- il y a 2 ans
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 *Musique*
00:07 Ravie de vous retrouver pour les informer en direct jusqu'à 9h30 sur France Info avec Renaud Delis. Bonjour Renaud.
00:12 Bonjour, salut.
00:13 Et nous informer ce matin, Aurélie Hervemont, le brief politique chaque matin sur France Info à 7h24.
00:18 Exactement.
00:19 Précisément, bonjour. Et Paul Kigny, au directeur délégué de la rédaction de Libération. Bienvenue Paul.
00:24 Renaud Delis, on va commencer par évoquer le fiasco du gouvernement pour faire baisser les prix à la pompe.
00:29 Eh oui, en début de semaine, le gouvernement pensait pourtant avoir trouvé la martingale, le truc pour justement freiner l'envol des prix du carburant et même les faire baisser.
00:37 C'était une annonce de la Première Ministre Elisabeth Borne, la préparation d'un projet de loi pour déroger à l'interdiction de la vente à perte.
00:45 Il est interdit de pratiquer la vente à perte depuis le mois de 1963.
00:49 Eh bien, le gouvernement prépare un projet de loi pour le mois d'octobre qui serait ensuite voté au mois de novembre pour entrer en vigueur au début du mois de décembre
00:57 pour autoriser, pendant une période limitée de l'ordre de six mois, les enseignes de grande distribution à vendre à perte le carburant,
01:04 afin évidemment de voler au secours du pouvoir d'achat. Eh bien, patatras, l'ensemble ou la quasi-totalité en tout cas des enseignes de grande distribution
01:14 font savoir qu'elles ne recourront pas à cette vente à perte si effectivement le texte est voté.
01:20 Voici ce qu'en disait hier devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale,
01:23 notamment deux patrons de la grande distribution par ordre d'apparition, Alexandre Bompard, C. Carrefour, et puis Thierry Cotillard, les Mousquetaires.
01:32 Nous n'avons pas le droit de revendre à perte. C'est un principe important. Il ne faut d'ailleurs pas trop ouvrir cette boîte de Pandore là,
01:38 au risque de fragiliser à la fois l'équilibre des filières et de fragiliser l'équité territoriale entre les consommateurs.
01:45 On comprend la démarche éloible du gouvernement, mesures exceptionnelles, contexte exceptionnel,
01:50 mais la réalité économique c'est qu'en fait on ne va pas l'utiliser cette possibilité là, parce qu'à un moment, si on fait ça, on va augmenter le prix des pattes.
01:58 Augmenter le prix des pattes évidemment pour en contrepartie de la vente à perte du carburant,
02:02 c'est ce que disait Thierry Cotillard, le PDG du groupe Les Mousquetaires,
02:05 c'est-à-dire donc qu'il y a une forme d'improvisation du côté du gouvernement et que cette tentative, ce futur projet de loi est d'ores et déjà morné.
02:13 Aurélière, comment on arrive à un tel cafouillage ?
02:15 Alors si vous voulez, l'idée de base du gouvernement, elle est née comment ?
02:18 Elle est née parce qu'il y a plusieurs mois, au moment où Total avait lancé son plafonnement de son prix du carburant à 1,99,
02:25 vous avez des responsables d'hypermarché, notamment le patron de System U qui avait, au mois de février, Dominique Schellcher,
02:33 qui avait fait un tweet, notamment plusieurs tweets, en disant "mais nous on ne peut pas faire ça, c'est illégal, on ne peut pas vendre à perte".
02:38 Donc au gouvernement, comme il cherchait un moyen de trouver comment faire baisser le prix du carburant sans que ça coûte de l'argent à l'État,
02:44 parce que la politique du chèque, du quoi qu'il en coûte, là, ils se rendent compte qu'on arrive au bout des limites du système,
02:50 donc au gouvernement ils se sont dit "ben voilà, il y a des vendeurs de carburant qui réclament à corps et à cri de pouvoir vendre à perte,
02:57 donc on va leur mettre l'outil dans les mains".
