00:00 [Musique]
00:04 Bonjour Martine Claret.
00:06 Bonjour.
00:07 Alors, ravie de vous retrouver sur ce plateau parce que nous nous sommes connues il y a près de 10 ans maintenant
00:11 lors des prix Women Equity for Growth qui étaient des prix qui célébraient les entreprises de croissance dirigées par des femmes
00:19 et vous avez souvent été lauréate tant au niveau performance qu'au niveau RSE.
00:24 Donc c'est là que nous nous sommes connues.
00:26 Pour arriver tout de suite, puisque c'est votre portrait, donc parlez de l'histoire de l'entreprise.
00:31 En 2003, vous avez créé avec votre mari comme associé ce qu'allait devenir cette belle entreprise aujourd'hui Horus Pharma.
00:39 Donc parlez-nous finalement un petit peu du contexte du démarrage, l'état d'esprit et comment ça s'est passé, les différentes étapes.
00:46 Alors d'abord, je suis contente de vous retrouver et puis je vous remercie de m'avoir invitée dans cette émission.
00:52 Alors le démarrage d'Horus Pharma c'était en 2003 et on a créé cette entreprise, Claude Claret et moi, nous étions très complémentaires pour faire ça.
01:04 On avait déjà travaillé dans d'autres entreprises dans le domaine de la santé et de la pharmacie et on avait un projet d'être indépendant
01:13 et puis d'avoir une entreprise comme nous la souhaitons.
01:18 On avait d'abord créé une petite entreprise de business développement, développé des autorisations de mise sur le marché,
01:28 on faisait des études de marché, on donnait des produits en exploitation à d'autres entreprises.
01:33 Et puis on s'est dit, alors ça c'était bien sûr avec l'aval des entreprises dans lesquelles nous étions encore bien sûr,
01:42 et puis on avait créé cette structure et puis à un moment donné on s'est dit qu'au fond, puisqu'on donnait à exploiter à d'autres,
01:49 on pouvait peut-être le faire nous-mêmes et puis on s'est lancé dans cette aventure.
01:52 Donc vous aviez à la fois une solide expérience professionnelle et puis l'envie, l'envie entrepreneuriale et l'envie d'être indépendant.
02:00 D'ailleurs ça vous a accompagné un petit peu tout le temps.
02:02 Comment, racontez-nous les principales étapes qui vous ont mené jusqu'à aujourd'hui, puis après on parlera de vos défis etc.
02:09 Mais les principales étapes finalement.
02:11 Avant Horus Pharma.
02:13 Non, non, après quand vous avez lancé l'entreprise.
02:15 Oui, on a lancé l'entreprise, donc on a créé en 2003, on était tous les deux.
02:19 On était complémentaires puisque moi j'avais une formation, j'ai une formation de recherche-développement, de pharmacologie, de pharmacie etc.
02:27 Donc plutôt technique et scientifique.
02:29 Et puis Claude est lui aussi docteur en pharmacie, mais lui il est à tendance business et marketing.
02:34 Donc on était très complémentaires.
02:36 Ce qui nous manquait c'était les finances, mais s'il y avait eu un financier, je pense que ça n'aurait pas marché.
02:40 Il nous aurait dit que c'était vraiment qu'on se lançait dans une aventure folle.
02:44 Donc voilà, on a créé cette entreprise avec, c'est vrai, en récupérant déjà les produits que nous avions donnés en exploitation à d'autres entreprises plus importantes.
02:57 Donc ça nous a permis d'avoir déjà un chiffre d'affaires intervenu pour commencer.
03:02 Et puis nous avons trouvé un produit qui pouvait être intéressant à mettre sur le marché dans le domaine de l'ophtalmologie, puisqu'on fait de l'ophtalmologie.
03:11 Et ça nous a permis de lancer l'entreprise.
03:15 On a été assez entreprenant aussi au niveau du market access, parce que c'était une nouvelle.
03:23 On a fait une démarche qui après a été suivie par d'autres au niveau des remboursements de certains dispositifs médicaux pour l'œil.
03:31 Et c'est comme ça que ça a commencé.
03:34 Et puis bon, après, on a développé, on a créé des... On s'est lancé dans l'export, mais ça plus récemment.
03:43 C'était plutôt vers 2012, 2013.
03:47 Et puis en 2015, on a commencé à créer quelques petites filiales en Europe.
03:52 Oui, vous êtes très modeste parce qu'en fait, ce ne sont pas des filiales, ce sont ce qu'elles sont.
