- il y a 2 ans
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00:00 Bonjour Aurélien Rousseau.
00:08 Bonjour.
00:08 Hier, vous avez présenté le budget consacré à la santé pour les
00:11 prochaines années.
00:12 Toutes les dépenses augmentent.
00:14 Est-ce que ça veut dire qu'on va davantage creuser le déficit de la
00:16 sécurité sociale ?
00:17 On n'a pas le choix.
00:18 Non, le déficit de la sécurité sociale, il était d'un peu plus de
00:21 20 milliards en 2022.
00:24 Il va être un peu en dessous de 9 milliards en 2023.
00:27 Il est sorti de cette période exceptionnelle du Covid et on va
00:30 essayer de tenir autour de 9-10 milliards.
00:33 Donc, le déficit ne se creuse pas.
00:36 Et notre objectif, il est évidemment d'avoir des mesures pour
00:40 progressivement revenir à l'équilibre.
00:42 Mais on ne va pas revenir à l'équilibre qu'on n'a pas connu depuis
00:46 de très nombreuses années en coup de baquette magique.
00:49 L'équilibre, il est impossible avec cette inflation ?
00:52 L'inflation, elle bouscule tout.
00:54 Il y a eu le Covid, il y a l'inflation.
00:57 Donc, évidemment, ça bouscule tout.
00:59 Ça bouscule nos repères en termes de progression, en termes d'impact
01:03 sur les salaires qu'on verse, sur les achats qu'on fait.
01:07 Donc, c'est pour ça qu'on réajuste en permanence et dans quelques
01:10 semaines, d'ailleurs, on va réajuster le budget de la sécurité
01:14 sociale pour 2023 parce que l'inflation l'aura frappé.
01:18 On navigue à vue ?
01:19 On navigue à vue en partie, mais j'allais dire, pour moi,
01:23 ce n'est pas forcément un défaut.
01:25 Quand on a une navigation stratégique, mais qui a des impacts
01:29 quotidiens, il vaut mieux aussi apprendre parfois à naviguer à vue.
01:31 Elisabeth Borne, qui a décidé de dégainer le 49.3 pour la douzième
01:34 fois depuis son arrivée à Matignon, pour faire passer le projet
01:37 de loi de programmation des finances publiques.
01:38 Ça y est, c'est devenu une formalité, en fait, on ne donne plus la parole
01:41 à l'opposition à l'Assemblée ?
01:42 Non, ce n'est pas du tout une formalité.
01:44 D'abord, ce projet de loi de programmation des finances publiques,
01:47 il a été déjà discuté l'été dernier avec le Parlement.
01:51 Celui qui a été présenté hier, enfin, qui a été discuté et sur
01:55 lequel la Première ministre a engagé hier la responsabilité de son
01:57 gouvernement.
01:58 Il avait fait l'objet de pas mal d'amendements demandés par les
02:03 oppositions.
02:04 Mais après, la France, elle a besoin de budget, elle a besoin d'une
02:07 trajectoire de finances publiques.
02:08 Elle en a besoin pour donner de la visibilité à tout le monde,
02:12 pour moins naviguer à vue, si je reprends votre expression,
02:15 aussi pour obtenir des financements européens qui sont liés à cet
02:19 engagement-là.
02:20 Donc, il n'y a jamais de fermeture de porte au dialogue.
02:23 Mais à partir du moment où le dialogue bascule dans l'obstruction,
02:27 on engage la responsabilité du gouvernement.
02:29 Aurélien Roussefaux, le doublement de la franchise médicale,
02:31 c'est-à-dire le reste à charge pour un patient quand il achète une
02:33 boîte de médicaments, il ne figure pas dans le texte présenté hier.
02:37 Ça veut dire que vous l'abandonnez ?
02:38 Non, il n'est pas abandonné.
02:40 On a dans le texte, plus exactement dans les tableaux de chiffres qui
02:45 sont liés au PNFSS, un certain nombre de mesures d'économie.
02:49 Ces mesures d'économie, on va aller les chercher sur tous les
02:53 acteurs.
02:53 Quand on dit responsabilisation des acteurs, ça ne veut pas dire que
02:56 les patients ou que les médecins ou que les entreprises.
02:59 Donc, le sujet franchise médicale, il est toujours à l'expertise sur
03:04 la table parce qu'on touche là à des choses extrêmement sensibles.
03:07 Moi, je l'ai dit, ma ligne absolument rouge, c'est que les
03:12 personnes qui ont le plus besoin de soins, notamment les personnes
03:15 en infection de longue durée, donc les personnes qui sont déjà au
03:18 plafond de ces franchises médicales, ne soient pas touchées, ne renoncent
03:21 pas aux soins.
