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  • il y a 2 ans
Mettez vous d'accord avec Michaël Darmon, Arlette Chabot, Arnaud Benedetti et Eric Revel

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##METTEZ_VOUS_D_ACCORD-2024-01-22##

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News
Transcription
00:00 (Générique)
00:06 - Et on est ensemble pour commenter l'actualité avec vous, évidemment les agriculteurs qui sont à la une de l'actualité.
00:12 Ça fait déjà un moment qu'on en parle nous sur Sud Radio et en particulier Christine Bouillot qui est sur le terrain pour Sud Radio dans la région de Toulouse.
00:21 On va parler du tarif de l'électricité qui va augmenter de moins de 10%, 9,99%, c'est moins de 10%, 9,8%. Voilà, c'est comme dans les magasins.
00:32 Le gouvernement a-t-il peur du RNG ? J'ai été frappé par les éléments de langage hier de Bruno Le Maire et ce matin de Prisca Teveneau.
00:40 Et puis Trump en route pour la Maison Blanche. Tous ces sujets avec vous et bien d'autres avec vos coups de cœur et vos coups de gueule.
00:48 On va commencer avec vous Arnaud Benedetti. J'en ai parlé un petit peu vendredi, c'était mon coup de gueule.
00:52 - Ah bon alors, je ne savais pas, sinon j'aurais trouvé un coup de cœur ou un coup de gueule différent.
00:57 - Pas du tout, mais je trouve que c'est important d'en parler, de continuer à en parler. C'est à propos de Sylvain Tesson.
01:01 - Oui, c'est cette pétition qui circule depuis je crois jeudi ou vendredi, qui a été signée dans Libération par une centaine d'auteurs, poètes, auteurs, performeurs aussi, j'ai vu,
01:13 qui refusent que Sylvain Tesson soit le parrain ou le président, je ne sais plus exactement quel est le titre, du printemps des poètes.
01:22 Je trouve ça d'abord très étonnant que des artistes appellent à la censure d'une certaine manière, c'est quand même quelque chose d'assez paradoxal.
01:28 Il me semble que plutôt quand on est du côté de la création, on est plutôt du côté de la liberté.
01:32 Ensuite, c'est en dilant sur l'état d'une certaine gauche culturelle et idéologique,
01:39 qui à mesure qu'elle perd la bataille culturelle se radicalise toujours plus, et je crois que c'est comme ça aussi qu'il faut lire cette prise de position.
01:47 Et puis la littérature, l'art en général, me semble-t-il, est au-delà des clivages, et devrait être au-delà des clivages idéologiques et des clivages politiques.
01:56 Et ça me paraît quand même quelque chose d'essentiel. Il y avait un grand polémiste, certes de l'action française, mais qui était quand même un très grand écrivain,
02:03 qui s'appelait Léon Daudet, qui disait que pour lui la littérature n'était ni de droite ni de gauche, qu'elle était un art, une expression,
02:11 et qu'il fallait juger les œuvres à la qualité de leurs auteurs et à la qualité de leur contenu.
02:18 Voilà où on en est aujourd'hui, des poètes, prétendus poètes, appellent à la censure d'un écrivain.
02:24 Ça me fait penser à la phase de Bernadotte, vous savez, la phase de Bernadotte, les ratés ne vous rateront pas.
02:29 - Oui, c'est ça. - Il y a un peu de cela aussi dans ce comportement collectif.
02:32 - On lui reproche quelque chose qu'il n'a pas fait, à savoir la préface d'un livre de Jean Raspail.
02:37 C'est complètement absurde et ridicule, et quand bien même, absolument.
02:42 Je ne sais pas si vous avez des réactions, mais je pense que tout le monde est...
02:46 Il a été soutenu par la nouvelle ministre de la Culture. - Ça, c'est pas surprenant.
02:50 - Donc, on aura l'occasion d'en reparler.
02:55 On va parler avec... Alors, Éric, vous, c'est un coup de gueule.
02:59 - Ah oui, oui, oui, moi c'est un coup de gueule.
03:01 Je ne sais pas si vous avez vu, mais, parce qu'on parle de transposition de directive européenne
03:05 dont les agriculteurs souffrent, mais il y a un truc absolument hallucinant qui est en train de se préparer,
03:11 enfin, qui est même tranché par la Cour de cassation, c'est que dorénavant,
03:15 tout salarié qui aura été en arrêt maladie bénéficiera de congés payés.
03:21 Le droit français s'y opposait, il y a une directive européenne qui dit "non, non, non"
03:26 et la Cour de cassation a tranché avec, et fait même, rétroactif.
03:29 Donc, je ne sais pas si vous voyez le sujet, ça veut dire que, un, sur le principe
03:32 quand vous n'avez pas travaillé, avoir des congés payés, c'est un sujet.
03:36 Mais, non seulement cette directive européenne dit "non, non, il n'y a pas de sujet",
03:41 mais en plus va obliger, et pensez au PME, au TPE dont la trésorerie est déjà mise à mal
03:46 par le remboursement du prêt d'État garanti, par la hausse de la facture d'électricité,
03:51 si c'est rétroactif, mais vous avez plein de...
03:54 Alors, déjà les faillites ont explosé, Bruno Le Maire ne s'étend pas sur le sujet,
03:58 vous avez eu 60 000 faillites, qui est en condition de 35% par rapport à l'année précédente,
04:03 qui était déjà calamiteuse, mais est-ce que vous imaginez, pour des petites PME, des TPE,
04:07 ce que ça va vouloir dire de payer les congés payés de ceux qui sont en arrêt maladie,
04:11 puis j'ajoute, parce que là où il y a une off, il y a une demande,
04:13 c'est une vieille loi des reins économiques,
04:15 c'est qu'il y a aussi un certain nombre d'arrêts de complaisance de maladies.
04:19 Bien, là, si vous donnez les congés payés à ceux qui ont été en arrêt maladie,
04:25 en fait ça va créer une demande, c'est-à-dire que peut-être qu'on va avoir une multiplication
04:30 d'arrêts de maladie de complaisance.
04:32 Non mais attendez, on marche sur la tête.
04:33 - Oui, mais je ne comprends pas, quand on est dans une société, vous êtes malade,
04:37 vous avez vos congés payés normalement, non ?
04:39 - Non, c'est-à-dire qu'une partie est payée par la Sécu, bien sûr.
04:43 Mais là, il y aurait un droit à des congés payés qui serait donné par cette directive européenne,
04:48 et qui donc obligerait qui ? Les entreprises à financer ces congés payés sur des arrêts maladie.
04:54 C'est-à-dire que quand vous ne travaillez pas, vous avez le droit des congés payés.
04:57 - Alors, Stéphane nous dit, mais c'est logique, la maladie ce n'est pas les vacances,
05:00 et on cotise pour la maladie, ce n'est pas le patron qui paye.
05:03 - Bien sûr, c'est la Sécu qui rembourse la partie de salaire quand vous êtes en congé maladie.
05:08 Mais jusqu'à présent, les congés maladie ne donnaient pas le droit à des...
05:12 - Non, à des congés payés, j'ai compris.
05:16 - En tout cas, le droit français s'y opposait.
05:17 Et là, vous avez une directive européenne qui va obliger les entreprises avec effet rétroactif.
05:22 Donc ça veut dire que si vous avez été malade, j'ai n'importe quoi, je ne sais pas,
05:25 il y a deux ans, il y a trois ans, il y a quatre ans, vous allez pouvoir aussi demander des congés payés sur...
05:30 Non mais c'est hallucinant.
05:32 - On va reparler des directives européennes avec les agriculteurs, évidemment.
05:36 Arlette, on va parler également de Donald Trump dans un moment,
05:39 et vous, c'est un soutien qui vous a étonnés ou surprise ?
05:43 - Oui, c'est une prise de position qui ne peut pas paraître étonnante,
05:47 parce que Boris Johnson, ancien Premier ministre britannique,
05:49 il dit que Trump va être une chance pour le monde,
05:52 alors que tout le monde pense que c'est plutôt l'inverse,
05:54 c'est-à-dire qu'il y a une grande inquiétude.
05:56 Moi, ce qui m'a absolument fascinée, c'est l'argument que pose effectivement
06:03 l'ancien Premier ministre britannique pour dire que le monde a besoin d'un leader comme Trump.
06:08 Pourquoi ? Parce que sa volonté d'utiliser la force et l'imprévisibilité de la personne
06:15 sont un moyen de dissuasion majeure contre les ennemis de l'Occident.
06:19 Alors, imprévisible...
06:21 - C'est Boris Johnson, donc.
06:23 - Oui, Boris Johnson dit ça.
06:24 - Il est imprévisible lui aussi.
06:26 - Qui est aussi imprévisible.
06:27 Mais c'est quand même pas la qualité qu'on attend d'un président
06:32 qui va diriger la plus grande puissance du monde,
06:35 et d'ailleurs des dirigeants en général.
06:36 Il est imprévisible, évidemment, il y a un risque.
06:38 Dans le cas de Boris Johnson, c'est quand même intéressant
06:42 parce qu'il serait tellement imprévisible par exemple de Donald Trump
06:45 que dit-il, il pourrait soutenir l'Ukraine, contrairement à ce qu'on pense tous.
06:48 Il y aura un changement.
06:49 Pas du tout, rappelle Johnson,
06:52 parce qu'il avait déjà livré des armes anti-char aux Ukrainiens en 2018
06:57 et donc il pourrait continuer à soutenir l'Ukraine,
07:00 contrairement à ce que tout le monde pense.
07:02 Donc, je trouve cette argumentation absolument sidérante.
07:06 Alors si l'imprévisibilité d'être imprévisible
07:12 quand on est un responsable politique devient une qualité,
07:15 franchement, la troisième guerre mondiale est possible,
07:19 le problème est de savoir quand elle va éclater.
07:21 - En tout cas, si ce n'est pas la guerre mondiale,
07:23 ce sera la révolution populiste,
07:25 parce qu'effectivement, c'est le cœur de ce qui est en train de se passer en ce moment.
