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00:00À présent à notre page spéciale dans ce journal, en hommage à un musicien immense malien,
00:05Bonkana Maïga, est décédé ce samedi 28 février 2026 à Bamako,
00:11où il était hospitalisé, né à Gao en 1949, révélé très tôt dans le mythique Negro Band,
00:17formé à l'école afro-cubaine avec l'aventure de Las Maravillas de Mali.
00:21Il deviendra l'un des arrangeurs les plus influents de l'Afrique de l'Ouest,
00:25fondateur du projet Africando, entre autres début des années 90.
00:29Directeur musical, pédagogue, producteur, Bonkana Maïga laisse derrière lui une œuvre immense
00:34et une signature sonore immédiatement reconnaissable.
00:37Et pour en parler, on reçoit Mori Touré, animateur culturel correspondant de Couleurs Tropicales sur RFI depuis une vingtaine d
00:44'années,
00:44promoteur du Radio Africa, une web radio culturelle et collaborateur de Bonkana Maïga depuis plusieurs années.
00:51Merci à vous d'être là avec nous, ainsi que le producteur et documentariste Richard Migné,
00:56éco-réalisateur du film Africamia, consacré à la fameuse épopée des musiciens maliens à Cuba.
01:03Merci également.
01:05Mori, justement, Mori Touré, dites-nous, qui était pour vous Bonkana Maïga ?
01:12Merci déjà, j'ai dit condoléances à toute la grande famille de la musique africaine,
01:17parce que Bonkana a fabriqué, il a construit, il a projeté des artistes, des sons, des albums,
01:23je pourrais même dire toute une génération.
01:25Moi, j'ai dit, c'est tout un pan de l'histoire de la musique qui vient de se tourner
01:28avec Bonkana,
01:29c'est toute une génération.
01:31Bonkana était un grand musicien, c'était d'abord un formateur,
01:34comme tu l'as dit tout à l'heure, il faisait partie des...
01:37le dernier des Mohicans, des dix jeunes partis en 62 du côté de Cuba,
01:43c'est le dernier qui restait, le dernier vivant, et malheureusement, c'est lui qui est parti.
01:48Et quand il est arrivé à Bijan avec l'Orchestre de la RTI, il a fabriqué des artistes,
01:53il les a projetés, il les a détectés et il les a mis au-devant de la scène mondiale.
01:58Alpha Blondie, Aisha Kone, Biret Adams, Adias Mano, Amiko Ita,
02:04et Kamaldine qui est devenue sa femme plus tard.
02:07Tous ces grands artistes qui marquent, je pourrais dire, la grande panoplie de la musique africaine
02:12porte la marque de lui qu'on appelle Bonkana, et surtout, le groupe Africando.
02:16Africando, absolument.
02:18Il faisait tout, il faisait la musique, l'arrangement, il faisait même la musique des films,
02:22le film Mouladé de Sam Ben Ousmane, qui parle de l'excision.
02:26C'est lui qui l'a fait, avec Daniel Cusax, sans oublier Henri Duparc.
02:31Bonkana c'est un grand, c'est un gros bob-bob qui vient de tomber.
02:34Alors justement, c'est intéressant, je vous demandais tout à l'heure en préparant l'émission,
02:38parce que Bonkana Maïga est d'abord, évidemment, un Malien qui a aussi fait une carrière
02:44en partant après son épopée cubaine.
02:47Il est allé en Côte d'Ivoire.
02:50Vous, vous êtes né en Côte d'Ivoire de parents guinéens,
02:55et vous êtes allé vous installer au Mali dans les années 2000.
02:59Il y a toute cette histoire de panafricaniste, finalement.
03:02Mais qui représentait, que représentait véritablement Bonkana,
03:06à la fois pour les Maliens, mais aussi pour les Ivoiriens ?