03:22 Pour tous les autres, on va devoir payer plus cher nos médicaments,
03:26 plus cher nos consultations chez le médecin.
03:28 Alors aujourd'hui, cette décision sur les médicaments, elle n'est pas
03:32 prise.
03:33 On a un quantum d'économie qu'on va documenter progressivement.
03:36 Ça ne se fera pas par la loi, ça se fera par décret ?
03:38 Ça n'est pas effectivement une mesure qui passe par la loi, mais on
03:42 aura dans la loi les tableaux.
03:43 Donc évidemment, le débat aura lieu au Parlement.
03:45 Il aura lieu au Parlement, parce que ceux-là, les parlementaires disent
03:47 qu'on ne peut pas laisser passer une mesure aussi importante sans débat.
03:50 Et évidemment qu'on aura le débat au Parlement.
03:52 Je vous dis, il est dans quelques semaines encore, donc ce point
03:57 n'est pas tranché.
03:58 Et sur les médecins, c'est une autre question, puisque moi, je souhaite
04:02 le plus rapidement possible, réouvrir les discussions avec les médecins,
04:06 parce que je considère qu'il faut qu'on ait un accord conventionnel
04:09 avec les médecins, notamment parce qu'il y a un besoin de médecins
04:13 traitants, il y a un besoin d'engagement collectif.
04:16 Et vous savez ce que demandent les médecins, qui appellent à la
04:20 mobilisation le 13 octobre prochain.
04:21 Ils disent "c'est super, vous nous avez donné une petite augmentation
04:24 pour la consultation à 1,50€, mais nous ce qu'on veut, donc ce qui
04:27 porte la consultation à 26,50€, mais nous ce qu'on veut, c'est 30€".
04:31 Je n'ignore pas cette remandation.
04:33 Vous allez leur dire "ok".
04:34 Le premier point que je dis, c'est que les Français, si il y a
04:37 une augmentation, ils seront remboursés par la Sécurité sociale
04:40 sur cette augmentation.
04:41 C'est d'ailleurs pour ça que dans le budget, il y a une provision
04:45 pour prévoir une augmentation à venir.
04:47 Mais de quel niveau ?
04:48 Et le budget aujourd'hui, il prévoit une provision de 200
04:52 millions d'euros pour dire les choses.
04:53 Mais qui va représenter combien pour les médecins ?
04:55 Eh bien aujourd'hui, encore une fois, c'est une provision.
04:58 La négociation, elle n'a pas commencé.
04:59 Donc parce qu'une négociation, ce n'est pas juste dire "on accorde
05:04 26,50€, 28,30€, un montant".
05:08 Voilà, c'est aussi dire en face de ça, quels sont les engagements
05:11 des médecins ?
05:12 Il faut que vous puissiez anticiper dans le budget.
05:14 Donc vous êtes prêt à bouger sur combien ?
05:15 Aujourd'hui, il y a plusieurs facteurs.
05:18 D'une part, une convention médicale, c'est un peu technique,
05:21 mais ça ne rentre en vigueur que six mois après qu'on lui signait.
05:25 Donc du coup, ce n'est pas un année pleine.
05:28 On peut avoir des étapes progressives.
05:29 C'est une provision, on peut aussi la réviser.
05:32 Donc ce que je veux dire en mettant cette provision dans le projet
05:36 de loi de financement de la Sécurité sociale, c'est que mon intention,
05:39 elle est bien, très rapidement, de rouvrir des négociations parce
05:43 que ce 26,50€ qui a été décidé par un arbitre après l'échec
05:47 de la première négociation, il ne peut être qu'une étape.
05:50 Mais en même temps, les médecins ont aussi une responsabilité,
05:56 des responsabilités à prendre.
05:58 On va négocier avec eux, mais quand effectivement la dépense
06:01 de médicaments, la dépense d'indemnité journalière, elle progresse
06:04 de plus de 7% d'euros par an, les médecins ont aussi une partie
06:08 à prendre à leur charge, si je puis dire, pour nous aider
06:12 à ralentir la progression de ces dépenses.
06:13 - Et notamment sur les arrêts maladie, par exemple, vous allez leur demander
06:15 de faire des efforts.
06:16 - Sur les arrêts maladie, le sujet, il est évidemment très large.
06:21 Il n'y a pas que, encore une fois, il n'y a pas que les médecins.
06:23 On voit bien autour de nous, il y a une place des problèmes somatiques,
06:28 de la santé mentale qui est là partout.