07:29 "Gouverner, c'est prévoir", disait-on.
07:32 Les peuples ont vu que les gouvernements ne prévoyaient rien,
07:37 ne comprenaient pas du tout ce qui se passait,
07:40 n'anticipaient pas,
07:41 donc maintenant on exige effectivement,
07:43 on demande à un dirigeant de ne pas prévoir,
07:45 mais simplement de pouvoir répondre.
07:47 - Et de lui-même être imprévisible.
07:48 - Et donc d'être imprévisible et de répondre aux exigences.
07:52 - Voter, c'est maintenant la roulette roulette.
07:54 - Ou roulette ukrainienne, on verra.
07:55 Mais en tout cas, c'est effectivement choisir l'inconnu.
08:01 Vous avez en ce moment une demande puissante,
08:03 qui consiste à dire "on ne sait pas où on va,
08:06 mais on va aller avec telle personne",
08:07 parce qu'il y en a assez des gens qui ont parlé pour nous dire...
08:10 - On nous a tellement expliqué pendant des décennies,
08:12 on nous a tellement expliqué pendant des décennies,
08:14 que grâce à des partis en place, on savait où on allait,
08:17 pour voir où on est arrivé, si vous voulez.
08:19 - Voilà, autant finalement ne pas savoir où on va.
08:21 - Moi j'ai suivi avec intérêt, en différé, le discours à Davos de Ravier Millet,
08:26 le nouveau président argentin,
08:28 qui est économiste de formation.
08:29 Alors le type, certains vont le trouver délirant,
08:32 quand vous le voyez, il a un côté Tom Jones et star de rock.
08:36 Mais ce qu'il dit, pardonnez-moi,
08:39 sur l'étatisme qui a montré ses limites,
08:44 voire même qui a accru la pauvreté,
08:45 dans un pays comme l'Argentine,
08:47 qui était un des pays les plus développés dans les années 30,
08:49 et qui aujourd'hui, il cite le chiffre,
08:51 145ème dans les classements de PNB par habitant.
08:54 Mais attendez, ça c'est pas de l'imprévisibilité.
08:57 Il tire un bilan de ce qui s'est passé en disant "ça n'a pas marché".
09:01 Alors il est ultra-libéral, très bien,
09:03 certains le font passer pour un fou furieux,
09:05 mais on verra, il est soutenu par le FMI,
09:07 par le Fonds Monétaire International.
09:09 - Oui mais là il applique son programme, Eric,
09:12 c'est-à-dire qu'il n'est pas imprévisible,
09:13 il fait exactement ce qu'il avait dit pendant 50 ans.
09:15 - Certes, mais le fait qu'il ait été élu était quand même un peu imprévisible.
09:18 - Enfin c'était imprévisible, ceci dit,
09:21 quand on voit l'état de la situation économique en Argentine,
09:24 c'est moyennement imprévisible,
09:25 parce que finalement il y a une responsabilité absolue des différents gouvernements argentins
09:29 qui se sont succédés depuis 30 ans dans ce pays.
09:32 - Au-delà de prévisible ou imprévisible,
09:35 ce qui est intéressant c'est que Boris Johnson,
09:37 avec d'autres, accrédite et enterrine l'idée quand même,
09:41 alors là pour le coup qu'on ne pouvait pas prévoir,
09:43 d'un retour de Trump,
09:46 d'un retour gagnant en l'occurrence de Trump.
09:48 Alors on verra, l'élection n'est pas encore faite.
09:50 - Les candidats s'adhésissent les uns entre les autres,
09:52 c'est pas mal quand même.
09:54 - Petite pause, on se retrouve dans un instant après le journal,
09:58 on va parler de nos agriculteurs, entre autres.
10:00 A tout de suite.
10:02 - Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
10:07 - On va jouer au prix Sud Radio, c'est une bonne nouvelle.
10:11 On est ensemble avec Mickaël Darmon, journaliste politique chez I24 News,
10:16 et vous avez publié "Les secrets d'un règne dans les coulisses d'un quinquennat de crise",
10:20 c'est paru aux éditions de l'archipel.
10:22 - On vous retrouve tous les lundis matin à 7h35 sur Sud Radio.
10:28 Arnaud Benedetti, professeur à la Sorbonne, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire.
10:33 Votre dernier livre, c'est un livre d'entretien avec Stéphane Rosès,
10:37 et c'est sur les imaginaires des peuples,
10:39 qui est paru aux éditions du CERF.
10:41 Et Éric Revelle, journaliste également éditorialiste sur Sud Radio.
10:44 Tout compte fait, 7h20, grand matin Sud Radio.
10:46 Et vous venez de publier un livre ?
10:48 - Oui, je viens de publier un nouveau roman qui s'appelle "Le tirailleur inconnu",
10:50 qui est une histoire absolument incroyable d'un tirailleur mort en 1917,
10:54 qui n'a jamais mis les pieds en France,
10:56 et qui est pourtant enterré sur l'île de Ré avec le titre "Mort pour la France".
10:59 Et en fait, c'est l'histoire avec 400 autres tirailleurs sénégalais,
11:02 de gens qui viennent à l'époque de Haute-Volta et d'ailleurs,
11:05 qui montent sur un bateau qui est coulé au large de l'île d'Yeux,
11:08 et dont les corps vont s'échouer, et l'un d'entre eux sur l'île de Ré.
11:11 Et c'est toute l'histoire de ce tirailleur à qui je rends hommage.
11:14 - Vous avez enquêté sur où vous avez imaginé son histoire ?
11:17 - Non, non, non, c'est une histoire absolument incroyable,
11:20 qui va du monument aux morts.
11:22 C'est aussi une époque révolue, celle de l'île de Ré,
11:25 qui n'était pas l'île de Ré de maintenant,
11:27 qui était un endroit préservé, avec une solidarité.
11:30 L'histoire est vraie puisque je l'ai inventée, Boris Vian,
11:35 en fait non, moi à 95% de ce que j'ai écrit et ce que j'ai enquêté,
11:38 c'est la vie de ce tirailleur qui s'appelle Logaili Bouddha.
11:41 "Le tirailleur inconnu", aux éditions du Lisay.
11:44 - Eh bien écoutez, on va le lire avec passion.
11:48 On va parler de nos agriculteurs avec vous, Michael,
11:51 mais juste deux, trois petites choses quand même qui m'ont agacé.
11:54 Donc déjà cette panne de train, Paris-Clairmont,
11:58 700 passagers bloqués pendant 11 heures dans le froid.
12:01 Comment c'est possible ?
12:02 Comment, enfin, comment c'est possible ? On le sait, comment c'est possible ?
12:05 On a privilégié le TGV.
12:07 - Beaucoup de travail pour y arriver.
12:08 - Oui, oui, on a privilégié le TGV.
12:10 Mais je vais vous dire, on pourrait presque porter plainte.
12:13 Moi j'ai ma mère qui habite, qui prend le train sur cette ligne.
12:16 Elle ne veut plus venir à Paris.
12:17 Donc parce qu'elle a peur, il lui est arrivé plusieurs fois d'être bloqué,
12:21 deux, trois heures, il n'y a pas que cette ligne,
12:23 il y a la ligne de Vierzon, il y a plein de lignes comme ça,
12:26 qui sont dans un état de déshérence, dans un état absolument lamentable.
12:30 C'est honteux, c'est honteux.
12:32 On a abandonné les territoires, comme on dit, on parle de nos territoires.
12:36 Mais quand on voit ces locomotives qui datent de 1800 et quelques,
12:41 il y a de quoi être en colère.
12:43 - C'est la conséquence du choix du tout TGV et de l'endettement record de la SNCF,
12:47 qui font qu'il est difficile aujourd'hui de couvrir l'ensemble des territoires.
12:54 - Le TGV lui-même passe à rencontrer un certain nombre de problèmes en termes de circulation.
12:56 - Oui, mais effectivement.
12:57 Déjà, régulièrement, on a des événements comme ceux que vous venez de citer sur la ligne TGV.
13:04 Alors sur ces lignes-là, oui, ça peut arriver malheureusement.
13:08 - Mais ce n'est pas que ça peut arriver, c'est que ça arrive comme les lignes de métro à Paris.
13:16 Je voulais en parler aussi, je voulais continuer un peu sur les transports.
13:19 Je suis tombé de l'armoire en lisant la tribune hier, la tribune dimanche,
13:22 avec cette interview d'Augustin Dromanin, qui est le président d'Aéroports de Paris.
13:27 Le titre, "l'utilisation de la voiture sera réduite à Orly".
13:30 Donc tout ça, c'est au nom de l'écologie, évidemment, la décarbonation.
13:34 Quelles mesures sont envisagées ?
13:36 Alors il explique que, chouette, il y a la ligne 14 qui va arriver,
13:40 donc on va y aller avec nos poussettes, les fauteuils roulants, les valises.
13:44 Et donc, il dit aujourd'hui, 80% des passagers utilisent encore le mode routier pour s'y rendre.
13:50 Bah ouais, ouais, ouais, ouais.
13:52 - Ça devrait l'interpeller.
13:53 - Bah oui, ça devrait l'interpeller.
13:54 Non, mais on est dans cette société du tout écoleux.
13:57 - Mais d'autant plus que si on regarde le périmètre d'un aéroport,
14:00 on ne sait pas ce qui pollue le plus sur l'aéroport.
14:04 Est-ce que ce sont les avions ou est-ce que ce sont les passagers qui viennent pour prendre l'avion ?
14:08 Donc peut-être faudrait-il avoir un lobbying efficace pour pouvoir effectivement faire évoluer le carburant.
14:16 - Non mais la ligne 14, on en parlait hors antenne, qui est la pire des lignes.
14:20 - Donc le monde à l'envers, c'est ce que disent les agriculteurs,
14:25 mais je pense que on marche sur la tête.
14:27 Et je pense que ça s'applique à tout en ce moment.
