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  • il y a 2 ans
Avec Richard Escot, journaliste à l’Equipe et auteur de “Côté ouvert : 2016 - 2023, Chroniques d'un sacre reporté” (Édition Passiflore)

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##C_EST_DANS_L_ACTU_8-2023-12-10##

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Transcription
00:00 Parce qu'on a vécu la Coupe du Monde de rugby avec lui presque tous les week-ends,
00:06 avec le plus grand bonheur sur Sud Radio.
00:08 C'est Richard Esco, journaliste à l'équipe.
00:11 Bonjour à vous Richard.
00:12 Bonjour à tous et à toutes.
00:13 Et re-bienvenue presque chez vous sur Sud Radio.
00:16 Bon, vous signez ce livre, ça s'appelle "Côté ouvert 2016-2023, chronique au pluriel
00:22 d'un sacre reporté".
00:24 Hélas, hélas, hélas.
00:26 C'est publié chez Passiflore, un sacre reporté pour les amoureux de l'équipe de France.
00:31 Et vous revenez sur toutes les chroniques, tout ce que vous avez vécu depuis 2016 justement,
00:37 au rythme de la montée en tension du monde du rugby français qui s'est mis à y croire
00:42 avant la douche froide.
00:43 Alors je veux revenir d'abord sur ce sacre, presque qu'on a oublié, c'est le sacre à
00:47 Béziers 2018.
00:48 C'était quand même un sacré moment.
00:49 Oui, c'était un sacré moment parce qu'on a une génération formidable, la formation
00:53 française est remarquable.
00:54 Un travail effectué par tous les clubs.
00:56 Avant, tous les meilleurs joueurs étaient recentrés à Marcoussi et Didier Rethier
01:02 qui était alors d'ETN, a trouvé que l'idée était meilleure de les renvoyer dans les
01:06 clubs là où ils étaient formés, là où ils pouvaient s'aguerrir.
01:09 Et ça a donné une magnifique génération 2018, 2019, 2023, champions du monde.
01:14 Ces générations-là sont celles qui portent l'équipe de France et on se demande d'ailleurs,
01:18 vraie question, pourquoi quand on est trois fois champion du monde chez les moins de 20
01:21 ans...
01:22 Pourquoi on ne le devient pas chez les grands tout simplement ?
01:26 On est en fin de compte les éternels déçus en quelque sorte ?
01:30 Alors on est les éternels déçus mais j'ai l'impression qu'on n'est pas fait pour être
01:33 champion du monde.
01:34 Vous savez, j'écoute régulièrement Sud Radio, François Trillot et toute sa bande.
01:37 On a un top 14 extraordinaire qui nous offre depuis 2005 un championnat, un feuilleton
01:43 remarquable.
01:44 Je crois que c'est un championnat viable, un championnat financièrement intéressant.
01:48 C'est un des seuls d'ailleurs, c'est important.
01:50 Oui, les Anglais sont en perdition et tous les Anglais viennent jouer en France et tous
01:56 les grands joueurs de l'hémisphère sud viennent là.
01:58 Donc c'est formidable.
01:59 Mais pendant ce temps-là, c'est peut-être aussi des jeunes qui ne jouent pas.
02:02 Et je voulais vous dire, à vous et à nos auditeurs, c'est que peut-être ce qui est
02:08 notre point fort est peut-être aussi notre point faible.
02:10 C'est-à-dire que ce championnat-là, avec des clubs qui jouent leur jeu, un jeu qui
02:16 leur est propre, avec des entraîneurs qui ne réfléchissent que par rapport à ce club
02:21 d'ailleurs.
02:22 On a du mal à réunir toutes les forces vives, même si on laisse les internationaux à la
02:27 disposition du 15 de France, comme peut-être jamais dans l'histoire du 15 de France on
02:30 ne l'a fait.
02:31 On a du mal à créer une identité nationale.
02:34 Oui, on a du mal à créer une identité nationale du jeu, du rugby.
02:37 Pourtant, il y a toujours des vieilles forces, enfin la mêlée française est toujours respectée.
02:41 Le French Flair n'est pas abandonné.
02:43 Oui, mais Fabien Galtier avait eu une idée assez intéressante.
02:46 Il a dit "voilà, on va jouer sur la dépossession", c'est-à-dire qu'on va aller chercher l'adversaire,
02:50 on va lui prendre le ballon, on va mettre la main dans les rues.
02:52 Il y avait les joueurs pour ça, ça fonctionnait très bien, il y a eu un grand chelem en 2022
02:56 remarquable, sauf que la règle a changé, on s'est retrouvé un petit peu démunis quand
03:00 l'abysse fut venu et il se trouve que les autres nations progressent aussi, ont des
03:05 jeux structurés et que nous, quand ça devient difficile, on n'a pas cette capacité d'ADN
03:13 nationale à se sublimer.
