00:00 [Musique]
00:06 L'invité de ce Smart Impact c'est Noémie Bercoff. Bonjour.
00:09 Bonjour.
00:10 Bienvenue. Vous êtes la directrice générale d'Urbanloop, entreprise basée dans le Grand Est.
00:14 L'histoire a commencé avec des élèves ingénieurs à Nancy, on y reviendra tout à l'heure.
00:17 Mais d'abord, je voudrais qu'on comprenne, qu'on peut-être visualise de quoi on parle.
00:22 Des capsules de transport légères et autonomes. Décrivez-nous ça.
00:26 Alors, c'est des capsules, comme vous venez de le dire, de transport. Ça fait 1 mètre de large, c'est très étroit.
00:31 2 mètres 50, 3 mètres de longueur. De transport, ça veut dire on monte dedans, des humains.
00:36 Donc, c'est calibré pour 2 personnes. On peut monter à 3 ou 4 personnes.
00:39 Puis, on va faire une offre modulaire pour monter à un peu plus.
00:42 Mais pour l'instant, sur nos projets, c'est dimensionné comme ça.
00:45 Ça circule sur des rails, sur une voie. C'est autonome, ça veut dire qu'il n'y a pas de conducteur.
00:51 Les rails, ça veut dire que c'est guidé. C'est sans batterie.
00:54 C'est alimenté par la voie. C'est alimentation électrique.
00:58 Et dans les caractéristiques principales, c'est à peu près ça.
01:00 Donc, c'est décarboné, c'est électrique, c'est efficace.
01:04 Dans les caractéristiques principales, ça ne s'arrête pas aux arrêts intermédiaires.
01:08 C'est-à-dire que vous montez... - On choisit son trajet quand on monte à bord ?
01:11 - Alors, votre trajet, il sera sur la voie, étant donné que c'est guidé.
01:14 En revanche, si vous montez à la station 1 et vous allez à la 6, vous ne vous arrêterez pas à la 2, à la 3, à la 4, à la 5.
01:21 - OK. Il y a suffisamment de capsules pour répondre aux demandes des autorités ?
01:24 - C'est construit en dérivation. Comme quand vous êtes sur l'autoroute, si vous allez remplir de l'essence,
01:28 vous faites le choix de sortir. Et si vous n'y allez pas, vous continuez. Donc, du coup, ça permet d'aller vite.
01:33 - Donc, la capacité en nombre de personnes, on l'a vu, en nombre de kilomètres par courrue,
01:36 c'est prévu pour faire des petites distances, des longues distances ?
01:40 - Techniquement, ça peut faire des très longues distances. L'objectif, c'est de concurrencer la voiture sur son temps de trajet.
01:47 Donc, pour que ce soit efficace, il faut qu'on ne l'attende pas en station.
01:50 L'idée, c'est que vous venez de là où vous venez, vous arrivez, il y a des capsules en station,
01:55 vous appuyez sur le bouton, la porte s'ouvre, vous montez et vous partez à votre destination.
01:58 Donc si on fait des très longues distances, il faut qu'il y ait beaucoup de capsules.
02:01 Étant donné que c'est un moyen de transport qui est pertinent aussi en termes économiques, en termes d'investissement,
02:06 si on a des très longues distances, très nombreuses capsules, ça va être cher.
02:10 Donc notre zone de pertinence, elle est entre 5 et 20 km sur des circuits entre 5 et 20 km.
02:15 Donc on commence à bien comprendre les usages. Dans quelle partie de nos vies, dans quelle région,
02:23 dans quelle zone urbaine, périurbaine, elles vous semblent les plus pertinentes ces capsules Urbanloop ?
02:30 Je vais dire partout, forcément.
02:32 Oui, mais il y a de la concurrence.
02:33 Par définition, il n'y a pas beaucoup de concurrence.
02:35 Ça ne concurrence pas les modes lourds, les métros, les tramways, qui sont beaucoup plus capacitaires.
02:41 On peut monter à beaucoup plus de nombreux dedans.
02:43 Ça peut se poser partout, c'est-à-dire les zones périurbaines.
02:47 C'est plus compliqué dans une ville où les infrastructures sont déjà omniprésentes.
02:52 Dans une ville très dense, ce n'est pas la cible numéro 1.
02:55 Les zones périurbaines, tout ce qui est dernier kilomètre.
02:57 Par exemple, vous êtes dans une zone périurbaine du Grande Agglomération,
03:00 vous avez un TER, un service express métropolitain, un terminus.
03:05 Ça fait très bien du rabattement, c'est-à-dire le dernier kilomètre.