02:59 Sauf qu'au moment où l'outil arrive à disposition, du côté de la distribution, ça ne suit plus.
03:05 Et là c'est un vrai problème pour le gouvernement, parce que c'était une bonne idée en théorie sur le papier,
03:10 mais si derrière ça ne suit pas, ça veut dire que les Français ne verront pas la couleur de la moindre ristourne quand ils vont aller faire le plein.
03:16 Donc c'est une équation un petit peu insoluble pour le gouvernement.
03:19 Mais Renaud le rappelait, ça devrait entrer en vigueur le 1er décembre.
03:25 Du côté de l'exécutif, ils espèrent réussir à en convaincre au moins un avant le mois de décembre, il y a encore quelques mois.
03:33 Et si jamais c'est vrai qu'il y en a un qui se rend beaucoup froid dans la brèche, et bien peut-être que les autres seront obligés de suivre.
03:37 Mais ce n'est pas gagné pour l'instant.
03:38 Paul Quignot, Renaud Delis, je vous donne la parole juste après.
03:41 Le Fil info de Maureen Suynard à 9h10.
03:43 Une proposition très critiquée par les ONG environnementales, celle de la Commission européenne aux Etats membres.
03:50 Prolongée d'au-dix ans l'autorisation de mise sur le marché pour le glyphosate, herbicide classé cancérogène probable par l'OMS.
03:57 En France, il est interdit depuis quatre ans pour les particuliers.
04:00 La délégation des Arméniens du Karabakh est arrivée pour les pourparler avec l'Azerbaïdjan.
04:06 Ces négociations ont été annoncées hier après une offensive de l'Azerbaïdjan qui a fait 200 morts selon les séparatistes arméniens.
04:13 Ces derniers ont accepté de rendre les armes.
04:15 Un premier dîner à Versailles avec de très nombreuses personnalités présentes.
04:19 Et maintenant, un discours au Sénat devant les parlementaires.
04:22 Moment inédit ce matin avec Charles III.
04:25 Le monarque britannique sera aussi avec Emmanuel Macron sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
04:30 Rendez-vous à Marseille à 21h, coup d'envoi de France-Namibie pour le troisième match de la Coupe du Monde de rugby ce soir.
04:37 Ce sera à suivre sur France Info.
04:50 Nous retournons sur le plateau désinformé avec Renaud Delis, Paul Quignot de Libération et Aurélie Herbemont.
04:57 Le brief politique tous les matins sur France Info.
04:59 Paul Quignot, juste avant le Fil-Info, on se demandait, mais en fait, pourquoi le gouvernement n'a pas prévenu les distributeurs
05:05 avant d'annoncer vouloir changer la loi pour vendre à perte ?
05:09 Peut-être parce qu'il y a eu pas mal d'improvisations.
05:11 Ce qu'ils ressentent un petit peu dans les...
05:14 Puisque deux jours après les déclarations d'Elisabeth Borne,
05:17 je crois que Bruno Le Maire lui-même ne savait pas exactement combien ils espéraient que la mesure rapporte.
05:21 Donc tout ça n'est pas très sérieux.
05:24 Donc c'est peut-être la première raison.
05:25 La deuxième, c'est que les relations avec les distributeurs, elles sont compliquées depuis des mois.
05:30 Et que cet épisode démontre une fois de plus la forme d'impuissance du gouvernement à peser sur ces grands acteurs du secteur.
05:40 Ça, c'est vu sur d'autres sujets.
05:42 Donc les relations ne sont pas bonnes.
05:44 Et il y a une espèce de bras de fer que là, le gouvernement est en train de perdre.
05:48 Puisque je trouve que le décalage est bizarre entre l'importance de l'annonce, vente à perte.
05:52 Ça résonne très fortement dans l'esprit des gens.
05:54 Oui, ils ont dit tout de suite, les Français sont dits, on voit bien.
