Moi,
01:17:39 j'ai écouté votre
01:17:41 échange avec André Bercoff,
01:17:43 avec beaucoup, beaucoup d'intérêt.
01:17:45 Je dois dire à titre personnel,
01:17:47 mon père à moi devait avoir l'âge de votre
01:17:49 grand-père à vous,
01:17:51 vous peut-être même un petit peu plus âgé.
01:17:53 Et je voudrais dire deux choses. La première
01:17:55 chose, c'est que la façon pour moi de traduire "Les racines",
01:17:57 c'est que je disais souvent, la seule chose
01:17:59 dont je suis sûr, c'est celle que,
01:18:01 c'est les choses que mon père m'a transmises,
01:18:03 parce que celles-là, elles existaient.
01:18:05 La deuxième chose que je voudrais dire, c'est un témoignage.
01:18:07 Mon père était, il travaillait
01:18:09 au chemin de fer, il était
01:18:11 réquisitionné en gare de Lyon à Paris,
01:18:13 où il vivait en région parisienne,
01:18:15 et pendant les périodes de restrictions,
01:18:17 il avait trouvé le moyen
01:18:19 d'aller avec le train, évidemment,
01:18:21 puisqu'il ne le payait pas, aller en Belgique,
01:18:23 acheter de la chicorée et des clous,
01:18:25 ensuite il repartait de Paris
01:18:27 avec sa chicorée et ses clous en
01:18:29 Bretagne, il allait, je ne me
01:18:31 souviens plus dans quel village de Bretagne,
01:18:33 où il avait lié des liens avec
01:18:35 une ferme, et il pouvait
01:18:37 ramener du beurre et des oeufs.
01:18:39 Je trouve que c'est assez extraordinaire.
01:18:41 - C'est joli.
01:18:43 - Oui, ça c'est très important, ce que vous racontez là,
01:18:45 tout d'abord je salue
01:18:47 Père Pignan parce que j'ai un cousin germain,
01:18:49 Carleguer, qui y habite,
01:18:51 et de plus,
01:18:53 je dois dire que c'est important
01:18:55 ce que vous venez de dire, parce que c'est la
01:18:57 solidarité entre les hommes qui est très importante,
01:18:59 et cette solidarité, elle dépasse
01:19:01 les frontières, même
01:19:03 des frontières proches.
01:19:05 - Oui, absolument.
01:19:07 - Si je peux me permettre juste un dernier truc,
01:19:09 vous voyagez à Lyon à l'époque en troisième.
01:19:11 - Ah, bravo allez !
01:19:13 - Non, pas parce que nous étions en LGV.
01:19:15 - Vous étiez mal éduqués, hein,
01:19:17 Claude.
01:19:19 - Allez, bonne journée à vous, madame.
01:19:21 - Merci.
01:19:23 - Merci Claude. On avait une question, Catherine Brichignac,
01:19:25 sur les réseaux sociaux tout à l'heure, qui nous parlait
01:19:27 de séparatisme. Est-ce que vous n'avez pas peur
01:19:29 d'être qualifiée
01:19:31 de séparatiste ?
01:19:33 - Non, non, j'ai pas peur d'être qualifiée de séparatiste
01:19:35 parce que tout d'abord je ne suis pas séparatiste,
01:19:37 je ne sais pas ce que ça veut dire, pas vraiment.
01:19:39 Et deuxièmement, je pense que
01:19:41 le séparatisme n'existe pas
01:19:43 si vous êtes tolérant.
01:19:45 Vous avez la tolérance qui est extrêmement importante.
01:19:47 Si vous respectez
01:19:49 votre voisin, quel qu'il soit,
01:19:51 si vous êtes tolérant
01:19:53 vis-à-vis de lui, il a ses racines,
01:19:55 vous avez vos autres, vous échangez
01:19:57 entre vous, et c'est ça
01:19:59 qui fait la beauté de l'humanité.