06:30 - Mais le nombre d'arrêts a explosé de plus de 30% en 10 ans.
06:34 Il y a des abus.
06:35 - Il y a forcément des abus, mais il y a aussi, mais je pense,
06:39 il y a des médecins qui sont minoritaires.
06:40 Je pense qu'il y a, on le voit, des médecins qui peuvent prescrire
06:44 trois fois, quatre fois plus que leurs confrères.
06:47 - Et notamment en téléconsultation, vous allez limiter les arrêts maladie.
06:50 - Donc ça, on va aller regarder.
06:51 Et sur la téléconsultation, vous avez raison, on considère que donner
06:55 un arrêt maladie de plus de trois jours par téléconsultation,
06:58 ça n'est pas raisonnable.
06:59 Il faut voir un médecin en physique.
07:01 Donc, il n'y a pas de stigmatisation des médecins.
07:03 Ils font face, les médecins, à la situation de la société telle qu'il est.
07:07 Donc, on doit aussi se poser des questions sur le rapport au monde du travail,
07:10 sur l'affaibilité.
07:11 - Mais vous dites quand même qu'il y a des médecins qui donnent plus de,
07:13 qui donnent trois, quatre fois plus d'arrêts maladie que d'autres.
07:16 - On le sait, mais ça, c'est...
07:17 - Cela doit être sanctionné ?
07:19 - Ce n'est pas une sanction.
07:21 Il y a un dialogue avec l'assurance maladie.
07:23 Alors, c'est quelques fois pris comme une sanction, mais il n'y a pas
07:25 de sanction financière.
07:26 Simplement, ils sont suivis de plus près par l'assurance maladie,
07:29 y compris parce que souvent, et je le dis très simplement,
07:32 c'est de toute bonne foi que les médecins font ça.
07:35 Si vous avez en face de vous quelqu'un qui vous dit qu'il a mal au dos,
07:38 qu'il est... que le matin, il se réveille en pleurant,
07:41 vous pouvez... vous êtes médecin, vous les soignez,
07:44 vous avez... vous pouvez donner un arrêt maladie.
07:47 - Juste très rapidement sur les jours de carence,
07:49 est-ce qu'il est question de moins les indemniser ?
07:51 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a trois premiers jours de carence
07:55 qui ne sont pas payés.
07:56 Est-ce qu'il pourrait être rallongé ?
07:57 Cette durée pourrait être rallongée ?
07:58 - Non, il n'y aura rien de tel dans le projet de loi de financement
08:00 de la Sécurité sociale.
08:01 Et par ailleurs...
08:03 Pardon.
08:05 Par ailleurs, excusez-moi,
08:06 la plupart des conventions collectives prennent en charge
08:09 ces trois premiers jours de carence.
08:11 - Les employeurs.
08:11 - Après, ce sujet, on l'a devant nous.
08:14 On sait qu'on va devoir y travailler,
08:16 mais il n'y a rien dans le PLFSS sur ça.
08:17 - Aurélien Rousseau, ministre de la Santé et l'invité du 8.30 France Info,
08:20 on vous retrouve juste après le Fil info à 8h41.
08:22 Maureen Swignard.
08:23 - La République séparatiste du Haut-Karabakh
08:26 cessera d'exister à partir du 1er janvier prochain.
08:30 Ce sont les dirigeants séparatistes qui l'annoncent ce matin
08:33 après l'attaque de l'Azerbaïdjan la semaine dernière.
08:35 Depuis, ce sont plus de 65 000 Arméniens
08:38 qui ont quitté le territoire pour rejoindre l'Arménie.
08:41 Air France dénonce une distorsion de concurrence
08:44 pour les compagnies françaises.
08:45 Réaction à l'annonce hier de cette nouvelle taxe
08:47 voulue par le gouvernement sur les autoroutes et les grands aéroports
08:51 pour financer la transition écologique des aéroports
08:54 qui ont déjà dit qu'ils répercuteraient cette taxe
08:56 sur les compagnies aériennes.
08:58 Pour le moment, Volkswagen ne parle pas de cyberattaque,
09:00 mais de pâle informatique.
09:02 La production des usines allemandes du groupe automobile
09:05 est à l'arrêt depuis hier midi.
09:06 D'autres marques du premier constructeur européen
09:09 sont aussi touchées.
09:10 Une enquête préliminaire ouverte pour agression sexuelle.
09:13 Elle vise l'ancienne entraîneur du PSG, Didier Ollé-Nicol.