05:57 On a le sentiment que c'est une mesure importante.
06:00 Et en fait, très vite, y compris les gens qui disent que...
06:04 Alors déjà, il y a des doutes sur la faisabilité.
06:06 Et même si ça se faisait, les bénéfices seraient minimes d'après certains acteurs.
06:12 Donc je trouve ça très étonnant et très bizarre même de la part d'Elisabeth Borne.
06:16 Qui a plutôt fait preuve qu'elle a une réputation sérieuse, de techno, etc.
06:22 Là, on est vraiment dans l'inverse.
06:24 Et c'est tellement étrange, vous avez raison, que...
06:27 Souvenez-vous qu'il n'y a pas que Elisabeth Borne.
06:30 Il y a eu même une annonce du porte-parole du gouvernement Olivier Véran qui est lui, achiffré.
06:34 Il a risqué une estimation en évoquant une baisse qui pourrait aller jusqu'à 25%, soit près de 50 centimes d'euros par litre de carburant.
06:41 Ça, c'était énorme.
06:43 Et donc c'est vrai que cette improvisation est assez stupéfiante.
06:47 Les relations avec la grande distribution sont compliquées pour l'exécutif de longue date.
06:51 D'ailleurs, tout le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui, le gouvernement ne désarme pas et dit que si ce projet Le Doigt continuera à suivre son cours,
06:57 avec une entrée en vigueur toujours fixée au début du mois décembre,
07:01 et que l'espoir secret du gouvernement, c'est d'ailleurs, si j'ose dire,
07:04 que le prix des carburants continue à augmenter, de façon finalement à contraindre quand même la grande distribution à vendre à perte,
07:10 sous peine de perdre effectivement des clients.
07:13 Mais si le gouvernement s'est pris les pieds dans le tapis, très clairement avec cette annonce là, depuis quelques jours,
07:19 c'est parce qu'il se lit les mains depuis déjà des mois ou des années,
07:24 parce qu'il ne veut pas en passer par la contrainte d'une façon ou d'une autre, en particulier dans sa relation avec la grande distribution.
07:30 Alors, il ne s'agit pas de contraindre la grande distribution à vendre à perte, ça c'est impossible.
07:33 Mais en revanche, de contraindre par exemple la grande distribution à renégocier un certain nombre de prix,
07:39 on sait que le gouvernement a joué un rôle d'entremetteur en quelque sorte,
07:43 en réclamant, en demandant la réouverture de discussion, pour ce qui est des produits alimentaires en particulier,
07:51 entre les fournisseurs et la grande distribution.
07:53 Mais à chaque fois, ce gouvernement, parce que c'est hostile, c'est contraire à la philosophie de sa politique économique,
08:01 se refuse à prendre des sanctions, à prendre des décisions, à imposer des décisions à ce secteur là, comme à d'autres,
08:08 et on arrive à un moment où ça explique cette forme d'impuissance.
08:12 Aurélie Herbenon, maintenant qu'on a constaté le cafouillage, qu'on assiste en direct à ce qui se passe,
08:17 la solution qui est sur la table, quelles sont les options possibles maintenant pour le gouvernement ?
08:21 Parce que les prix sont quand même à près de 2 euros aujourd'hui.
08:24 Réussir à convaincre les distributeurs de vendre à perte, c'est-à-dire que là, ils sont un peu coincés,
08:29 parce que Bruno Le Maire n'a pas très envie de rajouter des chèques,
08:33 parce qu'on a quand même des difficultés financières avec le budget de l'État.
08:38 Donc là, c'était le moyen de partager le fardeau de l'inflation avec les distributeurs.
08:42 Mais là, ils sont un peu coincés, parce que si les prix continuent à augmenter…
08:45 Un conseiller me disait « Pourquoi est-ce que tu considères que c'est notre problème si les distributeurs ne jouent pas de jeu ? »
08:51 Et parce qu'au final, les Français, c'est au gouvernement qu'ils vont en vouloir.