01:20:01 - Identité ouverte contre identité fermée.
01:20:03 - Exactement. - Je crois qu'on a Evelyne
01:20:05 qui nous attend au standard. Bonjour Evelyne.
01:20:07 - Bonjour Evelyne. - Oui, bonjour.
01:20:09 Alors moi je voulais témoigner, surtout en mémoire de mon
01:20:11 papa qui est en partie originaire de
01:20:13 Bretagne, des Côtes d'Armor,
01:20:15 né en 1923.
01:20:17 Une anecdote,
01:20:19 il a donc trouvé du travail
01:20:21 dans le vexin où se trouvait ma famille
01:20:23 d'avéculteur, et mon arrière-grand-mère
01:20:25 maternelle, quand il a voulu
01:20:27 épouser maman, il lui a dit
01:20:29 "tu ne pouvais pas épouser un Français".
01:20:31 - Ah ah ah !
01:20:33 - Bon, ensuite,
01:20:35 papa a vécu des
01:20:37 moments très difficiles, il est mort à 97
01:20:39 ans après une vie très dure
01:20:41 en travaillant à 12 ans, puisqu'il a été placé
01:20:43 dans les fermes où ce n'était pas
01:20:45 très heureux, et donc il est venu
01:20:47 travailler forcé de...
01:20:49 Bon, il avait 17 ans
01:20:51 en 1940, il a dû travailler
01:20:53 durement, il est venu ici,
01:20:55 il a donc eu un parcours
01:20:57 où ses filles ont pu
01:20:59 faire des études supérieures,
01:21:01 et un de ses
01:21:03 petits-enfants, deux de petits-enfants
01:21:05 ont un papa qui est venu
01:21:07 de Centrafrique faire des études supérieures
01:21:09 en France,
01:21:11 qui sont aussi une autre
01:21:13 partie de la France, qui sont
01:21:15 maintenant ingénieurs tous les deux.
01:21:17 Donc, les racines, elles sont doubles,
01:21:19 elles sont triples, parce que je ne vous passerais pas
01:21:21 toutes les photographies
01:21:23 d'une famille qui a
01:21:25 je dirais des origines différentes,
01:21:27 irlandaise,
01:21:29 bretonne,
01:21:31 viking,
01:21:33 centrafricaine, indonésienne,
01:21:35 la tolérance,
01:21:37 oui, mais je peux aussi apporter
01:21:39 le témoignage de mes
01:21:41 enfants maintenant adultes,
01:21:43 ingénieurs, qui aussi dans cette
01:21:45 France ont vécu
01:21:47 des moments difficiles,
01:21:49 mais la famille a toujours su les accompagner,
01:21:51 et notamment leur grand-père venu
01:21:53 de Bretagne, des Côtes d'Armor,
01:21:55 un pays où il fut une époque
01:21:57 où on vivait très pauvrement.
01:21:59 Donc, ce sont des racines multiples
01:22:01 qu'il faut effectivement,
01:22:03 et il y a vraiment à certains endroits
01:22:05 dans cette France, je ne suis pas d'accord avec vous
01:22:07 Madame Bréchignac, la tolérance
01:22:09 oui, mais
01:22:11 voilà.
01:22:13 Et croyez-moi que mon
01:22:15 père mort à 97
01:22:17 ans en 2020, cette tolérance
01:22:19 il l'avait, et il a vécu
01:22:21 des moments très difficiles aussi.
01:22:23 - Mais ça ne veut pas dire quand on est tolérant
01:22:25 qu'on ne vit pas des moments difficiles, mais
01:22:27 j'aime beaucoup votre
01:22:29 commentaire, parce qu'en fait,
01:22:31 les racines sont des racines multiples
01:22:33 et c'est très très important
01:22:35 ces racines multiples.
