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00:00Allez, on passe à notre focus de ce samedi soir et en cette veille du 8 mars, nous avons choisi
00:05au JTA de rendre hommage à une des plus grandes voix du journalisme africain en 1985.
00:11Elle devient la première femme à présenter le journal télévisé au Cameroun.
00:15Quelques années plus tard, elle rejoint TV5, Monde, où elle va construire pendant près de trois décennies une véritable tribune
00:22pour les voix africaines
00:23diffusée dans des dizaines de pays, journalistes de rigueur, connues pour ses interviews sans détour dans l'émission.
00:29Et ici, vous me disiez toute la vérité, elle a reçu des centaines de personnalités politiques, économiques, culturelles du continent.
00:35Après plus de 40 ans de carrière, elle a pris sa retraite fin janvier.
00:39L'occasion pour nous de la recevoir ici à France 24.
00:42Merci Denise Épôté d'être venue dans ce journal de l'Afrique.
00:46C'est un plaisir de vous recevoir.
00:47Merci de m'accueillir.
00:49Alors vous êtes pour beaucoup de journalistes de ma génération, moi en particulier, un modèle dans le métier.
00:54Et pourtant, vous n'étiez pas destiné à être journaliste.
00:57Vos parents ne voulaient pas.
00:58C'est vrai, mes parents ne voulaient pas que je sois journaliste.
01:02J'ai commencé par faire des études de droit.
01:04Et puis deux ans après, deux ans passés à la faculté de droit, à l'heure insue,
01:10j'ai présenté le concours de l'École supérieure internationale de journalisme,
01:14une école qui avait été créée par Hervé Bourges au Cameroun,
01:16à la demande du premier président de la République du Cameroun, le président Amadou Aïdjo.
01:20Et j'ai été reçue.
01:22J'étais la seule fille de ma promotion.
01:24Et mes parents l'ont su en lisant le journal officiel Cameroun de Tribune.
01:29Ils l'ont découvert, mis sur le fait accompli finalement.
01:33En 1985, vous devenez la première femme à présenter le journal télévisé au Cameroun,
01:39dans un univers très masculin.
01:42Est-ce que vous aviez conscience, à l'époque, d'ouvrir des portes pour des futures générations ?
01:46Ou vous n'y pensez pas du tout ?
01:47Non, pas du tout.
01:48Parce qu'en fait, quand la télévision démarre au Cameroun en 1985,
01:52c'était à l'occasion du congrès du parti politique,
01:57qui à l'époque s'appelait l'UNC, l'Union Nationale Camerounaise,
02:00et qui entre-temps est devenu le Rassemblement Démocratique du Peuble Camerounais.
02:05Et c'était une première, parce que le Cameroun était, dans la sous-région,
02:09quasiment le seul pays à ne pas avoir de télévision nationale.
02:13Et les autorités de l'époque avaient plutôt misé sur la radio.
02:16D'ailleurs, quand je suis sorti de l'École supérieure internationale de journalisme,
02:20j'ai commencé à travailler à la radio, et c'est en 1985,
02:23à la faveur du congrès de l'UNC, que je fais de la télévision,
02:27parce que j'avais fait option télévision à l'école de journalisme.
02:30Et c'était une première pour les Camerounais.
02:32Et il découvrait vraiment la petite lucarne.
02:35Et d'ailleurs, pour la petite histoire, ce soir-là,
02:38le directeur général n'avait pas voulu qu'on présente de journal en direct.
02:43Il s'est dit, vous allez vraiment, vous prenez de gros risques,
02:47et on ne peut pas, comme ça, s'est allé devant tous les invités du chef de l'État,
02:53qui étaient venus participer au congrès du parti à Abouya,
02:58dans la province anglophone.
03:01Et tous, encore, on lui a dit, il n'en est pas question, on n'enregistre pas, on le fait
03:06en direct.
03:07Et ça s'est passé en direct, et à la sortie du studio,
03:11tous les invités sont venus nous porter en triomphe comme des héros nationaux.
03:16Et voilà, le reste, c'est de l'histoire.
03:17En 1994, à peu près, pratiquement dix ans après, vous quittez la télévision nationale pour rejoindre la France, TV5.
03:27Quelle est votre vision à ce moment-là ?
03:29Qu'est-ce que vous vouliez porter comme message sur le continent africain ?