14:30 Il y a une espèce de phase assez étrange où,
14:35 on rappelait tout à l'heure avec Eric que le président de la République avait dit "cul par-dessus tête",
14:38 mais c'est exactement ça.
14:40 Le problème c'est que ça se généralise.
14:42 Ce qui fait qu'on a l'impression d'être cerné par un monde qui est totalement déréglé.
14:47 - Oui, Eric, non, sur ce...
14:50 Les aéroports ne fonctionnent pas super bien.
14:52 On recevait Philippe Croison sur les ascenseurs sont en panne,
14:56 il n'y a pas les services qu'on a dans d'autres aéroports de tapis roulant...
15:01 - Mais à terme, ils veulent faire de l'orly ?
15:03 - Oui, ben...
15:04 - C'est ça l'objectif, non ?
15:06 - Je sais pas, mais c'est quand même décarboner un aéroport...
15:11 - Il faut supprimer les avions pour vraiment décarboner les aéroports.
15:14 - Si on avait des transports en commun qui étaient à la hauteur de cette décarbonation,
15:18 on pourrait se dire "les trains fonctionnent bien, les métros fonctionnent bien,
15:21 on va avoir de nouvelles dessertes en matière de transports en commun".
15:25 Tout irait presque bien dans le meilleur des mondes,
15:27 mais là, on a quand même un sujet, pour ceux qui prennent les trains,
15:31 pour ceux qui prennent les métros,
15:34 même en région parisienne, on n'est pas que parisiens,
15:37 mais il y a un vrai sujet, sans parler des bus,
15:40 sans parler du fait qu'ils ont du mal à circuler dans Paris, etc.
15:44 - Bon, bref, alors...
15:45 - On fait un peu grincheux lundi, maintenant ?
15:47 - Oui, on est déprimés, on est déprimés...
15:50 - Il fait moins froid sur la France.
15:52 - Je ne vous parle même pas du plus grand immunologiste de France,
15:56 Didier Raoult, qui a reçu le soutien de Booba.
15:59 On a besoin du soutien de Booba, merci petit frère Didier, a-t-il dit.
16:04 Ça aussi, ça aurait pu être un énervement, mais bon.
16:07 - Michael, en parlons des agriculteurs.
16:10 - Alors, c'est un coup de gueule, coup de coeur ?
16:12 Vous aviez un angle particulier ?
16:15 - Moi, c'est un coup de coeur, parce qu'en fait,
16:17 je pense que ce mouvement qui est en train de prendre naissance,
16:20 on va voir si ça se transforme en gilet vert,
16:23 mais en tout cas, il est en train de prendre naissance.
16:25 Il me rappelle ce blocus de Paris de mai 1992,
16:33 quand la coordination rurale avait organisé la montée des tracteurs vers Paris.
16:38 Certes, pour des raisons socio-professionnelles, on va en parler,
16:41 mais aussi parce qu'il y avait une exigence de...
16:44 un questionnement général sur la place des agriculteurs dans la communauté nationale.
16:50 Le fait qu'aujourd'hui, on parle de souveraineté alimentaire, industrielle, pharmaceutique et autres,
16:56 enfin, on le met à toutes les sauces, il y a effectivement ce véritable enjeu.
16:59 Alors que, justement, une partie des Français post-Covid,
17:03 ou sensibles également aux thèses de...
17:06 ou à la poussée, ou à l'époque du retour à la nature,
17:10 redécouvrent le monde de la campagne,
17:12 quittent les villes pour aller vers la campagne,
17:14 et donc la question est de savoir si la société française, l'opinion, va soutenir ce mouvement,
17:22 parce qu'on sent bien qu'ils cherchent des voies pour ne pas trop embêter les Français
17:27 par les blocages trop massifs.
17:30 Et puis, ce que je trouve intéressant, c'est aussi qu'on assiste à une concurrence
17:36 des organisations syndicales sur le terrain,
17:39 parce qu'en réalité, la faillite de cela est dépassée par les collectifs.
17:42 - Dépassée, parce qu'il faut le savoir, car Arnaud Rousseau, président de l'FNSEA,
17:46 qui se balade dans tous les médias,
17:47 au fond, il faut quand même savoir, c'est lui qui a négocié avec le gouvernement
17:50 la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier,
17:53 qui fait beaucoup de mal, donc sur le terrain, ils se font huer,
17:57 ils essayent de récupérer le mouvement,
18:00 mais la coordination rurale, qui est beaucoup plus allante,
18:03 organise aujourd'hui un mouvement assez puissant.
18:06 C'est la première crise du gouvernement Attal,
18:09 et c'est le début de la campagne des Européennes.
18:11 - Oui.
18:12 - Voilà pourquoi cela m'intéresse.
18:13 - C'est très intéressant, pour toutes ces raisons,
18:16 et puis la situation des agriculteurs.
18:19 - Oui, je partage ce qui vient d'être dit,
18:20 c'est vrai qu'il y a une concurrence entre les organisations syndicales,
18:23 et on voit que finalement, ce mouvement est parti de la base,
18:25 parce que ce n'est pas du tout initié par l'FNSEA,
18:27 c'est initié principalement par la coordination rurale,
18:29 qui est très puissante dans le Sud-Ouest,
18:31 parce que le mouvement, pour l'instant, reste encore,
18:33 même s'il commence à se diffuser,
18:34 reste assez territorialisé dans l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.
18:37 Et c'est là qu'entre autres, la coordination rurale a un certain nombre de bastions,
18:42 moi je pense que, si vous voulez, d'abord leur colère est légitime,
18:45 ensuite, ils subissent de plein fouet,
18:50 depuis maintenant des années et des années,
18:52 un certain nombre de décisions,
18:54 qui les contraignent de plus en plus, clairement.
18:58 L'excès de normes, la taxation...
19:00 - Quand on les écoute, effectivement, c'est ugle.
19:02 - Oui, et puis avec des administrations qui sont très tachyones,
19:05 qui en général, viennent sur le terrain,
19:08 les rappellent à l'ordre,
19:10 les menaces,
19:13 donc c'est extrêmement difficile pour eux, en effet, de subir cela,
19:16 ensuite, il y a un problème de revenus.
19:17 - Bien sûr.
19:18 - Il y a une filière qui va disparaître en France dans le domaine agricole,
19:20 c'est l'arboriculture.
19:21 L'arboriculture, dans quelques années,
19:23 il n'y aura plus d'arboriculture en France.
19:25 - Et l'élevage ?
19:26 - La pomme, vous prenez l'exemple de la pomme.
19:27 La pomme, quand un agriculteur vend un kilo de pomme,
19:32 40 centimes d'euros,
19:34 vous allez dans les grandes surfaces,
19:36 vous l'achetez 3 euros.
19:39 Donc il y a quand même un problème de revenus et de distorsion.
19:41 Ensuite, il y a le problème, vous l'avez justement dit,
19:43 ça va être intéressant de voir quelle va être la position de Bercy, d'ailleurs,
19:47 sur le gasoil non routier.
19:51 Parce que le gasoil non routier a pas mal augmenté cette année,
19:54 donc si on le taxe,
19:55 là on rentre, si vous voulez, dans une séquence qui n'est pas sans rappeler
19:58 celle des Gilets jaunes.
19:59 Et en plus, ils ont quand même,
20:01 j'allais dire, un potentiel d'agrégation dans les campagnes,
20:04 qui est très fort, parce que
20:05 beaucoup de campagnes, quand même, reposent sur l'économie agricole.
20:08 Donc ça, je pense, c'est un élément important.
20:10 - Plusieurs choses, Michael Darmon, finalement,
20:13 à la réponse à la question qui se pose.
20:14 Est-ce que ce mouvement va prendre ?
20:16 La réponse, c'est oui, pour une raison très simple.
20:17 C'est que quand vous avez,
20:18 dans l'histoire des mouvements sociaux,
20:20 quand vous avez le principal syndicat d'une corporation qui est débordée,
20:24 c'est justement que le mouvement est en train de prendre.
20:27 Puis deuxième chose,
20:28 ce matin, chez Jean-Jacques Bourdin, il y a un agriculteur qui témoignait,
20:30 moi j'étais sidéré par le chiffre,
20:33 il disait que sur un panier alimentaire de 100 euros
20:37 que vous achetez dans un supermarché,
20:39 7 euros reviennent aux agriculteurs.
20:41 Et alors, c'est d'autant plus important,
20:43 et à mon avis, de la dynamique pour le gouvernement,
20:45 c'est que vous savez que les négociations
20:47 entre distributeurs et industriels
20:49 sont en train de se boucler là.
20:51 Elles ont été reculées au 30 janvier.
20:53 Et bien, si les accords entre distributeurs et industriels
20:55 se font sur le dos des agriculteurs,
20:57 en reniant un peu plus leurs marges,
20:59 au prétexte que les matières premières,
21:01 les intrants, dont le prix reflue,
21:03 ce sont les agriculteurs qui devraient
21:05 payer sur leurs maigres marges
21:07 cet accord entre industriels et
21:09 grande distribution, alors là,
21:11 c'est explosif.
21:13 - Arlette Chabot ?
21:15 - C'est d'autant plus explosif que le gouvernement a fait
21:17 voter deux lois, qui s'appellent les galimes,
21:19 qui devaient permettre aux agriculteurs
21:21 de s'y retrouver dans les négociations
21:23 avec les industriels
21:25 ou dans la grande distribution.
21:27 Donc, deux lois.
21:29 Alors, on en fait une deuxième parce que la première n'est pas très bien,
21:31 elle ne marche pas bien,
21:33 et la deuxième ne produit pas non plus
21:35 les effets espérés.
21:37 On ne peut pas dire que le gouvernement s'en préoccupe,
21:39 mais il s'en préoccupe, mais
21:41 ce n'est pas efficace. Donc, si l'efficacité
21:43 est le deuxième mot-clé pour
21:45 Gabriel Attal, il faut qu'il trouve
21:47 effectivement une solution.