03:58 Le groupe devient tout à fait intéressant.
04:00 Donnez-nous d'ailleurs, parce qu'on n'a pas encore parlé finalement de ce qu'est Aorus Pharma aujourd'hui.
04:05 Donc faites-nous un peu une description d'Aorus Pharma en termes de chiffre d'activité.
04:09 Alors Aorus Pharma, c'est une société pharmaceutique qui est spécialisée en ophtalmologie.
04:15 D'abord, nous nous occupons de la santé de l'œil.
04:18 Nous avons un chiffre d'affaires de proche de 100 millions d'euros.
04:23 Donc belle ETI.
04:24 Et nous avons 210 collaborateurs entre la France et les filiales.
04:29 Il y en a à peu près 180 en France.
04:31 100 au siège et les autres personnes sont des informateurs médicaux, des visiteurs médicaux,
04:38 mais aussi des gens qui s'occupent d'informations scientifiques, etc.
04:43 et qui sont répartis sur le territoire français.
04:45 Et puis, nous avons donc des filiales, plusieurs en Europe, en Espagne, au Benelux,
04:52 et puis maintenant dans les pays nordiques, il y en a plusieurs, et puis en Suisse.
05:00 Donc c'est à peu près le profil.
05:03 Et on consacre 20% de notre chiffre d'affaires à la recherche.
05:07 C'est ce qui vous permet de continuer à progresser, c'est certain.
05:12 Et finalement, on a l'impression que vous entendez que tout s'est passé facilement.
05:16 Ce n'est pas le cas, vous avez connu forcément des moments plus difficiles.
05:20 Est-ce que d'ailleurs, c'est une toute petite question, on va revenir à vos défis,
05:23 mais est-ce que finalement le fait de le faire avec votre mari, en couple,
05:27 est-ce que ça a été un avantage ou un inconvénient ?
05:29 Et comment vous vous êtes organisés tous les deux pour répartir les responsabilités ?
05:33 Alors je pense que c'est bien de ne pas être tout seul.
05:36 Oui, on se disait Fanny à l'instant.
05:38 Et je trouve que deux, c'est mieux que tout seul, parce que quand même.
05:41 Alors des fois, ça crée certains tirages, mais d'un autre côté, c'est quand même mieux d'être deux.
05:48 Et puis, on était complémentaires, comme je vous l'ai dit, on avait vraiment des formations complémentaires.
05:53 Donc finalement, on est resté un petit peu chacun dans ce dans quoi nous étions bons.
05:58 Et je pense qu'on avait aussi cette volonté, on avait cette volonté chevillée au corps de créer cette entreprise.
06:05 Voilà, donc on avait quelque chose à créer en plus de notre famille.
06:11 On avait un but commun, donc je pense que c'est plutôt, moi je trouve ça plutôt favorable,
06:16 parce que comme ça, on peut se comprendre dans les difficultés, le temps qu'on y passe, etc.
06:23 Donc je pense que c'est quand même plutôt, enfin moi je trouve ça plutôt favorable.
06:27 Et vous avez opté pour une organisation où vous êtes la présidente et votre mari est le directeur général.
06:32 Donc bon, vous l'avez fait quand même à une époque, entre guillemets, pas si ancienne,
06:37 mais enfin malgré tout, où ce n'était pas nécessairement comme ça qu'on voyait les choses dans un couple.
06:42 C'était peut-être pas autant la mode, mais disons que oui, à l'époque, il n'y en avait pas beaucoup.
06:49 Mais finalement, je pense que dans la répartition des rôles, c'était pas mal.
06:54 Oui, c'est pas mal parce qu'en plus, il y avait un rôle de communication peut-être,
07:00 où j'avais peut-être plus de dispositions, même si Claude fait du marketing et il le fait très bien.
07:09 Donc ça s'est fait assez naturellement.
07:14 Alors aujourd'hui, les défis, puisque même si vous vous développez harmonieusement et que vous êtes déjà à un très beau niveau,
07:20 quels sont les principaux défis que vous rencontrez au niveau de Russforma aujourd'hui ?
07:24 Les défis, c'est qu'il faut que nous nous développions, il faut que nous atteignions une taille critique dans notre domaine.
07:31 Et on considère que la taille critique, c'est 200 millions d'euros.
07:36 Donc c'est x2 par rapport à aujourd'hui.
07:39 Voilà, c'est x2.
07:40 Alors c'est un enjeu dans le contexte actuel qui est quand même un peu compliqué,
07:46 parce que notre gros moteur, c'est quand même la France.