03:10 L'idée, je le répète, c'est de concurrencer la voiture sur son temps de trajet.
03:14 Les gens, quand ils habitent à 5-7 kilomètres d'une station de RER métropolitain,
03:19 s'ils prennent leur voiture pour faire les 5 premiers kilomètres,
03:21 ils ne la laissent pas dans un parc relais, souvent ça ne marche pas.
03:23 En fait, ils vont jusqu'à la destination en voiture.
03:25 L'intérêt de l'Urban Loop, c'est que ça fait toutes ces connexions
03:28 entre des zones d'habitation et des terminus de mode lourd.
03:32 Ça marche aussi très bien sur tout ce qui va être zone industrielle, logistique de production.
03:38 Un port autonome, donc c'est des espaces fonciers un peu étendus,
03:45 avec par exemple un grand parking au début pour des salariés,
03:48 et des Urban Loops qui vont desservir chaque entrepôt de la zone logistique.
03:55 Vous en avez tout aujourd'hui du développement du Urban Loop ?
03:58 On peut déjà l'utiliser ? Il y a un démonstrateur quelque part ?
04:01 Alors, on a un circuit d'essai près de Nancy, à Tomblaine.
04:04 On peut l'utiliser, on y va, on monte dedans, on le teste.
04:08 On a le projet Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024,
04:11 qui va être un démonstrateur.
04:13 C'est un circuit qui fait 2 km, 3 stations, à Saint-Quentin-en-Yvelines.
04:17 C'est autour de tous les événements sportifs qui vont se passer au Vélodrome.
04:22 Saint-Quentin-en-Yvelines, qui est une collectivité très innovante,
04:25 terre d'innovation, et qui nous a suivi et accompagné sur ce projet-là.
04:30 Et puis ensuite, on a un projet tout à fait commercial à Nancy.
04:34 Alors ça, on y reviendra peut-être au projet commercial à Nancy,
04:36 mais je voudrais prendre un peu de temps sur les Jeux Olympiques.
04:39 Ça va servir à quoi ? Servir des fan zones, par exemple ?
04:41 Ça peut être ça, l'usage du Urban Loop ?
04:44 Complètement. Pour ce projet-là, c'est ça l'objectif.
04:48 Donc, on est en proximité du Vélodrome, là où il y aura toutes les épreuves du Vélodrome.
04:52 On a une fan zone et on rejoint un parking et la fan zone.
04:56 Et en effet, les applications qui vont suivre celles-ci,
05:00 ça peut être toutes les zones touristiques, les parcs d'attraction, etc.
05:04 C'est absolument très indiqué pour ce type d'usage.
05:07 Événement évidemment majeur, international.
05:10 Enfin, pour vous, c'est quoi ? C'est une opportunité de vous faire connaître ?
05:13 C'était ultra important d'y être ?
05:16 C'est un accélérateur pour nous qui est extraordinaire.
05:21 Donc, un accélérateur parce qu'en fait, pour ce type de projet,
05:24 c'est une énorme responsabilité de transporter des usagers.
05:27 Énorme. Donc, vu que c'est très sérieux, il y a des gros, gros temps.
05:31 Moi, j'appelle ça les temps de papier, quoi.
05:33 Avant de faire un chantier, de finir la pose de rail comme on l'a terminé.
05:36 On a des années d'études, en fait, pour que ce soit homologué, pour que ce soit sécurisé.
05:40 Et c'est vrai que l'intérêt des Jeux Olympiques, c'est qu'il n'y a pas grand monde qui ose dire non.
05:45 Finalement, là, je rajoute trois mois d'études pour vos dossiers
05:48 parce que les Jeux Olympiques, ils seront par définition à l'heure.
05:51 Donc, pour nous, ça a été vraiment un vrai accélérateur.
05:54 Une vraie opportunité d'avoir des partenaires, donc 50 interd'innovation,
05:59 Keolis et l'ADEME, qu'on dit, allez, on y va, on teste.
06:02 Et voilà, donc c'est un démonstrateur.
06:04 Et puis, bien sûr, une vitrine internationale.
06:07 Évidemment. Le projet commercial à Nancy, c'est quoi ?
06:10 Le projet commercial à Nancy, ça desserre un parc relais.
06:13 Donc là, on est sur des usagers qui vont arriver en voiture.
06:18 Un parc relais et ensuite, le tracé Urban Loop va desservir la future cité judiciaire
06:23 qui est en cours de construction et puis le centre-ville de Nancy.
