Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Bonjour Fabien Roussel.
00:08 Bonjour à vous deux.
00:09 L'armée israélienne a demandé cette nuit l'évacuation d'un peu plus d'un million
00:13 d'habitants du nord de la bande de Gaza vers le sud.
00:16 Elle donne 24 heures, laissant supposer l'imminence d'une intervention au sol.
00:20 L'ONU redoute des conséquences humanitaires dévastatrices, réclame que cet ordre d'évacuation
00:26 soit annulé.
00:27 Est-ce que vous aussi vous êtes inquiet des conséquences humanitaires d'une telle démarche ?
00:31 Oui, je suis inquiet, nous sommes tous inquiets.
00:35 Le président de la République hier a aussi exprimé ses inquiétudes.
00:39 Il n'y avait pas encore eu cette annonce.
00:40 Mais les inquiétudes que tout le monde porte sont celles liées à l'embrasement, maintenant,
00:47 généralisé, après cette horrible attaque qu'il y a eu ce 7 octobre dernier, qui restera
00:54 comme une journée noire pour l'humanité.
00:57 Il y aura un avant et un après.
00:59 Et donc l'inquiétude, elle est immense.
01:02 Bien sûr, tout le monde reconnaît le droit pour le gouvernement d'Israël d'aller pourchasser
01:11 ceux qui ont commis ces actes terroristes, ignobles, barbares.
01:14 Je crois qu'on aura du mal à mettre les mots qu'il faut pour illustrer la sauvagerie des
01:20 actes qu'ils ont commis contre des enfants, des bébés, des vieillards, des décapitations,
01:25 filmant leurs atrocités pour les faire connaître.
01:28 Je crois qu'il n'y a pas de mots pour illustrer cette ignominie.
01:33 Mais est-ce que cette démarche d'Israël, c'est la réponse forte et juste dont parlait
01:36 Emmanuel Macron hier soir ?
01:37 Justement, c'est les inquiétudes que nous avons soulevées auprès du président de la
01:43 République.
01:44 Aujourd'hui, il y a une riposte du gouvernement israélien, riposte qui frappe des civils,
01:52 riposte qui frappe des bâtiments, des infrastructures civiles.
01:56 Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lui-même, a appelé le gouvernement
02:03 israélien à respecter les conventions internationales.
02:05 La France a exprimé la même chose, appelant le gouvernement israélien à respecter les
02:11 conventions internationales.
02:12 Face au terrorisme, face aux actes barbares commis par une organisation terroriste, la
02:19 réponse ne peut pas être la loi du Talion, la vengeance aveugle.
02:23 On est dans la vengeance aveugle ?
02:26 Comment ?
02:27 Vous trouvez qu'on est dans la vengeance aveugle aujourd'hui ?
02:30 Parce qu'Israël recense environ 150 otages dans la bande de Gaza qu'il faut libérer
02:35 et il doit aussi éradiquer le Hamas.
02:39 Est-ce que vous comprenez aussi l'enjeu pour les Israéliens ?
02:42 Bien sûr, bien sûr, je les comprends.
02:46 D'ailleurs, je viens de le dire, ils sont en face d'une organisation terroriste qui
02:51 les a frappés comme jamais ils ont été frappés, au cœur, dans leur chair.
02:54 Et donc, il y a une réplique, forcément, de la part du gouvernement israélien à l'encontre
03:03 de cette organisation terroriste.
03:04 Mais il faut aussi sortir de l'impasse dans laquelle nous sommes, comprendre comment une
03:13 organisation terroriste peut s'organiser, réussir à commettre de telles atrocités,
03:19 comment le terrorisme naît, sur quel terreau il se développe.
03:22 Et d'ailleurs, en parlant de cette évacuation qui est faite aujourd'hui du nord de Gaza,
03:30 nous avons tous une grande préoccupation qui concerne les otages, parmi lesquels il
03:35 y a certainement des ressortissants français.