08:54 Si le prix à la pompe ne baisse pas, à la rigueur, les Français, quand ils vont aller faire le plein,
08:59 ils s'en fichent, que ce soit le distributeur qui fasse une ristourne, ou si c'est le gouvernement qui est intervenu, le principal,
09:05 c'est qu'il faudrait que ces prix baissent. Et là, on n'en voit pas le chemin.
09:09 En plus, il y a eu effectivement ce cafouillage sur les 47 centimes de baisse potentielle sur un litre
09:15 qui pouvait faire penser aux Français que « Waouh, c'était quand même énorme ! »
09:19 Et au final, si ça se trouve, il n'y aura rien.
09:21 Donc là, c'est une sacrée prise de tête pour l'exécutif, parce qu'il va quand même falloir répondre à cette préoccupation des Français sur le pouvoir d'achat.
09:27 Les Français peuvent en vouloir au gouvernement parce qu'ils ont été habitués au « quoi qu'il en coûte ».
09:31 Et là, ce n'est plus le mot d'ordre. Paul Quignot.
09:33 Le « quoi qu'il en coûte », on sait que c'est terminé depuis le mois de mars, si je me souviens bien.
09:38 Mais il y a un autre levier, parce que le gouvernement s'est lié aussi sur un autre dossier,
09:42 qui ne concerne pas les distributeurs, mais les producteurs.
09:46 Il y a deux leviers possibles. C'est celui de la taxation des superprofits.
09:52 On sait qu'ils ont complètement fermé la porte il y a longtemps.
09:57 C'est quand même un levier pour faire entrer des sous dans la caisse de l'État et éventuellement les redistribuer auprès des consommateurs.
10:03 L'autre levier, c'est celle de mesures pour contrôler les marges que font les producteurs.
10:10 Et ces marges-là, elles ont augmenté considérablement entre 2022 et 2023.
10:15 Et cette petite porte-là, j'ai l'impression qu'elle n'est pas complètement fermée.
10:19 On va vérifier les marges des raffineurs, c'est ce que disait Bruno Le Maire, ministre de l'Économie.
10:22 Oui, c'est ce qu'il dit. Effectivement, on va vérifier avant, éventuellement, s'il y a des excès, d'une façon ou d'une autre, d'intervenir.
10:28 Mais là, on retombe effectivement, et Paul Kignoir a raison, sur cette philosophie de politique économique
10:34 qui, à un moment, interdit de fait au gouvernement à l'exécutif de prendre des mesures coercitives, en quelque sorte.
10:41 Pas de taxation, pas de pénalité, de quelque sorte que ce soit.
10:45 D'autre part, on sait que si jamais il y avait d'ailleurs la mise en œuvre d'une forme de taxation de super-profits
10:50 ou des marges exceptionnelles, de toute façon, les faits ne s'en feraient sentir qu'il y a un délai, évidemment.
10:57 Alors que là, il y a une urgence en termes de pouvoir d'achat.
11:01 Il y a deux autres mesures pour ce qui est du prix du carburant qui auraient une efficacité, évidemment,
11:07 mais que le gouvernement s'interdit de prendre.
11:10 Et soit, relièrement évoquer la question des chèques, en tout cas d'une ristourne, d'une nouvelle ristourne,
11:15 qu'elle soit générale ou pas, mais qui pourrait être donc une ristourne de l'État sur le prix du carburant,
11:20 soit une baisse des taxes, des taxes très importantes de l'État sur le prix du carburant,
11:24 ce qui aboutira à la même chose, effectivement, à une baisse du prix.
11:27 Ça, on sait que si l'exécutif s'y refuse, alors officiellement, la ristourne ou la baisse des taxes,
11:34 en tout cas la ristourne, le gouvernement officiellement refuse aussi parce qu'il ne veut pas financer les énergies fossiles.
