00:00 Bonjour Céline Bardet, vous êtes juriste spécialisée sur les questions de crimes de guerre de justice pénale internationale,
00:06 fondatrice de l'ONG "Not a Weapon of War". Merci d'être avec nous.
00:11 On est là face finalement à la définition d'un génocide, c'est-à-dire l'extermination d'une communauté au nom d'une religion, d'une race, d'une ethnie.
00:22 Oui, en tout cas, cette procédure devant la Cour internationale de justice, elle s'appuie sur la Convention pour la prévention et l'élimination du génocide.
00:32 Et donc on est sur une question de savoir, est-ce qu'il y a une intention d'Israël d'exterminer la population de Gaza pour ce qu'elle est ? C'est ça la question.
00:42 Il y a une volonté d'extermination. Alors on entend de la part de certains membres du gouvernement israélien très à droite,
00:48 la volonté de faire partir effectivement un certain nombre de Gazaouis de ce territoire.
00:54 Mais on peut vraiment parler d'une volonté d'éradication de ce groupe ethnique ou religieux ?
01:00 En fait, ça va être toute la question. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'Afrique du Sud, ce matin, d'abord, il faut souligner que je trouve que ça a été un travail de qualité
01:10 qui a été fait par les avocats qui représentaient l'Afrique du Sud et qu'ils ont particulièrement souligné cette intention en utilisant les différentes déclarations
01:20 qu'il y avait eues, y compris par des ministres, et en insistant sur le fait que ces déclarations-là, dont certaines ont été faites par des ministres,
01:27 par exemple de dire "il faut mettre une bombe nucléaire sur Gaza", qui sont quand même des propos extrêmement explicites,
01:34 il n'y a pas eu de réaction du gouvernement. C'est des personnes qui n'ont pas été retirées du gouvernement.
01:39 Donc voilà, maintenant, est-ce qu'il y a vraiment une volonté d'éradication de la population de Gaza ?
01:46 Moi, je ne peux pas y répondre. Je n'ai pas complètement l'impression que ce soit ça, mais c'est en tout cas ce que défend l'Afrique du Sud aujourd'hui.
01:53 Pour Pretoria, les attentats terroristes du 7 octobre ne seraient justifiés, les événements à Gaza, vous le comprenez ?
02:00 Oui, bien sûr. De toute façon, les attentats du 7 octobre, qui sont quand même d'une barbarie totale, je crois que c'est important de le rappeler,
02:08 c'est un attentat, c'est un crime de masse. Pour autant, évidemment, il n'y a rien qui justifie la violence et il n'y a rien qui justifie une violence.
02:16 En fait, toute la question, elle va être de savoir, est-ce qu'on considère, et c'est peut-être ce sur quoi va se poser Israël demain,
02:23 est-ce qu'on considère qu'il y a une réponse à la hauteur de ce qui s'est passé le 7 octobre, et donc dans un cadre de légitime défense,
02:30 ou est-ce qu'on est dans quelque chose d'autre ? Et c'est ça, en fait, le sujet. Et l'Afrique du Sud clairement dit "non, on est dans quelque chose d'autre,
02:37 on est dans une volonté d'éradication de cette population et de disparition de cette population".
02:42 C'est le chute globale qui se manifeste ainsi contre l'Occident à travers Israël dans un rapport du faible au fort ?
02:49 En tout cas, moi, je trouve que c'est extrêmement intéressant de voir que c'est l'Afrique du Sud qui saisit la Cour internationale de justice,
02:57 parce qu'on a tendance à voir cette justice toujours un peu occidentale, et là, ce sont des baics, comme ça s'est passé pour la Birmanie en 2019,
03:05 c'est la Gambie qui a saisi sur les mêmes bases en accusant la Birmanie de génocide.
03:10 Et c'est intéressant aussi, si on écoutait ce qui a été dit ce matin, l'Afrique du Sud, ils ont beaucoup appuyé,
03:16 alors c'est un pays qui soutient la cause palestinienne depuis longtemps, donc c'est un acte politique aussi,
03:20 mais à beaucoup, c'est beaucoup appuyé sur l'histoire de l'Afrique du Sud, ont répété les mots Nelson Mandela, Martin Luther King, etc.
03:27 Donc oui, c'est aussi une façon pour l'Afrique du Sud de reprendre place dans la zone internationale,
03:34 et ce sont les pays du Sud et les BRIC, et c'est des pays qui ont envie de jouer un rôle plus important aujourd'hui, je pense.
03:41 Merci beaucoup Céline Bardet d'avoir été avec nous sur France 24.
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