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Transcription
00:00 On va plus loin tout de suite avec notre invité du jour,
00:02 c'est Pierre Berthelot.
00:03 Bonjour, vous êtes directeur de la Revue Orient Stratégique,
00:05 chercheur associé à l'IPSEU.
00:07 Merci d'être avec nous.
00:09 Alors, je ne sais pas si vous entendiez ces dernières infos
00:13 rapportées par l'armée israélienne,
00:15 ces sirènes qui retentissent dans le nord d'Israël.
00:17 Qu'est-ce que ça vous inspire, vous, aujourd'hui ?
00:21 Je pense qu'effectivement, il y a une action coordonnée,
00:25 un minima, effectivement, entre le Hezbollah et le Hamas.
00:28 Ça ne veut pas dire que le Hezbollah, comme ça a été rappelé
00:31 par votre correspondant, va rentrer en guerre,
00:33 mais il s'agit en fait de fixer des soldats israéliens au nord
00:38 parce qu'ils ne peuvent pas se permettre le luxe de faire le pari
00:43 que le Hezbollah ne va pas rentrer en guerre.
00:45 Il faut toujours avoir, effectivement,
00:47 éviter cette surprise stratégique dont vous parliez.
00:50 Donc, le but, il est là, c'est maintenir une pression forte
00:54 pour fixer des troupes au nord
00:56 et des troupes qui ne seront ainsi pas utilisées,
01:01 bien évidemment, contre le Hamas.
01:04 Donc, c'est ça, la réalité de ces tensions
01:08 à la frontière nord d'Israël.
01:10 Et ça va continuer, il n'y a aucune raison,
01:13 mais je pense que pour le moment, effectivement,
01:15 le Hezbollah ne va pas rentrer en guerre,
01:19 mais ça dépend de l'évolution.
01:20 On nous parle peut-être des velléités israéliennes
01:24 de s'en prendre à l'Iran, peut-être en coordination
01:26 avec les États-Unis.
01:27 Justement, vous nous parlez de l'Iran.
01:29 L'Iran qui a été l'un des premiers pays
01:31 à apporter son soutien à l'attaque du Hamas ce week-end
01:34 et qui, ce matin, rejetait toute accusation
01:37 sur son rôle dans l'offensive.
01:41 Oui, l'Iran ne veut pas donner le bâton pour se faire battre.
01:43 Donc, ils ne diront jamais, effectivement,
01:47 malgré les propres déclarations du Hamas,
01:50 ils ne diront jamais que, oui, nous avons mené,
01:53 coordonné ou dirigé cette opération,
01:57 financé, armé, tout ce que vous voulez,
02:00 mais dans le même temps, ils apportent,
02:01 bien évidemment, un soutien,
02:03 ce qui est la moindre des choses de la part du régime iranien,
02:06 de son point de vue.
02:07 Donc, il y a cette espèce d'ambiguïté qui va continuer.
02:12 Donc, ils continueront à apporter un soutien à l'action du Hamas
02:16 en disant que, bien évidemment,
02:19 ce n'est pas eux qui sont les maîtres d'œuvre,
02:21 même si on peut probablement en douter.
02:24 Mais donc, cette position iranienne,
02:26 c'est celle qui, d'ailleurs, a presque toujours existé
02:30 dans le cadre de son soutien à la cause palestinienne.
02:33 Donc, il n'y a pas de raison que ça change.
02:34 Mais en tout cas, effectivement,
02:37 je pense que la différence entre cette crise et les précédentes,
02:42 qu'ont très bien rappelé vos invités sur le plateau,
02:45 c'est que si on veut un jour faire la paix dans la région,
02:48 il faudra une conférence internationale du style de celle de Madrid
02:52 il y a un peu plus de 30 ans, après la première guerre du Golfe.
02:55 Mais cette fois-ci, il faudra qu'il y ait l'Iran probablement autour de la table,
02:58 alors qu'à l'époque, ce n'était pas le cas.
03:00 Donc, les paramètres ont changé.
03:03 Et effectivement, l'Iran est incontournable.