01:22:37 Au fond, quand on raisonne à l'échelle de l'humanité,
01:22:39 on se rend compte qu'on a tous
01:22:41 été, on arrive tous
01:22:43 de quelque part, on a tous bougé,
01:22:45 et on a tous des racines qui sont...
01:22:47 Mais c'est le fait de digérer ces racines,
01:22:49 de les accepter,
01:22:51 et d'en faire quelque chose, qui va
01:22:53 être l'espérance pour demain.
01:22:55 - Oui, c'est vrai. - Et c'est derrière le grand-mère
01:22:57 qui avait dit à mon papa
01:22:59 qu'on ne pouvait pas épouser un Français.
01:23:01 J'ai eu une de mes
01:23:03 tantes qui a épousé un descendant des
01:23:05 esclaves français.
01:23:07 Donc on a un visage très multiple de la France
01:23:09 et chaque racine a su s'adapter
01:23:11 et c'est peut-être un problème
01:23:13 majeur actuellement. Non, non,
01:23:15 mais ça c'est vrai. - Non, mais c'est vrai.
01:23:17 Mais il faut que la tolérance, vous savez,
01:23:19 la tolérance s'exerce des deux côtés.
01:23:21 Vous savez, on pourrait en parler des traites
01:23:23 négrières pendant très longtemps aussi.
01:23:25 Beaucoup de choses à dire, vous le savez.
01:23:27 Non, je crois que c'est très important,
01:23:29 mais je voudrais juste
01:23:31 terminer cette émission en
01:23:33 demandant à Catherine Bréchignac ce qu'elle pense
01:23:35 de cette phrase. J'en ai commencé
01:23:37 à parler hors antenne.
01:23:39 C'est quand on a demandé à Jean-Paul Sartre
01:23:41 qu'on peut aimer ou ne pas aimer,
01:23:43 mais qu'on ne peut pas contester
01:23:45 quand même la puissance
01:23:47 d'écrivain, peut-être
01:23:49 moins de philosophe que d'écrivain, enfin pour moi.
01:23:51 On lui a demandé, Sartre, vous avez écrit
01:23:53 sur la liberté, vous avez écrit
01:23:55 beaucoup de traités sur la liberté, mais est-ce que
01:23:57 vous pourriez en une phrase définir ce qu'est la liberté ?
01:23:59 Et il a dit, c'est pour ça
01:24:01 que je vous pose la question et ça rejoint ce qu'on
01:24:03 était en train de discuter tous.
01:24:05 Il dit "la liberté, c'est ce que vous faites
01:24:07 de ce qu'on a fait de vous".
01:24:09 On ne choisit pas ses origines, on ne choisit pas
01:24:11 sa naissance, on ne choisit pas ses parents,
01:24:13 on ne choisit pas son lieu d'éducation,
01:24:15 mais après, c'est vous qui gérez.
01:24:17 C'est vous qui gérez
01:24:19 au vrai sens du terme, au fond,
01:24:21 le plus profond, ce que vous avez fait
01:24:23 de votre programmation d'origine.
01:24:25 Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? - Moi je suis d'accord avec ça.
01:24:27 C'est-à-dire qu'en fait, on ne choisit
01:24:29 pas, on ne choisit évidemment rien,
01:24:31 mais d'abord on a une chance
01:24:33 phénoménale, c'est de vivre,
01:24:35 parce que la vie est quand même quelque chose d'extraordinaire,
01:24:37 quand vous regardez l'univers,
01:24:39 vous vous rendez compte de la chance
01:24:41 que vous pouvez avoir et
01:24:43 cette chance, il ne faut pas la rater.
01:24:45 Il faut vraiment la prendre à bras le corps,
01:24:47 aimer la vie et
01:24:49 faire avec tout
01:24:51 ce qu'on a appris, parce qu'on ne peut pas
01:24:53 apprendre tout, mais une partie,
01:24:55 et nos racines en particulier, en faire quelque chose
01:24:57 de bien. Et c'est effectivement ce que
01:24:59 l'on fait, avec ce que l'on a,
01:25:01 qui est toute la valeur ajoutée
01:25:03 de l'humain.