03:37 Et aujourd'hui, tout doit être fait et mis en œuvre pour pouvoir libérer ces otages
03:41 sains et saufs et avoir des preuves qu'ils sont bien en vie.
03:47 Est-ce que vous jugez que le président a su trouver les mots justes, le ton juste hier
03:53 et aujourd'hui ? Est-ce que vous appelez solennellement le président à lancer un
03:56 appel à la retenue ou à intervenir d'une manière ou d'une autre ?
03:59 D'abord, il a exprimé l'émotion légitime de toute la nation.
04:05 Et hier, lorsque nous avons chacun pris la parole à l'Élysée, nous avons exprimé
04:11 cette émotion et dénoncé ce qui s'est produit là-bas samedi 7 octobre et dans les
04:18 jours qui ont suivi.
04:19 Il a exprimé cette émotion.
04:21 Nous avons aussi été plusieurs, notamment les responsables des partis de gauche écologistes,
04:29 à demander à ce que le président de la République rappelle la position de la France, qui est
04:35 celle d'une solution à deux États et crée les conditions d'ouvrir une perspective
04:41 politique.
04:42 Et le président de la République hier, avec les mots qui sont les siens, a rappelé cette
04:48 position historique diplomatique de la France d'une solution à deux États, ce qui est
04:52 important.
04:53 Et en somme, et nous en avons parlé hier tous ensemble, là aussi, il y a, je ne vais
04:59 pas dire un accord, mais tout le monde a peur de l'embrasement qui pourrait aujourd'hui
05:04 se développer.
05:05 Il y a la riposte en ce moment même du gouvernement israélien, mais il y a l'offensive qui aura
05:12 lieu dans les heures, dans les jours qui viennent.
05:14 Comment va se traduire cette offensive ? Quelle va être la nature de cette offensive ? Est-ce
05:19 qu'elle va être de s'en prendre aux terroristes et de les traquer là où ils sont ? Est-ce
05:24 qu'elle va être de nature terrestre ? Est-ce qu'elle va être aussi de s'en prendre à
05:31 tous les foyers terroristes qui se trouvent dans d'autres pays ? Je pense notamment au
05:35 Liban, à l'Iran, à la Syrie.
05:39 Et donc, si tel était le cas, vous mesurez bien le risque d'embrasement important qu'il
05:47 pourrait y avoir dans toute cette région du monde au Proche-Orient.
05:50 Et donc, c'est le sens des inquiétudes exprimées par le président de la République, mais
05:55 pas que, par l'ONU, par d'autres puissances aujourd'hui, de se dire que cette région
06:03 du monde ne peut pas, ne doit pas s'embraser au-delà.
06:07 Emmanuel Macron qui a utilisé plusieurs fois hier soir l'expression de rester uni, il a
06:10 exhorté les Français à rester unis.
06:12 Selon vous, ça ne va pas de soi ? C'est important de rappeler ça, que cette concorde nationale
06:18 existe au moins dans les mots ?
06:19 Oui, et là aussi, dans la très grande majorité, nous l'avons dit, de pouvoir tous unanimement
06:28 dénoncer le terrorisme et les actes barbares.
06:32 Ça veut dire qu'autour de la table hier, il y a eu une fracture entre certains qui
06:36 n'avaient pas les mêmes points de vue, notamment sur la question de cet acte terrorisme ?
06:39 Parce que tout le monde le sait, parce que le représentant de la France Insoumise, M.
06:46 Bonpart, n'a pas voulu employer ce mot, mais ça c'est le choix qu'eux ont fait.
06:51 Pour notre part, pour ma part, j'ai souligné qu'il était important que nous puissions
06:58 qualifier ces actes barbares pour que, justement, il y ait une union nationale, d'abord de
07:05 soutien, de solidarité auprès du peuple israélien, et de condamner ces actes, parce
07:10 qu'on ne peut pas les qualifier en aucune manière.
07:13 Et j'ai d'ailleurs fait référence dans mon intervention à notre propre histoire
07:16 française liée à la résistance sous l'occupation nazie.