07:48 Et pour devenir, toutes les entreprises qui grossissent ont besoin d'avoir leur moteur dans leur pays d'origine,
07:54 qui fonctionne bien.
07:57 Et c'est vrai qu'en ce moment, c'est quand même compliqué,
07:59 parce que les conditions économiques pour les produits de santé sont quand même assez difficiles en France,
08:04 avec des prix qui sont quand même dans les plus bas européens.
08:08 Donc c'est un petit peu compliqué.
08:10 Alors bon, il faut que nous continuions à faire de la recherche, d'innovation.
08:15 On fait des produits de santé, on ne fait pas que des médicaments.
08:18 On est aussi banque de tissus, on fait des dispositifs médicaux.
08:24 Et on essaye d'apporter un service aux médecins.
08:28 Et vous avez lancé également une nouvelle activité.
08:32 Oui, et on a lancé une nouvelle activité,
08:34 puisque là maintenant, on a développé une gamme de cosmétiques,
08:38 haut de gamme, autour de l'œil, sans aucun conservateur, absolument pas.
08:42 C'était d'ailleurs votre prérègle depuis toujours, je crois que dès le départ, vous vouliez ne pas avoir de conservateur.
08:47 Alors dans tous nos produits, nous n'avons pas de conservateur.
08:49 Mais c'est vrai que pour des médicaments, des dispositifs médicaux, il y en a quand même un certain nombre.
08:54 Pour les produits cosmétiques, c'est plus rare.
08:56 Bon, on a des brevets pour ça.
08:58 Mais je pense que c'est assez intéressant.
09:00 Et c'est vrai qu'il faut que, dans le contexte de notre développement,
09:03 nous élargissions aussi notre offre sur des produits qui soient hors sécurité sociale,
09:08 et qui ne soient pas remboursés, avec des prix plus libres.
09:13 Donc je pense que...
09:15 Donc le principal défi, c'est le...
09:17 C'est un bon défi, c'est un défi de développement.
09:19 Donc c'est comment continuer, en gardant vos valeurs,
09:23 et en gardant votre façon de contenir d'aujourd'hui.
09:26 On veut aussi se développer à l'international, et aussi dans nos filiales,
09:30 fonctionner comme nous le souhaitons.
09:33 Oui, très bien.
09:34 Alors, en dernière question, bon, on pourrait beaucoup parler encore de votre entreprise,
09:37 parce qu'il y a beaucoup à en dire, et c'est passionnant,
09:39 mais en dernière question, puisqu'on est dans une émission qui s'appelle Smart Women,
09:42 on parle aussi des femmes.
09:44 Alors je sais que pour vous, la parité absolue, ce n'est pas une nécessité,
09:47 mais ce à quoi vous tenez, c'est justement les possibles offerts à toutes les femmes.
09:52 En deux mots, puisqu'on est à la fin,
09:54 ça veut dire quoi pour vous, Sam ?
09:57 Bon, d'abord, nous, nous sommes dans un milieu où il y a quand même des femmes,
10:00 déjà, le milieu de la santé, il est quand même assez féminisé.
10:03 C'est-à-dire que nous, ce que nous voulons, c'est quand même avoir des talents.
10:07 Donc je pense qu'il ne faut pas non plus tomber dans le défaut de négliger le talent pour la féminité.
10:16 Il faut quand même que ce soit les deux, donc ce n'est pas toujours ce que l'on dit,
10:20 mais je pense que ça, c'est important.
10:22 Et puis surtout, il y a une chose, c'est que je pense que pour les femmes,
10:25 ce qu'il faut, c'est qu'elles aient le choix et que toutes les femmes aient le choix.
10:29 Donc nous, ce qu'on voudrait, c'est essayer de s'engager même davantage
10:32 dans tout ce qui peut concerner l'éducation des femmes qui n'ont pas accès peut-être à tous les moyens
10:38 pour pouvoir avoir des situations qui soient intéressantes.
10:44 Merci beaucoup, merci pour ce témoignage, merci pour ce franc-parler et ces idées qui sont les vôtres.
10:51 Vous avez exprimé également sur la position des femmes et on vous souhaite bien sûr
10:55 beaucoup de succès encore dans l'avenir.
10:57 Donc cette émission se termine.
11:00 Merci de l'avoir écoutée et je vous dis au mois prochain pour découvrir mes prochaines invitées.
11:06 Merci.
11:07 Merci beaucoup.
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