21:49 Après, quand on parle effectivement des normes européennes,
21:51 il faut se souvenir qu'Emmanuel Macron
21:53 lui-même, au mois de mai, en parlant
21:55 effectivement de la réindustrialisation,
21:57 avait dit à les normes européennes
21:59 "ça suffit, on applique
22:01 celle qui existe et puis on ne va pas plus loin".
22:03 Le président a dit,
22:05 les écologistes ont protesté,
22:07 et qu'il ne s'est pas passé grand-chose non plus.
22:09 Donc, ça veut dire que
22:11 là aussi, il faut qu'il y ait des décisions
22:13 fortes. Alors, moi j'ai entendu hier soir
22:15 le ministre de l'économie,
22:17 des finances, certain Bruno Le Maire,
22:19 aux 20 heures de TF1,
22:21 quand il lui a posé la question "que pensez-vous
22:23 du mouvement des agriculteurs ?"
22:25 il a répondu "ils ont parfaitement
22:27 raison". Alors, s'ils ont
22:29 absolument raison,
22:31 qu'est-ce qu'on fait ?
22:33 Ça veut dire qu'il faut prendre des décisions
22:35 extrêmement fortes. Donc, lui a
22:37 dit qu'il veillerait sur les négociations
22:39 sur les prix, mais au-delà,
22:41 ben oui, quid des taxations,
22:43 quid des contrôles ?
22:45 Donc, il faut vraiment que le gouvernement bouge, et bouge
22:47 beaucoup. - Mais quelle est la marge de
22:49 manœuvre par rapport à Bruxelles, justement ?
22:51 - Elle est très faible.
22:53 D'ailleurs, hier, Bruno Le Maire a
22:55 fait une petite leçon de politique
22:57 au Premier ministre, parce que
22:59 normalement, dans le contexte,
23:01 c'était le chef du gouvernement qui devait
23:03 faire ces deux annonces importantes, et en particulier
23:05 dire cette phrase "vous avez raison"
23:07 éventuellement, ou d'autres.
23:09 Mais maintenant, on retiendra ce propos
23:11 de Bruno Le Maire, qui a déjà
23:13 délivré un petit
23:15 un petit
23:17 fascicule de politique appliqué.
23:19 Mais, surtout,
23:21 l'autre enjeu également, il est aussi
23:23 justement politique, parce qu'on voit bien
23:25 que c'est aussi l'occasion, pour le
23:27 Rassemblement National, de continuer
23:29 à s'ancrer, et à montrer
23:31 qu'il est arrivé sur ses terres,
23:33 en plus, à l'aube
23:35 de la campagne des
23:37 Européennes, et ça aussi, c'est un
23:39 problème pour l'exécutif.
23:41 - On va en reparler, mais
23:43 d'où cette sortie sur le RN,
23:45 hier ? Il n'y avait pas vraiment sa place
23:47 dans cette interview, mais on va y revenir
23:49 dans un instant.
23:51 - Sud Radio,
23:53 10h30, mettez-vous d'accord,
23:55 Valérie Exper.
23:57 - Et nous parlons donc de la
23:59 crise, avec les agriculteurs, de la marge
24:01 de manœuvre du gouvernement,
24:03 et hier, on a terminé,
24:05 avant cette pub, Michael, sur ce que vous disiez,
24:07 à savoir que le ministre de l'Economie,
24:09 effectivement, a fait des annonces qui
24:11 normalement étaient du ressort du Premier ministre,
24:13 et puis on voit bien aussi que
24:15 cette crise, oui, vous l'avez dit,
24:17 quelque part, profite
24:19 entre guillemets au RN,
24:21 d'où les éléments de langage, on va en reparler dans un instant.
24:23 - Alors je ne sais pas si elle profite, ça on verra bien,
24:25 mais en tout cas, elle révèle, et elle
24:27 continue à mettre au jour,
24:29 et Arnaud en parlera sûrement mieux que moi,
24:31 la progression,
24:33 la nouvelle progression
24:35 du RN,
24:37 sur les terres agricoles,
24:39 sur les régions d'agriculture,
24:41 où jusqu'à présent, une droite forte,
24:43 catholique,
24:47 plutôt gaulliste,
24:49 empêchait pendant des années
24:51 l'arrivée du RN
24:53 dans ces régions-là. Là, on voit, depuis 2022,
24:55 on voit bien que de nouvelles zones
24:57 ont été investies, et
24:59 c'est la raison pour laquelle
25:01 Jordan Bardella, immédiatement, s'est rendu sur place
25:03 pour ses multiples raisons.
25:05 - Oui.
25:07 - Non, mais ils sont très forts, le Front National,
25:09 déjà, a été fort dans la ruralité
25:11 depuis très longtemps, mais c'est vrai qu'ils ont
25:13 largement progressé ces dernières années, d'ailleurs,
25:15 regardez le Sud-Ouest, dans le Sud-Ouest,
25:17 ils envoient beaucoup de députés.
25:19 Vous avez deux députés dans le Lot-et-Garonne,
25:21 vous en avez, je crois, un ou deux dans le Médoc,
25:23 donc des zones, en plus,
25:25 vous voyez, c'était des terres... c'était même pas des terres
25:27 de droite gaulliste, c'était plutôt des terres radicales-socialistes,
25:29 finalement, assez "ratsok", voire
25:31 démocrate-chrétienne, pour un certain nombre
25:33 de ces circonscriptions. Dans l'Aude,
25:35 quatre députés RN,
25:37 dans les Pyrénées-Orientales,
25:39 qui est quand même une composante rurale, aussi, je crois qu'il y a
25:41 là aussi,
25:43 très nettement, une représentation
25:45 très forte de parlementaires RN,
25:47 donc c'est une progression constante, soutenue,
25:49 ils étaient très forts,
25:51 ils sont devenus majoritaires dans les campagnes,
25:53 clairement. Donc, je pense
25:55 que, si vous voulez, on voit bien que la crainte
25:57 du gouvernement, c'est non seulement
25:59 l'embrasement, mais c'est aussi le carburant
26:01 que ça peut constituer, en vue des élections
26:03 européennes, et donc là,
26:05 la réponse... - C'est une idée nickel, c'est-à-dire que
26:07 c'est aussi le début des élections
26:09 européennes. - Mais attendez,
26:11 pardonnez-moi, mais le gouvernement,
26:13 comme souvent,
26:15 face à des crises, prend le train en marche,
26:17 Macron voit ses préfets au contact.
26:19 Bon, très bien, on est contents.
26:21 Je rajoute, parce qu'on en discutait tout à l'heure
26:23 avec Arlette Chabot, c'est que, pendant
26:25 que le nouveau, jeune, premier,
26:27 talentueux ministre
26:29 fait une espèce de remake
26:31 des Gilets jaunes, en conviant
26:33 des Français, et seulement deux agriculteurs...
26:35 - Il n'y a pas de premier ministre.
26:37 - Le jeune, nouveau, premier ministre.
26:39 - Le jeune, nouveau, talentueux... Il manquait
26:41 premier ministre, en votre phrase.
26:43 - Pendant qu'il fait ça, si vous voulez, qu'il fait un truc auquel
26:45 personne ne croit, le Rassemblement
26:47 national, lui, il va parler aux agriculteurs.
26:49 Mais en termes de... Ben, ça veut dire
26:51 qu'en fait, ils font de la com' et que là, elle est loupée.
26:53 Et quand... Non, mais c'est
26:55 dramatique. Gabriel Attal, il veut refaire
26:57 le coup de Macron avec
26:59 le Grand Débat. - Le Grand Débat.
27:01 - Et il convie deux agriculteurs, alors qu'il aurait dû
27:03 s'entourer que d'agriculteurs. - La première question
27:05 était quand même orientée, c'était un agriculteur
27:07 de façon à ce qu'il ait l'air de se pencher
27:09 sur le sujet. - Il est l'air...
27:11 - Ben oui, non, non, mais parce que...
27:13 Parce qu'à côté, il y avait le show Bardella
27:15 qui était bien organisé en face. Donc, quand on est
27:17 com' contre com', le premier
27:19 ministre aurait dû, effectivement, aller
27:21 dans une exploitation
27:23 et discuter sur le terrain avec des
27:25 agriculteurs. Il sait très bien faire ça.
27:27 Il n'y avait aucune raison de ne pas le faire, plutôt
27:29 d'être dans un mini Grand Débat.
27:31 - Discuter... Vous remarquerez qu'on n'a pas
27:33 prononcé le nom du ministre de l'Agriculteur depuis le début
27:35 de l'émission. - M. Feneau.
27:37 - M. Feneau, je sais. - Il est partout,
27:39 il se développe, il se déploie.
27:41 - Il communique. - Mais il ne communique pas.
27:43 - Mais que peut faire ?
27:45 - Il est phénoménaux, comme dirait M. Sejourner.
27:47 - Mais...
27:49 C'est pas gentil.
27:51 - C'est trop le nom de tout un dit.
27:53 - Mais qu'est-ce que peut répondre
27:55 le gouvernement pour calmer ?
27:57 Puisque la FNSEA, ce matin, a vraiment monté
27:59 le ton. - Ils sont obligés.
28:01 Ils sont défendus. - Ils sont obligés, absolument.
28:03 - Absolument. - Ils sont obligés
28:05 de montrer qu'ils sont à la manœuvre.
28:07 Et ils sont obligés de poser
28:09 aussi un lien avec l'opinion
28:11 de manière à pouvoir être autorisés
28:13 à bloquer, à continuer éventuellement
28:15 à gêner la vie
28:17 quotidienne au nom de ce
28:19 qu'il représente. Et une fois de plus,
28:21 ça va être là, je dirais,
28:23 le moment, quelque part, de vérité.
28:25 Parce qu'à Paris, dans les grandes villes,
28:27 on adore aller voir les films
28:29 "Petits Paysans", "En Nom de la Terre",
28:31 "On se la monte sur le sort d'agriculteurs qui se suicident
28:33 tous les jours". Mais en réalité,
28:35 est-ce qu'on a très envie de les soutenir
28:37 dans leur lutte
28:39 actuelle ? - Oui.
