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00:02L'Essentiel Politique ce soir c'est avec Adrien Broche. Bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Vous êtes responsable des études politiques à Via Voice, auteur de Portrait moderne de la gauche française,
00:10d'édition de l'Aube. Et dans un instant on reviendra avec vous sur l'installation des conseils municipaux.
00:15Une semaine après les élections municipales, l'ambiance était parfois sous tension.
00:19Le climat local donnerait-il un avant-goût des batailles à venir ?
00:25Parmi ces batailles, il y a évidemment la présidentielle de 2027.
00:28Selon un sondage élabe publié ce week-end, seul Edouard Philippe serait pour l'instant en mesure de battre le
00:33RN au second tour.
00:35Enfin l'actualité, c'est aussi la disparition d'une figure majeure de la gauche française, Lionel Jospin,
00:40dont les obsèques très politiques ont eu lieu jeudi.
00:46Partout en France, les nouveaux conseils municipaux se sont donc installés ces derniers jours.
00:50A Paris, le passage de relais a eu lieu sans heure ce dimanche entre Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo.
00:55Ambiance beaucoup plus électrique en revanche à Marseille où la doyenne du conseil, une élue RN, a été huée en
01:02plein discours.
01:02A Besançon aussi, des élus d'opposition ont été hués.
01:06On était habitués, Adrien Broch, à avoir ce genre de scène dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ces derniers
01:12mois.
01:12Est-ce que c'est aussi devenu la norme finalement aujourd'hui dans la vie politique locale ou c'est
01:16inédit ?
01:17Oui, je crois que c'est d'ailleurs un des enseignements de ces élections municipales, on en dira un mot,
01:22mais qu'il y a une forme de contamination au niveau local de ce qui se passe au niveau national.
01:27Donc c'est évidemment le cas politiquement.
01:30On a vu que de manière générale, les maires ne sont plus cette espèce d'autorité un peu épargnée par
01:36la crise de la défiance.
01:37Et on voit effectivement que même au niveau local, il y a une forme de brutalisation de la discussion publique
01:43qui contamine la bonne tenue de l'installation des maires, des conseils municipaux, etc.
01:51Donc c'est vrai qu'il y a un climat qui est très violent et qu'on constate, on l
01:55'a constaté pendant la campagne,
01:59qui est effectivement un bon baromètre de, j'allais dire, la mauvaise santé globale de l'état démocratique du pays
02:06et de la société française.
02:07Et ces élections municipales ont donné à voir effectivement un visage assez noir de ce point de vue-là,
02:13parce qu'il y a évidemment une défiance très forte qui se ressent dans le bas, c'est-à-dire
02:17au sein des citoyens,
02:18mais qui se matérialise aussi entre les politiques eux-mêmes, entre les candidats eux-mêmes.
02:23C'est très frappant de voir à l'issue du premier tour que les débats étaient quand même sur les
02:27plateaux de télévision assez violents.
02:30Il y avait des prises à charge assez directes de candidats...
02:32On est vraiment dans la conflictualisation de la vie politique.
02:35Effectivement, dans une forme de conflictualisation très forte où, et je crois que c'est peut-être le dernier moment
02:39là-dessus,
02:40chacun se définit d'abord en opposition à son voisin et à son adversaire,
02:45souvent perçu comme un ennemi, que par une définition positive d'un projet politique.
02:49Et donc il y a des candidats, des personnels politiques qui se prennent à partie les uns par rapport aux
02:54autres
02:54et qui se définissent véritablement en opposition vis-à-vis d'eux.
02:57Et ça, mine de rien, ce n'est pas forcément un signal extrêmement enthousiasmant pour la démocratie française.
03:02Voilà, on entend par exemple ici une salle...
03:05Ça doit être à la Courneuve, effectivement, où des muets et des applaudissements ont pu perturber ce conseil municipal.
03:14Les résultats de ces élections municipales, ils ont déjà été largement commentés cette semaine.
03:18Malgré tout, si on voulait retenir une chose de ce scrutin, ce serait laquelle ?