03:14 Regardez les Anglais, ils prennent 50 points contre la France à Twickenham dans le dernier
03:19 tournoi, ils sont humiliés à domicile contre les Fidji en match de préparation.
03:23 À quelques jours du mondial.
03:25 Ils affrontent l'Argentine pour le match d'ouverture, ils ont un carton rouge dès la troisième
03:29 minute et là qu'est-ce qui se passe ?
03:30 C'est ça.
03:31 Leur ADN se met en place et ils décident de jouer à l'anglaise.
03:33 Mais dans ce cas-là, ça veut dire, pardonnez-moi Richard Escoe, que l'ADN de l'Angleterre
03:37 c'est un ADN particulièrement disgracieux.
03:39 Oui, mais enfin je pense que si on avait été champion du monde avec un rugby disgracieux,
03:44 on aurait crié au génie.
03:45 Ça a failli arriver ?
03:46 Bah écoutez, oui.
03:47 En 2011, ça a failli arriver ?
03:48 On passe pas loin à un point.
03:50 Mais c'est pas le meilleur 15 de France de l'histoire.
03:52 C'est pas le meilleur 15 de France.
03:54 C'est pas le plus beau en tout cas.
03:55 Oui, mais avec des joueurs de qualité, avec des joueurs de gros tempérament qui avaient
03:58 décidé à ce moment-là de faire corps, de mettre un petit peu le staff de côté et
04:02 de décider qu'ils allaient s'approprier le jeu.
04:04 Et je pense que ce qu'il a manqué en 2023, ce sont des joueurs qui s'approprient les
04:09 jeux et qui à un moment disent "voilà, stop, on a neuf blessés, on sait plus à
04:12 quel jeu on joue".
04:13 On fait du moche, on fait du disgracieux en quelque sorte, on rentre dans le tas.
04:18 Non, pas du tout, pas du tout Jean-Marc Ceteté.
04:20 Au contraire, on a de la qualité, on a des joueurs extraordinaires, on a des talents
04:24 fabuleux et il fallait leur donner carte blanche.
04:26 Justement, tiens, ces talents fabuleux, on va revenir parce qu'il faut qu'on vive aussi
04:29 avec quelques petits archives sur Sud Radio justement.
04:33 On va parler notamment de celui dont on a peut-être trop parlé, même si c'est un
04:38 génie, c'était Antoine Dupont.
04:41 Celui qui en parlait, c'est une légende du rugby, c'est la bête.
04:44 Il avait été interviewé par notre équipe de Sud Radio, Tendai Tawarira.
04:48 Évidemment.
04:49 Eh oui, on va mettre son image sur le mur et il va lancer des flèches.
05:00 Il est ultra important pour cette équipe de France.
05:05 Si vous voulez gagner contre l'équipe de France, il faut lui faire passer un titre.
05:11 C'est un très mauvais match.
05:12 Exactement.
05:13 Est-ce que l'Afrique du Sud finalement nous accueille à froid en rentrant dans Antoine
05:18 Dupont ?
05:19 Alors je pense qu'elle n'a pas eu besoin parce qu'Antoine Dupont était blessé.
05:22 Il était à 70% de ses capacités.
05:24 On l'a vu sur ses premiers ballons.
05:26 Pour moi, il est passé à côté de son match.
05:27 Il n'a pas eu le rendement qu'on attendait de lui.
05:29 En plus, il est capitaine.
05:30 Il s'est mis l'arbitre à dos en passant son temps à le critiquer sur le terrain.
05:33 Les arbitres détestent ça, surtout qu'il était francophone et francophile.
05:37 Donc, il entendait très bien tout ce qu'il se disait.
05:40 Je pense que se mettre l'arbitre à dos, ce n'était pas une bonne raison.
05:43 C'est aussi ça notre ADN.
05:44 Vous disiez qu'il fallait qu'on trouve notre ADN.
05:46 Oui, mais pas à ce point-là.
05:48 Mais le Français est mauvais perdant, Richard Esco.
05:50 Non, mais le match n'était pas perdu sur le terrain.
05:51 Ce qu'il fallait, c'était peut-être oser ce qu'a osé l'entraîneur des Springboks,
05:56 Erasmus, c'est-à-dire de mettre sa charnière titulaire sur le banc et de la faire rentrer
06:00 en fin de match comme il a fait.
06:01 Ça a complètement mangé le cerveau des Français.
06:03 Moi, je pense qu'Antoine Dupont, après la lourde blessure qu'il avait, la preuve, il
06:07 a attendu quatre semaines avant de rejouer avec le Stade Toulousain.
06:10 Et c'était déjà miraculeux qu'il revienne si tôt.
06:12 C'était presque trop tôt en fin de compte.