28:41 - Je pense qu'ils ont un potentiel
28:43 d'attractivité qui est important.
28:45 Parce que le monde agricole bénéficie plutôt
28:47 d'un capital de popularité
28:49 qui n'est pas négligeable. Mais le problème, c'est qu'ils ne peuvent pas
28:51 faire grand-chose. Parce que pour faire quelque chose
28:53 qui soit efficace pour les agriculteurs aujourd'hui, il faut
28:55 qu'ils remettent en partie en cause leurs propres
28:57 logiciels européens.
28:59 Est-ce qu'ils sont prêts à faire ça ? Ils sont au pied du mur.
29:01 Ils sont au pied du mur.
29:03 Ceci dit, sur les normes dont on parle beaucoup, certes,
29:05 il y a les normes de Bruxelles. Mais le pire dans cette affaire,
29:07 c'est qu'en fait, l'administration française
29:09 et l'Etat français
29:11 durcient les normes
29:13 qui sont en principe des normes
29:15 qui sont issues des directives européennes.
29:17 Donc si vous voulez, l'administration française
29:19 et l'Etat français font du zèle par rapport à Bruxelles.
29:21 Donc déjà, peut-être là, il y a une marge de manœuvre
29:23 en donnant des instructions aux administrations
29:25 pour leur dire "écoutez, les contrôles de Tatillon,
29:27 vous arrivez, mais vous arrêtez". Mais les préfets,
29:29 en l'occurrence, ne sont pas les interlocuteurs
29:31 que les agriculteurs attendent.
29:33 Aujourd'hui, ils attendent finalement
29:35 non seulement le ministre des agricultures,
29:37 mais le Premier ministre.
29:39 - On parlait des pêcheurs hors antenne.
29:41 Les pêcheurs, sachez que le poisson va coûter
29:43 beaucoup plus cher ou qu'il n'y en aura pas,
29:45 ou qu'on va le faire venir de l'étranger,
29:47 puisqu'il y a une norme qui impose
29:49 qu'on arrête de pêcher pour ne pas attraper
29:51 les dauphins. - On importe déjà 66%
29:53 de tous les produits de la mer en France.
29:55 Et je vais vous rassurer,
29:57 j'ai eu cette petite information,
29:59 le Haut-Commissariat au plan, vous savez, qui existe,
30:01 qui est dirigé par M. Beyrou, il prépare, vous savez quoi ?
30:03 Un rapport sur la pêche.
30:05 - Ah, on est content. Mais là,
30:07 tout le golfe de Gascogne, en fait,
30:09 toute cette partie-là ne pourra plus être pêchée
30:11 pour protéger les dauphins. Et Arlette, vous m'appreniez
30:13 qu'ils s'étaient équipés. - Certains
30:15 s'étaient déjà équipés pour effectivement
30:17 éloigner les dauphins avec des systèmes
30:19 complexes qui coûtent très cher.
30:21 Les Sonar, ils ont
30:23 engagé, ben oui, ils ont emprunté,
30:25 ils ont dépensé de l'argent et aujourd'hui,
30:27 ils se demandent s'ils seront remboursés. C'est pour ça qu'on dit
30:29 que ça marche un tout petit peu, effectivement,
30:31 à l'envers. C'est comme le refus
30:33 de la jachère, 4%
30:35 d'éther, obligatoirement, mis en jachère.
30:37 Ça veut dire qu'on va importer
30:39 effectivement des céréales,
30:41 par exemple. - Parce qu'il y a une norme européenne.
30:43 - Voilà, c'est une norme européenne.
30:45 - Qui a été votée par le groupe Renews, qui est le groupe
30:47 auquel appartiennent les députés européens
30:49 macronistes. Donc là aussi, il va falloir qu'ils sortent de l'ambiguïté.
30:51 - Donc, et au bout
30:53 du compte, on importe. Donc tout ça
30:55 est effectivement un peu compliqué. On va
30:57 importer avec de production
30:59 qui, elles, sont
31:01 produites, c'est le cas de le dire,
31:03 sans respect des normes européennes qu'on nous demande
31:05 d'appliquer. Donc, on est effectivement
31:07 à un moment de vérité.
31:09 Alors c'est vrai qu'il faut supprimer les paperasseries françaises,
31:11 ça, le gouvernement peut le faire.
31:13 Au niveau européen, il va falloir trancher.
31:15 - On marque une pause, on se retrouve dans un instant.
31:17 On va parler de l'augmentation du prix de l'électricité.
31:19 9,99.
31:21 Qui dit mieux ?
31:23 - Sud Radio.
31:25 Le 10h midi,
31:27 mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
31:29 - Et on est ensemble pour commenter
31:31 l'actualité.
31:33 Je vais dire le Premier ministre,
31:35 le ministre de l'économie
31:37 était hier aux 20h
31:39 de TF1, pour
31:41 parler, entre autres, des agriculteurs
31:43 et du coût de l'électricité.
31:45 Donc la facture d'électricité augmentera
31:47 le 1er février entre 8,6
31:49 et 9,8%
31:51 pour la plupart des français.
31:53 Eric Revelle, c'est vous l'économiste
31:55 du plateau.
31:57 - D'abord, quand j'ai entendu ça, je me suis dit
31:59 il nous fait le coup des soldes, comme vous le rappeliez
32:01 Valérie, c'est-à-dire qu'à 9,99
32:03 c'est pas cher
32:05 par rapport à 10 euros.
32:07 Il nous avait annoncé 10%, donc ça va être entre 8,6 et 9,8.
32:09 Bon, n'empêche que ça va se rajouter.
32:11 C'est 18 euros de plus
32:13 par mois, en gros, et par foyer.
32:15 Je rappelle quand même
32:17 que ce qu'a demandé la Creux,
32:19 c'est le rétablissement d'une taxe qui avait été suspendue
32:21 au moment de la crise d'électricité.
32:23 Mais la Creux, elle, elle a
32:25 deux clauses de revoyure par an.
32:27 C'est-à-dire qu'elle en a une là, qu'on va se
32:29 prendre à partir du 1er février, et elle en a
32:31 une autre en juillet.
32:33 La Creux, c'est la commission
32:35 de régulation de l'électricité
32:37 qui est
32:39 dirigée par l'ancienne
32:41 ministre de... - Pardon, pardon.
32:43 - Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a deux clauses
32:45 d'augmentation possible d'électricité
32:47 dans ce pays, une là, et une
32:49 statutairement en juillet. Donc là, on vous annonce
32:51 10%, quand même,
32:53 mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura rien en juillet
32:55 en plus. Donc c'est un
32:57 vrai, vrai, vrai, vrai sujet qui se
32:59 rajoute à l'inflation, au prix des
33:01 produits alimentaires, bon. Et tout ça
33:03 en fait, mis bout à bout,
33:05 l'air de rien. Je rejoins
33:07 avec la crise des agriculteurs.
33:09 Mais figurez-vous que ça fait quand même beaucoup de gens
33:11 extrêmement mécontents dans ce pays.
33:13 Et que M. Bruno Le Maire profite de son passage
33:15 sur TF1 pour lancer
33:17 la course des petits chevaux en direction de l'Elysée
33:19 pour 2027, on est contents pour lui.
33:21 Mais c'est pas le sujet aujourd'hui. Le sujet,
33:23 c'est les Français qui ne peuvent plus terminer
33:25 leur fin de mois. Et dont 18 euros de
33:27 plus par mois, c'est pas négligeable.
33:29 C'est pas négligeable. - Oui.
33:31 La course des petits chevaux, c'est-à-dire que là, clairement,
33:33 hier, il a... - Oui, enfin,
33:35 on a les spécialistes, mais... - Arnaud, Arnaud Bénédicte.
33:37 - Oui, c'est une course des petits chevaux, mais qui commence
33:39 tôt, parce que, moi, je
33:41 me rappelle toujours, quand même, qu'on n'est même pas à 2 ans
33:43 du quinquennat. Le quinquennat a
33:45 commencé il y a 18 mois, 19 mois.
33:47 Donc, se lancer, en effet,
33:49 dans une course
33:51 à l'Elysée,
33:53 alors qu'en plus, on est membre d'un gouvernement
33:55 qui, aujourd'hui, dirige le pays,
33:57 ça me paraît un exercice particulièrement risqué.
33:59 Ensuite, sur l'annonce, moi, ce qui, quand même, me frappe,
34:01 c'est que, en termes de séquences de communication
34:03 politique, purement, là, je trouve
34:05 que rajouter une annonce de ce type
34:07 au moment où on a une crise... - Oui, oui, absolument.
34:09 - ...sur le terrain, avec les agriculteurs,
34:11 je sais pas qui les a conseillés,
34:13 mais ça me paraît pas très avisé, en l'occurrence.
34:15 Même si les Français s'y attendaient, mais à un moment donné,
34:17 entre ce que vous pensez,
34:19 entre ce qui va arriver et la façon dont
34:21 ça arrive, il y a toujours un gap. - Oui, ce que disait
34:23 tout à l'heure Mickaël, quoi, c'est
34:25 des gilets verts qui peuvent entraîner
34:27 peut-être des gilets jaunes, aussi.