09:17 Cela fait suite au dépôt de plainte d'une ancienne joueuse
09:20 qu'a dit diatou Diani.
09:22 Elle affirme qu'il lui a touché les fesses à plusieurs reprises.
09:24 Didier Ollé-Nicol conteste les faits qui lui sont reprochés.
09:27 -France Info.
09:32 -Le 8/30 France Info.
09:34 Jérôme Chapuis, Salia Braklia.
09:36 -Avec Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé,
09:39 la France fait face, depuis plusieurs mois,
09:41 à des pénuries de médicaments.
09:43 Pour quels produits la situation est-elle encore critique ?
09:46 -La situation, elle n'est à ce jour pas critique
09:49 sur de très nombreux produits.
09:51 Vous avez tous autour de vous des personnes qui vous disent
09:54 qu'ils ont eu du mal à trouver de la moxiciline,
09:57 quelquefois du paracétamol,
10:00 parce que je n'ai pas le droit de dire d'oliprane,
10:02 mais vous avez l'air bien informé.
10:04 Donc moi, j'ai rencontré avec Roland Lescure,
10:07 le ministre de l'Industrie, tous les industriels.
10:09 J'étais en courrière avec la PDG France de Sanofi.
10:14 On a mis 450 médicaments essentiels sous surveillance.
10:18 -Il faut changer les règles ?
10:19 -Il y a des règles qu'il faut changer.
10:22 On a eu un remarquable rapport parlementaire
10:24 de deux sénatrices, Sonia De La Provosté et Laurence Cuen.
10:27 Aucune des données de la majorité,
10:28 donc je le dis d'autant plus tranquillement,
10:31 qui pointent toute une série de propositions.
10:33 On les a reprises, quasiment toutes,
10:36 pour qu'on soit en veille active.
10:38 L'enjeu majeur, c'est la réindustrialisation
10:40 sur le territoire national.
10:41 C'est notre souveraineté.
10:42 C'est ce que le président a annoncé.
10:45 C'est pour ça, hier, j'évoquais avec la présidente de Sanofi
10:47 tous leurs investissements industriels en France.
10:50 Mais le cœur du cœur pour éviter ce qui s'est passé l'an dernier,
10:54 c'est qu'on a eu trois épidémies simultanées.
10:57 Vous savez, la grippe, la bronchiolite, des gastros.
11:02 Et donc, nous, notre bataille,
11:05 c'est pour ça que je suis ministre de la Santé et je m'en réjouis,
11:08 mais aussi de la prévention,
11:09 c'est de convaincre les Français d'utiliser tous les outils de prévention.
11:14 Et le point commun entre la grippe, la bronchiolite, les gastros
11:19 ou toute autre forme d'épidémie, c'est, ça peut paraître ridicule,
11:23 ce sont les gestes barrières.
11:25 Si on ne transmet pas les épidémies,
11:27 on pourra les écraser.
11:29 - Reste presque qu'en France, en 2023,
11:30 on a des pénuries de médicaments, monsieur le ministre.
11:32 Est-ce que vous allez rendre obligatoire dans toutes les pharmacies
11:34 la distribution à l'unité ?
11:36 - Il y a deux choses. D'abord, ce n'est pas qu'en France,
11:37 ça ne compense rien,
11:40 mais toute l'Europe est touchée par des pénuries de médicaments,
11:43 y compris des pays dans lesquels l'industrie pharmaceutique
11:46 est encore plus forte que chez nous.
11:49 Deuxièmement, la vente à l'unité de médicaments,
11:52 notamment sur les antibiotiques,
11:53 ce n'est pas qu'une mesure pour gérer la pénurie.
11:56 C'est aussi un sujet majeur d'antibioresistance,
11:59 parce que vous savez qu'aujourd'hui, malgré la baisse,
12:01 on est toujours le quatrième pays en Europe
12:03 consommateur d'antibiotiques.
12:05 On en consomme plus que beaucoup d'autres.
12:06 - Mais là, cette mesure, on a l'impression que c'est du rationnement.
12:08 - En fait, ça dépend.
12:10 Votre médecin vous dit qu'il vous faut 12 gélules d'antibiotiques.
12:17 Si les boîtes en contiennent 20,
12:19 ce n'est pas du rationnement de vous en donner 12.
12:20 - Les pharmaciens disent que c'est très compliqué en termes logistiques.
12:22 - Je n'ai pas de doute.
12:24 Je n'ai pas de doute sur le fait que la logistique est potentiellement compliquée.
12:30 Mais si on est dans une période compliquée,
12:32 on va faire des choses un peu inédites.