03:09Ben écoute, même le Niger, parce que quand il a fini en 68,
03:14quand il y a eu le coup d'État, Moussa Traoré,
03:16Bonkana est parti à Niamey.
03:18Il a aussi fait Niamey.
03:19Il avait ce rudiment de la connaissance,
03:21l'école cubaine qui lui avait donné tout ce qu'il a appris à l'université,
03:25il voulait exercer.
03:26Et bon, le temps n'était pas bon à Bamako.
03:28Il est parti à Niamey, et Niamey s'est retrouvé à Abidjan.
03:30Mais il a...
03:32C'est aussi ça, aussi sa force.
03:34Et la Côte d'Ivoire, plaque tournante des musiques africaines des années 70-80,
03:38il arrive dans le pays qui lui reçoit.
03:40Il fait l'INA, qui est devenu l'INSAC après,
03:42l'Institut des Arts du côté d'Abidjan.
03:45Et il inculque son savoir, mais aussi,
03:47il est directeur de l'orchestre de la RTI,
03:49où il détecte.
03:51Mais aussi, il arrange aussi de JBZ,
03:53avec son grand frère,
03:55Jean-Baptiste Bizolon,
03:57avec qui ils ont fait presque 500 albums
04:00dans ce lieu,
04:01où Bonkana a arrangé presque la moitié.
04:03Pour montrer un peu la grandeur.
04:04Et puis, ce n'était pas que des artistes ivoiriens.
04:06Il y avait des Congolais, des Guiniens, des Maliens,
04:08il y avait des Togolais, des Béninois.
04:10Bonkana a arrangé presque toute l'Afrique musulmane.
04:13Le maestro.
04:13Il a arrangé toute l'Afrique.
04:15C'est là aussi qu'il montre un peu sa grandeur continentale.
04:19Bon, quand tu parles de continentale,
04:21et même là, quand on parle d'Africando,
04:22il y avait qui ?
04:23Medun Diallo, du Sénégal.
04:25Du Sénégal.
04:26Il y avait Feu, Nyonas Pedro du Bénin.
04:28Il y avait Secuba Bambino de la Guinée.
04:30De la Guinée.
04:30Sans oublier Carlos Menem,
04:33qui était un peu américain,
04:35qu'on appelle Cap Verdien.
04:36Bonkana, c'était l'Africain.
04:38Bonkana incarnait cette Afrique,
04:40ce Pan-Africanisme,
04:41et il a déposé dans sa manière de faire de la musique,
04:44en faisant les arrangements,
04:46mais aussi en faisant, je pourrais dire, la production.
04:49J'aimerais qu'on entende Richard Minier,
04:51justement, lui aussi grand,
04:54qui est un producteur,
04:56qui est un documentariste,
04:59qui a fait ce fameux documentaire absolument magnifique,
05:02c'est Africa Mia.
05:04Africa Mia,
05:05où justement, ils ont suivi l'épopée de ce groupe,
05:10et ce qu'il en restait,
05:11parce que bien des années plus tard,
05:14Richard Minier,
05:15est-ce que vous nous entendez, justement ?
05:17Oui, oui, oui, bonsoir.
05:19Bonsoir, bonsoir Richard.
05:21Merci d'être avec nous.
05:22Bonsoir.
05:22Alors, dites-nous, Richard,
05:25pour vous,
05:26qui était véritablement,
05:29je sais qu'on n'a pas le temps,
05:31malheureusement, dans cette émission,
05:32de retracer toute l'histoire de votre aventure,
05:34mais déjà, votre rencontre était absolument incroyable.
05:37Est-ce que vous pouvez nous raconter en quelques mots ?