34:29 - Je sais pas si ça entraînera les gilets jaunes, moi,
34:31 je suis pas spécialiste des couleurs, mais c'est vrai que
34:33 en tout cas, on voit bien que
34:35 il y a, en plus
34:37 s'orfant sur le mouvement européen,
34:39 qui est certes un mouvement hétéroclite,
34:41 mais enfin, qui quand même véhicule
34:43 un mouvement de mécontentement général,
34:45 il peut y avoir, pour le coup,
34:47 effectivement, cette Europe
34:49 des mécontentements agricoles,
34:51 qui peut
34:53 aujourd'hui, en tout cas, qui a l'air
34:55 d'installer, d'inaugurer cette campagne
34:57 des élections
34:59 européennes, et qui,
35:01 une fois de plus, vient montrer
35:03 au fond,
35:05 je dirais, le problème d'analyse générale
35:07 de la société
35:09 vis-à-vis de la part
35:11 de l'Elysée. Le nouveau
35:13 directeur de la communication,
35:15 donc, Jean-Antoine Guémas, qui était à l'époque
35:17 sa plume, quand j'en parlais avec lui,
35:19 il me disait "on a un problème",
35:21 et là il me parlait en tant que plume, il me disait "on a un problème,
35:23 le président n'est pas
35:25 ancré, on n'arrive pas à l'ancrer
35:27 dans le territoire, il n'est pas perçu
35:29 comme quelqu'un qui est ancré dans le territoire".
35:31 Donc, on voit bien
35:33 que les événements qui se jalonnent
35:35 l'établissent,
35:37 et qu'il y a une difficulté
35:39 d'empathie. Donc, il compte
35:41 sur son Premier ministre de l'Empathie
35:43 pour pouvoir justement être capable
35:45 de faire cette communication
35:47 qu'il a du mal, lui-même,
35:49 à dérouler.
35:51 Eh bien, on verra
35:53 comment ça se
35:55 manifeste, mais
35:57 oui, il est clair qu'il y a cette
35:59 première crise qui arrive, et puis
36:01 concernant Bruno Le Maire,
36:03 est-ce que c'est trop tôt ?
36:05 S'il a un projet, d'abord,
36:07 je pense que s'il a un projet présidentiel,
36:09 la première chose qu'il devrait faire, c'est déjà démissionner.
36:11 - Demissionner, oui. - Parce que, franchement,
36:13 ou alors qu'il relise la campagne de Manuel Valls,
36:15 pour voir comment il est tellement
36:17 difficile de se différencier. - Et puis, attendez,
36:19 il faudrait aussi lui conseiller à Bruno Le Maire,
36:21 puisqu'on est en pleine
36:23 simplification des normes administratives,
36:25 en tout cas, c'est ce qu'a annoncé ce matin
36:27 le ministre de la Culture, il faudrait conseiller
36:29 à Bruno Le Maire de simplifier également, pour la prochaine fois
36:31 si c'est son cas, son programme. Parce que la
36:33 dernière fois, quand il a fait les primaires de l'UMP,
36:35 son programme faisait 1000 pages.
36:37 Donc là, on a besoin de vous. Mais oui,
36:39 je suis assez mesquin, j'ai surtout
36:41 un peu de mémoire.
36:43 - C'est vrai que c'était énorme.
36:45 - 1000 pages ? - Oui, 1000 pages.
36:47 - L'interview hier, donc cette annonce...
36:49 - Oui, c'est une mauvaise nouvelle
36:51 que Gabriel Attal n'aura pas annoncée.
36:53 C'est déjà ça. - Ah, vous le voyez
36:55 peut-être comme ça, effectivement.
36:57 - Oui, le président de la République a dit dans sa conférence
36:59 de presse "le gouvernement annoncera", ça veut dire
37:01 que lui-même n'avait pas tellement envie de
37:03 s'attarder sur la hausse
37:05 en donnant un chiffre précis
37:07 pour l'augmentation de l'électricité. Hier soir,
37:09 je me suis dit, Gabriel Attal, il a déjà
37:11 un problème avec la ministre de l'Éducation
37:13 et du reste. C'est difficile.
37:15 Il a une crise agricole
37:17 qui arrive très très vite et qu'il n'avait
37:19 sans doute pas mesuré l'ampleur.
37:21 Il doit aussi décider
37:23 effectivement de l'augmentation. Donc,
37:25 cher Bruno, vas-y,
37:27 et va annoncer encore une fois la fin
37:29 du "quoi qu'il en coûte", parce que cette fois,
37:31 c'est vrai, c'est vraiment la fin du
37:33 "quoi qu'il en coûte",
37:35 dit le ministre très sérieux, qui est là pour nous annoncer
37:37 qu'effectivement, il faut faire au moins
37:39 13 milliards d'économies budgétaires
37:41 dans le prochain projet
37:43 de budget français, et c'est pas une mince affaire.
37:45 Donc hier, il y avait deux messages.
37:47 Donc j'assume, et puis après,
37:49 sur les agriculteurs, je dis qu'ils ont raison,
37:51 ce qui me permet de me positionner pour la suite.
37:53 - Un mot
37:55 sous l'interview de Bruno Le Maire sur Twitter.
37:57 Un auditeur me signale qu'il y a
37:59 une note. La hausse du 1er
38:01 février est entièrement due à la hausse
38:03 d'une taxe, la TIFCE,
38:05 qui passe de 1
38:07 MWh
38:09 à 22,54,
38:11 et non à cause de l'invasion russe
38:13 en Ukraine. - Bien sûr, évidemment, c'est ce que je vous ai dit.
38:15 - Sans la hausse de la taxe, l'État-Unif aurait
38:17 dû baisser de 0,01%.
38:19 - C'est le rétablissement d'une taxe
38:21 de l'État, qui est décidée uniquement
38:23 par l'État français, puisque le prix du MWh,
38:25 il est stabilisé ou il baisse.
38:27 Oui, parce que vous avez quand même
38:29 un déficit. - Il a bien parlé de l'Ukraine,
38:31 il a bien essayé de donner le poisson. - Oui, bien sûr,
38:33 mais bien sûr, c'est une taxe qui est rétablie,
38:35 qui avait été supprimée, c'est une taxe.
38:37 Donc, en fait, ce qui est aussi très drôle, pardonnez-moi,
38:39 mais les Français ne sont pas dupes. Le président de la République,
38:41 il explique qu'on va continuer à baisser les impôts,
38:43 mais une taxe,
38:45 c'est quand même une forme d'impôt.
38:47 Ça, il va quand même falloir le payer.
38:49 Mais les caisses de l'État
38:51 sont tellement exsangues,
38:53 198 milliards de déficit
38:55 budgétaire, plus de 100 milliards
38:57 de déficit commercial, on emprunte
38:59 285 milliards d'euros
39:01 cette année, 285 milliards
39:03 d'euros, dont une partie va servir
39:05 juste à payer le service de la
39:07 dette. Non, mais c'est ça la réalité.
39:09 - Problème à un marché étranger. - Mais oui.
39:11 - Oui, bon, ben,
39:13 qu'est-ce qu'on fait ?
39:15 - Ce qu'on fait, c'est que, ben, il faut,
39:17 c'est pas ce gouvernement-là qui le fera,
39:19 il faut, ben, évidemment qu'il faudrait fermer le périmètre
39:21 de l'État. - Ben oui, il faut diminuer.
39:23 - Ce qui exaspère le plus les gens dont je fais partie,
39:25 c'est qu'on paye des impôts
39:27 comme jamais dans beaucoup de pays,
39:29 on en paye autant,
39:31 et nos services publics s'effondrent.
39:33 - Et qu'on ne voit pas. - Mais attendez, c'est quand même un sujet.
39:35 Vous auriez un hôpital public
39:37 qui fonctionnerait avec des moyens,
39:39 vous mourrez aux urgences aujourd'hui en France.
39:41 - Oui, bien sûr. - C'était toute la
39:43 raison des Gilets jaunes,
39:45 c'est le rapport à l'impôt,
39:47 le rapport à l'acceptabilité
39:49 de l'impôt,
39:51 alors qu'effectivement, on paye énormément d'impôts,
39:53 mais on ne voit pas le résultat.
39:55 - On ne voit pas le résultat.
39:57 Quelques mots sur l'argument RN,
39:59 donc, je vous propose
40:01 d'écouter hier Bruno Le Maire, et ce matin
40:03 Prisca Tevneau, écoutez.
40:05 - Permettez-moi de rappeler au passage, que si
40:07 les prix d'électricité ont flambé, c'est parce que
40:09 Vladimir Poutine, l'ami de Madame Le Pen,
40:11 a attaqué l'Ukraine et a fait flamber
40:13 les prix d'électricité et du gaz. Ils en sont
40:15 directement responsables. Permettez-moi de rappeler
40:17 aussi que le Rassemblement National
40:19 n'a pas voté le bouclier tarifaire
40:21 sur l'électricité et sur le gaz. Alors quand j'entends
40:23 sur votre plateau, M. Bardella, qui dit
40:25 qu'il faut impérativement
40:27 garder le bouclier tarifaire sur l'électricité,
40:29 pourquoi son parti
40:31 ne l'a-t-il pas soutenu et voté
40:33 quand il fallait le faire ? - On parle du Rassemblement
40:35 National, le parti du mensonge
40:37 et de la paresse ? Pardon, on va être
40:39 très clair, si on sait ce qu'est le Rassemblement
40:41 National, regardons peut-être ce qu'ils font
40:43 et ça on n'en parle pas assez.
40:45 Ils passent leur temps en permanence
40:47 à aller devant les caméras pour nous dire
40:49 "défendre l'intérêt des Français". Mais très bien, grand bien leur face !
40:51 Mais plutôt que de leur dire
40:53 peut-être devraient-ils le faire ?
40:55 Regardons le quotidien des Français, le bouclier tarifaire
40:57 dont on vient de parler en début d'interview.
40:59 Ils ne l'ont pas voté et aujourd'hui ils réclament
41:01 le maintien de ce bouclier tarifaire.
41:03 Par rapport aux entreprises françaises, il y a quelques
41:05 semaines dans l'hémicycle, ils se sont
41:07 alliés avec la France Insoumise
41:09 pour venir mettre à mal la compétitivité
41:11 et l'attractivité de nos TPE et de notre PME
41:13 françaises. - Ils sont en train de s'aborder les
41:15 intérêts de la France, c'est ce que vous dites ? - Mais de façon très
41:17 claire, soit par paresse, soit par
41:19 méconnaissance des dossiers qu'ils travaillent.