12:33 Par exemple, on va permettre aux établissements pharmaceutiques
12:38 des hôpitaux de, eux-mêmes, fabriquer certains médicaments
12:41 si on est sur des situations critiques,
12:44 un peu comme on l'avait fait pendant le Covid.
12:46 Là aussi, la situation est étendue,
12:48 mais on a eu des discussions, je crois, fructueuses
12:50 avec les professionnels de l'industrie pharmaceutique
12:54 pour qu'ils soient plus au rendez-vous et réactifs sur tous ces sujets.
12:59 - Sur l'endométriose, on a le mois prochain le Rassemblement national
13:02 qui propose à l'Assemblée de soutenir les femmes qui souffrent de cette maladie
13:06 en prémonant l'exonération des frais de sécurité sociale,
13:10 la reconnaissance du statut de travailleuse handicapée pour ces femmes.
13:14 Est-ce que le gouvernement est pour ?
13:16 - Alors, pardon d'être trivial, ça me rend dingue.
13:19 Ça me rend dingue.
13:21 - Pourquoi ça vous rend dingue ?
13:22 - Le Rassemblement national arrive sur ce sujet.
13:25 Ce sujet, aujourd'hui, les femmes qui sont victimes
13:28 et qui sont touchées par l'endométriose,
13:31 elles ont déjà accès à une infection de longue durée.
13:34 Elles ont déjà accès.
13:36 L'endométriose, c'est une maladie évolutive.
13:39 C'est une maladie qui peut prendre des formes extrêmement différentes.
13:43 Vous savez, il y a des femmes qui souffrent peu,
13:46 il y a des femmes qui souffrent régulièrement,
13:48 il y a des femmes pour qui la douleur est permanente.
13:50 C'est pour ça qu'elles sont classées.
13:52 Pardon de rentrer un peu dans les détails, mais c'est un sujet.
13:54 C'est pour ça que ça me rend un peu...
13:56 - Là, il y a le statut de travailleuse handicapée
13:57 que propose le Rassemblement national.
13:59 - Oui, mais en fait, est-ce que vous êtes sûr que toutes les femmes
14:02 qui ont une endométriose souhaiteraient être reconnues
14:05 travailleuses handicapées ?
14:06 J'en suis pas sûr du tout.
14:07 Aujourd'hui, l'ALD31, donc cette ALD qui permet de prendre en charge
14:13 avec zéro reste à charge pour les personnes qui en souffrent,
14:18 les personnes qui ont une endométriose qui les conduit
14:22 à aller voir souvent le médecin, à avoir des arrêts maladie, etc.
14:25 C'est pour moi la bonne réponse.
14:27 Le Rassemblement national va foncer sur ce sujet,
14:31 sur lequel il ne s'est jamais investi.
14:33 Il y a eu, moi je reconnais par exemple Clémentine Autain,
14:36 députée de la France insoumise,
14:37 elle avait présenté une résolution sur ce sujet.
14:41 La majorité, elle est engagée.
14:42 Le gouvernement, il a lancé un plan endométriose depuis deux ans.
14:46 Et aujourd'hui, on a déjà 15 000 femmes qui sont victimes d'endométriose
14:51 qui ont une infection de longue durée.
14:52 Donc si le gouvernement ne soutient pas cette mesure,
14:53 c'est pas pour des raisons politiques ?
14:54 C'est pas pour des raisons politiques.
14:56 Enfin, c'est d'abord pour des raisons.
14:57 Oui, il y a des raisons politiques, moi je ne le dis pas,
14:59 parce que encore cette semaine, on a vu chez certains députés RN
15:05 leur vision des femmes.
15:08 Il fallait qu'elles restent au foyer,
15:09 il fallait qu'elles restent au foyer.
15:10 Donc oui, il y a ça.
15:11 Et deuxièmement, parce que si l'idée était bonne
15:13 et qu'on n'y avait jamais pensé, voilà.
15:15 Mais là, c'est de la fausse monnaie, parce que cette mesure,
15:18 elle est en place et la majorité l'a portée depuis maintenant,
15:22 avec d'autres groupes, depuis maintenant plusieurs années.
15:25 Et on est mobilisés dessus.
15:27 J'ai signé hier une circulaire à l'assurance maladie,
15:32 au directeur général de l'ARS, pour renforcer encore la filière endométriose.
15:35 C'est un combat que je menais, je ne l'ai pas attendu.
15:37 Je le menais quand j'étais directeur général de l'ARS Île-de-France,
15:41 je n'ai pas attendu que le Rassemblement national
15:42 me sorte une proposition opportuniste pour me mobiliser sur ce sujet.