03:21Que le clivage traditionnel droite-gauche est de retour ?
03:25Que les extrêmes sont, pour l'instant, toujours marginalisés ?
03:29Oui, alors je crois que le premier enseignement, c'est qu'il n'y a pas d'enseignement majeur et
03:33flagrant.
03:34C'est pour ça que les commentateurs, les analystes se sont un petit peu rodés, déjà à l'issue du
03:39premier tour.
03:40Qu'est-ce qu'il faut vraiment en retenir ?
03:41À l'issue du second également.
03:44Donc il y a un paysage global français-politique au niveau local qui est un peu caléidoscopique.
03:49On a énormément de nuances.
03:51Effectivement, il y a quand même des lignes de force, mais qui est assez symbolique de la complexité globale du
03:57paysage politique,
03:58avec évidemment une offre politique assez éclatée, plurielle.
04:02On l'a vu avec le nombre important de quadrangulaires, d'élections qui se sont jouées auprès de beaucoup de
04:08listes au deuxième tour.
04:09Mais aussi effectivement un paysage politique assez éclaté au sein des comportements électoraux,
04:15où les choses ne sont pas forcément aussi simples qu'elles ont pu l'être avant pour les affiliations des
04:20gens vis-à-vis d'un parti, d'un candidat, etc.
04:22Les choses sont plus chaotiques, plus dispersées, plus éclatées.
04:25Malgré tout, effectivement, alors pas forcément un retour, je dirais, du clivage traditionnel,
04:30mais on voit qu'au niveau local, il reste quand même assez lisible, malgré tout.
04:34C'est-à-dire que le Parti Socialiste, globalement, s'en sort avec 10 des 20 plus grandes villes de
04:39France.
04:40Il conforte malgré tout une assise importante au niveau local dans ces grandes villes-là.
04:44On voit que la droite traditionnelle, LR, conforte malgré tout un leadership sur les villes moyennes.
04:49Et puis quand même, malgré tout, une confirmation du vote LFI.
04:53C'est-à-dire un vote LFI qui n'est pas majeur, qui n'est pas extrêmement important numériquement,
04:58mais en revanche qui est, de la même manière qu'aux élections législatives,
05:01voire qu'aux élections présidentielles, mais surtout aux élections législatives,
05:04très fort là où il est fort et très faible là où il est faible.
05:07Donc il y a très peu d'homogénéité de ce vote-là et donc ça s'est assez bien confirmé.
05:11Maintenant, il y a eu énormément de discussions ces deux dernières semaines.
05:14Est-ce que c'est un échec pour la France Insoumise, une réussite ?
05:16Moi, je crois qu'il faut essayer d'évaluer ça, non pas forcément à l'aune, évidemment, des référentiels,
05:21puisqu'il n'y en avait pas pour la France Insoumise aux élections municipales,
05:24mais en termes de stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
05:27et cette stratégie-là, c'était une stratégie de mobilisation.
05:29Je crois que de ce point de vue-là, son pari est plutôt réussi.
05:32Puis un dernier mot peut-être sur le Rassemblement National.
05:35Rassemblement National, une installation toujours assez forte dans le nord de la France,
05:38ce fameux Front National, Rassemblement National du Nord, Bassin Minier, etc.
05:42Et puis, malgré tout, un renforcement dans le Sud-Est.
05:46Et là, on a vu des porosités assez, comment dire, flagrantes
05:50entre l'électorat d'une droite traditionnelle,
05:53plutôt cadre, retraité, plutôt bourgeoise,
05:55et le Rassemblement National porté dans ses couleurs.
05:59Le cas d'Éric Ciotti, c'était une espèce de pont intéressant.
06:02Il y avait un laboratoire intéressant de l'avenir des droites
06:04qui s'est joué à Nice.
06:05Et là aussi, je pense qu'il y aura des enseignements intéressants à en tirer.
06:07La prochaine étape, c'est la présidentielle.
06:09Nous sommes à un peu plus d'un an de cette échéance.