01:25:05 - Et cette valeur ajoutée de l'humain,
01:25:07 c'est pour ça, vous le racontez d'ailleurs,
01:25:09 c'est très intéressant parce que
01:25:11 ce que vous racontez dans cette épopée
01:25:13 de gens dits ordinaires,
01:25:15 moi je ne sais pas ce que c'est quelqu'un d'ordinaire,
01:25:17 mais bon,
01:25:19 je vois très bien comment vous employez cela.
01:25:21 C'est qu'au fond, on a l'impression
01:25:23 que chacun,
01:25:25 dites-moi si cette image
01:25:27 vous convient, s'est juché sur les épaules
01:25:29 de l'autre. - Oui, c'est ce que disait,
01:25:31 c'est ce qu'on a dit depuis déjà très longtemps,
01:25:33 c'est ce qu'a dit Newton,
01:25:35 c'est ce qu'a dit Chrétien de Troyes,
01:25:37 c'est effectivement, si je vois plus
01:25:39 loin, c'est parce que je suis
01:25:41 sur les épaules des géants, et c'est exactement
01:25:43 ça, c'est vrai pour la science, c'est vrai pour
01:25:45 tout. Quand
01:25:47 vous faites de la science,
01:25:49 vous êtes, vos racines,
01:25:51 parce que moi j'ai des racines qui sont très multiples,
01:25:53 même si elles sont
01:25:55 terriennes d'un côté, et bien
01:25:57 de l'autre côté, quand on fait de la science, avec les racines
01:25:59 de tous
01:26:01 les
01:26:03 scientifiques qui nous ont précédés
01:26:05 et qui ont trouvé des choses formidables,
01:26:07 ils ne les trouvent jamais tout seuls,
01:26:09 jamais, même vous n'auriez
01:26:11 par exemple Einstein, si
01:26:13 Einstein n'avait pas existé,
01:26:15 un autre aurait existé,
01:26:17 un autre aurait trouvé la relativité.
01:26:19 En fait, il faut être très humble
01:26:21 quand on fait de la science, parce que justement
01:26:23 on fait progresser
01:26:25 un tout petit peu par rapport à
01:26:27 ce que tous les scientifiques
01:26:29 précédents ont trouvé,
01:26:31 et c'est ça qui fait la construction de la science,
01:26:33 c'est cette solidarité
01:26:35 entre, pour construire
01:26:37 la connaissance qui est très importante,
01:26:39 et là aussi c'est d'autres racines.
01:26:41 - Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles,
01:26:43 c'est Catherine Bréchignac,
01:26:45 et lisez son livre.
01:26:47 - Merci Catherine Bréchignac d'avoir été avec nous, je rappelle
01:26:49 la force de nos racines disponibles
01:26:51 aux éditions du CR.
01:26:53 André Bercoff, demain vous renez entre midi et 14h,
01:26:55 édition un peu spéciale,
01:26:57 demain entre 13h et 14h, puisque nous serons avec
01:26:59 Marie-Estelle Dupont et Sophie Audugé,
01:27:01 on va faire une émission spéciale sur
01:27:03 l'éducation pour les enfants,
01:27:05 notamment à l'école, tout de suite,
01:27:07 c'est Brigitte Lahaye sur Sud Radio, à demain.
01:27:09 - De Fourvière à Mon Plaisir,
01:27:11 de la Cité Internationale à Gerland,
01:27:13 du Parc de la Tête d'Or à Saint-Just,
01:27:15 depuis le sommet de Fourvière,
01:27:17 Sud Radio rayonne désormais à Lyon et le Grand Lyon
01:27:19 sur 105.8.
01:27:21 Connectez-vous aussi avec l'appli Sud Radio, et parlons vrai.
Commentaires