07:19 La résistance, je le dis, je le redis ici, la résistance n'a jamais été de s'attaquer
07:25 délibérément à des civils, à des enfants, à des bébés, jamais, jamais nous n'avons
07:33 participé dans tous les mouvements de résistance à de tels actes, jamais nous ne les avons
07:36 soutenus.
07:37 Fabien Rossell, on se retrouve dans un instant, on continue évidemment d'évoquer l'actualité
07:40 en Israël, mais à 8h40, c'est d'abord le Fil info avec Maureen Sunya.
07:45 L'aviation israélienne a bombardé 750 cibles militaires cette nuit dans la bande de Gaza,
07:51 c'est l'armée qui l'annonce ce matin.
07:53 L'armée qui demande par ailleurs à la population du nord de la bande de Gaza d'évacuer
07:57 vers le sud d'ici 24 heures.
07:59 Plus d'un million d'habitants appelés à fuir, le siège de l'ONU à Gaza est en
08:04 cours d'évacuation.
08:05 L'ONU qui demande tout de même à Israël d'annuler cet ordre et parle de conséquences
08:10 humanitaires possiblement dévastatrices.
08:12 Le chaos déjà en cours dans la bande de Gaza, 1400 personnes sont mortes depuis le
08:16 début des frappes israéliennes en réponse aux attaques du Hamas, ces attaques qui ont
08:21 fait 1200 morts israéliens depuis samedi.
08:24 Des françaises sont aussi en cours d'évacuation d'Israël, près de 400 sont arrivées hier,
08:29 d'autres vols sont programmés d'ici dimanche, 17 ressortissants sont toujours recherchés
08:35 par les autorités françaises, peut-être otage du Hamas, Emmanuel Macron promet de
08:39 tout faire pour les libérer.
08:41 Le match sera à suivre sur France Info à partir de 20h45.
08:44 L'équipe de France de football est à Amsterdam pour affronter les Pays-Bas.
08:48 Match de qualification pour l'Euro 2024, en cas de victoire les bleus seront qualifiés.
08:53 Le 8/30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
09:02 Toujours avec Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste.
09:05 Hier soir Emmanuel Macron a dénoncé la faute de ceux qui confondent la cause palestinienne
09:09 et la justification du terrorisme.
09:11 Face au terrorisme il ne peut jamais y avoir de oui-mais à marteler le président.
09:16 Vous êtes d'accord avec ses propos, il vise et qui selon vous ?
09:19 Il vise les dirigeants de la France Insoumise qui sont les seuls aujourd'hui à ne pas
09:25 vouloir mettre les mots sur ces actes barbares.
09:29 Mal nommer les choses, comme disait Albert Camus, c'est ajouter du malheur au monde.
09:35 Et c'est pour ça qu'il est important pour nos concitoyens que nous puissions tous ensemble
09:41 bien nommer les choses.
09:42 Et il y a besoin d'un côté d'avoir cette union nationale pour condamner cet acte terroriste.
09:50 Un acte terroriste, barbare.
09:52 Ça peut être un crime de guerre, mais qualifier seulement de crime de guerre ce qu'a fait
09:58 le Hamas, c'est confondre le peuple palestinien avec le Hamas comme si le Hamas était l'armée
10:03 de libération de la Palestine d'un pays en guerre contre un autre.
10:09 C'est un acte terroriste.
10:10 Le Hamas n'est pas l'armée de libération palestinienne.
10:16 Et je ne confonds pas le Hamas avec le peuple palestinien.
10:19 Et de la même manière, je ne confonds pas le peuple israélien avec le gouvernement
10:25 d'extrême droite dirigé par Benyamin Netanyahou qui aujourd'hui est lui-même, qui lui aussi
10:33 lui-même est aujourd'hui attaqué dans son propre pays pour avoir abandonné la population
10:41 habitant à côté de Gaza parce qu'ils ont concentré les forces en Cisjordanie, parce
10:45 qu'ils ont décidé d'accentuer la communication en Cisjordanie.