06:26 Donc, on pourra soit venir du parc relais, poser sa voiture, monter dans l'Urban Loop,
06:31 appuyer sur le bouton cité judiciaire ou un autre,
06:34 ou alors aller en centre-ville, bien entendu, ou alors venir de la gare,
06:37 prendre un transport en commun en site propre pour un arrêt.
06:40 On est au terminus de l'Urban Loop et aller encore une fois à la cité judiciaire ou ailleurs.
06:45 - L'Urban Loop qui détient un record du monde.
06:47 La moindre consommation énergétique pour un véhicule autonome sur rail, 0,047 kWh au kilomètre.
06:58 Alors bon, c'est pointu comme record du monde quand même.
07:01 Il n'y a pas forcément beaucoup d'autres systèmes équivalents.
07:05 Mais pourquoi c'est important d'afficher ça ?
07:08 Parce que vos clients sont plutôt des municipalités qui vont chercher justement à développer,
07:15 à proposer une alternative pour ce dernier kilomètre.
07:17 Pourquoi c'est important ?
07:18 - Pourquoi c'est important ?
07:19 Parce qu'on a vraiment un objectif fort de décarbonation des territoires.
07:23 En fait, on est une équipe d'une trentaine d'ingénieurs.
07:25 On se lève tous les matins pour ça, pour changer le monde,
07:27 pour trouver des systèmes de transport qui répondent à ces questions.
07:30 Donc d'abord, c'est important pour nous.
07:31 C'est évidemment important parce que c'est vrai.
07:35 Et puis, ça illustre, ça incarne que notre solution, elle est légère.
07:42 Elle est légère parce que ça se pose sans infrastructure.
07:44 Et elle est aussi légère parce qu'elle n'est pas consommatrice d'énergie.
07:47 - Je vois un autre argument peut-être pour les municipalités.
07:51 C'est le fameux zéro artificialisation net, cet objectif assez lointain.
07:56 Mais enfin, il y a eu un rendez-vous d'étape, je crois, en 2030.
08:01 Et donc, il va déjà falloir bien progresser.
08:03 Là, on ne bétonne pas, c'est ça, avec votre système ?
08:08 - Oui, on est complètement zéro artificialisation net.
08:11 Donc la loi Climat et Résilience, c'est léger.
08:14 C'est ce que je disais.
08:15 Donc l'intérêt que ce soit léger par rapport à un gros bus dans lequel on va mettre 50 personnes.
08:18 Là, on va prendre 25 capsules.
08:19 On met deux personnes par capsule.
08:21 La capsule, elle est toute légère.
08:22 Et donc, du coup, elle se pose sur des rails.
08:25 Le projet de 51 en Yvelines, Jeux olympiques, Paralympiques,
08:28 on espère qu'il y a plein de gens qui vont venir voir.
08:30 On se pose sur du chemin.
08:32 Donc on a décaissé un petit peu, mais sur 20 centimètres, vraiment,
08:35 pour assurer la planéité.
08:36 Il n'y a pas ce qu'on appelle pour un tramway une grosse plateforme en béton.
08:40 Donc on est zéro artificialisation net quand on se pose dans la campagne.
08:44 Évidemment, si on se pose sur une route, mais on peut se poser partout.
08:47 Et vous disiez les municipalités, les régions, les ports autonomes.
08:51 Enfin, le panel de clients, il est large.
08:53 - Je voudrais, il nous reste une minute qu'on raconte là.
08:55 Non, non, tu ouvrais bien le point de départ.
08:57 Donc ça démarre dans une école d'ingénieurs à Nancy, c'est ça ?
09:01 - Ça démarre en 2017, de projet d'étudiant.
09:04 Donc ça, c'est une grande force parce qu'en fait, ça démarre de manière académique
09:06 et non bridée par des enjeux commerciaux forts.
09:09 C'est-à-dire, on demande à des étudiants, tiens, on va réfléchir à la décarbonation.
09:14 Comment on peut changer le monde, trouver un truc bien ?
09:17 Et puis, on est loin de se dire qu'on va faire une société deux ans plus tard
09:20 et un record du monde et les Jeux olympiques.
09:24 Donc du coup, ça, ça donne une énorme liberté.
09:26 Donc c'est né comme ça. La société a été créée en 2019.
09:29 Et puis, là, on avance.
09:31 Et donc, on a un certain nombre d'ingénieurs qui nous ont rejoint.
09:34 On est aujourd'hui autour d'une petite trentaine de salariés.
09:37 – Merci beaucoup Noémie Berkoff d'être venue nous présenter Urban Loop.
09:40 À bientôt sur Bismarck.
09:42 On passe à notre débat, la décarbonation des industries les plus polluantes.
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