03:06 Et je dirais d'ailleurs que beaucoup ont été surpris
03:08 par les performances du Hamas,
03:11 notamment en termes, effectivement,
03:12 de maîtrise du renseignement électronique
03:15 ou de la contrôle des informations, etc.
03:18 C'est un peu la question qui se pose aujourd'hui,
03:21 cette montée en puissance du Hamas qu'on n'a pas vue,
03:24 qu'on n'a pas voulu voir venir.
03:27 Alors, en fait, les Iraniens,
03:30 en tout cas les soutiens du Hamas, dont le Hezbollah,
03:33 ont clairement identifié les failles du Hamas.
03:36 Ils ont vu, ils ont des combattants motivés,
03:39 on peut les entraîner, on peut faire tout ce qu'on veut.
03:41 Mais la question clé, c'est comment pouvoir effectivement
03:45 déjouer les services israéliens,
03:49 soit ceux qui cherchent à avoir des informations à Gaza,
03:53 physiquement ou via, effectivement,
03:57 le renseignement électronique,
03:58 et inversement, comment rentrer sur le territoire.
04:00 Et là, en fait, il y a une "hezboalisation" du Hamas.
04:05 Le Hamas se rapproche de plus en plus du Hezbollah
04:09 dans sa façon de fonctionner.
04:10 Et le Hezbollah a identifié qu'il ne pourrait être efficace
04:15 que s'il avait effectivement la maîtrise
04:17 d'un système de télécommunication autonome,
04:21 ou en tout cas, s'il arrivait à contrer
04:23 les infiltrations électroniques israéliennes,
04:28 cyber, et pas seulement humaines.
04:30 Et là-dessus, ils ont énormément progressé.
04:32 Ils ont appris du Hezbollah.
04:34 Je rappelle que le Hezbollah, en 2008,
04:36 avait mené un coup de force à Beyrouth, en mai 2008.
04:40 Il avait pris le contrôle de la zone sunnite, etc.
04:44 C'était un coup de force.
04:45 C'était la première fois qu'il retournait ses armes
04:47 contre d'autres Libanais, parce qu'il avait dit
04:50 que celui qui touchera au système de communication privé
04:53 du Hezbollah en fibre optique...
04:55 À l'époque, il y avait une volonté du gouvernement pro-occidental
05:00 de le faire.
05:01 Il a dit que celui-là, on lui coupera la main.
05:03 Et ils l'ont fait, à partir du moment où le ministre,
05:05 à l'époque, des télécommunications libanais,
05:07 a dit qu'il voulait qu'il n'y ait plus un réseau privé
05:10 concurrent du système public.
05:12 Donc là, on voit clairement que la force du Hamas,
05:15 c'est d'avoir travaillé dans le domaine
05:18 dans lequel ils étaient vulnérables.
05:20 Et je rappelle aussi, pour faire la comparaison
05:22 avec le Hezbollah, même si le Hamas est encore loin
05:25 de la puissance du Hezbollah, c'est que le Hezbollah
05:28 est la seule milice ou le seul mouvement politique
05:31 qui n'a pas été infiltré à un haut niveau au Liban.
05:36 Tous les autres mouvements, les différentes factions,
05:39 ont été infiltrés et ce n'est pas le cas du Hezbollah.
05:42 La preuve, c'est qu'on n'a pas réussi à éliminer
05:45 la plupart de ses chefs.
05:47 Donc, ils sont très forts dans ce domaine
05:50 de la contre-infiltration et probablement que le Hamas
05:54 a travaillé là-dessus puisqu'effectivement,
05:56 on l'a vu notamment à travers des séries israéliennes,
05:59 les Israéliens sont très efficaces,
06:01 ont été très efficaces.
06:02 Donc, ils ont travaillé ces vulnérabilités
06:05 et ça leur a permis, ça a été un élément essentiel
06:09 pour pouvoir mener cette opération,
06:10 sans quoi elle aurait échoué lamentablement
06:14 s'il n'y avait pas eu ces performances,
06:17 cette montée en puissance dans ce domaine.
06:19 Merci beaucoup Pierre Bertelot,
06:21 merci d'avoir été à nos côtés.
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