41:21 - Voilà, donc on sent
41:23 qu'il y a des éléments de langage,
41:25 que ça fait partie du
41:27 discours aujourd'hui, donc c'est quoi ?
41:29 C'est de la peur ? - L'idée
41:31 quand même, et c'est ce qui sous-tend aussi
41:33 la nomination d'Attal, c'est d'essayer
41:35 de limiter la casse en vue des élections européennes
41:37 parce que tous les sondages montrent
41:39 qu'aujourd'hui il y a une dynamique du Rassemblement National
41:41 en vue du 9 juin.
41:43 Alors il faut quand même faire attention aux sondages parce que
41:45 un des éléments qui sera quand même un des critères importants
41:47 ce sera le taux de participation.
41:49 Et on se souvient que le Rassemblement National est très
41:51 traumatisé par l'épisode des régionales
41:53 en 2021, où on prévoyait
41:55 notamment
41:57 parfois un certain nombre de
41:59 régions qui devaient tomber dans l'escalier
42:01 du Rassemblement National, mais ça ne s'est pas passé.
42:03 Enfin ceci dit, ils ont quand même gagné les deux dernières élections
42:05 européennes, donc on peut penser que les sondages
42:07 ne sont pas trop loin de la réalité.
42:09 Mais je pense que c'est insuffisant.
42:11 Vous savez, je crois qu'on ne peut plus avoir
42:13 le même discours vis-à-vis du Rassemblement National
42:15 que celui qu'on tenait même il y a 5 ans.
42:17 Parce qu'in fine, qu'est-ce que disent les Français ?
42:19 D'ailleurs c'est ce qu'a dit plus ou moins à mot couvert,
42:21 même pas à mot couvert, explicitement le Président de la République
42:23 lors de sa conférence de presse. On a tout
42:25 essayé, finalement,
42:27 la seule chose qu'on n'ait pas essayée,
42:29 la seule alternance qu'on n'ait pas testée,
42:31 qu'on n'ait pas expérimentée, c'est celle du Rassemblement
42:33 National. Donc,
42:35 j'allais dire, le Rassemblement National, à ce point
42:37 de vue-là, un levier
42:39 qui est en effet très
42:41 efficace. - Non mais en fait, Bruno Le Maire
42:43 et Madame Thévenot suivent exactement
42:45 les préconisations du Président de la République,
42:47 c'est-à-dire arrêter de servir des arguments
42:49 moraux contre l'ARN, ça ne marche pas. Donc,
42:51 ils essaient de sortir des arguments
42:53 économiques. C'est un fait,
42:55 oui, que l'invasion de l'Ukraine
42:57 assure en chérie le prix de l'énergie. Mais ce qu'aurait
42:59 dû dire Bruno Le Maire, s'il voulait vraiment
43:01 lancer sa campagne présidentielle,
43:03 il aurait dû dire "mais en fait, au début
43:05 du quinquennat, on s'est gouré sur
43:07 l'énergie nucléaire, et c'est
43:09 une des raisons pour les..." - Bien sûr, bien sûr. - Mais oui ! Parce que le discours
43:11 de Belfort, c'est à la fin du premier quinquennat,
43:13 si vous voulez. Donc, en fait, on s'est gouré
43:15 là-dessus, et le fait... - C'est ce qui fait des erreurs, absolument. - Mais oui, mais
43:17 ça, évidemment, il ne peut pas le dire, sinon
43:19 peut-être qu'il est viré du journal envers... - Mais pourquoi
43:21 on s'est trompé ? Parce qu'on a voulu donner des gages à l'Allemagne,
43:23 clairement, hein ? C'est ça qui explique, je veux dire, la politique... - D'ailleurs, les guenons allemands, on ne les entend pas beaucoup, aujourd'hui, sur les émissions...
43:31 Le fait que les vignes à charbon tournent à plein régiment en Allemagne, et que ça pollue...
43:35 Moi, ce qui me frappe, c'est la faiblesse des discours
43:37 contre le Front National. - Oui, extrêmement. - Parce que,
43:39 franchement, de la part de
43:41 Emmanuel Macron, de dire en conférence
43:43 de presse, soi-disant,
43:45 présentée comme étant un missile,
43:47 très efficace, de dire
43:49 "c'est le parti du mensonge
43:51 et la colère facile", on a vu
43:53 mieux, comme offensif politique...
43:55 - Oui, c'est contre-productif, en plus,
43:57 visiblement. - Et d'une manière générale,
43:59 pas seulement de sa part, je trouve que
44:01 globalement, quand
44:03 on parle un petit peu dans les différentes sphères
44:05 de la société, en réalité, tout le monde se
44:07 prépare à son arrivée.
44:09 Il faut le dire, hein ?
44:11 - C'est-à-dire, même voulu, vous êtes en train de sous-entendre
44:13 que c'est voulu, aussi, par le président de la République ?
44:15 - Je ne sais pas si c'est voulu, en tout cas,
44:17 il y a une forme de résignation,
44:19 que j'entends, à ce stade, en 2024,
44:21 on verra, mais pour l'instant,
44:23 aujourd'hui, j'entends une forme de résignation,
44:25 voire de préparation,
44:27 à ce que, effectivement,
44:29 ce soit
44:31 le projet de Mme Le Pen
44:33 qui l'emporte en 2027.
44:35 On l'entend dans toutes les sphères de la société,
44:37 que ce soit dans les médias,
44:39 que ce soit dans le monde économique,
44:41 on essaie de la mélaniser à chaque fois qu'elle
44:43 rencontre, et elle le rencontre très régulièrement
44:45 maintenant, des chefs d'entreprise, pour essayer
44:47 de muscler son
44:49 propos et son discours, et certainement
44:51 en préparant des arbitrages qui ne seront pas
44:53 forcément du goût de l'électorat populaire,
44:55 ça aussi, il faut s'y préparer.
44:57 Et donc,
44:59 ce qui me frappe, c'est ça,
45:01 c'est, au fond, même quand vous parlez
45:03 avec des gens au sommet de l'État,
45:05 ou dans l'État profond, ils vous disent
45:07 "Eh bien, peut-être
45:09 que s'il y a cette dose-là,
45:11 cette expérience-là,
45:13 ça permettra de prendre conscience,
45:15 de faire un électrochoc,
45:17 donc c'est assez
45:19 étonnant, mais à ce stade-là,
45:21 de quinquennat, je sens ça.
45:23 - Mais la résilience touche même à Emmanuel Macron,
45:25 même si l'on dit que son cauchemar, ce serait celui
45:27 de la passation de pouvoir à l'Élysée,
45:29 à Martine Le Pen, mais... - Vous allez
45:31 réagir dans un instant, Arlette, on a
45:33 une pause pub, à tout de suite.
45:35 ...
45:37 - Sud Radio, le 10h
45:39 midi, mettez-vous d'accord,
45:41 Valérie Experts. - Quelques mots
45:43 encore sur les arguments
45:45 du gouvernement
45:47 contre le RN.
45:49 Arlette, je vous ai coupée dans votre
45:51 élan
45:53 sur ces arguments assez pauvres
45:55 finalement, et certainement
45:57 contre-productifs aussi.
45:59 - Très pauvres surtout, je suis d'accord
46:01 avec Mickaël, en fait,
46:03 la seule réponse au RN
46:05 est toujours la même, c'est-à-dire régler
46:07 les problèmes des Français, régler les problèmes
46:09 des gens, répondre à leurs demandes,
46:11 montrer qu'ils sont efficaces. Là-dessus, il a tout à fait
46:13 raison, Gabriel Attal.
46:15 Une fois qu'on a dit des actes, des actes, des actes,
46:17 et des résultats, des résultats, des résultats,
46:19 il faut agir, et il faut avoir des résultats.
46:21 Et ce qui, effectivement,
46:23 encore une fois, le cauchemar
46:25 d'Emmanuel Macron, c'est de transmettre le pouvoir
46:27 à,
46:29 effectivement, Marine Le Pen,
46:31 ben oui, il peut,
46:33 aujourd'hui, avec la faiblesse
46:35 des arguments, se dire qu'il faut
46:37 s'y préparer. Et ça, je pense qu'on ne lui pardonnera
46:39 jamais. Et l'idée
46:41 d'un échec de Marine Le Pen et d'un retour
46:43 possible de celui qui nous avait
46:45 épargné une victoire
46:47 de Marine Le Pen à deux reprises,
46:49 je pense qu'il ne faut pas y compter. Pour lui,
46:51 il restera le Président qui avait
46:53 promis d'enlever aux Français
46:55 toute volonté
46:57 de voter
46:59 pour la Présidente du
47:01 Rassemblement National, ce qu'elle était
47:03 en 2017, et bien
47:05 il l'aura ratée et il ne reviendra
47:07 jamais. - Et puis il y a des facteurs
47:09 quand même de fond qui sont... Quand on
47:11 regarde le vote et l'évolution du vote du Rassemblement
47:13 National, c'est un vote qui s'est considérablement
47:15 rajeuni, c'est le vote des actifs,
47:17 alors que le vote Macron,
47:19 c'est le vote des seniors. Donc si vous voulez,
47:21 la dynamique, elle est
47:23 clairement du côté du Rassemblement National.
47:25 Aujourd'hui, territorialement, mis à part
47:27 les grandes métropoles, le
47:29 Rassemblement National a une présence
47:31 à peu près sur l'ensemble du territoire,
47:33 donc ça c'est une réalité
47:35 aussi, et puis surtout c'est aussi...
47:37 On disait que c'était un vote de classe populaire,
47:39 mais c'est plus seulement un vote de classe populaire. Vous regardez
47:41 les professions intermédiaires qui sont les coeurs
47:43 des classes moyennes, vous avez une progression
47:45 très forte du Rassemblement National entre
47:47 2002 et 2022, parce que
47:49 c'est intéressant d'en faire la comparaison entre
47:51 Jean-Marie Le Pen 2002 et ce qui
47:53 est le vote aujourd'hui de Marine Le Pen
47:55 au second tour de l'élection présidentielle en 2022.