05:40C'était en 99,
05:41et c'était mon premier voyage en Afrique,
05:43et je me suis retrouvé dans un maquis,
05:45et j'ai vu un flûtiste qui jouait de la flûte,
05:49et tout de suite,
05:49ça m'a attiré l'œil et l'oreille,
05:53et je suis allé le voir,
05:54et il m'a dit, voilà,
05:55moi je suis parti à Cuba dans les années 60,
05:57et ça m'a intrigué,
05:58et donc,
06:00de fil en aiguille,
06:01en fait,
06:01je suis arrivé à Boncana,
06:04que j'ai rencontré à Abidjan,
06:05quand il était dans les années 2000.
06:07Pour moi,
06:08Boncana,
06:08c'est un visionnaire,
06:10c'est un producteur assez audacieux,
06:13et puis c'est aussi un des premiers musiciens africains
06:16qui sait jouer et lire et écrire la musique,
06:20avec la formation qu'il a eue à la Havane
06:22pendant dix ans,
06:24auprès des grands maîtres cubains.
06:27Musicien,
06:28et même architecte sonore,
06:29vous diriez ?
06:31Oui,
06:32je pense qu'il a défriché,
06:34et je pense qu'il est assez audacieux,
06:36parce que quand on a travaillé ensemble,
06:38je lui ai proposé des relectures
06:39qui étaient beaucoup plus électroniques
06:41de ses propres titres,
06:43et il avait une curiosité,
06:44il y a eu des featurings
06:46avec le chanteur du groupe de rap cubain,
06:49Henri Chasse,
06:50et je pense qu'il avait une ouverture d'esprit
06:53qui était assez impressionnante
06:54entre son passage à Abidjan,
06:57effectivement,
06:57mais aussi quand il a rejeté à New York
07:00avec Africando,
07:01ou à Paris,
07:01et je pense qu'il y avait une certaine idée
07:04du brassage culturel
07:06qu'allait amener,
07:07beaucoup plus tard,
07:08dans les années 80,
07:09ce qu'on a appelé la sono mondiale,
07:10en fait.
07:11Pour vous, justement,
07:13si vous deviez expliquer son importance
07:16à un jeune public,
07:17et à travers d'ailleurs votre film,
07:20que vous êtes allé exhumer,
07:22justement,
07:22tous ces talents de cette époque-là,
07:24un peu oubliés,
07:26on va dire,
07:26qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui ?
07:29Je pense que ce qui est intéressant,
07:31c'est de prendre les racines les plus pures,
07:34d'arriver à extrapoler tout ça,
07:36à bien connaître d'où vient cette musique,
07:39puisque quand il a mélangé
07:40la musique afro-cubaine,
07:41qui elle-même vient d'Afrique,
07:43et rajouté le bambara
07:45et les influences,
07:46je pense qu'il y avait quelque chose
07:47d'assez moderne, en fait,
07:49dans l'orchestre des Maravillazes de Mali.
07:51C'était complètement nouveau,
07:52et je pense que quand le disque
07:53a traversé l'Atlantique
07:54au milieu des années 60,
07:56bien avant que eux reviennent au Mali,
07:58ça a été un succès fou.
08:01Par exemple,
08:02Salif Keïta témoignait
08:03que c'était vraiment une influence immense
08:06sur la musique africaine.
08:08Absolument immense.
08:09Merci beaucoup, Richard Migné.
08:11Et d'ailleurs,
08:11on va se quitter en musique
08:13pour réaliser l'importance
08:15de ce groupe
08:16et de Bonkana Maïga,
08:18à qui nous pensons fort ce soir,
08:20toute l'Afrique,
08:20assez proche,
08:21évidemment.
08:23Merci à tous.
08:23Merci, Maury,
08:24d'être venu ici.
08:26Merci beaucoup.
08:27Et on salue tout le monde
08:28de Gawa à Abidjan,
08:29en passant par la Havane,
08:30car tout le monde est en doute.
08:31Voilà.
08:33Ha !
08:35Chef Fatimata !
08:38Brrrr !
08:40Rendez-vous, c'est le soir
08:41Chef Fatimata !
08:45Rendez-vous, c'est le soir
08:47Chef Fatimata !
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