11:39 C'est un argument écologique.
11:40 C'est un argument totalement bidon puisqu'on ne peut pas d'un côté dire
11:43 "on ne va pas faire de ristourne pour financer le carburant"
11:46 et de l'autre côté implorer la grande distribution de vendre à perte le même carburant.
11:50 Ce n'est pas très écologique de faire passer un projet de loi pour vendre à perte le carburant, en l'occurrence.
11:54 C'est une façon, évidemment, aussi de financer, de promouvoir les énergies fossiles.
11:58 Donc le véritable argument, il est purement financier, effectivement.
12:01 La situation des finances publiques est calamiteuse.
12:04 On connaît les raisons, certaines sont liées à des crises exceptionnelles
12:07 qu'il a fallu surmonter et que la puissance publique a évidemment aidé à surmonter.
12:11 Et puis l'autre raison, c'est un caractère un petit peu dépensier du chef de l'État lui-même d'ailleurs,
12:15 ce qui est parfois inquiétant du côté de Bercy,
12:17 parce que c'est vrai que ces dernières semaines encore, ou ces derniers mois,
12:20 Emmanuel Macron a tendance, au gré de ses déplacements,
12:23 à annoncer un certain nombre de dépenses supplémentaires
12:27 qui enfreignent justement cette nécessité de rétablir l'équilibre des comptes.
12:33 Donc c'est bien pour des raisons financières que le gouvernement ne veut pas piocher de nouveau
12:37 dans des caisses qui sont déjà vides, de toute façon,
12:39 et qu'il cherche des alternatives en implorant en particulier la grande distribution.
12:43 Donc le gouvernement ferme plusieurs pistes.
12:45 Manuel Bompard qui était l'invité du 8-30, le coordinateur de la France Insoumise,
12:49 lui parlait de blocage des prix. Il le répète partout, depuis des mois.
12:52 Depuis des mois, depuis des mois.
12:54 En tout cas, le gouvernement n'a pas l'air de vouloir s'engager dans cette voie.
12:58 Mais ce qui est sûr, c'est que dans les prochaines semaines,
13:00 les débats budgétaires vont s'ouvrir à l'Assemblée.
13:02 Donc évidemment, ça va être au cœur des discussions.
13:05 Il faut quand même souligner que le gouvernement est en majorité relative,
13:09 et pour son projet de loi dédié à la vente à perte,
13:14 on n'est pas sûr à ce stade que ça passe vraiment.
13:17 Parce que dans l'opposition, on ne peut pas dire que ça a rencontré un franc succès,
13:21 à peu près autant que du côté des distributeurs de carburant.
13:24 Donc ce n'est pas gagné, même pour le cheminement parlementaire,
13:28 sachant qu'il y a même des députés de la majorité qui disent
13:30 "Ouh là là, moi je ne suis pas trop pour cette solution".
13:32 Ils ne sont même pas trop convaincus.
13:33 Juste un tout petit mot sur le blocage des prix.
13:34 C'est effectivement ce qu'a expliqué Emmanuel Bompard,
13:36 le coordinateur de la France Insoumise, tout à l'heure, vous avez raison.
13:38 Mais il y a une grosse contradiction dans son analyse.
13:40 On ne peut pas d'un côté dire "la vente à perte", ce qu'il a dit,
13:43 ce projet de loi sur la vente à perte du carburant, évoqué par le gouvernement,
13:48 "ça ne peut pas marcher, c'est du flan, c'est pipo, ça ne sera pas efficace".
13:51 Et prenez le blocage des prix.
13:52 Parce que le blocage des prix, à un moment ou à un autre,
13:54 ça peut aboutir justement à la vente à perte.
13:56 C'est pour ça que les producteurs, quels que soient les produits en question,
13:59 sont hostiles au blocage des prix.