47:57 Donc vous avez une progression qui est constante,
47:59 soutenue, et qui est assez homogène.
48:01 - Et moi ce qui m'a frappé là récemment, c'est
48:03 justement dans l'interview du JDD
48:05 donnée récemment par
48:07 la semaine dernière par Marine Le Pen,
48:09 c'est pas tant ce qu'elle a dit, d'ailleurs on n'en retient rien,
48:11 c'est surtout la photo.
48:13 La photo c'est qu'elle est en ticket
48:15 avec Jordan Bardella. - Oui, oui, ça on le sait.
48:17 - C'est une mutation politique,
48:19 de culture politique majeure
48:21 dans ce parti qui avait
48:23 l'habitude de décrire un modèle où on
48:25 était uniquement avec
48:27 un chef au sommet qui ne partage
48:29 pas le pouvoir, Jean-Marie Le Pen,
48:31 et qui n'a jamais annoncé
48:33 lorsqu'il était en campagne
48:35 avec qui il gouvernerait.
48:37 Là pour la première fois, alors que tous les autres
48:39 partis sont totalement
48:41 dans le brouillard, puisque de droite
48:43 à gauche on cherche son candidat
48:45 et on n'a même pas encore commencé les bagarres fratricides,
48:47 notamment à droite, pour avoir le candidat.
48:49 Donc l'image
48:51 présentée aux Français c'est "nous sommes prêts,
48:53 nous sommes une équipe, nous sommes
48:55 un ticket, vous savez avec qui on gouverne".
48:57 Donc de ce point de vue là, c'est aussi
48:59 je dirais une manière
49:01 d'avancer. - Et puis si vous me permettez, je rajouterais une chose
49:03 dans cet entretien croisé entre Bardella
49:05 et Marine Le Pen il y a 15 jours dans le JDD,
49:07 c'est que Zemmour a
49:09 normalisé Marine Le Pen,
49:11 mais Macron, en nommant
49:13 Attal, normalise la nomination de
49:15 Bardella comme jeune Premier ministre
49:17 si elle est élue présidente de la République, puisqu'il aura
49:19 31 ans, 32 ans. Donc en fait,
49:21 en nommant un jeune Premier ministre,
49:23 Marine Le Pen a raison
49:25 d'annoncer que son futur
49:27 Premier ministre ce serait Bardella, il n'aurait que 31 ans.
49:29 Mais vous voyez, il y a une espèce
49:31 de système de poupée russe
49:33 qui se referme sur la classe politique classique
49:35 dans ce pays qui est absolument incroyable. - J'ai l'impression qu'il est en train
49:37 de se mettre en place le même dialogue
49:39 tacite entre Macron
49:41 et Bardella, qui existait
49:43 entre Mitterrand et Le Pen.
49:45 C'est à dire qu'il y a des
49:47 décisions qui se prennent et des réponses
49:49 qui sont faites. Au moment où Rachida Dati
49:51 arrive au gouvernement, dès le lendemain,
49:53 - On annonce la modification du scrutin.
49:55 - D'une part, et surtout,
49:57 Bardella va à la tribune
49:59 au profit de ses voeux, et il dit
50:01 "J'appelle les LR
50:03 à venir chez moi".
50:05 C'est tout simplement la réponse. D'ailleurs, on entend
50:07 chez certains LR, si c'est comme ça, on va aller chez Bardella.
50:09 Ils ne disent pas "on va aller chez Le Pen", ils disent "on va aller
50:11 chez Bardella". Donc, de ce point de vue-là,
50:13 il y a ce dialogue invisible
50:15 qui est en train de se mettre en place,
50:17 et qui est celui qu'on avait aussi à l'époque
50:19 entre Mitterrand et Le Pen. - Moi aussi, c'est ce qui m'a frappé hier dans la lecture
50:21 de la presse des trois
50:23 quotidiens du dimanche,
50:25 c'est l'absence totale du
50:27 DLR. Ils ont complètement
50:29 disparu de la vie politique.
50:31 En tout cas, là,
50:33 il n'y a plus...
50:35 - Oui, François Barmoin s'est trompé quand il a
50:37 accusé Mme Dati
50:39 d'aller sur un bateau
50:41 en plein naufrage. Elle quitte un bateau
50:43 qui est en train de couler ? - Absolument.
50:45 Non, mais hier, il n'y avait pas une phrase,
50:47 pas un mot, pas de présence
50:49 DLR. Un mot,
50:51 mais Eric, je voulais envoyer...
50:53 Il faudrait avoir l'ensemble de l'interview, mais
50:55 Mme Vautrin, notre ministre
50:57 de la Santé, du Travail,
50:59 etc., dit
51:01 "la santé ne peut pas être
51:03 entièrement gratuite", dans un entretien
51:05 à Ouest-France. Elle n'est pas
51:07 gratuite, la santé ? - Non, on paye des cotisations.
51:09 - On paye des cotisations, donc
51:11 peut-être que la phrase est sortie de son contexte.
51:13 C'est un médecin qui l'a retweet.
51:15 - Auquel mérite quelques explications, de la part de la nouvelle
51:17 ministre du Travail, de la Santé,
51:19 oui.
51:21 - Ou que vous alliez leur faire des cours d'économie, peut-être ?
51:23 - Non, non, non, non, je ne comprends pas ça.
51:25 - C'est assez étonnant.
51:27 La santé n'est pas gratuite en France.
51:29 On cotise tous. - Bien sûr.
51:31 - Pour ça, non ? C'est plutôt
51:33 étonnant. On a le temps de dire quelques mots
51:35 pour Trump. On l'a
51:37 dit en début
51:39 d'émission. Trump,
51:41 effectivement, les primaires
51:43 ont l'air de lui tracer
51:45 un chemin tout tracé.
51:47 - On peut peut-être avoir l'aide sur le sujet
51:49 de Donald Trump ? - Oui, c'est-à-dire
51:51 et le combat, c'est ça,
51:53 faute de combattants, en tout cas chez les républicains
51:55 puisque, bon, il n'y en a plus qu'une
51:57 qui est en liste demain,
51:59 demain mardi, oui, c'est ça, c'est d'un minimum.
52:01 On verra si effectivement
52:03 Niki continue
52:05 et jusqu'à quand va-t-elle continuer
52:07 ou bien va-t-elle aussi jeter l'éponge
52:09 et soutenir Donald Trump ?
52:11 Donc, voilà,
52:13 est-ce qu'il y a un match inévitable
52:15 entre Trump et Biden
52:17 ou bien est-ce que
52:19 Joe Biden, contrairement à ce qu'il a dit,
52:21 je serai candidat si Trump est candidat,
52:23 va céder la place
52:25 dans quelques semaines
52:27 à quelqu'un de plus jeune,
52:29 à la vice-présidente en l'occurrence, qui sera
52:31 nécessairement la candidate.
52:33 On verra, mais en tout cas
52:35 c'est vrai qu'il y a, là aussi,
52:37 une résignation. Trump est de retour,
52:39 les Américains, en tout cas
52:41 les républicains le veulent,
52:43 et bien soutenons-le.
52:45 - Michael ?
52:47 - Si ça s'avère
52:49 dans les urnes, parce qu'une fois de plus l'élection n'est pas
52:51 faite, mais disons qu'ils se préparent sur le terrain
52:53 à l'air, pour l'instant, d'avantager
52:55 Trump,
52:57 ça veut dire qu'on serait dans une sorte
52:59 de nouvelle vague populiste
53:01 qui, cette fois-ci,
53:03 avec
53:05 quelque chose d'assez inédit, c'est-à-dire
53:07 le retour
53:09 d'un leader qui pourrait donner des idées
53:11 à quelques-uns,
53:13 mais surtout,
53:15 je dirais, peut-être,
53:17 en tout cas, ce que l'on peut prévoir,
53:19 en l'occurrence, c'est peut-être l'arrivée
53:21 dans ces cas-là, d'une gouvernance de la vengeance.
53:23 - Oui. - Parce que, bien
53:25 évidemment, Trump va arriver
53:27 avec sa liste des courses,
53:29 et avec les
53:31 comptes à régler, et de ce point de vue-là,
53:33 effectivement, il y a peut-être
53:35 quelques décisions imprévisibles
53:37 qui pourraient tomber, mais une fois de plus
53:39 l'élection n'est pas faite. - Attendons.
53:41 - Ça serait assez unique, je crois, dans l'histoire
53:43 des Etats-Unis, qu'un ancien président
53:45 battu revienne à
53:47 la Maison Blanche. - Nixon. - Non,
53:49 Nixon n'avait pas été... Enfin, Nixon avait été battu,
53:51 mais en tant que candidat, pas en tant que président.
53:53 Il avait été battu par Kennedy, mais il est élu ensuite.
53:55 - Oui, il est élu ensuite. - Enfin, peut-être qu'au XIXe siècle,
53:57 il y a peut-être eu ce cas-là, mais je ne suis pas sûr.
53:59 En l'occurrence, la réalité,
54:01 c'est que l'année 2024 peut être une année, en effet,
54:03 de poussée populiste, à la fois aux Etats-Unis,
54:05 et puis on verra bien aussi ce qui va se passer aux élections européennes
54:07 le mois de juin.
54:09 Toute proportion gardée, on se retrouve un peu dans la situation de 2016,
54:11 avec le Brexit,
54:13 avec, souvenez-vous,
54:15 une première expérience en Italie
54:17 entre le mouvement
54:19 5 étoiles et M. Salvini,
54:21 et puis avec la victoire de
54:23 Trump, également. On est un peu
54:25 dans cette séquence. On pensait que,
54:27 finalement, ceux que l'on appelle
54:29 les représentants du cercle de la raison
54:31 avaient écarté, d'une certaine façon,
54:33 la poussée populiste,
54:35 mais l'histoire revient toujours.
54:37 - Ce sera le mot de la fin. Merci à tous les quatre.
54:39 Très bonne journée sur Sud Radio.
54:41 On se retrouve demain.
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