15:46 Excusez-moi, je suis un peu vif, mais la santé des femmes,
15:49 c'est un sujet majeur sur lequel on ne lâchera rien.
15:52 - Aurélien Rousseau, juste après cette interview,
15:54 vous devez vous rendre à Créteil, à la rencontre d'assistants de régulation médicale.
15:57 En clair, ce sont ceux qui décrochent le téléphone quand on appelle le 15.
16:01 Depuis plusieurs semaines, ils réclament des augmentations de salaires
16:04 et un meilleur statut.
16:05 Qu'allez-vous leur dire tout à l'heure ?
16:07 - D'abord, les assistants de régulation médicale,
16:10 ce sont effectivement ceux que vous avez au bout du fil,
16:12 quand vous appelez le 15.
16:13 Donc, ils ont un métier central dans notre dispositif de santé.
16:19 Ils sont, depuis deux ans, beaucoup mieux formés.
16:22 On leur a reconnu, on a ouvert 19 écoles de formation des ARM.
16:27 Ils ont un rôle dans la régulation globale qui est essentiel.
16:31 Donc, ils sont en conflit social.
16:33 J'avais dit, je les ai vus à plusieurs reprises cet été,
16:37 on a discuté avec eux.
16:38 Je vais tout à l'heure annoncer une augmentation de 100 euros par mois
16:42 de leurs primes spécifiques liées à leurs fonctions de régulation médicale.
16:48 Et par ailleurs, ils avaient une revendication qui est légitime aussi
16:51 sur une grille particulière.
16:54 Aujourd'hui, je rentre un peu, pardon, dans la technique,
16:57 ils ont la grille qui est la même que celle des secrétaires médicals
17:00 ou des secrétaires médicaux, pour ne pas forcément féminiser,
17:04 qui sont aussi des fonctions essentielles à l'hôpital.
17:06 On ne va pas créer une nouvelle grille, mais on va donner aux ARM
17:10 une vitesse de progression et des capacités de reconnaissance
17:14 des suggestions qu'ils connaissent, qui leur permettront de progresser
17:18 plus rapidement.
17:19 - Donc, une reconnaissance du statut et aussi, vous allez recruter davantage ?
17:22 Parce que là, ils ne sont pas assez nombreux, ils sont 2 500.
17:24 Ce n'est pas assez, disent-ils ?
17:26 - Moi, les directeurs d'établissements et les patrons de SAMU,
17:30 s'ils ont besoin de recruter des ARM, ils recrutent des ARM.
17:33 Moi, ce n'est pas le sujet, mais ça peut être vrai
17:36 dans certains endroits.
17:37 Ça n'est pas le sujet que j'ai entendu le plus depuis quelques mois.
17:42 Mais s'il faut recruter plus, ils recruteront plus.
17:44 - Donc, 100 euros de plus en prime.
17:45 - Voilà, absolument.
17:46 - Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, 100 euros de plus en prime
17:49 pour les assistants de régulation médicale.
17:50 Vous restez avec nous, dans un instant, on va parler notamment du Covid.
17:53 Ce sera juste après le Fil info, 8h51.
17:55 Maureen Spignard.
17:57 - Quelle sera la position d'Emmanuel Macron ?
17:59 Le chef de l'État s'exprime à 10h à Ajaccio devant l'Assemblée de Corse.
18:03 Un discours présidentiel après plusieurs mois d'échange
18:06 entre les élus et les représentants de l'État.
18:08 L'exécutif a assuré qu'il pourrait aller jusqu'à l'autonomie de Lille.
18:12 Le doublement de la franchise médicale est toujours à l'expertise.
18:16 Et sur la table, affirme sur France Info le ministre de la Santé,
18:19 la franchise est le reste à charge pour un patient
18:22 lorsqu'il achète une boîte de médicaments remboursée.
18:24 Une nouvelle journée de recherche va débuter en Alsace,
18:27 près de la gare de Saint-Blaise-la-Roche, dans le Barin.
18:30 L'INA 15 ans est toujours recherchée depuis samedi.
18:33 80 gendarmes seront mobilisés aujourd'hui.
18:35 Les plongeurs ont exploré deux étangs en vain hier.
18:38 Qui pour succéder à Hélène Carrère d'Ancos,
18:41 la secrétaire perpétuelle de cette institution dédiée à la langue française,
18:44 est morte au mois d'août ?
18:46 C'est Amine Mahalouf qui est le favori pour la remplacer.