06:12Et ce week-end, un sondage élabe montre qu'Edouard Philippe
06:15serait aujourd'hui le mieux placé, le seul même,
06:17en mesure de battre le Rassemblement National au second tour.
06:20Les autres, que ce soit Gabriel Attal, Bruno Rataillot,
06:23Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann, n'y parviendraient pas.
06:26Est-ce que ça signifie qu'on connaît déjà le nom de notre prochain président ?
06:31Alors évidemment, évidemment non.
06:34Il faut être très prudent vis-à-vis, on le sait,
06:36et c'est un sondeur qui le dit vis-à-vis de ces sondages d'intention de vote
06:40à un an de l'élection présidentielle.
06:42Néanmoins, ça nous donne quand même une photographie intéressante.
06:46Moi, il y a un élément que je retiens de ce sondage élabe,
06:50peut-être assez différenciant par rapport à ce qui avait pu sortir avant.
06:54Parce que bon, les configurations de second tour, on les connaît.
06:57Globalement, ça fait maintenant quelques mois qu'on voit que Mélenchon
07:00perdrait assez nettement, aux alentours de 75-25, face à Bardella,
07:06que Raphaël Glucksmann perdrait aussi face à Bardella
07:10dans des proportions beaucoup plus resserrées,
07:12et qu'Edouard Philippe serait, au moment où on se parle,
07:16le mieux placé pour tenir tête, ou en tout cas gagner face à Jordan Bardella.
07:21La campagne va être longue, il va se passer énormément de choses.
07:24Jordan Bardella, qui est malgré tout un candidat assez jeune,
07:26assez inexpérimenté dans le cadre de ce genre de campagne,
07:29va devoir se frotter à cette expérience-là.
07:32Mais l'enseignement que je retiens ici, c'est que,
07:34non seulement Edouard Philippe augmente,
07:37mais qu'on a quand même un duo de candidats qui se dégagent nettement.
07:42Jordan Bardella, évidemment, de très loin, autour de, je crois, 35%.
07:45Edouard Philippe, largement derrière,
07:47mais il creuse quand même l'écart avec le troisième.
07:49Ce qui peut nous donner un indicateur sur cette fameuse thèse
07:53à laquelle on peut ou non souscrire,
07:57mais en tout cas je crois qu'il doit être intéressant à un an de la campagne,
07:59est-ce que ce fameux ticket de qualification sera si bas qu'on le croit ?
08:03Ce qui est la thèse qu'on soutient ou qu'on doit soutenir
08:06si on part du postulat qui aura énormément de candidats
08:09au centre-droit, à droite, voire même au centre-gauche.
08:13Par conséquent, ça ferait baisser le score mécaniquement de chacun,
08:16puisque le vote de cet électorat-là serait dispersé
08:19et donc, mécaniquement, le candidat pourrait être qualifié
08:22avec un score assez faible,
08:23mais simplement un petit peu au-dessus du troisième.
08:26Aujourd'hui, Edouard Philippe, dans ce sondage et là-bas,
08:30creuse un petit peu les cas
08:32et donc on pourrait malgré tout avoir une élection présidentielle,
08:35un premier tour,
08:36avec un candidat Rassemblement National devant,
08:38ça, c'est à peu près la tendance qui est jamais démentie
08:42dans tous les sondages d'intention de vote qui ont pu sortir,
08:44et malgré tout, un deuxième candidat,
08:46encore une fois, la campagne va être longue,
08:48mais qui pourrait, avec une forme, une dynamique de vote utile,
08:51on va voir ce qui se passe, primaire à droite, au centre, oui ou non,
08:55mais en tout cas, une dynamique de vote utile
08:56sur quel est le candidat le mieux placé malgré tout,
08:59non seulement pour représenter la droite et le centre,
09:01mais derrière, pour pouvoir battre Jordan Bardella ou Marine Le Pen,
09:05et peut-être que ce candidat-là pourra être Edouard Philippe.
09:07C'est un élément intéressant, je crois, de ce sondage.