10:46 – Mais si vous êtes à ce point-là en désaccord.
10:48 – Donc il ne faut pas confondre justement les peuples avec les actes commis et y compris
10:54 par les crimes de guerre que commet le gouvernement israélien à travers son armée dans les
11:00 attaques qu'ils font aujourd'hui à l'encontre de civils ou en faisant un blocus.
11:04 Un blocus aujourd'hui, ils privent totalement d'eau, d'électricité, de gaz, les 2
11:09 millions 300 000 habitants de Gaza et c'est dénoncé par l'ONU, par les puissances occidentales.
11:15 C'est une catastrophe humanitaire qui va s'ajouter au drame qui se sont produits ces derniers jours.
11:20 – Fabien Roussel, si vous êtes à ce point-là évidemment et on le comprend en désaccord
11:24 notamment sur cette question avec la France insoumise, pourquoi est-ce que vous continuez
11:27 à travailler avec eux ? Pourquoi est-ce que vous ne coupez pas les ponts ?
11:29 – C'est une discussion que nous allons avoir dans les heures qui viennent.
11:35 Nous avons d'ailleurs une réunion de notre direction ce week-end et cela fait des mois,
11:44 les Français le savent, que je tire la sonnette d'alarme.
11:46 – Vous pourriez sortir de la NUP ?
11:48 – Ça fait des mois que je tire la sonnette d'alarme, que je dis que nous sommes dans
11:52 une impasse, que je dis que cette coalition est aujourd'hui dépassée, qu'elle doit
11:57 être renouvelée, j'appelle à respecter des règles, j'ai subi des insultes insupportables,
12:03 j'ai été traité de nazi, enfin quand j'entends Emmanuel Bompard dire concernant
12:10 la France insoumise un peu de retenue à notre rencontre, on ne peut pas dire que la retenue
12:14 soit quand même quelque chose qu'il exerce lui-même de son côté.
12:17 – Vous dites que c'est l'hôpital du sac de la charité.
12:19 – Un peu.
12:20 – Vous avez vraiment besoin d'un débat Fabien Roussel, pardon, mais qu'est-ce que
12:22 vous attendez pour partir ?
12:23 – Vous savez, c'est juste que je rappelle que nous sommes une force démocratique avec
12:27 une direction, que les décisions on les prend collectivement, que ce n'est pas un petit
12:30 comité qui décide, chez nous en tout cas.
12:33 – Mais vous personnellement Fabien Roussel, vous êtes prêt à renier vos valeurs encore
12:37 pendant longtemps pour une alliance électorale, pour des sièges, parce qu'on parle là
12:42 de problèmes profonds, on parle de condamnations, de terrorisme, d'ambiguïté face à l'antisémitisme.
12:47 – Je vais vous dire deux choses, la première c'est que j'ai toujours dit qu'il y
12:49 avait des différences de programme entre nous et je souhaitais pouvoir exprimer ces
12:54 différences pour présenter notre projet aux Français, mais là, ce qui s'est produit,
12:58 à ne refuser de qualifier de terrorisme les actes qui se sont produits, c'est pas une
13:03 différence, c'est une rupture fondamentale avec ce qui fait le cœur de nos combats progressistes
13:09 et humanistes.
13:10 – Donc vous ne souhaitez plus travailler avec la France insoumise ?
13:12 – C'est donc extrêmement grave, nous déciderons ensemble de l'attitude que nous devons avoir
13:17 collectivement.
13:18 Et la deuxième chose que je dis, c'est qu'aujourd'hui qui est une journée de mobilisation européenne
13:22 contre la vie chère, pour les salaires et pour l'emploi.
13:25 – Qui en parle rave.
13:26 – Je dis que nous avons besoin, nous avons besoin que les forces de gauche et écologistes
13:30 soient unies, fortes, mobilisées et donc j'appelle aussi et en même temps à ce que nous puissions
13:37 être rassemblés, travailler ensemble sur des comptes nucléaires et effectivement en
13:42 faisant en sorte de ne pas, je ne vais pas dire tromper les Français, mais ne pas les
13:47 perdre par des attitudes et des mots qui ne sont pas responsables.