03:32Sur une chaîne française, quand même.
03:33Chaîne française, mais chaîne de la francophonie.
03:36Absolument.
03:36Je précise, ce qui n'est pas tout à fait pareil.
03:39Donc, effectivement, pour moi, pour la jeune camerounaise que j'étais, née dans un pays bilingue,
03:44puisqu'au Cameroun, les deux langues officielles sont le français et l'anglais,
03:48pour la première fois, je pouvais comprendre ce qu'était la francophonie.
03:54Et j'arrive à TV5, je suis chargée des programmes.
03:57À l'époque, le directeur de TV5 Afrique était Mac Tersilla, un de vos compatriotes.
04:01Ténégalais, absolument.
04:02Avec qui j'ai travaillé pendant quatre ans.
04:04Et quatre ans après, j'ai été nommée directrice Afrique à la suite de la démission de Mac Tersilla.
04:11Et là, on découvre une chaîne qui parle aux Africains,
04:15parce que les débuts de TV5 Afrique, ça a été un décrochage de deux heures.
04:19Oui.
04:20Tous les soirs en direction du continent.
04:23Et on a été vraiment l'occasion.
04:26TV5 a permis de construire un écosystème audiovisuel et de la production sur le continent,
04:33puisqu'il fallait une fois par semaine offrir aux téléspectateurs le meilleur de la production africaine.
04:40Donc c'était une très belle vitrine pour les producteurs du continent
04:44qui pouvaient comme ça offrir leur production,
04:48non pas seulement à leur public national, mais à tout le continent.
04:5354 pays quand même.
04:55Ce n'est pas rien.
04:56Donc ça a été une très très belle histoire.
04:58Une belle histoire.
05:00Vous avez aussi souvent dit que la femme africaine est invisible.
05:05Et aujourd'hui, dans les médias africains,
05:07quel regard vous portez sur la place de la femme africaine, justement ?
05:10Les lignes ont beaucoup bougé et c'est tant mieux,
05:13même s'il reste encore beaucoup à faire.
05:14Parce que moi, à l'époque, quand je commençais,
05:17toutes les femmes, de manière générale, étaient cantonnées à un secteur,
05:22le secteur de la culture ou des faits divers.
05:25Parce que la politique, c'était la chasse gardée des hommes.
05:28Et on se demande pourquoi d'ailleurs, parce qu'on sait aussi bien que faire des interviews.
05:33Mais les choses ont beaucoup évolué et je me félicite aujourd'hui de voir qu'il y a de plus
05:38en plus de femmes
05:39à la tête des rédactions, à la tête des chaînes de télévision d'ailleurs,
05:44même à la tête des instances de régulation, ce qui n'est pas rien,
05:47ministre de la communication.
05:49Donc je vois que les lignes bougent et elles ne se laissent pas faire.
05:52Alors un mot pour terminer, vous avez pris votre retraite.
05:55Fin janvier.
05:56Fin janvier.
05:57Alors votre vie de retraité, qu'est-ce que vous pouvez nous en dire là ?
06:01Alors ça change d'abord, parce que maintenant je ne suis plus sous pression,
06:07plus de réunion.
06:08Ou alors quand il y en a, c'est parce que j'ai décidé d'en faire ou d'y
06:12participer.
06:12Et puis c'est une page qui se tourne et une nouvelle qui va s'ouvrir
06:17où je ferai les choses différemment.
06:19Mais quand on est journaliste, on reste journaliste à vie.
06:23On va se quitter là-dessus.
06:24Merci beaucoup Denise Epoté d'être venue dans le Journal de l'Afrique,
06:28de nous avoir fait cet honneur de venir nous voir et de partager avec nous justement
06:33votre parcours.
06:34C'était très inspirant et vous êtes pour moi un modèle, je l'ai dit déjà souvent.
06:38Merci beaucoup.
06:39Merci Denise Epoté.
06:40Merci.
06:40C'est ainsi que nous refermons ce Journal de l'Afrique et on remercie tout le monde
06:45partout dans le monde.
06:46Et ce soir en particulier, de Kong Samba.
06:50C'est une page que je connais.
06:51Absolument.
06:52À Paris, en passant par Yaoundé.
06:54Voilà comme ça la boucle est bouclée.
06:56Restez avec nous car l'actualité continue sur Fanzone Cat.
06:58Merci.
07:03Merci.
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