18:49 Devant Jean-Christophe Ruffin,
18:51 sur plus de 791 académiciens élus au cours des siècles,
18:54 seules 11 femmes ont siégé parmi les immortels.
18:58 - France Info.
18:59 - Le 8/30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Drachia.
19:03 - Toujours avec Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé.
19:06 Le BFortus, le traitement préventif contre la bronchiolite,
19:08 est victime de son succès,
19:10 puisque les pharmacies n'arrivent pas aujourd'hui
19:12 à répondre à la demande des parents.
19:13 On rappelle que la bronchiolite, vous l'avez dit tout à l'heure,
19:15 a causé le passage aux urgences de près de 100 000 nourrissons l'hiver dernier.
19:19 Est-ce que les pharmacies vont être livrées au plus vite dans les prochains jours ?
19:23 - D'abord, pardon, le nombre de nourrissons qui sont livrés
19:27 est très fort, pardon de commencer par là,
19:29 mais vous avez victime du succès.
19:31 D'abord, c'est un immense succès.
19:33 En maternité, on a des taux d'adhésion à cette immunisation
19:37 qui sont entre 60 et 80 %.
19:39 Personne, les sociétés savantes ou le ministère,
19:42 je nous mets dans le lot, personne n'avait anticipé ça.
19:46 Et quand vous entendez votre reportage tout à l'heure
19:48 sur la vaccination Covid, les Français disent toujours
19:51 que la vaccination, ils ne sont pas pour,
19:54 mais quand on a des progrès thérapeutiques, on les saisit.
19:57 Donc c'est d'abord une excellente nouvelle,
20:00 et notre priorité, c'est effectivement l'immunisation des plus petits.
20:04 Parce que l'an dernier, les cas les plus graves,
20:07 ceux qui vont en réanimation pédiatrique,
20:09 ce sont les nourrissons de quelques jours, quelques semaines ou quelques mois.
20:13 Donc ce sont des doses de 50 mg qui sont administrées en maternité.
20:18 C'est ça, notre priorité des priorités, parce que c'est eux qui risquent le plus.
20:21 - Donc les maternités sont priorisées, mais pour les autres ?
20:23 - Pour les autres, on attend et on va avoir des livraisons de doses de 100 mg
20:27 qui sont pour les bébés de plus de 5 kg.
20:30 On est en lien permanent, c'est le laboratoire Sanofi qui produit ça,
20:35 je suis en lien permanent avec eux, même la première ministre ce week-end.
20:38 - On aura combien de doses dans les prochains jours ?
20:39 - On a 200 000 doses en France sur le BFortus.
20:43 Il n'y a que 4 pays au monde qui ont fait ce choix,
20:47 les Etats-Unis, l'Espagne, la France et l'Allemagne.
20:51 On est dans le trio de tête, moi j'espère que dans les jours qui viennent,
20:54 on verra qu'on a réussi à percuter la courbe d'infection à la bronchiolite.
20:59 Et nous nous battons, et je crois que tout le monde se bat,
21:03 pour essayer d'avoir encore plus de doses,
21:05 mais on aura assez de doses pour les nourrissons.
21:08 Et dès qu'on en a, on les bascule en pharmacie.
21:11 On avait prévu 30 % d'adhésion, c'est déjà beaucoup,
21:14 notamment quand vous voyez l'adhésion sur les autres types de vaccins,
21:19 mais même si ça n'est pas un vaccin, on est entre 60 et 80.
21:23 Moi je retiens d'abord le succès, et j'espère, et je me dis,
21:27 que ça doit nous permettre de fracturer la courbe qui a été si violente l'an dernier,
21:32 pour les bébés, pour les parents, pour le système de santé.
21:35 - Aurélien Rousseau, vous comprenez que la campagne contre l'alcool
21:40 soit critiquée, elle vient d'être relancée.
21:43 On y voit des slogans du type "boire aussi de l'eau si on consomme de l'alcool, c'est la base".
21:48 Et certains disent en fait, on n'incite pas suffisamment à arrêter l'alcool.
21:52 - C'est dans votre campagne pour les jeunes.
21:53 - Oui, oui, je vois bien.
21:54 81 % des jeunes boivent de l'alcool régulièrement.
21:59 15 % des jeunes fument des cigarettes régulièrement.
22:04 Dire, quand on est à 15 %, dire "on doit arrêter",
22:09 et sinon évidemment on a un risque, on a 71 000 cancers par an,
22:13 et 71 000 morts du tabac.
22:16 L'alcool, c'est une campagne de prévention des risques.
22:19 - Oui, mais le message n'est pas un peu léger.
22:21 - Non, les analyses...