13:51 Moi j'attends, j'attends, j'attends que les responsables et les dirigeants insoumis
13:56 et je fais la différence avec leurs militants, leurs élus avec qui nous travaillons dans
14:00 de nombreuses villes, j'attends que les dirigeants qui ont refusé de mettre les mots
14:04 sur ce qui s'est passé les prononcent, c'est à eux de clarifier leur position.
14:09 Et quand j'entends hier Alexis Corbière sur votre antenne dire que c'est du terrorisme,
14:15 enfin, et j'attends que tout le monde le fasse.
14:18 Alexis Corbière qui dit "il n'y a pas de oui mais" et François Ruffin aussi un autre
14:22 insoumis a marqué clairement ses distances avec le positionnement de Jean-Luc Mélenchon.
14:25 Est-ce que vous les appelez à quitter les insoumis ? Est-ce que vous pourriez vous ranger
14:30 sous leur bannière ou eux sous la vôtre ? Est-ce qu'il ne faut pas créer une alternative
14:34 à la NUPES, une autre union ?
14:35 C'est exactement ce que je viens de dire.
14:39 C'est ce à quoi nous devons travailler aujourd'hui, c'est la discussion que nous allons avoir
14:44 nous ce week-end et nous devons tout faire pour continuer à travailler au rassemblement
14:51 sur des comptes nucléaires, sur un projet.
14:54 C'est ça qui doit nous rassembler d'abord.
14:56 Et donc il ne peut pas y avoir de doute, de flou et même je dirais de manquement grave
15:05 quand il y a une actualité comme celle qui vient de se produire.
15:07 Juste qu'on comprenne bien parce que c'est assez compliqué de comprendre ça.
15:11 Ah bah pourtant là j'ai été clair.
15:12 Non, non, non, votre position est claire mais on a du mal à comprendre le fond de la pensée
15:15 de Jean-Luc Mélenchon.
15:16 Ah bah oui mais vous n'allez pas me demander à moi d'écrire le fond de la pensée de
15:19 Jean-Luc Mélenchon, invitez-le, c'est pas simple.
15:22 Est-ce que c'est du clientélisme ? Pour dire les choses très clairement.
15:25 Certains lui reprochent, lui disent c'est parce qu'il n'arrive pas à qualifier des
15:28 choses puisque ça touche une population musulmane.
15:31 D'abord, vous lui poserez la question, mais il y a une population musulmane qui est certainement
15:39 meurtrie, meurtrie par ce qui se passe là-bas, en Israël et en Palestine, meurtrie parce
15:48 que, encore une fois, ils se disent qu'ils vont être stigmatisés en faisant, par ceux
15:54 qui font l'amalgame entre le terrorisme du Hamas et les musulmans, et le monde arabo-musulman.
16:00 Et donc il y a une grande crainte de la part de nos concitoyens musulmans.
16:04 Mais je sais aussi que chez eux, il y a une exaspération à ce que ce conflit palestinien
16:11 n'ait jamais été réglé et mis au cœur de l'actualité.
16:15 Vous savez, j'ai rappelé hier au président de la République que lors de notre rencontre
16:18 à Saint-Denis, fin août, j'ai été le premier, le seul, qui a dit que la France
16:23 devait se préoccuper de la situation israélo-palestinienne, que nous devions être plus forts pour rappeler
16:29 la solution à deux États, de prendre des initiatives politiques, de rendre de la crédibilité
16:33 à l'autorité palestinienne qui appelle à la résistance non armée, d'appeler
16:36 à la libération de Marwan Barghouti qui pourrait être l'interlocuteur qui pourrait
16:40 demain ramener les deux camps à se parler et retrouver la voie de la paix et la création
16:47 de deux États.
16:48 Donc il nous faut parler aussi à tous nos concitoyens, et y compris à nos concitoyens
16:54 musulmans.