14:01 Puisqu'ils disent que si jamais les prix sont bloqués,
14:03 qu'il s'agisse du carburant ou d'autres, de produits alimentaires ou autres,
14:06 il y a un moment où les fournisseurs ne fourniront plus,
14:09 ne produiront plus parce qu'ils ne voudront pas vendre à perte.
14:11 Donc on ne peut pas à la fois dire "la vente à perte, c'est une illusion"
14:15 et de l'autre côté réclamer le blocage des prix.
14:17 Dans un instant, on va parler du glyphosate.
14:19 La Commission européenne réclame son prologement.
14:21 Plus de 10 ans encore, on va en discuter.
14:23 Le temps du Fil info, on s'arrête quelques minutes,
14:26 ou même une minute simplement, à 9h20.
14:28 Le Fil info de Maureen Signard.
14:30 L'Ukraine met en garde contre des mois difficiles à venir
14:34 après l'attaque massive russe pendant la nuit.
14:36 Affirmation du président Volodymyr Zelensky,
14:38 l'Ukraine a intercepté 36 des 43 missiles envoyés ces dernières heures.
14:42 Déclaration alors que Kiev perd un soutien de taille,
14:45 la Pologne annonce qu'elle ne livre plus d'armes à l'Ukraine
14:48 pour privilégier sa propre armée.
14:50 En deux ans, ce sont 27 000 témoignages qui ont été reçus par la CIVIS,
14:54 la commission dédiée à la lutte contre l'inceste
14:57 et les violences sexuelles faites aux mineurs en France.
15:00 Elle fait un nouveau bilan.
15:01 Seule une victime sur cinq déclare avoir saisi la justice
15:04 et 13% de ses plaintes ont abouti à une condamnation de l'agresseur.
15:08 Le co-président de la CIVIS demande sur France Info
15:10 le prolongement de la mission.
15:12 Les assises de la pêche souverainissent,
15:14 aujourd'hui dans un climat tendu.
15:16 Les pêcheurs dénoncent un désengagement de l'Etat
15:18 dans un secteur au bord du gouffre.
15:20 L'exécutif confirme la fin des aides sur le gazole
15:23 le 15 octobre prochain pour le secteur.
15:25 Il confirme qu'il est en retrait, mais il n'a pas démissionné.
15:28 Pablo Longoria, le président de l'OM,
15:30 s'exprime dans le journal La Provence ce matin
15:32 après une réunion très tendue avec certains représentants de supporters lundi.
15:37 Il estime que des limites ont été dépassées.
15:40 France Info
15:43 Les informés, Renaud Delis, Salia Brakia
15:48 Les informés avec Aurélie Herbement, le brief politique sur France Info,
15:54 c'est tous les jours.
15:55 Paul Kigny, directeur délégué de la rédaction de Libération.
15:58 Et Renaud, le deuxième sujet d'actualité qu'on voulait aborder ce matin,
16:01 c'est le glyphosate.
16:02 La Commission européenne dit encore.
16:04 Eh oui, vous reprendrez bien un petit peu de glyphosate,
16:06 il y a effectivement la proposition de la Commission européenne
16:09 qui propose de renouveler pour dix ans l'autorisation
16:12 de l'utilisation de cet herbicide au sein de l'Union européenne.
16:15 Le débat aura lieu demain au Parlement européen,
16:19 justement sur ce sujet.
16:21 La France, on le savait, avait au préalable,
16:27 dès 2017, annoncé par la voix d'Emmanuel Macron son souhait d'en sortir.
16:30 Et puis le glyphosate, on y est toujours.
16:32 Alors je vous propose, on a entendu tout à l'heure
16:34 sur le prix des carburants Alexandre Bompard du groupe Carrefour.
16:36 Je vous propose d'écouter cette fois-ci sur cette demande de prolongation
16:40 de l'utilisation du glyphosate dans l'Union européenne.
16:47 Alors Manuel Bompard s'est exprimé tout à l'heure.
16:49 Je pense qu'on n'a pas l'extrait encore à vous diffuser.