22:22 - Quand vous dites "quand vous buvez de l'alcool, buvez aussi de l'eau",
22:24 ce n'est pas un peu léger comme message ?
22:25 - Non, vous pouvez considérer que c'est léger,
22:28 et toutes les campagnes de santé publique, elles se discutent.
22:30 Là, le choix qui a été fait par Santé publique France et par les épidémiologistes,
22:34 c'est de dire "on essaye que les épisodes les plus violents",
22:38 parce qu'en fait, si vous ne buvez pas d'eau, ça peut paraître ridicule,
22:41 mais vous avez beaucoup plus de coma éthylique.
22:44 Eh bien, le coma éthylique, ça n'est pas rien.
22:46 Donc, c'est une campagne de prévention des risques.
22:48 Moi, j'admets tout à fait la discussion.
22:52 Ce qui me fait plus réagir, c'est quand on dit "c'est le lobby de l'alcool qui a conduit à ça".
22:58 On a une situation chez les jeunes où on a 80 % de consommateurs.
23:02 Je pense qu'une campagne qui dirait "c'est mal, vous êtes coupable", etc.
23:07 - "Ne laissez pas l'alcool, vous mettez K.O." par exemple,
23:08 cette fameuse campagne dont on a parlé,
23:10 parce que la cellule d'investigation de Radio France a révélé qu'elle avait été,
23:13 finalement, caviardée, elle n'était pas plus efficace ?
23:16 - Elle n'est pas caviardée.
23:17 Je ne sais pas si elle aurait été plus efficace.
23:21 Il y a, comme toujours, et c'est pareil quand vous réfléchissez
23:24 au changement de logo ou de truc, il y a plusieurs propositions qui sont faites.
23:28 On a choisi, notamment en cette période, de cibler sur les jeunes.
23:32 Et le choix qui a été fait, quand je dis "on", ce n'est pas moi, c'est des spécialistes,
23:36 il y a eu des tests, y compris sur des panels,
23:39 qui ont considéré que cette campagne-là, avec "c'est la base",
23:43 c'est des éléments, était la mieux à même de parler aux jeunes.
23:46 - Aurélien Rousseau, votre prédécesseur François Braune était venu sur ce plateau
23:49 il y a quelques mois pour annoncer des bilans de santé complets et gratuits
23:53 aux différents âges clés, 25, 45 et 65 ans.
23:56 Il était prévu que ça commence dans quelques jours,
23:58 dès le 1er octobre, avec les 45-50 ans.
24:01 Vous le confirmez, ça va commencer ?
24:02 - Alors ça va commencer dans quelques jours, le 1er octobre, pour les 45-50 ans,
24:06 mais c'est vrai qu'on a dû réviser un peu notre champ.
24:12 On va le faire dans une dizaine de départements pilotes,
24:15 et au 1er janvier, ce sera généralisé.
24:17 Pourquoi ? Parce qu'y compris, on avait voulu, comme souvent en France,
24:21 au fur et à mesure, on avait fait ces bilans de prévention
24:23 sur absolument tous les sujets, et ça a perdu un peu…
24:27 - C'était une promesse du candidat Macron.
24:29 - Oui, mais ce seront des bilans de prévention,
24:32 mais centrés sur les principaux risques,
24:35 et pas un bilan de prévention où on dit qu'en trois quarts d'heure,
24:39 on fait la totalité de la vie d'une personne et de ses risques,
24:42 on les centre sur les principaux risques, on les ajuste,
24:45 on commence dans quelques jours, dans les Hauts-de-France,
24:48 sur les 45-50 ans, et au 1er janvier, je vous assure,
24:51 ce sera en effet généralisé, tout le monde est mobilisé pour ça,
24:55 l'Assurance maladie, la Direction Générale de la Santé,
24:57 on tiendra cet engagement.
24:59 - Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, qui nous a notamment annoncé
25:02 une augmentation de 100 euros de primes spécifiques
25:05 pour les régulateurs médicaux, merci d'avoir été l'invité du 8.30 France Info.
25:10 Dans cinq minutes, Salia Brakhlia les informer quel est le programme.
25:13 - On va parler du budget qui a été dévoilé hier par le gouvernement,
25:16 un budget qui se veut vert, avec plus de moyens pour la planification écologique,
25:20 et en même temps, dans d'autres secteurs, des milliards d'économies,
25:24 suffisant pour réduire notre dette de 3 000 milliards d'euros.
25:28 Décryptage à suivre avec Renaud Delis et ses informés,
25:30 à tout de suite sur France Info.
25:32 *BIP*
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