16:55 - Et en faisant ça, avec cette position-là, est-ce que la France Insoumise brouille un
16:57 peu les cartes entre soutien de la Palestine et soutien du Hamas ?
17:01 - Il ne rend pas service, je pense, en faisant cela, à nos concitoyens musulmans parce qu'il
17:10 semble renvoyer l'idée qu'il ne faudrait pas condamner le terrorisme.
17:14 Or, je le dis, je le redis, la lutte pour la libération d'un peuple, la lutte pour
17:19 l'indépendance et la liberté, nous au Parti communiste français qui avons beaucoup soutenu
17:24 ces luttes, n'ont jamais été confondues avec l'assassinat délibéré de civils,
17:29 d'enfants, de bébés, de vieillards, jamais.
17:31 Jamais nous avons cautionné cela, et jamais nous ne le ferons.
17:35 Et ceux qui le font, ils n'ont pas de place chez nous.
17:37 - Fabien Roussel, on se retrouve dans un instant à 9h moins 10, le Fil info, c'est
17:41 Maurence Funia.
17:42 - Nous demandons à la France de faire pression pour que le Hamas diffuse des photos des otages
17:46 et libère en priorité les femmes et les enfants.
17:49 La demande sur France Info de Yael Kriff, l'ami d'une française disparue en Israël,
17:55 dans son allocution hier, Emmanuel Macron a promis de tout faire pour les libérer.
17:59 17 ressortissants français ont disparu, certains peuvent être détenus par le Hamas.
18:04 13 français sont morts depuis samedi.
18:06 Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête.
18:10 La tension est encore montée d'un cran ce matin avec cet appel de l'armée israélienne.
18:14 Elle demande aux habitants du nord de la bande de Gaza de se diriger vers le sud d'ici 24h.
18:20 Plus d'un million de personnes concernées, la moitié de la population.
18:23 Sur France Info, Fabien Roussel, le patron du parti communiste français, se dit inquiet
18:27 d'un risque d'embrasement.
18:29 Les patients ont été victimes de complications après des extractions dentaires massives,
18:34 la pose d'implants et de prothèses intégrales.
18:36 France Info vous révèle ce matin qu'un cabinet dentaire à Bakou est visé par une enquête.
18:41 A Paris, notamment pour blessures volontaires et tromperies aggravées, des centaines de
18:45 patients ont été recensés en tant que victimes.
18:48 Le 8/30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
18:56 Toujours avec Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste, on parlait de la nupèce
19:00 qui se déchire.
19:01 Vous disiez vouloir trouver une alternative toujours dans l'Union.
19:05 Une question simple Fabien Roussel, avec ou sans Jean-Luc Mélenchon ?
19:09 C'est à lui.
19:10 C'est à lui de dire les mots qui doivent être dits aujourd'hui.
19:16 Il ne les dit pas, il ne revient jamais en arrière.
19:19 Moi je vous dis que tant qu'il ne prononce pas ces mots, tant qu'il ne clarifie pas
19:23 sa position personnellement, je ne vois pas comment il peut continuer à être un interlocuteur
19:30 crédible.
19:31 Vous jugez Fabien Roussel qu'aujourd'hui il y a une ambiguïté de la part des Insoumis
19:35 sur cette question de la lutte contre l'antisémitisme ?
19:37 Je ne fais pas du tout d'amalgame entre les Insoumis, je ne dis pas les Insoumis, je parle
19:41 de dirigeants de la France Insoumise, de députés, et je souhaite qu'ils puissent clarifier
19:48 leur position pour que nous puissions continuer de travailler ensemble.
19:51 Car il y a une telle politique dure menée dans notre pays et dans l'Union Européenne
19:56 notamment, et dans notre pays concernant les salaires, le monde du travail, qu'il est
20:01 important de pouvoir construire une alternative de gauche et de progrès à laquelle j'appelle
20:04 de mes voeux et à laquelle je travaille.