16:52 Donc je vais vous dire ce qu'a dit Manuel Bompard,
16:54 le député de la France insoumise et coordinateur de la France insoumise,
16:58 qui n'est pas, je le précise, de la famille d'Alexandre Bompard.
17:01 Manuel Bompard, justement, s'insurgeait qu'Emmanuel Macron, dès 2017,
17:05 ait annoncé le souhait que la France sorte du glyphosate
17:09 et qu'il y ait renoncé finalement.
17:10 À l'époque, le chef de l'État évoquait la perspective d'en sortir en trois ans.
17:14 Et il appelle la France à s'opposer à cette proposition de la Commission européenne
17:19 de prolonger de nouveau le glyphosate pour dix ans.
17:22 C'est la position de la France insoumise.
17:23 Est-ce qu'effectivement la France peut s'opposer à cette proposition de la Commission européenne ?
17:28 Aurélie Herbemont ?
17:29 La position de la France, c'est plutôt, dans la mesure où il y a des études qui sont contradictoires,
17:35 certaines disent, l'OMS disait en 2015 que c'est cancérogène,
17:39 et des études plus récentes disent non, on n'est pas sûr que ce soit cancérogène.
17:42 Donc la France est plutôt dans la position de dire,
17:44 prolongeons un peu, mais diminuons l'utilisation.
17:47 On prolonge sous condition ?
17:49 On prolonge sous condition, on essaye, on a déjà essayé de diminuer l'utilisation du glyphosate.
17:54 Effectivement, Emmanuel Macron était pour en sortir quand il est arrivé en 2017.
17:58 C'était juste deux ans après l'annonce de l'OMS qui disait que c'était cancérogène.
18:02 Depuis, il y a d'autres études.
18:04 C'est un dossier assez compliqué, où c'est difficile de se faire une religion vraiment précise à arrêter.
18:11 Ce qui est sûr, c'est que la France ne veut pas arrêter toute seule le glyphosate,
18:14 parce que si les partenaires européens continuent, c'est une concurrence déloyale pour les agriculteurs,
18:20 parce que les agriculteurs, eux, sont très accrochés à l'utilisation de ce glyphosate,
18:25 parce que pour l'instant, il n'y a pas vraiment encore d'alternative qui soit aussi efficace.
18:29 Donc c'est une position un peu d'entre deux.
18:31 Il faut diminuer, mais si tout le monde continue, nous aussi on veut continuer.
18:34 Du en même temps sur le glyphosate, Paul Quignot, est-ce que c'est la bonne position ?
18:38 C'est vrai que le gouvernement essaye de peser sur le processus des décisions européennes,
18:43 et plutôt dans le bon camp de manière relative,
18:46 puisqu'il n'est effectivement pas sur une opposition et une interdiction immédiate,
18:49 il est plutôt sur une sortie progressive, comme ça a été dit.
18:52 Donc il y a des efforts qui sont faits, et c'est vrai que c'est difficile de sortir tout seul.
18:56 Je voudrais revenir deux secondes sur les études,
18:58 puisque effectivement il y a une battle depuis des années
19:02 entre les études d'un certain nombre d'organismes publics, de l'Inserm, etc.,
19:07 et des études sur lesquelles s'appuie la Commission pour prendre ses décisions.
19:12 Ces études sur lesquelles elle s'appuie sont en général des études fournies par les industriels eux-mêmes.
19:20 - Les lobbies ? - Et les lobbies.
19:22 Donc moi, sur le "est-ce que c'est dangereux ou pas dangereux",
19:26 j'ai quand même plutôt envie d'écouter des organismes indépendants, avec des chercheurs.
19:32 Il y a des études dans tous les sens qui prouvent quand même qu'il y a des dangers pour la santé.
19:37 Et ça, c'est des études de scientifiques.
19:40 Les autres aussi, il y a des scientifiques, mais quand même les données de base sont fournies par les...