06:13 Mais il n'était pas à 100%.
06:14 Donc, il serait intervenu dans les 20 dernières minutes comme remplaçant.
06:17 Je pense que ça aurait changé le match.
06:19 D'autant qu'on avait la charnière de Bègle-Bordeaux, Loukou Jalibert qui était prête à jouer.
06:24 Mais on ne va pas refaire le match.
06:25 On ne va pas le refaire, mais en même temps, on a quand même un petit peu de venin au
06:29 fond du gosier.
06:30 Il nous en reste.
06:31 Ah non, pas du venin, de la frustration.
06:32 Vous savez, avec mon livre Côté Ouvert, j'effectue pas mal de dédicaces dans les
06:37 librairies.
06:38 J'ai réveillé Malmaison, vous savez, là où l'équipe de France est restée pendant
06:41 la Coupe du Monde, sur la deuxième partie.
06:42 Et j'ai vu des fanas, des supporters, des amoureux du rugby encore frustrés et déçus.
06:48 Et c'est vrai que ce livre-là, dans les dernières chroniques, je pense que c'est ce que vous
06:52 vouliez dire, évoque cette petite chute match après match de l'équipe de France.
06:57 Ce doute qui s'instille et jusqu'à cette chute en quart de finale.
07:01 Et cette chute d'ailleurs, qui n'a pas été très belle.
07:03 On va retrouver Antoine Dupont tout de suite, parce que ça avait fait beaucoup parler,
07:07 justement, qu'il nous parlait de l'arbitrage.
07:08 Et vous, vous en avez pensé quoi ?
07:10 En regard extérieur, je ne sais pas.
07:12 Il y a quand même des actions qui sont...
07:13 Après, c'est dur d'avoir ce discours-là, parce qu'il y a beaucoup de déception, de
07:16 frustration.
07:17 Mais il nous tarde, je pense, de revoir des images qui vont nous donner encore plus de
07:21 frustration.
07:22 Je pense qu'il y a des choses claires et évidentes qui sont faciles à siffler, qui
07:24 ne l'ont pas été.
07:25 De faire l'aigri qui râle sur l'arbitrage parce qu'il a perdu le match.
07:29 Mais je ne suis pas sûr que l'arbitrage ait été au niveau de l'enjeu aujourd'hui.
07:33 Et ce n'est pas la dernière archive qu'on aurait voulu garder de cette Coupe du Monde.
07:37 Malheureusement, c'est le dernier souvenir qu'on a du 15 de France dans ce mondial.
07:39 Qu'est-ce que ça vous évoque ?
07:41 Alors moi, je trouve dommageable que le capitaine de l'équipe de France, qui est notre tête
07:45 de gondole, qui est l'équivalent de Jean-Pierre, Philippe, Cella, Serge Blanco dans l'histoire
07:49 du rugby, s'en prenne à l'arbitre à la fin du match.
07:52 Je pense qu'il faut être peut-être un peu hypocrite, mais il faut avoir la tête haute,
07:56 sortir saluer l'Afrique du Sud.
07:57 Il l'a fait, mais surtout pas s'en prendre à l'arbitrage.
08:00 Effectivement, l'arbitre a n'a pas été bon.
08:02 Monsieur O'Keefe, sur ce match-là, il a eu la note de 12 sur 20 par ses pairs.
08:06 Ce n'est pas terrible, c'est médiocre.
08:08 Mais ce n'est pas lui qui oublie la passe à Aldritt en début de match.
08:12 Ce n'est pas lui qui se fait contrer sur la transformation.
08:16 Ce n'est pas lui qui choisit la pénalité au lieu d'aller en pénaltouche en fin de
08:19 match et finalement mourir à trois points alors qu'on pouvait gagner de quatre.
08:24 C'est peut-être ça aussi le problème et je pense qu'on se voile un peu la face en
08:28 cherchant chez l'arbitre le bouc émisseur.
08:30 C'est ce que je raconte dans mon ouvrage.
08:32 - Absolument, vivement qu'on retrouve l'Angleterre au tournoi des six nations.
08:35 Ça nous fera du bien de nous défouler en espérant qu'on arrive à le faire.
08:38 Merci beaucoup Richard Esco.
08:39 Côté ouvert, ça s'appelle Chroniques d'un sacre reporté de 2016 à 2023.
08:44 C'est publié chez Passiflor.
08:45 Vous pouvez le commander dans toutes les bonnes librairies.
08:48 Je rappelle qu'on peut vous lire également dans les pages de nos confrères de l'équipe.
08:52 Richard Esco, restez dans les parages parce qu'on va reparler rugby quand même.
08:55 On a les plus beaux clubs d'Europe.
08:56 Il y a un peu de Coupe d'Europe à commenter mais avant ça, on a une surprise.

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