20:07 Mais Fabien Roussel vous ne répondez pas à ma question et elle se pose dans un contexte
20:10 de recrudescence des actes antisémites.
20:12 Non mais je vous interroge sur l'ambiguïté d'une certaine gauche, de l'extrême gauche
20:16 avec l'antisémitisme.
20:17 Une centaine d'actes antisémites.
20:19 Donc est-ce que les Insoumis sont ambigus sur ce sujet et est-ce que l'extrême gauche
20:24 a une part de responsabilité et doit clarifier son discours ?
20:27 Je viens de vous dire, donc je vous le redis, ils doivent clarifier leur position et tant
20:32 que cette position n'est pas clarifiée de la part de leurs dirigeants, et je fais la
20:36 différence entre leurs dirigeants et leurs militants et les élus locaux avec qui nous
20:40 travaillons dans les villes et avec qui ça se passe très bien, je fais la différence
20:43 entre ces dirigeants et les militants et je demande à ces dirigeants de clarifier leur
20:47 position et je dis que tant qu'ils ne l'ont pas fait, je ne vois pas de quelle manière
20:53 nous pouvons continuer à travailler ensemble car ça décrédibilise les combats que nous
20:58 menons pour la paix, pour le progrès social, pour le monde du travail.
21:03 Je fais un lien avec la manif d'aujourd'hui.
21:04 Nous faisons un lien direct entre la guerre et la vie chère.
21:08 Nous le voyons bien, la guerre en Ukraine, la guerre en Arménie avec l'enjeu du gaz
21:14 et l'Azerbaïdjan, aujourd'hui la guerre qui va se développer en Israël et en Palestine.
21:19 Vous voyez que l'impact sur l'inflation, sur l'énergie, la guerre a un impact sur
21:25 la vie chère.
21:26 Ce combat pour la paix, pour faire en sorte que le prix de l'énergie baisse, pour faire
21:33 en sorte que nous puissions agir sur l'inflation sont des combats que nous devons mener ensemble
21:37 et c'est pour ça que nous avons besoin de clarifications bien sûr.
21:39 Juste un dernier mot pour rester sur la question palestinienne.
21:43 On parlait juste avant de la distinction entre le soutien à la Palestine et le soutien au
21:48 Hamas.
21:49 Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a ordonné l'interdiction systématique
21:53 des manifestations pro-palestiniennes et l'interpellation des organisateurs.
21:57 Est-ce que vous comprenez cette position ?
21:59 Non, et d'ailleurs ce n'est pas ce qu'a dit le président de la République hier quand
22:03 nous en avons parlé.
22:04 Il y a une difficulté, je le dis tout de suite, il y a une difficulté, c'est que lors de
22:10 rassemblements pour la paix, qu'il y ait des mouvements qui viennent et qui prononcent,
22:18 qui aient des slogans antisémites.
22:21 Ce n'est pas acceptable et tolérable.
22:24 Et donc la difficulté c'est comment organiser des rassemblements pour la paix sans que ces
22:30 propos antisémites ou défendants faisant l'apologie même du terrorisme soient bannis.
22:36 Ça c'est une difficulté.
22:38 En revanche, le président de la République hier nous a dit, puisque nous avons parlé
22:41 de ce problème-là, nous a dit qu'il était de la responsabilité des organisateurs de
22:46 créer les conditions pour que ces rassemblements se tiennent sur des mots d'ordre qui ne fassent
22:51 pas l'apologie du terrorisme ou ne soient pas antisémites.
22:54 C'est de leur responsabilité.
22:55 - Israël, assassin, Macron, complice, sioniste, sioniste, vous êtes des terroristes, ça
22:58 ne justifie pas l'interdiction par exemple ?
23:02 - La difficulté c'est comment on empêche ces mots d'ordre d'être prononcés.
23:06 C'est de la responsabilité des organisateurs, c'est une difficulté donc pour les organisateurs,
23:11 mais le président de la République a bien dit qu'il n'interdisait pas les rassemblements.