19:45 Donc je trouve que déjà, de ce point de vue-là, le débat est biaisé.
19:49 Le problème, c'est qu'au bout du processus, là, il y a des discussions qui vont s'engager,
19:54 mais c'est la Commission qui décidera in fine s'il n'y a pas de majorité qualifiée sur les votes.
19:59 Donc je pense qu'effectivement, ça va se faire. Je trouve ça très surprenant, et c'est un mauvais signal.
20:04 Il y en avait déjà d'autres sur le pacte vert européen, là, depuis quelques semaines.
20:08 C'en est une de plus.
20:09 - Emmanuel Macron ne tient pas ses promesses, Renaud Delis.
20:11 - Tout le paradoxe, c'est qu'en l'occurrence, Pascal Canfin,
20:13 qui est le président de la Commission Environnement au Parlement européen,
20:15 et qui est un député macroniste du groupe Renaud,
20:17 lui juge inacceptable la proposition de la Commission européenne, très clairement.
20:21 Alors Emmanuel Macron, en 2017, avait décrété, mais si j'ose dire, il découvrait le poste.
20:26 Il pensait qu'il pouvait décréter de lui-même, tout seul, la sortie de la France du glyphosate.
20:30 Il s'est aperçu, pour des raisons de concurrence et de difficulté,
20:33 pour un certain nombre d'agriculteurs, de s'en passer, que ce n'était pas possible.
20:37 Ensuite, c'est vrai qu'il y a eu une interdiction depuis quatre ans d'usage du glyphosate pour les particuliers.
20:42 Et c'est vrai que la France prône, dans la mesure du possible,
20:46 quand les agriculteurs peuvent trouver des alternatives,
20:49 notamment en fonction de la qualité de leur champ,
20:52 de la pente éventuelle qui peut permettre, justement, de ne pas recourir au glyphosate,
20:57 et bien donc, elle prône ces alternatives.
21:00 Donc, il y a une forme de pragmatisme.
21:02 Reste qu'il y a une contradiction, y compris, d'ailleurs, dans la proposition de la Commission de Bruxelles,
21:06 parce que même si les études que met en avant, effectivement, Bruxelles,
21:09 sont moins anxiogènes, moins inquiétantes que celles, notamment, de l'OMS de 2015,
21:16 sur le caractère cancérigène supposé ou probable du glyphosate,
21:23 pour autant, Bruxelles précisait que l'usage du glyphosate,
21:26 même si Bruxelles veut le prolonger pour dix ans, doit quand même s'accompagner, je cite,
21:30 "de mesure d'atténuation des risques aux alentours des zones pulvérisées".
21:33 Il faut apporter une attention particulière, je cite toujours, aux effets indirects sur l'environnement.
21:37 Donc, on voit bien que, même du côté de la Commission européenne,
21:39 on n'est quand même pas totalement sûr sur le plan sanitaire.
21:42 Et dès lors, c'est vrai que certains peuvent s'interroger sur le refus d'appliquer en bloc
21:47 une forme de principe de précaution.
21:49 Mais s'il n'y a pas de majorité, et si, effectivement,
21:52 nombre de pays voisins et concurrents de la France défendent la prolongation du glyphosate,
21:57 ce sera très difficile pour la France, de toute façon, de s'y opposer seule.
22:00 Et on suit ce qui va se passer demain.
22:02 Merci beaucoup à tous les trois.
22:04 Aurélie Arbemont, le brief politique chaque matin sur François Faure,
22:07 à 7h24.
22:08 Paul Quignot, directeur délégué de la rédaction de Libération,
22:11 qui fait sa une ce matin sur l'inceste,
22:14 avec le témoignage d'Emmanuel Béart.
22:16 Merci beaucoup à vous Renaud Delis.
22:18 Merci, Sanya.
22:19 Les informations de retour ce soir à 20h,
22:21 avec Jean-François Aquilli et Bérangère Bronte.
22:23 [Musique]
Commentaires