09:10Pas forcément un ticket de qualification très bas,
09:12parce qu'un candidat qui se dégage nettement,
09:15très loin devant le premier,
09:16mais aussi assez loin devant le troisième,
09:18qui pourrait être Edouard Philippe.
09:19En tout cas, on sait que les présidentielles
09:22peuvent réserver des surprises,
09:23et celui dont on va parler maintenant,
09:25on sait quelque chose,
09:26c'est Lionel Gespin, figure de la gauche,
09:29ancien Premier ministre sous Jacques Chirac,
09:31et candidat malheureux à la présidentielle de 2002,
09:33il ne s'était pas qualifié.
09:35Un hommage national lui a été rendu jeudi aux Invalides,
09:39en présence d'Emmanuel Macron,
09:40du Premier ministre Sébastien Lecornu,
09:42et de nombreuses personnalités de gauche.
09:44On écoute Emmanuel Macron.
09:46Ce jour, la nation rend hommage à un homme
09:50qui fut aimé des siens
09:53et respecté de tous,
09:58profondément respecté.
10:01Lionel Gespin fut toute sa vie Durand
10:04un humble militant,
10:06cherchant dans la rigueur et la grandeur de l'histoire
10:08les moyens de l'accomplissement,
10:12menant des combats de justice et de liberté,
10:16et servant notre République.
10:19On retient de Lionel Gespin les 35 heures,
10:21évidemment la réduction du chômage,
10:22mais aussi une certaine éthique,
10:24un respect pour ses adversaires.
10:26Est-ce que finalement, la politique,
10:27c'était mieux avant ?
10:29C'est assez intéressant, en tout cas,
10:30de voir qu'effectivement,
10:31la figure de Lionel Gespin a malgré tout,
10:33tout au long de cette semaine,
10:34et je crois que ça entre assez bien en résonance
10:36avec le premier sujet qu'on évoquait,
10:39cette espèce de conflictualité,
10:40de brutalité très frappante
10:42qu'on constate en France,
10:44mais pas qu'en France d'ailleurs.
10:45On peut soutenir la thèse
10:46que c'est importé de ce qui se passe aux Etats-Unis.
10:49Et Lionel Gespin s'inscrit,
10:50je pense, dans sa figure,
10:52dans l'imaginaire des Français,
10:54dans la représentation personnelle.
10:57Effectivement, il s'inscrit assez bien
10:58dans une forme de politique.
11:01Alors, à l'ancienne,
11:02je me méfie un peu de ses qualificatifs,
11:04mais une forme de rectitude morale,
11:06de figure d'autorité.
11:08Il est un héritier aujourd'hui ?
11:10C'est une bonne question.
11:13Je pense que si on a,
11:15comment dire, un petit peu de mal,
11:16et je me mets tout à fait dans cette case
11:18à répondre de manière simple à cette question,
11:20c'est que la réponse n'est pas aussi évidente que ça,
11:22et que c'est déjà une indication sur,
11:24je dirais, un certain héritage
11:25qui dépassait sa personne.
11:27Une forme de respect pour l'argumentation,
11:29de droiture morale,
11:31je crois, beaucoup plus,
11:32et c'est ce sur quoi, je crois,
11:34il faut insister cette semaine,
11:36beaucoup plus que sur une gauche particulière
11:38qui l'incarnait,
11:39parce qu'idéologiquement,
11:40les choses étaient un peu plus floues que ça.
11:42Il a aussi été l'homme de la synthèse,
11:43de la gauche plurielle.
11:45Mais voilà, je crois que ça disait beaucoup
11:47d'une certaine dignité du débat public,
11:49dont on serait bienvenus
11:52de se réinspirer aujourd'hui.
11:54Merci beaucoup, Adrien Broch,
11:56d'être venu sur le plateau de France 24.
11:57Restez avec nous tout de suite,
11:58c'est le Journal de l'Afrique,
12:00présenté par Fatima Tawad.
12:01Sous-titrage Société Radio-Canada
12:04Professionnel
12:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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