23:16 Il dit que c'est de la responsabilité des organisateurs de ne pas tomber sous le coup
23:20 de la loi, parce que des propos antisémites, faire l'apologie du terrorisme, c'est
23:24 dit par la loi.
23:25 Et donc il faut rester dans le cadre de la loi.
23:27 Je ne comprendrai pas en revanche que dans une période si dangereuse dans laquelle nous
23:33 sommes qu'il ne puisse pas y avoir de rassemblement pour la paix, et que les Français ne puissent
23:38 pas se rassembler pour appeler à la solution à deux États pacifiques vivant l'un à
23:44 côté de l'autre.
23:45 Il est important que la voix des progressistes et des pacifistes puisse s'exprimer dans
23:50 notre pays.
23:51 Cinq mois après la réforme des retraites et à trois jours de la conférence sociale,
23:55 des manifestations ont lieu aujourd'hui.
23:56 Vous en parliez à l'appel de syndicats notamment, mais malgré le contexte, on l'évoquait,
24:02 le pouvoir d'achat en Berne, personne ne s'attend vraiment à un raz-de-marée aujourd'hui.
24:05 Comment vous l'expliquez ?
24:06 On va voir d'abord.
24:09 Vous voyez bien que l'actualité depuis plusieurs jours est submergée par ce 7 octobre
24:15 noir et donc ça peut être rendu plus difficile aussi pour ça.
24:21 Mais j'étais encore hier dans les Alpes-Maritimes avec l'ensemble des organisations syndicales.
24:27 Je peux vous dire que la question des salaires, elle est au cœur des préoccupations des
24:31 Français.
24:32 Bien sûr, la paix, la guerre nous inquiètent beaucoup, le terrorisme nous inquiète beaucoup,
24:36 l'antisémitisme, le racisme, mais les salaires.
24:39 Vivre de son travail.
24:40 Vous avez vu les chiffres quand même qui tombent, que j'ai encore même entendu ce
24:43 matin sur votre antenne, que les salaires n'évoluent pas au même rythme que l'inflation
24:47 et qu'aujourd'hui des personnes se retrouvent rattrapées par le SMIC parce qu'ils sont
24:51 juste au-dessus.
24:52 Le SMIC a augmenté à peu près de 10%.
24:54 Tous les salaires qui sont au-dessus ont faiblement augmenté, très faiblement augmenté.
24:59 Il y a des chefs d'entreprise qui ont joué le jeu et qui augmentent en fonction de l'inflation
25:02 et il y en a plein d'autres qui ne le font pas.
25:04 Et je pense notamment, il y a un employeur qui est aujourd'hui condamnable, c'est l'État,
25:08 le premier employeur du pays.
25:09 Il y a 5,5 millions de fonctionnaires des hôpitaux, de la territoriale ou de l'État.
25:14 Il y a eu des revalorisations à la fonction publique.
25:15 Mais ces revalorisations, elles sont tellement basses par rapport aux 12 ans de gel du point
25:22 d'indice.
25:23 12 ans de gel du point d'indice.
25:25 Ils ont des salaires extrêmement bas et l'employeur, le premier responsable, est celui qui n'augmente
25:31 pas ses salaires.
25:32 Nous demandons, je demande, à ce qu'il y ait une conférence nationale aussi pour l'ensemble
25:37 des agents de nos fonctions publiques, les hospitaliers, les enseignants, ceux qui travaillent
25:42 dans nos villes, dans nos communes, à qui on a supprimé les jours de congés avec la
25:46 loi des 1 607 heures.
25:47 Il faut aussi une conférence salariale pour eux.
25:49 Et je redemande au gouvernement d'indexer l'ensemble des salaires sur l'inflation,
25:53 comme ça se fait en Belgique.
25:54 On verra notamment si le ministre Stanislas Guérini vous entend.
25:56 Merci beaucoup Fabien Rozel, secrétaire national du parti communiste, député du Nord.
26:00 Merci d'être venu ce matin dans le 8.30 France Info.
Commentaires

Recommandations